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Jean-Jacques Netter

La salle de shoot mondiale est devenue incontrôlable.

La prochaine crise sera pire que les précédentes. Elle ne viendra pas des banques mais de toutes les structures qui ont été créées pour échapper à la régulation bancaire pour réaliser des transactions « hors la vue du marché » et lancer des « produits structurés » qui pour la plupart seront illiquides.

La régulation renforcée des banques a en effet diminué en grande partie le risque systémique qu’elles portent. Pour acheter une action Nestlé il leur est demandé de constituer dans leurs réserves 40% du montant acheté, puisque l’achat d’actions comporte des risques !

 

Les régulateurs semblent s’être penchés assez peu sur les prochains risques qui se profilent à l’horizon. Le premier risque est celui des nombreuses plateformes échappant à la surveillance d’un marché centralisé. Aucune information sur leur activité n’est accessible facilement à la plupart des investisseurs et au grand public

 

Les « Darkpools » qui sont des plateformes qui permettent aux investisseurs institutionnels d’échanger des blocs de titres à des cours différents de ceux qui sont pratiqués par les marchés officiels. Parmi les plateformes les plus actives existent : BOA Merrill Lynch Instinct, Morgan Stanley MS Pool, Goldman Sachs Sigma X, Credit Suisse Cross Finder, Deutsche Bank SuperX, BATS Global Markets, UBS , IEX, ITG Posit….

Les « Swap Execution Facilities » (SEF)  qui sont des plateformes d’échange de produits dérivés dont les principales sont : ICAP, BGC, Bloomberg, Tullett Prebon, Nasdaq OMX Group,CBOE,ICE

Les « High Frequency Trading platforms »   qui sont des plateformes d’échange de titres à haute fréquence. Les plus actives étant : CBOE, CME, ICE, Virtu.

 

Le deuxième risque est celui des taux zéro pratiqués par les banques centrales. C’est comme si nous vivions sur une planète sans gravité. Les banques centrales ne savent pas en sortir. Les états encore moins. Ce qui est clair est que celui qui paiera sera l’épargnant.

 

Le troisième risque est celui de la déflation. C’est une situation où les prix baissent plus vite que la baisse des taux d’intérêt. C’est bien ce que l’on constate en ce moment sous les effets de la baisse des matières premières, de la mondialisation et de la géopolitique. Le meilleur exemple est celui du prix du pétrole en baisse de -73% depuis le cours de 110$ atteint pendant l’été 2014. Le cours n’a plus rien à voir avec l’offre et la demande mais avec la rivalité entre l’Arabie Saoudite et l’Iran….

 

La dépense publique fait son grand retour en France

 

En France, les 500 000 formations annoncées par François Hollande ne sont que du « traitement statistique du chômage », façon élégante de décrire une opération de maquillage de chiffres. Tout le monde comprend bien que le Président de la République veut faire baisser le chômage par tous les moyens pour pouvoir se représenter aux prochaines élections présidentielles.

En terme de dépenses publiques, on va allègrement vers un niveau qui dépassera les 60% du PIB. L’endettement de 2100Md€ devant bientôt dépasser les 100% du PIB…

 

L’Europe sera touchée par la diminution de la croissance en Chine

 

Environ 3,5M d’emplois directs et indirects seraient impactés selon l’  « Economic Policy Institute », ce qui représenterait 2 points de PIB au niveau européen. La France serait le quatrième pays le plus touché en Europe. L’Italie qui a fait un réel effort de réformes est toujours confrontée au problème des créances douteuses de ses banques qui représentent 18% de leur encours soit 350 Md€. En Espagne, la croissance était sur une pente à 4,2% en rythme annuel au dernier trimestre de 2015. Malheureusement la pression pour l’indépendance de la Catalogne assombrit le climat politique. En Grande Bretagne, la production industrielle est toujours médiocre. Elle est encore en dessous de son niveau de 1997 malgré une Livre Sterling qui a baissé de 4,95% depuis la mi décembre. C’est un plus bas depuis cinq ans et demi. Dans cet environnement difficile, l’Allemagne affiche un excédent budgétaire de 12Md€, une croissance de 1,7% et un chômage réduit de moitié en dix ans…

 

L’économie américaine est à la fin de son cycle

 

Dans les semaines qui viennent on risque de moins parler de la Chine et du prix du pétrole que des Etats Unis. Les dernières statistiques sur l’emploi sont bonnes ce qui constitue un soutien de la consommation, mais une pression sur les marges des entreprises. La production industrielle est en revanche en recul de 1,2% sur les douze derniers mois. Le recul ne touche pas uniquement l’industrie du pétrole et des services pétroliers. Le nombre de faillites qui pourraient se produire va évidemment toucher le marché du crédit. Tout rebond de l’inflation pourrait aussi inciter la Fed à augmenter plus rapidement ses taux d’intérêt.

 

Au Japon, la baisse du yen a peu d’effet sur la croissance des exportations. Comme de nombreux pays se sont lancés en même temps dans des dévaluations compétitives l’effet d’une dévaluation semble beaucoup moins efficace qu’auparavant.

En, Russie, l’économie s’enfonce inexorablement dans la récession. Le pays se classe au quatrième rang des pires performances économiques attendues pour 2016.

En Inde, le pays a l’air d’aller bien mais il semble que comme en Chine les chiffres économiques manquent beaucoup de fiabilité.