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Jean-Jacques Netter

François Hollande serait en train de faire son «coming out » vers le libéralisme de gauche ?

Le social libéralisme pourrait devenir progressivement le nouveau logiciel de pensée, par conviction ou par défaut,  a expliqué cette semaine  Michel Rocard sur Atlantico. Malheureusement Gérard Grunberg du CNRS pense que l’assise politique du Président de la République apparaît actuellement dangereusement étroite. Le gouvernement qui doit s’affirmer face aux écologistes et tous les extrêmes de gauche,  ne disposera que du soutien d’un Parti Socialiste fondamentalement branlant. Quant à Jacques Julliard auteur des « Gauches françaises », il estime que François Hollande a plus de chances d’échouer que de réussir dans son entreprise. Ces prochaines semaines il faudra donc pour le gouvernement trouver le bon équilibre entre les marqueurs politiques et l’efficacité économique…

 Les réformes entreprises vont dans la bonne direction mais restent insuffisantes, car l’industrie française doit toujours baisser ses prix pour continuer à vendre. L’accord sur les mesures de flexibilité pour les entreprises, récemment signé, n’est pas encore transposé dans la loi. Ce sera difficile, car au fond le texte bouleverse des rapports sociaux, qui jusqu’à présent étaient fondés sur les conventions collectives de branche. Ils ont été transférés dans les entreprises qui devront consulter individuellement leurs salariés.

La réduction des dépenses publiques reste toujours au programme comme l’a réaffirmé cette semaine Jérôme Cahuzac Ministre Délégué au Budget.  Il assure qu’il n’y aura pas de dérapage….Cela n’empêche pas l’hémorragie de se poursuivre dans l’industrie française. En voyant la diminution d’effectifs prévue par Renault on réalise encore combien les commentaires sur Peugeot d’Arnaud Montebourg Ministre du Redressement Productif étaient totalement injustifiés.   Malheureusement la dette de l’Unedic , le régime de l’assurance chômage d’atteindre 128 Md€ à la fin de l’année !

Dans le domaine de la fiscalité, Jean Marc Daniel Professeur à l’ESCP a rappelé avec beaucoup d’humour cette semaine dans le cadre d’un diner au Cercle Interallié, ce que l’économiste David Ricardo écrivait en 1814 dans « Principes de l’économie politique et de l’impôt » : « Le désir de transporter sa personne et son capital dans un autre pays où on soit exempt de pareilles charges devient à la longue irrésistible et finit par vaincre la répugnance naturelle que tout le monde éprouve à renoncer à son pays natal et aux objets de ses premières affections. Il y a des bornes aux sacrifices d’argent que les particuliers peuvent consentir à faire continuellement pour le seul privilège de pouvoir vivre dans leurs pays natal….. »

Europe : la victoire d’Angela Merkel n’est pas acquise

En Europe la crise politique européenne n’est pas encore écartée. Comme l’écrit Eric Le Boucher dans Les Echos le non éclatement de la zone Euro ne signifie pas que la crise est terminée. Le continent sera encore la seule zone en récession cette année et la poussée du chômage est potentiellement explosive.

Marc Faber éditeur du Gloom Boom and Doom Report fait partie des stratégistes les plus constamment négatifs sur les marchés. Il a toutefois annoncé dans le cadre de la Conférence Skage à Londres qu’il détenait toujours les actions européennes qu’il avait achetées en juillet dernier et surtout qu’il se préparait à acheter bientôt des actions grecques !

En revanche, Christopher Potts stratégiste de CA Cheuvreux, qui s’exprimera cette semaine à Franfort dans le cadre de la Conférence organisée par CA Cheuvreux pour les investisseurs allemands, s’attend de son côté à  une correction des marchés soit en février soit en mars.

En Allemagne,  la victoire d’Angela Merkel n’est pas acquise. Peer Steinbrück le challenger d’Angela Merkel, baisse dans les sondages mais le résultat des élections régionales du week end dernier montre que le troisième mandat de la Chancelière n’est pas forcément acquis. L’Allemagne doit aussi s’adapter aux mutations entrainées par la globalisation. C’est la raison pour laquelle Siemens a annoncé son intention de diminuer  sa base de coûts de 6Md€ d’ici 2014.

 En Grande Bretagne, la sortie de la Grande Bretagne de la zone Euro reste un sujet très présent dans l’opinion publique.  Son plus grand partisan est Nigel Farage le patron du UK Independant Party  quipèse maintenant 10% des intentions de vote.

Chine : les usines qui avaient été délocalisées repartent 

L’année 2013 sera une année test.  Les chiffres définitifs du PIB confirment le rebond en fin d’année. La Chine est devenue un des pays les plus inégalitaires du monde et donc potentiellement un des plus explosifs.

Le marché des actions B, le marché domestique est en train de mourir progressivement car la liquidité de ce marché domestique n’a jamais décollé. On s’attend à ce que 40 des 85 sociétés cotées à Shangai et Shenzen soient transférées à Hong Kong. Du Jinsong l’analyste du Crédit Suisse qui a analysé les conséquences de ces transferts s’attend à ce que les cours des sociétés progressent significativement à l’instar de ce qui s’est passé pour Chine Vanke qui a monté de 10% le jour de l’annonce de son transfert.

BlackRock le premier gérant mondial est en train de se développer en Chine car il croit beaucoup au potentiel de développement du pays.La fin des délocalisations industrielles en Chine  est devenue une réalité quotidienne aux Etats Unis. General Electric a annoncé qu’elle rapatriait  ses productions de réfrigérateurs et de machines à laver de Chine vers le Kentucky aux Etats Unis.

Au Japon, Shinzo Abe le nouveau Premier Ministre est déterminé à mettre fin auxvingt années de déflation, grâce à une meilleure coopération entre le gouvernement et la Banque du Japon qui va tout d’abord fixer un objectif d’inflation de 2%  contre 1% depuis des années et ensuite faire baisser le Yen pour rendre l’économie plus compétitive.  Andrew Slazenger de Ned Davis Research Group à Londres est un des rares à ne pas croire à la poursuite de la hausse du marché car il estime que le seul catalyste de la baisse  du yen n’est pas suffisant.

Obligations : la période des taux bas ne durera pas éternellement

Les obligations à haut rendement vont bientôt s’effondrer. Ce sera le prochain carnage nous annonce dans son style direct Albert Edwards le stratégiste de la Société Générale. Il s’empresse de dire que ses prévisions ne doivent pas être prises à la lettre, car dit il, je peux me tromper de quelques mois ou quelques années !

Plusieurs classes d’actifs obligataires n’offrent toutefois plus assez de rendement pour rémunérer les risques encourus. Si les taux augmentaient de 150 pb les pertes en capital seraient comprises entre 10 et 12%. Il n’y a pas de bulle obligataire. La déflagration pourrait dépasser celle de 1994.

 Marchés : le temps de la grande rotation serait arrivé

 Les marchés qui ont le plus progressé cette semaine sont la Turquie, la Hongrie et l’Indonésie. Les moins bonnes performances proviennent de l’Afrique du Sud du Moyen Orient et de Taiwan.

En France, on assiste en bourse à la reprise des sociétés mal en point, notamment Alcatel, Pages Jaunes, l’automobile. Les gérants professionnels  le qualifient de  « rallye poubelle ».

Le grand débat du moment parmi les gérants est celui de « La grande rotation ». Comme les obligations d’état présentées comme une classe d’actif sans risques depuis des générations, ne rapportent plus rien, ce serait le moment d’acheter à la place des actions offrant un rendement plus élevé. Michael Hartnett le stratégiste de Bank of America Merrill Lynch y croit beaucoup. John Bender le patron de la gestion obligataire de Legal & General est moins convaincu…

 Un certain nombre d’investisseurs commencent à être plus prudent. C’est le cas de Alastair Mundy de Investec GSF Global Contrarian Equity. D’autres continuent à faire toujours confiance aux entreprises pour gérer leur épargne. Didier Le Ménestrel le président de Financière de l’Echiquier a brillamment développé  cette semaine ses convictions avec l’ensemble de ses gérants dans le cadre du Théatre Marigny

L’Euro est en train de faire les frais de la baisse du Yen

La guerre des devises se poursuit. Le Franc Suisse baisse contre l’Euro. Les réserves de change de la Banque Nationale Suisse représentent désormais  70% du PIB de la Confédération Helvétique.  La Livre Sterling perd de son attrait auprès des investisseurs 1€ vaut maintenant 0,83£. Le Forint hongrois baisse  contre Euro .En face on assiste à une hausse régulière du Yuan. Quant à l’Euro il vient de s’apprécier de 10% autour de 1,33$

 

 

 Par Jean-Jacques Netter

22/01/2013