“Européen d’abord – Essai sur la préférence de civilisation”

J’avoue, j’aime me sentir intelligente.

Comment se sentir intelligente ? Je recommande en premier lieu l’éducation des plus jeunes.  Le privilège d’asséner des vérités grammaticales sur un ton docte… « les si n’aiment pas les raies » alors même que vous étiez une élève crasse en dictée dépasse presque tout. Mais le plaisir le plus intense demeure de se sentir profondément intelligente à la lecture d’un ouvrage. Un de ces ouvrages qui vous fait presque crier devant votre livre à la manière d’un supporter « oui, mais oui, mais exactement ». Comme à la lecture de Promesse de l’aube de Romain Gary lorsque vous touchiez du bout de l’âme la notion de Patrie ou lorsqu’au monologue de mouchette dans journal d’un curé de Campagne vous frémissiez dans les errements de l’aube, aux abords du suicide.

 

Jean Yves le Gallou dans « Européen d’abord, essai sur la préférence de civilisation » aux Editions via Romana est de ces ouvrages.

Débutant par Toynbee, l’auteur rappelle avec justesse que les civilisations croissent quand elles savent relever les défis et disparaissent dans le cas contraire.Deux guerres ont soufflé le continent Européen, la première faisant 1,4 millions de morts nationaux, la seconde en s’étayant jusqu’à nos jours par une culture de la culpabilité étendue depuis l’Allemagne, à l’Autriche, aux nations alliées (Italie) aux ennemis vaincus (Belgique, pays bas, France) et aux États neutres (Espagne).

Fondée sur le socle d’une interprétation militante de la deuxième guerre mondiale, la culpabilisation Européenne va s’étendre à d’autres périodes de l’Histoire, : la colonisation et l’esclavage. Cette mémoire pénitentielle est la nouvelle idéologie dominante que Jean Raspail a magistralement appelé du nom de « Big Other » . La haine de soi est devenu le nouveau socle de valeur commune.  L’Ethno masochisme est le nouveau fardeau de l’homme blanc.

A ce nouveau poids sociétal, viennent se greffer d’autres injonctions contradictoires telles que le féminislasmisme et l’antiracisme racisé. Aussi, face à l’absence de sens et de perspective issue de la déconstruction des normes et de la marchandisation du monde, il est certain que l’Islam offre une réponse simple, celle d’un monothéisme cliniquement pur.

Et l’auteur de rappeler que L’Europe des civilisations demeure le berceau des toutes les libertés ; cette véritable foi de la liberté est devenue consubstantielle à notre civilisation ainsi que toutes les valeurs qui vont de pair avec la recherche scientifique : honnêteté intellectuelle, sens de l’exactitude et de la preuve objective, gout d’apprendre, visée encyclopédique rejet absolu de l’argument d’autorité.Une vérité n’est pas une certitude mais simplement une certitude en sursis. Ne peut être dit vrai que ce qui peut être librement contesté. C’est la raison pour laquelle on a longtemps garanti du point de vue des principes et des institutions les libertés de l’Edition, de la presse, de l’école, de la recherche des arts et des spectacles.

Or, en France depuis les années 70, la loi de 1881 sur la liberté de la presse ne cesse d’être lacérée. Les propos et les analyses ne sont plus discutés rationnellement en fonction des faits et de la cohérence du raisonnement mais appréciés selon un unique point de vue particulièrement subjectif : propagent-ils ou non un discours de haine ?

 

Il nous faut aussi méditer sur les libertés. Les grands textes qui se succèdent au cours de l’histoire Européenne-Grande charte anglaise de 1215, Bill of Rights de 1689, Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, se concentrent sur les libertés concrètes : refus de détention arbitraire (Habeas Corpus), droit à la liberté de réunion, d’opinion d’expression, droit de propriété.

Toutes ces libertés bien réelles sont aujourd’hui en profonde régression dans les États Européens : la légitime défense en cas d’agression a quasiment disparu ; la liberté d’opinion et d’expression ne cessent de régresser dans tous les pays d’Europe à la suite des Race Relation Acts britanniques de 1968 et 1976 et de la liberticide loi Pleven de 1972 en France.

Alors, L’Europe du 21eme siècle peut-elle encore survivre ? Oui, si elle sort, selon la formule de Dominique Venner, « du siècle de 1914 ».

Et l’auteur de terminer sur cette sublime citation prêtée à Nietzsche « Il faut avoir une musique en soi pour faire danser le monde ».

Plus que jamais, Les européens doivent prendre conscience de la musique qui existe en eux.

 

 

Jean-Yves Le Gallou  “Européen d’abord – Essai sur la préférence de civilisation”

Via Romana  ISBN 978-2637271-103-6

17  Euros