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Jean-Jacques Netter

Charles Gave rockstar de la conférence Surfin Bitcoin de Biarritz

La troisième édition de la conférence Surfin Bitcoin, le plus gros salon européen dédié à cet objet virtuel qu’est le Bitcoin vient d’avoir lieu à Biarritz. Cela a permis à la ville de prendre pendant quelques heures des airs de Silicon Valley. Même Sud-Ouest qui est un journal très peu versé dans l’économie a annoncé la conférence et notamment l’intervention de Maria Luisa Hayem la ministre de l’Économie du Salvador un des deux pays au monde à avoir adopté le Bitcoin. Le journal n’a pas pu s’empêcher de qualifier Charles Gave, qui a été reçu comme une Rockstar par les participants, de le qualifier « de financier eurosceptique et ultra libéral … ! (sic).

Le Bitcoin évolue autour de 20 000 dollars. Depuis son record de novembre 2021, à 69.000 dollars, son prix a baissé de plus de 70%. Toutes les crypto-monnaies se sont effondré en particulier le Terra USD réputé stable qui a dévissé en mai dernier. De l’Argentine au Nigeria tous ceux qui y voyaient un refuge contre les fluctuations de leur monnaie nationale ont tout perdu. Malgré ce krach sur les soi-disant « stablecoin » l’enthousiasme ne semblait pas faiblir parmi les participants.

Voila les grandes idées de l’intervention de Charles Gave

Il existe plusieurs types de monnaies.  Une monnaie doit remplir trois fonctions : celle de moyen de paiement, celle d’unité de compte et enfin être une réserve de valeur pour les épargnants.

1/Les monnaies fiduciaires émises par les Banques Centrales représentent environ 100 000 Milliards de dollars dans le monde, soit le PNB mondial. Elles sont gérées par des « ineptocrates » non élus. Nous sommes passés d’un système de marché qui aboutissait à la fixation de vrais prix sur les taux et les changes à un système technocratique complètement manipulé. Cela a pour conséquence de laisser survivre des entreprises zombies qui devraient normalement faire faillite. Créer de la dette « quoi qu’il en coûte », distribuer de la monnaie dans des « open bar » rend d’abord populaire, mais conduit ensuite inévitablement à la catastrophe. La perte de confiance dans la monnaie engendre la dévaluation de l’épargne, « l’euthanasie du rentier ».  La ruine de l’épargnant est la conséquence de l’inflation. C’est lui qui paie toujours en bout de course avec la dévalorisation de la monnaie ou la disparition de son épargne dans un krach, c’est l’épargnant.

2/ L’or pèse environ 15 000 Milliards de dollars

L’étalon or, a été longtemps le paramètre de référence à partir duquel les banques centrales géraient leur monnaie. Richard Nixon met fin le 15 août 1971 au système de Bretton Woods. Pour la première fois depuis 5000 ans la monnaie de référence du monde est déconnectée de toute référence (or, argent, sel, métaux précieux…). L’étalon dollar, lui a succédé pour gérer l’économie, conférant à la devise américaine un privilège extraordinaire. Aujourd’hui nous avons l’étalon S&P 500, avec lequel la banque centrale, désespérée, essaie de gérer les marchés financiers pour les empêcher de trop baisser. Dans un univers où tout est manipulé, l’or restera toujours un bon actif de diversification contre la dépréciation généralisée des devises.  Sa nature physique le rend toutefois peu propice à être utilisé comme monnaie. Ce n’est pas encore non plus de « l’or digital »

3/ L’ensemble des  « crypto monnaies » compte pour 1000 Milliard de Dollars.

Le Bitcoin n’est pas encore une monnaie, pourtant il ressemble à l’or. Le bitcoin, comme l’or doit être miné, comme l’or il n’est la dette de personne, comme l’or, il présente une propriété rare : il est anti fragile. Il va probablement rentrer à un moment donné dans l’univers monétaire en tant que moyen de paiement décentralisé. Il sera aussi un moyen de transgresser les contrôles de capitaux et de change. Mais ce n’est pas encore fait. Le jour où la banque ne donne plus d’argent à son guichet ce qui est arrivé au Liban ou des clients ont braqué leur banque pour récupérer leur argent, les épargnants devront trouver une alternative.

Le Bitcoin est un actif très volatil

Ce n’est pas une institution centrale qui « garantit » le Bitcoin mais le réseau, la communauté qui regroupe développeurs, mineurs, utilisateurs…Comme les actions, il est très sensible à l’excès de liquidité monétaire (volume de monnaie).  Le bitcoin présente une volatilité de 100%, soit 5 fois plus que les actions. Contrairement à l’or, qui flambe quand les devises fiduciaires sont débasées, à savoir quand elles ne rémunèrent pas assez le rentier, le risque financier du Bitcoin évolue linéairement avec la variance, c’est-à-dire la volatilité au carré.

Le « mining » joue un rôle fondamental dans le réseau Bitcoin. Il permet au réseau de vérifier les transactions et d’atteindre un consensus commun sans avoir recours à une autorité centrale. Pour cela, des ordinateurs doivent effectuer des calculs mathématiques complexe afin de faire fonctionner le système de blockchain. Pour récompenser le travail effectué par les ordinateurs, la blockchain génère de nouveaux « tokens » qui sont distribués sous forme de rémunération aux mineurs. Ils sont en concurrence pour résoudre des casse-têtes cryptographiques. C’est seulement au moment de la création des blocs (donc du minage) que les opérations sont confirmées. L’ensemble des blockchains sont alimentés par une technologie reposant sur un registre décentralisé, et  ce registre est mis à jour, non pas par un seul ordinateur, mais simultanément par des milliers d’appareils dans le monde entier. Le système de récompense incite tous les utilisateurs du réseau à participer au mining et à contribuer à son bon fonctionnement.

Les autres intervenants

Le Bitcoin possède les caractéristiques pour devenir un étalon de valeur. Yves Choueifaty, président-fondateur de la société de gestion Tobam, qui a créé le premier fonds investi dans la cryptomonnaie. « Le risque doit décider de la taille de l’investissement, mais c’est la thèse d’investissement qu’il faut regarder pour savoir s’il faut y aller. » Et il résume celle de Tobam :. en cas d’échec, le bitcoin « pourrait tomber à zéro », mais « s’il réussit à être un étalon, il va être valorisé très au-delà du million de dollars »

Le cours du bitcoin répond à des cycles de quatre ans », note Claire Balva, directrice blockchain chez KPMG, sans faire de prédiction pour autant. « Cela en raison des halvings qui interviennent à peu près à cette fréquence. » La production de bitcoins diminue en effet à chaque halving, comme prévu dans le protocole, ce qui restreint l’offre au fil du temps pour soutenir la valeur : de 50 jetons toutes les dix minutes à l’origine, à 6,25 depuis le dernier halving, en 2020. Le prochain est prévu pour 2024.

Le marché des obligations n’est plus sécurisant à présent. L’asset manager Filip Karadordevic est très optimiste – sa conférence s’intitulait simplement « Pourquoi je suis taureau sur le bitcoin ». Il fustige la « violence » des banques centrales et déclare que lorsque les gens s’éduquent un peu en macroéconomie, ils en viennent nécessairement à la cryptomonnaie.

Les actifs des contrats d’assurance vie, instrument privilégié des Français pour préparer leur retraite, sont investis en grande majorité dans des obligations émises par un État qui ne pourra pas les rembourser. N’oublions jamais que la France a inventé « La Banqueroute des deux tiers » au moment de la Révolution (Loi du 9 Vendémiaire an VI soit 30 septembre 1797). Les rentes viagères et les pensions ont été payées seulement à raison du tiers en rente. Les deux autres tiers ont été « remboursés » avec du papier colorié c’est-à-dire des  bons au porteur permettant d’acquérir des biens nationaux. Le cours de la « rente » n’a cessé de baisser passant rapidement de 14,25 à 9,50.

Au total le Bitcoin est un objet non identifié très volatil qui permet de se libérer de la surveillance de l’État et des banques. Au-delà de l’optimisme de certains participants il faut constater que le paiement de proximité en Bitcoin peine à se démocratiser. Les applications concrètes sont encore très rares. Pour le moment la carte émise par la société Revolut basée en Lituanie semble un bon moyen pour s’intéresser au Bitcoin ou aux crypto monnaies.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Covid 19 a donné le coup de grâce au libéralisme.

Que se passera-t-il une fois les 21 000 000 de bitcoins minés ?

Ce n’est pas tout à fait près d’arriver. Au 28 août 2019, 17 901 575 bitcoins ont été minés. D’après des études, le dernier bitcoin sera probablement miné en 2140.

documentaire La Révolution Bitcoin, diffusé au salon Surfin’Bitcoin qui se tient jusqu’à samedi à Biarritz.

 

Le Bitcoin est un objet innovant, sécurisé, facilement accessibletrès difficile à supprimer pour l’état, difficile à réguler.