9 février, 2026

Astuces de balayeur pour gagner de l’argent sans travailler

Imaginons que certains lecteurs de l’IDL soient d’horribles égoïstes qui gèrent leur propre argent en vue de se préparer une retraite pour se protéger contre l’incompétence de ceux qui nous gouvernent.

La question que se pose certainement ces nuisibles est : comment gagner le plus d’argent possible sans prendre plus de risque, ce qui, aux yeux de ceux qui n’ont jamais vraiment travaillé de leur vie et revendiquent le droit à la paresse est chose abominable.

Le but de ce petit papier est de leur donner (aux cigales, pas aux fourmis) quelques recettes faciles à suivre qui leur permettront peut être de gagner quelques pourcentages de plus ici ou là sans augmenter leurs risques, de façon à pouvoir financer plus efficacement les paresseux.

Commençons par la notion de suracheté et- survendu- en l’appliquant au cours de Total, la société pétrolière françaises, dividendes réinvestis.

 

 

Etat des lieux.

  • L’action Totale, dividendes réinvestis, a connu une hausse moyenne de sa valorisation de7. 3 % par an, ce qui est mieux que le livret A et a vu son cours multiplié par 7 depuis l’an début 2000, ce qui est très bien[1].
  • Mais la bourse étant la bourse, le cours de l’action Total est volatil, et quatre fois depuis l’an 2000, ce cours a baissé de 25 % ou plus sur les douze mois précédents (pointilles verticaux).
  • La recommandation est simple : chaque fois que le cours baisse de plus de 25 % sur les douze derniers mois, vous en rachetez un peu. Et quelque temps après, quand le cours est suracheté de 30 %, vous les revendez pour revenir à la position initiale.

C’est un truc qui marche avec les sociétés ou les actifs qui sont là depuis longtemps (Type Air Liquide, Schneider etc…) et il faut ajuster la zone d’achat en fonction de la volatilité du titre. A mon avis, il vaut mieux ne pas le faire sur les actions de nouvelles technologies qui peuvent aller à zéro.

  • Chacun aura compris que l’or et l’argent étaient incroyablement surachetés à la mi-janvier et que leurs baisses actuelles ne veulent vraiment rien dire.

Venons-en à une seconde notion : le retour a la moyenne et comparons la rentabilité totale dans une seule monnaie de deux marchés des actions, par exemple à Paris et à HK.

 

 

 

Dans un système capitaliste ouvert [1]la rentabilité du capital investi est la même sur le long terme entre HK et la France[2]

Mais la perception de cette réalité change : de temps en temps, tout le monde veut être a Paris, pour tous vouloir être à HK quelques années après.

Il faut donc vendre celui qui est cher et acheter celui qui est bon marché quand le ratio est a plus d’un écart type (lignes horizontales) et casse la moyenne mobile à deux dans le bon sens.

A la fin de l’année dernière, il fallait donc vendre la France et acheter HK. lu 10 ans aux marchés pour s’en rendre compte.

Mais attention, cela marche si les fondamentales entre les deux marchés n’ont pas variées.

De 1985 a 2021, un retour parfait a la moyenne existait entre les obligations suisses et les obligations allemandes, les deux monnaies étant gerees par des banques centrales indépendantes, la BNS et la Bundesbank

 

 

 

 

Tout le monde se rend compte que la BCE n’est pas indépendante en 2012 mais il faut 10 ans aux marchés pour s’en convaincre et c’est seulement en 2022 que les deux marchés divergent structurellement.

En ce qui me concerne, je dis depuis 2015 qu’il ne faut plus acheter des Bunds qui ont cessé d’être des réserves de valeur.

Conclusion

Pour ceux que ce genre d’idées intéressent, je soumets des propositions de quelques opérations possibles aujourd’hui.

  • Le marché des actions français et très bon marché par rapport à son homologue allemand. Vendre l’Allemagne, acheter la France.
  • Pour les malheureux qui auraient encore des obligations françaises et veulent rester en Europe, ils peuvent les vendre aussi vite que possible et acheter le 10 ans Suédois qui est encore sous-évalué par rapport au 10 ans français.
  • Le pétrole qui a une relation stable avec l’or depuis 1890 est aujourd’hui incroyablement bon marché par rapport au métal jaune. Mais la situation fondamentale a peut être changé. Vendre une partie de l’or pour acheter des valeurs pétrolières. Pour les très courageux.
  • La bourse Chinoise a été à plat en performance relative vis-à-vis des USA depuis 2004.

Mais le ratio a beaucoup bougé. Hausse chinoise suivie par une hausse aux USA puis une baisse en Chine. Nous sommes de retour là ou nous étions en 2004. Depuis deux ans, la bourse chinoise fait mieux que la bourse américaine et est un écart type sous-évalué.

Tout le monde a des actions américaines, personne n’a des actions chinoises.

  • Les valeurs industrielles européennes sont très bon marché par rapport au S&P 500 et ont une performance similaire sur le long terme. Elles sont sous évaluées par rapport au S&P aujourd’hui.

Bonne chance aux lecteurs qui auraient envie de faire un peu de trading, ce que je ne fais jamais, simplement parce que je suis trop paresseux.

 

 

[1] Ce qui risque de cesser d’être le cas dans les années qui viennent (contrôle des capitaux en France)

[2] Faute de quoi, tout le monde investirait dans le système le plus rentable.

 

 

 

 

[1] Le plus gros actionnaire de Total est le personnel travaillant chez Total

 

 

Auteur: Charles Gave

Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faites rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l'IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research (www.gavekal.com).

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