https://institutdeslibertes.org/argent-trop-cher-ou-argent-gratuit-ce-quil-faut-retenir/
Charles Gave

Argent trop cher ou argent gratuit? Ce qu’il faut retenir

Les lecteurs de IdL interessés par la monnaie auront peut être vu passer cet article    entre autres sources de cette semaine au sujet d’un argent devenu « gratuit ». Nous avons retenu celui là car il est court et permet à  Charles Gave de donner son point de vue  critique, que voila:

 

« Je suis contraint de reconnaître que sur ce point les Echos sont bien brouillon.

Quand on parle « d’argent » il y a deux choses à considérer :

 

  1. son prix
  2. sa disponibilité

 

Donc l’argent peut être :

 

  • cher et disponible,
  • cher et non disponible (crise de liquidité),
  • bon marche et disponible,
  • bon marche et non disponible

Nous sommes dans le quatrième  schéma en raison de la situation quasi désespérée des banques commerciales qui n’ont pas assez de fonds propres.

Si vous êtes une banque Française , Italienne ou Espagnole et que vous faites un prêt à une PME, vous devez mettre 40 % de réserves obligatoires légales= fonds propres en face du prêt et vous n’avez pas ces fonds propres. donc pas de crédit pour la PME.

En revanche, si vous achetez une obligation de l’Etat Français= zéro réserve obligatoire.

 

CQFD :les dépôts ne sont pas prêtés au secteur privé, mais au secteur public.

 

Et comme les banques centrales achètent massivement des obligations d’Etat elles mêmes, en créant de la monnaie à cet effet, les rendements sur les obligations d’Etat s’écroulent.

Et comme personne ne prête au secteur prive, la masse monétaire du secteur privé s’écroule et avec elle l’inflation qui devient négative (déflation).

Ce qui fait que les taux nominaux sont très bas, mais les taux réels élevés.

 

SI vous empruntez à 2 % et que les prix baissent de 2 % vous empruntez en fait à 4 % !

Si vous êtes une société du secteur privé AVEC UN CASH FLOW POSITIF ET que vous pouvez REMBOURSER VOTRE ANCIENNE DETTE, vous le faites vite.

Du coup , les banques deviennent des camions poubelles qui ne gardent que les mauvaises sociétés qui ne peuvent rembourser et les fonds propres des banques s’écroulent (pertes) d’ou baisse des nouveaux prêts et ainsi de suite).

 

Le journaliste des Echos confond en fait prix du crédit et la disponibilité du crédit.

 Ce qu’il faut retenir :

Les Etats se sont arrangés en jouant sur les règlementations pour que le crédit pour eux soit bon marche et disponible.

Pour le secteur privé, c’est une toute autre affaire

Pour tout le monde sauf les grandes sociétés, l’argent est théoriquement bon marché mais en réalité indisponible.

 

Ce qui est rare est peut être cher mais ce qui est indisponible reste plus que rare…..