23 mars, 2017

« Alep est un Hiroshima sans arme nucléaire »

Entretien avec le Docteur Emile Katti, chirurgien à Alep.

Présentation d’Alep

Alep est l’une des plus anciennes villes de l’humanité, car elle fut habitée dès le VIe millénaire avant J.-C. Elle fut l’une des capitales de la route de la soie et une grande ville commerciale et culturelle sous l’Antiquité. Elle regorge de bâtiments précieux : la vieille ville, classée en 1986 au patrimoine mondial de l’UNESCO, la citadelle, le souk, l’un des plus grands au monde, des églises des premiers siècles du christianisme. Autant de bâtiments aujourd’hui détruits. Avant la guerre, la province d’Alep comptait six millions d’habitants.    

Le docteur Émile Katti est chirurgien dans un hôpital d’Alep. Il y a vécu pendant toute la durée de la bataille d’Alep. Il a étudié en France et en Italie. Il est professeur agrégé de médecine et travaille en collaboration avec plusieurs chirurgiens français. Il nous livre ici un entretien exceptionnel sur la situation actuelle à Alep.

Quelle est la situation actuelle à Alep ?

La guerre a commencé il y a six ans. Elle a provoqué de nombreuses destructions et des milliers de morts et de réfugiés. C’est une situation très difficile pour les civils, car Alep est la zone où il y a le plus de combats. Certains ont parlé d’« Hiroshima sans arme nucléaire ». Alep est le Stalingrad du XXIe siècle, mais avec une durée beaucoup plus longue.

La ville fut coupée en deux zones : l’est et l’ouest. L’est a été contrôlé par les djihadistes, jusqu’à la libération de la zone peu avant Noël. Les médias français ont parlé de rebelles modérés, mais ils n’ont rien de modéré. Ce sont des islamistes, liés à différentes branches d’Al Nosra (c’est-à-dire Al Quaida). À côté d’Al Nosra, il y a aussi la présence de Daesh, les deux mouvements étant opposés.

La plupart des civils ont fui Alep pour se protéger et éviter les attaques et les agressions. Il y avait autrefois six millions d’habitants dans la province d’Alep, c’est beaucoup moins aujourd’hui. Beaucoup ont fui en Syrie ou à l’étranger.

Il y a eu moins de combats à l’ouest, même si cette partie de la ville fut quand même touchée par les bombardements.

Les conditions de vie sont très difficiles. Les djihadistes ont coupé l’eau et l’électricité pour affaiblir les populations et s’en servir comme moyen de pression politique. Ils ont déclenché une guerre de l’eau, ce qui est interdit par les accords internationaux. C’est un crime de guerre. Cela pose de graves problèmes pour boire et pour l’hygiène. Des forages ont été faits à Alep ouest pour accéder à des puits d’eau. Cela oblige à monter des bidons de 20 litres dans les étages des immeubles. C’est une situation très pénible pour les populations, d’autant que les coupures d’électricité sont fréquentes. Les djihadistes ont occupé les centrales électriques pour couper le courant. Le gouvernement a apporté des groupes électrogènes pour alimenter certains quartiers, mais cela coute très cher et l’électricité est intermittente.

Quelles formes ont pris les combats ?

Les djihadistes ont profité de leurs positions à Alep est pour bombarder Alep ouest. Avant la libération d’Alep est il y avait des bombardements tous les jours : des roquettes, des missiles, des bombonnes de gaz remplies de boulons et de pièces de fer. Les dégâts sur les civils sont importants, avec des membres coupés ou abîmés et des pièces fichées dans les corps. Il y a eu environ 100 000 morts à Alep.

Les églises et les habitations ont été détruites.

La vieille ville d’Alep est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les dégâts y sont très importants. Les djihadistes ont détruit le souk, une partie de la citadelle et des bâtiments historiques. Ils ont cherché à détruire une civilisation, à raser les éléments du passé.

Quelle est la situation aujourd’hui ?

Les explosions ont beaucoup diminué, mais il y en a encore. Les djihadistes d’Al-Nostra contrôlent une partie de la banlieue et continuent de tirer. Ceux-ci menacent d’envahir Alep la semaine prochaine. On ne sait pas si c’est vrai, peut-être est-ce seulement des menaces, mais tout est possible. Il y a des forces internationales derrière eux qui les poussent sur le terrain. Mais l’armée syrienne devrait pouvoir les repousser.

Dimanche 19 mars, les rebelles ont attaqué et occupé des bâtiments du quartier Abbasiyine, mais l’armée syrienne est en train de les repousser.

La seule route qui permet la communication entre Alep et l’extérieur a été attaquée par les djihadistes, à 140 km d’Alep. L’armée est en train de les combattre mais la route est provisoirement coupée aux véhicules, dans les deux sens.

Quelle est la vie quotidienne aujourd’hui à Alep ?

La vie est difficile quand il n’y a ni eau ni électricité. Il y a aussi des problèmes pour trouver le fioul et l’essence. L’armée a libéré la route vers l’Euphrate il y a dix jours, ce qui permet d’alimenter Alep en eau. L’eau du robinet est revenue le samedi 18 mars. Depuis quelques jours il y a une à deux heures d’électricité par jour. Beaucoup de gens sont partis et espèrent revenir. Les migrants sont fatigués et veulent revenir. La paix est la solution aux réfugiés syriens. Cela soulagera aussi les pays qui ont subi ces migrations (Liban, Jordanie).

Comment s’organisent les soins dans votre hôpital ?

Il est encore possible de soigner et d’opérer, mais cela est bien sûr difficile quand manque l’eau, l’électricité et les médicaments.

Les usines de fabrication des médicaments fonctionnent encore. Cela permet d’assurer 70% des médicaments, notamment génériques. En revanche, les médicaments spécifiques sont difficiles à trouver à cause de l’embargo de l’Occident. Nous subissons là la pleine hypocrisie de certains politiques : l’Occident défend les droits de l’homme, mais il ferme les yeux sur les ventes d’armes aux djihadistes et il met en place un embargo qui nous empêche d’acheter des médicaments.

À Damas, la situation est-elle calme ?

C’est plus calme. Il y a deux mois les djihadistes ont coupé l’eau et il a fallu un mois pour la restaurer. Il y a toujours le problème du courant électrique avec des coupures fréquentes. À Damas, la vie est plus tranquille. Alep est la ville la plus touchée et qui souffre le plus.

A-t-on des perspectives de paix ?

C’est difficile d’y répondre, car cela dépend des puissances régionales et internationales. La Turquie joue un double jeu. Elle arme les rebelles de Daesh et Al Quaida, elle laisse sa frontière ouverte pour permettre aux djihadistes de venir s’entraîner et de s’infiltrer en Syrie et ensuite elle se plaint des attentats et des déstabilisations. Les Afghans et les Tchétchènes sont passés par la Turquie, ils ont été entrainés et armés en Turquie. La plupart des hommes qui ont combattu en Syrie ne sont pas des Syriens, ce sont des djihadistes venus d’ailleurs. La Syrie est victime d’une déstabilisation internationale orchestrée par les puissances régionales. Erdogan veut faire un néo empire ottoman, ce qu’il appelle le néo-ottomanisme, défendu aussi par son ancien ministre Davutoglu.  Obama a laissé faire, il a été roulé par la Turquie. Le modèle islamique s’est diffusé à l’insu des États-Unis.

Trump étant contre Daesh, cela peut renverser un peu la situation.

Quel est le rôle des Russes dans la région ?

L’armée russe est présente à Alep, mais de façon discrète. La Russie est très bien vue, car elle a permis de défendre les villes et de combattre les djihadistes. Sans l’aide russe, les djihadistes auraient gagné. L’aviation russe a été d’un grand secours. La Russie est très aimée ici et certaines personnes commencent à apprendre le russe. Il y a un front commun entre l’armée du gouvernement, la Russie, l’Iran et le Hezbollah. Face à eux, la Turquie et l’Arabie Saoudite, la Turquie finançant Daesh et Al Nosra.

Dans ce conflit, l’Europe est complètement sortie du jeu, et notamment la France qui a mal réagi dès 2011-2012 et qui est désormais à l’écart, alors que la Syrie est l’un de ses anciens protectorats et qu’elle connaissait bien la zone.

Quel peut être le visage de la zone dans les années à venir ?

Le Liban a été protégé de la guerre, mais il a reçu beaucoup de réfugiés et il y a un risque de déstabilisation. Pour l’instant, il est à l’écart du conflit, mais pour combien de temps ?

Les puissances régionales ont la volonté de redécouper la zone et de faire des États confessionnels : alaouites, chrétiens, sunnites, chiites. Il s’agit de créer des États fondés sur la confession et non plus sur l’appartenance nationale. Ainsi, ils seraient antagonistes, ce qui affaiblirait la région. C’est le cas actuel de l’Irak, qui est coupé en trois zones.

L’Arabie Saoudite a aidé et financé Al Nosra. Elle achète des armes et elle les fait passer en Turquie. De même, elle aide le départ des djihadistes, qui vont en Turquie pour s’entraîner. Le Qatar, lui, aide Daesh. Il y a une opposition entre ces deux pays.

La guerre de Syrie et la bataille d’Alep sont les lignes de front de l’Europe. Si la Syrie tombe, la guerre se déplacera en Europe. Les terroristes qui ont réalisé les attentats en Europe ont été formés dans cette région, et les attentats ont été pilotés depuis la zone. Il y aura un effet domino : la chute de la Syrie causera la chute de l’Europe. À Alep, c’est plus que le sort de la Syrie qui se joue.

Auteur: Jean-Baptiste Noé

Jean-Baptiste Noé est docteur en histoire économique. Il est directeur d'Orbis. Ecole de géopolitique. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages : Géopolitique du Vatican. La puissance de l'influence (Puf, 2015), Le défi migratoire. L'Europe ébranlée (2016) et, récemment, un ouvrage consacré à la Monarchie de Juillet : La parenthèse libérale. Dix-huit années qui ont changé la France (2018).

21 Commentaires

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  • sassy2

    24 mars 2017

    M Marchenoir,
    que pensez-vous de cela?

    +intervention au sol en Syrie US + Russie
    +récupérer les frégates en dépôt vente et les livrer à la Russie
    +Pour une saine concurrence sortir GE de ALS et faire rentrer des partenaires russes
    +Organiser avec l’Otan le rapatriement de 1 million de réfugiés

    Sachant que:
    +dans 1 à 2h un mec qui participe au redesign de la fed va publier un tweet de MLP avec M Poutine. Enfin, peut être pas car hier le journal Die welt a commencé à taper dessus…
    +la cia va avoir ses crédits amputés

    Répondre
  • Robert Marchenoir

    24 mars 2017

    Tout d’abord, je constate que cet article attire les habituels commentaires de trolls russo-décérébrés, totalement dépourvus d’apport constructif et de connaissance du sujet. Comme par hasard, leur seul propos consiste à dénigrer la France et les Occidentaux. Il se trouve que cela coïncide parfaitement avec les objectifs de Moscou.

    Ne parlons même pas de Pivoine, qui fait ici son coming-out de troll du Kremlin en consacrant exclusivement un commentaire à… votre serviteur. On voit tout de suite à quel point ces gens-là se soucient sincèrement du sort des Syriens.

    Concernant l’interview, je découvre avec étonnement que selon ce chirurgien, seules les bombes djihadistes tuent. Apparemment, les bombes syriennes et russes ne font aucun mal. Elles n’existent même pas.

    On nous a pourtant assuré, sur les médias de Moscou, que les armées russe et syrienne pilonnaient Alep sans relâche, contrairement à ces efféminés d’Occidentaux qui n’osaient pas mettre le paquet. Et ce médecin, qui affirme avoir travaillé dans un hôpital d’Alep depuis le début de la bataille, qui est censé soigner ceux qu’on lui amène sans distinction, n’aurait remarqué que les blessures provoquées par les ennemis de Bachar el-Assad ? Etrange.

    Je signale tout de même qu’à Alep, l’armée russe a expérimenté des explosifs thermobariques, décrits par les militaires comme aussi meurtriers que les armes nucléaires tactiques, mais sans la stigmatisation particulière qui s’attache à ces armes. Une munition thermobarique répand, dans un bâtiment par exemple, un aérosol combustible qui est ensuite enflammé, ce qui provoque une gigantesque dépression par aspiration de l’air ambiant.

    Dans une ceinture déterminée autour de l’épicentre de l’explosion, les blessures sont abominables, très spécifiques et mortelles. Il n’y a rien à faire, sinon laisser les gens mourir. Le chirurgien n’a rien remarqué ?

    D’autre part, c’est la première fois que j’entends parler d’un embargo occidental sur les médicaments à destination de la Syrie. Une confirmation indépendante serait la bienvenue. Franchement, cette information me paraît très suspecte. Depuis quand « les Occidentaux » (sans précisions, remarquez-le bien) imposent-ils des embargos sur les médicaments ? C’est plutôt le contraire.

    En général, ce sont plutôt différents Etats et groupes armés qui empêchent les « French doctors » d’acheminer secours et médicaments sur les lieux de conflit. Et c’est l’armée russe qui a bombardé un convoi humanitaire près d’Alep, tout en niant l’évidence, comme d’habitude.

    Depuis le début de la guerre, Bachar el-Assad a annoncé aux médecins que s’ils soignaient les rebelles, ils seraient considérés comme des cibles légitimes. Les armées syrienne et russe ont pris délibérément pour cible des hôpitaux, à de nombreuses reprises. Ce monsieur est chirurgien, et il n’a rien à dire là-dessus ?

    Il affirme avoir travaillé à Alep depuis le début de la bataille dans un hôpital, il nous explique que les conditions de vie étaient abominables : pas d’eau, pas d’électricité… Mais il prétend être parfaitement au courant de la situation militaire, politique, diplomatique… Il nous explique même quelle était la situation à Damas ! Comment a-t-il eu le temps et les moyens de recueillir toutes ces informations ? Ne passait-il pas douze heure par jour à opérer, dans des conditions de fortune ?

    En revanche, de ses activités de médecin, il ne nous dit rien. Dans quel hôpital travaillait-il ? Etait-ce à l’est, ou à l’ouest ? Avec qui travaillait-il ? Quels étaient ses moyens ? Qu’a-t-il fait pour soigner les gens ? Qui étaient les blessés ? Combien de personnes a-t-il soignées ?

    Voilà ce qu’on attendrait, comme informations, d’un chirurgien dans un hôpital d’Alep. Au lieu de quoi, nous avons un topo qui aurait aussi bien pu être fait par un conseiller de l’ambassade syrienne à Paris.

    Sur le plan politique, pour ne pas dire celui de la désinformation, je constate l’éternelle propension communiste à dire une chose et son contraire : on reproche à la France de ne pas avoir fait assez en Syrie, mais simultanément on lui reproche d’en faire trop, de trop intervenir, d’être « impérialiste ». Il est un peu culotté, de la part de quelqu’un qui défend la position russe, de reprocher son absence à la France, alors que toute l’action de la Russie consiste pécisément à évincer les Occidentaux de Syrie.

    Quant au fameux « mandat syrien » qui fut jadis exercé par la France, c’est bien la première fois que d’ex-colonisés nous reprochent officiellement d’avoir cessé de les coloniser. Petite nouvelle à l’intention de la clique bachardo-russe et de l’extrême-droite française : nous sommes en 2017, pas en 1920. Le mandat syrien, c’est fini. Vous avez cassé la vaisselle, vous réparez.

    C’est Bachar el-Assad qui est responsable des 400 000 morts de la guerre jusqu’à présent. C’est lui qui a transformé ce qui n’était au départ qu’une protestation populaire en répression barbare et en guerre civile inexpiable. C’est lui qui a créé des usines de la mort dans ses prisons transformées en centres de torture et d’extermination. Et ce sont les Russes qui l’ont soutenu.

    Venir maintenant reprocher tout cela à la France, c’est véritablement faire montre d’un culot stratosphérique, d’une insolence dont seuls les bandits néo-communistes de Russie sont capables — et les islamistes qu’ils prétendent combattre, mais uniquement quand ça les arrange. Sans parler des traîtres français qui les aident, bien entendu.

    Je rappelle aussi que Bachar el-Assad est un islamiste. Parce qu’à force d’être inondés de propagande russe, on finirait par croire que ce monsieur est un chrétien, ou un bobo parisien agnostique. Bachar el-Assad est le chef d’Etat musulman d’un pays musulman, donc un islamiste, car ces deux mots sont synonymes. Il en a d’ailleurs toute la sauvagerie et toute l’insolence.

    En gros, nous avons là-bas des musulmans qui font ce qu’ils savent si bien faire depuis plus d’un millénaire, à savoir s’entretuer dans des rivalités inexpiables. Nous avons la mafia kleptocratique néo-soviétique qui tire les ficelles. Et bien sûr, tout cela serait notre faute ! Comme d’habitude ! Quoiqu’il arrive, c’est toujours la faute de l’homme blanc, occidental et chrétien.

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    • sassy2

      24 mars 2017

      +- Rien n’est ni blanc ni noir georges w bush recensé par Bernard Maris.
      Pivoine est dans son droit.

      Aussi et par exemple, je viens de voir que Jean Louis Bourlanges avait été évincé de france culture, ce qui est bien entendu ignoble.

      On a voulu faire mumuse avec l’encrier de Talleyrand, voila le résultat.
      Le Drian: combien a t’on vendu de rafale en 20ans avant lui? 0

    • Charles Heyd

      24 mars 2017

      Je suis dans l’ensemble d’accord avec ce que vous dites mais en nuançant cependant certains propos;
      – en effet, ce chirurgien a vécu dans une ville pire que Hiroshima (après le bombardement nucléaire)! Il a en effet de la chance d’avoir survécu!
      – les musulmans syriens « aiment » maintenant les russes au point d’apprendre le russe; il faudrait leur demander (aux Syriens) ce qu’ils pensent des traitements infligés par ces mêmes Russes aux musulmans tchéchènes; autre guerre civile dont on ne décrira jamais assez les atrocités commises, comme en Syrie, par tous les antagonistes;
      – dépecer la Syrie pour créer des « états » ethniquement mais surtout religieusement purs est en effet une aberration pour ne pas dire une abomination qu’on a du mal a imaginer dans une France où on plaide pour le « multiculturalisme » et la laïcité!

      S’allier aux Russes pour vaincre l’islamisme est un non-sens politique même si on rappelle tous les jours le fait que les occidentaux (dont la France) se sont alliés à un tyran sans nom (Staline) pour terrasser le nazisme; le but des Russes est en effet de nous évincer de ces régions comme Staline a réussi à le faire en Europe orientale et il vaudrait encore mieux laisser se créer un état « musulman » pur comme il en existe déjà (la République Islamique d’Iran, l’Arabie Saoudite ou le Qatar, pour justement offrir un « exemple » de ce genre de pays; cela constituerait un repoussoir très parlant pour nos « démocrates »!
      Enfin, je ne pense pas comme M. Noé que la Syrie et Alep soient nos dernières lignes de front; même si nous (les Occidentaux) vainquions en Syrie, d’autres batailles resteraient à livrer (l’Irak, la Lybie, le Mali et j’en oublie beaucoup!);
      ce qui nous permettra de vaincre l’obscurantisme c’est notre détermination commune et là en effet on ne peut qu’être pessimiste quand on écoute nos « élites » qui jusqu’à présent ont tout faux! Regarder les infos, certains politiques osent parler de la possibilité de guerre civile en France, ce qui est le cas de la Syrie même si c’est également une guerre internationale, et les commentaires que cela suscite§

    • Agree_to_disagree

      24 mars 2017

      Pour les crimes d’Assad, l’ONU annonce officiellement en 2013 qu’elle détient des preuves irréfutables (http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/syria/10107033/Navi-Pillay-UN-has-proof-Assad-is-directly-orchestrating-murder-and-atrocities.html). Un an plus tard (sic), CNN publie des photos de prisonniers torturés, en disant que l’origine de celles-ci n’a pas été vérifiée, et qu’ils ne font que relayer les conclusions d’une équipe d’experts anonymes (http://edition.cnn.com/2014/01/20/world/syria-torture-photos-amanpour). C’est vrai que c’est tellement plus crédible que la grossière propagande néo-soviétique. Remplacer le régime chiite d’Assad par un califat sunnite, pour que l’Iran chiite se retrouve stratégiquement encerclé, ça ne présente aucune espèce d’intérêt pour les saoudiens et leurs alliés américains. Aussi ridicule que de penser que nos gouvernants sont anti-chrétiens !

    • Jean-Baptiste Noé

      24 mars 2017

      Le chirurgien interrogé dirige un hôpital à Alep et travaille en liaison avec des hôpitaux français et syriens. Il a notamment témoigné devant une commission d’enquête du Sénat français, ce qui lui permet d’avoir une vision générale du conflit, et pas seulement la situation à Alep.

      Il intervient également en Europe dans des congrès de médecins sur les sujets de la médecine de guerre.

      Je vous ai épargné les descriptions des blessures et les photos des blessés et des morts.

      Quant à Bachar al Assad, on ne peut pas dire que c’est un islamiste. D’une part il est alaouite, considéré comme une secte par les sunnites qui ne cessent de les combattre, d’autre part il est membre du parti Baas, parti socialiste et laïc, qui n’a eu de cesse de combattre les religieux islamistes et de bâtir un Etat non confessionnel (comme l’Irak de Saddam Hussein, lui aussi membre du Baas).

    • Sarcastik

      25 mars 2017

      Beaucoup de parti-pris…

      Prenons votre exemple des armes thermobariques que, selon vous, les russes auraient « expérimenté ». Ouh les vilains : ils tuent des gens juste pour voir comment ça fait ! Problème : lesdites armes thermobariques existent depuis au moins la guerre du Viet Nam pour l’OTAN et vu leur simplicité, probablement depuis 20 ans dans l’arsenal russe. Imaginez que l’on disee « la France a expérimenté l’avion Rafale dans les opérations en Syrie ». Pour un militaire, employer un matériel et l’expérimenter sont deux faces de la même pièce : l’épreuve du feu est la seule qui ai démontré son efficacité dans l’histoire.

      Prenons aussi votre argument selon lequel le dictateur Assad serait un islamiste. Je vous renvoie à l’article wikipedia sur la religion alaouite, très semblable à celle des druzes que je connais mieux, ayant de la famille au Liban. Pour le dire simplement, c’est une secte qui n’a rien à voir avec l’Islam et ne s’y est assimilé que pour éviter l’anéantissement.

      Cela ne discrédite pas tout votre post mais me fait sérieusement penser que vos sources, sinon votre point de vue, elles aussi, sont éminemment critiquables.

  • Denis Monod-Broca

    23 mars 2017

    La Syrie était notre amie. Nous l’avons trahie, abandonnée !
    Quelle lâcheté ! Quelle honte !

    Nos dirigeants sont des ignares ! Leur seule motivation, à tous ces Créon, est de se voir en fiers défenseurs d’Antigone…

    Répondre
  • sassy2

    23 mars 2017

    si écoeurant qu’il est difficile d’en parler.

    Répondre
  • Nanker

    23 mars 2017

    A quand le transfert de Fabius et Hollande à la Cour de justice internationale de La Haye en vue d’une mise en examen pour crimes contre l’humanité?

    Ils l’ont bien mérité, ils sont nos Rumsfeld et Bush Jr, comme eux ils sont responsables de dizaines de milliers de morts et de la déstabilisation d »un pays arabe.

    Répondre
  • jimmie19

    23 mars 2017

    Le jour où vous passerez au journal de 20H pour donner cette version, bien différente de la vérité officielle mais combien plus logique au vu des évènements, nous aurons fait un (petit) pas vers la démocratie.

    Mais bon, quand on sait que le président du conseil constitutionnel français félicite Al-Qaïda pour le bon travail fait en Syrie,j’ai comme qui dirait des doutes.

    Cependant, continuez à nous éclairer et nous donner des éléments pour penser par nous-même et pas comme l’on veut nous faire penser.

    Merci

    Répondre
    • Jean-Baptiste Noé

      24 mars 2017

      J’attends leur invitation !

  • Agree_to_disagree

    23 mars 2017

    Tout ce qu’il dit, je l’ai sur RT l’annee derniere. Alep-est a ete liberee – et a Paris on a eteint la tour Eiffel en memoire des pauvres rebelles « moderes » ! C’est a ce moment la qu’apres des annees de doute (« oui c’est louche mais on ne peut pas nous mentir a ce point la quand meme ») j’ai enfin mesure toute l’ampleur de du totalitarisme mediatique et educatif en Europe de l’ouest.

    Répondre
    • Pivoine

      23 mars 2017

      Sur RT!
      C’est inadmissible! Insupportable!

      Robert Marchenoir, dites quelque chose!
      En plus, JB Noé est un auteur qui cite Christophe Giuly!

      Robert Marchenoir, il est grand temps de rétablir la vérité seule et unique!

  • GustaveIV

    23 mars 2017

    Pour ceux qui veulent comprendre, s’instruire sur l’Islam et sa volonté de détruire l’Art et les civilisations: https://www.politicalislam.com/annihilating-art-civilization/

    Votre article ne touche a aucun moment ce problème qui maintenant devrait être évidant a l’homme de la rue- Alep est un exemple parfait, les exemples ne manquent pas quand on analyse L’Islam et 1400 ans d’histoire de L’Islam.
    Problème? L’école et les médias ne font aucune référence a ce sujet, ou publient des informations fausses.

    Répondre
  • Laurent

    23 mars 2017

    Merci, J’aime beaucoup ce format,information de gens de confiance- Une bouffée d’air dans un monde de Nouvelles fausses. Vous allez détruire les Médias gouvernementaux et créer la voie du monde libre. Grand espoir.

    Répondre
  • MAHEO

    23 mars 2017

    évident !!Mais qui le dit publiquement? personne!!!!

    Répondre
  • jean SEGUR

    23 mars 2017

    Bonjour,

    Cela souligne l’imposture et la totale incompétence de cet état français en totale
    déliquescence.

    Ces morts nous parlent et nous crient leurs colères.

    Ils le feront bientôt dans notre jardin.

    jean SEGUR

    Répondre
    • Jean-Baptiste Noé

      23 mars 2017

      Ce n’est hélas pas la première fois que notre diplomatie s’illusionne. Sur le dossier syrien nous avons été en dessous de tout.

    • Agree_to_disagree

      23 mars 2017

      Jean-Baptiste Noé

      En dessous de tout ? C’est peu dire, si justice il y a, la complicite de la France dans ce fiasco sera rangee au meme chapitre que le vichisme dans les livres d’histoire. C’est une honte sans precedent, une atrocite d’autant plus haissable qu’elle est commise au nom du politiquement correct (peu importe le massacre d’enfants chretiens en Syrie, le principal est de ne pas offenser notre communaute musulmane)

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