Qu’est-ce que le Libéralisme?

 

  Prologue: Les organisateurs de la réunion du sommet des Libertés nous avaient invités à y participer, invitation que nous avions refusé. Pourquoi ? Parce que tous ces gens, tels Iznogoud, veulent simplement être calife à la place du calife. Ces politiques professionnels n’ont toujours  pas compris que, pour le peuple, la démocratie représentative est devenue une farce dont ce même peuple espère qu’elle ne terminera pas dans le sang.

Comme le disait Einstein, penser que ceux qui ont créé un problème  vont le résoudre est la forme la plus extrême de la bêtise. Le but d’un homme qui serait élu à la Magistrature suprême  et aimerait la France ne peut donc être que de rendre la parole au Souverain, le peuple. La seule solution à nos problèmes est de mettre l’Etat Français sous le contrôle effectif des citoyens, ce qui ne s’est jamais produit et qui implique que notre pays retrouve d’abord ses souverainetés juridiques diplomatiques, militaires et monétaires. Celui qui dit que l’on pourra trouver des solutions tant que nous restons dans l’Europe Institutionnel telle qu’elle fonctionne aujourd’hui ou ment, ou est idiot ou les deux à la fois. Tant que la Droite et la Gauche n’auront pas compris que les solutions sont dans la subsidiarité et la démocratie directe, elles continueront à se ridiculiser élection après élection, ce qui se voit dans une participation électorale qui ne cesse de s’effondrer. Et le Liban nous donne une excellente indication  de ce que sera notre futur si  la soi-disant droite à comme seul but de rechercher un « Iznogoud « de droite » qui sera capable de battre un Iznogoud de gauche. Cette perspective fait naître en moi une envie irrépressible d’ouvrir la fameuse boite à claques

 

 

 

J’ai eu 80 ans, l’âge où les ombres s’allongent sur le sol, et de temps en temps je me pose la question : « Mais pourquoi est ce aussi difficile d’être Libéral en France ?Qui peut aussi se traduire par « Mais qu’est que j’ai été faire dans cette galère ? »  Voici ce qui pour moi est un début de réponse à ces étranges questions.

Tout d’abord, le Libéralisme est une Philosophie du DROIT et non pas du tout une série de recettes économiques. Des principes Juridiques ont émergé au cours du XVII et XVIII siècles, ont été appliqué aux Etats-Unis et en Grande Bretagne et à la stupéfaction générale ont amené d’abord au décollage économique de ces deux pays, puis ensuite de tous les autres pays qui ont suivi leur exemple. Le Libéralisme n’a donc rien à voir avec l’économie, tout à voir avec le Droit.

L’application des principes juridiques du Libéralisme amènent à la croissance économique, mais c’est une conséquence heureuse et non recherchée.  Ces principes Juridiques  définissent  d’un coté les relations des individus entre eux  et de l’autre la relation entre ceux ci et l’entité à qui ils ont librement délégué le monopole de la violence légale, je veux dire l’Etat. Le principe fondamental du Libéralisme est donc que le Droit régit TOUT et est supérieure à TOUT. Dans un monde organisé selon une philosophie libérale, le DROIT est le cœur même du système ainsi qu’on le voit aux USA où le Président lors de son intronisation jure de  respecter la Constitution des Etats-Unis, cette Constitution étant, comme chacun le sait, la clef de voute de tout le système juridique, légal et économique aux USA. Et cette Constitution est inchangée depuis son origine, à l’exception de quelques amendements, dont le plus célèbre reste le premier « Le Congrès des Etats-Unis ne fera pas de Loi pour limiter la Liberté d’expression », ce qui bien sur interdit par exemple toutes les stupides lois mémorielles dont nous souffrons dans notre pays. Or dans le  subconscient des Français, RIEN ne peut être supérieure à l’Etat Et donc nous ne pouvons avoir aucune stabilité juridique puisque chaque changement dans l’Etat amène avec lui  des changements dans le Droit.

Depuis que les Etats – Unis existent, nous avons eu le bonheur d’avoir cinq Constitutions Républicaines, deux ou trois Monarchies, un ou deux Empires, et quelques régimes indéterminés  tels le Consulat ou Vichy.  Et tous les agents de l’Etat qui avaient jure fidélité à la Constitution précédente  n’ont jamais eu aucun problème à continuer à servir quand bien même la  Constitution aurait changé  puisque l’Etat et ses serviteurs restaient en place. En France, l’Etat est pérenne, les Constitutions et donc le Droit- tout à fait transitoires. Dans un monde Libéral, le Droit est supérieur à l’Etat.  Et  donc pour moi,  être Liberal, c’est vouloir ramener l’Etat sous le contrôle du Droit. Et c’est là  où les problèmes commencent, bien sur.

 

Car qui vais je trouver sur mon chemin dans cet effort ? A peu prés tout le monde…

 

D’abord et avant tout ceux que j’appelle les « Bonapartistes ». Loin de vouloir un Etat neutre et soumis au Droit, ils veulent un Etat « fort », c’est à  dire  soumettant le Droit  à la volonté d’ un  « chef » qui prendrait le contrôle de l’Etat  et le dirigerait en fonction de l’Intérêt général qu’il serait bien sur seul à  même de déterminer.

La Constitution de la V eme est organisé selon ces principes. On en voit les résultats heureux tous le jours. Un libéral ne peut pas être d’accord avec de telles inepties et le vrai adversaire de tout Libéral est, et à toujours été les Bonapartistes, Gaullistes, Chiraquiens et autres Sarkozystes. Les Bonapartistes pensent qu’un Etat fort rendra la France forte et tant pis si les citoyens sont faibles et n’ont guère de droits… –

Un libéral pense que des citoyens forts font une Nation forte, la contradiction est donc totale. Cette forme d’Etat qui a eu (peut être) son utilité dans le passé, pour reconstruire la France après 1945 par exemple est aujourd’hui complètement obsolète, compte tenu de l’évolution vers une économie de la connaissance.

Viennent ensuite les Socialistes, tout empêtrés dans leur rêve de justice sociale centrée non pas autour de la notion de Liberté, mais autour de celle d’Egalité. Pour eux le but est de prendre le contrôle de l’appareil d’Etat pour assurer par la force une redistribution équitable (à  leurs yeux), des ressources .Et si cela les amène à violer le Droit, tant pis. On le changera (cf. Inconstitutionnalité récente de l’impôt confiscatoire au dessus de 75%). Fondamentalement, ils pensent que le Droit est fonction de la majorité du moment  comme l’inénarrable monsieur Laignel en 1981 et leur cri de guerre reste « Vous avez juridiquement tort puisque vous êtes politiquement minoritaire ».

Voila qui  revient à fonder le Droit sur la Loi Majoritaire du moment,  ce qui est une incroyable erreur conceptuelle. Le Droit a son fondement dans l’Individu  et non pas dans la Majorité. Fonder le Droit sur une erreur intellectuelle amène TOUJOURS à un appauvrissement généralisé et c’est bien sur ce qui est en train d’arriver en France en ce moment (voir la Parabole de Vignerons et du Maitre de la Vigne dans les Evangiles, pour plus d’explications)

-Suivent  les « intellectuels Français » et autres « oints du Seigneur » locaux qui tous unanimement détestent le Libéralisme puisque dans un régime Liberal leurs voix ne vaudraient ni plus ni moins que celle d’un charpentier ou plombier zingueur. Comme le disait le regretté Raymond  Boudon, « Les intellectuels en France détestent le Libéralisme parce que dans un régime Liberal, ils seraient payés en fonction de leur valeur’.

Je ne sais pas pourquoi, je pense immédiatement au CNRS…mais d’autres noms me viendraient assez facilement à l’esprit. Le but du Libéralisme est donc simplement de rétablir le contrôle de l’Etat par le Droit. Et ce rétablissement aurait des conséquences nombreuses et heureuses.

Hélas, je ne pense pas  que les choses vont beaucoup bouger de mon vivant, ni que j’aurai une grande influence, mais cela ne n’importe guère.

Ce qui compte c’est de porter le flambeau, quelqu’un d’autre le relèvera un jour. Apres tout, il n’est pas honteux d’échouer là où Montesquieu, Benjamin Constant, Tocqueville, Bastiat, Raymond Aron, Jouvenel, Revel et tant d’autres ont échoué avant moi.

Et comme le disait un grand Français, Pierre de Coubertin « L’important dans la vie ce n’est pas le triomphe mais le combat « 

Iran : et maintenant ?

La guerre aura duré 12 jours. À l’issue de celle-ci, les trois camps crient victoire.

Israël se réjouit d’avoir détruit l’arsenal nucléaire iranien, l’Iran dit avoir infligé une défaite aux « sionistes », Donald Trump montre à la terre entière que le cessez-le-feu a pu être obtenu grâce à son intervention. 12 jours de guerre et tous les belligérants semblent satisfaits ; que demander de plus ? C’est comme au bac : tout le monde obtient la mention très bien et peut rentrer chez lui l’air triomphant. Donald Trump a même remercié l’Iran de l’avoir prévenu avant de bombarder la base américaine. Des échanges d’amabilités qui démontrent que nous ne sommes pas vraiment dans une période de guerre.

 

Mais justement, ces autosatisfecit ne satisfont personne. Israël voulait renverser le régime des mollahs et ce dernier est toujours en place. Les Iraniens voulaient pouvoir créer une bombe nucléaire, leur arsenal semble, pour l’instant, hors service. Donald Trump, dans son discours de Riyad de mai dernier, annonçait renoncer à l’usage militaire et au regime change, il a dû faire usage des bombardiers B-2 et menacer l’Iran. La vieille politique a finalement repris le dessus et rien ne semble véritablement avoir changé.

 

Changer le régime ?

 

Dans les capitales européennes, la diaspora iranienne s’est agitée. Elle a annoncé la fin des mollahs, le retour de la démocratie, la prospérité retrouvée de la Perse. Une effusion de sentimentalisme qui brouille les pistes plus qu’elle ne résout les problèmes. Demander à une diaspora, qu’elle soit iranienne, syrienne, arménienne ou autre, son avis sur son pays d’origine, c’est comme demander à un Français expatrié à New York ou à Canberra ce qu’il pense du mouvement des gilets jaunes. Il fera une réponse, claire et argumentée, qui exprimera son point de vue d’expatrié, non le point de vue des gilets jaunes.

Les diasporas se trompent toujours, parce qu’elles prennent toujours leurs rêves pour des réalités. Les diasporas vivent dans un pays imaginaire, une utopie, c’est-à-dire un lieu qui n’existe pas. Elles mythifient le pays d’où elles viennent, pays que certains ont quitté depuis plusieurs générations. Elles en ont une image merveilleuse, enfantine, qui ne correspond pas au pays réel. Les diasporas vivent en vase clos : associations de diasporas, discussions avec des diasporas, échanges avec des proches, restés au pays, mais avec lesquels le dialogue véritable est presque toujours impossible.

Discuter avec une diaspora, c’est comme échanger avec des expatriés français en Afrique. Ils décrivent toujours un pays dans lequel ils vivent et travaillent, mais qui ne correspond pas au même pays que ceux des Africains. Raison pour laquelle les colons n’ont jamais compris les raisons de l’indépendance, comme les expatriés ne comprennent jamais pourquoi ils sont chassés d’Afrique, alors qu’ils font « tant de bien ».

 

On peut changer un régime à coup de bombe, mais il est rare que cela donne de bonnes choses. Un nouveau régime, qui arrive dans les fourgons de l’étranger, n’a que peu de chance de réussir. On change les mollahs et alors ? Qui prend le pouvoir à leur place ? C’est-à-dire, concrètement, au-delà des rêves diasporiques et démocratiques, qui devient maire de Téhéran, qui dirige la police, au niveau national, régional, local, qui travaille dans les ministères, qui sont les officiers de l’armée, que fait-on, dans le cas de l’Iran, des gardiens de la révolution, que deviennent les fonctionnaires de toutes les administrations, que devient l’idéologie qui forme l’Iran depuis 1979 ? En clair, on peut changer les mollahs, on ne changera pas l’Iran, du moins pas du jour au lendemain, parce que toute la structure administrative, qu’on l’appelle « État profond » ou « continuité de l’État », elle, ne change pas.

Contrairement à la Libye et à l’Irak, l’Iran dispose d’une classe bourgeoise beaucoup plus cultivée, qui dispose d’une véritable maîtrise de l’État et qui sait gérer un pays. Un changement de régime aurait donc plus de chance de réussir qu’à Bagdad ou à Tripoli.

 

En Syrie il y a eu changement de régime. Mais c’est un opposant de longue date à Assad, qui contrôlait sa région les armes à la main, qui a lancé un raid et qui a pris Alep et Damas. L’appareil sécuritaire syrien s’est effondré, le clan Assad est parti et le régime a changé. En Iran, il n’y a pas cela. Nul opposant qui tient une région, qui serait capable de mobiliser les foules, comme le firent les mollahs dans leur renversement du Shah en 1979.

Les Américains en sont conscients, et c’est pourquoi ils veulent éviter le changement de régime. L’ayatollah Khamenei a 86 ans, il est malade, sa succession interviendra bientôt. Et ce sera aux Iraniens de régler eux-mêmes ce problème.

 

Les vrais changements

 

Plusieurs vrais changements ont néanmoins eu lieu durant cette guerre et, comme souvent, les changements structurels passent inaperçus.

La guerre a fait rage dans une région où le pétrole est omniprésent, l’Iran a menacé de fermer le détroit d’Ormuz par où passe 20% de la production mondiale de pétrole. Que s’est-il passé ? Presque rien. Les cours du brent ont à peine bougé. 67 $ le 9 juin, pic à 79 $ le 19 juin, chute à 68 $ le 24 juin. Il y a eu un pic entre le 12 et le 21 juin, puis retour à la normale. Aucune crise pétrolière, à l’inverse de 1979, où le cours du baril était pourtant passé de 13 $ à 35 $. Depuis 1979, le monde a appris à faire avec. Le pétrole qui transite par le détroit d’Ormuz fournit en premier lieu l’Asie : la Chine, l’Inde, la Corée du Sud, le Japon et les autres pays d’Asie. Les États-Unis et l’Europe s’approvisionnent ailleurs. Autrement dit, le blocage du détroit d’Ormuz est d’abord un problème pour la Chine et pour l’Inde, pas pour les pays d’Europe et les États-Unis. Ce qui est un autre changement majeur par rapport à ce qui se passait dans les années 2000.

 

L’autre grand changement est le retour des États-Unis. C’est eux qui disposent de l’armement capable de détruire la base de Fordo, c’est eux qui ont négocié le cessez-le-feu.

Quant à la Russie, alliée de l’Iran, elle est absente, comme elle fut absente de la Syrie. Engluée en Ukraine, la Russie a perdu son statut de puissance mondiale, elle est devenue une puissance locale. C’est l’autre grand changement opéré par cette crise iranienne.

 

Salon du Bourget : la vitrine de l’excellence française

Tous les deux ans se tient le salon de l’aéronautique du Bourget. Une vitrine pour l’excellence industrielle française et un état des lieux du secteur de la défense.

 

Avions civils et militaires se donnent rendez-vous au Bourget pour des présentations des nouveautés et pour exposer les innovations techniques. Cette année, la guerre d’Ukraine était bien évidemment en tête, notamment pour l’usage intensif des drones qui en est fait, ainsi que la guerre en Iran, débutée quelques jours avant l’ouverture du salon. La maîtrise du ciel de l’armée israélienne et l’utilité de l’aviation pour détruire les sites nucléaires iraniens démontrent l’importance de cette arme.

 

Un complexe industriel

 

Le salon du Bourget démontre que l’industrie aéronautique, comme tous les secteurs industriels, est d’abord un complexe, c’est-à-dire un ensemble d’entreprises qui fonctionnent en réseau. Il y a certes les têtes d’affiche, comme le Rafale, que tout le monde vient voir et admirer, mais il y a surtout l’ensemble des entreprises qui sont mobilisées pour permettre la réalisation de cet appareil. Ceux qui fabriquent les vis, objets techniques s’il en est, qui doivent résister à la pression et à la dilatation ; ceux qui fabriquent les verrières, les trains d’atterrissage, les systèmes de câbles et de communication, etc. Tout cela forme un réseau, un complexe industriel, parfaitement imbriqué et dépendant. Sans eux, Dassault ne serait rien, comme Airbus, comme tous les grands noms de l’aéronautique. Ce sont des milliers d’emplois, souvent situés dans les petites et moyennes villes françaises. C’est un tissu économique souvent mal connu, qui offre pourtant de nombreux débouchés professionnels et qui a souvent du mal à recruter. Et pas seulement des ingénieurs purs et durs, mais aussi tous les métiers qui gravitent autour de ces secteurs.

 

Ce complexe industriel est fragile et soumis à une législation fiscale et juridique délirante. À visiter les stands, on comprend le temps qu’il faut pour créer un tel humus industriel, et combien il est si facile de le détruire par des mesures inadaptées et confiscatoires.

 

Le problème des financements

 

L’autre grand enjeu de l’industrie de la défense, notamment pour Dassault, est celui de l’accès au financement. En dépit des discours politiques et de l’opinion partagée qu’il faut « réindustrialiser » et soutenir l’industrie française, ces entreprises ont beaucoup de mal à trouver des financements. Les grandes banques françaises sont rétives à financer leurs projets, souvent à cause des normes ESG qui pèsent sur eux. Si bien que les capitaux français étant taris, les entreprises françaises doivent se tourner vers des banques étrangères. Ce qui est contradictoire avec les appels gouvernementaux à la souveraineté et à l’indépendance nationale. On mesure là aussi le drame qu’est pour la France l’absence de système de retraite par capitalisation : c’est autant d’épargne des Français qui pourrait être investie pour soutenir ce secteur économique. Et en l’absence d’un tel système, les entreprises doivent chercher des capitaux ailleurs.

Mais sans capital, les grands discours et les bonnes intentions ne pourront pas aller loin et vont se heurter à ce besoin crucial d’énergie financière.

 

Le problème des normes

 

Troisième problème pour l’industrie de la défense, celui des normes. Bien évidemment, tout le monde est d’accord pour assurer la protection des salariés, celle de l’environnement et pour lutter contre la corruption. Le problème étant que ces normes, qui sont des règles du jeu, ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Notamment pour les entreprises américaines qui, bien souvent, ne respectent pas les normes imposées aux autres. Pour les entreprises françaises, il faut non seulement vérifier la conformité de ses entreprises et de ses sous-traitants, ce qui est normal, mais aussi des sous-traitants des sous-traitants, ce qui devient particulièrement complexe. Avec à la clef le risque de procès et de guerre informationnelle qui menace la stabilité et la réputation des entreprises.

Si Boeing avait été une entreprise européenne, elle n’aurait jamais survécu à ses problèmes techniques et à l’ensemble des accidents. Pas seulement celui du crash en Inde, dont les responsabilités restent à déterminer, mais tous ceux qui ont eu lieu avant, où des personnes ont été contraintes à se taire et à cacher les malformations. Cette guerre des normes n’est pas équitable, donc elle n’est pas juste. Là aussi, c’est une fragilité pour l’industrie française de la défense.

 

Le salon du Bourget démontre néanmoins que la France est encore capable de faire de grandes choses. Il faut saluer également l’organisation, parfaitement huilée et compétente, ce qui est toujours complexe pour ce type de salon. Accueil en gare RER du Bourget, orientation vers les navettes, facilité d’accès, contrôles de sécurité, points d’information tout au long du salon, ce sont de « petites » choses essentielles pour que toutes les journées se passent bien et que les visiteurs, professionnels et privés, soient bien accueillis. Or, Le Bourget est une vitrine de l’excellence française. Des cadres de haut niveau, des ministres et des officiers étrangers s’y rendent, des pays du Golfe, d’Asie, d’Europe. Il faut que toute l’organisation soit parfaite pour que l’image de la France soit bonne. C’est aussi une façon de vendre des avions : si le salon est bien organisé, on peut supposer que les entreprises françaises savent bien effectuer leur travail. À l’inverse, une organisation désordonnée et défaillante serait une terrible image de faiblesse. Le rôle des salons dans la puissance internationale d’un État est trop souvent négligé. Que ce soit Le Bourget tous les deux ans, la Porte de Versailles et Villepinte tout au long de l’année, ces salons sont essentiels pour permettre les rencontres et pour afficher l’excellence française.

Quand les choses fonctionnent bien, il faut aussi savoir s’en réjouir. Et retrouvez les joies de l’enfance de voir voler de beaux avions, de capter une part de rêve, de s’émerveiller. C’est aussi cela la puissance industrielle.

 

Le cycle du cochon et le prix de l’énergie

Les marchés peuvent rester irrationnels plus longtemps que vous ne pouvez rester solvables 

Keynes

La description du cycle du cochon est l’un des grands moments dans les cours d’économie en première année. La voici.

Au début de l’année t, le prix du kilo de viande de cochon est très bas. Et donc, aucun paysan n’élève des cochons. Un an plus tard, en t+1, il y a, fort logiquement, une pénurie de bacon, et le prix de la viande de cochon s’envole. Immédiatement, les paysans se précipitent, les pauvres truies sont mises à contribution comme jamais, les verrats sont sur le flanc…Et, en t+2, compte tenu de la surproduction, le prix du rôti de porc s’effondre à nouveau et avec lui la naissance de petits cochons. Plus un seul paysan ne produit du cochon. En t+3 le prix du bacon s’envole derechef.

Et ainsi de suite…

Le lecteur va me dire que le cycle du cochon est une invention d’économistes qui cherchent à avoir l’air malin et que dans la réalité, les choses sont beaucoup plus compliquées et ne se passent jamais de cette façon. Je n’en suis pas si sûr, surtout quand je vois le secteur le plus important pour l’économie, celui de la production d’énergie exhiber un cycle du cochon parfait avec une légère différence cependant, le cycle n’est pas à un an mais à …trente ans. Vérifions.

 

 

 

Explications

  1. Le scenario semble être toujours le même : le pétrole (l’énergie) est bon marché et il est donc très rentable de transformer l’énergie en produits ou en services. La demande d’énergie explose. La ligne rouge monte, mais comme il n’est pas rentable de faire des recherches pour trouver des cochons, pardon du pétrole, au bout d’un certain temps (20 ans…), le prix du pétrole se met à monter puisque l’offre est devenue inferieure à la demande.

La ligne rouge commence à baisser. La rentabilité des affaires se contracte et un bear market structurel commence.

  1. Ce cycle semble avoir une durée de trente ans. Les plus bas sur les actions ont été atteints à chaque fois à trente ans d’écart : 1920, 1950, 1980, 2010. Le prochain plus bas devrait donc être atteint vers 2040.
  2. Le ratio est totalement horizontal ce qui permet de dire que quand la ligne rouge passe au-dessus de 180, le marché des actions est probablement « cher » et qu’il est de plus en plus dangereux de rester sous-pondéré en valeurs énergétiques. C’est le cas aujourd’hui.
  3. Il semble que le cycle énergétique et financier connaisse trois phases, hausse des actions, stabilisation, baisse des actions. Nous sommes dans la phase de stabilisation.

Et la question se pose immédiatement :  comment jouer ce cycle. Voici MA reponse.

 

 

 

  • La ligne rouge est à nouveau le ratio S&P 500 Prix du Pétrole.
  • La ligne bleue est la moyenne mobile à 7 ans de ce ratio.
  • Les hachurages jaunes montrent les périodes dangereuses pour le marché des actions, durant lesquelles la ligne rouge est sous la ligne bleue = cours des actions sous performant le prix du pétrole depuis 7 ans au moins) ce qui veut dire que la transformation énergie-produits se fait à perte.

Vérifions maintenant que ces périodes jaunes correspondent vraiment à des périodes dangereuses.

C’est ce que je fais dans le graphique suivant.

 

 

 

Quelques mots d’explication pour ceux qui ne suivent pas la finance pour expliquer ce qu’est le multiple cours bénéfice.

Soit une société XYZ qui a un bénéfice de 10 e par action  et un cours de bourse à 100 e,

Le cours d’une action est donc fonction de deux paramètres, son bénéfice par action et un multiple de ce bénéfice que le marché lui attribuera et que les américains appellent le PE Ratio ou Price earnings ratio, que nous avons traduit « multiple cours bénéfice ». Dans le cas de XYZ, la valeur se vend à 10 fois son bénéfice annuel, et plus le nombre d’années est grand, plus la valeur est chère.

Si vous additionnez les profits de toutes les sociétés qui constituent un indice, vous arrivez à un profit par action pour cet indice et la courbe noire qui apparait sur le graphique ci-dessus est simplement le multiple cours bénéfice pour l’indice Américain S&P 500 depuis 1918.  A 5, les actions sont données dans la rue. A 36, l’enthousiasme est sans doute un peu excessif.  Et quelque chose de stupéfiant apparait. Quand on regarde le graphique. Début 2000, le PE est à 45 fois, ce qui est très élevé. Vingt ans plus tôt il était à 5. Dix ans plus tard, il est à moins de 15 fois les profits des mêmes sociétés.

En réalité, le PE ratio pour le S&P 500 a oscillé entre 5 et 45 depuis un siècle (voir le graphique)

Et donc, ma société XYZ, si elle se vendait au multiple du marché avec les mêmes bénéfices de 10 pourrait voir son cours varier entre 50 et 450, ce qui ne parait pas très sérieux, et d’ailleurs ne l’est pas. Personne n’a jamais dit que les marchés étaient sérieux, mais juste que sur le long terme, ils faisaient un meilleur travail d’allocation du capital que les technocrates.

Cette volatilité dans l’appréciation que les marchés portent sur les bénéfices est en fait la cause principale et des krachs et des bulles.

Mais peu de monde a réussi à expliquer cette volatilité

Je m’y essaye dans ce papier.

La reponse que je soumets est que la variation des multiples est causée par la variation du cours de l’énergie, cette variation ayant un profond impact sur la rentabilité des sociétés.

  1. Si les cours de l’énergie baissent par rapport aux cours des actions, il faut se bourrer d’actions représentant des valeurs de croissance dites à duration longue puisque les multiples vont monter.
  2. Si l’inverse se produit, il faut avoir des valeurs à haut rendement et à faible duration puisque les multiples vont baisser.

Pour l’instant, il n’y a pas de problème avec l’énergie.

Mais, compte tenu de ce qui se passe au Moyen-Orient, une forte hausse des prix du barri n’est pas à exclure. Auquel cas, il faudra vendre les valeurs de croissance et acheter les sociétés à fort rendement.

Comprendre les marchés obligataires.

Un marché obligataire, c’est un endroit ou un grand nombre d’acheteurs rencontrent un grand nombre de vendeurs et essayent de détermine ensemble le prix du produit que certains veulent vendre et d’autres acheter.

Ce qu’ils veulent acheter ou vendre, c’est la disposition d’une somme d’argent pour une durée déterminée, certains ayant trop d’argent, les préteurs, et les autres, les emprunteurs n’en ayant pas assez.

Le prix auquel ils s’arrêteront s’appelle le taux d’intérêts et ce prix sera payé par l’emprunteur au préteur pendant une durée fixe, a la fin de laquelle le principal sera repayé. Le taux d’intérêt n’est donc qu’un loyer, le loyer de l’argent ou d’un appartement étant la même chose.

Et ce loyer sert à compenser le préteur contre les incertitudes du futur.

S’il n’y avait pas de compensation pour ces incertitudes, qui sont réelles, alors le préteur mettrait son épargne dans son matelas ou achèterait de l’or, la vitesse de circulation de la monnaie tomberait à zéro et l’économie s’arrêterait instantanément.

Le futur est incertain et abandonner son argent pour une période donnée exige bien évidemment une rémunération positive.

C’est donc dire que mettre des taux d’intérêts négatifs pour le loyer de l’argent, comme l’a fait la BCE pendant des années, c’est dire explicitement que le futur est plus certain que le présent, ce qui est une ânerie philosophique sans précèdent historique, erreur que les économies européennes n’ont pas fini de payer.

Dans un marché libre, le taux d’intérêt nominal sera donc

  1. toujours positif et
  2. autorisé à varier avec le temps.

Et comme ce prix varie avec le temps, la valeur d’un stock d’épargne investie à un temps t va bouger avec la variation des taux d’intérêts, ce qui apparait mystérieux à beaucoup de gens.

Mais qui ne l’est pas, voici pourquoi. .

J’ai investi 100 dollars à  3 % par an, avec remboursement du principal dans 10 ans, je vais donc toucher 3 % par an et je serai remboursé 100 dans 10 ans si tout se passe comme prévu.

Mais si les taux sont passés de 3% à 4 % dans l’année qui suit mon achat alors mes 100 dollars ne valent plus que 80 dollars, en tout cas d’après le relevé que je reçois de ma banque…

Et c’est là  où il faut comprendre que, si vous ne vendez rien, vous toucherez 10 fois 3 % et serez remboursé à 100 et c’est ce qui se passerait s’il n’y avait pas de marché entre préteurs et emprunteurs.

Mais il y a un marché et vous pouvez vendre ce contrat à quelqu’un d’autre.

Si les taux ont baissé, vous le vendrez plus cher et si les taux ont monté vous le vendrez moins cher.

Ce qui a baissé dans mon exemple c’est la valeur de marché du temps qui reste pour ce  contrat , si vous vouliez le liquider, et il s’agit d’une valeur économique qui n’a rien à  voir avec ce que vous allez toucher si vous ne bougez pas, qui est une valeur comptable.

Le préteur ne s’est pas engagé à vous racheter votre contrat à 100 à tout moment, mais à la fin, ce qui n’est pas du tout la même chose.

Que le lecteur veuille bien considérer le graphique suivant.

 

 

Le graphique du haut, en rouge, montre le taux d’intérêt sur les obligations du trésor américain à 10 ans.

Le graphique du bas, en bleu, montre combien vous devez mettre de dollars à n’importe quel moment pour avoir 100 dollars 10 ans plus tard.

Le plus haut sur les taux a été atteint en septembre 1981 à  15.5 % par an. (ligne pointillée horizontale).

Pendant ce mois, vous pouviez acheter un contrat disponible sur le marché libre qui vous coutait $ 24 et qui vous garantissait que vous toucheriez 100 dollars 10 ans plus tard.

En d’autres termes, le trésor américain vous garantissait que vous alliez plus que quadrupler votre capital en 10 ans, ce qui était incroyablement attractif.

Le plus bas sur les taux a 10 ans a été atteint en septembre 2020, quarante ans plus tard à 0.68 % et il fallait investir $94 pour être certain d’avoir 100 dollars 10 ans plus tard, ce qui était sans aucun intérêt (sans jeu de mot)

Imaginons que vous ayez acheté le contrat à $ 24 en septembre 1981 avec des taux au-dessus de 15 %.

Cinq ans plus tard, vous avez touché cinq fois 15 %, il reste cinq ans à courir sur votre contrat qui est valorisé dans le marché bien au-dessus de 100. Vous avez donc déjà fait près de trois fois votre mise initiale en cinq ans et vous devez garder votre capital encore 5 ans pour passer de trois à quatre, soit un peu plus de 6 % par an

Rien ne vous interdit de vendre le contrat, de prendre l’argent et d’acheter un autre actif dont vous pensez qu’il montera de plus de 6 % par an.

Prenons le cas inverse : quarante ans plus tard vous avez mis $ 94 pour racheter une obligation qui sera remboursée à 100 dix ans plus tard.

Cette obligation a pris une grosse gamelle et aujourd’hui vaut autour de $ 65.

Donc, vous avez perdu 35 % en valeur économique.

Vous pouvez la garder puisque maintenant elle rapporte du 4. 40 % par an (ce que je ne ferai pas) et attendre que son cours revienne à 100 à l’expiration, et vous n’enregistrerai aucune perte comptable.

Mais vous pouvez aussi la vendre, prendre une perte comptable et acheter autre chose avec les $ 65 qui vous restent.

Il faut donc bien comprendre que la confusion que vous ressentez quand quelqu’un vous parle de la performance des obligations que vous avez dans votre portefeuille vient tout simplement du fait que dans ce marché il y a deux valeurs qui sont présentes à tout moment :

  1. La valeur comptable qui est certaine. Vous toucherez vos 3 % par an et vous serez remboursé de vos cent dollars à la date prescrite.
  2. La valeur économique de votre portefeuille obligataire qui varie chaque jour en fonction de l’évolution des taux sur le marché

Le fisc ne s’intéresse qu’a la valeur comptable.

Je ne m’intéresse qu’à la valeur économique pour pouvoir comparer cet actif avec tous les autres actifs à tout moment.

Et que me disent mes comparaisons ?

Que détenir des obligations dans la zone de l’OCDE est de la folie pure et simple et qu’il n’ y a aucune amélioration en vue tant nous sommes gouvernés par des fous furieux incompétents.

Le message ne change donc pas : rester en or, en actions et en monnaies asiatiques.

 

 

 

 

 

 

La décroissance : une arme contre l’Occident

 

 

Greta Thunberg est en bateau vers Gaza. Après s’être signalée, durant son enfance, par son combat écologiste, la jeune fille est désormais engagée pour la Palestine. Celle qui voyait le CO2 à l’œil nu, une grande prouesse ophtalmique, voit désormais d’autres combats à mener. Avec toujours l’idée cruciale de la décroissance, car l’Occident est responsable de tous les maux et de toutes les guerres de la Terre. Le concept de décroissance étant une arme redoutable pour détruire l’Occident.

 

La promesse perdue de la prospérité

 

Durant la période soviétique, les communistes vendaient une promesse, celle d’apporter la prospérité et le développement. Face au monde capitaliste, ils devaient faire mieux que lui, être une terre de bonheur et de travail heureux. Donc envoyer des hommes dans l’espace, supprimer le chômage et les crises économiques, qui ne peuvent être que causées par le capitalisme, se doter d’une industrie lourde toute puissante. Le communisme était meilleur parce qu’il bâtissait une société meilleure. Les résultats obtenus furent pour le moins décevants. Partout, URSS, Cuba, Corée du Nord, Algérie, Chine, etc., le communisme a apporté la pauvreté et la désolation. Dans son combat pour le développement et la croissance, il a indubitablement perdu.

D’où, avec la chute de l’URSS, un recyclage grâce au champ de l’écologie.

 

Le capitalisme est ainsi accusé d’apporter la désolation, de détruire les paysages, de polluer, alors que le communisme respecte la nature. C’est complètement faux. Tous les régimes communistes ont connu des catastrophes écologiques majeures : assèchement de la mer d’Aral, explosion de Tchernobyl, mines polluantes, industries lourdes ne respectant pas les normes écologiques des pays capitalistes. Mais, tenant les leviers des médias et de l’éducation, ils sont parvenus à cacher les désastres écologiques du communisme.

 

Exalter la pauvreté

 

Et puisque le communisme apporte la pauvreté, les idéologues ont retourné la situation en prônant à leur tour la pauvreté, via la décroissance.

En effet, disent-ils, le capitalisme apporte la richesse et le développement, mais ce sont deux maux dont l’homme doit se prémunir. Idéologues écologistes et bourgeois romantiques qui voient dans la campagne le lieu du paradis perdu se sont retrouvés dans leur détestation du capitalisme. La ville est honnie, le travail manuel, sans machine, est l’horizon à retrouver, l’homme y était tellement heureux. Oubliés les maladies infantiles, les taux de mortalité, les femmes décédées en couche : le passé était meilleur que le présent, la société de développement et de technique est mauvaise et il faut retourner dans le temps d’avant, avec la décroissance. Le communisme, en effet, aboutit à la décroissance. Mais ce qui était vu avec horreur par ceux qui, dans les années 1930-1980, sortaient de cette époque est vu avec délice par des écervelés qui ne l’ont pas connue. Ou qui n’ont pas lu Jean Fourastié.

Comprenant qu’il ne pouvait pas gagner en proposant le développement, le communisme contemporain fait donc l’apologie de la pauvreté et du recul des sociétés. La décroissance étant présentée comme le seul moyen de « sauver la planète » alors que c’est exactement l’inverse : c’est par le développement des techniques et par l’innovation que les problèmes écologiques peuvent être réglés.

 

Le marché a vaincu le wokisme

 

Une autre raison pour laquelle le communisme prône la décroissance est que la technique est son pire ennemi.

Il est possible d’imposer un monopole sur les médias quand les technologies sont peu développées. Cela est plus difficile quand les stations de radio, basées à l’étranger, peuvent diffuser leurs ondes sur le sol français, comme c’était le cas à l’époque d’Europe 1 (Sarre), RTL (Luxembourg) et RMC (Monte-Carlo). Aujourd’hui, le développement des réseaux sociaux et des moyens techniques rend possible le fait de créer du contenu vidéo et texte et de le diffuser facilement, en touchant le plus grand nombre. D’où la volonté étatique de toujours imposer une « régulation » des médias, qui est surtout un contrôle de conformité intellectuelle à leur profit.

 

Le marché, parce qu’il permet le développement technologique, fourni des moyens de luttes et de victoires contre le communisme.

Le marché a ainsi tué le wokisme : les films Disney ont fait un flop, les séries Netflix n’ont pas trouvé preneur. Il a fallu que les grands groupes modifient leurs contenus afin de maintenir leurs parts de marché.

Le développement de l’IA générative permet déjà la création de films de très grande qualité. Fini donc les acteurs mauvais et le système d’intermittents du spectacle. Il sera très bientôt possible de créer directement des films de qualité, à destination des familles ou à but pédagogique, en s’affranchissant du système de production et de distribution.

 

Autre victoire du marché, celle de la mécanisation des tâches pénibles. Quand beaucoup prônent l’ouverture des frontières pour faire venir des populations engagées comme subalternes, il faut constater que la plupart de ces métiers vont bientôt disparaître. Les voitures autonomes vont rendre inutiles les chauffeurs de taxi, les drones vont permettre les livraisons urbaines dans le dernier kilomètre, des robots qui cuisinent sont déjà utilisés en Chine (notamment pour cuire le riz), quand d’autres, au Japon, s’occupent des personnes âgées, pour les changer et leur assurer des soins. Inutile donc d’ouvrir les portes migratoires pour satisfaire des métiers en tension.

 

Décroissance chez nous, pas ailleurs

 

La croissance technique et économique est donc le meilleur levier pour mettre un terme au communisme, d’autant qu’elle ne peut exister qu’en système économique et politique ouvert.

La décroissance qui est défendue par les communistes l’est uniquement en Occident, jamais ailleurs. Les Africains qui vivent dans la pauvreté ne veulent pas de la décroissance, ils veulent pouvoir manger à leur faim. Comme les Chinois des années 1970 et les Vietnamiens des années 1980. Les Cubains ont connu et connaissent toujours la décroissance ; il est peu probable qu’ils s’en réjouissent.

 

Défendue en Occident, mais jamais ailleurs, la décroissance est une arme redoutable contre la puissance des Occidentaux. C’est un levier de premier plan pour détruire les civilisations de l’intérieur et les placer sous l’esclavage de ceux qui n’auront pas pris le chemin d’un retour en arrière.

 

 

Les Institutions anglaises en pleine décomposition.

Comme beaucoup de lecteurs le savent sans doute, j’ai passé vingt-cinq ans de ma vie professionnelle à Londres, dans la City, et j’en ai gardé un très bon souvenir.

J’ai aimé ce peuple et ses institutions, couronnées par une chose extraordinaire : une Constitution non-écrite, notion qui m’a toujours fascinée, car elle est extraordinairement rigide et flexible à la fois.

  • Rigide, car le précédent, la coutume, dicte les actions de ceux qui sont au pouvoir.
  • Flexible, car un cas de force majeure peut se produire qui pourrait exiger un changement.

Prenons un exemple : la  Chambre des Députés est toujours dissoute sur ordre du Roi, qui suit la recommandation de son Premier Ministre, et je ne me souviens pas qu’il y ait eu de cas où le Roi dissolve le Parlement de son plein chef et/ou le Roi refuse la recommandation de son premier ministre.

Mais ça ne veut pas dire que cela ne peut pas arriver…C’est le Roi qui a le droit de dissoudre.

Que doit faire le Roi si le  Premier Ministre est empêché ou traître à la Nation ?

Si, pour une raison ou une autre, le Roi pense que le Premier Ministre et sa majorité ne représentent plus le Peuple Britannique et/ou ne suivent plus une politique préservant les intérêts du Royaume, alors, théoriquement, le Roi pourrait dissoudre et demander de nouvelles élections.

Peu probable? Certes, mais pas impossible.

Or, en ce moment, les Institutions Britanniques sont soumises à d’immenses tensions qui ne sont que le résultat des luttes engagées dans tous les pays du monde entre les hommes des arbres (les localistes) et les hommes des bateaux (les globalistes). Ces tensions, si elles s’aggravent pourraient amener le Roi a prendre une telle décision.

Je m’explique.

Les élections législatives en Grande- Bretagne ont lieu selon ce qu’il est convenu d’appeler un scrutin uninominal majoritaire à un tour. Ce langage barbare veut dire qu’il n’y a qu’un tour aux élections et que celui qui arrive en tête dans chaque circonscription est élu. S’il y a trois candidats, le premier enregistrant 34 % des voix et les deux autres 33 %, celui qui a fait 34 % est élu, bien que largement minoritaire, et voilà tout.

Inutile de dire que ce système favorise l’existence de deux partis et de deux partis seulement, et depuis un siècle ces deux partis ont été le parti Conservateur, représentant la Grande-Bretagne éternelle et le parti Travailliste, représentant ce que l’on appelait dans ma jeunesse les « classes laborieuses ».

L’embêtant pour ce système bien rodé a été la chute du mur de Berlin et le surgissement d’une nouvelle classe de politiciens, les mondialistes qui ont eu pour but de transférer les Souverainetés Britanniques à l’Europe, aux Nations-Unis ou à n’importe qui d’autre pour autant qu’il ne soit pas élu par les citoyens anglais.

Et ces hommes des bateaux ont pris le contrôle effectif aussi bien du parti Conservateur que du parti Travailliste, ce qui laissait un espace électoral immense à des gens qui représenteraient les localistes, ou hommes des arbres dans mon jargon.

Et c’est dans ce vide qu’apparut Nigel Farage, à l’origine de la première grande défaite des mondialistes, la sortie par la Grande-Bretagne de l’Europe, ou Brexit, obtenue grâce à un référendum.

Suivirent des élections tout à fait normales. Lors des avant-dernières élections, Farage accepta une alliance de fait entre ses troupes et celles du parti Conservateur en enlevant ses candidats là où cela permettait de battre un candidat travailliste, et donna de ce fait une majorité écrasante au parti Conservateur.

Mais les premiers ministres conservateurs élus grâce à Farage se découvrirent plus écologistes et globalistes que quiconque et, en bons globalistes qu’ils étaient, n’eurent ensuite qu’une idée, se débarrasser de Farage pour se rapprocher aussi vite que possible de Bruxelles. On songe ici à Sarkozy en 2007 …

Ce qui amena ledit Farage à présenter des candidats partout aux dernières élections où nous eûmes donc non pas deux, mais trois candidats dans chaque circonscription.

Et du coup, la « Droite » se retrouva avec deux candidats partout, et la gauche avec un seul, ce qui assura une majorité écrasante au parti travailliste alors même que ce parti enregistrait son plus faible nombre de voix depuis 1945…

Nous avons donc au pouvoir un parti qui est arrivé légalement à cette position mais qui n’est certes pas « légitime « au sens gaulliste du terme, ce qui en Grande- Bretagne n’a aucune importance puisque seule compte la Légalité[1].

Mais l’ennui est que le Premier Ministre britannique actuel accumule les erreurs et les actions « illégales «, ce qui est embêtant pour quelqu’un censé incarner la légalité.

En voici quelques exemples.

  • Tout à ses efforts de demander pardon à Bruxelles pour pouvoir être considéré à nouveau comme un bon globaliste/écologiste, monsieur Keir Starmer se mit à passer avec Bruxelles  des accords soi-disant « administratifs » pour essayer de rentrer en catimini sous le contrôle des autorités européennes .

La Cour Suprême anglaise en décida autrement et ses onze membres votèrent à l’unanimité que le Premier Ministre n’avait pas le pouvoir de signer ces accords « administratifs » qui devaient passer devant le Parlement. Et chacun de se rendre compte que le Premier Ministre avait menti à son parti (personne n’était au courant), à son gouvernement, où  seuls quelques ministres avaient été informés, au Parlement et au Roi.

Or, mentir au Roi et au Parlement sont des crimes en Grande Bretagne et bien des hommes politiques dans le passé ont été envoyés en prison pour cela.

  • Dans le passé, monsieur Starmer a rempli des fonctions qui correspondent à celles de premier Président de la Cour de Cassation en France et l’une de ses prérogatives était de lancer ou non des procédures collectives contre des crimes particulièrement odieux.

Depuis 2003, et une grande enquête du Sunday Times, chacun sait que des groupes d’origine pakistanaises avaient commis des crimes sexuels abominables contre des jeunes filles toutes mineures dans certaines villes anglaises, et jamais la moindre procédure ne fut introduite, puisque que toutes les villes dans lesquelles ces crimes avaient eu lieu avaient des députés travaillistes et musulmans.

Des poursuites auraient pu amener le parti travailliste à perdre des sièges et des municipalités. Apparemment, ce genre de crime continue à ce jour.

Entre le Droit et son Parti, monsieur Starmer  semble avoir choisi.

  • Dans le domaine économique, monsieur Starmer avait fait campagne en promettant de ne pas augmenter les impôts.

Arrivé au pouvoir, non seulement il les augmenta massivement pour embaucher des fonctionnaires nouveaux et augmenter les salaires des fonctionnaires anciens (son électorat), mais en plus il supprima l’allocation chauffage réservée aux plus démunis, ce que personne n’avait jamais osé faire.

Des vieux sont morts de froid l’hiver dernier, ce qui est impardonnable. Ils auraient pu au moins faire comme nous, les euthanasier pour qu’ils ne souffrent pas.

Et du coup, les déficits budgétaires explosent tant les dépenses deviennent incontrôlables, ce dont il fait reproche à sa ministre des finances qui n’avait jamais fait qu’obéir à ses ordres. Et, s’il y a une chose que les anglais détestent, c’est bien d’entendre un chef dire que s’il échoue c’est à cause de ses soldats.

  • Des instructions « pratiques » données par le ministère de la Justice aux juges locaux expliquent qu’il serait bon de traiter les mêmes crimes différemment selon que le suspect est anglais de souche ou d’origine immigrée, les peines devant être beaucoup plus sévères pour les anglais de souche, mieux à même de comprendre les subtilités de la loi britannique.
  • Certains députés, d’origine immigrée, ont demandé à ce que soit introduite dans le droit britannique le crime de blasphème, mais cette fois contre quiconque dirait du mal de la religion musulmane et/ou de son fondateur.

Je pourrai continuer mais le résultat est là : dans toutes les élections locales ou partielles, le « Reform party » créé par Nigel Farage fait un tabac, et nombre de sondages le donnent gagnant en cas d’élections générales en Grande- Bretagne, avec plus de 70 députés de majorité.

Mais les élections devraient avoir lieu dans quatre ans… quatre ans, c’est une éternité en politique…

Les travaillistes ont donc le choix: ils savent que Reform va détruire soit le parti conservateur soit le parti travailliste comme les Libéraux avaient été détruits par les travaillistes au début du XX -ème siècle.

Le choix pour les travaillistes est donc assez simple::

  1. Remplacer Starmer et tenir quatre ans, en espérant que le Reform Party ne détruise que les conservateurs dans quatre ans et qu’ils restent de ce fait le parti d’opposition.

Le risque dans cette hypothèse est que la situation économique ou sociale se détériore de façon épouvantable compte tenu d’une immigration totalement incontrôlée (émeutes, guerre civile), et que le Roi ne prenne sur lui d’appeler les élections…Auquel cas, ils seraient balayés à tout jamais.

  1. Appeler des élections maintenant en partant du principe que les troupes « âgées » du parti travailliste lui sont encore fidèles (beaucoup auront disparu dans quatre ans, surtout s’il fait froid) et parier que les travaillistes constitueront encore le deuxième groupe au Parlement tandis que les Conservateurs rejoindront les Libéraux dans les poubelles de l’Histoire

Quoi qu’il en soit, le parti au pouvoir est complètement illégitime, ce qui est le cas aussi en France, en Allemagne et en Grande- Bretagne.

En démocratie, il est d’usage que des gens totalement illégitimes nous entraînent dans une guerre, contre la Russie par exemple. pour se refaire une virginité. C’est, de loin, le scénario le plus dangereux.

Comme me l’a écrit un ami Allemand récemment :

 « Donc, vous voulez que nous envahissions la Russie en passant par la Pologne et par l’Ukraine. Nous, on veut bien, depuis les Chevaliers Teutoniques, on a l’habitude. 

Mais cette fois-ci, on va vous demander des instructions par écrit.

France – Italie : l’autre couple de l’Europe

Emmanuel Macron s’est rendu à Rome mardi 3 juin pour rencontrer Giorgia Meloni. Après la signature du traité du Quirinal en novembre 2021, entré en vigueur en février 2023, les relations politiques entre la France et l’Italie patinent, alors que les échanges économiques entre les deux pays s’accélèrent.

 

En novembre 2021, Mario Draghi et Emmanuel Macron sont tous sourires. Ils viennent de signer le traité du Quirinal, qui entend approfondir les liens entre la France et l’Italie et créer une relation sur le même modèle que le « couple » franco-allemand. Il s’agit tout à la fois de contrebalancer le poids de Berlin et de renforcer la coopération et les échanges des pays du sud. Depuis, ce traité patine au niveau des échanges politiques. L’arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni a changé la donne, les relations avec Emmanuel Macron étant nettement moins bonnes qu’avec Mario Draghi. Macron pensait prendre le leadership de l’Europe, mais sa dissolution ratée et ses non-réformes lui ont fait perdre du terrain. Alors que, dans le même temps, Meloni a baissé les impôts, réduit la dépense publique et la dette et acquis une stabilité politique qu’aucun autre gouvernement n’avait obtenue en Italie. S’il reste encore beaucoup de travail, les résultats économiques sont bons, la lutte contre l’immigration porte ses fruits et les Italiens sont nombreux à soutenir leur gouvernement. Le contraste avec le rejet et l’échec d’Emmanuel Macron est saisissant.

 

Des échanges économiques majeurs

 

Ce mardi 3 juin, il s’agissait donc de créer des liens et de renforcer la coopération entre la France et l’Italie. Si les relations politiques sont froides, les échanges économiques et culturels sont au plus haut.

En 2024, l’Italie est le 3e partenaire commercial de la France, après l’Allemagne et la Belgique. Pour l’Italie, la France est le 2e partenaire commercial après l’Allemagne. La France maintient son rang de 1er investisseur en stock en Italie, alors que l’Italie est le 9e investisseur en stock en France. Les échanges commerciaux entre les deux pays se sont élevés à plus de 117 milliards €.

L’Italie et la France comptent 4 000 entreprises installées de part et d’autre de la frontière, qui génèrent près de 400 000 emplois. Au-delà des grands groupes, des centaines de PME, constituent un réseau dense de sites de production, de centres de décision et de points de vente. Un des points du traité du Quirinal porte sur les partenariats industriels et l’accroissement des échanges entre les PME, notamment sur le sujet de l’innovation.

Contrairement à une idée reçue en France, il n’y a pas que le nord de l’Italie qui dispose d’un tissu industriel important. Le Latium (Rome) et la Campanie (Naples) sont également performants, dans la pharmacie, l’aéronautique, l’automobile et le textile.

 

L’importance du Lyon – Turin

 

L’un des grands projets entre les deux pays est la ligne de train Lyon – Turin, qui doit permettre de décongestionner le trafic des Alpes et de faciliter les flux et le transport entre le Piémont et le Rhône. Un projet qui traîne côté français, notamment à cause du lobby des écologistes, alors qu’il est l’un des axes structurants en Europe.

La liaison Lyon-Turin comprend une nouvelle ligne ferroviaire de 270 km, dont le cœur est le tunnel de base du Mont-d’Ambin, long de 57,5 km, qui deviendra le plus long tunnel ferroviaire au monde. Ce tunnel reliera Saint-Jean-de-Maurienne en France à Suse en Italie, facilitant le transport de passagers et de marchandises.

Si les délais sont respectés, la mise en service est prévue pour 2032, avec un coût des travaux estimé à 25 milliards €. Les atermoiements côté français ont provoqué des frictions chez les Italiens, qui trouvent que Paris n’en fait pas assez pour soutenir ce projet.

 

Des complémentarités et des oppositions

 

Entre Rome et Paris, il y a des complémentarités, mais aussi des oppositions. Si les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie sont tendues, elles sont de bonnes qualités entre l’Italie et l’Algérie, Rome tentant de prendre la place laissée par Paris. Idem avec la Libye, où la France s’est discréditée avec son intervention de 2011, mais où l’Italie conserve de bons relais et réseaux.

En Méditerranée orientale, TotalEnergie et ENI sont en concurrence pour la prospection et l’exploration du gaz ; là se trouve l’un des grands gisements mondiaux, avec Chypre pour épicentre.

 

Mais l’opposition est aussi politique. Giorgia Meloni et Emmanuel Macron ne portent pas les mêmes idées à Bruxelles et ne partagent pas la même vision pour l’Europe, même si l’Italie, criblée de dettes, ne peut guère s’émanciper de l’OTAN et de la tutelle américaine. La France croit pouvoir s’en émanciper alors que ses marges de manœuvre sont des plus réduites.

C’est là l’un des paradoxes de la relation entre la France et l’Italie. En France, tout le monde, sauf très rare exception, aime l’Italie et voit ce pays de façon positive. La réciproque n’est pas vraie en Italie. Si la gauche italienne est plutôt francophile, la droite italienne est plutôt dans une logique d’opposition à Paris, alors même que la victoire de la coalition des droites en Italie est perçue comme un modèle par beaucoup de candidats français. La relation est finalement ambiguë et plus complexe qu’il n’y paraît. Pour les Français, la relation Paris / Rome est un axe naturel et allant de soi ; vision des choses qui n’est pas partagée par la partie italienne. Pas certain que la visite éclair d’Emmanuel Macron à Rome permette de réchauffer les relations.

 

 

 

 

Les politiques suivies aux USA commencent à me faire peur.

Les lecteurs de l’IDL savent bien que j’ai toujours eu un gros faible pour Trump.

Derrière cette évidence se trouvaient plusieurs réalités :

  1. Le Donald avait, et a encore, une capacite inépuisable à susciter la fureur des hommes de Davos, oints du Seigneur et autres petits hommes gris, ce qui fait mon bonheur à chaque fois, quand je les vois devenir rouges de fureur quand il dit quelque chose de particulièrement vrai.
  2. L’homme a un courage physique exceptionnel, une capacité à rendre coup pour coup tout à fait au-dessus de la moyenne et une très belle habitude de sortir victorieux une fois que la boite à claques a été ouverte.
  3. Pour aller au combat, comme tout bon chef de guerre, il aime bien être entouré de sa famille, femmes, enfants, amis très proches…
  4. Il aime parler aux petits, aux sans-grades et à l’évidence il aime son pays
  5. Ayant vécu en Angleterre vingt cinq ans, je sais que pour un homme d’Etat, il vaut beaucoup mieux avoir du caractère qu’être intelligent.

Pendant son premier mandat, la qualité de son entourage fut très insuffisante, mais pour son deuxième mandat il prît avec lui des gens d’une qualité exceptionnelle (Kennedy, Tulsi Gabbard, Musk, Patel, JD Vance etc.)

Et pendant les deux ou trois premiers mois de son mandat, il m’apparût qu’il allait dans la bonne direction.  Ainsi, Vance annonçait l’abandon du projet impérial et le repli sur la forteresse America, manifeste dans le désir de faire baisser le budget du pentagone de 8 % par an, tandis que Musk, parallèlement, se lançait dans une chasse au gaspi impressionnante et que Patel se lançait a la poursuite des criminels.

Mais, depuis, les choses se sont détériorées.

A ma connaissance :

  • Aucun des criminels qui avaient gâché sa première présidence n’a été inculpé. Hunter Biden, James Comey et bien d’autres vaquent librement à leurs affaires.
  • Nous ne savons pas qui a gouverné pendant les dernières années de la présidence Biden alors que nous savons que le Président était complétement gâteux.
  • Nous n’avons toujours pas les noms de ceux qui ont effectué de nombreux séjours sur Lolita Island, ni comment et par qui Epstein était financé (en fait, tout le monde le sait et c’était le Mossad.)
  • Le nettoyage des écuries d’Augias par Musk a été interrompu puisqu’Elon retourne à ses chères études.

 

Beaucoup plus grave encore :

Le Président semble avoir abandonné l’idée du repli dans la forteresse America pour repartir dans des délires consistant à renforcer l’Empire américain, lequel est purement et simplement insolvable. Dans la série des mesures les plus stupides, il faut ici mentionner la limitation du nombre d’étudiants étrangers autorisés à poursuivre leurs études aux USA.

Nous venons d’apprendre aussi que le budget militaire allait augmenter massivement à nouveau et que le déficit budgétaire allait sans doute passer au-dessus des 8 % du PIB, ce qui est insensé.

Les spécialistes à Washington me disent qu’une véritable sinophobie s’est emparée de l’administration Trump, dont le but semble être de ruiner la Chine à tout prix. Le problème ici est simple : depuis l’embargo sur les semi-conducteurs que les USA ont imposé à la Chine il y a quelques années, ce pays s’est soigneusement préparé à la rupture de toutes les relations économiques avec les USA, tandis que les USA ne sont en rien préparés à une telle éventualité. Une telle rupture n’aurait donc guère d’effets sur la Chine, mais serait un vrai désastre pour les USA.

Qui plus est, les foucades tarifaires de monsieur Trump ont profondément irrité nombre de populations en Asie, en Europe et ailleurs, et beaucoup de ces pays envisagent donc de se libérer du carcan américain pour revenir à une souveraineté diplomatique « complète ». ce qui implique la fin de l’OTAN et donc de l’Empire.

Et parmi ces pays, le Japon et la Corée du Sud sont souvent mentionnés…

Voir ces deux pays se rapprocher de la Chine serait un désastre sans précèdent pour l’Empire américain, mais ce mouvement serait probablement bien accueilli par les populations locales tant elles sont en train de devenir violemment anti américaine, ce qui est nouveau.

Bref, depuis trois mois environ, un vent mauvais souffle sur une administration américaine ou Navarro (le ministre en charge du commerce extérieur, grand incompétent s’il en fût) semble l’avoir emporté contre Vance et Musk, ce qui augure bien mal du futur.

A ce point du raisonnement, mon but n’est certes pas de porter un jugement de valeur sur les raisons de ces changements mais juste de constater qu’ils ont eu lieu.

Ne pas juger ne signifie pas ne pas comprendre : je peux essayer de comprendre les effets qu’un tel changement de cap pourrait avoir sur les évolutions économiques et financières à venir sans chercher à savoir pourquoi il a eu lieu.

Et c’est ce que je vais faire dans les lignes qui suivent.

Si je devais résumer en une phrase les conséquences de ce retournement, je dirai tout simplement que cela rend une crise financière sur les monnaies et les actifs obligataires des Etats Unis et de certains pays en Europe beaucoup plus probable.

Je m’explique.

Comme je l’ai souvent mentionné ici, les USA et une bonne partie de l’Europe souffrent d’une insuffisance d’épargne se manifestant par l’existence de « double déficits ». certains pays présentant à la fois un déficit du commerce extérieur et un déficit budgétaire. C’est ce que montre le graphique ci-dessous pour les USA.

A -10 %, en général, il faut faire appel au FMI, ce qui bien entendu ne se produira pas pour les USA, qui sont à 11%.

En ce qui concerne les USA, je sais que la quantité d’obligations émises par ce pays pour financer ces déficits va continuer à augmenter massivement cette année et l’année prochaine et l’année suivante…et que les pays excédentaires asiatiques ne vont plus les acheter.

Et je sais aussi que ce qui donne une valeur marchande à ces obligations est représentée par la capacité du gouvernement américain à lever des impôts sur sa population. Si le gouvernement ne lève pas les impôts nécessaires et si les étrangers refusent d’acheter les obligations alors il faudra vendre des actifs réels aux étrangers (actions, immobilier, terrains aux USA) . Mais nombre de ces pays refuseront d’acheter ces actifs tant l’exemple de la confiscation des actifs Russes les a marqués. Il faudra donc que le dollar baisse énormément pour rendre le prix de ces actifs irrésistible.

Cette perte de valeur relative se concrétisera donc par une baisse profonde du dollar vis-à-vis des monnaies des pays qui ont un excèdent d’épargne. Et cette baisse a déjà bien commencé contre la monnaie ultime, l’or.

 

Conclusion

Elle est évidente. Les marchés obligataires anglais, français et américains sont devenus ininvestissables.

Il faut donc avoir ni cash, ni obligations dans ces trois pays qui souffrent d’un déficit d’épargne gigantesque.

Incidemment, les prochaines élections présidentielles françaises risquent d’avoir lieu pendant une crise financière majeure sur le dollar, accompagnée d’une crise institutionnelle en Europe si l’euro n’est plus là, ce qui motivera la gauche et l’extrême gauche à défendre l’idée que le Libéralisme a définitivement échoué et qu’il faut suivre la voie Vénézuélienne.

Milei ou Mélenchon, il faudra choisir.

Nous avons Mélenchon. Ou est Milei ?

Indonésie : le géant invisible

Emmanuel Macron est en tournée en Asie du Sud. Après le Vietnam, il s’est rendu en Indonésie, un géant asiatique invisible.

 

Il y a mieux à dire sur l’actuel voyage présidentiel que la question d’une prétendue « gifle ». Ce voyage au Vietnam et en Indonésie marque la présence de la France dans cette région cruciale de l’Indo pacifique. C’est l’une des régions les plus dynamiques au monde, tant sur le plan démographique qu’économique. Une région partagée entre sphères d’influence chinoise et américaine, où la France a une carte à jouer, celle du non-alignement et de l’équilibre des blocs. C’est justement le positionnement de l’Indonésie, qui, depuis son indépendance en 1945 et la conférence de Bandung en 1955, défend sa position d’une diplomatie indépendante.

 

Un géant méconnu

 

Avec 280 millions d’habitants, l’Indonésie compte parmi les pays les plus peuplés au monde. C’est surtout le premier pays musulman, loin devant les pays du Moyen-Orient. Un islam asiatique, accoutumé et différencié, qui a connu des poussées islamistes au cours des années 2000, culminant avec l’attentat de Bali en 2002 (plus de 200 morts).

Mais l’Indonésie est aussi un pays archipel aux dimensions démesurées. La distance d’est en ouest est la même que celle entre Kaboul et Londres. Si quatre îles principales composent l’archipel, celui-ci est émietté en plus de 16 000 îles, ce qui rend complexe le maintien de la cohésion territoriale.

L’Indonésie est à la frontière des mondes malais et chinois. Mais aussi de la péninsule indochinoise, de l’Australie, de la Malaisie et de Singapour. La base américaine de Guam est à 1 300 km de ses côtes, ce qui est assez proche dans ce vaste espace océanien. Mais surtout, l’Indonésie est comme une membrane par où passe le commerce mondial. Son archipel est traversé par les détroits de Malacca et de la Sonde, autoroutes navales de la mondialisation, notamment pour les hydrocarbures. Autant dire que, si l’Indonésie prône le non-alignement, le pays est sous haute surveillance des grands de ce monde tant sa place est centrale dans le transit des échanges.

 

L’Indonésie est également un vaste pays ressources : nickel, gaz, charbon, à quoi s’ajoutent les productions agricoles, huile de palme et hévéa. Si l’huile de palme a mauvaise presse, son rôle est essentiel dans l’industrie agroalimentaire et les aliments transformés. De même pour l’hévéa, base du caoutchouc naturel et donc de tous les objets issus de celui-ci. Sa puissance démographique, agricole, industrielle, géographique, fait de l’Indonésie un géant, mais un géant invisible, car peu connu et peu estimé.

 

Se tenir à l’écart

 

Si l’Indonésie est méconnue, c’est aussi parce que le pays se tient à l’écart des grands blocs et cultive sa position internationale de non-aligné. Elle n’a jamais été dans le bloc communiste et s’est toujours méfiée de l’URSS et de la Chine maoïste. Mais sans être un pion de Washington. Elle a toujours refusé une alliance militaire formelle et n’a jamais accepté de bases militaires étrangères sur son sol. En 1954, l’Indonésie a refusé d’adhérer à l’OTASE créée par Washington pour contrer l’essor communiste en Asie. La création de l’AUKUS l’embarrasse, d’autant que son voisin australien est directement concerné. Le pays n’a pas dit non, mais sans dire oui. Le gouvernement a ainsi déclaré être « préoccupé par la course aux armements et la projection de puissance » dans la région – ce qui vise également la Chine, même si l’AUKUS et le QUAD sont perçus comme un nouveau containment de la Chine, offrant la vision d’un ordre régional dominé par les puissances occidentales qui marginalise de facto l’ASEAN et l’Indonésie.

La position de Jakarta est d’ailleurs fragilisée par les divergences d’appréciation au sein de l’ASEAN, Singapour, les Philippines et le Viêtnam ayant accueilli l’AUKUS assez favorablement.

 

Le président indonésien Prabowo Subianto dit ainsi vouloir pratiquer une « diplomatie indépendante », dans le droit fil de la conférence de Bandung. Il refuse de rejoindre un bloc géopolitique : « Notre philosophie est d’être amis avec tout le monde », affirme-t-il. Ami avec tout le monde certes, mais en s’armant, ce qui est toujours plus prudent. Son pays a ainsi signé en 2022 un contrat d’achat de 42 Rafale et il vient de signer pour acheter 42 chasseurs J-10 (Chine). L’armée de l’Air complète son armement par la possession de Sukhoi et de F16. Quand on sait à quel point l’achat d’armement est un geste politique, cette diversité d’approvisionnement démontre que, jusque dans sa défense, l’Indonésie tient à être indépendante.

L’aviation lui est indispensable pour surveiller ses côtes et assurer la sécurité des détroits. Le risque de piraterie est fort, avec des réseaux qui profitent de la multiplicité des petites îles pour se cacher et disposer de repaires. Si les attaques sont trop nombreuses, si l’Indonésie n’est pas capable d’assurer la protection des routes maritimes, elle court le risque que des puissances tierces se mêlent de la sécurité, soit directement soit en faisant appel à des sociétés privées. Dans les deux cas, ce serait une perte de souveraineté et d’indépendance. Le pays doit donc faire la police chez lui et ainsi démontrer qu’il peut être le maître des mers qui le traversent.

 

Une nouvelle capitale comme équilibrage politique

 

En 2024, la capitale du pays a changé. Ce n’est plus Jakarta, située sur l’île de Java, mais Nusantara, située à Bornéo. Des travaux importants ont permis la création de cette ville nouvelle, qui est surtout, pour l’instant, une ville administrative. Le changement de capitale vise à rééquilibrer le territoire en décongestionnant Java et en développant Bornéo. Mais c’est aussi un moyen d’assurer la présence du pays sur des îles qui pourraient être tentées par des visées autonomistes. Le centre se déplace vers les périphéries pour l’englober et éviter que celles-ci se détachent. Il y a des enjeux de développement et des enjeux aussi de contrôle du territoire.

 

L’Indonésie est ainsi confrontée aux luttes d’influence des ONG et des associations environnementales qui, défendant les arbres, les animaux, les tribus, empêchent le développement industriel et donc la puissance du pays. C’est le cas de la mine de nickel de Weda Bay, située sur l’île de Halmahera. L’Indonésie souhaite le développement de cette mine, pour renforcer sa position mondiale dans le nickel, mais étant situées sur le territoire d’une tribu « primitive », nombreuses sont les associations mondiales à attaquer la mine et à s’opposer à l’extraction.

Nusantara y voit une ingérence étrangère qui menace son indépendance et son développement. L’enjeu est ici réputationnel et territorial. Si l’Indonésie laisse faire, elle court le risque de perdre le contrôle de cette île, mais aussi de Bornéo et de la Papouasie. La cohésion de son territoire demeure écartelée par les colonisations mondiales, qui passent cette fois par les ONG et les associations humanitaires.