https://institutdeslibertes.org/ubu-est-toujours-roi-meme-sous-une-presidence-dite-normale/
Jean-Claude Gruffat

Ubu est toujours Roi, même sous une Présidence dite normale…

Ubu est toujours Roi, même sous une Présidence dite normale…

 

Je prends connaissance à New York de deux rapports publies quasiment simultanément.

Celui du Haut conseil du Financement de la protection sociale, et celui sur le « choc de compétitivité » confie à Louis Gallois.

Ce dernier rapport, parmi 22 mesures censées renforcer notre compétitivité, proposerait une réduction des cotisations patronales pour Euro 20 milliards, et des salariales pour 10 milliards.

Le document produit sur le cout de la protection sociale se contente d’un état des lieux,  mais fait ressortir qu’en 2010 77% des recettes dédiées étaient assises sur le travail.

Il suffit d’avoir été employé en France et d’avoir reçu un bulletin mensuel de salaire avec le détail des déductions du brut pour arriver au net – et ceci n’inclue pas les charges patronales – pour avoir fait ce constat.J’ai eu ce privilège sous des gouvernements dits de droite ou de gauche, sans relever de sérieuse différence.

 

Le débat sur le financement du cout de la protection sociale, sante, vieillesse, et chômage, me fait penser à cette analogie, mouvement de transats sur le pont du Titanic après le choc de l’iceberg.

La réalité est toute simple, notre protection sociale est financée de plus en plus par l’emprunt, compte tenu du déficit annuel cumule, les recettes de CSG et CRDS ne couvrant plus les dépenses, d’où le recours massif aux emprunts internationaux de la CADES, dont la durée de vie est prorogée, sans garantie formelle de l’Etat.

Les retraites des fonctionnaires, non provisionnées sont elles fondues dans le déficit structurel et quasiment ininterrompu de l’Etat depuis 1974.

Finance par la gestion de la dette publique confie à l’Agence France Trésor qui accomplit des prodiges en levant des fonds avec une durée de vie moyenne supérieure a 7 ans dans de très bonnes conditions pour les 2/3 auprès d’investisseurs institutionnels étrangers..

Combien de temps allons nous continuer à bénéficier de ce traitement de faveur non justifie par notre situation financière, aggravée par la gestion calamiteuse et irresponsable de nos gouvernants ?

Peu de temps.

Nous sommes confrontés à une pratique dite de débudgétisation, la TVA dite sociale n’était qu’un palliatif pour tenter de masquer notre incapacité croissante à financer notre système de protection sociale et de sante, pour des raisons bien connues et non spécifiques a notre pays d’allongement de la durée de vie, alors même que l’on réduit la vie professionnelle, entrée plus tardive et sortie prématurée du marché du travail.

Nous n’avons pas besoin de rapport supplémentaire, et la situation de notre pays et son déni de réalité seraient selon la presse internationale un sujet croissant de préoccupation en Allemagne, ce pays ne pouvant faire face seul aux besoins de recapitalisation du système bancaire Européen, et aux soutiens à apporter aux pays du Sud.La prochaine crise européenne est sans doute celle qui testera la pérennité de cette construction, notre pays pourrait bien faire basculer l’ensemble dans une crise systémique sans précèdent.