14 June, 2012

Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle ére robotique?

Depuis des décennies maintenant, nous assistons au développement des  robots industriels mais jusqu’à maintenant, le coût élevé de ces robots a restreint leur utilisation  à une poignée de secteurs et  principalement,  l’industrie automobile.

Récemment, des avancées technologiques  dans le domaine des logiciels, ont créé une nouvelle génération de robots qui s’adaptent plus facilement à l’évolution des procédés industriels, et sont adaptés à un large éventail de tâches. Dans le même temps, le coût des robots a chuté et dans une certaine mesure se rapproche du coût unitaire du travail en usine dans les secteurs à bas salaires, comme cela peut être le cas de l’industrie de l’électronique en Chine.

Le monde pourrait bien être à la veille d’une révolution dans l’utilisation du robot, qui permettrait d’augmenter la production des fabriquant de robots, d’offrir plus de souplesse aux constructeurs et de conduire à une ré-industrialisation des pays riches. Mais les pays  en développement pourraient eux, se retrouver avec une masse salariale sur les bras, indépendamment du coût peu cher du travail désormais.

  •  L’automatisation n’est pas un concept nouveau, spécialement l’automatisation de la fabrication qui a commencé au siècle dernier et tombe dans la catégorie de ce que l’on appelle «l’automatisation fixe”. Par exemple, une machine à timbrer n’ira  timbrer qu’un seul type de pièce en tôle ou une machine de soudage ne soudera qu’  une partie spécifique à  une autre.  En revanche, les Robots, définis comme des machines capables d’effectuer une série complexe d’actions automatiquement, sont eux qualifiés «  d ‘automatisation flexible”. Le  processus de ces derniers peut être changé par la reprogrammation du logiciel plutôt que par la modification de la machine réelle.
  • Les développements récents de la technologie des robots,  ainsi que  les logiciels spécifiquement robotique, les capteurs et les contrôleurs, ont apporté une nouvelle ère qui rend désormais les machines automatiques autonomes. Les robots sont désormais capables d’offrir des solutions beaucoup plus intelligentes pour un plus large éventail d’industries et d’applications ; ils peuvent être reprogrammés afin de répondre à une nouvelle  entrée  et à des situations nouvelles.  On est donc passé du monde de l’automatisation  dont le but était l’amélioration de la productivité  à des coûts inférieurs, à des questions plus larges telles que l’adaptabilité à travers les cycles de produits, une meilleure qualité ainsi qu’une cohérence globale.
  •  Le coût moyen de robots industriels livrés en 2010 est de 23% inférieurs à ceux de 2000. Ajoutez à cela  la tendance à  la hausse des pressions sur les salaires dans les destinations populaires du travail bon marché, et les avantages de coûts évoluent en faveur de robots.
  • Récemment de nombreuses  sociétés ont annoncé des plans visant à accroître l’utilisation de robots (comme en Chine  ces derniers mois). Si des entreprises comme Foxconn, un des plus grands employeurs à la chaîne de Chine commence à utiliser des robots plutôt que salariés, alors le coût de robots à peut être atteint son point de développement de masse.

 

Les implications macroéconomiques sont vastes et comprennent:

• Une nouvelle vague de migration industrielles fondées non plus sur le coût du travail mais sur le coût de fabrication. La priorité des fabricants risque ainsi  se déplacer vers d’autres coûts comme la logistique et  l’énergie .

Les pays développés, qui en général sont les consommateurs de fin de chaine, ont l’avantage  de déjà détenir des plateformes de logistiques sophistiquées. Des sociétés telles que GE et Boeing ont déjà commencé à envisager des rapatrier  aux US des pans  entiers de leur industrie( actuellement au Mexique) afin de résoudre les problèmes de contrôle de qualité et pour  capturer les avantages logistiques. Bien qu’il reste à déterminer combien d’entreprises vont emboîter le pas, il est clair que l’évolution de la robotique  va agir en soutien supplémentaire des  pays développés, au détriment des pays  en voies de développement.

• Une perte potentielle des emplois des salariés  qui seront désormais remplacés par des robots. Jusqu’à présent, l’impact négatif de l’automatisation a été limité à des emplois subalternes et répétitifs, et, en attendant d’autres emplois plus qualifiés ont été créés dans le cadre du processus d’automatisation. Toutefois, les lignes actuelles de robotisation envisagent  de réduire le nombre d’employés jusqu’à 90%, même dans des processus complexes.

• Un vent de face potentiel pour les pays en développement qui ont toujours compté sur la fourniture de main-d’œuvre peu chère aux pays développés. La Chine fournit l’exemple le plus récent ; elle a ainsi fourni le terrain d’exploitation et la main d’œuvre peu chère et, en retour a bénéficié d’une croissance d’emplois, de la formation de ses travailleurs et  de ses gestionnaires, de la technologie, du  transfert des connaissances, et, au final des  compétences nécessaires et  du savoir-faire pour tenir toute la chaîne de production. La hausse de la robotique pourrait signifier la fin de cette feuille de route.

A ce jour, les robots sont principalement utilisé dans trois secteurs industriels :  la fabrication, le service (par exemple la défense) et la robotique personnelle (par exemple, le nettoyage).

Le plus grand segment robotique se situe dans l’industrie robotique industrielle, qui représentaient plus de 60% de la valeur de robots totales  en 2010. Les robots industriels sont limitées essentiellement aux véhicules à moteur pour la manutention et le  soudage, mais la nouvelle génération de robots industriels avec des capacités de vision et une mobilité accrue grâce à des améliorations de logiciels ont élargi les applications d’origine à l’emballage, la peinture et l’entreposage dans les industries automobile et hors automobile, comme l’électronique, les cosmétiques et l’alimentaire. Toutefois, le développement  dans les industries non automobiles est encore faible, même dans un pays de premier plan comme la Corée du Sud. Alors que l’industrie automobile continuera à être un moteur de croissance clé car elle n’hésite pas  à se servir des nouvelles technologies et à utiliser des matériaux nouveaux qui nécessitent de nouvelles lignes de fabrication (par exemple les véhicules électriques), la demande globale pour la robotique va se diversifier.

SI la croissance industrielle de la robotique a été modeste au cours de la dernière décennie, les perspectives à moyen et à long terme sont positives pour les raisons suivantes également :

  • Une nécessité d’évoluer: Même indépendamment de  l’accessibilité des travailleurs, la nouvelle génération de produits miniaturisés, à multiples facettes avec des cycles de vie courte (c.-à-téléphones cellulaires, caméras, etc)  requièrent une adaptabilité rapide, l’exactitude et la cohérence sur la ligne de production qui sont bien au-delà des compétences  de l’homme. Les robots eux, permettent de satisfaire le besoin de se rééquiper beaucoup plus rapidement avec un investissement en capital plus faible  tout en passant d’une spécification du produit à l’autre.
  • Une spirale d’auto-propulsion: Dans la mesure ou certaines entreprises  vont adopter ces nouvelles technologies, la concurrence sera forcée de se mettre à niveau ou de faiblir. L’utilisation de la robotique a  ainsi aidé Samsung  a asseoir sa réputation dans des secteurs comme celui de la  fabrication de télévision. Des usines hautement automatisées de Samsung ont permis à la société sud-coréenne d’offrir des produits de qualité à faible coût. Comme les prix ont baissé, les géants japonais comme Panasonic et Sharp  ont du emboîter le pas.

Le solde de 40% des livraisons de robots est constitué de robot liés au service et de robots dits “personnels”. Les progrès réalisés dans les développements non-industriels de la robotique ont été lents en raison des coûts de recherches et de développements initiaux lourds .Les applications militaires et médicales ont été les principaux moteurs de l’expansion récente de la robotique de service. En raison de la spécialisation et de l’exclusivité (par exemple, les projets gouvernementaux commandés), la valeur unitaire des robots de service est nettement plus élevée. En 2010, la valeur unitaire moyenne pour un robot de service était d’environ US $ 230k par rapport à US $ 48k pour un produit industriel.

Les technologies n’ont pas toujours eu un impact direct sur le monde qui les entouraient. Le premier train à vapeur n’a véritablement eu d’impact sur la vie de tous qu’une fois que son coût devint abordable au plus grand nombre. L’impact des ordinateurs n’était pas évident jusqu’à ce qu’Internet et d’autres applications n’apportent la révolution numérique dans chaque foyer.Les perspectives de la robotique sont si prometteuses que nous pouvons désormais entrer dans une nouvelle ère de la révolution industrielle. En raison de la croissance exponentielle des innovations technologiques dans les appareils photo, la reconnaissance vocale, les capteurs de vision et de réseau sans fil, le prix des robots a considérablement diminué alors même que la technologie a considérablement gagné en qualité.Les pays en développement qui ont toujours compté sur le travail fournit risquent de devoir réinventer un modèle de croissance.

Il s’agit d’un nouveau monde en effet.

 

Auteur: idlibertes

Profession de foi de IdL: *Je suis libéral, c'est à dire partisan de la liberté individuelle comme valeur fondamentale. *Je ne crois pas que libéralisme soit une une théorie économique mais plutôt une théorie de comment appliquer le Droit au capitalisme pour que ce dernier fonctionne à la satisfaction générale. *Le libéralisme est une théorie philosophique appliquée au Droit, et pas à l'Economie qui vient très loin derrière dans les préoccupations de Constant, Tocqueville , Bastiat, Raymond Aron, Jean-François Revel et bien d'autres; *Le but suprême pour les libéraux que nous incarnons étant que le Droit empêche les gros de faire du mal aux petits,les petits de massacrer les gros mais surtout, l'Etat d'enquiquiner tout le monde.

2 Commentaires

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  • stéphane Malo

    26 July 2014

    Une équipe de chez nous a visite l’usine Panasonic a Osaka qui fabrique 10 % du volume mondial des écrans plats pour tv de 42 pouces; Chiffre d’affaires $ 2 milliards / mois
    Plusieurs dizaines d’hectares et….15 , je dis bien 15 employés en tout et pour tout
    Les Japonais sont en train de faire des progrès foudroyants dans la robotique
    Il y a 10 ans les robots de Fanuc ou de Panasonic pouvaient remplacer un travailleur paye $ 50 dollars de l’heure (GM)
    Nous en sommes apparemment à un seuil de $ 2 par heure (inferieur au cout du travail en Chine);Foxconn (qui fabrique les Apple etc en Chine ) à 1 million d’employés (plus gros employeur du monde).Ils devaient passer à 2 millions dans les 3 ans
    Ils vont passer a … 500000 Les autorités Chinoises sont paniquées.Les responsables de Panasonic nous ont dit que d’ici 10 ans toutes les voitures du monde seraient construites par 100000 gars au plus, quant aux tv, cela emploiera 5000 personnes à tout casser
    Les usines vont de ce fait quitter l’Asie et retourner près des points de consommation, et mettre des droits de douane ne servira à rien, les usines seront chez nous et n’embaucheront personne.Avoir un cout du travail bas ne sert plus a rien.
    De ce fait, les USA qui font aussi des progrès gigantesques dans l’énergie (gas de schistes) vont se retrouver avec des comptes courants excédentaire d’ici 5 ans .
    Déjà hors Chine et hors pétrole ils sont excédentaires.
    Se procurer des dollars va être abominablement difficile… et notre niveau de vie va en prendre un grand coup.
    Il va arriver a l’industrie ce qui est arrivé à l’agriculture, les boulots vont disparaitre complètement et la production augmenter.
    Les gars qui ont écrit ce discours raisonnent dans le cadre d’une économie industrielle alors que celle ci n’existe plus et va disparaître.
    C’est atterrant.
    Ces andouilles parlent de la menace du travail à bon marche et de TVA sociale et sont en fait retard de 2 guerres au moins. Il y a un Tsunami qui arrive et ils barbotent dans les flaques d’eau au bord de la plage en discutant de la marée prochaine.

    Répondre
  • stéphane Malo

    25 July 2014

    “Une équipe de chez nous a visite l’usine Panasonic a Osaka qui fabrique 10 % du volume mondial des écrans plats pour tv de 42 pouces; Chiffre d’affaires $ 2 milliards / mois
    Plusieurs dizaines d’hectares et….15 , je dis bien 15 employés en tout et pour tout
    Les Japonais sont en train de faire des progrès foudroyants dans la robotique
    Il y a 10 ans les robots de Fanuc ou de Panasonic pouvaient remplacer un travailleur paye $ 50 dollars de l’heure (GM)
    Nous en sommes apparemment à un seuil de $ 2 par heure (inferieur au cout du travail en Chine);Foxconn (qui fabrique les Apple etc en Chine ) à 1 million d’employés (plus gros employeur du monde).Ils devaient passer à 2 millions dans les 3 ans
    Ils vont passer a … 500000 Les autorités Chinoises sont paniquées.Les responsables de Panasonic nous ont dit que d’ici 10 ans toutes les voitures du monde seraient construites par 100000 gars au plus, quant aux tv, cela emploiera 5000 personnes à tout casser
    Les usines vont de ce fait quitter l’Asie et retourner près des points de consommation, et mettre des droits de douane ne servira à rien, les usines seront chez nous et n’embaucheront personne.Avoir un cout du travail bas ne sert plus a rien.
    De ce fait, les USA qui font aussi des progrès gigantesques dans l’énergie (gaz de schistes) vont se retrouver avec des comptes courants excédentaire d’ici 5 ans .
    Déjà hors Chine et hors pétrole ils sont excédentaires.
    Se procurer des dollars va être abominablement difficile… et notre niveau de vie va en prendre un grand coup.
    Il va arriver a l’industrie ce qui est arrivé à l’agriculture, les boulots vont disparaitre complètement et la production augmenter.
    Les gars qui ont écrit ce discours raisonnent dans le cadre d’une économie industrielle alors que celle ci n’existe plus et va disparaître.
    C’est atterrant.
    Ces andouilles parlent de la menace du travail à bon marche et de TVA sociale et sont en fait retard de 2 guerres au moins. Il y a un Tsunami qui arrive et ils barbotent dans les flaques d’eau au bord de la plage en discutant de la marée prochaine.”

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