https://institutdeslibertes.org/pour-changer-de-sujet-vue-de-new-york/
Jean-Claude Gruffat

Pour Changer de sujet, vue de New York

Vous avez surement relevé que depuis la “réouverture » du gouvernement américain ce pays ne passionne plus nos médias français.

Pourtant il se passe des choses outre Atlantique, notamment dans le domaine de la réforme de la santé. Cette réforme que les démocrates présentaient comme l’accomplissement majeur du Président tourne à la farce – (allez sur You Tube) –   par suite d’une gigantesque et toujours non réglée suite de problèmes de connexion, d’accès, et de fonctionnalités lorsque les candidats potentiels vont en ligne sur le site, développé à grand frais, sur spécificités des fonctionnaires fédéraux, et sont incapables d’opérer les choix.

Retour en arrière sur la couverture des dépenses de santé, avant cette réforme, la couverture des frais  médicaux, pharmaceutiques, et d’hospitalisation.

Contrairement aux idées reçues, les Américains sont bien couverts, lorsqu’ils sont employés, indigents – Medicaid – ou âgés de plus de 65 ans – Medicare – .Les couvertures des salariés sont un régime d’assurance privée, avec un menu à la carte, Medicare et Medicaid sont des régimes administrés par l’Etat, cotisations /prélèvements parafiscaux/prestations.

Les deux problèmes non réglées étaient les sans-emplois ou travailleurs indépendants, et les « pré- conditions », c’est à dire les patients souffrant de maladies graves, incurables car les primes pour eux étaient très élevées.

Le système « Advance Care » adopte par le Congrès, validé par la Cour Suprême, promulgué par le Président, fait obligation à tout résident ou national de souscrire une assurance à titre individuel – ceci concernerait potentiellement 14 millions de personnes – dont un nombre certain sont déjà couverts, et d’autres qui préfèrent s’auto –assurer..

Utilisant un argument représentatif de la philosophie « progressiste », la loi, inspirée d’un système teste au Massachusetts lorsque Mitt Romney était gouverneur, contraint tout individu âge de plus de 26 ans et moins de 65 ans à souscrire une assurance privée, sinon de devoir payer une pénalité annuelle de 75$.

Analogie avec l’assurance automobile.

Les bien portant « volontairement » assures subventionneront les conditions favorables accordées aux cas difficiles. Sans surprise, toute personne en bonne santé saine d’esprit préfère ne pas souscrire, et accepte une pénalité somme toute modeste. De plus ceux qui s’étaient assurés pré- reforme, voient leur couverture jugée non standard – le souci bien connu de protection harmonisée chère à nos planificateurs – et en  perdent le bénéfice.

Et ceux qui voudraient s’assurer ne peuvent le faire du fait des « bugs » géants.

Bref un échec complet, qui sera sans doute fixe sur le plan technique, mais procède comme le faisait remarquer très justement Dan Henniger dans une tribune du Wall Street Journal, d’une incompréhension profonde par les progressistes  américains – dont le Président Obama  est  l’archétype – de ce que des observateurs libéraux tels qu’Alexis de Tocqueville avaient appréhendé et analysé depuis près de 200 ans, à savoir l’attachement viscéral des Américains au principe de subsidiarité de l’Etat .

Dans un autre ordre d’idée, une commission bipartisane de la Chambre et du Senat, avec notamment Paul Ryan, réfléchit et travaille sur un « great bargain », réduction des déficits futurs par  une combinaison de revenus nouveaux – niches fiscales principalement – et coupes dans les dépenses non discrétionnaires – Medicare, Medicaid,  Social Security (ici les retraites) – la part des discrétionnaires étant déjà des plus réduites, 10 à 15% seulement du budget fédéral hors défense..

L’épouvantail du refus d’augmenter le plafond de la dette ayant été repoussé au 7 Février 2014, la pression est maintenant sur les démocrates qui redoutent le prochain tour de « sequester », coupes bestiales des dépenses sociales non discrétionnaires et de défense, inscrit dans la loi et qui a comme attendu ralenti la hausse des dépenses non contrôlées.

Bref le jeu de balance politique s’est inverse et les républicains pourraient avoir la main haute dans cette négociation. En dépit de leur échec récent.

Les sondages ici plus important encore que partout ailleurs dans le reste du monde font apparaitre une chute de popularité du Président, avec un peu plus de 40% d’opinions favorables – certes beaucoup s’en contenteraient – et un Congres toujours déconsidéré comme déconnecté, exagérément partisan, et corrompu..

Le deuxième mandat Obama est en panne, voir Advance Care, fiasco syrien , scandale de Benghazi, écoutes non des étrangers, ceci ne fait pas problème ici, mais des Américains, et audit fiscaux des opposants conservateurs.

Situation fluide et susceptible de retournements, mais néanmoins figée.

Pour les New –Yorkais dont je suis, après une campagne décevante, les sondages donnent gagnant pour la mairie – succession de Michael Blooomberg et Rudy Giuliani – un activiste démocrate d’extrême gauche, ex pro sandiniste, sans aucune expérience de gestion publique ou privée, face à un républicain compètent mais  sans charisme.

Pièces maîtresses de son programme, faire payer les riches pour reformer le système défaillant des écoles publiques et limitation des interventions de la police sur les minorités.

Bref une rentrée morose, sentez-vous moins seuls, mes chers compatriotes.