28 April, 2015

L’environnement international n’est pas si brillant que cela

L’effet pétrole serait pratiquement terminé. La baisse de l’Euro a provoqué une hausse des indices PMI, sauf en France et en Allemagne. En revanche, la politique d’intérêt à taux zéro continue ses ravages. Le programme de rachat d’obligations par la BCE est une véritable machine à encourager la spéculation. Nulle part, ces politiques de « Quantitative Easing » n’arrivent à stimuler les investissements. Elles n’ont jamais été aussi nombreuses à racheter leurs propres actions en bourse…

 

L’économie française a toujours des semelles de plomb.

 On a eu droit toute la semaine de la part des grands médias à des titres lyriques sur « le dégel de l’économie française…”, « le moral des chefs d’entreprise… », « le climat de la consommation qui s’améliore… », et même « l’indice CAC 40 en hausse de 21% depuis le début de l’année… ».

On est de plus en plus dans « la communication du coupe ruban » exposée à la télévision pour essayer de traiter les unes après les autres les cibles qui ont déserté le parti socialiste au moment des élections… La réalité est bien évidemment différente. Le problème, bien sûr, c’est que les embauches se font attendre. Le nombre de chômeurs inscrits en catégorie A progresse encore de 15.400 fin mars. C’est la trentième hausse en 34 mois de présidence Hollande. Depuis son élection en mai 2012, la France compte 615.000 chômeurs de plus ! La construction ne repart toujours pas, mais Sylvia Pinel Ministre du Logement, de l’Egalité des territoires et de la Ruralité va encore durcir la procédure pour les expulsions de locataire qui ne payent pas leurs loyers. Elle s’attaque aussi au marché des « micrologements », ce que l’on appelait « les chambres de bonne », pour encadrer les loyers. Comme d’habitude, depuis que les gouvernements encadrent les loyers, cela n’aura aucun effet pour traiter le problème du logement en France. Par contre, les propriétaires cesseront d’entretenir les logements convenablement et les investisseurs diminueront fortement leurs achats d’immobilier locatif…

La production industrielle en France est 17% en dessous du niveau d’avant la crise. Les capacités de production sont utilisées à hauteur de 80%. Compte tenu du manque de flexibilité du droit du travail et du niveau du SMIC qui dissuade d’engager qui que ce soit de non qualifié, la situation ne risque pas d’évoluer favorablement.

Le gouvernement n’a toujours pas changé de logiciel. La rémunération des apprentis mineurs dans les petites entreprises sera payée par l’Etat. Comme le Président de la République a eu déjà l’occasion de le dire, « Cela ne coûte rien puisque c’est l’Etat qui paye » !

L’investissement ne repart pas puisque, on le voit bien, les entreprises annoncent pratiquement tous les jours des programmes de rachat de leurs propres titres. C’est notamment le cas pour Airbus, Sanofi, Publicis, Michelin…En matière d’Education Nationale, on est stupéfait d’apprendre que les 40 établissements « indépendants » qui disposaient de réserves du fait de leur bonne gestion pour préparer de futurs investissements, vont les voir ponctionner par le gouvernement « au nom de la solidarité ». Cela ressemble beaucoup à ce que vient de faire le gouvernement grec en s’appropriant les liquidités des caisses de retraite pour rembourser ses emprunts !

 

On est dans une société totalement bloquée, mais on ne peut pas continuer très longtemps à « enfumer » Bruxelles sous de bonnes paroles, qui n’engagent que ceux qui les écoutent. Comme le disait Coluche, « on ne peut pas dire la vérité à la télévision car il y a trop de gens qui regardent » Malgré 70Md€ de hausse d’impôts, la France n’a toujours pas diminué ses dépenses publiques et plus de la moitié du corps électoral reçoit des subventions sous une forme ou une autre…

 

En Grèce, tout le monde savait que les « Emergency Liquid Assistance » qui maintiennent en vie les banques grecques pouvaient s’arrêter d’une minute à l’autre. Pour éviter cela Yannis Varoufakis, le ministre rock star du gouvernement Tsipras vient d’être écarté. Les obligations grecques sont passées d’un rendement de 29% à 25% à la fin de la semaine dernière.

 

En Grande Bretagne, l’économie va mieux que la politique .Dans le match économique entre la Grande Bretagne et la France, il n’y a pas photo. D’un côté la Grande Bretagne avec 3% de croissance et 5,6% de chômage, de l’autre la Grande Bretagne avec 0,4% de croissance du PIB et un chômage de 10,5%…

Depuis 2009 1 M d’emplois ont été créés contre 150 000 en France. L’explication est simple : il y a deux fois plus de PME au Royaume Uni qu’en France …Les immigrants qualifiés se précipitent à Londres.  Ils viennent d’abord de Pologne, puis d’Inde, d’Irlande et de France.Malgré ces bonnes performances la gestion de David Cameron, le Premier Ministre est très critiquée par les économistes distingués qui considèrent qu’il n’a créé que de « petits boulots précaires »…

 

Aux Etats Unis la hausse du dollar devrait continuer de peser sur les résultats des entreprises. Il y a bien baisse de compétitivité comme le montre le dernier indice PMI.Cela n’empêche pas l’indice Nasdaq de dépasser son plus haut historique et les introductions en bourse de rencontrer un grand succès. L’introduction en bourse de Virtu, le flash trader a été un grand succès, Etsy, plateforme de vente de produits artisanaux a monté de 94% depuis son introduction en bourse.

Parmi les moins bons signes il faut noter que John Corzine ex dirigeant de Goldman Sachs, celui qui a conduit MF Global à la faillite vient de lancer un Hedge Fund…

 En Chine les achats à terme financés par les banques on progressé de 70% depuis le début de l’année. L’encours atteint désormais 1730 Md RMB. Cette position représente 8,2% de la capitalisation flottante du marché chinois contre 2,5% pour le NYSE…

The Economist de cette semaine pense qu’ un véritable krach pourrait se produire dans l’automobile…

 

Au Japon, l’indice Nikkei a franchi en hausse le seuil symbolique de 20 000, marquant un plus haut de quinze ans.

L’Inde mérite d’être acheté. Parmi les pays qui ont acheté le plus d’actions indiennes figurent : les Etats Unis (32%), Maurice (22%), Singapour (9%), le Luxembourg (9%) et la Grande Bretagne (5%). La France figure très loin dans le classement…

Le marché Automobile chinois devient vulnérable.

Le pays qui est devenu le premier marché automobile du monde risque selon The Economist de connaître un krach. Compte tenu des très importants investissements qui ont été réalisés ces dernières années, la capacité de production utilisée est tombée en dessous de 70%. Beaucoup de concessionnaires ont du mal à vendre les modèles qu’ils ont en stock. Certains commencent à demander des compensations à BMW à Toyota ets… C’est la raison pour laquelle Andrew Garthwaite, le stratégiste du Crédit Suisse a diminué son exposition au secteur automobile pour se reporter sur le secteur des banques.

Le marché chinois se répartit entre les principaux constructeurs suivants : SAIC (21,1%). Elle est le partenaire de General Motors aux Etats Unis. FAW (14,7%), qui a renouvelé son partenariat avec Volkswagen pour 25 ans. Dongfeng (11,8%) qui exploite la marque Fengshen et vend les marques Honda, Nissan et Peugeot. La société va profiter de la technologie de PSA Peugeot Citroën, Chang An partenaire de Ford (11,4%), BAIC partenaire de Hyundai (8,2%). Suivent derrière d’autres constructeurs comme : Great Wall Motors, Brilliance Auto, Geely Automobile Holdings, BYD, Chery et Chongquing

 

 

Auteur: Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est diplômé de l’École Supérieure de Commerce de Bordeaux, titulaire d’une licence en droit de l’Université de Paris X. Il a été successivement fondé de pouvoir à la charge Sellier, puis associé chez Nivard Flornoy, Agent de Change. En 1987, il est nommé Executive Director chez Shearson Lehman Brothers à Londres en charge des marchés européens et membre du directoire de Banque Shearson Lehman Brothers à Paris. Après avoir été directeur général associé du Groupe Revenu Français, et membre du directoire de Aerospace Media Publishing à Genève, il a créé en 1996 Concerto et Associés, société de conseil dans les domaines de le bourse et d’internet, puis SelectBourse, broker en ligne, dont il a assuré la présidence jusqu’à l’ absorption du CCF par le Groupe HSBC. Il a été ensuite Head of Strategy de la société de gestion Montpensier Finance.

5 Commentaires

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  • Hermodore

    1 May 2015

    Petite coquille: “D’un côté la Grande Bretagne …, de l’autre la Grande Bretagne …”

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  • BA

    29 April 2015

    Le soi-disant « miracle anglais » n’était en réalité qu’une bulle.

    Comme toutes les nations souffrant d’hypertrophie financière, le Royaume-Uni va faire « Plop ! »

    Mercredi 29 avril 2015 :

    Le Royaume-Uni enregistre sa croissance la plus faible depuis 2012.

    La croissance du Royaume-Uni a ralenti beaucoup plus que prévu au premier trimestre, un coup dur pour le Premier ministre conservateur David Cameron qui cherche à mettre en avant son bilan économique à neuf jours d’élections très incertaines. La croissance du produit intérieur brut (PIB) a fortement ralenti à 0,3 % au premier trimestre par rapport au précédent, après 0,6 % au quatrième trimestre de 2014, selon une première estimation de l’Office des statistiques nationales (ONS) publiée mardi.

    C’est la croissance la plus faible depuis la fin de 2012. Le chiffre est également bien inférieur aux prévisions des économistes, qui attendaient un ralentissement moins marqué à 0,5 %, selon un consensus établi par l’agence Bloomberg. Cette mauvaise performance est essentiellement la conséquence de l’affaiblissement du secteur des services, très important dans le pays, dont la croissance a été moindre. La construction a pour sa part poursuivi son recul tandis que la production industrielle s’est érodée.

    http://www.lepoint.fr/monde/le-royaume-uni-enregistre-sa-croissance-la-plus-faible-depuis-2012-29-04-2015-1925053_24.php

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  • Josick Croyal

    29 April 2015

    La France est complétement colonisée par son Etat… Aucun espace de liberté individuelle ne doit figurer, tout doit être écrasé…

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  • d'Halluin

    29 April 2015

    Bonjour,

    La politique des taux “0” commence à se faire beaucoup d’ennemis…

    – Les banquiers espagnols qui prêtent à taux variable, et dont leur revenus vont s’éffondrer.
    – Les banques assureurs allemands (qui doivent payer des 3% selon leur contrats et dont leurs placements ne ramènent plus rien).
    -Même la BCE qui prête à des taux négatifs aux Etats (en obligeant les banques de ces mêmes Etats à leur prêter à des taux négatifs…

    Le système se marche sur la tête. Il vaut mieux ne pas prêter plutôt que de s’appauvrir en prêtant sachant que celui qui emprunte ne remboursera même pas le capital qu’il emprunte (taux négatifs). Le réveil risque d’arriver lorsque la FED remontera ses taux et que la BCE n’aura pas d’autre choix que de suivre. Est-ce qu’il vaut mieux prêter aux USA avec un rendement légèrement positif ou à la France avec un taux négatif…. Le choix est vite fait.

    il risque d’y avoir des secousses dès que la Fed remontera les taux.
    Quand à la bulle sur le marché action, il me semble (hormis les dividendes à venir en Mai), qu’il vaut mieux prendre une partie de ses bénéfices.

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  • LP

    29 April 2015

    une petite erreur je pense : “D’un côté la Grande Bretagne avec 3% de croissance et 5,6% de chômage, de l’autre la Grande Bretagne avec 0,4% de croissance du PIB et un chômage de 10,5%…”

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