Depuis le mois de septembre, la France emprunte plus cher que l’Espagne et le Portugal. L’écart de taux avec l’Allemagne a dépassé un point, pour la première fois depuis 2012. Les agences de notation regardent notre pays de près. Et le budget de l’an prochain prévoit un besoin de financement record. Pendant dix ans, la question de l’euro dormait. Elle s’est réveillée.
Aujourd’hui, nous allons donc parler d’un sujet que tout le monde pense impossible : la sortie de la France de l’euro. Pas parce que nous la souhaitons. Mais parce qu’il faut savoir ce qui se passerait si elle arrivait un jour.
Ce jour-là, la BCE pourrait-elle nous sauver ? Elle a un outil pour ça. Mais il a des conditions, et la France, sous procédure pour déficit excessif, risque de ne plus les remplir. Il resterait alors un programme d’aide européen, avec la troïka à Paris, comme en Grèce. Charles Gave l’écrivait déjà en 2023 : ou bien la tutelle, ou bien la reconquête de notre souveraineté. Entre les deux, il n’y a rien.
Imaginons donc que la France refuse la troïka. Je vais vous raconter ce qui se passerait ensuite. Heure par heure pendant le week-end. Jour par jour pendant la semaine qui suit. Puis mois par mois, pendant la première année.
Je le dis clairement : ce n’est pas une prévision. C’est un exercice. Il est construit sur des précédents bien réels : la Tchécoslovaquie en 1993, l’Argentine en 2002, l’Islande en 2008, la Grèce en 2015. Le but n’est pas de vous faire peur. C’est de vous montrer ce qu’il faudrait faire, dans quel ordre, ce qui pourrait mal tourner, et ce que cela changerait pour votre épargne.
Dossier: La France sort de l’Euro :
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Dossier euro – Sortie heure a heure (edition illustree)

6 Commentaires
Merci beaucoup pour ce dossier de très haut niveau. La question qui demeure est : quels sont les investissements qui seront gagnants dans les deux scénarios et quels vecteurs pour ces investissements.
Je propose de rajouter deux mesures:
1. Ordonner la réduction des loyers y compris commerciales, de 50%.
2. Interdiction de vendre des entreprises a des non nationaux pour deux ans.
Dossier excellent et original, qui offre à la fois une perspective historique et une option intéressante de sortie de crise financière. Je l’ai soumis à mes étudiants, collègues et amis.
La réaction est très révélatrice. Ceux qui envisagent une sortie contrôlée de l’euro sont ultra-minoritaires: l’écrasante majorité est persuadée que sortir de l’euro nous emmènera en enfer. Combinée au contrôle des changes et des capitaux avec une politique industrielle, ce serait pourtant bien plus acceptable que la perspective du FMI et de la BCE.
Malheureusement, il faudrait du courage politique, totalement absent quel que soit le candidat. Et plus encore, il faudrait trouver des hauts fonctionnaires prêts à orchestrer une telle opération. Et c’est là que le bât blesse. Ceux-ci ont été biberonnés depuis plus de quatre décennies au SME puis à l’euro. Je ne les vois pas se remettre en question.
Selon toute vraisemblance, nous irons donc en enfer. C’est tellement pratique pour les politiques de dire « C’est pas moi, c’est le FMI et la BCE ».
Le prochain président et son gouvernement devront faire tirer sur la foule lorsque la population se révoltera.
L’Etat risque de refuser la Troika et de vous taxer à la hauteur de ses dépenses…
Bonjour,
Très intéressant, en même temps comme dirait notre cher Président, si la France sort de l’Euro, c’est probablement l’Euro et l’UE qui explosent, surtout si la sortie donne de bons résultats après quelques temps comme vous semblez le souligner, d’autres pays voudront le faire, ce serait une aide très opportune pour tous ceux qui espèrent bien sortir de l’Euro, de l’UE et de la Nato. C’est peut être l’Europe elle-même qui va nous offrir notre sortie de ce guêpier. Merci de cette perspective.
Si la France reste étatiste à ascendance soscialisante commistoïde, elle n’aura pas des bons résultats. Avec ou sans le €, avec ou sans l’UE.
Et les polyp’titchien qui nous expliqueront que c’est à casue du frexit.