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 A deux reprises en fin de semaine dernière, je suis intervenu sur BFM business pour  commenter ce discours et plus particulièrement le projet d’accord de Libre Echange Europe /USA.

Aujourd’hui je vais essayer vous présenter mes réactions à cette importante déclaration du Président Obama devant une session commune des deux chambres du Congrès,représentants et Sénat.

Ce discours, beaucoup plus un agenda qu’un constat, est une tradition bien ancrée dans le paysage constitutionnel américain, il est de bon ton de souligner son caractère peu partisan, recherche de consensus confirme par une gestuelle d’applaudissements et   » standing ovations » sans distinction d’affiliation politique. Pourtant en dépit de la qualité de la prestation oratoire, largement reconnue par les observateurs de tous bords, l’exercice demeure assez largement sans lendemain, compte tenu de la multiplicité des thèmes abordes, et aussi par le simple fait de la séparationdes pouvoirs, le Président dépendant du Congrès pour financer son programme.

Je me risquerai a une classification des principales mesures énumérées dans le discours en fonction de leur probabilité d’adoption non point durant l’année en cours mais d’ici à Décembre 2016, fin du second et dernier mandat présidentiel de Barak Obama.

Et tout d’abord une législation prohibant la détention d’armes de guerre par des particuliers.

Personnellement et tout en reconnaissant les fondements juridiques et culturels du port d’armes aux Etats Unis, je demeure extraordinairement inconfortable devant cette fascination pour desinstruments de destruction qu’aucun esprit sensé ne souhaiterait posséder pour des activités  récréatives et de loisir, voir même pour protéger sa famille et/ou son patrimoine.

John Howard, Premier Ministre Australien, conservateur, fit il y a une bonne quinzaine d’années passer un texte draconien suite à un massacre et contribua ainsi à réduire très sensiblement le nombre de tués par armes à feu.

Il devrait y avoir consensus sur une élimination des armes de guerre en circulation, mais il peut y avoir des résistances..

Deuxième sujet qui nécessite une réforme majeure, la présence sur le sol américain de 11 millions d’immigrants illégaux, toutefois payant la taxe sur les salaires et ne bénéficiant que très partiellement des avantages sociaux et de sante lorsqu’ils existent du fait de l’emploi.

Leur utilité économique et sociale  n’est pas contestée, et de nombreuses études confirment qu’ils sécurisent l’emploi des nationaux et résidents légaux plus qualifies. Toutefois ce que propose le Président est une légalisation conditionnée au paiement d’une amende et d’arriérés d’impôts dus, de la connaissance de l’anglais, et d’une acceptation des dossiers différée par rapport aux candidats à l’immigration selon les procédures en vigueur.

Sur ces bases restrictives, peu de chanc d’un consensus large dans un avenir proche, ce qui est regrettable.

Troisième sujet, le projet d’accord de libre-échange. Thème ambitieux, introduit tardivement dans le discours du fait de l’échec du cycle multilatéral de Doha, largement imputable à la négligence de l’administration qui en dépit des demandes des milieux d’affaires, n’avait donné aucune priorité à cette  négociation durant le premier mandat Obama.

Du fait de demandes dans le domaine des droits sociaux et de l’environnement, sous la pression des syndicats et lobbies écologistes.

Ce qui a permis à l’Union Européenne de préempter les Etats Unis dans la ratification d’un accord   avec la Corée.

Le bilatéral a été poursuivi comme « second best », il pose de multiples problèmes.

Les Européens doivent adopter des positions communes a 27, bientôt 28, sachant que  les négociations seront beaucoup plus sur les standards que sur les niveaux de tarifs ou sur les quotas.

Et le passe récent souligne la difficulté de la tâche, dans le domaine des subventions et des règlementations agricoles – OGM – , mais aussi dans les services financiers – filiales ou  succursales – et l’accès de part et d’autre aux marches publics.

Les Etats Unis ont affiche clairement leurs priorités, l’ouverture de marches tiers à leurs produits et services.

Un objectif affirme, doubler les exportations américaines en 5 ans, ouvrir l’accès de marches protégés pour créer des emplois aux Etats Unis.

Initiative lancée dès le premier trimestre 2012 par une réunion à Washington des principales administrations concernées et des chambres de commerce américaines dans le monde, sous l’égide du State Department.

J’avais participe à cette réunion au titre d’Amcham France.

La négociation devrait débuter à l’été 2013, pour s’achever en 2014 ?

Je mentionnerai ensuite les propositions sur le prescolaire, le financement des infrastructures, le salaire minimum, qui toutes n’ont aucune chance d’aboutir du fait de l’absence de ressources publiques identifiées et susceptibles d’être votées au Congrès, en dépitde leur mérites, réels ou supposés.

Ce qui m’amène à constater que le véritable enjeu, dans un microcosme washingtonien divisé, pour le Président et son parti, est de faire porter la responsabilité du statu quo aux Republicains,  de gagner ainsi la majorité à la Chambre des Représentants en Novembre  201 et concentrer ensuite les pouvoirs exécutif et législatif pour que les deux années finales du mandat soit dédiés à un agenda progressiste de charges fiscales nouvelles sans véritable remise en cause des dépenses non discrétionnaires notamment Medicare, Medicaid et Sécurité Sociale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Auteur: Jean-Claude Gruffat

Jean-Claude Gruffat est, depuis avril 2011, en charge des relations globales avec les filiales de grands groupes européens chez CITIGROUP à New-York. Citigroup où il fût pendant 10 ans au préalable en charge de la gestion corporate and investment banking des équipes en France, en Belgique et au Luxembourg. De 2008 à 2011, il fut président de la chambre de Commerce Américaine. Il est Gouverneur de l'American Hospital à Paris Jean-Claude Gruffat est titulaire d'un doctorat d'Etat en Droit Public ainsi que d' une Maitrise de Science Politique de l’Université de Lyon. Il a également suivi en 1987 le Stanford Executive Program, GSB, Stanford University, Californie.

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