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Le secret de l’instruction sous la présidence de Nabilla

Le secret de  l’instruction “Non, mais Allo quoi”? C’est tellement 20 eme siécle, n’est-ce pas France 2?

Comme le secret de l’instruction a volé en éclat, que la présomption d’innocence s’est évaporée, il est logique que les droits de la défense se concrétisent au journal de 20 heures.Il ne faut pas s’en étonner. Les garanties fondamentales se rattrapent aux branches comme elles peuvent.Bien sûr, les puristes, par exemple les spécialistes de la procédure, aimeraient qu’une partie à un procès ne vienne pas plaider sa cause à la télévision. Mais ils voudraient aussi que la personne mise en examen soit considérée comme innocente jusqu’à ce qu’un jugement au fond la déclare coupable. Ils aimeraient que l’instruction demeure secrète.

Ne serait- ce que dans cette idée, ô combien républicaine, d’une justice égale pour tous.

Mais revenons sur les meilleurs moments de cette instruction télevisuelle que même la Justice Américaine  et O.J Simpson nous envie: Bernard Tapie, fraichement libéré de quatre jours et quatre nuits de garde à vue et mis en examen s’exprime en direct sur le plateau de France 2. Très remonté, Tapie nie en bloc, et crie au « complot ».

David Pujadas : « Pourquoi est-ce que vous avez le sentiment comme ça d’être persécuté ? »

Bernard Tapie : « Vous vous foutez de ma gueule ? ! »

Sur sa garde à vue :

« C’était difficile à vivre mais moins que les cinq semaines que les médias m’ont fait vivre auparavant. Je n’avais jamais vu un tel acharnement ! » (question que Monsieur Tapie , qui a la mémoire courte, pourrait peut être poser à Pierre Botton? au hasard?)

Sur l’un des trois arbitres, Pierre Estoup, mis en examen :

«  Il y a 15 ans, je ne savais pas qui était Pierre Estoup.  » (En quoi cela est-il une réponse sauf à admettre la raisonnement ” 5 minutes avant sa mort il était encore en vie, comme une thése digne de suivi)

Sur sa réussite financière :

«  Ça vous emmerde que j’ai réussi, et ça me fait un plaisir incroyable !   »

Sur Nicolas Sarkozy dont il reconnait qu’il a dû donner son feu vert à l’arbitrage dans son affaire, mais affirme qu’il n’en a pas parlé avec lui :

« On a essayé de l’accrocher. C’est lui qu’on visait dans les faits ».

Sur un éventuel remboursement de la somme de l’arbitrage :

« Ca vous plairait ça ? Vous jubilez »…

Bernard Tapie joue la carte de la « France d’en bas » à laquelle il appartiendrait malgré sa fortune, et la « France d’en haut » à laquelle appartiendraient Pujadas, les médias qui s’« acharnent » sur lui, et le « système ». Dans une période de défiance comme celle que nous vivons, ça peut marcher auprès de l’opinion, moins auprès des juges…

Et personne, pour parler de Droit? De l’honnête ou du malhonnête?La fin est-elle donc le seul moyen ?

Mario Vargas LLosa dans “La fête au bouc” a tellement bien décrit l’attitude du dictateur face à la maladie qui le rattrape que c’est avec certitude que j’affirme ceci aujourd’hui: Quand la mort arrivera pour  sonner à la porte de Bernard Tapie, il trouvera moyen de lui demander si  “vous vous foutez pas de ma geule”.

Non mais Oh!