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Le Japon en lice pour l’or

Les réjouissances olympiques de Tokyo 2020 furent si exubérantes que nombres de commentateurs y virent avec désespoir, l’avènement d’une ère résolument « non japonaise ».

Et , en effet, c’est exactement l’effet  recherché par le premier ministre Shinzo Abe  que ce  « nouveau Japon ». Accueillir les jeux olympiques de 2020 offre en réalité une perspective politique bien plus étendue que les simples retombées économiques évidentes. Pour Shinzo Abe, il s’agit d’un véritable vote de confiance de son désormais célèbre Abenomics. Après tout, il ne serait pas le premier dans l’histoire à  faire porter la grandeur de son pays et de sa politique  par les  jeux  Olympiques.

Quelle opportunité formidable de montrer au monde entier les fiertés nationales après des décennies de déroutes économiques et un tsunami !

L’Abenomics est un jeu de Poker. Le yen faible a artificiellement accru les profits des sociétés et a étiré les marchés boursiers vers le haut tout en augmentant les valeurs relatives des biens étrangers. L’étape d’après, du moins, celle  qui est prévue et attendue étant que les entreprises et ménages choisissent de dépenser ces nouveaux actifs et non pas de les thésauriser comme à leurs ancestrales habitudes.

 

Jusqu’à maintenant, l’Abenomics a eu l’air de fonctionner tel que prévu. Le japon vient de revoir son PIB qui semble indiquer que la croissance  a dépassé les prévisions initiales. Des 2,6 % initialement prévus, on serait passé à 3,8 %. Ce qui est fort impressionnant face aux 2,5 % des USA et des 1,1% de l’Eurozone.

Mais surtout, si cette relance se formalise, le Japon serait assuré d’avoir définitivement rompu avec le cycle de déflation des 15 dernières années.

Mais voilà ou le coup de poker se joue : malgré le taux d’inflation et la dette gouvernementale, le japon doit aussi garder un couvercle sur les obligations d’Etat.

Si Abe choisissait d’être encore plus pro actif, il pourrait alors décider par exemple de mettre un terme aux taxes sur la consommation. Toutefois, il apparaît plus rationnel de penser que Shinzo Abe continuera sur sa voie entre hausse d’impôts sur les biens  à la consommation et baisse d’impôts sur les entreprises et autre stimuli monétaires.

Le Japon est sans aucun doute cette année, une affaire à suivre.