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Jean-Claude Gruffat

Jacques a dit ” Gommer la dette publique d’un coup”. Vraiment?

Réponse à Jacques Delpla, auteur d’un papier dans Challenges du 30 Mai, “Gommer la dette publique d’un coup? Chiche ».

 

J’ai un peu connu Jacques Delpla, lorsqu’il travaillait pour un grand établissement bancaire français.C’est un esprit inventif et créatif, qui a déjà fait un certain nombre de suggestions originales sur la dette publique et son traitement, on se souviendra de sa proposition de limiter la dette acceptable a un certain pourcentage du PIB, le solde étant traite comme du junk…

Cette fois, tout en reconnaissant le caractère « fortement redistributif  de sa proposition – une taxe de 17% sur le patrimoine s’appliquant au-delà de Euros 30000 prélevée une seule fois – , il la justifie d’une part en mettant en parallèle la richesse  des ménages, et l’endettement élevé de l’Etat, d’autre part en pénalisant les retraites et titulaires de revenus fixes, les épargnants, au bénéfice des jeunes actifs.

Je formulerai toutefois 3 objections que notre ami n’a pas traitées ni même mentionnées dans son papier 

  1. Notre dette publique est comme on le sait placée, grâce au remarquable travail de l’Agence France  Trésor, pour les 2/3 auprès d’investisseurs institutionnels étrangers.

Seront-ils disposes à substituer « au choix des contribuables », en espèces ou en parts de propriétés, les fonds prêtés à la République Française en Euros ou $ sonnants et trébuchants ?On peut en douter. Car comme on le sait l’essentiel des actifs des ménages est constitué par leur immobilier résidentiel, qu’un institutionnel étranger ne pourrait valoriser à son prix de marche.

2. Si l’on considère les actifs financiers, actions et obligations, leur réalisation dans le but de désintéresser les créanciers de la France, entrainerait        un déséquilibre majeur sur les marches concernes, des blocages et des krachs boursiers et obligataires.Certes Jacques Delpla évoque un transfert de propriété à l’Etat, qui ne liquéfierait l’actif que plus tard, à la prochaine mutation ?Ce qui implique que le transfert à l’Etat n’est que cosmétique, et de ce fait ne réduit en rien la dette publique.

3.  Enfin et surtout, cet artifice exonère l’Etat de tout effort de réduction de la dette souveraine par compression des charges publiques Comme on le sait, notre pays souffre d’un déficit structurel, excès de charges sur ressources et ce depuis plus de 40 ans, remettre les choses à plat, en supposant que ceci soit réalisable, ne garantit en aucune façon  que les déficits futurs disparaitront, bien au contraire. Je suis convaincu pour ma part que ceci conduirait au contraire a une accélération des déficits de gestion.

On demeure pantois devant les efforts de bons esprits qui se définissent comme « libéraux », pour éviter de prendre enfin à bras le corps le problème pluri décennal et bipartisan  de la dérive  des charges publiques.

 

Une autre proposition aurait pu être un emprunt obligatoire perpétuel, par hypothèse jamais rembourse et frappant les nationaux ?

Nos gouvernants ont déjà mis en œuvre le principe confiscatoire de traitement fiscal analogue pour le capital et les revenus.

Le capital est taxe au moment de sa formation par l’impôt sur le revenu, au taux le plus élevé des pays industrialisés.

Il subit ensuite annuellement l’ISF, une survivance abandonnée ou jamais adoptée par nos voisins.

Il est enfin ampute pour le solde par les droits de mutation, entre vifs ou au décès..

Nos gouvernants et leurs thuriféraires sont inventifs et recherchent toujours de nouvelles recettes.

La courbe de Laffer n’est pas enseignée dans les grandes écoles de la République.

Quid de la maxime selon laquelle « trop d’impôts tue l’impôt »comme le découvrent les socialistes avec la taxation des activités financières ?

 

 

 

Par Jean-Claude Gruffat

depuis New-York