Il faudra dire la vérité aux français pendant les prochaines campagnes électorales. Leur raconter les secrets de famille de l’Etat Providence. Une majorité d’entre eux est d’accord pour que l’Etat soit réformé au plus vite. Et la baisse de la dépense publique est une priorité absolue.
D’Asie en Amérique, le monde accélère. L’Europe s’arrête. Et la France recule.
Affirmant mener une orgueilleuse « résistance » à la mondialisation et au libéralisme, le pouvoir politique en France a cédé aux corporatismes. L’immobilisme ruine le pays et met un jeune sur quatre au chômage. Pourquoi la France va-t-elle si mal quand d’autres pays s’en sortent ?
Avec une dette qui va bientôt atteindre 4000 Md€ le paiement des intérêts par le Trésor français va bientôt approcher les 100Md€ soit un montant supérieur à ce que rapporte l’impôt sur le revenu. L’endettement a été choisi dans l’histoire par de nombreux pays tels l’Argentine, le Venezuela, le Brésil, le Mexique, le Zaïre, la Corée du Nord, l’URSS, l’Allemagne Nazie etc…Cela s’est presque toujours terminé avec des dictateurs galonnés prenant le pouvoir.
L’Etat providence en France croit à 4% par an alors que l’économie ne progresse que de 1%. Le niveau de prestations de l’Etat Providence est de 900Md€ dont 410Md€ pour la retraite et 320Md€ pour la maladie. Un des problèmes est que 10% de ces sommes sont financées par de la dette que nos petits enfants devront rembourser… Cela ne sert pas à grand-chose de surtaxer les entreprises puisque la capitalisation boursière des 120 plus grandes entreprises françaises équivaut seulement à trois années de prestations sociales…
C’est l’équation de progression fatale par la dette qu’il faut résoudre. Le vrai coupable du fait que la France coule, c’est l’Etat, beaucoup plus que l’Europe, la mondialisation, les États-Unis, la Chine ou le plombier polonais. Le vrai coupable est ici. C’est l’État, à la fois omnipotent et impuissant. Ce sont les lobbies des technocrates, les administrations pléthoriques. Ce sont aussi les politiques irresponsables et incompétents. Les pays qui réussissent sont ceux qui contiennent et réduisent l’État obèse et destructeur. Qu’ils se situent en Europe de l’Est, du Nord, en Amérique latine ou bien en Australie.
Il existe en France plus de 600 organismes publics qui ont mission de » conseiller « le Premier ministre. Des dizaines » d’observatoires » qui sont financés avec de l’argent public sont inaugurés tous les ans. Des centaines de « machins administratifs » qui emploient des dizaines de milliers de fonctionnaires sont censés s’occuper du chômage, de la pauvreté, des jeunes, de l’insécurité, de l’école avec les résultats qu’on connaît… Finissons-en avec les analyses stériles, les théories fumeuses et les discours démagogiques sur les causes de nos malheurs ! Regardons les faits ! C’est bien l’État qui tue la France.
Les déboires industriels de la France depuis 1995 se comparent à la défaite de 1940. 1/ Les rigidités du droit du travail, 2/ Les coûts salariaux, 3/ La loi sur les 35 heures,
4/ L’Euro, 5/ La concurrence des pays à bas salaires, 6/ L’ISF chasse aux sorcières des riches jusqu’en 2017, 7/ Les impôts de production, 8/ la bureaucratie kafkaïenne. La France est un des rares pays d’Europe à avoir à la fois une loi compliquée et une administration efficace pour la faire respecter …..
La désindustrialisation de la France a commencé il y a quarante ans et s’est accélérée depuis vingt ans à cause de l’euro. Les grandes étapes de la descente aux enfers de notre industrie sont : Mitterrand et ses nationalisations , Trichet et sa politique du franc fort qui fît payer la réunification de l’Allemagne par la France , Madame Aubry et ses 35 heures, qui fît monter le coût du travail en France. Enfin l’euro, le dernier clou dans le cercueil de l’industrie française avant la mise en terre. La cause “première” de tous nos malheurs, ce n’est pas la Chine, ce n’est pas Bruxelles, ce n’est pas le libre-échange, ce ne sont pas les Etats-Unis, c’est une classe administrativo-criminelle, née sous Mitterrand. Très bien incarnée par Jack Lang elle a capturé le pouvoir politique et l’exerce pour extraire des rentes à son profit et à celui de ceux qui les ont fait élire.
La classe politique tous partis confondus est constituée par des professionnels de l’Etat Providence. C’est normal puisque 53% des français reçoivent mensuellement leur chèque de revenu de l’Etat. Ils vivent uniquement de la redistribution. Nous sommes gouvernés par des incompétents à Paris. Il y a une vraie rupture entre la classe productive française et la classe politique
La fraude sociale existe de façon très importante mais l’optimisation fiscale excessive existe aussi. Le crédit impôt recherche est mal ciblé, certaines holding familiales détiennent trop de biens personnels profitant aux actionnaires, La niche Dutreil est dans certains cas détournée de son objet.
Il faut expliquer aux français tout le mal qu’a entrainé l’Euro et tous les dégâts provoqués par les décisions stupides de l’Union Européenne notamment en matière d’énergie. Aujourd’hui la Chine a un coût de l’énergie de un, les Etats Unis de trois et l’Allemagne de six !
Il faut redonner aux français le pouvoir avec des référendums d’initiative populaire. En France le peuple français est extraordinairement intéressant et sa classe dirigeante n’a aucun intérêt. Aujourd’hui nous ne sommes plus souverains et l’Etat n’a même plus les moyens de se financer.
Avec de Gaulle et Rueff on était encore dans le libéralisme. Depuis Giscard d’Estaing
qui a introduit des politiques de gauche, on est passé à Keynes puis à l’hyper keynésianisme. Il est donc stupide de dire que si cela ne marche pas mieux en France c’est parce qu’elle est gouvernée de façon « néo libérale ». La Chine est beaucoup moins communiste que la France. La tendance communisante vient sans cesse réactiver un principe d’égalité et contrebalancer le principe de propriété privée…. La dette publique est censée être un actif fondateur du lien social permettant de constituer un capital pour ceux qui n’en ont pas….Le régime de protection sociale a pris le pas sur la constitution et tend à nous spolier sans l’assumer: cotisations sans droits au sein des régimes de retraite complémentaires, cotisations transformées en contribution à l’assurance chômage, imposition de cotisations indues, cotisations identiques mais droits au chômage dégressifs pour les cadres….
Il faut mettre en garde le gouvernement contre un ras le bol fiscal latent. Les français ont compris qu’un vaste jeu de bonneteau fiscal était orchestré en permanence. Déplacer la fiscalité punitive vers les carburants vers le capital ou les droits de succession ne servirait à rien. Le mouvement des gilets jaunes a été avant tout un problème d’hyperfiscalité. A suivre….
Auteur: Jean-Jacques Netter
Jean Jacques Netter est diplômé de l’École Supérieure de Commerce de Bordeaux, titulaire d’une licence en droit de l’Université de Paris X. Il a été successivement fondé de pouvoir à la charge Sellier, puis associé chez Nivard Flornoy, Agent de Change. En 1987, il est nommé Executive Director chez Shearson Lehman Brothers à Londres en charge des marchés européens et membre du directoire de Banque Shearson Lehman Brothers à Paris. Après avoir été directeur général associé du Groupe Revenu Français, et membre du directoire de Aerospace Media Publishing à Genève, il a créé en 1996 Concerto et Associés, société de conseil dans les domaines de le bourse et d’internet, puis SelectBourse, broker en ligne, dont il a assuré la présidence jusqu’à l’ absorption du CCF par le Groupe HSBC. Il a été ensuite Head of Strategy de la société de gestion Montpensier Finance.