Beaucoup de gens, sans doute mal informés, me considèrent comme un éminent spécialiste des marchés financiers.
Et je dois reconnaitre que cela fait près de 60 ans que j’essaie de comprendre pourquoi ces machins la bougent dans tous les sens et parfois, il m’arrive de formuler des hypothèses sur le fonctionnement des marchés qui se révèlent fonctionner dans la réalité et donc, à défaut d’une compétence certaine, je peux faire état d’une certaine expérience.
Comme le disait une vieille dame de mon entourage dans ma jeunesse « quand je me vois, je me désole. Quand je vois les autres, je me console »
Il n’en reste pas moins que tout au long de ma carrière il m’est arrivé de me trouver dans des situations ou je ne comprenais rien a certains marchés et c’est un peu le cas aujourd’hui avec les marchés obligataires américains, français ou Britanniques
Je m’explique
Quand vous achetez une obligation (un contrat) vous attendez deux choses :
Un revenu nominal régulier égal au rendement de l’obligation le jour où vous l’avez acheté.
Le remboursement de votre capital a la fin du contrat.
Les Anglo saxons disent que vous attendez une rentabilité sur votre capital (return ON capital) et le remboursement de votre capital (return OF capital).
Et c’est la que je commence a avoir des problèmes.
Bien évidemment, quand vous achetez une obligation émise par la confédération Helvétique vous n’avez aucun doute sur le remboursement final de vos obligations, et il en était de même il n’y a pas si longtemps pour leurs consœurs américaines, française ou britanniques.
Mais depuis un certain temps, j’ai de sérieux doutes sur la capacite de ces trois pays a ] à servir les intérêts sur cette dette voire à rembourser leurs dettes dans le futur
Prenons un exemple, la France.
La dette du gouvernement français atteint la somme pharamineuse de 3500 milliards, soit 116 % du PIB et le service annuel de cette dette requiert 60 milliards par an, soit des paiements d’intérêts égaux a 1.70 % de la dette.
Pourquoi les chiffres sont-ils si faibles ? Parce que la duration moyenne de la dette française est longue (8 ans) et que le Tresor a beaucoup emprunté quand les taux étaient a zéro ou négatifs. Les taux d’intérêts aujourd’hui sont a 3. 40 %.
Mécaniquement, si les taux d’intérêts restent a 3. 4%, et a stock de dette égal, le service de la dette devrait atteindre 120 milliards d’ici 5 ans.
Mais le stock de dette continue d’augmenter. En 2025 le déficit annuel a atteint 250 milliards d’euro soit 5.2 % du PIB. Si, hypothèse optimiste, nous restons a 250 milliards pendant 4 ans cela rajoutera 1000 milliards de dettes à notre endettement, et si les taux restent a 3. 5 % (ce dont je doute) le service de la dette passera a 180 milliards par an, dont 60 % fileront à l’étranger, chez nos créditeurs.
L’accroissement de la richesse (la hausse du PIB) et en particulier la hausse du PIB du secteur privé sera très inferieure a ce chiffre et donc le niveau de vie des français va baisser de façon considérable et ce phénomène a déjà commencé.
Ce qui entrainera une récession et une hausse considérable du déficit budgétaire et nous amènera a la catastrophe un peu plus tôt que dans mon hypothèse de base
Et n’oublions pas que chaque année environ quelques centaines de milliards de dettes arrivent a échéance, et que, comme nous n’avons pas le moindre sou de coté, cette dette il faut la réémettre.
Et donc ce n’est pas 250 milliards qu’il faudra lever, mais plutôt 500 milliards
Et qu’est qui se passe si des anciens souscripteurs demandent le remboursement ?
Et les mêmes mécanismes vont se dérouler en Grande-Bretagne, aux USA, peut être en Italie.
Et donc, pour corriger ce que j’ai dit un peu plus haut, je comprends très bien ce qui va se passer
Ce que je ne comprends pas c’est la placidité actuelle des marches obligataires
De la feuille de coca andine au gramme revendu dans les rues de Paris, la cocaïne suit une chaîne de valeur optimale : division du travail, optimisation logistique, gestion des risques. Dans cette activité illicite se déploie une économie d’une redoutable rationalité.
Il y a dans le trafic de cocaïne quelque chose qui ressemble à une entreprise bien gérée. Des fournisseurs, des transformateurs, des transporteurs, des grossistes, des détaillants. Et, au sommet, des dirigeants qui encaissent les bénéfices sans jamais toucher à la marchandise. Le géographe Alain Delpirou, dans Cocaïne sans frontières (2026), livre une radiographie méticuleuse de cette économie souterraine qui génère, rien que pour la France, un chiffre d’affaires estimé entre 3,4 et 8 milliards d’euros selon les sources. Pour comprendre qui gagne vraiment de l’argent dans cette chaîne, il faut remonter à la source et descendre jusqu’au consommateur.
Une production andine
Tout commence dans un champ colombien, bolivien ou péruvien. Une famille paysanne cultive la feuille de coca. Ses membres sont payés une vingtaine d’euros par jour pour cette tâche. Ce chiffre, rapporté par l’auteur, dit l’essentiel : le cultivateur, premier maillon de la chaîne, en est aussi le plus mal rémunéré. Ses revenus correspondent à ceux d’un travailleur agricole. La feuille de coca, une fois récoltée, est confiée à un chimiste qui la transforme en pâte base pour une première transformation qui fait passer le prix du kilogramme à 325 euros.
Une nouvelle transformation, celle en chlorhydrate de cocaïne, fixe le prix à environ 950 euros le kilogramme. La marchandise quitte alors les Andes par les ports équatoriens, brésiliens ou argentins, le plus souvent sous la supervision des grands cartels mexicains. Sinaloa jusqu’en 2025, puis le Cartel de Jalisco Nouvelle Génération qui a pris le relais à la suite des dissensions internes qui ont affaibli son rival. Entre la feuille et le kilo de chlorhydrate prêt à l’expédition, la valeur a été multipliée par moins de deux. Le gros de la plus-value reste à venir.
La traversée de l’Atlantique
C’est la traversée océanique qui constitue le véritable saut de valeur. Une fois arrivé sur le sol européen, le kilogramme de cocaïne pure vaut en moyenne 28 000 euros (2024). En l’espace d’une traversée maritime, sa valeur a été multipliée par trente. Ce rapport est l’un des plus spectaculaires qui soit dans l’économie mondiale licite ou illicite.
Ce bond extraordinaire est capté par les grandes organisations criminelles qui contrôlent le transport intercontinental. Alain Delpirou identifie les acteurs dominants de ce segment : des Albanais, des réseaux néerlandais d’origine marocaine regroupés au sein de la Mocro-maffia, et surtout les Calabrais de la ‘Ndrangheta, la plus puissante organisation mafieuse du monde, dont l’emprise sur le trafic transatlantique de cocaïne est désormais documentée par les polices européennes. Ces transporteurs mutualisent leurs connaissances pour réduire les risques de saisie. Ils placent des trackers Bluetooth et GPS dans les cargaisons pour suivre leurs conteneurs en temps réel.
La parenthèse du cartel Kinahan illustre la sophistication de ces acteurs. Cette organisation irlandaise, installée à Dubaï à l’abri des polices européennes, réunit au Burj Al-Arab les grandes figures du crime organisé continental : Ridouan Taghi de la Mocro-maffia, Edin Gačanin des Balkans, Raffaele Imperiale de la Camorra napolitaine. En quelques années, cette holding criminelle s’empare d’un tiers du négoce de cocaïne en Europe, avant d’être démontée en 2020 après que les polices européennes ont craqué ses communications cryptées sur Sky ECC.
Le marché de détail : une entreprise qui rapporte gros
En France, le kilo acheté 13 000 euros aux négociants mexicains est revendu en gros entre 17 000 et 29 000 euros selon les années et les régions. Le produit est ensuite coupé : trois kilos coupés donnent un quatrième produit, ce qui démultiplie encore la marge. Le gramme est finalement proposé entre 50 et 70 euros au consommateur, soit l’équivalent de l’once d’or légale.
Mais pour comprendre l’économie réelle du trafic de détail, il faut tenir compte de la masse salariale. Car le marché de la cocaïne emploie, note Alain Delpirou, pas moins de 20 000 personnes à temps plein en France. Cette main-d’œuvre est d’une grande diversité : des rabatteurs (120 euros par jour), des guetteurs (150 euros), des vendeurs sur les points de deal (300 euros), mais aussi des logisticiens, des chimistes, des chauffeurs routiers pour les conteneurs, des pilotes de go-fast, des livreurs à domicile, des conditionneurs, des gestionnaires marketing sur les réseaux sociaux. Et même, en cas d’ennuis judiciaires, des notaires et des avocats. Sans oublier les sicaires, dont la rémunération oscille entre 5 000 et 15 000 euros par mission, selon les données rapportées par le journal Le Monde.
Une activité très lucrative
La mécanique économique de la cocaïne produit des effets de redistribution paradoxaux. Le paysan andin, premier maillon, perçoit une vingtaine d’euros par jour. En Guinée-Bissau, pays de transit africain devenu narco-État, le revenu mensuel moyen par habitant s’élevait à 63 euros en 2022 selon la Banque mondiale. Quatre grammes de cocaïne, soit la valeur d’un mois de salaire, suffisent à corrompre un fonctionnaire. Ce sont les intermédiaires, transporteurs, grossistes, têtes de réseau, qui captent l’essentiel de la plus-value.
La chute spectaculaire des prix de gros (de 30 000 à 35 000 euros le kilo en 2022 à 17 000 euros en Île-de-France en 2025) témoigne d’un marché ultra-saturé en cocaïne. La concurrence est si féroce que les trafiquants cassent les prix pour conquérir des parts de marché, exactement comme dans n’importe quelle industrie en surcapacité. Cette guerre des prix fait des victimes : en août 2023, Fayed Halifa, dix ans, est tué dans une fusillade entre gangs rivaux à Nîmes. En décembre de la même année, Socayna Jean, étudiante, est abattue dans le 10e arrondissement de Marseille.
Le chiffre d’affaires global du marché français de la cocaïne et du crack atteignait 3,4 milliards d’euros en 2023, soit la première source de revenus du trafic de drogue en France, devant le cannabis. En 2025, les estimations d’Alain Delpirou portent ce chiffre à au moins 4 milliards d’euros, dans un marché total de stupéfiants évalué entre 6 et 8 milliards d’euros selon les sources étatiques.
Une industrie qui se perfectionne
Ce qui frappe, à la lecture de Cocaïne sans frontières, c’est la rationalité économique de ce système. Les trafiquants utilisent les outils technologiques moderne : trackers GPS, applications cryptées, diversification des routes pour contourner les saisies portuaires, marketing sur les réseaux sociaux, livraison à domicile. Lorsque les douanes belges renforcent leurs contrôles à Anvers, les cargaisons se déplacent vers d’autres ports moins équipés. La flexibilité logistique est totale.
Face à des pertes de 5 milliards d’euros à la revente représentées par les 100 tonnes saisies en France sur la période récente, les trafiquants ne cessent d’adapter leur modèle. Ils absorbent les saisies comme une entreprise absorbe ses coûts opérationnels. Le marché, en dépit d’une répression record, ne montre aucun signe de recul.
C’est peut-être là la leçon la plus dérangeante de cet ouvrage : la cocaïne n’est pas un phénomène criminel exceptionnel. C’est une industrie, avec ses producteurs, ses transporteurs, ses distributeurs, ses employés et ses dirigeants. Une industrie qui obéit aux mêmes lois que les autres, à ceci près qu’elle s’exerce hors du droit, et qu’elle laisse des morts dans les rues de Nîmes, de Marseille ou de Nice.
Bertrand de Chartres avait cette phrase magnifique qui est restée dans nos livres
« Nous sommes des nains sur les épaules de géants ».
J’ai toujours aimé cette idée à la fois de la transmission, de l’insertion de nous-même dans un canevas sur lequel nous ne serions qu’un fil tissé avec d’autres mais surtout d’humilité face au savoir, à la somme des connaissance acquises par l’Homme au fil du temps sur lequel nous devons prendre appui pour tenter de nous élever de notre condition humaine, un peu trop près de la boue dans laquelle nous avons les pieds.
Le roman national bien compris sous le second Empire nous a donné des héros et des batailles magnifiques, des histoires de Kraks des chevaliers, de Roland de Roncevaux, de bataille de Bouvines, de cadets de Saumur, des histoires belles à en passer des soirées à rêver et à aspirer à cette exaltation des grands hommes qui avaient une cause qui les dépassait, celle de leur foi ou de leur pays, le nôtre.
Et puis, Il y a eu Gabriel Attal.
Gabriel Attal n’a pas eu une vie facile. Parfois à l’école, on était méchant avec lui.
Et parfois, sa mère ne pouvait pas lui acheter un sweat-shirt compagnie de Californie.
C’était dur. Je ne rajouterais l’injure à l’offense en épiloguant.
La seule question qui vaille il me semble est celle de comment en sommes-nous arrivés à cette oestrogenisation factice du monde politique ?
Quand est-ce que nous avons décidé en tant que société que la sensiblerie devait tenir lieu de capacité empathique et l’empathie de capacité décisionnelle ?
J’avais une grand-mère incroyable. Femme de résistant, cavalière émérite, mère de 5 enfants, elle s’était retrouvée sous les bombes avec quatre de ceux-là, un officier anglais les faisant sortir par une église Arménienne. Ce dernier avait fini par sauter sur une mine, et pendant qu’il hurlait « I am dying, I am dying » elle tentait de lui faire un garrot avec sa jupe tout en arguant que « not but not at all, it is fine, it is fine ». Des vies faites de pertes d’amis dans les guerres, dans les maladies, dans le rationnement, dans la perte d’enfants et dans des difficultés que nos générations ne pourraient même pas épeler.
Pour autant, il ne serait jamais venu à l’idée de personne dans ces temps de porter sa souffrance ou ses combats en étendards et d’en tirer une quelconque vertu. Elles étaient.
Pourquoi est-ce que je parle oestrogenisation factice ?
Parce qu’il est parfaitement faux de penser que parce que soi-disant le monde se serait féminisé, il serait demandé d’être faible et de se répandre dans une sorte de confession empathique molle qui est à la féminité ce que le travestissement est à la condition féminine.
Les femmes ne sont pas des petits êtres qui ont besoin de lire vos entrailles.
C’est votre perception, fausse, qui vous donne cette idée.
Je ne sais pas si Mai 68 a accompli ce travai ou si la « fabrique des crétins » a accompli d’achever notre temps mais il est intolérable pour moi de constater le niveau d’impudeur et d’auto-flagornerie à laquelle la société française est désormais confrontée.
Il n’y a plus de géant.
Il n’y a plus que des nains.
Liste des Proverbes- Chapitre 31
Une maîtresse femme, qui la trouvera? Elle a bien plus de prix que les perles? En elle se confie le coeur de son mari, et il ne manque pas d’en tirer profit; Elle fait son bonheur et non son malheur tous les jours de sa vie. Il fait encore nuit qu’elle se lêve distribuant à la maisonnée la pitance et des ordres à ses servantes. A t’elle en vue un champ, elle l’acquiert. Du produit de ses mains, elle plante une vigne. Elle ceint vigoureusement ses reins et deploie la force de ses bras. Elle sait que ses affaires vont bien, de la nuit, sa lampe ne s’éteint. Elle met les mains à la quenouille, ses doigts prennent le fuseau. Elle étend les mains vers le pauvre. Elle tend ses bras au malheureux. Force et dignité forment son vêtement, elle rit au jour à venir. Avec sagesse, elle ouvre la bouche. Sur sa langue, une doctrine de piété.
De nombreux lecteurs me demandent quels sont les livres qui m’ont « ébloui ». Par ébloui, je veux dire que, pendant la lecture de l’ouvrage, j’étais littéralement obligé de m’arrêter de lire comme pour reprendre mon souffle, faute de quoi mon cerveau aurait pu griller. Et ces livres, je les relis encore et encore, et à chaque fois je découvre quelque chose de nouveau.
Certains de ces livres sont juste des œuvres de fiction et pour ceux qui veulent s’échapper d’une réalité quelque peu ennuyeuse pour rentrer dans un monde d’héroïsme masculin et juvénile, les trois livres suivants sont de pures merveilles. A mon avis, tout jeune homme qui les lit en ressort armé pour comprendre Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand et ce que cela veut dire que d’avoir du panache.
Les voici,
Le Seigneur des anneaux, de Tolkien (commencer à lire à la centième page environ, les cent premières pages étant d’un ennui foudroyant).
Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas.
La guerre du Feu, de Rosny aîné
Voilà pour la partie non sérieuse mais sans doute nécessaire pour vous aider à sortir de la tranchée quand pleuvent les obus.
Venons-en aux livres qui ne vous aident pas à devenir héroïques mais à mieux comprendre le monde et donc à agir pour le rendre meilleur.
Hors concours, les Evangiles
En fait, il ne s’agit pas d’un livre mais d’un témoignage rendu par quatre bons garçons sur un être, le Christ, qui les dépasse totalement et dont il rapporte les paroles, sans rien y comprendre, à l’exception peut-être de Jean. Et comme le disent les serviteurs du Temple qui devaient l’arrêter mais qui reviennent bredouilles car ils l’avaient écouté, « nul n’a jamais parlé comme lui ». En fait, ils avaient été éblouis …
Et des paroles de cet homme ont émergé deux idées qui transformeront le monde :
Dieu ne sait compter que jusqu’à UN.
Dieu a un projet pour chacun de nous, à charge pour chacun de le découvrir. Chaque individu a été mis sur terre pour assurer son Salut Individuel et non pas la survie du groupe auquel il appartient. Antigone a raison et Créon a tort.
J’ai commis il y a plus de vingt ans un petit essai sur le sujet que j’avais intitulé : « Un libéral nommé Jésus », chez Pierre de Taillac éditeur, dans lequel j’essaie d’expliquer que les développements sociaux, économiques et politiques que nous avons connu d’abord dans le monde occidental puis dans le reste du monde viennent totalement des évangiles.
Curieusement, et je pèse mes mots, je ne sais pas trop d’où me sont venus les idées qui y figurent et, quand il m’arrive de le relire, je me dis qu’il m’a été dicté, ou, en tout cas, que je ne savais pas avant de l’écrire que je pensais tout ça.
Ce qui m’amène à la conclusion que la pensée écrite vient d’une autre partie du cerveau que la pensée exprimée oralement, et que nos problèmes actuels viennent sans doute du fait que nous choisissons nos élites en fonction de leurs capacités orales et donc que nous préférons les esprits légers aux esprits profonds.
Deuxième livre.
Pour ceux qui veulent aller plus loin dans la compréhension du Christianisme, je leur recommande un petit livre de René Girard, « Je vois Satan tomber comme l’éclair » dans lequel il explique que le Christianisme est totalement différent des autres religions et à quel point le Mal continue à régner sur le monde.
Un livre extraordinairement profond.
Viennent ensuite deux livres, qui se complètent.
Bertrand de Jouvenel, « Du pouvoir »
Arnold Toynbee A Study of History, traduit en Français sous le nom “ l’Histoire”
Bertrand de Jouvenel s’attache à expliquer comment les structures de pouvoir dans les sociétés humaines vont toujours grossir aux dépens des libertés individuelles et cela de façon inexorable jusqu’au moment où elles amènent à un effondrement de la société qu’elles entendent régir.
Arnold Toynbee, quant à lui, explique comment les religions servent à passer d’une civilisation à une autre, le Christianisme par exemple servant de pont entre la Rome antique et le monde médiéval et s’attache à montrer que l’Histoire a une espèce de respiration entre religions et civilisations. Il explique aussi le rôle que doivent tenir les élites dans un pays quand des defis se présentent pour ce pays.
J’ai lu ces deux livres quand je devais avoir 25 ans et ils ont été certainement à l’origine de ma préférence pour l’individu et de ma haine solide et constante des petits hommes gris.
Ceux qui veulent s’intéresser à lui (et il le faut) doivent lire le discours de Harvard, où il met en lumière non pas les abominations du communisme, ce à quoi tout le monde s’attendait, mais les petites lâchetés qui allaient faire crever la civilisation occidentale. Et si vous voulez lire un écrit prophétique, le discours à Harvard de Soljenitsyne fera très bien l’affaire.
De lui, il faut lire aussi « le Chêne et le Veau » où il explique comment un homme isolé, (lui) s’arrange pour discréditer aux yeux de l’opinion publique mondiale un régime abominable, à lui tout seul. Et s’ils veulent lire un livre de plus, je recommande enfin » Le pavillon des cancéreux »
Dans chacun de ces livres, il défend l’idée que chaque homme a le pouvoir de dire non aux puissances du Mal et il rappelle dans son dernier livre ”la Roue Rouge’’ les noms et les destins de bien des victimes de ce totalitarisme abominable que fût le communisme. Les nommer, c’était ressusciter ceux qui avaient dit non et en étaient morts.
Enfin, Soljenitsyne rattachait clairement son combat au Christ en disant par exemple’’ quand les cloches ont cessé de sonner dans les campagnes Russes, les hommes se mirent à marcher à quatre pattes »
Hélas la gauche française se balade à quatre pattes depuis des lustres en pensant que la fin justifie les moyens comme en fait preuve l’anecdote suivante. Exilé de son pays, Soljenitsyne est reçu par Bernard Pivot en compagnie de quelques géants auto proclamés de la pensée française dont Jean Daniel, le patron du Nouvel Observateur, chaud partisan de l’alliance entre le PC et le PS. Et Jean Daniel de s’inquiéter auprès de Pivot que la présence du prophète ne soit pas « équilibrée » par la présence de dignitaires du parti communiste pour garantir une égale représentation entre partisans et adversaires du communisme, ou mieux encore, des assassins et des victimes. Monsieur Daniel ce jour-là s’est déshonoré en montrant alors qu’il savait que le communisme était criminel, qu’il était honorable de s’allier avec eux si c’était pour arriver au pouvoir. C’est cette abjection que la gauche défendait avec monsieur Mitterrand et qu’elle défend encore avec monsieur Mélenchon et c’est de cette croyance que la France crève.
Et j’écris ces lignes pour affirmer qu’il y a des gens qu’il ne faut pas lire car ils vous abîment l’âme. Jean Daniel en faisait partie. Le Pouvoir n’est pas un but, c’est un moyen,
Venons-en à mon dernier livre préféré ‘’ La Grève » où Ayn Rand prône l’égoïsme individuel comme solution aux problèmes de notre société. Redoutable logicienne, elle déroule de façon implacable l’évolution à venir d’un pays où tout le monde veut être passager clandestin et où chacun veut vivre aux dépens des autres tout en prétendant se sacrifier pour l’intérêt général. Publié en 1957, je ne saurai le recommander trop fortement aux lecteurs français tant il s’attache à montrer qu’une société fondée sur la gentillesse et la bienveillance obligatoires s’effondre automatiquement dans la misère et la pauvreté. Ce livre décrit en effet de façon inouïe la situation française d’aujourd’hui.
En écoutant Charles Aloncle interviewer monsieur Patrick Cohen ou la Présidente de notre Télévision Nationale, j’avais l’impression de me retrouver dans son roman[1] Atlas Shrugged (la Grève en Français) tant les dysfonctionnements étaient exactement ceux décrits par Ayn Rand. Et en plus, c’est un très bon roman.
Je suis loin d’être d’accord avec les doctrines philosophiques développées par Ayn Rand sous le nom d’objectivisme mais je ne peux pas m’empêcher de la citer tant ses phrases font mouche. En voici trois :
« Vous pouvez éviter la réalité, mais vous ne pouvez pas éviter les conséquences d’avoir évité la réalité. «
Ou encore
« Tout prétendu droit d’un homme, qui nécessite la violation des droits d’un autre, n’est pas et ne peut pas être un droit. »
Ou enfin
« La doctrine selon laquelle les droits de l’Homme sont supérieurs aux droits de propriété signifie simplement que certains êtres humains ont le droit de faire d’autrui des propriétés. »
Conclusion
Voilà quelques-uns des livres qui m’ont marqué et le lecteur attentif aura remarqué qu’aucun d’entre eux ne touche de près ou de loin à l’économie, ce qui peut paraître curieux mais ne l’est pas. L’économie est une branche de la logique, qui est elle-même une branche de la philosophie. Tout montre qu’une économie ancrée dans les droits individuels fonctionne pour tout un chacun mieux qu’une économie dirigée par une technocratie et cela, je peux le prouver sans difficulté. Je n’ai pas besoin de géant. Après tout, ne sommes-nous pas des nains sur les épaules de géants ? Je cherche donc dans notre histoire intellectuelle des penseurs qui défendent cette position à partir d’un point de vue moral ou encore mieux, révélé, et qui déroulent leurs raisonnements dans des domaines qui me dépassent car ils touchent à la nature même de ce qui fait qu’un esprit rejoint la Divinité.
Je vous ai donné ma liste de géants.
Mais votre destin ne sera accompli que si vous cherchez à trouver les vôtres, en toute liberté.
Vous pouvez cependant commencer avec les miens.
[1] Ce livre est le plus vendu aux USA après la Bible.
Depuis plusieurs semaines, un vent contraire soufflait sur la Hongrie, qui a fini par avoir raison de Viktor Orban et de son gouvernement. Après 16 ans de pouvoir continu, le Fidesz a été lourdement battu lors des législatives. C’est donc Peter Magyar, un ancien membre du Fidesz, qui a renversé son ancien parti et s’est emparé de la direction du gouvernement. Le score est sans appel : Tisza remporte 138 sièges sur 199 avec 53,56 % des voix, contre 55 sièges et 37,86 % des voix pour le Fidesz de Viktor Orban. La participation a atteint un record de 79,50 %. À eux deux, ces partis obtiennent 90 % des voix et 194 sièges, réduisant les autres candidats à une portion très résiduelle.
Quand le temps fige
À son arrivée au pouvoir, Viktor Orban a apporté un vent d’air frais sur une Hongrie figée et sclérosée. Il a décrassé le système et permis de redresser les comptes publics et de restaurer l’économie du pays. Mais, selon les mots déjà évoqués par Lord Acton, le pouvoir finit toujours par corrompre. Avec des scores léonins, le Fidesz était parvenu à contrôler tous les échelons politiques et à prendre le contrôle de la Hongrie, ce qui n’est jamais bon. Celui qui avait décrassé a fini par s’encrasser à son tour. Orban a mené une campagne de trop, et les électeurs l’ont désavoué.
Ce n’est pas sa politique qui a été rejetée, mais d’abord sa personne et la corruption installée par le Fidesz. Peter Magyar est un homme du sérail. Il a été membre du parti et son épouse, dont il a divorcé en 2023, fut ministre de la Justice d’Orban. Les électeurs ont donc choisi un ancien membre du Fidesz qui s’est fait élire sur la promesse de mettre un terme à l’accaparement des richesses conduit par le parti majoritaire.
Durant la campagne, Magyar a annoncé vouloir rénover l’économie de la Hongrie, durement éprouvée par la hausse des prix et le chômage. Il a aussi annoncé vouloir poursuivre et renforcer la politique anti-immigration de Viktor Orban. Sur tous ces points, c’est la continuité qui l’emporte, d’où le succès électoral.
Europe ou Russie ?
La grande divergence concerne le rapport à l’Europe. Orban n’a cessé de se montrer critique à l’égard de l’UE, tout en acceptant l’argent de Bruxelles, indispensable pour rénover et redresser le pays. C’est vers Moscou et Pékin qu’Orban se tournait. D’une part parce que la Hongrie a besoin du gaz et du pétrole russe pour son énergie. D’autre part, parce que l’économie hongroise a besoin des usines chinoises pour faire face au chômage. Les routes de la soie passent par Budapest et Xi Jinping entretenait un lien particulier avec Orban.
Vouloir échapper à la tutelle de l’UE pour se placer sous la coupe de Moscou et de Pékin n’a guère plu à bon nombre d’électeurs, qui n’ont pas oublié les répressions soviétiques de Budapest. Magyar a, quant à lui, fait un choix autre, celui de l’Europe. Son parti siège au PPE et il n’a jamais eu de rhétorique anti-Bruxelles. Ce qui ne résout malgré tout pas la dépendance de la Hongrie aux hydrocarbures de Russie.
En développant son concept d’illibéralisme, alors même qu’il a par ailleurs mené une politique économique plutôt libérale, Viktor Orban s’est enfermé dans une espèce de caricature de lui-même. La Hongrie a à peine 9,5 millions d’habitants et, en 2020, son économie était parmi les plus faibles de l’UE. Orban s’est enfermé dans une rhétorique anti-UE alors que cela n’était pas la priorité de sa population, qui voulait d’abord des logements, du travail et de la sécurité. C’est tout le paradoxe d’une Hongrie, et notamment de Budapest, qui était devenue le refuge des conservateurs occidentaux, qui voyaient dans Orban le phare d’une UE en déshérence. Viktor Orban a eu de bonnes formules et des politiques courageuses sur plusieurs points. Mais il y a eu aussi une Hongrie fantasmée, un Budapest mythifié où les conservateurs occidentaux ont vécu dans une bulle sans comprendre que leurs désirs n’étaient pas les mêmes que celui de la population locale. Les promesses de souveraineté et de grandeur nationale ne nourrissent pas les ventres. Avant d’entendre parler de civilisation, l’électeur veut d’abord manger.
La lutte légitime contre l’ancienne classe dirigeante ne justifiait pas tout. Le contrôle des médias, la soumission des juges, le mépris de l’état de droit, la corruption en faveur des membres du Fidesz ont fini par couper Orban de son électorat. Un nouveau Parti s’était substitué à l’ancien Parti. Et c’est cette collusion que les électeurs ont finalement massivement rejetée.
Lors de mes voyages en Hongrie, ce décalage entre conservateurs occidentaux et populations locales m’avait frappé. C’était deux mondes qui se mêlaient assez peu et vivaient dans des sphères intellectuelles différentes. La question de l’héritage d’Orban et surtout de sa succession n’était jamais envisagée, comme s’il devait avoir un pouvoir infini. Une idéologie avait fini par se créer, c’est-à-dire une idée coupée de la réalité.
Lors de ses élections, les électeurs hongrois n’ont pas rejeté la politique ou le bilan, ils ont rejeté un style et une occupation trop longue du pouvoir. Ils ont voulu garder l’essentiel et changer la corruption et la mainmise sur la vie politique et économique. En somme, ils ont voulu renouer avec les promesses d’Orban il y a quinze ans, c’est-à-dire décrasser le système.
Pour celui qui s’attache à essayer de comprendre ce qui se passe dans le monde, la difficulté est toujours la même : ses pensées seront toujours organisées à l’intérieur d’une structure quasiment immuable à l’échelle d’une vie, et cette structure est celle qui régente les décisions prises par les élites du pays dominant, le but étant de comprendre comment les composantes de cette structure vont réagir les unes par rapport aux autres au travers du temps et non pas d’imaginer ce que pourrait être une autre structure.
Si cependant l’ancienne structure s’écroule, alors ceux qui se livrent à la réflexion vont être complétement désemparés. Je pense par exemple aux Incas quand les Espagnols sont arrivés ou aux dignitaires de l’empire romain face au Christianisme.
Comme l’a montré Toynbee dans son grand livre « l’Histoire » le rôle des élites dans un pays est d’abord de répondre aux defis auxquels ls société qu’ils dirigent doivent faire face.
Si les élites trouvent une bonne réponse à un nouveau défi, la société progresse jusqu’au défi suivant, et ainsi de suite.
Si les élites échouent à traiter le problème, le défi se représente à nouveau, parfois sous une forme différente, et s’il n’est jamais résolu, cet échec peut amener soit :
A un changement d’élites selon les procédures habituelles, coup d’Etat, élections…
A la disparition du pays (Pologne au XVIII -, Lituanie, Estonie au XX -ème )
A la disparition de la civilisation.
Prenons un exemple pour ce dernier cas : le Moyen-Orient Chrétien face au surgissement de l’Islam. Les solutions aux defis présentées par cette nouvelle religion guerrière ne furent jamais trouvées en Orient et les Chrétiens y disparurent complétement ou, au mieux sont en voie de disparition selon les régions.
Mais les Chrétiens trouvèrent, en Europe, des solutions à leurs problèmes (séparation de l’Eglise et de l’Etat, liberté de penser, distinction entre péché et crime, démocratie, développement des sciences, économie de marché) qui les amenèrent à dominer militairement l’Islam pendant les deux derniers siècles, posant de ce fait à l’Islam des problèmes que les élites Islamiques semblent incapables de résoudre, en tout cas à ce jour.
Et ainsi de suite.
De son côté, le monde Chrétien eut à faire face à l’émergence des nationalismes, fruit empoisonné de la révolution française, et à la lutte à mort entre l’Allemagne et la France arbitrée par la Grande Bretagne.
Trois guerres après la première réunification de l’Allemagne, dont deux mondiales, à l’évidence, les élites européennes avaient échoué et furent donc remplacées par les élites américaines.
Et nous vîmes émerger l’Empire Américain en 1945 et l’ironie voulut que les pays européens et arabes deviennent à leur tour des colonies, mais du nouvel empire.
Mais, à son tour, ce nouvel empire est en train de s’écrouler étant incapable de traiter les defis qui l’assaillent, lui.
Et c’est que surgit mon problème : Etant né en 1943, toute ma réflexion a toujours eu lieu dans le cadre institutionnel défini par l’ordre juridique américain et il ne pouvait en être autrement. Mais je sais que cet ordre juridique est en train de s’écrouler.
En revanche, je n’ai pas la moindre idée de l’ordre juridique que je devrais utiliser pour analyser « les mondes qui viennent », pour reprendre le titre de mon dernier livre.
A ce titre, je ne peux pas offrir une réflexion globale, mais tout au plus essayer de dessiner des évolutions locales qui me paraissent probables. Mais cette réflexion ne peut avoir lieu que dans un monde chaotique, puisque le nouvel ordre entre les différentes régions n’est pas encore établi.
Par exemple, plus une zone est a la fois loin du centre de l’ancien empire, et prospère, et plus elle sera la première à se détacher des élites du centre, les élites locales ne voyant aucune raison de payer des impôts à l’ancien suzerain.
Les empires crèvent d’abord par la perte des provinces lointaines qui rompent avec le centre jusqu’au jour où il ne reste plus que la capitale. Ainsi, l’Empire Romain d’Orient fût réduit à Constantinople et l’empire britannique à la City.
Dans cet esprit, je pensais que monsieur Trump avait compris que son rôle était d’extraire la Nation Américaine de l’Empire Américain qui était en train de s’écrouler, un peu comme l’avait fait Atatürk pour l’empire turc ou de Gaulle pour l’empire français et là, je me suis trompé.
A l’évidence, depuis environ 12 mois, le President Américain s’est lancé dans une croisade pour maintenir militairement l’empire yankee, et il va échouer, comme ont échoué à peu près toutes les tentatives similaires dans l’Histoire, ce qui va accélérer l’effondrement du dit empire.
A mon avis (et cet avis est beaucoup moins fondé que par le passé comme je l’ai expliqué plus haut), la première zone qui va se détacher de l’empire est représentée par les pays qui sont dans le cercle de Valeriepieris (centré autour de Hong-Kong, 3000 miles de rayon, la moitié de la population mondiale, voir mon livre les mondes de demain Charles Gave Pierre de Taillac éditeur) qui bénéficie d’une monnaie dominante le yuan, d’une monnaie internationale, le dollar de Hong-Kong , d’une épargne abondante, de marchés financiers efficaces, de processus de coopération déjà en place (accords de Shangaï), et enfin de banques centrales qui ont commencé à coopérer entre elles comme le montre le graphique ci-dessous, où je constate la baisse constante de la volatilité des monnaies asiatiques contre le renminbi, signe évident que la coopération entre banques centrales existe déjà depuis un grand moment.
Compte tenu de la crise en Iran, on aurait pu s’attendre à un effondrement des taux de change Philippins ou Thaïlandais, mais pour l’instant pas grand-chose n’est visible…Et donc, pour moi, les élites locales an Asie ont compris il y a longtemps qu’elles allaient avoir à faire à un écoulement de l’empire dominant et se sont déjà organisées en douce pour y faire face.
C’est donc là qu’il faut avoir la majorité de ses actifs, ce qui est mon cas.
Venons-en aux autres zones.
Les « élites » de la zone européenne ont essayé de créer un système où elles « diraient le DROIT » tandis que les USA appliqueraient leur FORCE à faire respecter ce droit établi par Bruxelles ou les grandes ONG qui y gravitent. Or le seul droit que les américains respectent vaguement (et encore) a toujours été le leur.
Sinon, les élites américaines respectent l’épée, car « l’épée est l’axe de l’histoire » (de Gaulle) et sans épée, on sort de l’histoire. L’Europe n’a pas d’épée, pas de monnaie, pas d’impôts, pas de légitimité, l’expérience européenne est donc incapable de répondre au moindre défi, et va disparaitre comme l’URSS en des temps différents, et pour les mêmes raisons.
Et donc les contrats (obligations) émis par les pays les plus mal gérés dans une monnaie qui n’a aucun lien avec les créations de valeur faites dans chaque pays doivent être évités à tout prix. Les actions des sociétés qui n’ont rien à voir avec l’Europe peuvent être conservées mais l’immobilier abandonné, le droit de propriété y étant attaqué de toutes part.
En ce qui concerne les USA, quand un empire s’effondre, en général sa monnaie s’écroule ou disparait (voir la livre sterling de 1923 à 1977 avec le FMI à Londres, ou, pour une disparition complète, le rouble en 1917). Avoir des propriétés aux USA en actions, immobilier, terres agricoles) peut se justifier, avoir des contrats beaucoup plus difficilement.
Reste le Moyen Orient, le principal fournisseur d’énergie au reste du monde et colonie de fait sinon de droit de l’empire. La seule explication rationnelle que je peux trouver pour les évènements qui se passent en Iran est la suivante : les Etats-Unis contrôlaient les ventes d’énergie puisque toute vente ou achat d’énergie devait être facturé en dollars. Ils ont perdu ce privilège et essaient maintenant de contrôler la production d’énergie, ce qui est une folie complète, et qui va échouer.
Cet échec va accélérer l’écroulement de l’empire américain et les Etats-Unis vont devoir quitter la région assez rapidement.
Les paris sont ouverts sur qui sera la puissance dominante au Proche-Orient, les candidats étant
La Turquie, remettant ses pas dans ceux de l’Empire Ottoman.
L’Arabie saoudite et les émirats (difficile à faire sans épée).
L’Iran, ce qui serait inacceptable pour Israel et pour les pays Sunnites de la région, sauf changement de régime à Téhéran.
Un consortium informel Chine/Inde soutenant l’Arabie Saoudite et les Emirats puisqu’ils en sont les principaux clients.
En général, les colonies productrices de matières premières, à la périphérie, sont contrôlées par la puissance dominante, au centre. L’Europe a dominé la région, jusqu’en 1945 suivie par les Etats-Unis. Le temps de la Chine est sans doute en train d’arriver.
La bataille pour le contrôle de l’énergie ne fait cependant que commencer.
Un cessez-le-feu précaire et limité est tombé sur le détroit d’Ormuz. Fin des tirs et des attaques, après six semaines de combat. Toutes les parties peuvent revendiquer la victoire. L’Iran a tenu et a mis à mal Israël et les États-Unis. En provoquant le blocage du détroit d’Ormuz, Téhéran a démontré son pouvoir de nuisance en s’en prenant à cette artère vitale.
États-Unis : toujours les premiers
Encore une fois, les États-Unis ont démontré leur savoir-faire technique, aidé par l’allié israélien. La décapitation du régime, notamment les premières frappes contre Khamenei, l’élimination des dirigeants, la blessure grave infligée à Khamenei fils ont démontré que les Américains pouvaient frapper partout, avec beaucoup de précisions.
La récupération des deux pilotes abattus et perdus en Iran est une autre prouesse. Elle démontre que l’armée américaine n’abandonne pas ses soldats, y compris en milieu hostile et compliqué, et qu’elle est prête à mener des opérations à haut risque pour les récupérer. Le tout avec succès.
La démonstration est magistrale : les États-Unis sont toujours les premiers. Ils ont la maîtrise technique, le savoir-faire, la précision, la technologie et, élément fondamental, la volonté.
Mais s’ils ont le savoir technique, ils semblent avoir perdu le savoir stratégique.
Quel sens avait cette guerre, qui devait durer un week-end, puis deux ou trois semaines et qui dura finalement six semaines ? Les États-Unis se sont retrouvés dans une impasse, dont ils ne sont sortis qu’avec peine.
Israël : divergence de vues
Assez tôt, une divergence stratégique est apparue avec Israël. Alors que les États-Unis ciblaient l’Iran, Israël s’est de plus en plus concentré sur le Liban, notamment pour éliminer le Hezbollah. Un Liban qui est par ailleurs exclu de l’accord de cessez-le-feu et où les combats se poursuivent, au sud, à Tyr et dans certaines zones de Beyrouth. Alors que les États-Unis cherchaient à modeler le Moyen-Orient vers la paix, Israël reste dans sa guerre, ouverte par l’attaque du 7 octobre 2023, celle qui consiste à éliminer le Hamas et le Hezbollah et à garantir sa survie et sa sécurité.
Les deux alliés ne visent pas les mêmes objectifs, ils ne cherchent pas à atteindre les mêmes buts. Cette divergence de vues ne peut que croître, d’autant qu’Israël sera bientôt confronté à une période électorale et que, aux États-Unis, certaines voix, y compris chez les Républicains, demandent à se séparer de l’alliance exclusive avec Netanyahou.
C’est en effet le risque encouru par les États-Unis : se brouiller avec leurs alliés arabes à cause de cette guerre déclenchée qui a meurtri leurs économies, trop se lier à un gouvernement israélien qui, un jour ou l’autre, sera remplacé dans les urnes.
La France a joué sa carte
La France a joué une action positive dans cette séquence. Elle a démontré son savoir-faire militaire grâce à sa marine et son armée de l’Air et a pu honorer les contrats de défense signés avec les pays du Golfe. De quoi en sortir grandi. Tout en restant dans le camp occidental, elle a su aussi ne pas s’attacher de façon exclusive aux États-Unis et témoigner d’une vraie divergence de vues. Paris a renoué avec une véritable politique arabe et a incontestablement marqué des points dans la région. La France est par ailleurs le seul pays d’Europe à être intervenue, ce qui démontre bien que les autres pays n’ont que faire de cette zone, qui est pour eux secondaire par rapport à d’autres fronts, notamment le front russe.
Iran, un gagnant ?
L’Iran a-t-il gagné ?
Oui, car il a réussi à tenir tête aux États-Unis et à endosser les coups sans s’effondrer. Mais les conséquences réelles de cette guerre ne pourront se mesurer que sur un temps plus long.
De nombreuses inconnues demeurent sur l’Iran : le nombre de morts, les destructions, l’état du programme militaire, la solidité politique du régime. À cet égard, il y a bien eu un changement de régime, mais pas celui escompté. Les religieux ont été remplacés par les militaires, les Gardiens de la Révolution ont pris le dessus sur les mollahs. Ce n’est pas forcément une bonne chose pour la population iranienne ni pour les voisins. Il reste à pouvoir évaluer les conséquences à moyen terme de cette guerre. Le coût économique, bien sûr, qui va engendrer une récession. Le coût de la reconstruction, avec quel argent et quels moyens matériels ? Quels ouvriers, quels matériaux ? Il reste aussi à estimer les débats internes qui secouent l’appareil politique iranien. Qui aura envie de poursuivre l’affrontement et de maintenir le programme nucléaire, après la guerre des douze jours et celle des six semaines ?
Qui pourrait vouloir, au contraire, cesser cette course au nucléaire militaire et vouloir une normalisation des relations ? L’Iran prend du retard sur ses voisins arabes, notamment ceux du Golfe ; un retard autant politique qu’économique.
En son temps, l’Égypte avait su conclure une paix avec Israël, pour passer à autre chose. Tout comme la Jordanie, qui a rapidement cessé de jouer la carte palestinienne. Ces deux pays ont préféré se concentrer sur le développement intérieur de leur population. Ne pourrait-il pas en être de même pour l’Iran ? Égypte et Jordanie ont effectué ce changement sans changer leur régime, qui est demeuré militaire. L’Iran pourrait en faire de même. C’est une hypothèse, mais c’est une possibilité à surveiller. Et, si cela devait advenir, ce serait une victoire à moyen terme pour les États-Unis.
Pour moi, tout commence en Février 1971 où, sortant de mon service militaire, je suis embauché par la banque de Suez et de l’Union des Mines pour suivre les marchés financiers internationaux…
Les dix premières années de ma carrière furent … riches d’enseignements, le ratio entre l’indice S&P 500 et le cours de l’or passant début 1972 à …9,48 en décembre 1980 (-90 %). C’est ce que montre mon premier graphique, dans lequel je mélange vie personnelle et évènements historiques car ma chère épouse eut la merveilleuse idée de m’offrir trois beaux enfants pendant cette période.
Mais c’est dans cette horrible décade que se préparait le futur…
Depuis Bretton Woods, en 1945, le monde avait fonctionné avec un étalon dollar/or et des taux de change fixes. De 1971 à 1973, le système financier international implose et personne ne comprend plus rien, moi le premier. Fin 1973, je m’attache avec la création de Cecogest[1] à essayer de comprendre comment il faudrait gérer de l’argent dans ce monde nouveau.
Fin 1974, au baptême de Louis à Saint Philippe du Roule, le prêtre, apprenant que je travaillais dans les marchés financiers me demanda ce qu’il devait faire de ses actions, et je lui répondis, ’prier, mon père prier’. Il a dû beaucoup prier. Ce jour marqua le plus bas du marché des actions partout dans le monde. Sacré Louis …
Venons ensuite à notre cher et vieux pays et posons la question : comment s’est-il débrouillé depuis 1981, moment où il est passé de l’ombre à la lumière selon le bienfaiteur de l’enfance bien connu qu’est monsieur Jack Lang ? La reponse est : mal.
Voilà le graphique :
Depuis 1979, nous avons eu quatre grandes crises et une cinquième a, peut -être, déjà commencé.
Iran et prix du pétrole passant de $1 à $ 30 /bb de 1971 à 1981.
Réunification allemande de 1990 à 1995
Crise financière de 2009 aux USA, suivie par la crise de l’euro de 2011 à 2013.
Covid et Ukraine de 2020 à 2024.
Guerre en Iran en 2026
Chacune de ces crises a été réglée en France par une augmentation de la part de l’Etat dans l’économie et donc par l’émission de plus de dettes, et cette hausse du poids de l’Etat est bien sûr à l’origine d’une baisse constante de la rentabilité du secteur privé. Ce qui veut dire que l’Etat français va tout droit à la faillite[1], ayant tué la poule aux œufs d’or.
Venons-en au monde en général et à l’inflation en particulier, mais en remontant cette fois à 1940.
Voici le graphique
De 1940 à 1990 (fin de l’URSS), le monde a été en guerre constamment et ces guerres étaient financés par des émissions obligataires offrant des taux trop bas (hs]achurages verts sur le graphique.)
De 1990 à 2022, plus de guerres, l’inflation disparait et nous avons des taux normaux sur les dettes émises.
Depuis 2022, les guerres à nouveau sont là, l’inflation est repartie à la hausse et nous perdons à nouveau de l’argent sur les marchés obligataires.
Remarques. Très curieusement, l’effondrement de la technocratie communiste a amené au pouvoir dans nos vieilles démocraties une technocratie aussi inefficace que le rival communiste qui avait été defait. Voilà qui se terminera comme à chaque fois que la technocratie l’emporte, c’est-à-dire mal.
Depuis 1980, nous savons donc que :
Les années 70 ont montré qu’un portefeuille français ne pouvait être gérée sans comprendre ce qui se passait dans la politique en France et dans le reste du monde.
Et ce qui se passe n’a pas changé depuis l’élection de Giscard : une classe politique de technocrates gère le pays pour accroitre ses pouvoirs et c’est son seul but. Et donc, en cas de chocs exogènes, les ajustements en France se font toujours en faveur du secteur étatique et au détriment du secteur privé.
Les USA, eux, semblent être gérés par une autre technocratie qui elle aurait besoin de guerres extérieures pour maintenir son pouvoir.
Ces guerres sont financées par des dettes émises avec des taux trop bas et donc sont inflationnistes.
Conclusion générale.
Une crise majeure des pays qui utilisent la dette, soit pour effectuer des transferts sociaux, soit pour faire la guerre est inévitable et sans doute assez proche.
Cette crise devrait entrainer la disparition des technocraties en France, aux USA et en Grande- Bretagne. Pour être remplacées par quoi ?
Aucune idée. Mais une fin, même horrible est toujours préférable à une horreur sans fin.
Les marchés obligataires de France, des USA et de la Grande-Bretagne sont ininvestissables.
Et je sais que le niveau de vie moyen dans ces trois pays va s’écrouler comme il le fit en Asie de 1996 à 2000, dès que l’un ou l’autre de ces trois pays ne pourra plus emprunter.
Les Libertés Publiques dans ces pays sont loin d’être garanties tant les classes technocratiques qui y exercent le pouvoir depuis des lustres se sont montrées capables de rester aux commandes envers et contre tout.
Vous apprendre à mettre votre épargne à l’abri est la mission que nous nous sommes fixés depuis bien longtemps, aussi bien à l’IDL qu’à l’UDE. A quoi bon diront les gros malins ? C’est la question que pose toujours le Mal, le Prince du Mensonge, Celui qui est naturellement meurtrier. Les « à quoi bontistes » ne m’intéressent pas.
Cette chronique a pour objet de vous rappeler que même dans la crise la plus terrible que j’ai traversé, de 1971 à 1981, il fallait continuer à vivre, à faire des enfants, à les élever, à lutter pour comprendre et pour rester libres.
Ce n’est pas la victoire qui compte, c’est de se battre.
[1] Pour plus de détails, voir sur le site le dossier « Comment réussir sa désindustrialisation”
[1] Je fus financé par quatre institutions : Buckmaster & Moore un broker anglais qui a disparu depuis, la Compagnie Privée de banque, petite banque française, qui, elle aussi, a disparu, Notz Stucki, gérant Genevois et la Banque Gutzwiller à Bale, qui existent toujours. Ce petit syndicat fut mené par Beat Notz, premier President de la Cecogest, à qui je serai éternellement reconnaissant.
Il n’y a pas que l’Ukraine, l’Iran, la Palestine. Ailleurs dans le monde, d’autres États sont confrontés aux drames de la guerre. En Birmanie, c’est une guerre presque infinie, qui s’étale depuis des décennies sans qu’une fin apparaisse possible.
Quatre ans après le coup d’État de 2021, la Birmanie poursuit sa guerre civile meurtrière où la junte militaire de Min Aung Hlaing, qui sera bientôt nommé président, affronte une mosaïque de résistances ethniques. La junte militaire tient le centre du pays, les différents mouvements ethniques les périphéries, d’où elles reçoivent leurs armes et écoulent leur trafic d’opium.
Avec la guerre, le pays est devenu le premier producteur mondial d’opium et de drogues de synthèse. La drogue produite par l’ensemble des partis est revendue pour acheter des armes et financer le conflit, faisant du pays un narco-État. Fini l’époque où la vente de rubis et de pierres précieuses était la principale ressource du pays ; ce sont désormais les drogues qui assurent la richesse.
Selon l’ONU, près de 90 000 personnes sont mortes depuis le putsch de 2021. Certaines à cause des combats, d’autres par manque d’hygiène et par maladie. L’économie est en ruine, la junte contrôle toujours la capitale et les institutions et, compte tenu des liens entre ce pays et la Chine, personne n’envisage de tenter de changer le cours des choses.
En 2021, le général Min Aung Hlaing renversait le gouvernement d’Aung San Suu Kyi et plaçait la Birmanie sous la coupe de la junte militaire. Quatre ans plus tard, ce même général s’apprête à troquer son uniforme contre le costume présidentiel, à l’issue d’élections supervisées par l’armée. Le discret putschiste de 2021 est en passe de devenir le chef d’État officiel de son pays.
Avant même le coup d’État, Min Aung Hlaing était persona non grata dans de nombreux pays pour avoir dirigé, en 2017, une répression contre la minorité rohingya qui avait poussé 750 000 personnes à fuir vers le Bangladesh. La procureure de la Cour pénale internationale réclame son arrestation pour crimes contre l’humanité. Il est banni de Facebook pour discours de haine. Rien de tout cela n’a empêché sa marche vers la présidence.
Un coup d’État qui change la donne
La Birmanie avait connu dix ans d’ouverture relative entre 2011 et 2021. Une expérience démocratique fragile, portée notamment par la Ligue nationale pour la démocratie d’Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, qui avait remporté 90 % des sièges aux élections de 2020. Le putsch y a mis fin brutalement. Suu Kyi est emprisonnée depuis et son parti est dissous. Un quart des sièges du parlement est constitutionnellement réservé aux militaires, et le Parti de l’union, de la solidarité et du développement (PUSD), fondé par d’anciens généraux, a raflé plus de 80 % des sièges lors des élections législatives organisées sous contrôle de la junte.
Min Aung Hlaing, 69 ans, a officiellement démissionné de ses fonctions militaires pour se conformer à la Constitution et briguer la présidence. Sa défaite est jugée inconcevable par tous les analystes. Un ancien espion, surnommé ses « yeux et les oreilles », lui a succédé à la tête de l’armée, garantissant la continuité d’un pouvoir que le général n’a en réalité jamais quitté.
L’économie birmane a perdu environ 94 milliards de dollars depuis le putsch, le kyat a perdu 40 % de sa valeur et plus de la moitié de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté.
La répression a été féroce dès le premier jour. Des militants pro-démocratie ont pris les armes, rejoignant les mouvements ethniques armés qui combattent depuis des décennies le pouvoir central : Karens, Kachins, Shans, Arakanais.
Le Triangle d’Or, carburant de la guerre
La guerre civile et le trafic de drogue sont en Birmanie deux phénomènes indissociables. Le pays est depuis longtemps un producteur majeur d’opium, longtemps deuxième derrière l’Afghanistan. Mais depuis que les talibans ont réprimé les champs de pavot afghans, la Birmanie est devenue le premier producteur mondial. Selon l’ONUDC, la production a plus que doublé depuis le coup d’État de 2021. À l’opium s’est ajoutée la méthamphétamine, dont des laboratoires clandestins produisent des quantités industrielles dans les jungles de l’État Shan, à la frontière de la Chine et de la Thaïlande.
Ce trafic ne finance pas un seul camp. De nombreux groupes armés, parfois alignés sur l’armée, parfois sur l’opposition, parfois neutres, dépendent des revenus de la drogue pour subvenir à leurs besoins. L’armée elle-même est depuis longtemps soupçonnée d’en tirer profit directement ou via des milices paramilitaires. Le résultat est un cercle vicieux : la guerre fragmente le territoire, la fragmentation favorise les trafics, les trafics financent la poursuite de la guerre.
Les pays voisins subissent les effets de débordement. En Thaïlande, les huit provinces du nord ont vu leur consommation de drogue tripler entre 2019 et 2024. La junte birmane a affirmé avoir réalisé en janvier 2026 la plus grande opération antidrogue de son histoire, saisissant plus de 37 tonnes de méthamphétamine. Mais cette vitrine médiatique masque mal l’ampleur du phénomène.
Une résistance fragmentée face à une junte qui reprend le dessus
L’Opération 1027, lancée en octobre 2023 par une coalition de groupes ethniques armés, avait marqué un tournant spectaculaire : en quelques semaines, plus de 150 bases militaires et 35 villes importantes étaient occupées, laissant entrevoir un possible effondrement de la junte. Mais la dynamique s’est depuis stabilisée. La junte contrôle toujours les centres urbains et les axes stratégiques, et les groupes de résistance restent fragmentés, chacun poursuivant ses propres objectifs d’autonomie territoriale plutôt qu’un renversement national coordonné.
En devenant président, Min Aung Hlaing ne change pas de nature, il change de costume. L’objectif est d’institutionnaliser durablement la domination militaire sur l’État birman, en lui donnant un vernis de légitimité constitutionnelle que les élections sous contrôle de la junte sont censées fournir. La communauté internationale, qui a condamné le scrutin, peine à trouver une réponse efficace : les sanctions occidentales ont renforcé la dépendance de la junte envers la Chine et la Russie, ses deux principaux fournisseurs d’armes et soutiens diplomatiques au Conseil de sécurité de l’ONU.
Avec son nouveau président, la Birmanie va ouvrir une nouvelle page de son histoire, mais la guerre, les rivalités ethniques, les trafics en tout genre sont toujours son lot quotidien. Les personnes changent, les uniformes aussi, mais l’avenir du pays reste toujours marqué par les guerres et les confrontations.
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