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Jean-Claude Gruffat

C’est parti pour 2016

Vous l’avez entendu et vu sur vos étranges lucarnes, sur vos tablettes ou I Phones, quel que soit votre véhicule favori d’addiction au “just in time”,Hillary Clinton est candidate à l’investiture du parti démocrate pour l’élection présidentielle de Novembre 2016.Avant ou juste après elle se sont déclarés officiellement du cote républicain, Ted Cruz, Marco Rubio et Rand Paul. Trois sénateurs, tous en cours de leur premier mandat, un représentant de la droite religieuse, un Hispanique, et un libertarien..

Mais viendront également d’ici à l’été, Scott Walker, Gouverneur en second mandat du Wisconsin et bien sur Jeb Bush, ancien gouverneur de la Floride. S’ils ne se sont pas encore déclarés, c’est paradoxalement pour être en mesure de bénéficier des failles du système, validées par la Cour Suprême, la capacité de lever des fonds dans le cadre d’une procédure dite exploratoire dont l’issue ne fait aucun doute, avec aucune des contraintes de montants et de relative transparence qui pèsent sur les candidats avoués à la primaire.

Dans la foulée d’un Président qui ne peut constitutionnellement se représenter, Hillary Clinton, deux fois sénateur de New York, et ancien Secrétaire d’Etat, se présente pour la seconde fois à l’investiture de son parti.

Elle avait été défaite en 2008 par Barak Obama, sénateur en cours de premier mandat de l’Illinois qui remportait ensuite la Présidentielle en Novembre face à John McCain. Cette fois, elle se déclare la première pour son parti, sans beaucoup de surprise, avec aucun adversaire convaincant susceptible de la menacer au niveau démocrate. Même si l’aile gauche dite progressive la juge trop inféodée aux milieux d’affaires qui financent abondamment la Fondation de son mari et de sa fille Chelsea. Egalement trop « faucon » en terme de politique étrangère..

Il faut se souvenir qu’elle avait voté en qualité de sénateur en 2003 pour l’intervention en Irak, à la différence de Barak Obama qui sut utiliser habilement ce « faux pas » pour l’emporter à la primaire de 2008.

Sur un certain nombre d’autres marqueurs du clan libéral – progressiste, elle a récemment changé d’opinion, et soutient par exemple le mariage dit pour tous et se définit comme « pro choice », ie favorable à l’avortement..Elle se présente également comme un soutien sans faille et ancien de la condition féminine, ce que certaines contestent.

Mais comme le soulignait un éditorial récent de “The Economist “, beaucoup s’interrogent à juste titre sur ce que serait la ligne politique d’une Présidence Hillary Clinton, et notamment par rapport à son prédécesseur dont les critiques l’emportent désormais sur les laudateurs. Elle doit donc tout à la fois préserver la coalition de minorités qui ont assuré les victoires de 2008 et 2012, mais aussi élargir encore le vote féminin, et mordre sur un électorat masculin « col bleu » qu’elle avait eu au niveau de la primaire de 2008 contre Barak Obama. Elle doit donc se gauchir un peu au moment de la primaire pour mobiliser les activistes sans effrayer Wall Street qui financera largement sa campagne, les milieux financiers de New York votent majoritairement démocrate. Et le maire de New York Bill de Blasio qui fut directeur de sa première campagne sénatoriale et se présente comme le porte parole auto investi de l’aile progressiste, n’a pas accepté encore de se rallier  à sa candidature, demandant plus d’éclaircissements sur son programme notamment en matière de réduction des inégalités, sujet très a la mode ici ou le livre de Thomas Piketty est considéré par certains intellectuels et leaders dits d’opinion, comme la loi et les prophètes. A ce stade sa déclaration de candidature, très générale, parle simplement de recréer les conditions d’un ascenseur social moins effectif qu’a des périodes plus lointaines de l’histoire américaine.

Et son seul mais massif argument est en deux temps: “Après un Africain Américain, il est temps d’élire une femme à la Présidence des Etats Unis et je suis de ce sexe.”

Et cela peut marcher.

Cela suffira sans doute au niveau de la primaire démocrate pour décourager toute concurrence progressiste. Elizabeth Warren, la bête noire de Wall Street, sénateur du Massachussetts, idole de la gauche libérale, refuse de se présenter, et Joe Biden, le Vice Président, est sans doute trop âgé et un peu controversé bien que très populaire avec les bataillons syndicaux qui constituent encore une partie significative de l’électorat démocrate dans le Rust Bell.

Avec un camp adverse très divisé sans candidat identifié et incontestable à ce stade, il est difficile de faire un pronostic sérieux ,les Républicains ont gagné clairement les élections de mid term en Novembre 2014.Mais ceci ne garantit en rien que l’essai sera transformé, compte tenu de la participation électorale très différente et plus importante notamment par les minorités à la Présidentielle..

Mon cauchemar comme je l’avais écrit sur ce site IDL est un remake de la compétition entre un Bush et un Clinton et il ne faudrait pas sous estimer le risque d’une faible participation des électeurs plus jeunes si ce choix du passe leur était finalement présenté.

Je dois dans les prochains jours rencontrer à New York trois prétendants républicains, le gouverneur Scott Walker, Carly Fiorina, ancien Directeur General de HP, candidate malheureuse au Senat au titre de la Californie, et le sénateur du Kentucky, Rand Paul, je ne manquerai pas de partager mes impressions avec vous.

Mais à ce stade, ne croyez pas encore qu’Hillary Clinton soit une affaire faite contrairement à ce que disent les journalistes et politiques français. Le contraire vous aurait surpris.