Comment piller l’Etat légalement et sans risque.

Vous venez d’être élu à la mairie d’une grande ville ou, mieux encore, vous venez d’être nommé au ministère de la culture en France et le sort des pingouins homosexuels a toujours été l’une de vos grandes préoccupations.

Comment allez-vous procéder pour aider cette minorité dont personne ne se soucie à part vous, tout en assurant une position à votre petite amie, ou à ,votre petit ami, ou pourquoi pas, aux deux à la fois, ce qui leur permettra de sortir de la course de rats qu’est devenu la nécessité de travailler dans le monde ultralibéral qu’est devenu la France ?

La solution est simple.

Vous créez une ONG, que vous domiciliez chez un avocat bien introduit dans les milieux politiques et, compte tenu des pouvoirs qui vous ont été conférés par votre élection ou par votre nomination, vous octroyez à cette ONG une subvention de quelques centaines de milliers d’euro, reconductible automatiquement chaque année.

Et ces gens à qui vous voulez du bien, mentionnés plus haut, et qui curieusement partagent votre passion pour les pingouins homosexuels, se retrouvent à la tête de cette nouvelle ONG ou ils auront bien entendu accès à des bureaux, à des secrétaires, charmantes au demeurant,  à  des voitures de fonction et, en hiver, à des voyages d’étude dans les Caraïbes pour essayer de comprendre pourquoi il n’y a pas de pingouins homosexuels dans les mers chaudes ? (A ma connaissance, il n’y a pas de pingouins du tout à la Martinique ou à Tahiti, et je peux me tromper. Mais cela n’empêche pas les voyages d’études)

Le seul travail qui vous sera demandé une fois tous les cinq ou six ans sera de faire campagne pour ceux qui vous ont obtenu cette rente et de contribuer financièrement à leurs frais de campagne.

Mc Kinsey en France sera très heureux de vous fournir toutes les explications nécessaires sur la marche à suivre pour pérenniser votre rente, mais, bien entendu, cela vous coûtera cher.

Considérez ce coût comme un investissement de qualité.

Cette tentative par les seconds couteaux de l’élite française de se constituer des rentes  qui sont toujours «  in fine » payées par les petites gens est vieille comme l’Etat Français.

Sous la Royauté, le but de chaque courtisan qui passait son temps à cirer les chaussures du Roi ou de ceux qui en étaient proches, était de se faire attribuer « une pension » par le Roi et je me suis laissé dire par les professeurs d’histoire de ma jeunesse que la déconfiture financière du Royaume à la fin du XVIII -ème siècle était en grande partie liée à ces ponctions exercées sur le budget de l’Etat par une série de parasites dont la Révolution, en tout cas d’après l’histoire officielle, nous a heureusement libéré.

Une autre solution pour quiconque voulait vivre sans travailler était de se faire attribuer par le Roi (ou d’acheter) un « office » et vous bénéficiez alors d’un monopole qui assurait une rente confortable à celui dont la vocation depuis la plus petite enfance était de devenir agent de change, pharmacien, commissaire-priseur ou notaire.

Comme le lecteur le sait, la classe des sangsues qui avait été mise sous contrôle par les Républiques (…c’est une blague…) a connu un développement foudroyant depuis Mitterrand, affectueusement surnommé Dieu par ceux qui espéraient vivre de ses largesses, et ils furent nombreux puisqu’il était tout puissant.

Si vous avez la flemme de créer une ONG, de nos jours, à la place d’acheter un office qui ne rapporte plus rien, vous pouvez demander à être nommé au Conseil Economique et social, qui ne sert a rien, ou au conseil d’administration du tunnel du Mont Blanc ou de la Tour Eiffel qui ne servent pas à  grand-chose mais ouu vous ne rencontrerez que du beau monde.

Et si vous avez été très proche du Président, vous pouvez postuler  à un siège au Conseil d’Etat,  à la Cour des Comptes voire au Conseil Constitutionnel. Dans ce dernier cas, un casier judiciaire sera cependant requis.

Et c’est la présence un peu partout de ces parasites qui explique en grande partie l’effondrement économique de notre pays.

Prenons l’exemple brûlant des OQTF.

Le budget de l’Etat incorpore une dotation de 80 millions d’euros par an pour raccompagner ces indésirables à la frontière, ce qui est peu,

Mais dans le même budget, ou dans celui de la Ville de Paris, il y aurait une subvention  annuelle de 600 millions d’euros à SOS Méditerranée pour aller chercher ceux dont il faudra ensuite raccompagner un certain nombre à la frontière.

Et la plupart de ces ONG, telles Greenpeace, ou même la Croix Rouge aux USA, ne sont jamais auditées mais ont quand même rang d’observateurs autorisés au Nations-Unis dont un tiers des membres seulement sont des démocraties.

Des gens que personne n’a élu et dont tout le monde ignore d’où leurs fonds viennent, influencent un corps politique dont les deux tiers ne sont pas des démocraties.

Ainsi la rumeur court que l’Afghanistan ou l’Iran préside le Conseil des Droits de la Femme à l’Onu tandis que la Chine controle l’OMS…

Et donc, dans nos pays dits démocratiques, dans le bon vieux temps, nous avions une société organisée en trois étages :

  1. Le peuple, en bas, qui travaillait pour élever des enfants, créer de la richesse, défendre le pays…
  2. Au milieu, une classe de fonctionnaires qui étaient payés par les impôts prélevés sur les premiers et dont le rôle était de faire tourner l’Etat, machine compliquée s’il en fut. L’accès à cette classe se faisait par concours pour éviter que ces fonctions ne deviennent héréditaires.
  3. Tout en haut, nous avions la fonction politique qui était chargée de diriger la classe des fonctionnaires au bénéfice du peuple et qui devait donc être élue par le Peuple et la classe de fonctionnaires. Ceux qui exerçaient cette fonction politique pouvaient être foudroyés en cas d’erreur (  Napoléon III, Pétain).

Cette organisation en trois étages a fonctionné (plus ou moins) pendant quelques décennies.

Mais elle ne fonctionne plus du tout, ce qui fait que ceux qui exercent le pouvoir sont certes légaux, mais ne sont plus légitimes,

A partir de Giscard  et encore plus a partir de son successeur, la classe administrative a pris le contrôle du pouvoir politique et fort naturellement s’est mise à gouverner non plus pour satisfaire le peuple mais pour maintenir le pouvoir dans leurs mains,

Et pour garder le pouvoir, le plus simple est de prendre le contrôle des subventions.

Ainsi en France aujourd’hui, les dépenses afférentes aux secteurs régaliens représentent à peine 3% du PIB alors que les transferts sociaux (lire l’achat des voix d’une partie du peuple) sont  au-dessus de 30 % du même PIB

Et le nombre de fonctionnaires et de subventionnés augmente toujours …

A ce recrutement de gens inutiles et coûteux, s’ajoutent les dépenses pour faire vivre des institutions qui tètent le lait étatique mais qui ne sont jamais contrôlées ainsi que les subventions faites aux journaux que personne ne lit ou à des télévisions que personne ne regarde

Par exemple, il y aurait des dizaines de Hautes autorités, Grand Conseil et autre  Observatoire des pingouins homosexuels qui ajouteraient près de 130 milliards d’euros à la dépense publique.

Ce qui fait qu’aujourd’hui 57% des français touchent d’une façon ou d’une autre des subventions, ce qui réduit considérablement le niveau de vie des 43 % qui eux travaillent…

Comment réformer un pays où 57 % des votants sont achetés par ceux qui se font élire pour gouverner avec l’argent des 43 % qui travaillent, telle est la question aujourd’hui.

Et c’est à ce point du raisonnement que je dois faire intervenir la Loi de Pareto dite des 80/20, la quasi-totalité des systèmes sociaux suivant cette Loi.

  • Ainsi, 80 % des accidents de la route sont créés par 20 % des conducteurs.
  • Ou bien, 80 % de l’alcool dans un pays est bu par 20 % de vrais ivrognes.
  • Enfin, 80 % de la richesse dans un pays est créée par 20 % des gens qui travaillent d’une façon très spéciale en prenant des risques personnels insensés et qu’il est convenu d’appeler les entrepreneurs.

Pour en revenir aux Évangiles et à la Parabole des Talents, l’Etat, arbitre parfaitement impartial qui ne figure nulle part dans la parabole, a décidé de transférer l’argent de celui qui a pris des risques pour le transférer à celui qui n’en a pris aucun et qui a enterré son Talent.

Un Talent enterré ne croit pas, et plus de talents seront transférés aux bons à rien afin d’être enterrés par eux, plus la croissance économique ira vers zéro.

Dans la réalité, ce sont en effet les entrepreneurs qui sont le plus ponctionnés .

Et donc, ils ont de moins en moins d’argent à investir puisqu’ils sont  pillés à mort par ceux qui ne produisent rien et du coup, beaucoup de ces aventuriers s’en vont vers des cieux plus cléments et vont créer de la richesse ailleurs qu’en France.

Et un jour, comme on l’a vu en Argentine, en URSS, au Cambodge, à Cuba, etc… il n’y a plus rien à transférer puisque plus rien n’est créé, tout le monde crève de faim et même ceux qui touchaient des subventions se mettent à voter pour madame Thatcher.

Il y a donc une mauvaise et une bonne nouvelle.

  • La mauvaise nouvelle est que nous transférons nos Talents à des incapables depuis des lustres et que la poule qui pondait des œufs d’or est en train de crever.
  • La bonne nouvelle est que nous nous rapprochons à toute allure du moment où il n’y aura plus rien à transférer.Il vaut mieux une fin horrible qu’une horreur sans fin. Nous nous rapprochons de la fin horrible, et c’est ça la bonne nouvelle.

Comme le disait le poète

‘’ Levez-vous, oh orages désirés »

 

 

Iran : divergence en vue

Après bientôt un mois de guerre, l’opération en Iran s’enlise. Des divergences de vues de plus en plus grandes apparaissent entre les différents acteurs.

 

Israël : objectif Liban

 

Si le principal initiateur de cette opération fut Israël, notamment pour éviter que l’Iran ne se dote de l’arme nucléaire, l’opération a, au fil des semaines, glissé vers des combats menés au Liban contre le Hezbollah. Nous sommes bien ici dans une nouvelle phase de la guerre débutée en octobre 2023 : après les opérations à Gaza contre le Hamas, Israël vise cette fois un autre soutien de l’Iran, le Hezbollah, qui a gangrené le Liban depuis plusieurs années. Les opérations militaires se concentrent essentiellement à Tyr, ville majeure de l’organisation, dans le but d’éradiquer les réseaux et de démanteler les opérations.

Le fleuve Litani et la sécurisation de cette zone sont l’un des autres objectifs de l’opération en cours. C’est un objectif traditionnel d’Israël, qui cherche à assurer sa sécurité en contrôlant ses marges syro-libanaises, que ce soit le plateau du Golan ou les rivages du fleuve.

Israël doit donc tenir deux fronts : Gaza d’une part, toujours en cours, le Liban d’autre part, qui est une nouvelle fois plongé dans une guerre et pris en tenaille par ses voisins. En plus de devoir se protéger des attaques conduites depuis l’Iran. D’où la nécessité d’éviter une saturation de son système de protection.

 

États-Unis : objectif victoire malgré tout

 

Donald Trump change d’objectif quasiment à chaque prise de parole. Renverser le régime, éviter la prolifération nucléaire, bâtir un nouveau Moyen-Orient : difficile de savoir si le gouvernement américain a un cap clair.

Cette opération en Iran a une nouvelle fois affaibli le lien qui rattache les États-Unis à leurs alliés : les Européens, bien sûr, mais aussi les pays du Golfe, qui se retrouvent pris dans une guerre qui ne voulaient pas.

Plus le conflit dure, plus les États-Unis sont perdants.

Mercredi, le président Trump parlait de paix et de début de négociation, ce qui fut démenti par l’Iran. Après les spectaculaires et réussies décapitations du début d’opération, Washington n’a plus grand-chose à proposer comme victoire. Même si l’Iran devait signer, il n’y aurait pas de victoire réelle. À moins d’obtenir des garanties réelles sur le désarmement nucléaire, que seules des visites de site sur place pourraient vérifier et contrôler. Ce qui est pour l’instant hors de propos pour Téhéran.

Les États-Unis sont donc dans une impasse et démontrent une nouvelle fois que la force ne permet pas de prendre le contrôle d’une situation.

D’autant que cette guerre génère des désagréments internationaux qui finissent par agacer même les alliés les plus dociles. Entre hausse du pétrole et du gaz, et donc de leurs dérivés, blocage du trafic maritime international, répercussions en Asie et en Europe, les États-Unis apparaissent comme des fauteurs de troubles. Non plus le gendarme du monde, mais le joueur de bowling qui vient renverser les quilles établies. La première puissance mondiale est désormais devenue celle qui déstabilise l’ordre mondial et qui crée de l’incertitude. Ce qui est très mauvais pour dégager de la confiance à long terme.

 

Iran : objectif victoire sur la durée

 

Plus la guerre dure, plus l’Iran peut apparaître comme vainqueur.

Ses dirigeants sont morts, les responsables se succèdent aux affaires et dans la tombe, ses grandes infrastructures ont été détruites, son programme militaire est atteint. À quoi s’ajoutent les séquelles toujours vives de la violente répression de janvier. Mais le pays est debout et les mollahs n’ont pas été renversés par les forces coalisées de la démocratie. Et pour cause, de telles forces n’ont jamais existé.

Néanmoins, il y a bien changement de régime à Téhéran, mais pas celui escompté par les Occidentaux. Au cours de cette guerre, le pouvoir a glissé des mollahs aux Gardiens de la Révolution, c’est-à-dire de l’islamisme aux militaires. Le pays est ainsi passé d’un régime religieux militaire à un régime uniquement militaire, où le mollah en chef n’est plus qu’une couverture de continuité. L’Iran n’est plus le « pays des mollahs » ; il n’y a plus de « régime des mollahs ». C’est désormais un régime militaire, tenus par des militaires, avec un fonctionnement militaire.

 

Une révolution de palais s’est effectuée sous l’effet de la guerre et par la force des choses : les religieux ont été éliminés et, lors d’une guerre, les militaires ont plus de facilité à prendre le pouvoir. Il y a donc bien eu changement de la nature du régime, même si en apparence rien n’a changé. Le nouveau régime n’est pas démocratique, il n’est pas laïc, il n’est pas inclusif. Il est militaire et autoritaire. En éliminant Khamenei, la coalition a rendu service aux gardiens de la révolution en leur permettant d’opérer ce coup d’État institutionnel. L’Iran politique de 2026 n’est donc plus tout à fait celui de 2025.

 

Pays arabes : objectif paix

 

Les pays arabes veulent la paix, pour le business et pour la sécurité de leurs populations. Le crédit de la France a été rehaussé dans cette guerre, cette dernière ayant honoré ses contrats de défense et les Rafale ayant démontré leur efficacité. Une opération discrète, mais efficace, qui permet à Paris de sortir avec une image renforcée dans le Golfe, et aux entreprises françaises de bénéficier d’une image améliorée.

Reste, pour les pays arabes, à trouver une solution. L’Iran veut bien la paix, mais fait monter les enchères : le régime demande désormais la levée des sanctions. Les pays arabes n’ont pas les moyens de mener une opération contre l’Iran. L’Arabie et les EAU se sont déjà cassé les dents au Yémen contre les houthis, hors de question donc de conduire des opérations en territoire iranien.

 

Tous les pays de la région ont donc des objectifs différents, mais tous aspirent, à un niveau ou un autre, à faire cesser la guerre.

 

 

 

 

 

 

 

 

Maurice Allais, Wicksell et le cours de l’or

Le cours de l’or vient de se casser la figure de 1000 dollars par once en quelques semaines, passant d’un plus haut de $ 5400 fin janvier 2026 à $4400 par once vendredi dernier mais restant tout de même en hausse de 1500 dollars sur les 12 derniers mois.

Les questions que tous les lecteurs/investisseurs doivent se poser s’ils sont détenteurs   du métal jaune sont donc certainement :

  1. Je vends tout ce qui me reste ?
  2. J’achète plus d’or ?
  3. Je vends tout et j’achète des armes ?
  4. J’analyse la situation et je prends ma décision en connaissance de cause ?

Je ne saurai trop recommander la reponse numéro 4, à laquelle je vais m’efforcer de contribuer.

Pour ce faire, je vais utiliser les travaux de deux grands économistes, un français Maurice Allais et un suédois, Knut Wicksell.

Commençons par le Français qui, dans sa « règle d’or », avance que les taux longs sur les emprunts gouvernementaux laissés à eux-mêmes convergent toujours vers le taux de croissance structurel de l’économie et vérifions en prenant l’exemple des USA depuis 1967.

 

 

 

Explications

  1. Graphique du haut : La ligne bleue représente le taux sur les obligations américaines à 10 ans et la ligne rouge la croissance moyenne annuelle du PIB sur les 7 dernières années.

Le graphique est hachuré en vert quand les taux longs sont inférieurs aux taux de croissance de l’économie

  1. Graphique du bas, ligne grise, le ratio entre taux d’intérêts et taux de croissance

Donc, dans un monde normal, la ligne grise devrait osciller autour de zéro, ce qui est vrai de 1980 à 2000, mais n’était pas vrai de 1967 à 1979 et encore moins depuis 2001 à aujourd’hui.

Pourquoi cette divergence historique ?

La reponse est simple : les taux courts (la seule chose que la banque centrale contrôle) ont offert des rendements réels négatifs de 1971 à 1980, et très positifs de 1981 à 2001 et de nouveau négatifs depuis 2002.

En termes simples, la Fed, dans les deux périodes anormales, a manipulé les taux courts pour empêcher les taux longs de monter.  Et donc la Fed a suivi Keynes qui pensait que des taux bas favorisaient la croissance économique, ce qui n’est pas vrai.

Et c’est à ce point que j’appelle Wicksell au secours.

Que nous dit ce grand homme ?

Que les mouvements de l’économie et des prix sont déterminés par les interactions entre deux taux :

  1. Le taux NATUREL que l’on peut assimiler au taux de croissance du PIB.
  2. Le taux de MARCHE (les taux courts fixés par la banque centrale), qui doit être de 200 points environ inférieurs au taux de croissance du PIB nominal pour que la règle d’or fonctionne et que les taux longs soient sur la croissance du PIB nominal, la fameuse courbe des taux, le prix du temps, restant tout le temps à 200points de base.
  3. Quand cela arrive, le capital disponible va au système productif et non pas à la spéculation financière et nous avons une croissance sans inflation. C’est ce que nous avons eu de 1980 à 2001.
  4. Mais ce qu’affirme Wicksell est que si l’on maintient les taux de marché trop bas, alors l’épargnant n’est pas rémunéré convenablement, ce qui amène toujours à des crises financières, la monnaie n’étant plus une réserve de valeur.

Et si Wicksell a raison, alors, dans le période où la règle d’or de Maurice Allais est respectée les obligations d’état doivent faire mieux que l’or, et dans le cas contraire l’or doit faire mieux que les obligations d’état.

Voilà qui est extrêmement facile à vérifier.

C’est ce que je vais faire dans le graphique suivant que j’ai appelé la règle de Wicksell qui me permet de déterminer quand il faut acheter de l’or ou quand il faut vendre l’or et acheter des obligations,

Voici la règle :

Pendant les périodes ou les taux longs sont inférieurs au taux de croissance du PIB (hachurées vertes sur le graphique), il faut n’avoir que de l’or, et le contraire est vrai dans les périodes non hachurées.

Aujourd’hui, et depuis le début de 2002, il faut avoir de l’or, et pas d’obligations.

Et donc les taux courts et longs sont trop bas et l’or n’a pas baissé pour des raisons fondamentales qui ne se déclencheront que si les taux longs US montent à 5. 9 % ou au-dessus. Il faudrait donc que le rendement sur le 10 ans américain monte au moins de 150 points de base pour atteindre 5.9% pour que je vende mon or.

Il n’y donc pas de raison fondamentale à la baisse que nous venons d’avoir sur le métal précieux.

L’explication est à chercher tout simplement dans un phénomène de marché et je pense que nous étions dans une configuration où l’or était simplement terriblement « suracheté »

C’est ce que montre mon dernier graphique.

 

 

 

 

Les hachurages roses apparaissent quand le cours de l’or est monté de 65 % ou plus en un an, ce qui était le cas fin Janvier 2026.

Nous sommes donc sans doute dans ce qu’il est convenu d’appeler un « repli technique »

CONCLUSION

Si je gérais encore de l’argent, j’attendrais simplement que l’or cesse d’être suracheté et je mettrais a tout hasard des ordres d’achats aux alentours de 4000 dollars par once pour bénéficier de la baisse si elle se prolongeait.

Après tout l’or semble avoir baissé parce qu’il était monté trop vite.

Voilà une situation que le passage du temps arrangera.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La morale de la guerre

La guerre répond à des lois, que les belligérants respectent rarement. Des lois imposées par le plus fort et qui, à force de batailles, donnent le droit international. Les lois de la guerre sont attelées à la morale, d’une part pour respecter autant que faire se peut la dignité des belligérants, d’autre part pour sauver le futur et ne pas se détruire dans la guerre du présent.

 

Si la morale dans la guerre peut sembler futile, voire inutile, elle est au contraire fondamentale. Elle est ce qui permet à la guerre de ne pas sombrer dans une totale inhumanité, de ne pas absorber l’homme dans une animalité totale. La morale, avec l’honneur et le code militaire, dispose un vernis essentiel et salutaire sur des combats destructeurs et annihilateurs. La morale permet de faire de la guerre un moment de confrontation et non pas un moment de destruction mutuelle. En définissant des règles et des codes, la morale permet de préparer l’après-guerre, c’est-à-dire la reconstruction et la réconciliation. Comment se réconcilier avec un ennemi si celui-ci a commis des crimes de guerre, a détruit des bâtiments civils et historiques, s’en est pris aux femmes et aux enfants, et pas seulement aux soldats ? Si on accepte que, dans un conflit, les soldats tombent et fassent le sacrifice de leur vie, il est en revanche injuste que les combattants s’en prennent aux personnes faibles et sans défense. La morale est là pour fixer une limite, déterminer ce qui est possible et ce qui est inhumain, maintenir le conflit, même de haute intensité, dans le champ de l’humanité. Les lois de la guerre ne sont certes pas toujours respectées, mais la morale permet de maintenir les hommes à flot et d’éviter qu’une civilisation ne coule totalement.

 

Buts de guerre

 

Parmi les présupposés de la morale figurent les buts de guerre.

Pourquoi porter l’épée et surtout la mort et la destruction ? La guerre juste a été définie par les Romains et reprise et déployée par saint Augustin. Parmi les critères, celui de la proportionnalité : la guerre ne doit pas engendrer plus de dégâts qu’elle ne cherche à en éviter. Les buts de guerre doivent aussi être clairement énoncés et reposer sur des éléments de vérité. Le mensonge contrevient aux lois de la guerre. Les États-Unis en ont fait les frais en 2003 dans la guerre lancée contre l’Irak, s’appuyant sur de fausses armes de destruction massive. Dans la guerre contre l’Iran, il semblerait qu’un autre mensonge ait été affirmé : celui de la poursuite du programme nucléaire iranien.

 

La démission de Joe Kent, directeur du centre national du contre-terrorisme, est un premier accroc au discours officiel. Le 18 mars est venu un second accroc, de taille : la cheffe du renseignement américain, Tulsi Gabbard, a ainsi affirmé, dans une déclaration écrite, que l’Iran n’a pas essayé de relancer ses activités d’enrichissement nucléaire depuis l’attaque américano-israélienne de juin 2025.

« À la suite de l’opération Midnight Hammer, le programme d’enrichissement nucléaire iranien a été anéanti. Depuis lors, aucun effort n’a été entrepris pour tenter de rétablir leurs capacités d’enrichissement ». Et plus loin d’écrire que « Les entrées des installations souterraines qui ont été bombardées ont été recouvertes de terre et bouchées avec du ciment ».

 

Cela contrevient directement aux raisons invoquées par Donald Trump. Qui a par ailleurs lui-même changé de buts en guerre, en parlant d’abord de l’obtention de l’arme nucléaire, puis du changement de régime afin de mettre en place une démocratie. Mais aucun changement de régime ne s’est jamais fait par les bombes et par les airs.

 

Si les affirmations de Tulsi Gabbard sont vraies, et il n’y a pas de raison d’en douter, c’est un très sérieux démenti aux causes de la guerre. Cela signifierait qu’il y a eu tromperie. Mais cela nous rappellerait aussi à quel point la démocratie est une chose précieuse. Que des autorités officielles puissent contredire le chef de l’État, que des journaux puissent relayer l’information, que celle-ci puisse être discutée et contredite, est le sens même de la démocratie, fondée notamment sur la liberté d’expression. C’est ce qui distingue les États-Unis d’autres pays, et la démocratie libérale des systèmes dictatoriaux. Ce débat est précieux et lui aussi répond au respect de la moralité de la guerre.

 

 

France : Conséquences d’une forte hausse des prix du pétrole.

”L’économie n’est que de l’énergie transformée ».

Le coût de l’énergie est l’un des facteurs essentiels du prix des biens et services produits.

De ce truisme, je déduis que les variations du prix du pétrole auront un effet très important sur les variations de la rentabilité des affaires produisant ces biens et services.

En termes simples, une hausse du cout de l’énergie fera baisser la rentabilité des affaires consommatrices d’énergie tandis qu’une baisse aura l’effet inverse.

Ceci est le principe de base.

Mais il y a hausse et hausse. Une hausse « normale » sera absorbée sans difficultés. Ce qui fait mal c’est une hausse anormale. Question :Qu’est-ce qu’une hausse anormale ?

Pour moi, une hausse anormale se produit si le prix du pétrole monte de 40 % ou plus sur les six mois précédents.

Dans le graphique ci-dessous, qui commence 1969 ces périodes sont hachurées en rouge, le cours du baril de pétrole apparaissant en noir échelle de gauche.

 

 

Vérifions ce qui se passe pendant les périodes « rouges ».

Prenons le cas de la France,

A chaque fois nous avons une récession.

 

Depuis 1970, chaque fois que les hachurages rouges sont apparus, nous avons eu une récession dans les mois qui suivaient.

Les hachurages rouges viennent d’apparaitre…Tous aux abris.

Mais il ne faut pas confondre les variations cycliques avec les changements structurels.

Ce n’est pas la hausse de l’énergie qui fait que la production industrielle se contracte depuis l’an 2000, c’est l’imbécillité de la création de l’Euro en 2000.

Nous souffrons donc à la fois de problèmes structurels, toujours présents depuis l’an 2000 et de problèmes cycliques qui vont apparaitre dans les mois qui viennent.

Première constatation : une hausse anormale du prix de l’énergie déclenche une récession.

La question suivante doit donc être pourquoi ?

Pour répondre, il me faut évoquer l’effet qu’une hausse du prix de l’énergie a sur la marge brute d’autofinancement (MBA) des entreprises et donc rappeler ce qu’elle cherche à mesurer.

Pour faire simple, la MBA évalue ce qui reste dans les caisses de l’entreprise quand elle a tout payé, c’est-à-dire grosso modo, les amortissements auxquels on ajoute les profits.

Comme je le signale sur le graphique, la France est le seul pays de l’OCDE où la MBA baisse structurellement depuis 1970, ce qui n’a rien d’étonnant puisque les hommes politiques Français de tous bords se sont toujours fait gloire de gouverner pour réduire les profits au maximum. Et ils y sont fort bien arrivés.

La baisse structurelle de la MBA est donc une constante chez nous. Le drame est que la hausse des couts énergétiques va créer une accélération cyclique de la baisse de la MBA.

Cycliquement, une hausse du cout de l’énergie fait baisser les profits et donc la MBA, ce qui déclenche à chaque fois une récession.

C’est ce que montre le graphique ci-dessous. Si la MBA passe en dessous de 20 %, échelle de gauche, nous allons avoir droit à une récession, accompagnée par une hausse brutale des dépenses étatiques et un effondrement des recettes budgétaires.

 

 

Si nous entrons en récession, le déficit budgétaire va exploser à la hausse comme à chaque fois et avec lui la dette, qui va s’envoler en % du PIB.

Et les taux longs montent toujours dans une crise pétrolière.

Et donc nous allons rentrer dans une récession alors que nous sommes déjà dans une trappe à dettes, avec des taux qui vont monter …

Le scenario mortel par excellence.

La situation financière de notre pays, déjà extrêmement problématique, va donc se détériorer comme jamais dans les mois qui viennent, et, peut-être atteindre un point de rupture.

 

Conclusion

Question : Que va-t-il se passer dans les mois qui viennent dans les marchés financiers ?

Reponse : Je n’en ai pas la moindre idée puisque notre pays  pourrait se trouver en état de faillite et que la dette française est beaucoup trop importante pour être traitée par les moyens habituels (FMI, BCE, etc…).

Nous risquons d’avoir des marchés discontinus, certains actifs devenant complètement illiquides.

Le portefeuille de l’Université de l’Epargne devrait cependant traverser ces tempêtes relativement bien,

Le retour du nucléaire

Dans la vie, soit on se contredit, soit on se répète. À Boulogne-Billancourt, lors du Sommet sur le nucléaire civil, la Commission européenne a choisi la contradiction. Tant mieux pour les industries du continent, mais que de temps perdu.

 

Il y a quatre ans, fin 2021 début 2022, la Commission et de nombreux pays d’Europe annonçaient vouloir réduire la part du nucléaire civil, au profit des éoliennes et des panneaux solaires. En janvier 2022, la Belgique annonçait un plan pour fermer ses centrales. En France, Emmanuel Macron n’était pas en reste. En dépit des analyses et des mises en garde de nombreux spécialistes, il était décidé que le nucléaire était terminé.

Cette industrie fut sauvée une première fois par l’invasion de l’Ukraine, quand de nombreux pays se sont rendu compte qu’ils ne pourraient plus se fournir en gaz russe. Puis, une seconde fois avec les tensions dans le golfe Persique. À quoi s’ajoutent les retards et les coûts des panneaux solaires et de l’éolienne.

 

Revirement complet

 

La présidente de la Commission européenne a donc opéré un revirement complet.

Réduire le nucléaire en Europe était « une erreur stratégique », a-t-elle affirmée le 10 mars lors du sommet sur le nucléaire civil tenu à Boulogne-Billancourt. Enfin, serait-on tenté de dire. C’est tout à son honneur de reconnaître cette erreur et de revenir en arrière. Mieux vaut se contredire que de s’enferrer dans un chemin qui détruit l’industrie européenne et qui surenchérit le coût de l’énergie. Selon les propos rapportés par l’AFP, Ursula von der Leyen a poursuivi : ce choix a eu pour conséquence de détourner l’Europe « d’une source fiable et abordable d’énergie à faibles émissions ». Ce après quoi elle a annoncé la création d’une garantie de 200 millions d’euros pour soutenir l’investissement dans le nucléaire innovant.

 

La même journée, Emmanuel Macron a lui appelé les secteurs public et privé à investir dans le nucléaire civil : « chaque acteur public et privé (doit) prendre sa part pour continuer de mobiliser les investissements » en faveur du développement du nucléaire civil, « un véritable secteur d’avenir pour nos énergies, nos sociétés, nos pays ». Et il a poursuivi : « J’appelle aussi les banques et les fonds d’investissement qui doivent faire un effort », notamment en « capital-risque pour les projets les plus risqués ».

 

C’est un revirement complet dont on ne peut que se réjouir. Beaucoup de temps ont été perdus. On pense notamment à la fermeture de Super Phénix et de Fessenheim, orchestrée par Lionel Jospin et François Hollande en échange de quelques voix écologistes lors des présidentielles. Saborder le futur pour tenter de gagner une élection est une spécialité politicienne.

 

Industrie nucléaire

 

Que ce soit en Ukraine ou en Iran, on mesure à quel point les conflits ont des conséquences directes sur l’accès à l’énergie et sur le prix d’achat. Or, la souveraineté ne consiste pas à tout produire soi-même, l’autarcie est impossible, mais à diversifier suffisamment ses sources pour ne pas dépendre d’un seul acteur. Que ce soit en matière de gaz, de pétrole, d’uranium.

 

La souveraineté nécessite aussi de disposer d’ingénieurs et d’ouvriers qualifiés. Or, le revirement nucléaire ne passe pas uniquement par des investissements, fussent-ils de 200 millions d’euros. C’est tout le discours des écoles d’ingénieur qu’il faut changer et l’idéologie écologiste qu’il faut déraciner. Une idéologie présente sur le plateau de Saclay, qui a vu TotalEnergies empêché d’un partenariat avec Polytechnique et les industries nucléaires avoir du mal à recruter de bons ingénieurs et techniciens. C’est ici un écosystème industriel et intellectuel qu’il faut renouveler de fond en comble.

Le changement de discours politique l’y aidera. On le voit d’ailleurs dans les élections municipales en cours, où les discours écologistes sont beaucoup moins présents qu’en 2020 et 2014. Le retour à la réalité et à la raison.

 

On peut donc espérer que ce soit toute l’industrie nucléaire qui soit de nouveau tirée vers le haut. Pas seulement les grands groupes, mais aussi toutes les PME et les sous-traitants, dont le réseau en France est dense et de grande qualité. La même semaine, Emmanuel Macron a annoncé, à l’Île-Longue, vouloir étoffer les réserves du nucléaire militaire. Là aussi, ce sont de nouveaux débouchés pour l’industrie française. Plus que jamais, en ce début d’année 2026, le nucléaire est de retour. Un retour à la réalité et à la nécessité.

 

 

 

De la politique

J’écris et je communique autant que je le peux.

Et, dans le monde merveilleux d’aujourd’hui, ceux qui s’intéressent à ce que je pense peuvent me faire connaître leurs avis en retour, ce qui m’intéresse beaucoup.  Je lis en effet tous les commentaires que vous envoyez sur la production intellectuelle de l’IDL ou de l’UDE.

 Jusqu’à tout récemment, la plupart étaient très aimables, un certain nombre de lecteurs semblant cependant me soupçonner d’avoir des objectifs cachés et aucun doute sur qui me paye dans la réalité[1]. J’attends toujours les chèques ou les virements qui me seront envoyés (dans l’ordre historique d’apparition des soupçons) : de la CIA, du MEDEF, de monsieur Poutine, de monsieur XI, des Rothschild, des Rockefeller, de l’Opus Dei …et j’en oublie surement.

Mais enfin, ces lucides étaient peu nombreux et on les retrouvait avec amusement chaque semaine tant leur style était à parité avec leurs idées.

Hélas, les choses changent et nous vivons en ce moment dans une atmosphère politique particulièrement nauséabonde, et donc les commentaires déplaisants sont en forte augmentation, ce qui me contraint à essayer de formuler une espèce de typologie des lubies actuelles.

Les auteurs des remarques sur nos sites se scindent à l’évidence en quatre groupes

  1. Ceux qui n’aiment pas Abdallah.
  2. Ceux qui n’aiment pas Jacob.
  3. Ceux qui n’aiment pas Donald.
  1. Ceux qui n’en ont rien à foutre et qui cherchent à gagner de l’argent sans travailler. Ils étaient la grosse majorité des lecteurs ou des auditeurs jusqu’ à tout récemment.

Il me faut donc revenir sur la façon dont j’intègre la politique dans mes raisonnements.

Commençons par une vieille conviction que j’ai développée grâce à mon fils il y a longtemps.

Dans la vie, il y a des problèmes de capitaine et des problèmes de lieutenant.

Mon cher Louis avait choisi de faire son devoir de citoyen en devenant Officier Français.

Un jour, il alla voir son capitaine pour lui faire part d’un problème qui le tracassait.

Le dit capitaine, ayant bien écouté, lui dit » Lieutenant : dans la vie il y a des problèmes de capitaine et des problèmes de lieutenant. Le problème dont vous me parlez me semble être un problème de lieutenant »

En termes simples, il y a des choses sur lesquelles je peux et je dois agir et d’autres sur lesquelles je ne peux rien faire.

Prenons un exemple : Il se passe des choses abominables au Moyen Orient en ce moment.

  • En tant qu’être humain, j’en suis bouleversé.
  • En tant que citoyen, je ferai ce que je peux pour aider.

Mais hurler dans les dîners en ville que tout cela est la faute exclusive d’Abdallah, de Jacob ou de Donald ne change strictement rien à la marche du monde.

Qu’un homme politique qui cherche à influencer le cours des choses, qu’un journaliste qui veut faire éclater la vérité, qu’un homme d’église qui veut amener la paix sur terre considèrent que parler haut et fort soit de leur devoir, je le comprends.

Moi, je ne suis qu’un vieux monsieur qui cherche à aider les individus qui accepteront mes conseils.

En aucun cas, je ne veux devenir un « chef » disant aux autres ce qu’ils doivent penser.

Bien entendu, j’ai mes propres préférences, et il n’est pas bien difficile de deviner ce qu’elles sont. Mais je n’ai pas l’outrecuidance de penser que mes idées sur ces sujets soient du moindre intérêt pour la majorité de mes lecteurs.

En revanche, je sais que ces évènements vont avoir une influence profonde sur l’épargne et le niveau de vie de Marcel ou de Jeannine qui lisent mes chroniques.

Et comme j’ai la suffisance de croire que j’ai une certaine compétence dans tout ce qui touche à la gestion de l’épargne, je me dis que prendre bruyamment partie pour Donald, Jacob ou Abdallah n’aidera en rien Marcel ou Jeannine, et même risquent de les indisposer aux cas où ils détesteraient celui que je préfère, ou pire encore, ils aimeraient celui que je déteste.

Par exemple, rien ne me paraît plus étrange que d’entendre des actrices ou des acteurs qui ne connaissent rien à rien et qui ne vivent que de subventions huer Brigitte Bardot parce qu’elle était « de droite ».

Ses chats et ses chiens aimaient BB, elle s’occupait bien de ses bêtes, et cela me suffit.

Elle s’est occupée des problèmes de lieutenant autour d’elle, et elle a fort bien fait.

Je ne doute pas qu’elle soit au Paradis, car, à ceux qui ont beaucoup aimé, il sera beaucoup pardonné.

Ce qui se passe au Moyen Orient est horrible, mais, j’ose à peine le dire, pas bien nouveau.

Ce qui s’est passé dans une petite île des Caraïbes est bien pire.

Et puisque je suis dans l’actualité, je voudrais conclure avec cette phrase du Christ :

« C’est pourquoi, quiconque s’abaisse à la place de cet enfant est le plus grand dans le royaume des cieux…

Si quelqu’un fait trébucher un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui attache une meule de moulin autour du cou et qu’on le jette au fond de la mer » 

Notre époque manque de meules et il y a une grande surabondance de cous.

                                                           

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[1] Curieusement, ces esprits éclairés écrivent toujours sous pseudonyme

Iran : la recomposition du Moyen-Orient

L’attaque menée en Iran est un moment de plus dans le conflit ouvert en octobre 2023. Le Moyen-Orient a d’ores et déjà été largement recomposé et le phénomène est loin d’être achevé.

 

En lançant leur attaque au matin du 7 octobre 2023, les soldats du Hamas ne se doutaient pas qu’ils ouvraient un moment de rupture au Moyen-Orient qui allait aboutir à une reconfiguration totale du paysage politique. La guerre actuelle en Iran est un moment de cette guerre. Ce n’est pas un épisode isolé ou un simple affrontement entre Israël, États-Unis et Iran ; c’est une bataille dans une guerre ouverte depuis deux ans et demi, sur une multitude de fronts.

 

L’Iran a voulu créer un « Axe de la résistance » qui s’est révélé un poison de dynamite qui a embrasé le Moyen-Orient. Hamas contre les habitants de Gaza et contre Israël, Hezbollah contre le Liban, houthis contre les bateaux en mer Rouge, milices en Syrie. Avec, en plus, la volonté d’obtenir l’arme nucléaire afin de se protéger, mais aussi de rayer Israël de la carte. Ce faisant, l’Iran a choisi un chemin politique diamétralement opposé aux pays arabes.

 

Les Arabes et les Perses

 

Les pays arabes ont voulu quitter les haillons pour les millions.

Aidés par les hydrocarbures, ils ont cherché à développer leurs pays pour en faire des pôles financiers et industriels. Les Émirats arabes unis, le Qatar, le Bahreïn, l’Arabie saoudite, Oman ont d’abord cherché le développement économique. Conscient que celui-ci passe par la paix, ils ont abandonné les velléités de guerre. Entre eux et envers Israël, qui n’a plus été considéré comme un ennemi. La cause palestinienne n’est pas leur cause, même si quelques drapeaux peuvent flotter ici et là sur les immeubles. Les mythes baasistes et nationalistes de Nasser, des Assad et de Saddam Hussein ne sont pas leurs mythes. Ils n’ont eu aucun scrupule à s’allier avec les États-Unis et à se rapprocher de l’Occident. Chacun de ses pays a des spécificités intérieures : plus ou moins d’alcool, de femmes voilées, de liberté religieuse, mais globalement, ils veulent d’abord la paix, condition première du développement économique.

 

Dubaï a beaucoup été moqué ces jours-ci, présenté comme une ville d’influenceurs fuyant le fisc français. C’est mal comprendre les piliers économiques de cette cité. Les influenceurs sont à Dubaï ce que les danseuses de french cancan sont à Paris : une anecdote amusante pour la scène internationale. Dubaï est d’abord un pôle industriel majeur, une place financière, un lieu carrefour entre Europe et Asie. C’est cela sa spécificité et les raisons de sa puissance.

 

La nécessité de la paix

 

Les pays arabes ont besoin d’usines de dessalement pour boire et pour vivre. Donc, ils ont une absolue nécessité de sécurité pour protéger ces usines. Ils ont besoin de lignes maritimes et de lignes aéroportuaires pour exporter leurs marchandises, pour en faire venir, pour jouer leur rôle de hub internationaux. Toutes choses que les bombes effraient et font fuir. Il n’y a qu’à regarder des sites comme Flight Radar et Marine Traffic pour voir les conséquences de la guerre sur les flux mondiaux.

 

La guerre en Iran les déstabilise profondément. Comme l’Iran déstabilise l’Égypte quand ses houthis tirent sur les bateaux passant en mer Rouge, déstabilisant ainsi le trafic maritime vers le canal de Suez. Comme l’Iran déstabilise le Liban en alimentant le Hezbollah, cancer militarisé du pays.

En choisissant la voie de la guerre, directe ou via ses proxys, l’Iran s’est rendu insupportable aux yeux des pays arabes. Ceux-ci ne veulent pas un changement de régime, dont ils craignent surtout une déstabilisation et un scénario à la syrienne ou à l’irakienne. En janvier, ils sont intervenus auprès des États-Unis pour qu’il n’y ait pas d’intervention militaire. Mais les choses ont changé et l’Iran, en tirant, même modestement, sur les aéroports de Dubaï et d’Abou Dhabi, sur Oman, le Koweït, l’Arabie saoudite, la Turquie, est entré dans une logique de chaos qui déstabilise la région.

 

Cette divergence politique explique que l’Iran n’a ni soutien ni allié dans la région. La haine d’Israël n’a pas suffi à créer une coalition autour de Téhéran.

 

Les ruines et la cendre

 

Dans cette guerre débutée en octobre 2023, et dont nul ne peut savoir aujourd’hui quand elle va se finir ni comment, les ruines et les cendres l’emportent sur les reconstructions.

En dépit de bombardements intenses à Gaza, le Hamas vit encore, même très affaibli. En dépit de la décapitation du gouvernement et des autorités, le régime iranien est toujours présent. On ne change pas un régime par les bombes, seule une intervention au sol, très risquée et non envisagée pour l’instant, permettrait un changement de régime. Le Hezbollah est toujours présent au Liban et les houthis au Yémen.

 

C’est l’aspect dramatique de cette guerre. Le Moyen-Orient est recomposé, Assad est tombé, les mollahs sont ébranlés, les proxys iraniens sont affaiblis, mais aucune solution n’apparaît ni aucun espoir, sinon une guerre continue et des bombardements qui ne servent à rien qu’à créer des ruines et de la cendre.

Israël et États-Unis ont choisi la manière forte pour bâtir un nouveau Moyen-Orient sans faire de regime change ni mener de guerre longue. Mais pour l’instant, quelques jours après le déclenchement de l’opération, on voit mal quel pourrait être l’issue, sinon un arrêt des bombardements et un régime iranien qui se reconstruit. Au risque de rentrer, dans quelques mois, dans un nouveau cycle de combats et ainsi de ne jamais achever la guerre débutée en octobre 2023.

 

 

 

Iran : Conséquences financières.

A court term (Risk on)

  • Pétrole en hausse
  • Or en hausse
  • Taux longs en hausse
  • Dollar en hausse contre euro et yen, stable contre le renminbi
  • Valeurs pétrolières en hausse
  • Actions des sociétés consommatrices d’énergie : en baisse
  • Inflation : en hausse
  • Activité : en baisse

A moyen long terme si un changement de régime « satisfaisant » a lieu en Iran (Risk off)

L’Iran a les deuxièmes réserves de gaz au monde et les troisièmes réserves de pétrole.

Si tout se passe « bien », on peut penser que des investissements massifs vont y avoir lieu et donc nous devrions avoir:

  • Pétrole en baisse
  • Or stable ou en baisse
  • Taux réels en hausse
  • Dollar en baisse contre euro et yen. Zone monétaire asiatique «  protégée » par la Chine en hausse.
  • Valeurs pétrolières en légère baisse, protégées par leurs dividendes.
  • Actions des sociétés consommatrices d’énergie en hausse.
  • Inflation : en baisse
  • Activité : en hausse

A moyen long terme, si tout le Moyen-Orient s’embrase, (Risk on)

nous rentrons sans doute dans une « dépression inflationniste », le pire scénario dans les quatre quadrants, et c’est ce qui nous est arrivé de 1970 à 1980.

  • pétrole en hausse structurelle
  • Or en forte hausse.
  • Taux nominaux et réels en hausse = Faillite de certaines sociales démocraties
  • Euro en forte baisse, yen et dollar en baisse, zone asiatique en hausse autour du renminbi.
  • Valeurs pétrolières et énergétiques en forte hausse.
  • Actions des sociétés consommatrices d’énergie en forte baisse
  • Inflation en forte hausse
  • Récessions, dépressions un peu partout.

Quelles conclusions tirer de ces différentes possibilités ?

  • Les obligations dans la zone de l’OCDE perdent dans tous les cas de figure.

Le portefeuille 60 % en actions et 40 % en obligations continue d’être désastreux.

Il ne faut avoir des obligations qu’en Amérique Latine e/out en Asie.

  • L’or est perdant dans un cas sur trois et pour l’instant n’est pas en danger.
  • Les valeurs pétrolières sont gagnantes dans deux cas sur trois et peu perdantes dans le troisième.
  • Les valeurs consommatrices d’énergie sont perdantes dans deux cas sur trois et
  • En ce qui concerne les monnaies, le dollar monte dans deux cas sur trois puisque les USA sont autosuffisants énergétiquement mais baisse contre le yen et l’euro dans le cas le plus favorable.

Les monnaies asiatiques, ancrées au renminbi devraient rester stables dans le cas défavorable et monter dans les autres .

Conséquences sur les portefeuilles actuels.

Or et valeurs pétrolières, rien à changer

Valeurs Chinoises ou Asie Ex-Japon, Obligations Japonaises : une période de volatilité à la baisse est à craindre.

Ces positions sont partiellement au moins protégées par les positions en or et en valeurs pétrolières.

Mais…

Le pire n’est jamais sûr.

Une sortie par le haut n’est pas impossible.

Il ne peut être exclu qu’une solution soit trouvée ou l’armée prendrait le pouvoir en Iran, ce qui suppose de se débarrasser des gardiens de la révolution, qui sont eux-mêmes fortement armés …

De façon générale, à mon avis, il est urgent de ne rien faire puisque les portefeuilles actuels prennent en compte la possibilité d’une hausse des prix du pétrole.

C’est seulement si une sortie par le bas devient probable, voire certaine, qu’il nous faudra agir.

Charles Gave