Cessez-le-feu au Liban, mais pas de paix en vue.

Un cessez-le-feu a été conclu entre Israël et le Hezbollah, permettant un relatif retour au calme après deux mois de bombardements intenses et un an de conflit. Le bilan humain s’élève à près de 4 000 morts, des milliers de blessés, des quartiers entiers détruits. Le Liban, un État qui n’existe plus depuis plusieurs années, complètement vassalisé par le Hezbollah, n’est pas tiré d’affaire pour autant. Les déplacés pourront peut-être revenir chez eux, à condition que leur maison soit encore debout, mais encore faut-il restaurer le système électrique, l’adduction d’eau, l’organisation monétaire et financière d’un pays failli, vidé de ses élites, déchirées par ses communautés. Si le cessez-le-feu est une bonne nouvelle pour les populations civiles, il ne règle en rien les problèmes libanais.

 

Un autre cessez-le-feu pourrait intervenir dans la bande de Gaza, cette fois entre Israël et le Hamas. Là aussi, tout est à refaire. Près de 40 000 morts depuis une année de bombardement, des villes rasées, des rancœurs et des haines plus fortes que jamais. Cet arrêt des armes ne signe nullement l’arrêt de la guerre. La seule incertitude consiste à savoir quand la guerre reprendra : dans quelques semaines, quelques mois, quelques années et avec quelle intensité ? Les adolescents bombardés de 2023 sont les soldats prêts à mourir de demain. Hamas et Hezbollah ont certes été décapités, leurs autorités sont mortes et Israël a porté des coups fatals. Mais depuis l’attaque du 7 octobre 2023, un mur anthropologique s’est abattu au Levant, qui sera beaucoup plus difficile à abattre que le mur de Berlin. Aucune paix n’est possible, seul le silence des armes peut être un horizon, pour l’instant.

 

Une région de murs

 

En plus du mur anthropologique qui sépare désormais Israéliens et Arabes, d’autres murs sont plus solides que jamais dans la région.

 

Le premier est un mur fluvial, celui du fleuve Litani, ligne d’horizon de protection pour Israël.

Le Hezbollah continue d’occuper la partie sud du Liban, alors qu’Israël veut sécuriser la zone qui s’étend jusqu’au fleuve Litani. Ce sera là l’un des enjeux des mois à venir et des négociations possibles. Pour Israël, il est indispensable de sécuriser cette zone afin que le nord du pays ne puisse plus être à portée de missiles du Hezbollah et donc permettre le retour des populations qui ont fui leur habitation. Cette sécurisation de la zone est indispensable au gouvernement israélien pour pouvoir revendiquer une victoire militaire et politique.

 

Le second mur est celui qui sépare l’Égypte de la bande de Gaza. Toujours en construction et en perfectionnement, il démontre que les populations arabes ne sont guère intéressées par le sort des « Palestiniens ». L’Égypte ne veut pas de l’arrivée de réfugiés en provenance de Gaza et pour éviter cela elle bâtit un mur le long de la frontière afin de sécuriser son territoire. Pour Le Caire, Gaza est une zone à circonscrire et à maintenir le plus éloigné possible. Nombreux sont ceux qui ne verraient pas d’un mauvais œil le transfert des populations de la bande de Gaza vers le Liban, moyen de concentrer les problèmes dans un territoire vide d’État et de souveraineté et de pouvoir ensuite partager la bande de Gaza entre Israël et l’Égypte, ainsi que les gisements de gaz fort abondants situés au large des côtes.

 

Le troisième mur, la « Blue line ». Marquée par des barils bleus, la Blue line sépare le Liban et Israël depuis juin 2000. Elle se fonde sur la frontière définie en 1923 par un accord franco-britannique. En 2021, les forces israéliennes ont débuté un projet de sécurisation de la ligne en bâtissant des murs en T « T-wall » qui s’étendent aujourd’hui sur plus de 50 km. Les travaux se sont arrêtés en octobre 2023. Peut-être reprendront-ils après l’annonce du cessez-le-feu. Cette Blue line est aussi un mur de représentations et d’imaginaires. Pour la Finul, c’est le cœur de sa mission puisqu’elle doit en assurer la sécurité. Pour le Hezbollah, elle représente l’agression israélienne. Et pour le Liban, elle est le symbole des guerres du passé et de l’histoire d’un siècle qui a vu se dissiper les espoirs et se développer les conflits sans fin.

 

Le quatrième mur : les murs mentaux. Les murs les plus profonds et les plus enracinés sont les murs mentaux. L’étude des symboles et des représentations est fondamentale en géopolitique : ils disent beaucoup de l’état du monde et de son fonctionnement. Si la guerre déchire le Levant depuis le début du XXe siècle c’est que cette terre est parcourue de symboles et de mythes, qu’ils soient religieux, politiques, littéraires, eschatologiques.

Ces murs mentaux se rapportent aux conditions existentielles des personnes qui vivent sur ce territoire, raisons pour lesquelles il ne peut pas y avoir de paix possible car, pour la plupart des protagonistes, renoncer à se battre c’est renoncer à être. Il n’est pas possible de faire des concessions quand c’est notre être qui est en jeu, car il en va de la survie de ce que l’on estime être. La guerre ne fait que renforcer les murs mentaux, qui ensuite prennent appui sur les murs physiques pour poursuivre leur œuvre de guerre. C’est pourquoi le cessez-le-feu n’est malheureusement que temporaire et qu’il ne pourra pas déboucher sur la paix.

 

 

 

 

La Cause première de l’endettement de la France.

La Cause première de l’endettement de la France.

Les intellectuels en France n’aiment pas le Libéralisme parce que, dans un régime libéral, ils seraient payés à leur vraie valeur.

Raymond Boudon

J’ai été interviewé récemment par une chaine financière et celui qui me posait les questions m’a demandé quelle était la cause de la situation financière désespérée de notre Etat, ce qui était une très bonne question.

Je dois avouer que j’ai été surpris et que j’ai botté en touche, fournissant une explication technique et ne répondant donc pas à la question.

Réflexion faite, je me suis dit que je devais y répondre et voici ce que j’ai à dire.

Les « intellectuels » français pensent dans leur majorité que le profit est le résultat de l’exploitation du travailleur par le capitaliste et je peux ici citer deux phrases, au hasard, pour justifier cette remarque. L’une, d’Honoré de Balzac : à l’origine de toute grande fortune, il y a un grand crime et l’autre de Proudhon : la propriété c’est le vol.  On ne peut pas imaginer deux phrases plus stupides.

Et donc, dès qu’une crise économique se produit (et il y en a toujours), le réflexe Pavlovien de ceux qui nous gouvernent est de faire baisser les profits des sociétés (voir par exemple les 35 heures) puisque leurs théories (marxistes) expliquent que la crise est créée par la surexploitation des travailleurs par les capitalistes.  Et donc chaque nouvelle crise est l’occasion de faire baisser la rentabilité, toujours excessive des entreprises (voir par exemple le débat surréaliste en ce moment sur les superprofits), pour offrir plus de justice.

 

 

La marge brute d’autofinancement (MBA) est ce qui reste aux entreprises une fois qu’elles ont tout payé, et je présente cette marge en pourcentage du PIB.

Et l’on voit que la MBA française ne cesse de baisser depuis 1972, alors que la MBA suédoise ne cesse de monter. Ce qui revient à dire que la part des profits dans le PIB n’a cessé de monter en Suède alors qu’elle a baissé continuellement en France.

Et la Suède va bien et la France va très mal (voir mes papiers sur le sujet)

La thèse que je vais développer et donc la suivante : les politiques économiques suivies en France depuis 1972 ont un but, caché, et un seul : faire baisser la part des profits dans l’économie française.

Prenons l’évolution historique de la MBA française depuis 1972 et superposons-y les « crises ».

 

Chaque crise se traduit par une baisse de la MBA qui du coup passe de 28 % du PIB en 1972 à  20. 4 % aujourd’hui. Rien de semblable ne se produit en Suède.

A chaque crise (créée par des profits trop élevés d’après la mythologie dominante) le reflexe est le même : Taxer les profits, ce qui fait qu’aujourd’hui les profits sont à un plus bas historique, inférieur à 21 % du PIB …

Et je fais remarquer en passant, qu’en dessous de 21%, nous avons toujours eu des crises financières majeures (1983, 2008-2009,2020) et que, comme nous sommes en train de rentrer en récession, la MBA va s’écrouler dans les mois qui viennent et certainement passer en dessous de 20 %.  Et quand les profits passent en dessous de 21 %, il semble bien que l’économie s’arrête faute de combattants. La zone critique va donc être enfoncée et une crise majeure se produire dans les 12 mois qui viennent, c’est quasiment certain.

Qu’est que cela veut dire en pratique ? Tout simplement que l’Etat français, à chaque crise, crée des programmes étatiques financés en taxant les profits, toujours excessifs, et ainsi pouvoir redistribuer l’argent indument gagné par les entreprises aux travailleurs nécessiteux. Mais d’abord, l faut que l’Etat ait plus d’argent a redistribuer. Et du coup, le poids de l’Etat ne cesse de monter dans le PIB.

C’est ce que montre mon troisième graphique.

 

Plus le poids de l’Etat monte (ligne rouge qui baisse), plus la MBA baisse, (ligne bleue qui baisse).

Il y a un léger ennui cependant : tous ces programmes de redistribution ne sont pas financés que par l’impôt, qui grimpe prodigieusement, mais aussi par des emprunts.

Si une société est en cash-flow négatif, elle disparait et du coup ne paye plus d’impôts et le déficit budgétaire du coup s’accroit. Il faut donc emprunter pour relancer la consommation populaire, comme le réclamait ce bon Georges Marchais, qui aimait tellement travailler qu’il était parti en Allemagne en 1942 volontairement pour s’adonner à sa passion.

Si l’Etat est en cash-flow négatif, il emprunte. Voila une observation que personne ne contestera, surtout pas Milton Friedman qui disait : « Rien n’est plus durable qu’un programme étatique temporaire. »

Et donc la dette explose et c’est ce que montre mon dernier graphique.

Et l’on voit donc que depuis 1972 au moins toute la politique économique française avait deux objectifs qui n’ont jamais varié, quel que soit le gouvernement :

  1. Faire baisser la rentabilité des entreprises françaises puisque tout profit est immoral et le résultat d’une exploitation injuste.
  2. Faire monter le poids de l’Etat dans l’économie, toute augmentation de ce poids étant la preuve que la justice sociale avançait.

Et cette politique n’a jamais changé, sauf durant 24 mois, pendant l’épisode libéral qui dura de 1985 à 1987.

Hélas, nous arrivons à la fin de nos capacités d’endettement…

 

 

Conclusion

La cause première de notre effondrement est que ceux qui nous gouvernent ont un schéma mental de la façon dont l’économie fonctionne qui est tout simplement faux et qui était celui de la défunte Union Soviétique. 

L’effondrement de l’EU (RSS) et de la sociale- démocratie sont donc tout aussi certains que celui du communisme en 1989.

La France n’a pas besoin de réformes, elle a besoin de changer d’élites, comme la Grande- Bretagne le fit avec madame Thatcher.

Nous avons besoin d’une révolution culturelle.

Et comme la Liberté l’emporte toujours sur la contrainte, en attendant cet heureux jour, vendez dans vos portefeuilles tout ce qui dépend du capitalisme de connivence et achetez tout ce qui a prospéré en restant libre. Certes, beaucoup de ces opportunités ne se trouvent pas en France. Mais il en reste  quelques-unes.

 

 

 

 

 

La tyrannie du statu quo.

Dans ce livre, paru il y a quarante ans, Milton Friedman mettait le doigt sur un phénomène curieux : l’incapacité à agir et à appliquer leurs programmes qui s’emparent des hommes politiques dès qu’ils arrivent au pouvoir.

  • Avant d’arriver au pouvoir, ils vous expliquent ce qu’ils vont faire.
  • Dès qu’ils l’ont perdu, ils expliquent à qui veut bien encore les écouter ce que leurs successeurs devraient faire.
  • Et quand ils sont au pouvoir, en général, il ne se passe rien, sinon des reconductions de politiques qui échouent depuis des lustres.

 Et cette absence de changement serait le résultat de ce que Milton Friedman, avec son sens inégalable de la formule, appela la tyrannie du statu quo.

D’après lui, les systèmes politiques sont de facto sous le contrôle de trois groupes sociologiques qui ont un intérêt commun à ce que rien ne change et ces trois groupes  sont :

  1. Ceux qui bénéficient de privilèges injustifiés.
  1. La partie non élue de la classe politique à qui ont été déléguées des fonctions régaliennes sans encourir la moindre sanction en cas d’échec.
  2. La classe administrative, dont le but est que tout change (en apparence) pour que rien ne change (en réalité), de façon à ce qu’elle garde son pouvoir.

Et je crois me souvenir que Milton Friedman appelait ces trois groupes le trio d’airain.

Et pour lui, si un parti arrivait au pouvoir il fallait donc que ses chefs se rendent bien compte qu’ils avaient cent jours pour agir.

En effet, au bout de cent jours le trio d’airain aura digéré sa défaite, ce sera réorganisé et pourra recommencer  à tout bloquer.

Dans ce papier de cette semaine, je vais commencer par analyser l’expérience Trump de 2016 à 2020 a la lumière de l’analyse de Milton Friedman, ce qui me permettra de montrer qu’il s’est fait rouler dans la farine par les professionnels de la politique lors de sa première expérience.

Bien entendu, je n’ai pas la moindre idée de ce que son second mandat reserve au Donald, mais je sais que cette fois ci, il a l’intention de détruire le trio d’airain pendant ses cent premiers jours et qu’il est en train de mettre en place les équipes qui vont lui permettre d’espérer arriver au résultat qu’il cherche, détruire l’Etat profond, autre nom donné au trio d’airain.

Revenons en 2016 et commençons par définir qui sont les ennemis de Donald Trump dès qu’il est élu.

Dans le trio d’airain nous trouvons

  • Dans la série les bénéficiaires commanditaires, les sociétés d’armement, les sociétés pharmaceutiques, les GAFA, les grands réseaux de médias, les sociétés alimentaires et tous les cabinets d’avocats et autres banques d’affaires à Wall-Street.
  • Dans la série de ceux qui contrôlent le monopole de la violence légitime, officiellement pour le compte de l’Etat, mais en fait pour le compte des bénéficiaires, le FBI, la CIA, les services secrets de l’armée, les généraux en retraite et tous les politiciens qui ont pris leurs retraites dans les lobbies de Washington.
  • Et enfin, dans la troisième catégorie, nous retrouvons tous les petits hommes gris qui sévissent dans les agences de contrôle du style FDA, SEC et dont l’archétype est l’inénarrable docteur Fauci.

Et le moins que l’on puisse dire est que Trump Numéro 1 tombe dans tous leurs pièges : Il nomme comme proches collaborateurs des membres éminents de la CIA , ne change pas le patron du FBI qui avait reçu d’Obama l’ordre de faire espionner le candidat Républicain avant même qu’il ne soit élu, son ministre de la Justice le laisse s’embourber dans une légende Russe montée de toutes pièces par madame Clinton, bref, il n’ y a pas une seule trappe à éléphants préparée par ses ennemis dans laquelle il ne tombe pas.

Et enfin, il réussit l’exploit d’être « impeached « non pas une mais deux fois à la suite de procès qui n’avaient rien à envier à ceux de Moscou circa 1934

Cerise sur le gâteau, il est battu en 2020 grâce aux votes miraculeux de 7 millions d’américains qui n’avaient jamais voté jusque-là, et qui n’ont plus voté depuis d’ailleurs.

En février 2021, plus une personne raisonnable ne pariait un kopeck sur les chances de Donald Trump…

Et pourtant, il vient d’être réélu et de nombreux livres vont être consacrés dans le futur a cet incroyable retour du Donald.

Et je peux assurer le lecteur que cette fois ci il a su s’entourer et que les membres inscrits au trio d’airain américain doivent se faire du souci.

D’abord, le parti Républicain (et donc Donald Trump) contrôle

  1. La Cour Suprême
  2. Le Sénat
  3. La Chambre des Représentants
  4. La Présidence

Ensuite, comme il va y avoir des élections au Sénat et à la Chambre des représentants dans deux ans, le Président sait qu’il a deux ans au maximum pour drainer le marigot Washingtonien et pas un jour de plus.

A mon avis, s’il n’y est pas arrivé dans un an, il aura échoué …

Et pour se faire, il a déjà nommé tous ses principaux collaborateurs et les plus ardents sont tous d’anciens démocrates : Robert Kennedy, Tulsi Gabbard, Elon Musk …

Son vice-président est une légende vivante passant de l’extrême misère dans son enfance à l’armée, à la prestigieuse université de Yale pour devenir Sénateur, puis vice-président.

Mais le vrai combat se passera pour le contrôle du ministère de la Justice, complètement noyauté par Obama pendant qu’il était au pouvoir.

C’est ce ministère qui doit être passé au Karcher et Trump y a nommé comme ministre l’un des membres de la Chambre des Représentants parmi les plus controversés : Matt Gaetz, élu de Floride.

Le ministère de la Justice depuis la nuit des temps est le refuge de tous les Démocrates. qui, ne pouvant faire évoluer la Loi par des élections qu’ils auraient gagnées la faisait évoluer par des jurisprudences obtenues grâce à des Juges nommés par eux.

Avec Matt Gaetz, ce subterfuge va s’arrêter.

Mais à dire vrai, je suis tellement estomaqué par cette nomination que je me dis que toutes les forces de l’Etat profond vont s’unir pour essayer d’entraver sa titularisation par le Sénat.

Nous allons donc avoir très vite la première grande bataille entre l’Etat profond et Trump

Et  ceux qui sont tenus par l’Etat profond à l’intérieur du parti républicain vont devoir se découvrir :

  • S’ils ne votent pas pour Gaetz, ils auront un candidat Trumpiste contre eux aux prochaines élections et seront battus, pour avoir trahis.
  • S’ils votent pour Gaetz, les dossiers vont être ouverts et ils risquent de se retrouver en tôle avec leurs commanditaires.

Mais une chose est certaine et la nomination de Gaetz le prouve : Trump ne fera pas deux fois la même erreur.

En 2020, il avait été bien élevé et n’avait poursuivi personne.

En 2024, il a pris la décision de nettoyer les écuries d’Augias, la nomination de Gaetz le prouve, les dossiers sur la fondation Clinton ou la jeunesse d’Obama vont donc ressortir…

et cela explique peut-être l’explosion à la hausse du Bitcoin

Beaucoup de gens vont sans doute devoir quitter très vite les USA et ils auront besoin d’argent pour vivre là où ils atterriront.

[1] De Milton Fredman

Chez Jean – Claude Lattes, 1984

Mercosur : peurs agricoles face au Brésil

L’accord commercial entre l’Union européenne et plusieurs pays d’Amérique latine est sur le point d’être ratifié. Il suscite de nombreuses incompréhensions en France et une opposition des secteurs les plus protégés du monde agricole.

Après une vingtaine d’années de négociation, l’Union européenne est sur le point de finaliser l’accord commercial entre les pays membres et plusieurs pays d’Amérique latine, dont le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay. Comme tout ce qui a trait au commerce et aux échanges, cet accord suscite une grande opposition des secteurs protégés et une incompréhension des acteurs français.

Un accord pour toute l’industrie

L’accord ne concerne pas que le secteur agricole, mais aussi l’automobile, la pharmacie, le textile, la chimie. Il prévoit la disparition des droits de douane sur près de 90% des exportations de l’UE, ouvrant aux industriels un marché de 700 millions d’habitants et des pays en plein essor économique. Pour une très grande partie du secteur industriel, cet accord est une chance, surtout au moment où Donald Trump annonce la hausse des tarifs douaniers.

En retour, et c’est évidemment la clef de la réciprocité, les tarifs douaniers européens seront abaissés afin de faciliter les importations vers l’Europe. D’où l’inquiétude d’une partie de l’agriculture française, notamment la viande, les céréales (maïs, riz, soja), le poulet puisque le Brésil, « ferme du monde » est un des leaders dans ce secteur. Ces secteurs craignent d’être balayés et de ne pas pouvoir supporter la compétition des entreprises latino-américaines. S’active alors l’habituel lobbying auprès des politiques, qui jouant sur les ressorts anti-libéraux de la population française ont tôt fait de dénoncer « l’ultralibéralisme » et les « menaces » que ferait peser cet accord. Rien n’est moins sûr pourtant.

Pour une grande partie du secteur industriel français, cet accord est une chance. Il permettra aux entreprises chimiques, pharmaceutiques, textiles, de trouver de nouveaux débouchés et de nouveaux clients. Au moment où le secteur français est atone et où le gouvernement a décidé d’accroître la fiscalité tous azimuts, c’est une bouée de sauvetage. Ces secteurs-là soutiennent la signature de l’accord. Une grande partie du monde agricole français est également un grand défenseur de l’accord du Mercosur, car cela lui permettra de trouver de nouveaux clients. C’est notamment le cas de la viticulture, des produits fromagers, des viandes et des légumes de qualité.

Le monde agricole français est divisé en deux catégories. Il y a d’un côté un secteur mondialisé, très ouvert sur les marchés mondiaux, dont une partie des ventes et donc du développement dépend des échanges mondiaux. Une autre partie du monde agricole est un monde protégé, vivant de rentes, de subventions de l’Union européenne et de la France, qui s’est enfermé dans un capitalisme de connivence pour lesquels les échanges mondiaux représentent une mise en danger de leurs rentes. D’où leur opposition au Mercosur. Rarement les syndicats agricoles remettent en cause la bolchévisation du monde agricole ni les normes délirantes de l’UE et de la France. Il y a un malaise, réel et justifié, d’une partie du monde agricole, pour un métier pénible, essentiel et souvent mal rémunéré. Les nombreux suicides paysans en témoignent. Mais les Français portent généralement sur la paysannerie un regard de compassion, comme on en porte sur les miséreux, en pensant que l’État doit intervenir pour les aider, alors que c’est lui qui est responsable de leurs problèmes. Témoin le rapport entre le nombre d’agriculteurs et le nombre de fonctionnaires :

Nombre d’agriculteurs en France

En 1980 : 1.2 million

En 2024 : 400 000

– 66%

Nombre de fonctionnaires du ministère de l’Agriculture

En 1980 : 18 000

En 2024 : 36 000

+ 100%

1980 : 1 fonctionnaire pour 66 agriculteurs

2024 : 1 fonctionnaire pour 11 agriculteurs

À ces fonctionnaires du ministère de l’Agriculture s’ajoutent ceux du ministère de l’Environnement, qui agissent aussi sur l’agriculture. À quoi il faut ajouter également les para fonctionnaires de toutes les structures contrôlantes, dépendantes des régions et des organismes para étatiques.

Une partie de l’agriculture française a été transformée en kolkhoze, avec le concours et le soutien des apparatchiks des syndicats agricoles qui, comme tous les syndicalistes, ont trahi l’esprit initial des syndicats pour les transformer en fromages et en rentes. Rappelons que les libéraux ne sont pas opposés aux syndicats puisque ce sont eux qui les ont pensés et créés. Le syndicalisme repose sur une notion fondamentale de la philosophie libérale qui est le droit d’association. Ce qui a donné notamment les mutuelles. Mais les syndicats d’aujourd’hui ont été dévoyés et sont devenus l’inverse de ce qu’ils auraient dû être. Comme la vertu de solidarité est-elle aussi dévoyée dans un système d’État providence.

Au lieu de combattre cette structure administrative qui étouffe le secteur agricole, les syndicats attaqueront donc l’accord du Mercosur qui menace leurs rentes.

Concurrence déloyale ?

L’accord du Mercosur est souvent accusé de concurrence déloyale. Il est vrai que les pays d’Amérique latine font usage du génie génétique et ont largement automatisé leur production agricole. Il n’y a là rien de déloyal. Si la paysannerie française refuse les avancées scientifiques en conservant une vision paranoïaque du génie génétique, qui permet notamment de faire usage de moins de pesticides et d’eau, ou bien en refusant une nécessaire mécanisation, les agriculteurs brésiliens ne vont pas les attendre. Pour des raisons culturelles, il y a toujours eu une méfiance d’une partie de la paysannerie française à l’égard de la technique. Dans les années 1950, les exploitations agricoles font encore largement usage du cheval alors que le moteur et les tracteurs existent depuis plusieurs décennies. La productivité et les rendements français ont toujours été inférieurs aux Allemands et aux Anglais. La faute à une vision romantique et réactionnaire de la terre et de la paysannerie, qui dessert les agriculteurs eux-mêmes. La technique permet l’accroissement de la productivité, qui réduit la pénibilité et le temps de travail. La paysannerie française n’a pas à être le conservatoire des fantasmes passéistes des urbains.

Les Brésiliens produisent abondement du poulet aux hormones, vendus dans le golfe persique, et du porc, qui inonde les marchés chinois. L’essentiel est d’assurer la traçabilité afin que le consommateur français puisse aisément distinguer un poulet de Bresse d’un poulet du Mato Grosso. À lui ensuite de faire ses choix, en fonction de ses goûts culinaires et de son intérêt pour la gastronomie. Les produits d’excellence française ont d’immenses débouchés qui s’ouvrent à eux en Amérique latine. Débarrasser l’agriculture française du bolchévisme administratif sera beaucoup plus bénéfique aux paysans que de les maintenir à l’écart des échanges mondiaux.

Pourquoi le gouvernement chinois ne devrait rien faire.

Tout le monde semble croire que le gouvernement chinois devrait faire « quelque chose » pour que l’économie « se redresse ».

Ce n’est pas le cas et je voudrais expliquer pourquoi.

Pour ce faire, je citerai à nouveau une rencontre entre la reine Victoria et son premier ministre à l’époque, Lord Salisbury.

La reine s’est alarmée d’une situation particulière et a plaidé pour que le Premier ministre commence à « réformer ». À cette demande, le vieux Seigneur répondit :

– « Réformer, Votre Majesté, réformer… ne pensez-vous pas que les choses vont assez mal » ?

Et je suppose qu’il ne plaisantait pas mais qu’il était très sérieux.

Par exemple, depuis 1981, les gouvernements français ont fait « quelque chose » pour améliorer la situation à chaque fois que nous connaissions un ralentissement et le résultat final de toutes ces réformes est que la France est en faillite.

Alors, la première question que je voudrais poser à tous les réformateurs est la suivante : que souhaiteriez-vous que le gouvernement chinois fasse pour « stimuler » la croissance ?

Je pose la question, mais je connais la réponse :

renflouer les gens qui ont pris de mauvaises décisions en réduisant le coût de l’argent, enlevant ainsi un peu de pouvoir d’achat aux gens prudents qui attendent d’acheter des actifs à prix réduit pour le transférer à ceux qui ont pris les mauvaises décisions, avec les résultats splendides que nous observons en Argentine depuis près d’un siècle. Autrement dit, créer un faux prix pour l’argent (le système de fonctionnement du système capitaliste) ce qui signifie que le système de production ne pourra pas créer de valeurs puisque tous les prix sont faux.

Allons en Chine.

Depuis une dizaine d’années, nous n’avons pas connu d’inflation en Chine et les obligations ont largement surperformé les actions. Ergo, nous avons été dans le quadrant de la crise déflationniste, celui en bas à gauche. (Voir vidéo et papiers sur les quatre quadrants)

Dans ce quadrant, les actions des banques s’effondrent généralement, comme ce fut le cas aux États-Unis dans les années 30 ou au Japon dans les années 90.

 En Chine, ILS NE L’ONT PAS FAIT.

Je ne sais pas si c’est de la chance ou une intention, mais la création de crédit a toujours lieu là-bas, comme le prouvent les prêts aux entreprises industrielles chinoises.

 Si nous sommes dans le quadrant de la crise déflationniste depuis 10 ans, il ne nous reste que deux possibilités : soit nous y restons, soit nous passons au quadrant inférieur droit, celui dans lequel se sont déroulés tous les grands marchés haussiers de l’histoire.

Donc, en tant qu’investisseur, si le gouvernement chinois ne fait rien, soit j’encaisserai mes dividendes qui auront un pouvoir d’achat de plus en plus élevé, c’est à dire que je maintiendrai mon niveau de vie, soit je ferai fortune.

Tête je gagne beaucoup, pile je gagne un peu. Mon genre d’investissement.

Imaginez maintenant que les autorités chinoises décident de faire « quelque chose ».

Et c’est ce qu’a fait FDR en 1934 lorsqu’il a dévalué le dollar alors que les États-Unis avaient un excédent courant massif.

Ce faisant, le président américain a transformé une vilaine récession en une dépression mondiale, et cette erreur est l’une des principales causes de la guerre mondiale qui a suivi. Brillante réussite.

Ou lorsque nous entrions dans un boom inflationniste en 1973 partout dans le monde, le prix du pétrole a commencé à monter en flèche et M. Burns a décidé de faire « quelque chose » et de monétiser les augmentations du prix du pétrole… et le prix du pétrole qui était au plus bas. 10 $/bb est passé à 30 $ en un rien de temps, nous sommes entrés dans le quadrant supérieur gauche, la crise inflationniste, et les marchés boursiers du monde se sont rapidement effondrés de 70 % en termes réels tandis que les mollahs iraniens ont pris le pouvoir en Iran et y sont toujours.

Brillante décision encore.

D’un autre côté, si nous ne faisons rien, un de ces jours, naturellement, les taux d’intérêt en Chine passeront en dessous du ROIC (Return on invested capital) pour la plupart des entreprises et nous entrerons dans le quadrant du boom déflationniste dans lequel je ferai la fortune que je mérite.

Je suis investi dans des actions chinoises.

Et pour être franc, je crois que le boom déflationniste a déjà commencé, et la preuve en est que les actions bancaires ont commencé à surperformer les obligations, ce qui est LE signe que le coût de l’argent est passé naturellement en dessous du ROIC MOYEN.

Et ce message est confirmé par les indicateurs avancés de l’OCDE pour les cinq grands pays asiatiques. Il est donc probable que ce qui a commencé au Japon il y a quelque temps s’étendra désormais au reste de l’Asie.

Lorsque les indicateurs avancés passent du négatif au positif (ombré en vert), c’est le signe que nous entrons dans un boom déflationniste et qu’il faut vendre des obligations et emprunter pour acheter des actions. UN

Et les banques viennent de confirmer cette analyse.

S’il vous plaît, s’il vous plaît, votre majesté, ne faites rien.

La marée rouge

Donald Trump a brillamment remporté les élections américaines lors d’un raz-de-marée républicain qui signe une victoire totale sur les États-Unis.

Beaucoup annonçaient un score serré, une élection sur le fil du rasoir voire une défaite de Donald Trump. C’est tout l’inverse qui s’est produit : une victoire éclatante et totale. Non seulement il remporte les grands électeurs, mais aussi le vote populaire, ce qui ne fut pas le cas en 2016. Sa victoire est encore plus large que contre Hillary Clinton. Non seulement les républicains gagnent la Maison-Blanche, mais ils ont pris aussi le contrôle du Sénat et sont en bonne voie à la Chambre des représentants, en gagnant des sièges aux démocrates. À quoi s’ajoute la majorité à la Cour suprême. Encore une fois, cette élection démontre le décalage complet entre les commentateurs et les électeurs. Comme me le disait un démocrate croisé sur un plateau télé, très fier de voter pour Harris : « Je ne comprends pas pourquoi les ouvriers votent pour Trump. » C’et là la raison principale pour laquelle les démocrates ont perdu : ils ne comprennent pas le peuple américain, et au lieu de faire l’effort d’essayer de le comprendre ils l’invectivent et lui collent l’étiquette de « fasciste » et de « nazi ».

La plus large victoire

 

La victoire de Trump est la plus large victoire depuis l’époque de Reagan / Bush (1980-1992) et Nixon ; Reagan et Nixon ayant remporté les élections de 1984 et 1972 avec presque la totalité des États. Les victoires de Bush fils, en 2004 et surtout en 2000, avaient été étriquées. Les républicains s’étaient perdus dans un néo-conservatisme finalement assez proche des démocrates. Trump, quant à lui, a renoué avec les années Reagan, son slogan Make America great again étant repris de celui de 1980. Il a réussi à créer une doctrine populaire pour les républicains, s’attachant les voix rurales, celles des villes et des classes supérieures.

En 2008, lorsque Barack Obama a gagné la présidentielle, beaucoup de commentateurs expliquaient que les républicains ne pourraient plus jamais gagner la Maison-Blanche. Ils n’avaient plus de doctrine propre, leur base électorale était étriquée, leur défaite en 2008 et 2012 avait été très large. Avec un électorat composé essentiellement d’hommes blancs, personne ne voyait comment ils pourraient subsister face aux changements démographiques des États-Unis. Ces commentateurs eurent presque raison en 2016 puisque Trump ne gagna pas le vote populaire. Mais c’était ne pas voir que la doctrine des républicains avait changé et que la pensée politique des démocrates n’était plus acceptée. Pour le parti bleu, c’est un cycle qui se termine, celui débuté par Bill Clinton en 1992. Barack Obama était un enfant Clinton, comme Joe Biden, créature tenue par le clan Clinton. C’est désormais le clan Trump qui a assuré son pouvoir, avec de nombreux « bébés » Trump qui ont été élus au Sénat et à la Chambre. Cette victoire électorale est donc la conséquence d’une véritable victoire intellectuelle.

Un second mandat, quatre ans après

Ce qu’a réussi Trump est unique dans l’histoire des États-Unis. Jamais un président vaincu n’était revenu au premier plan ni réélu. Après la crise de janvier 2021, après le demi-succès des mi-terms 2022, beaucoup pensaient que Trump était politiquement mort. Il gagna pourtant haut la main les primaires et a désormais largement gagné la présidentielle. À 78 ans, il dégage une énergie rare. Son camp, et ses conseillers, sont beaucoup mieux préparés à l’exercice du pouvoir qu’en 2016, où la victoire fut une surprise pour beaucoup. Ils ne se laisseront plus avoir par l’État profond, le système judiciaire est mieux contrôlé, le Parti républicain est très largement trumpiste, ce qui n’était pas le cas en 2016 où pullulaient les Rino (republican in name only).

Outre le facteur expérience, l’autre facteur qui va être essentiel dans ce second mandat est celui du temps. Sitôt en place, la question de sa succession va se poser et avec elle celle de la poursuite du trumpisme. Trump aura 82 ans en 2028. A priori, il ne devrait pas briguer un autre mandat. Ce qui laisse la porte ouverte à JD Vance ou Ron DeSantis, en tout cas à la jeune garde républicaine. Du trumpisme sans les excentricités et les outrances de Trump, voilà qui pourrait crucifier une nouvelle fois les démocrates.

Le Bêtisier de L’ENA. Deuxième Bêtise : L’augmentation des dépenses étatiques favorise la croissance économique.

Le Bêtisier de L’ENA.

Deuxième Bêtise : L’augmentation des dépenses étatiques favorise la croissance
économique.

Etude de Cas : France contre Suède.

 

La Suède (gouvernement socialiste) a décidé depuis 1992 de faire baisser le poids de
l’Etat dans l’économie et de ne pas rentrer dans l’euro, la France (gouvernée par des
anciens élèves de l’ENA) a choisi de le faire monter et de rentrer dans l’Euro.

Voyons les résultats.
Production Industrielle

Balances commerciales

 

 

 

 

 

Rentabilité des affaires.

Rentabilité des affaires.

 

Système financier

Conclusion

Pour ceux qui veulent ou doivent acheter des obligations en Europe, il faut vendre la
France et acheter la Suède. Rarement vu quelque chose d’aussi évident.