Madrid : capitale de la finance européenne

Dans la discrétion, Madrid s’est hissé comme l’une des capitales de la finance européenne, au même titre que Paris et Milan. Le résultat d’une politique audacieuse de la communauté espagnole et d’une situation géographique savamment exploitée.

 

Longtemps, Barcelone a joué à la ville triomphante face à la capitale madrilène. La capitale de la région de Catalogne avait pour elle la plage, des entreprises dynamiques, les routes Erasmus et le tourisme. Mais en s’enlisant dans une voie politique sans issue, Barcelone a perdu de sa superbe. L’incertitude politique a engendré une incertitude économique qui a contribué à faire peur aux investisseurs. Depuis une dizaine d’années, le rapport de force s’est inversé et Barcelone a cédé le pas à Madrid la discrète, qui est ainsi devenue l’une des places fortes de la finance européenne.

 

Une situation géographique exploitée

 

Madrid a su habilement utiliser sa situation géographique, notamment sa position de hub aéroportuaire.

Vers l’Europe d’une part, grâce aux liaisons vers la plupart des autres capitales européennes, vers l’Amérique latine d’autre part, grâce aux liaisons d’Iberia vers les capitales sud-américaines. Madrid s’est ainsi imposé comme la porte d’entrée de l’Amérique latine en Europe, en attirant notamment la diaspora vénézuélienne éduquée et bien formée fuyant le régime chaviste.

En se connectant au continent sud-américain, avec qui l’Espagne partage une langue et une histoire commune, Madrid a pu tirer profit du développement de la région. Les récentes évolutions politiques, notamment en Amérique centrale, au Chili et en Argentine, devraient continuer à tirer la capitale espagnole.

 

Autre élément géographique mis en valeur, son climat. À Madrid, les hivers peuvent être très froids, la ville étant la capitale la plus haute d’Europe avec une altitude de 700 mètres. Mais les printemps sont chauds et les étés très chauds. De quoi attirer des travailleurs en quête de chaleur.

Durant l’épidémie de covid, la municipalité et la région autonome de Madrid ont suivi une politique axée sur la liberté de mouvement, critiquée dans ses débuts, mais qui a évité un krach économique et qui n’a pas engendré de surmortalité. La région de Madrid s’est ainsi forgé une image de liberté et de douceur de vivre dans une Europe claquemurée. De quoi attirer des cadres et des entreprises qui sont venus s’y installer.

 

La croissance de Madrid

 

Cette croissance est nette dans la population.

Si la ville intra-muros est passée de 3,1 à 3,3 millions d’habitants, soit une hausse modérée (quand Paris perd des habitants), la banlieue de Madrid connaît une croissance démographique sans précédent, passant de moins de 6 millions d’habitants en 2000 à plus de 7,2 millions aujourd’hui. Une croissance démographique qui révèle le dynamisme de la région et l’attrait de Madrid.

 

D’autres indicateurs témoignent de cette croissance ; anecdotique, mais révélateur d’un changement de mentalité. C’est le cas du nombre d’hôtels 5 étoiles, qui était insignifiant en 2000, mais qui atteignait 37 établissements en 2023 et 45 hôtels 5 étoiles en 2025. Une croissance fulgurante qui témoigne du changement d’image de Madrid : ce n’est plus la ville de la paella et des corridas, c’est désormais une capitale de haut niveau, qui attire les cadres supérieurs et les chefs d’entreprise. Ceux qui viennent s’y installer de façon durable comme ceux qui y passent quelques jours. L’ouverture d’hôtel 5 étoiles est le signe d’un enrichissement et d’une montée en gamme de la capitale espagnole.

 

Conséquence : une réelle croissance économique

 

Madrid concentre une part importante des activités financières espagnoles : près de 20% des sociétés financières et d’assurance du pays y ont leur siège. Ce qui, pour un État régionalisé comme l’Espagne, est tout à fait remarquable.

 

La région a vu émerger un écosystème fintech dynamique, avec une concentration importante de start-ups financières qui contribuent à diversifier la place financière au-delà des banques traditionnelles. Madrid est ainsi parvenu à associer la finance classique et la finance moderne, attirant de nouvelles populations.

 

Madrid, et avec lui l’Espagne, est ainsi l’un des pays d’Europe qui connaît l’une des meilleures croissances économiques. Preuve en est deux indices : celui de l’IBEX-35, qui est l’indice boursier de la bourse de Madrid (équivalent du CAC 40), et le MSCI Espagne, qui regroupe les meilleures entreprises espagnoles.

 

L’IBEX-35 est ainsi passé de 9 500 points en 2015 à 8 000 points en 2020. Depuis lors, il connaît une croissance continue : 10 100 points en 2023, 11 600 points en 2024, 17 300 en 2025, 18 300 points en février 2026, son nouveau record. Cet indice est la traduction du dynamisme de l’économie espagnole et, surtout, de la région de Madrid.

Quant au MSCI Espagne, il a gagné 46 % en un, ce qui confirme la croissance de l’IBEX-35.

 

Stabilité future ?

 

Madrid peut-il continuer sur cette lancée ? La vie politique espagnole est tourmentée et l’extrême gauche y tient une place importante. Mais la politique espagnole donne beaucoup de pouvoir aux régions, notamment en matière fiscale. La ville de Madrid et sa région autonome peuvent ainsi moduler les erreurs gouvernementales et agir comme un stabilisateur économique. La diversité de l’économie madrilène fait que celle-ci ne repose pas que sur la banque et l’assurance. Les secteurs de la tech et de l’industrie sont aussi des poids lourds. Et l’Espagne a l’avantage de disposer d’une institution monarchique avec le roi Philippe VI, certes discret au niveau européen, mais qui joue le rôle de clef de voûte d’une société espagnole fracturée par son histoire et ses identités.

Les changements politiques positifs en Amérique latine devraient permettre une réelle croissance économique de ces pays, et donc, par contrecoup, bénéficier aussi à l’Espagne. Si les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, l’avenir de l’économie de Madrid semble malgré tout assuré pour les années qui viennent.

IL FAUT SE REVEILLER

Il faudra dire la vérité aux français pendant les prochaines campagnes électorales. Leur raconter les secrets de famille de l’Etat Providence. Une majorité d’entre eux est d’accord pour que l’Etat soit réformé au plus vite. Et la baisse de la dépense publique est une priorité absolue.

 

D’Asie en Amérique, le monde accélère. L’Europe s’arrête. Et la France recule.

Affirmant mener une orgueilleuse « résistance » à la mondialisation et au libéralisme, le pouvoir politique en France a cédé aux corporatismes. L’immobilisme ruine le pays et met un jeune sur quatre au chômage. Pourquoi la France va-t-elle si mal quand d’autres pays s’en sortent ?

 

Avec une dette qui va bientôt atteindre 4000 Md€ le paiement des intérêts par le Trésor français  va bientôt approcher les 100Md€ soit un montant supérieur à ce que rapporte l’impôt sur le revenu. L’endettement a été choisi dans l’histoire par de nombreux pays tels l’Argentine, le Venezuela, le Brésil, le Mexique, le Zaïre, la Corée du Nord, l’URSS, l’Allemagne Nazie etc…Cela s’est presque toujours terminé avec des dictateurs galonnés prenant le pouvoir.

 

L’Etat providence en France croit à 4% par an alors que l’économie ne progresse que de 1%. Le niveau de prestations de l’Etat Providence  est de 900Md€ dont 410Md€ pour la retraite et 320Md€ pour la maladie. Un des problèmes est que 10% de ces sommes sont financées par de la dette que nos petits enfants devront rembourser… Cela ne sert pas à grand-chose de surtaxer les entreprises puisque la capitalisation boursière des 120 plus grandes entreprises françaises équivaut seulement à trois années de prestations sociales…

C’est l’équation de progression fatale par la dette qu’il faut résoudre. Le vrai coupable du fait que la France coule, c’est l’Etat, beaucoup plus que l’Europe, la mondialisation, les États-Unis, la Chine ou le plombier polonais. Le vrai coupable est ici. C’est l’État, à la fois omnipotent et impuissant. Ce sont les lobbies des technocrates, les administrations pléthoriques. Ce sont aussi les politiques irresponsables et incompétents. Les pays qui réussissent sont ceux qui contiennent et réduisent l’État obèse et destructeur. Qu’ils se situent en Europe de l’Est, du Nord, en Amérique latine ou bien en Australie.

 

Il existe en France plus de 600 organismes publics qui ont mission de  » conseiller «  le Premier ministre. Des dizaines  » d’observatoires  » qui sont financés avec de l’argent public sont inaugurés tous les ans. Des centaines de « machins administratifs » qui emploient des dizaines de milliers de fonctionnaires sont censés s’occuper du chômage, de la pauvreté, des jeunes, de l’insécurité, de l’école avec les résultats qu’on connaît… Finissons-en avec les analyses stériles, les théories fumeuses et les discours démagogiques sur les causes de nos malheurs ! Regardons les faits ! C’est bien l’État qui tue la France.

 

Les déboires industriels de la France  depuis 1995 se comparent à la défaite de 1940. 1/ Les rigidités du droit du travail, 2/ Les coûts salariaux, 3/ La loi sur les 35 heures,

4/ L’Euro, 5/ La concurrence des pays à bas salaires, 6/ L’ISF chasse aux sorcières des riches jusqu’en 2017, 7/ Les impôts de production, 8/ la bureaucratie kafkaïenne. La France est un des rares pays d’Europe à avoir à la fois une loi compliquée et une administration efficace pour la faire respecter …..

 

La désindustrialisation de la France a commencé il y a quarante ans et s’est accélérée depuis vingt ans à cause de l’euro. Les grandes étapes de la descente aux enfers de notre industrie sont : Mitterrand et ses nationalisations , Trichet et sa politique du franc fort qui fît payer la réunification de l’Allemagne par la France , Madame Aubry et ses 35 heures, qui fît monter le coût du travail en France. Enfin l’euro, le dernier clou dans le cercueil de l’industrie française avant la mise en terre. La cause “première” de tous nos malheurs, ce n’est pas la Chine, ce n’est pas Bruxelles, ce n’est pas le libre-échange, ce ne sont pas les Etats-Unis, c’est une classe administrativo-criminelle, née sous Mitterrand. Très bien incarnée par Jack Lang elle a capturé le pouvoir politique et l’exerce pour extraire des rentes à son profit et à celui de ceux qui les ont fait élire.

 

La classe politique tous partis confondus est constituée par des professionnels de l’Etat Providence. C’est normal puisque 53% des français reçoivent mensuellement leur chèque de revenu de l’Etat. Ils vivent uniquement de la redistribution. Nous sommes gouvernés par des incompétents à Paris. Il y a une vraie rupture entre  la classe productive française et la classe politique

 

La fraude sociale existe de façon très importante mais l’optimisation fiscale excessive existe aussi. Le crédit impôt recherche est mal ciblé, certaines holding familiales détiennent trop de biens personnels profitant aux actionnaires, La niche Dutreil est dans certains cas détournée de son objet.

 

Il faut expliquer aux français tout le mal qu’a entrainé l’Euro et tous les dégâts provoqués par les décisions stupides de l’Union Européenne notamment en matière d’énergie. Aujourd’hui la Chine a un coût de l’énergie de un, les Etats Unis de trois et l’Allemagne de six !

 

Il faut redonner aux français le pouvoir avec des référendums d’initiative populaire. En France le peuple français est extraordinairement intéressant et sa classe dirigeante n’a aucun intérêt. Aujourd’hui nous ne sommes plus souverains  et l’Etat n’a même plus les moyens de se financer.

 

Avec de Gaulle et Rueff on était encore dans le libéralisme. Depuis Giscard d’Estaing

qui a introduit des politiques de gauche, on est passé à Keynes puis à l’hyper keynésianisme. Il est donc stupide de dire que si cela ne marche pas mieux en France c’est parce qu’elle est gouvernée de façon « néo libérale ». La Chine est beaucoup moins communiste que la France. La tendance communisante vient sans cesse réactiver un principe d’égalité et contrebalancer le principe de propriété privée…. La dette publique est censée être un actif fondateur du lien social permettant de constituer un capital pour ceux qui n’en ont pas….Le régime de protection sociale a pris le pas sur la constitution et tend à nous spolier sans l’assumer: cotisations sans droits au sein des régimes de retraite complémentaires, cotisations transformées en contribution à l’assurance chômage, imposition de cotisations indues, cotisations identiques mais droits au chômage dégressifs pour les cadres….

 

Il faut mettre en garde le gouvernement contre un ras le bol fiscal latent. Les français ont compris qu’un vaste jeu de bonneteau fiscal était orchestré en permanence. Déplacer la fiscalité punitive vers les carburants vers le capital ou les droits de succession ne servirait à rien. Le mouvement des gilets jaunes a été avant tout un problème d’hyperfiscalité. A suivre….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une mystérieuse relation.

Commençons en énumérant des faits :

  • Comme chacun le sait, l’or ne rapporte rien mais garde un pouvoir d’achat à peu près constant au travers du temps.
  • Les actions, sur le long terme, sont un meilleur placement puisque leur détenteur participe à la croissance de l’économie mais le cours de ces actions varie énormément au travers du temps et d’une action à l’autre.
  • Les dividendes payés par le marché des actions dans son ensemble sont quant à eux beaucoup plus stables.
  • Il est possible de nos jours d’acheter l’ensemble d’un marché en une seule transaction,

Une solution pour l’épargnant est donc de se concentrer sur les dividendes, d’oublier les cours et de chercher la stabilité dans ses revenus.

Et c’est quelque chose que le marché facilite.

C’est ce que je vais essayer de montrer dans le papier de cette semaine.

Que le lecteur veuille bien considérer le graphique ci -dessous :

 

 

Explications

La ligne pointillée bleue représente les dividendes en dollars nominaux payés chaque année par l’indice américain du Standard and Poor 500. Le dividende du S&P 500 qui était de 63 cents par action en 1907 atteint à la fin de 2025 près de 119 dollars, ce qui est apparemment très satisfaisant, mais hélas, je sais que le pouvoir d’achat du dollar US a beaucoup baissé pendant cette période.

Pour avoir une idée du pouvoir d’achat « réel » de ces dividendes, il me faut diviser le montant versé chaque année par « l’étalon de valeur immuable et éternel », le cours de l’or, en dollar.

En fait, je calcule simplement la valeur « OR » de chaque dividende qui m’est payé et cette valeur or apparait sur le graphique comme la ligne rouge.

Et la première fois que j’ai fait ce calcul, j’en suis resté abasourdi : le dividende payé par l’indice américain depuis 1907 :

  • N’a connu aucune croissance.
  • Revient toujours à sa moyenne historique de 1gramme d’or
  • Et oscille entre 1.7 gramme d’or (actions trop chères) et 0,4 gramme d’or (Or trop cher)

Aujourd’hui nous sommes à 0.6 sur le graphique ce, qui historiquement n’a pas été un mauvais niveau pour commencer à transformer son or en actions.

En dessous de 0,4, il faudra acheter des actions agressivement.

Ayant traité des faits, il va me falloir maintenant trouver une explication à cette extraordinaire stabilité du dividende exprimé en or.

Je vais en fournir une, mais je suis loin d’être certain qu’elle soit la bonne.

La voici.

Prenons un entrepreneur de 80 ans dont on peut penser qu’’il aura du mal à dépasser les 100 ans.

Après une vie de travail, il dispose d’une épargne abondante, en cash, après avoir vendu son affaire.

Il décide de prendre sa retraite.

Quels sont ses choix ?

  • Mettre tout en or et dépenser chaque année 1/20 de son capital soit 5 %.
  • Acheter des actions, et toucher des dividendes qui seront très inférieurs à 5 % de son capital puisque le rendement des actions US est aux alentours de 3 % et donc son niveau de vie sera inférieur au départ à celui qu’il aurait s’il avait choisi de devenir un rentier.

Mais son capital restera disponible à tout moment en cas de coup dur et ne baissera pas sur le long terme.

  • Dans le premier cas, son capital de100 fond chaque année et son niveau de vie dépendra du moment où il est rentré. Il arrive à l’or de baisser. Après tout, de 1980 à 2000, l’or est passé de $ 800 /once à $ 250/once….
  • Dans le second cas, son revenu sera plus faible, mais il garde le contrôle de son capital. Si je fais le calcul sur les 100 dernières années, la fondation qui aurait eu 100 à investir en valeur or a touché 100 grammes d’or en dividendes et la valeur de son portefeuille est passé de 100 à 175 puisque le S&P 500  a vu sur la période sa valeur passer de 100 à 175.

Le choix est donc entre un niveau de vie plus élevé pendant 20 ans et ne rien laisser après sa mort et un niveau de vie légèrement plus bas mais qui laisse son capital intact.

Tout homme rationnel choisira la deuxième solution à condition qu’il soit certain que son revenu ne sera pas trop bas.

Et ce que font les marchés est donc tout simplement de garantir au rentier que les dividendes versés représenteront au moins un gramme d’or par action du S&P achetée …

Qu’est que cela veut dire en termes compréhensibles ?

Une chose et une seule :

  • imaginons que nous ayons des rentiers qui ont peur de prendre des risques et que le capital de ces rentiers soit convoité par des entrepreneurs toujours à court d’argent.
  • Imaginons de plus que ces rentiers n’aient aucune confiance dans la monnaie nationale.
  • Et imaginons enfin que le rendement des actions soit à 3 %.

Si j’investis 100 dollars je vais toucher 3 % par an, ce qui est beaucoup moins que 5 % si je vends 5 % de mon or chaque année, mais ces 3 % sont indexés sur les résultats des affaires du pays qui historiquement ont créée plus de valeur que l’or.

Je fais donc le pari que prendre des risques rapporte plus que de ne pas en prendre, ce qui est toujours vrai sur le très long terme mais pas toujours sur les 10 prochaines années.

La proposition que fait le marché aux rentiers pour le compte des entrepreneurs est donc la suivante : Vous me donnez votre capital et en retour, je vous sers du 3 % plus ou moins indexé sur la valeur de l’or.

Et, disent les entrepreneurs, grâce à l’efficacité des indices d’où sont sortis automatiquement les mauvaises valeurs remplacées par de bonnes sociétés, vous n’avez aucun risque de voir votre capital être détruit par les révolutions Schumpetériennes qui ne vont pas manquer de se produire. En réalité, l’indice S&P 500, grâce à ces changements, a, comme l’or, une duration infinie.

Et ça marche de façon impeccable depuis plus de 100 ans.

Dans le fond, la première solution (l’or) correspond a une retraite par répartition. On ne peut pas payer plus que ce que l’on a. Si celui qui a choisi l’or vit plus de cent ans, ses dernières années risquent d’être difficiles.

La deuxième correspond à une retraite par capitalisation : en mettant son capital à la disposition des entrepreneurs, on peut à la fois vivre convenablement, rester en contrôle de ses avoirs et préparer l’avenir des autres.

Je ne peux pas m’empêcher d’être à la fois émerveillé par l’intelligence des marchés et consterné par la stupidité de nos hommes politiques qui choisissent encore et toujours la répartition par rapport à la capitalisation, c’est-à-dire le passé par rapport au futur.

Apparemment, l’homme est le seul animal qui choisisse souvent le plus bête de la meute pour le diriger.

A cela, je ne peux rien changer.

 

 

Les régimes politiques, comme les poissons, pourrissent par la tête.

Proverbe Chinois,

En ce début d’année 2026 où éclate -enfin- l’affaire Epstein, je me sens envahi d’un immense dégoût et donc l’article de cette semaine sera sans doute très court.

Les détails de cette sordide affaire ne m’intéressent pas car je crois que l’on peut dire sans crainte de se tromper que l’essence même de nos régimes de démocratie représentative est blessée à mort par ce qui est en train d’être révélé aux USA.

Résumons-nous : un escroc financier doublé d’un pervers sexuel s’attaquant aux enfants a survécu et prospéré pendant trente ans au moins en étant « protégé « par les plus hautes sphères politiques, juridiques et culturelles d’au moins trois de nos démocraties, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne.

Par exemple, le pouvoir exécutif américain, responsable des frontières, n’a jamais vérifié que les enfants présents dans les avions de monsieur Epstein y étaient avec leur assentiment ou celui de leurs parents, ce qui est pour le moins curieux, et encore moins s’ils étaient américains ou pas et s’ils avaient bénéficié d’un voyage de retour.

De même, la liste des passagers sur le Lolita Express, qui est en possession du gouvernement américain depuis toujours, n’a jamais été publiée et ne le sera jamais[1].

A côté du pouvoir exécutif se trouve le pouvoir judiciaire qui depuis des années était parfaitement au courant des forfaitures perpétrées par monsieur Epstein et ses amis.  Par exemple, il y a six ans, une descente de police par les autorités françaises avait eu lieu chez lui à Paris et toutes sortes de faits avaient été découverts dont beaucoup méritaient des poursuites judiciaires..

Résultat ?

Rien.

Qui a ordonné de ne pas poursuivre, et pourquoi[2] ?

Autre exemple : le ministère de la Justice américain publie trois millions de pages du dossier Epstein tenu aux USA par le FBI. Dans ce dossier, on trouve de quoi faire poursuivre et condamner des dizaines de participants aux sympathiques  fetes donnees par monsieur Epstein.

Combien de poursuites ont été engagées à partir de ce dossier ?,

Aucune.

Pourquoi ?  parce que le Président actuel s’y oppose.

Et c’est là que j’ai du mal à comprendre.

Le Président Trump s’était engagé à nettoyer les écuries d’Augias et tout avait bien commencé avec monsieur Musk.

Et tout d’un coup, tout s’arrête au printemps 2025.

Pourquoi ?

Que s’est-il passé ?

Je ne sais pas.

Et à ce jour ,AUCUNE poursuite n’a été engagée contre quiconque et surtout pas contre les Clinton qui ont été des dizaines de fois chez Epstein…

Venons-en au quatrième pouvoir, la Presse.

Compte tenu de l’intégrité légendaire des journalistes, on aurait dû s’attendre à une avalanche de révélations forçant les pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires à agir pour nettoyer tout ça au Karcher.

Curieusement, à ma connaissance, aucun grand journal, aucune grande chaîne de télévision n’a utilisé ses enquêteurs pour porter à la connaissance du public le fait que des choses étranges se passaient autour de monsieur Epstein.

Bien au contraire, ceux qui les dénonçaient dans les médias alternatifs. étaient immédiatement renvoyés dans l’enfer des complotistes à qui nul ne devait parler s’il voulait rester dans le paradis des gens reçus dans les dîners en ville.

Les simples constatations faites ci-dessus montrent que, dans nos pays, l’ensemble des pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire, journalistique a été capturé par une classe homogène où se retrouvent tous les hommes de Davos, les mondialistes et les « oints du Seigneur ».

Et comme monsieur Epstein soutenait les « valeurs » mondialistes à grands coups de millions de dollars tous ces braves gens, ils ont défendu avec acharnement le dit monsieur Epstein mais aussi messieurs Lang à Paris, monsieur Mendelson en Grande- Bretagne et bien d’autres encore.

Pourquoi ?

Parce que cette classe revendique l’immunité juridique pour tout ce qu’ils font ou ont fait.

La punition, c’est pour les petites gens. Eux ne peuvent pas être punis puisqu’ils font partie de la classe des élus (cf madame Lauvergeon, monsieur Juppé,  monsieur Lang).

Ce qui me permet de remarquer au passage que la plupart de ceux qui soutenaient monsieur Epstein donnaient abondamment au parti démocrate, ou étaient inscrits dans des partis de gauche en Europe. Et donc la classe journalistique complètement vendue au projet mondialiste essaie désespérément de nous faire croire que monsieur Epstein était soutenu par la droite, comme le montre la dernière couverture du magazine le Point, où figurent Epstein, non pas avec monsieur Lang ou monsieur Clinton à sa droite, mais avec le Président Trump, qui avait chassé monsieur Epstein de son club …

Remarquable saloperie journalistique s’il en fût et qui explique pourquoi plus personne ne lit le Point.

Conclusion

Dans mon avant dernier livre, la Vérité vous rendra libre, chez Pierre de Taillac, j’expliquais qu’une classe « criminelle « avait pris le pouvoir dans nos pays après la chute du mur de Berlin et que cette classe suceuse de sang allait échouer partout.

C’est ce qui est en train de se passer. Le jour se lève, les vampires sont pris dans la lumière et ils vont tous crever.

Mais il faut abréger les souffrances des pauvres vampires  tant certains vont peut être regagner leurs tombeaux .Il faut maintenant que les peuples se munissent d’épieux et de croix (ne pas  oublier les croix !) pour les achever.

Le plus tôt sera le mieux.

Mais cela se fera Nation par Nation, comme après la chute de l’Union Soviétique

[1] Elon Musk a dit:  » trois choses que vous ne verrez jamais dans le futur : un dinosaure, une licorne et la liste des p du Lolita express »

[2] Monsieur Macron était déjà Président et l’ordre n’a pu venir que de lui.

 

Japon : le retour du pouvoir

Le Japon était un peu le pays des contes de fées des années 1980-2000. Sa croissance économique faisait de lui la deuxième économie du monde, capable de rivaliser avec les États-Unis. Le pays alliait tradition et modernité et se présentait comme la vitrine de l’Asie de demain. Dans les manuels scolaires, l’étude du Japon était un chapitre incontournable, si bien que l’on connaissait ses principales îles, le Japon de « l’endroit » et celui de « l’envers », ses entreprises mondiales et la puissance de ses ports. Dans un soft power audacieux, les dessins animés japonais tenaient la télévision française, nourrissant les jeunes Français de mangas et de séries où Goldorak le disputait à Dragon Ball. Puis tout cela a disparu, à l’orée des années 2000, remplacée par la Chine. Le Japon a quitté une partie de l’imaginaire et des programmes scolaires français, il s’est comme replié sur son archipel et ses problèmes démographiques.

 

À la faveur des dernières élections législatives, le voici pourtant de retour. Les résultats intriguent, tout comme les choix politiques assumés.

Le 8 février, le Parti libéral-démocrate (PLD) a remporté une majorité qualifiée, une première depuis 1955. Sanae Takaichi est ainsi confortée au poste de Premier ministre, avec une marge de manœuvre à faire pâlir d’envie ses prédécesseurs. Cette victoire a été permise par la faiblesse de l’opposition, mais aussi par le contexte international : face à la montée en puissance de la Chine de Xi Jinping et le retrait de Donald Trump, les Japonais craignent de se retrouver isolés. D’où leur volonté de confier un mandat large à une femme qui a réaffirmé l’indépendance du Japon sur la scène internationale et qui propose des mesures fortes pour redresser le pays.

 

Redresser le pays

 

C’est d’abord sur la scène intérieure que Sanae Takaichi doit agir : lutte contre l’inflation, redressement des salaires, démographie, avenir des jeunes. La question de la militarisation du Japon et de la modification de la constitution n’est pas la priorité de la plupart des Japonais. Le Japon sent venir le déclassement, ce qui pèse sur les projets de vie, les mariages et les naissances. C’est cette spirale du déclassement que le nouveau Premier ministre doit enrayer, ce qui est beaucoup plus ambitieux et beaucoup plus difficile que d’adopter une rhétorique militaire. Or, cette relance économique est bien ce qu’il y a de plus difficile. Comme en France, le pacte social a été édifié dans un moment de forte croissance et avec une population jeune et nombreuse. Mais depuis les années 1990, la croissance est atone et la population vieillit. Si le Japon se refuse à l’immigration, développant au maximum les robots, la robotisation ne résoudra pas tous les problèmes. La retraite, la protection sociale, la fiscalité, presque tout est à revoir. Mais il est difficile, en temps de paix, d’abandonner un modèle social pour en adopter un autre.

 

Le Japon tente de réorganiser ses chaînes de production en Asie, en contournant la Chine. L’Inde et l’Asie du Sud-Est sont ainsi les principaux pays concernés par la réorganisation industrielle de l’archipel. Si le Japon ne crée plus de nouveautés technologiques qui suscitent enthousiasme et envie, comme dans les années 1980-1990, son industrie demeure puissante et compétitive.

 

Le Japon est resté coincé dans la crise asiatique des années 1990. L’éclatement de la bulle immobilière, la stagflation, l’écrasement des salaires, la concurrence technologique de la Chine, ont fragilisé le pays et réduit sa puissance.

 

Regards extérieurs

 

En regardant le monde extérieur, c’est bien évidemment la Chine qui inquiète Tokyo, avec notamment la possibilité d’une annexion de Taïwan. D’où la nécessité de renforcer l’alliance américaine.

Au-delà de cette alliance, c’est la logique de l’Indo-Pacifique que le Japon cherche à mettre en avant. C’est lui qui a conçu ce concept et qui l’a vendu aux puissances occidentales. En associant deux océans et deux mondes qui n’avaient, en apparence, pas grand-chose en commun, le Japon a forgé un concept géopolitique destiné à endiguer la puissance chinoise. D’un côté, le Pacifique, de l’autre, le monde indien, qui peut aller jusqu’aux côtes africaines. Au centre, l’Empire du Milieu, bordé par le Japon, l’Inde et le chapelet des présences occidentales. L’Indo-Pacifique est un concept de défense et de réorganisation face à l’adversaire principal qu’est la Chine.

Le Japon ne cherche pas à rompre avec la Chine, les connexions économiques sont trop fortes, mais à déplacer le centre de gravité de l’Asie vers le monde occidental, donc en mettant l’Australie, la France, le Royaume-Uni dans la balance et en conservant les États-Unis comme pilier structurant de l’alliance.

 

Auréolée d’une très large victoire, Sanae Takaichi a de nombreuses cartes en main. Sera-ce suffisant pour réveiller un Japon qui voit fuir sa puissance et le temps de sa grandeur ?

 

 

Astuces de balayeur pour gagner de l’argent sans travailler

Imaginons que certains lecteurs de l’IDL soient d’horribles égoïstes qui gèrent leur propre argent en vue de se préparer une retraite pour se protéger contre l’incompétence de ceux qui nous gouvernent.

La question que se pose certainement ces nuisibles est : comment gagner le plus d’argent possible sans prendre plus de risque, ce qui, aux yeux de ceux qui n’ont jamais vraiment travaillé de leur vie et revendiquent le droit à la paresse est chose abominable.

Le but de ce petit papier est de leur donner (aux cigales, pas aux fourmis) quelques recettes faciles à suivre qui leur permettront peut être de gagner quelques pourcentages de plus ici ou là sans augmenter leurs risques, de façon à pouvoir financer plus efficacement les paresseux.

Commençons par la notion de suracheté et- survendu- en l’appliquant au cours de Total, la société pétrolière françaises, dividendes réinvestis.

 

 

Etat des lieux.

  • L’action Totale, dividendes réinvestis, a connu une hausse moyenne de sa valorisation de7. 3 % par an, ce qui est mieux que le livret A et a vu son cours multiplié par 7 depuis l’an début 2000, ce qui est très bien[1].
  • Mais la bourse étant la bourse, le cours de l’action Total est volatil, et quatre fois depuis l’an 2000, ce cours a baissé de 25 % ou plus sur les douze mois précédents (pointilles verticaux).
  • La recommandation est simple : chaque fois que le cours baisse de plus de 25 % sur les douze derniers mois, vous en rachetez un peu. Et quelque temps après, quand le cours est suracheté de 30 %, vous les revendez pour revenir à la position initiale.

C’est un truc qui marche avec les sociétés ou les actifs qui sont là depuis longtemps (Type Air Liquide, Schneider etc…) et il faut ajuster la zone d’achat en fonction de la volatilité du titre. A mon avis, il vaut mieux ne pas le faire sur les actions de nouvelles technologies qui peuvent aller à zéro.

  • Chacun aura compris que l’or et l’argent étaient incroyablement surachetés à la mi-janvier et que leurs baisses actuelles ne veulent vraiment rien dire.

Venons-en à une seconde notion : le retour a la moyenne et comparons la rentabilité totale dans une seule monnaie de deux marchés des actions, par exemple à Paris et à HK.

 

 

 

Dans un système capitaliste ouvert [1]la rentabilité du capital investi est la même sur le long terme entre HK et la France[2]

Mais la perception de cette réalité change : de temps en temps, tout le monde veut être a Paris, pour tous vouloir être à HK quelques années après.

Il faut donc vendre celui qui est cher et acheter celui qui est bon marché quand le ratio est a plus d’un écart type (lignes horizontales) et casse la moyenne mobile à deux dans le bon sens.

A la fin de l’année dernière, il fallait donc vendre la France et acheter HK. lu 10 ans aux marchés pour s’en rendre compte.

Mais attention, cela marche si les fondamentales entre les deux marchés n’ont pas variées.

De 1985 a 2021, un retour parfait a la moyenne existait entre les obligations suisses et les obligations allemandes, les deux monnaies étant gerees par des banques centrales indépendantes, la BNS et la Bundesbank

 

 

 

 

Tout le monde se rend compte que la BCE n’est pas indépendante en 2012 mais il faut 10 ans aux marchés pour s’en convaincre et c’est seulement en 2022 que les deux marchés divergent structurellement.

En ce qui me concerne, je dis depuis 2015 qu’il ne faut plus acheter des Bunds qui ont cessé d’être des réserves de valeur.

Conclusion

Pour ceux que ce genre d’idées intéressent, je soumets des propositions de quelques opérations possibles aujourd’hui.

  • Le marché des actions français et très bon marché par rapport à son homologue allemand. Vendre l’Allemagne, acheter la France.
  • Pour les malheureux qui auraient encore des obligations françaises et veulent rester en Europe, ils peuvent les vendre aussi vite que possible et acheter le 10 ans Suédois qui est encore sous-évalué par rapport au 10 ans français.
  • Le pétrole qui a une relation stable avec l’or depuis 1890 est aujourd’hui incroyablement bon marché par rapport au métal jaune. Mais la situation fondamentale a peut être changé. Vendre une partie de l’or pour acheter des valeurs pétrolières. Pour les très courageux.
  • La bourse Chinoise a été à plat en performance relative vis-à-vis des USA depuis 2004.

Mais le ratio a beaucoup bougé. Hausse chinoise suivie par une hausse aux USA puis une baisse en Chine. Nous sommes de retour là ou nous étions en 2004. Depuis deux ans, la bourse chinoise fait mieux que la bourse américaine et est un écart type sous-évalué.

Tout le monde a des actions américaines, personne n’a des actions chinoises.

  • Les valeurs industrielles européennes sont très bon marché par rapport au S&P 500 et ont une performance similaire sur le long terme. Elles sont sous évaluées par rapport au S&P aujourd’hui.

Bonne chance aux lecteurs qui auraient envie de faire un peu de trading, ce que je ne fais jamais, simplement parce que je suis trop paresseux.

 

 

[1] Ce qui risque de cesser d’être le cas dans les années qui viennent (contrôle des capitaux en France)

[2] Faute de quoi, tout le monde investirait dans le système le plus rentable.

 

 

 

 

[1] Le plus gros actionnaire de Total est le personnel travaillant chez Total

 

 

Les BRICS ne sont pas unis

Ils se rencontrent, ils font des sommets en commun, ils ont des velléités de lutter contre l’Occident, mais, en réalité, les BRICS sont très loin de former un groupe uni et cohérent.

 

C’est à l’Américain Jim O’Neill, analyste chez Goldman Sachs, que l’on doit en 2001 la création de l’acronyme BRIC. Il s’agissait à l’origine d’analyser quatre pays à fort potentiel économique : le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, et de proposer des stratégies d’investissement à ses clients. Un « S » fut rajouté ensuite, pour Afrique du Sud, parce qu’il fallait bien mettre un pays d’Afrique et que, quelques années après la fin de l’apartheid, on croyait encore au futur de ce pays.

Puis, d’une définition strictement économique et à finalité d’investissement, on est passé à un concept politique, qui a fini par coaguler les pays entre eux et à les définir face à l’Occident. Si les pays concernés se prêtent au jeu et espèrent en effet peser sur la scène mondiale, force est de constater qu’avec les BRICS, nous sommes face à un concept inventé par l’Occident, gonflé et utilisé par l’Occident. Ce qui limite déjà la critique occidentale.

 

Retour au XXe siècle

 

2001 est la première année du XXIe siècle. Le Brésil était vu, comme toujours, comme un pays d’avenir ; ce qu’il est encore pour les décennies prochaines.

La Chine n’était pas grand-chose. Elle venait d’entrer à l’OMC, elle promettait de s’ouvrir au commerce mondial, elle espérait ne pas être uniquement l’usine du monde. Même si le reste du monde la voyait ainsi. Qui aurait pu imaginer, en 2001, ce que la Chine est devenue en 2026 ? En une génération, tout a été transformé, chamboulé. Ce n’est pas seulement un nouveau pays qui est né, mais une nouvelle civilisation, un nouveau monde. Si, en 2001, la Chine pouvait être mise dans le même sac que le Brésil et l’Inde, ce n’est plus le cas aujourd’hui.

En 2001, c’est sur la Russie que beaucoup misait, loin devant la Chine. Certes, il y avait une situation économique compliquée, mais les relations avec Vladimir Poutine étaient au beau fixe. Celui-ci avait même autorisé les États-Unis à installer des bases militaires dans ses marges afin de frapper l’Afghanistan et les talibans. La Russie avait une nouvelle ère pour elle, des hydrocarbures, des entrepreneurs, une aura culturelle. Elle devait être la grande puissance du siècle, en étant arrimée à l’Europe et à l’Asie. Aujourd’hui, comme les temps ont changé. L’invasion de l’Ukraine a précipité la chute, mais le feu couvait sous la cendre déjà avant cette funeste opération. Désormais, la Russie est de plus en plus vassalisée à la Chine et le projet Power of Siberia est tout autant un partenariat stratégique et économique qu’une soumission de Moscou à Pékin. À Moscou justement, beaucoup d’élites s’inquiètent que l’Empire russe devienne le vassal de l’Empire chinois. Et donc appellent à mettre un terme à la guerre en Ukraine, qui épuise les hommes, les ressources et la crédibilité.

 

L’Inde est l’éternel second. Loin de la Chine, mais néanmoins avec beaucoup de ressources. Un pays multiple, diversifié, à l’industrie puissante et renforcée. L’Inde vient de signer un traité commercial avec l’UE et les États-Unis, un équivalent du traité du Mercosur, mais qui ne fait aucun bruit en France. Pourquoi cette inquiétude et cette animosité pour le Mercosur et pas pour l’Inde, alors que les deux traités commerciaux contiennent peu ou prou la même chose ?

 

Alliance de façade

 

Dans les sommets internationaux, les BRICS se donnent la main et se serrent les coudes. Mais cette amitié n’est que pure façade. Jamais la Chine n’acceptera d’être légal de l’Inde, son rival et son adversaire. Comme de la Russie, dont Pékin s’est toujours méfiée. Méfiance réciproque de Moscou à l’égard du voisin chinois. En dépit de ses aspirations, le Brésil compte peu. Il est l’une des fermes de la Chine, notamment pour le soja et l’alimentation du bétail, mais n’a pas encore le poids pour peser sur la scène internationale.

 

Les tensions entre la Chine et l’Inde sont telles qu’un front uni pour s’opposer à l’Occident est improbable. Bien au contraire, l’Inde cherche dans l’Europe et les États-Unis un contrepoids à la Chine et au Pakistan. Avec la volonté de peser dans la zone de l’océan Indien. Voisin, oui, mais ni allié ni soutien.

Les BRICS sont donc bien un pôle du nouveau monde, mais un pôle à plusieurs têtes et à intérêts divergents. Or, plus les têtes vont croître, plus elles vont s’entrechoquer. Ce qui va exacerber les tensions, notamment en Asie. C’est là que l’Europe pourrait, et devrait, jouer un vrai rôle : une action de pacification et de temporisation pour éviter le choc des BRICS.

 

 

 

 

Une gamelle en or

En fin de semaine dernière, le cours de l’or s’est ramassé une gamelle d’anthologie, passant de 5600 4800 dollars par once en quelques heures. Derrière cette chute brutale, la nomination d’un nouveau patron  à la Banque centrale américaine dont on nous dit qu’il ne serait pas aussi « flexible » que ce que les détenteurs d’or espéraient.

Ce qui m’amène à faire certaines remarques

En Janvier 2026, le cours de l’or est monté, en un mois de 12.8 %, ce qui est bien et sur les 12 derniers mois, il a grimpé de 80%, ce qui est encore mieux.

En termes technique, l’or était donc massivement « suracheté », façon polie de dire que beaucoup de gens avaient gagné beaucoup d’argent très vite, souvent en empruntant des dollars ou des yens, et que donc une baisse brutale était à craindre. Nous sommes en plein dedans, et la question est donc : le plus haut atteint par l’or mercredi dernier correspond -il a un plus haut pour ce cycle, ou bien ne s’agit-il que de la pause qui rafraichit ?

Pour répondre à cette question, je vais passer en revue rapidement les outils que j’utilise pour juger des moments ou il faut- ou pas- détenir de l’or

Première question : l’or fait il mieux que le cash en dollar ? Vérifions

 

L’or a fait beaucoup mieux que le cash en dollar

Deuxième question : l’or a-t-il fait mieux ou moins bien que les  obligations US ?

Vérifions.

 

Le dernier signal d’achat sur l’or contre les obligations US a été enregistré en janvier 2020 et reste valable.

Troisième question : L’or fait-il mieux que les actions US

Vérifions

 

 

 

 

 

 

 

L’or fait mieux que les actions US dividendes réinvestis.

Première conclusion : En tant que réserve de valeur, l’or fait mieux que le cash, que les obligations et que les actions

Aucune raison donc de sortir de l’or

Mais l’or n’est-il pas grossièrement surévalué par rapport aux actions US par exemple ?

Vérifions, vérifions toujours …

 

 

 

 

et indiens

 

 

Conclusion

Pour les asiatiques, le moment est venu sans doute de vendre une partie de leur or pour acheter leurs marchés locaux.

Pour les européens et les américains, nous en sommes encore loin

 

 

Le mythe interventionniste

Iran, Birmanie, Kivu, Kurdistan, face aux drames humains et aux massacres perpétrés à travers le monde ressurgit de façon épisodique le mythe interventionniste : l’Occident ne peut pas laisser faire et doit intervenir militairement pour frapper, faire tomber les régimes, rétablir la paix. Un mythe qui a causé bien des drames dans le passé et qui repose sur une vision divine de l’autorité occidentale.

 

En économie, on le sait, à chaque problème, l’appel à l’intervention de l’État ressurgit. Nimbé de son auréole de divinité, l’État doit agir et intervenir pour réparer les crises, réguler, régler les problèmes. Avec les drames que l’on sait. Ce mythe interventionniste se déploie également au niveau des relations internationales. Là aussi, face aux crises et aux drames, les appels à l’intervention surgissent, présentés comme la solution aux maux. Ce mythe interventionniste repose sur l’idéologie universaliste : l’Occident doit imposer son modèle, il doit être le gendarme du monde, il doit modeler les sociétés et les peuples. C’est du constructivisme politique à l’échelle planétaire.

Il repose également sur une idée démesurée de l’Occident qui serait capable, à lui seul, de modeler le monde à son image, comme Dieu. À quoi s’ajoute une grande dose d’irresponsabilité : il « faut » intervenir, mais sans jamais dire comment, de quelle façon, avec quel matériel, quelle stratégie, quelle conséquence. Le mythe universaliste cherche surtout à se donner bonne conscience : on signe tribunes et articles, on a donc aidé les populations, on a fait notre part du travail, et il est ensuite possible de revenir chez soi le cœur léger et l’âme en paix.

 

Les désastres de l’interventionnisme

 

Regardons les interventions des décennies écoulées : Afghanistan en 2001, Irak en 2003, Libye en 2011, Sahel à partir de 2013, pour les opérations les plus importantes. Au mieux, comme au Sahel, l’intervention militaire n’a pas réglé les problèmes. Sitôt l’armée française partie, les guerres tribales ont ressurgi, les coups d’État se sont enchaînés. Quelles s’appellent Serval, Barkhane ou Épervier, ces opérations ont été des coups d’épée dans le sable, en dépit des discours lénifiants qui vantent le succès contre le « terrorisme ».

En Afghanistan, les milliards de dollars déployés n’ont abouti qu’au retour des talibans, vingt ans plus tard. Là aussi, une opération pour pas grand-chose. Rien de fondamental n’a changé entre 2001 et 2023, si ce n’est des morts, des destructions et des dégâts. Quant à l’Irak et à la Libye, la situation fut pire après qu’avant ; la déstabilisation du Sahel étant l’une des conséquences de la destruction de l’État de Kadhafi.

Et pourtant, en dépit de ces échecs manifestes, on trouve toujours des personnes pour brandir le fusil de l’intervention : en Birmanie contre la junte, en Syrie pour les Kurdes, en Iran pour la population civile. Des appels confondants d’amateurisme, d’irresponsabilité, d’immaturité. Sans que l’on sache si les personnes qui appellent à intervenir sont sérieuses ou si elles cherchent uniquement à occuper l’espace médiatique et à se donner bonne conscience.

 

Intervenir, comment ?

Imaginons donc que l’on décide une intervention militaire, en Iran, en Syrie, en Birmanie ou au Kivu. Et pourquoi pas les quatre lieux à la fois ? Comment fait-on ? Avec quelle armée, quelles munitions ? Sur quelles bases s’appuie-t-on ? Comment fait-on pour se rendre maître de l’espace aérien ? Et une fois que l’on a bombardé, quelles troupes au sol envoie-t-on ? Combien de temps reste-t-on sur place ? Vingt ans, comme en Afghanistan ? Et puisque certains se préoccupent de droit international, dans quel cadre juridique intervient-on ? Avec ou non l’accord de l’ONU ? Et donc, comment éviter le veto de la Chine et de la Russie ?

 

Ceux qui prônent l’intervention savent-ils que nous ne sommes pas seuls au monde ? Si l’on intervient en Syrie et en Iran, comment s’assure-t-on du soutien des voisins : Turquie, Pakistan, pays du Golfe, Israël ? Pense-t-on que ces pays vont accepter sans broncher une guerre à leurs portes ? Avec le lot de réfugiés, de migrants, de passeurs d’armes, donc de déstabilisation potentielle de leur propre territoire.

 

Et quand bien même tout cela réussirait, pense-t-on encore qu’il suffise de bombarder, d’occuper le terrain, de renverser un gouvernement pour établir la démocratie et faire advenir la paix ? En Iran, le régime actuel dispose de racines bien plus profondes et solides que les seuls mollahs. Même en coupant ces têtes, le corps politique demeurera vif et trouvera une autre manière de conserver la main sur le pays. On s’illusionne en pensant qu’il est possible de bâtir un Iran démocratique alors que ce pays ne fut jamais une démocratie, et surtout pas à l’époque de la dictature du Shah, et qu’une démocratie est impossible dans un pays multiethnique.

 

Les indignations faciles, les appels sans lendemains ne donnent rien. On peut mettre des sanctions, la Syrie et l’Iran en ont déjà, comme Cuba et la Corée du Nord. Cela n’a en rien changé le régime.

Le plus dur dans l’échec des interventions militaires est d’accepter la fin de l’universalisme, d’accepter l’inefficience du constructivisme politique.

Cela ne signifie pas que nous sommes insensibles aux souffrances civiles, que nous nous accommodons des guerres et des massacres, mais simplement que nous reconnaissons les limites de nos actions. Les Occidentaux ne sont pas des démiurges, ils ne peuvent changer ni le monde ni les hommes. Et à défaut de pouvoir apporter le bien, évitons de détruire et de propager le mal à cause du sentimentalisme et d’une hubris démocratique.