Les États-Unis en guerre perpétuelle contre la drogue

Ravagés par les drogues depuis les années 1960-1970, les États-Unis tentent d’enrayer la situation, qui dégénère en crise sociale, notamment en menant une série de « guerres contre la drogue ». Avec des résultats assez mitigés.

Tout a commencé avec Richard Nixon dans les années 1970, repris par Ronald Reagan dans les années 1980. Dès son arrivée au pouvoir, Reagan relance la « War on Drugs » initiée par Nixon une décennie plus tôt. Reagan en fait une véritable priorité nationale, mobilisant des moyens militaires, judiciaires et médiatiques sans précédent. Son administration renforce les lois répressives, augmente les budgets de la Drug Enforcement Administration (DEA) et mène une vaste campagne de communication pour décourager la consommation de stupéfiants. Une politique qui se révèle un échec : faire de la publicité pour expliquer qu’il ne faut pas consommer de drogues n’a jamais dissuadé personne.

Les lieux de production étant situés en Amérique latine, la politique de Reagan se déploie au-delà des frontières américaines. Les États-Unis soutiennent militairement les gouvernements d’Amérique centrale et andine dans leur lutte contre les cartels, notamment en Colombie et au Pérou. Cette stratégie, marquée par la coopération entre armées, polices et services secrets, transforme la lutte antidrogue en enjeu géopolitique majeur de la guerre froide. Le trafic de drogue sert souvent à financer les guérillas marxistes (comme les Farc en Colombie), ce qui permet aux États-Unis de justifier leurs interventions et de soutenir des régimes militaires qui ont d’autres priorités que les droits de l’homme. Mais au nom de la lutte contre la drogue, Washington ferme les yeux.

Les résultats sont mitigés : la consommation augmente toujours, le type de drogue consommé se transforme, passant notamment aux drogues de synthèse, dont le fentanyl aujourd’hui. Si le problème n’est pas réglé, on peut toujours opposer l’argument que ne rien faire aurait abouti à pire. Mais, contre les drogues, les États, quels qu’ils soient, se battent toujours contre des océans immenses.

Pirates des Caraïbes

Donald Trump reprend à son compte cette guerre contre la drogue en intensifiant les interventions en mer des Caraïbes, espace par où transitent de nombreuses embarcations des réseaux criminels. C’est notamment l’interface aquatique entre les zones de production (Amérique latine) et les zones de consommation (États-Unis). Des zones de transport qui passent soient par le Mexique, soit par les Caraïbes. Mais il est plus facile, pour l’armée américaine, d’agir en mer des Caraïbes.

Les trafiquants utilisent des bateaux rapides, des pêcheurs complices, mais aussi des sous-marins artisanaux, capables de transporter plusieurs tonnes de cocaïne sous les eaux.

Pour contrer ce trafic, les États-Unis ont mis en place un important dispositif naval et aérien. Le Joint Interagency Task Force South (JIATF-South), basé à Key West en Floride, coordonne la surveillance de l’ensemble du bassin caribéen. Cette force inter-agences regroupe des unités de la Navy, des Coast Guards, du Department of Homeland Security, mais aussi des services de renseignement et des armées alliées d’Amérique latine. Son objectif : détecter, intercepter et neutraliser les cargaisons de drogue avant qu’elles n’atteignent les côtes américaines.

À coups de marteau

Les États-Unis ne mènent pas cette guerre seuls. Ils collaborent étroitement avec de nombreux pays de la région, notamment la Colombie, le Mexique, la République dominicaine, le Panama et plusieurs îles caribéennes. Ces coopérations prennent la forme d’échanges de renseignements, d’exercices conjoints et d’opérations coordonnées en mer.

L’une des opérations phares est Operation Martillo (« marteau »), lancée en 2012, donc sous Barack Obama. Elle réunit les États-Unis et dix-sept pays partenaires pour intercepter les cargaisons illégales dans les Caraïbes et le Pacifique oriental.

Outre les interceptions, les États-Unis mènent des actions de formation et d’assistance. Ils fournissent du matériel, des radars et des navires de patrouille aux pays de la région, dans le cadre de programmes d’aide militaire et de sécurité. L’objectif est de renforcer les capacités locales afin de limiter le rôle des États-Unis à la coordination et au soutien.

Une guerre sans fin ?

Malgré ces moyens considérables, la lutte contre le trafic de drogue reste un combat difficile, voire impossible. Les routes du trafic se déplacent au gré des opérations : quand la pression augmente dans une zone, les cartels en ouvrent une autre. Les Caraïbes connaissent ainsi des phases de reflux et de recrudescence ; les États ont toujours plusieurs coups de retard.

Pour Washington, pourtant, l’enjeu demeure vital : empêcher que les narcotrafiquants n’alimentent les réseaux criminels et la consommation intérieure. C’est pourquoi la mer des Caraïbes reste, plus que jamais, un espace sous haute surveillance. Notons ici une remarquable continuité parmi les administrations : quelles que soient les couleurs politiques, tous les présidents américains ont mené leur guerre contre la drogue. Trump, fidèle à lui-même, parle plus haut et plus fort, comme pour le mur anti-migrants, débuté sous Bill Clinton. Il attire la lumière et fait pression sur le gouvernement vénézuélien, sans certitude de réussite.

 

 

Le Paradoxe entre une Europe non compétitive et la hausse de l’euro.

Le Président Trump a décidé en avril 2025 que les déficits extérieurs des USA étaient insupportables sur le long terme, et, en conséquence, il a collé des droits de douane tout à fait conséquents à tout le monde.

Pour l’instant, cette poussée de protectionnisme n’a eu d’effets négatifs ni sur l’inflation ni sur l’activité économique, ni aux USA ni en dehors des USA : les produits importés aux USA n’ont pas subi de hausse des prix et le commerce mondial en volume vient de faire un plus haut.

Comment est-ce possible ?

Il n’y a qu’une solution à ce dilemme : les droits de douane aux USA ont dû être absorbées les sociétés exportatrices qui ont baissé leurs marges à due concurrence des droits de douane imposés par l’administration américaine sur leurs produits.

Logiquement, nous aurions donc dû avoir une baisse des profits de ces sociétés et, sans doute, une baisse des cours de celles qui étaient cotées puisqu’il y avait un transfert de profits du reste du monde vers les USA, pour peu qu’il y ait eu des concurrents aux USA. Nous avons eu quelques exemples de ce type avec la baisse de Stelantis en Europe et la hausse de GM et de Ford aux USA. Mais je crois que quelque chose de plus profond est en train de se passer. Que le lecteur veuille bien considérer le graphique suivant.

 

 

 

Explications.

Chaque ligne représente l’indice des prix à l’exportation pour chacun des trois pays base 100 au 1/1/202 (Allemagne, Japon, Chine), que j’ai ensuite corrigé du taux de change du pays contre le dollar. Ces trois indices mesurent donc la compétitivité industrielle contre le dollar de chacun de ces pays. De 2008 à 2021, les trois pays connaissent une évolution de leur compétitivité à peu près similaire. Mais depuis le début de 2022 et le déclenchement de la guerre en Ukraine, l’Euro est beaucoup monté contre le dollar tandis que le yen et renminbi baissaient.

Ce qui veut dire en termes clairs que la hausse des droits de douane ramène les marges des sociétés Japonaises et Chinoises là où elles étaient il y a quelques années, ce qui est très supportable. La baisse de ces deux monnaies a compensé la hausse des droits de douane. C’est ce que prouve mon premier graphique.

Absorber 20 % de droits de douane est très facile pour les affaires Chinoises ou Japonaises Leurs marges reviennent là ou elles étaient en 2020.

Mais l’industrie allemande, du fait de la hausse de l’euro est aujourd’hui non compétitive vis-à-vis de la Chine et du Japon non seulement quand elles exportent aux USA mais aussi dans tous les marchés des pays tiers.

C’est ce que montre le deuxième graphique. Le yen est grotesquement sous-évalué vis-à-vis de l’euro.

 

Les sociétés allemandes n’ont donc aucune chance de vendre quoi que ce soit si elles trouvent en face d’elles des sociétés Japonaises ou Chinoises.

La question est donc maintenant non pas pourquoi le yen et le renminbi ont baissé, mais bien plutôt pourquoi l’euro est-il monté ?

Le dernier graphique s’attache à résoudre cette question

 

Le taux de change yen/euro a tendance à suivre la différence des taux courts entre les deux pays et c’est ce qui se passe de 2019 à 2024, et le yen du coup baisse, passant de 120 y/e à 174 y/e.

Le yen recommence à monter quand les Japonais relèvent leurs taux courts pendant l’été 2024…. Et tout se passe comme prévu jusqu’en avril 2025.

Patatras, monsieur Trump est élu fin 2024, et en avril 2025, il se met à augmenter les droits de douane sur tout le monde.

Les investisseurs européens prennent peur que cela ne crée une dépression aux USA et vendent le dollar comme des fous contre l’euro, qui monte brutalement vis-à-vis du dollar mais aussi du yen et du renminbi, à la place de continuer à baisser comme il aurait dû le faire.

Et c’est là que se trouve le vrai problème de l’Europe : une réaction « logique » des investisseurs au niveau microéconomique (la couverture du risque de change dollar/euro dans leurs portefeuilles), amènera à un probable désastre macroéconomique pour la zone euro quelques mois après tant les affaires industrielles européennes se retrouvent non compétitives vis-à-vis des sociétés Chinoises ou Japonaises.

Trois remarques s’imposent ici :

  • Il est vrai que sur le court terme, la microéconomie (les flux de capitaux) l’emporte souvent sur les réalités économiques à long terme.
  • Mais sur le long terme, seule compte la compétitivité, tout au moins en ce qui concerne les taux de change.
  • Il faut à peu près 12 mois pour que des hausses des taux de change aient un impact sur la balance commerciale.

Je me demande ce qui va se passer sur le taux de change de l’euro vis-à-vis du yen et du renminbi quand la zone euro va passer en comptes courants déficitaires au printemps ou à l’été prochain.

Mais je sais que le Japon a des comptes courants excédentaires égaux à 5 % de son PIB, et la Chine une balance commerciale excédentaire de plus de 1000 milliards de dollars et que ces deux excédents vont continuer à augmenter dans les mois qui viennent.

Rendez-vous en Avril 2026 donc.

C’est à ce moment-là que l’on commencera à voir les effets de la hausse du taux de change de l’euro sur la balance commerciale de la zone euro.

Et je cherche désespérément QUI achètera de l’euro à ce moment-là.

 

 

 

 

L’IA veut maîtriser les étoiles

Le 16 octobre dernier, Google a officialisé l’accord entre sa filiale DeepMind et l’entreprise Commonwealth Fusion Systems (CFS), start-up créée au MIT. Le but ? Utiliser l’IA pour maîtriser l’énergie des étoiles, c’est-à-dire la fusion nucléaire.

Voilà plusieurs décennies que les scientifiques travaillent sur la maîtrise de la fusion, qui nécessite notamment de contenir le plasma. Des tests longs et difficiles, durant lesquels l’énergie consommée est toujours supérieure à l’énergie produite. Avec cette alliance, Google DeepMind et CFS promettent de multiplier la puissance de calculs, et donc de réaliser plus de tests et à moindres coûts. Leur objectif ? Maîtriser la fusion d’ici 2030. Ce qui permettrait de générer plus d’électricité, à coût moindre. Et donc d’alimenter les data centers de Google en énergie abondante et peu chère. L’IA est ainsi mise au service de l’énergie, donc de l’économie et de la puissance politique.

L’avenir dira si cette alliance sera une réussite et si les promesses faites seront réalisées. Mais on peut d’ores et déjà se projeter dans le futur et imaginer les conséquences si cela réussissait effectivement.

Tokamak et donut

Mes connaissances en physique étant faibles, je remercie mes amis physiciens qui ont pu m’expliquer le fonctionnement du tokamak qui est au centre de l’enjeu de la fusion.

Pour obtenir la fusion, il faut produire un plasma qui atteint les cent millions de degrés. Aucun matériau ne pouvant résister à une telle chaleur, le plasma est maintenu en suspension par pression magnétique. Le tokamak, mis au point par des ingénieurs soviétiques dans les années 1950, est donc une sorte de chambre en forme de donut qui contient le fameux plasma. De grosses bobines supraconductrices disposées autour de la chambre maintiennent le plasma comme en lévitation. En parallèle, des systèmes de chauffage par faisceaux de particules rapides et par ondes électromagnétiques permettent d’atteindre les températures nécessaires à la fusion.

Lorsque les noyaux de deutérium et de tritium fusionnent, ils libèrent un neutron et un atome d’hélium. Le neutron, dépourvu de charge électrique, s’échappe du champ magnétique et vient frapper les parois internes de la chambre, où son énergie est captée sous forme de chaleur. Cette chaleur peut ensuite être utilisée pour produire de la vapeur, faire tourner une turbine et générer de l’électricité, exactement comme dans une centrale classique, mais sans émission de CO₂ ni résidus radioactifs de longue durée. C’est là l’intérêt principal de la fusion.

Le défi du tokamak consiste donc à maintenir à l’équilibre un plasma qui est par nature instable. Et c’est sur ce point que butent de nombreux centres de recherche. D’où le projet de Google DeepMind et de CFS, qui promettent d’utiliser l’IA pour parvenir à stabiliser le plasma. Et donc à maîtriser le contrôle du tokamak et la production d’énergie. Maîtriser cette innovation, ce serait maîtriser l’énergie des étoiles, mais dans un donut.

DeepMind et CFS

Depuis plusieurs années, les chercheurs de DeepMind tentent de maîtriser le plasma. En 2022, ils avaient déjà prouvé qu’une IA pouvait stabiliser un plasma en temps réel dans un petit tokamak expérimental suisse. Avec Commonwealth Fusion Systems, le défi passe à une tout autre échelle. L’entreprise du MIT construit actuellement SPARC, un réacteur compact utilisant des aimants supraconducteurs haute température, conçus pour être le premier à produire plus d’énergie qu’il n’en consomme.

Les ingénieurs de DeepMind ont développé un simulateur baptisé TORAX, capable de prédire la dynamique du plasma avec une rapidité et une précision inédites. Grâce à l’apprentissage automatique, l’IA pourra explorer des millions de configurations magnétiques et apprendre à anticiper les instabilités, à éviter les décharges soudaines et à maximiser le rendement énergétique.

Cette collaboration s’inscrit dans une logique énergétique globale. Les centres de données de Google sont de très grands consommateurs d’électricité. L’entreprise cherche donc des solutions pour alimenter ses infrastructures. En parallèle de la coopération scientifique, Google a signé un contrat d’achat d’électricité avec CFS pour s’approvisionner en énergie de fusion dès 2030, lorsque la centrale ARC, successeur de SPARC, sera mise en service. Google fait le pari de la fusion pour lui fournir une énergie abondante, accessible et sans résidu. Un nucléaire avec toutes les qualités et aucun défaut, en quelque sorte. De quoi répondre aux besoins exponentiels de Google en termes de puissance de calcul.

Si Google et CFS réussissent leurs promesses, ils auront atteint le rêve poursuivi par de nombreux scientifiques depuis 70 ans.

Un nouveau monde

Ne nous emballons pas trop vite sur les promesses de nouveau monde. Mais l’anticipation est malgré tout essentielle pour esquisser ce qu’il pourrait advenir si DeepMind et CFS réussissent leur pari.

Le premier sera la production d’une électricité abondante et à moindre coût, donc d’une révolution énergétique majeure. Ce qui aura des conséquences sur les énergies fossiles et donc sur le pétrole, le gaz et le charbon, qui demeurent aujourd’hui les principales sources d’énergie. Si la fusion est maîtrisée, développée et déployée, alors la plupart de ces centrales deviendront obsolètes. De quoi redessiner la carte du monde et affaiblir les producteurs de pétrole et de gaz, en premier lieu la Russie et les pays du Golfe.

Deuxième conséquence : l’IA, très gourmande en électricité, trouvera une source pour l’alimenter. Donc, il pourra y avoir encore plus d’IA. Et Google pourra maîtriser toute la chaîne de production : l’IA produite, les data centers pour la produire, l’énergie qui sert à faire tourner les centres. De quoi maintenir sa main mise sur le secteur et de continuer à en faire une très grande puissance économique.

Troisième conséquence : le déclassement des puces. CFS a investi dans la fusion, mais aussi Google DeepMind, Bill Gates, Nvidia et Tiger Global. Les plus grands jouent dans la cour des grands et font tout pour demeurer grands. TORAX, le grand projet de CFS, est open source. Donc CFS ne vise pas à gagner de l’argent avec les brevets, mais veut au contraire que sa technologie se déploie, soit partagée et améliorée par d’autres. CFS est donc en train de créer un standard pour toute l’industrie. CFS veut maîtriser son tokamak en 2026 et vise une production d’énergie en 2027. Les promesses se font donc dans un temps très court. CFS veut produire de l’électricité commerciale à échéance 2030. C’est-à-dire demain. Ce qui veut donc dire que, pour ces grandes entreprises, l’enjeu des années à venir ne sont pas les puces, mais l’énergie. Et c’est sur la maîtrise de l’énergie que les grandes entreprises américaines misent leurs forces. Si cela aboutit, elles auront une grande avance sur la Chine et pourront ainsi maintenir les États-Unis comme numéro 1.

 

Beaucoup de « si », beaucoup de promesses. L’avenir très proche dira si CFS et DeepMind réussissent leur pari. Si tel est le cas, les bouleversements géopolitiques seront majeurs. Et, encore une fois, les malthusiens se seront trompés.

 

 

 

 

La dette française dans le futur.

Soit un pays qui a

  • Un PIB de 100.
  • Une dette de 120 % du PIB, détenue à 50 % par les nationaux et à 50 % par des étrangers.
  • Un service de la dette (taux d’intérêts) à 2.5 % par an et qui va monter au-dessus de 3 % quand la dette émise  à  0 % sera présentée au remboursement.
  • Une croissance nominale du PIB de 1.5 % par an, qui baisse structurellement.
  • Une dette qui va sans doute monter de près de 10 % cette année (330 milliards de nouveaux emprunts.
  • En l’année T0 (aujourd’hui), le PIB en valeur nominale dégage 1. 5% de plus que dans l’année T-1(2024)

Ces chiffres correspondent à ceux de notre cher pays.

Comment vont se partager les 1. 5 % de croissance ?

Il y a des priorités dans les dépenses d’un Etat et la première des dépenses à être servie est toujours le service de la dette.

Le service de la dette est donc le seul coût de l’état qui ne peut être discuté ou réduit et ce coût sera de (2.5 % *120) =3 % du PIB.

La moitié de cette dépense va aux épargnants français soit 1.5% du PIB tandis que l’autre moitie va aux épargnants étrangers.

Et c’est là que la situation devient intéressante. Il n’y a pas assez de valeur créée pour servir les emprunteurs français. A partir de maintenant, la totalité de la nouvelle richesse créée, soit 1.5 % du PIB va aller aux épargnants étrangers.

Les préteurs français, soumis à la loi française, vont donc être spoliés car les préteurs étrangers doivent toujours être servies en premier.

Et donc, à partir de maintenant, je sais que le niveau de vie des préteurs français va lui aussi baisser et rejoindre la baisse généralisée de notre niveau de vie qui a commencé avec monsieur Macron. Le recours à la Loi Sapin 2 nous guette, à moins que nous n’ayons droit à un emprunt forcé.

Le problème bien sûr est que les paiements aux étrangers rajoutent aux déficits des comptes courants (balance commerciale) et je sais donc aussi que les déficits extérieurs vont se creuser en due proportion des paiements que nous allons devoir faire de plus en plus aux étrangers en y consacrant la totalité de la maigre croissance que nous gênerons encore.

Et donc nous allons devoir taxer les retraités pour pouvoir servir leur livre de chair aux étrangers.

Ce que je dis est malheureusement certain :  à partir de maintenant, la population française dans son ensemble va s’appauvrir année après année. En T+2, le français de base, retraité compris, sera plus pauvre qu’en T+1, en T+3 plus pauvre qu’en T+2 et ainsi de suite.

Ce que je décris sommairement est ce que Keynes a appelé une trappe à dette : si un pays a une dette importante (de la taille de son PIB), si cette dette est largement détenue par des étrangers, et si les taux d’intérêts sont supérieurs au taux de croissance du pays, il ne faut pas avoir fait polytechnique pour comprendre que lorsque les étrangers décideront de ne plus prêter, le niveau de vie dans le pays s’écroulera brutalement.

Et qu’en attendant le niveau de vie de la population du pays baissera.

Cela fait des années qu’en France notre niveau de vie (NDV) est égal à l’argent gagné (AG) auquel il faut rajouter l’argent emprunté (AE)

NDV= AG+AE.

Dans le futur AE va disparaitre et notre niveau de vie tombera à l’argent gagné duquel il faudra soustraire l’argent à rembourser AR.

Et notre niveau de vie sera

NDV=AG-AR

Et donc, notre niveau de vie va baisser d’au moins 25 %, et plus nous attendrons pour nous attaquer au vrai problème, les dépenses de l’Etat, plus la chute de notre niveau de vie sera importante.

Et ce parcours est celui qu’ont suivi l’Argentine d’avant Milei, le Venezuela, Cuba, la Suède avant 1992, la Grande-Bretagne avant Thatcher, la France de Louis XVI, la Rome de Dioclétien…en commençant sans doute par Adam et Eve au paradis …

Cela est CERTAIN.

Je n’ai plus qu’une seule question à traiter : quand tout cela va-t-il se passer ?

Et ma reponse est toujours la même : je n’en ai pas la moindre idée.

Mais je sais ce qu’il faut regarder trois prix pour savoir si le dénouement approche.

  • Le premier est le ratio entre deux réserves de valeur, les obligations émises par l’Etat français et l’or.
  • Le deuxième est l’écart de prix qui se creuse entre deux autres réserves de valeur, le fameux écart des taux entre les obligations françaises et leurs concurrentes de meilleure qualité en Europe. J’ai choisi les Pays Bas. Pourquoi les Pays Bas ? Parce que le spread entre la France et l’Allemagne est massivement manipulé par la banque de France…
  • Et le troisième, le cours des banques en Europe qui ont en « réserves » des obligations françaises.

Vérifions le premier.

 

Depuis le début de l’euro, l’or a fait beaucoup mieux que les obligations françaises (obligations en baisse de 90 % par rapport à l’or depuis 2000) et cette surperformance s’est accentuée depuis le début du Covid. Je considère que le ratio en dessous de 50 depuis la fin mai 2025 est un mauvais signe.

Passons au deuxième, la différence des taux sur les obligations à 10 ans entre la France et les Pays Bas.

 

Nous sommes indubitablement en zone dangereuse, et, contrairement à ce que la presse nous affirme, les échecs politiques français ont amené cet écart a un plus haut depuis la crise de l’euro.

Passons au dernier graphique qui représente l’indice des banques dans la zone Euro.

 

 

Le message est moins alarmant que pour les deux premiers graphiques, mais le jour où les obligations françaises seront vraiment attaquées, il est certain que l’indice des banques de la zone euro plongera.

Il faut donc surveiller cet indice comme du lait sur le feu.

Il est déjà 5 % plus bas qu’à la fin aout…

Conclusion.

Compte tenu de l’évolution politique en France, une crise sur la dette française est maintenant une certitude, et, cette crise pourrait se déclencher à tout moment,

Attachez vos ceintures.

 

 

 

 

 

 

 

L’innovation est en marche

Le prix Nobel d’économie a été remis à Philippe Aghion pour sa contribution à la démonstration du rôle de l’innovation dans le développement économique. Rien de bien nouveau : on savait cela depuis bien longtemps, mais il est toujours utile de le rappeler. Notamment à la classe politique française, qui continue de penser que c’est la consommation qui fait la croissance et la richesse, ce qui justifie toutes les aides sociales et subventions. Or, en matière d’innovation, ces derniers mois ont vu des annonces, des présentations et des réalisations tout à fait surprenantes qui annoncent des gains majeurs de productivité. Des innovations qui démontrent, une fois de plus, que les débats sur l’âge de la retraite et la fiscalité sont vains, tant le monde des ingénieurs et des inventeurs va beaucoup plus vite que celui des politiques.

 

La traduction enfin réalisée

 

Les progrès en matière de traduction automatique n’ont cessé de croître au cours des dernières années. Cette technique est souvent moquée à cause de ses imperfections et de ses erreurs. C’est oublier qu’elle ne cesse de s’améliorer, qu’elle fonctionne déjà beaucoup mieux qu’il y a cinq ans et qu’elle sera encore meilleure dans cinq ans.

Les traductions automatiques de textes ne posent déjà plus de problème et de nombreux outils le font très bien, comme DeepL et Chat GPT. La traduction automatique des pages internet permet d’accéder à des données et des informations encore inaccessibles il y a peu à cause de la barrière de la langue. Cette barrière n’existe désormais plus.

Le nouveau défi est celui de la traduction orale automatique, pour usage lors des réunions ou dans la rue, lors de conversations courantes.

You Tube assure déjà des traductions orales des vidéos. Il y a encore des points à perfectionner, mais c’est déjà bluffant. Des vidéos de Conflits peuvent ainsi être vues doublées en anglais ou dans d’autres langues. Là aussi, c’est un accès et une diffusion du savoir sans précédent.

 

Apple a mis sur le marché début septembre ses Air Pod 3 qui offrent une traduction orale immédiate. Je n’ai pas encore pu les tester, car c’est inaccessible dans l’UE à cause de règles européennes internes. Mais les démonstrations techniques et les tests réalisés par des amis confirment que le temps de latence est faible et la traduction fiable. Samsung développe aussi ce type de produits. Si des progrès sont encore attendus, c’est déjà un pas immense réalisé. Une fois au point, c’est-à-dire dans quelques mois ou quelques années, cela facilitera les voyages, les cours internationaux, les échanges économiques. Cette innovation apporte des champs d’évolutions majeurs.

 

Le robot de maison

 

Faciliter les tâches ménagères quotidiennes, disposer d’une « bonne » à domicile qui puisse effectuer les travaux pénibles. Depuis les années 1950, la vie ménagère n’a cessé d’être simplifiée grâce à l’innovation et au développement des robots. Lave-linge et lave-vaisselle, réfrigérateur et congélateur, four et four à micro-ondes, aspirateur, etc. Boris Vian s’en était moqué dans sa Complainte du progrès, mais c’est pourtant une immense révolution silencieuse aux conséquences sociales lourdes. En supprimant une grande partie des tâches ménagères, ces machines ont libéré les femmes d’un poids séculaire, permettant qu’elles consacrent leur vie à d’autres activités, notamment professionnelles. Si autant de femmes sont entrées sur le marché du travail à partir des années 1960, c’est grâce au développement des robots ménagers. Or, dans ce domaine l’innovation stagne depuis plusieurs décennies, hormis l’invention des robots tondeuses. Les multiples présentations de robots domestiques ouvrent des perspectives nouvelles. Ces robots repassent et plient le linge, rangent le salon, nettoient la vaisselle.

L’entreprise californienne Figure AI vient de présenter Figure 03, un robot humanoïde dédiée aux tâches ménagères. Une vidéo de présentation peut être vue ici.

On voit que les gestes sont encore mal assurés, un peu gauches. Mais c’est un début et il faut imaginer ce que pourra donner ce robot d’ici 5 ans. Figure AI envisage d’en produire 100 000 par an, au coût de 60 000 $. Un coût qui ne cessera de baisser et qui rendra donc obsolète le travail de nombreuses tâches domestiques.

 

Le bouillonnement d’innovation actuel rappelle un peu ce que nous avons vécu au tournant des années 2000, avec le déploiement des ordinateurs personnels dans les foyers, Windows 95, le mail. À l’époque, on ne savait pas encore trop à quoi cela allait servir ni ce que cela allait changer. Une génération plus tard, soit 25 ans, les gains de productivité ont été colossaux et les transformations industrielles majeures.

 

L’industrie sans les hommes

 

En Chine, la réindustrialisation passe par des usines sans ouvrier. Automatisation complète des tâches, usines qui travaillent jour et nuit, sans congé et sans grève. Un reportage de TF1 visible ici permet de découvrir ce type d’usine. J’ai eu l’occasion de visiter l’une de ces usines dans la région de Shanghai. Tout est propre, assez silencieux, calme. Des bras articulés qui travaillent, des chaînes de production qui se déploient. Sans ouvrier, pas besoin de chauffage, de climatisation, de lumière. D’où leur nom de dark factory puisque tout est sombre. Autant d’économie d’énergie et donc de réduction des coûts. Seuls des ingénieurs qualifiés sont présents, pour vérifier que tout fonctionne.

 

Et l’emploi ?

 

Face à ces transformations, la question lancinante qui revient est celle de l’emploi et du chômage. L’histoire économique a déjà répondu à cette question et Jean Fourastié a brillamment analysé la question dans son œuvre. La mécanisation détruit des emplois, mais elle en crée aussi, différents et en surplus. Fini les chauffeurs, les ouvriers, les professeurs de langues, les domestiques, les livreurs de repas. On voit très bien ce qui va être détruit et quels secteurs vont disparaître. Mais on ne voit pas, et on ne peut pas encore connaître, les secteurs et les opportunités qui seront créées. Avec l’informatisation de la vie professionnelle et domestique au cours des années 2000, de nombreux métiers ont été créés, que l’on ne pouvait pas prévoir. Il en sera de même ici.

 

Les métiers qui disparaissent sont des emplois qui sont déjà aujourd’hui difficilement pourvus : l’éducation nationale ne parvient plus à recruter des professeurs de langue, la RATP a un mal fou à recruter des chauffeurs de bus et de métro, de même pour les taxis et pour de nombreux emplois d’usine. Refuser la mécanisation au nom de la sauvegarde de l’emploi c’est ne pas voir que le marché a déjà tranché la question : ces emplois ont de plus en plus de mal à trouver preneur. Notamment en raison de leur pénibilité. La mécanisation est donc une réponse à l’emploi et à la compétitivité.

 

C’est aussi un sujet de compétition internationale. Dans trop de domaines, le monde avance sans nous. L’innovation et la productivité sont aux États-Unis et en Chine et l’Europe frôle le déclassement. Il y a donc urgence à remettre l’innovation au centre de la réflexion politique.

 

 

 

 

Parlons d’autre chose.

J’ai vraiment l’impression que nous sommes dans un monde occidental totalement nombriliste.

Les journalistes suivent avec passion les foucades de nos hommes politiques qui eux-mêmes réagissent aux commentaires des journalistes, ce qui finit par lasser même les citoyens les plus obtus.

Du coup, j’ai décidé de faire ce papier sur ce qui se passait en …Inde et qui est sans doute beaucoup plus important que ce qui se passe en ce moment entre Le (bis)Cornu et le Président Macron.

Commençons par un rappel : J’ai souvent indiqué dans ces billets qu’un ordre monétaire nouveau était en train de naitre autour du renminbi, la monnaie chinoise. J’ai prouvé, à ma satisfaction tout au moins, qu’un certain nombre de pays autour de la Chine s’était alignés sur cet ordre nouveau. Mais la grande question pour les années à venir est la suivante : L’Inde acceptera-t-elle que la roupie fasse partie de ces nouveaux arrangements ?

C’est ce que je vais essayer de voir dans ce papier en commençant avec le taux de change entre la roupie et le yuan ajusté ou non pour la différence des taux courts entre les deux monnaies.

 

 

La ligne rouge représente le taux de change au comptant entre les deux monnaies, celui qui vous voyez dans le journal.

La ligne bleue le taux de change ajusté pour la différence des taux courts. Si l’Inde a des taux à un an à 6% et la Chine à 1%, et si la roupie baisse de 5 % alors la ligne bleue restera horizontale. Si la ligne bleue baisse, cela veut dire que l’Inde dévalue contre la Chine, si elle monte que l’Inde réévalue, et si elle est à plat que rien n’a changé, les taux courts compensant exactement la variation des taux de change.

Lignes bleues et rouges baissaient toutes les deux de 2006 a 2016.

Depuis 2016, la roupie s’est stabilisée par rapport au renminbi (ligne bleue horizontale), ce qui veut dire que ceux qui font du commerce entre les deux pays peuvent couvrir leur risque de change sans aucune difficulté, ce qui semble indiquer une collaboration certaine entre les deux banques centrales.

Venons-en aux taux longs (obligations gouvernementales a 10 ans).

 

 

Pour les placements obligataires, c’est beaucoup plus net encore.

De 2004 à 2016, Les obligations indiennes sont dans une baisse structurelle vis-à-vis de leurs consœurs chinoises.

Depuis 2017, nous avons une horizontale centrée aux alentours de 80 (échelle de gauche, base 100 au 1/1/2004).

Ce qui revient a dire qu’emprunter à long terme en Chine ou en Inde est revenu exactement au même…

Là encore, ce genre de choses n’arrive pas par hasard.

Venons-en finalement aux actions et regardons la performance relative des deux marchés des actions.

 

 

 

Le ratio est parfaitement horizontal entre les deux marchés, ce qui semble indiquer que la rentabilité du capital investi est la même sur le long terme entre les deux pays

Aujourd’hui, il vaut mieux jouer la Chine que l’Inde pour des raisons de valorisation.

Conclusion

Je voudrais terminer sur une note optimiste sur l’Inde en montrant un dernier graphique.

Pour les Indiens, LA réserve de valeur est l’or.

 

Apparemment, quand l’or a doublé par rapport à leur marche des actions et donc quand l’or est cher, ils en vendent pour acheter des actions.

Quand les actions sont chères, ils en vendent pour acheter de l’or.

Ces règles de décision marchent depuis 1993, date du début de mon graphique.

Aujourd’hui, les Indiens sont sans doute en train de se préparer à acheter des actions en vendant de l’or puisque nous venons d’atteindre un point d’achat sur les actions contre l’or.

De ce fait, ils vont acquérir à bon compte des revenus futurs en dividendes qu’ils auront payés avec leurs gains sur l’or.

Pour ceux qui auraient trop d’or aujourd’hui et qui n’auraient pas confiance dans la Chine. Ils pourraient suivre cette stratégie « Indienne ».

Après tout, si les Indiens sont rentrés dans le système monétaire Chinois, il parait raisonnable d’espérer une baisse des taux longs Indiens qui convergeront vers les taux Chinois, ce qui ne ferait pas de mal aux actions Indiennes, bien au contraire.

 

 

 

 

 

 

 

Soudan : la tragédie silencieuse

Pendant que les regards sont tournés vers la Palestine et l’Ukraine, d’autres conflits se déroulent dans le monde, souvent hors des radars médiatiques. C’est notamment le cas du drame soudanais, débuté il y a près de trois ans, devenu un drame humanitaire de grande ampleur.

 

Avril 2023. Le gouvernement en poste à Khartoum se déchire sur fond de rivalité entre deux hommes. D’un côté, le général Abdel Fattah al-Burhan, chef des forces armées soudanaises (SAF) et dirigeant de facto du pays depuis le coup d’État militaire d’octobre 2021. De l’autre, Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti, à la tête des RSF, une force paramilitaire née des milices Janjaweed, célèbres pour leurs exactions au Darfour dans les années 2000.

 

Après la chute d’Omar el-Béchir en 2019, les deux hommes s’étaient partagé le pouvoir. Mais les tensions entre les deux camps militaires, alliés de circonstance lors du coup d’État, ont fini par exploser. Chacun cherchait à consolider son influence sur l’État et l’économie, dans un contexte d’instabilité politique et de luttes d’intérêts autour des ressources minières, des revenus frontaliers et du contrôle du territoire. La prise pour le pouvoir politique devait être totale afin de faire main basse sur les ressources étatiques.

Au fil des mois, ce conflit qui était géographiquement limité à la capitale et ses environs, a pris une dimension nationale, avec des conséquences sur les voisins directs, notamment le Tchad et l’Égypte. Les combats, d’abord concentrés dans la capitale, se sont propagés au Darfour, au Kordofan et dans les États du sud et de l’est. D’autres groupes armés régionaux, issus d’anciennes rébellions, se sont insérés dans le conflit, parfois en s’alliant temporairement à l’un ou l’autre camp selon leurs intérêts locaux. D’une lutte pour le pouvoir entre deux hommes, la guerre a viré à la mise à feu du Soudan, avec le réveil des haines ethniques et des revendications sécessionnistes.

 

Guerre locale, influences étrangères

 

D’un conflit soudanais, nous sommes ainsi passés à un conflit régional.

 

L’Égypte, le puissant voisin du nord, a toujours considéré le Soudan comme son arrière-cour. Elle conserve la nostalgie du protectorat établi sur ce pays où coule le Nil, un Soudan qui a toujours été inséré dans l’espace égyptien. Si quelques migrants soudanais se sont installés dans le sud de l’Égypte ainsi qu’au Caire, ce sont les autres voisins qui subissent de plein fouet les conséquences humaines de la guerre.

Le Tchad tout d’abord, qui voit affluer des milliers de réfugiés, notamment dans la zone frontalière du Darfour. Des réfugiés qui menacent la stabilité précaire de ce pays déjà en butent aux incursions du nord, venues de Libye. Le Tchad a toujours été le verrou de cette région africaine. La déstabilisation de ce pays aurait de graves conséquences pour l’espace sahélien, d’autant plus que l’armée française n’est plus présente pour y assurer la stabilité.

La Centrafrique et le Soudan du Sud, lui-même ravagé par sa propre guerre, sont eux aussi touchés par les réfugiés qui brisent le fragile équilibre démographique et ethnique de ces pays.

 

La présence de mercenaires étrangers, dont certains venants d’Amérique latine, a été attestée par plusieurs ONG et associations. Des mercenaires loués par les deux camps afin de renforcer leurs troupes et de former leurs combattants. L’accès aux armes est l’autre nerf de cette guerre, ce qui accroît les trafics et le marché noir dans une région où ceux-ci sont déjà légion.

 

Cette internationalisation du conflit illustre son importance stratégique : le Soudan, par sa position au carrefour de la mer Rouge, du Sahel et de la Corne de l’Afrique, est devenu un enjeu géopolitique majeur où s’affrontent intérêts arabes, africains et mondiaux.

 

Une guerre sans fin et un pays en ruines

 

Deux ans et demi après le déclenchement des hostilités, la situation militaire reste bloquée. Khartoum est dévastée, des villes entières sont en ruines, et des batailles prolongées se déroulent encore à El-Fasher, au Darfour, ou dans les États du Kordofan et de Sennar. Les combats urbains sont d’une violence extrême : bombardements indiscriminés, tirs d’artillerie, drones et sièges prolongés ont causé d’innombrables pertes civiles.

Le bilan humain exact demeure difficile à établir. Selon le Council on Foreign Relations, le conflit aurait fait jusqu’à 150 000 morts depuis 2023. Les Nations Unies évoquent « des dizaines de milliers » de victimes, tandis que des millions d’autres souffrent de blessures, de famine ou de maladies. À cela s’ajoute une épidémie de choléra, déclarée en 2024, qui a déjà fait près de 6 000 morts et infecté plus de 460 000 personnes.

 

Les déplacements forcés atteignent une ampleur dramatique. Environ 13 millions de personnes ont fui leur foyer, dont plus de 8 millions à l’intérieur du pays. Près de 4 millions ont trouvé refuge dans les pays voisins, en particulier au Tchad et en Égypte. Les camps débordent, les infrastructures humanitaires sont saturées, et beaucoup de réfugiés vivent dans des conditions précaires, exposés à la faim, aux maladies et à la violence.

 

La pire crise humanitaire du monde

 

L’ONU et les ONG estiment que plus de la moitié de la population, soit près de 25 millions de personnes, a aujourd’hui besoin d’aide d’urgence. Les hôpitaux sont détruits, le personnel médical manque, et les infrastructures de base, comme l’eau et l’électricité, sont effondrées. Dans certaines régions, notamment au Darfour et au Kordofan, l’accès humanitaire est presque impossible, les routes étant coupées ou sous contrôle des belligérants.

Les organisations internationales, comme l’ONU, le HCR ou Médecins Sans Frontières, tentent de venir en aide aux populations, mais elles sont confrontées à des obstacles constants : pillages, attaques, blocages administratifs ou militaires. De nombreux travailleurs humanitaires ont été tués dans l’exercice de leur mission.

 

Une guerre sans fin, dans l’indifférence

 

À long terme, le Soudan devra affronter un défi colossal : reconstruire un État déchiré, restaurer la confiance entre communautés, et rebâtir des institutions civiles capables de gouverner. Mais pour l’heure, aucune solution politique crédible n’est en vue. Les tentatives de médiation menées par les Nations Unies, l’Union africaine ou les pays arabes n’ont pas encore abouti à un cessez-le-feu durable.

Un conflit qui engendre un drame humanitaire de grande ampleur et qui se déroule dans une indifférence totale. C’est peu dire que cette guerre n’intéresse pas. Ni les pays africains, qui n’ont aucune solution à proposer, ni l’ONU et les Occidentaux, qui sont démunis et ne savent pas comment empêcher cette violence. La guerre semble durer jusqu’à épuisement complet des forces. Tant qu’il y aura des armes pour tirer, tant qu’il y aura des hommes à abattre, le conflit se poursuivra.

Au-delà du drame humanitaire, le Soudan illustre aussi l’impossibilité de la paix. Il ne suffit pas de vouloir la paix chez les autres pour que celle-ci advienne. Que ce soit en Palestine, en Ukraine, au Soudan où ailleurs, la force l’emporte sur la justice, la violence balaie le pacifisme. Impossible d’imposer la paix à ceux qui ne la veulent pas, impossible de réconcilier les peuples quand ceux-ci se haïssent. C’est l’une des autres leçons de la guerre au Soudan.

 

 

 

Monsieur Lombard est un EYI.

Le lecteur connait l’intérêt que je porte aux idées de Nassim Taleb qui a récemment créé un nouveau concept. Selon lui, nos pays en Occident sont gouvernés par une classe de gens qu’il appelle les EYI, ou Educated Yet Idiots, ce qui en Français signifie « Diplômés mais bêtes  ».

Monsieur Lombard, qui est encore ministre des finances de notre pays au moment où j’écris ces lignes, me semble être un superbe représentant de cette classe. Depuis qu’il est ministre, il a en effet proféré un nombre considérable de phrases qui prouvent au-delà de ce qui est nécessaire qu’il ne comprend rien à la création de valeur sans laquelle il ne peut y avoir de croissance économique. J’en ai retenu trois (en rouge dans le texte).

Commençons par la plus ahurissante : Il va falloir que les entreprises françaises s’habituent à gagner moins d’argent. La réalité est que les entreprises opérant en France n’ont pour ainsi dire jamais gagné aussi peu d’argent qu’aujourd’hui (Et il ne le sait pas ?). En voici la preuve.

 

La ligne rouge représente la marge brute d’autofinancement des entreprises en % du PIB national ou MBA. De quoi s’agit-il ?

Tout simplement de l’addition des profits faits en FRANCE (rien à voir donc avec les profits du CAC 40) auxquels on ajoute l’amortissement du capital utilisé par l’entreprise. Pour faire simple, Il s’agit du cash qui reste dans la caisse quand l’entrepreneur a tout payé. Depuis 1970, cette MBA est passée de 28 % à 20 % du PIB et nous sommes le seul pays au monde où cela ce soit produit, dans tous les autres pays la MBA est restée stable ou est montée… Nous sommes aussi le seul pays de l’OCDE où le chômage ne soit jamais tombé sous les 7 % depuis 1974…

Et notre EYI en chef veut faire baisser encore la MBA française et donc la faire passer sous les 20 %, ce qui amènera à une récession qui fera exploser à la hausse notre déficit budgétaire et notre dette, comme à chaque fois depuis 1970. Toute baisse de la MBA déclenche en effet une hausse du chômage (quelle est l’entreprise qui va embaucher si ses profits baissent ?) au travers d’une récession un an plus tard, laquelle fera monter les dépenses de l’Etat, et ensuite notre dette.  Et c’est là le seul résultat logique de la déclaration de notre EYI en chef.

Mais ce remarquable incompétent aggrave son cas, car il a déclaré dans une seconde incongruité qu’aucune dépense de l’Etat n’était inutile et que toutes les structures étatiques avaient leur raison d’être.

Et donc, toute baisse des dépenses de l’Etat est interdite. Or la seule façon de sauver notre économie serait de faire baisser les dépenses de l’Etat et de baisser les impôts sur les entreprises et les citoyens de notre malheureux pays, ce qui d’après monsieur Lombard serait totalement inutile et contreproductif.

Et pourtant c’est ce qu’a fait la Suède depuis 1993 et la comparaison entre la France et la Suède (base 100 en 1994, date de début de mes statistiques) semble montrer à ma grande stupéfaction que monsieur Lombard a tort.

 

La Suède en 1992 est en faillite avec un état dont les dépenses représentent à l’époque 65 % du PIB et les sociaux-démocrates locaux décident donc de couper dans les dépenses étatiques massivement. Pour être honnête, cet accès de vertu est arrivé après que les taux sur les obligations suédoises aient atteints des niveaux réels supérieurs à 7 % et après que trois de leurs quatre grandes banques aient été mises en faillite et nationalisées. Depuis cette date les dépenses gouvernementales par rapport au PIB sont  en hausse de 9.5 % en France et en baisse de 22.4 % en Suède.

D’après monsieur Lombard, la croissance relative de la Suède vis-à-vis de la France a donc dû s’effondrer et les citoyens Suédois mourir de faim dans les rues, tandis que les marchés financiers Suédois se vomissaient sous l’effet de déficits gigantesques créés par la baisse massive de la demande domestique en Suède. Vérifions en commençant par l’économie. Pas de désindustrialisation en Suède ! Pas de déficits budgétaires structurels mais des excédents reguliers et des excédents massifs des comptes courants Suédois contre des déficits extérieurs chez nous. Sapristi ! Aurait-on fourni de fausses informations à monsieur Lombard ?

 

 

 

Et du coup, qu’en est il de la dette Suédoise qui ne valait pas tripette en 1992 ?

 

 

 

La Suède aujourd’hui emprunte moins cher que nous et dans sa monnaie ! Et la Suède n’a aucun problème de dette étatique.

Ce que l’on vérifie en regardant le ratio dette sur PIB dans chacun des deux pays, depuis l’an 2000. Le ratio dette sur PIB depuis est passé de 60 à 118 pour la France et de 60 à 33 pour la Suède.

 

Et, en incorrigible financier que je suis (et fier de l’être), je ne peux pas résister au plaisir de montrer les performances relatives des deux marchés des actions, dans la même monnaie, dividendes réinvestis.

La voici :

 

 

Les actions Suédoises depuis 1993 ont fait trois fois mieux que les actions françaises. Et comme les suédois ont des fonds de pension capitalisés, il n’y a donc aucun problème de retraites dans ce malheureux pays.

La question essentielle est donc : Mais pourquoi monsieur Lombard dit-il des choses dont il doit savoir qu’elles ne sont pas vraies ?

Et la deuxième est :  Quel est ce système politique qui amène des incompétents pareils au pouvoir ?

Et la reponse est sans doute donnée par le troisième phrase idiote qu’il a prononcé.

La France n’a jamais été un pays libéral car l’Etat a une mission de protection.

J’imagine qu’il veut dire que son rôle est de protéger les crapules qui nous gouvernent et qui l’ont choisi ?

 

 

 

 

 

 

UNE CATASTROPHE NOMMEE ZUCMAN

Chaque mois le vice-président de l’Institut des Libertés décode l’actualité économique. Et le compte n’y est pas.

 

Gabriel Zucman est l’auteur de l’idée la plus stupide défendue par un économiste au cours du mois écoulé. Il s’agit d’une taxe sur les patrimoines et les biens professionnels  des « ultra-riches » de plus de 100M€, qu’il voudrait mettre au cœur du débat budgétaire. Cette taxe idéologique qui repose sur la haine des riches, pourrait générer selon son promoteur 20Md€ par an. C’est peu au regard de l’ampleur du déficit public qui s’élève à 160Md€. En fait les impôts sur la fortune et sur les hauts revenus ont toujours échoué à produire les recettes attendues, car la courbe de Laffer montre très bien qu’au delà d’un certain seuil, taxer davantage réduit la base taxable. Les assujettis prennent leurs dispositions pour y échapper, notamment en quittant la France. Au mieux cela rapporterait 5Md€, car « taxer les riches » dans un pays qui a déjà un taux de prélèvement record et un système de redistribution unique au monde, cela ne peut pas être efficace. Bien évidemment cette idée a été reprise par Olivier Faure Premier Secrétaire du Parti Socialiste. Malgré les 2% enregistrés par son parti à la dernière élection présidentielle, il s’estime tout à fait légitime pour l’imposer.  Rappelons que les plus mauvaises idées qui ont affaibli l’économie française sous la cinquième République sont toutes d’origine socialiste : François Mitterrand avec « La retraite à 60 ans », Emmanuel Jospin avec « Les 35 heures », François Hollande avec « La fin de la politique familiale » qui marque le début du déclin démographique .

Au lieu d’être obnubilés par le numéro annuel du magazine Challenge sur « Les 500 plus Grandes Fortunes de France », les brillants économistes, proches de Thomas Piketty feraient mieux de consulter le magazine suisse Bilan dans lequel on compte plus de 50 grandes fortunes venues de France. Ils pourraient ensuite lire le grand économiste américain Thomas Sowell qui  dit « Il est difficile d’imaginer manière plus stupide et plus dangereuse de prendre des décisions que de les confier à des personnes qui ne paient aucun prix lorsqu’elles se trompent ».  Enfin, cela leur serait aussi utile de consulter la liste  des jeunes français formés en France qui ont choisi de créer leur entreprise aux Etats-Unis. La France ne serait peut être pas aussi attractive que ne le prétend le gouvernement….

 

Le schéma de gouvernance de l’IA proposé par le gouvernement pour la mise en œuvre du règlement a été mis en ligne sur les réseaux par un haut fonctionnaire. Il illustre très bien l’administration française, organisation d’une complexité savamment alambiquée qui est censée optimiser efficience et efficacité. Démonstration: tout est coordonné par la Direction Générale des Entreprises et la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) avec l’appui technique de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’information (ANSSI) et du Pôle Expertise de la Régulation Numérique (PEReN).

Cette organisation, on le voit bien, est destinée à garantir le meilleur partage de compétences. Pour prendre des décisions, il suffit ensuite de mettre dans la boucle le Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale, l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution, La Commission Nationale de l’ Informatique et des Libertés, l’Autorité de Régulation de la Communication Audiovisuelle et Numérique (ARCOM),le Ministère de l’Aménagement du Territoire et de la Transition Ecologique, le Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, la Direction Générale du Travail, l’agence Nationale des Fréquences, l’Agence Nationale de Sécurité des Médicaments et des Produits de Santé et enfin le Conseil d’Etat, la Cour de Cassation, et la Cour des Comptes. Ca va en faire des réunions pour occuper les fonctionnaires de toutes ces institutions.

L’Europe n’a pas les grandes entreprises de l’Intelligence Artificielle, mais on a de loin la plus grosse structure étatique de gouvernance de l’IA. Les Etats-Unis ont les GAFA et nous nous on a la réglementation. La technocratie liée à la bureaucratie tue l’innovation. En partant comme cela l’Europe a peu de chances de devenir un des grands acteurs de l’Intelligence Artificielle…

 

Pour vous aider dans vos démarches il faut que vous sachiez que le dispositif est hétérogène, polycentré, mondialisé, multilatéral et complexe. Cela permet de comprendre ce qu’est un état maitre de la norme, de l’impôt et de la subvention et cela permet d’engager des fonctionnaires. En 25 ans leur nombre a progressé beaucoup plus vite que la population !

 

 

Les aides diverses représentent 12 500€ en moyenne par français. La France est  le numéro un de la dépense sociale avec 5% du PIB soit plus que la moyenne européenne. Et pourtant le sentiment d’insécurité ne cesse de croitre et les français sont au monde ceux qui sont le plus angoissés sur l’avenir …Pourtant les 10% qui ont les revenus les plus faibles ont vu leur pouvoir d’achat reculer mais la redistribution a corrigé intégralement la baisse.

 

Le problème de la France avec le travail se reflète bien dans le taux d’absentéisme. Dans le privé il atteint 6% soit plus du double qu’aux Etats-Unis et en Grande Bretagne. L’explication se trouve dans les fait que « Les 35 heures » ont accrédité l’idée que le travail était un mal nécessaire qu’il convenait de minimiser. Pas plus de 7% des salariés se disent vraiment intéressés par leur travail. Si l’on ajoute le laxisme en matière d’arrêts maladie le coût de l’absentéisme se situerait entre 60 et 80 Md€. C’est beaucoup plus que la taxe Zucman !

 

La France devra emprunter en 2025 la somme de 300 Md€. Le montant stratosphérique de la dette française 3350Md€ à la fin du premier trimestre ne dissuade pas encore les investisseurs. Le talent de l’Agence Française du Trésor lui permet d’emprunter à 10 ans au taux de 3,57%. A plus long terme il lui fait payer 4,04% pour l’échéance 2042 et 4,43% pour l’échéance 2056. A suivre….

 

Donald Trump : un plan pour changer le Proche-Orient

Donald Trump avait créé le suspense. Il avait annoncé un plan novateur, qui allait transformer le Proche-Orient. Après avoir annoncé la fin de la guerre en Ukraine, qui n’est pas venue. Autant dire que le scepticisme était grand face à des déclarations à l’emporte-pièce, souvent brouillonnes et emplies d’amateurisme. Le plan en 20 points annoncé lundi a pourtant changé la donne.

 

Il est en effet très bien construit et articulé, à la fois suffisamment précis pour être concret, mais suffisamment large pour laisser une part de négociation et de latitude d’application. Il est mesuré, ne donnant pas à Israël tout ce que le gouvernement Netanyahou souhaite, mais combattant le Hamas sans relâche. Il propose, point extrêmement important, une amnistie pour les combattants du Hamas qui rendraient les armes. Ce plan a un projet, à la fois de désarmement, de fins des combats et d’organisation future pour le territoire de Gaza. Loin de l’amateurisme habituel, il est parfaitement construit et articulé. On le doit notamment à l’habileté et la connaissance de Massad Boulos, conseiller de Donald Trump pour le Moyen-Orient et lui-même Libanais. Fait particulièrement remarquable, il suscite l’unanimité en sa faveur. Israël est d’accord, comme les pays arabes de la région, les Européens, la Chine, l’Inde et même la Russie. Rarement un texte aura suscité une telle unanimité. Reste le Hamas, qui n’a pas tellement le choix tant la pression est forte pour qu’il accepte la main tendue. Les jours qui viennent diront ce qu’il en est.

 

De Riyad à Gaza

 

Pour comprendre le plan proposé pour Gaza, il faut revenir au discours prononcé le 13 mai dernier à Riyad. Dans cette intervention programmatique, Donald Trump annonçait une ère nouvelle pour le Proche-Orient, en rupture avec les néo-conservateurs qui avaient voulu bâtir de nouveaux régimes par la guerre. Ce texte marquait la fin de l’universalisme et du nation-building telle que pratiquée par les États-Unis depuis 2001. Le président américain s’alarmait aussi du sort des populations civiles à Gaza et de la nécessité de trouver une solution à une guerre qui s’éternisait. Le plan de Gaza est l’aboutissement de ce discours. Donald Trump est obnubilé par l’idée d’obtenir le prix Nobel de la paix, Barack Obama l’ayant obtenu alors qu’il venait à peine d’être élu et qu’il n’avait donc rien fait. Lui, au contraire, estime qu’il a déjà résolu plusieurs conflits, ce qui est vrai notamment pour la Thaïlande et le Cambodge ainsi que pour l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Il veut donc réussir à Gaza ce que tous les négociateurs ont jusqu’à présent échoué à obtenir.

 

Ce qui frappe dans ce texte c’est l’élaboration de la construction, l’idée d’un mandat international destiné à superviser la reconstruction et la gestion du territoire, mandat confié à Tony Blair et les projets pour le futur de la région de Gaza. Un projet qui repose sur l’intégration des populations, à qui on reconnaît le droit de rester sur leur terre, évitant ainsi un nouvel exil.

En proposant une amnistie aux combattants du Hamas, le plan rompt avec la logique de vengeance. Certains pourront regretter que les hommes du Hamas ne soient pas jugés et qu’ils puissent vivre librement après la guerre. Mais, quoi que l’on pense d’eux, une amnistie est essentielle pour pouvoir passer à autre chose. Pour mettre un terme aux guerres, la justice est une solution. Mais tirer le rideau, clôturer une période, ouvrir un chemin nouveau est une autre possibilité, bien souvent nécessaire, surtout dans ce conflit de Palestine qui concentre les haines et les murs anthropologiques. L’amnistie n’est pas l’oubli, mais la nécessité de refermer un chapitre pour passer à un autre moment.

 

Changement d’opinion

 

La guerre à Gaza aura profondément changé l’opinion mondiale, et notamment fissuré le soutien apporté à Israël. Si la solidarité fut unanime après l’attaque du 7 octobre 2023, deux ans de bombardements, de civils tués, de territoires rasés, et près de 65 000 morts, ont fait douter de la stratégie suivie par Benjamin Netanyahou. Fait notable et symptomatique de ce changement, aux États-Unis, selon une enquête du New York Times, la population est aujourd’hui plus nombreuse à soutenir les Palestiniens que les Israéliens, ce qui n’était jamais arrivé depuis 25 ans que le journal effectue ce sondage. Si les électeurs démocrates sont plus nombreux à soutenir la Palestine plutôt qu’Israël, le soutien s’érode aussi chez les Républicains. Quant aux moins de 30 ans, ils sont près de 70% à soutenir les Palestiniens bombardés. Le plan de Trump est donc aussi une réponse à une situation intérieure qui a considérablement changé. Les États-Unis, traditionnels soutiens d’Israël, sont en train d’infléchir leur position. Israël ne peut ignorer cela et le fait que la poursuite de la guerre nuit à son image internationale et donc à ses soutiens.

Des attaques des houthis en mer Rouge aux interruptions du tour d’Espagne, les mouvements anti-israéliens se sont structurés et organisés, fragilisant la projection du pays en dehors de ses frontières. Cette guerre a épuisé les partis ; il est désormais temps d’en trouver une fin.