Du mensonge et des menteurs.

Ceux qui nous gouvernent et ceux qui, dans les media, obéissent à ceux qui nous gouvernent, commencent à avoir peur, car les fondements mêmes de leurs pouvoirs sont en train de s’effondrer.

Je m’explique.

Depuis Mitterrand au moins, nous vivons dans ce que j’ai souvent appelé le « social clientélisme » qui consiste à endetter le pays pour entretenir une classe oisive et criminelle qui pille l’Etat avec l’aide des syndicats de la fonction publique.

En termes simples, la France a connu depuis 1981une forme particulièrement aigue de Perronisme[1]et ce Perronisme s’est écroulée avec Milei quand il n’y eut plus rien à voler en Argentine.

Bientôt, il n’y aura plus rien à voler en France

Et donc, nous avons le début d’un débat en France, ce qui est tout à fait inhabituel tant tout débat a été interdit depuis 1981 dans notre beau pays.

Le sujet du débat est : comment réduire le déficit budgétaire et donc la dette de notre beau pays et la reponse des gens normaux est de dire qu’il faut couper dans les dépenses de l’Etat.

Les gens anormaux et les crapules au pouvoir ou qui rêvent d’accéder au pouvoir (LFI, Ecologistes) font donner leurs héraults (ceux qui depuis 1981 prétendent représenter le bien et le bon dans les media comme Tartuffe représentait la morale Chrétienne) pour nous expliquer qu’il y a encore des choses à voler et qu’il faut donc augmenter les impôts sur les « riches »

Prenons quelques exemples.

Monsieur Mélenchon nous explique tranquillement que monsieur Arnault a une énorme fortune simplement parce qu’il a volé cet argent aux pauvres.

Devant une telle imbécillité, il n’y a que deux possibilités :

  • Monsieur Mélenchon y croit, et il est idiot et inculte.
  • Monsieur Mélenchon n’y croit pas une seconde mais pense que les Français sont idiots et incultes, ce qui me parait plus probable.

Dans les deux cas de figures, il est tout à fait évident que ceux qui vont voter pour Mélenchon ou pour son parti sont à la fois idiots et incultes, ce que chacun peut vérifier en suivant les discours et l’attitude des élus de ce parti lors des débats à l’assemblée nationale.

Devant la faiblesse intellectuelle des arguments de monsieur Mélenchon et de ses troupes, les gens au pouvoir, les vrais, pas les fantoches qu’ils ont placé aux postes essentiels, font intervenir les troupes de réserve du Perronisme français qui se targuent d’être des « Intellectuels », et qui prétendent être des économistes, de gauche bien entendu.

Et la je voudrais faire une première remarque.

Il n’y a pas une Physique ou une Chimie « de gauche ».

Le fait qu’il y ait des économistes qui se disent « de gauche » indique automatiquement que l’économie n’est pas une Science et que ceux qui se réclament du beau mot de scientifique en étant économiste sont simplement des menteurs et des hypocrites.

Ce qui, assurément, confirme qu’ils sont de gauche.

Venons-en aux menteurs patentés que nos maitres autorisent à sortir du placard en ce moment (voir leurs passages sur les radios et télévisions officielles) et commençons par le plus incompétent d’entre eux, monsieur Piketty, qui se dit « économiste »

Quelle est la grande thèse de Thomas Piketty telle qu’il l’a expliqué dans son livre le Capital au XXI -ème siècle ?

La voici

Appelons g le taux de croissance de l’économie et r la rentabilité du capital investi par les capitalistes, comme r est plus grand que g (r>g), les riches vont devenir de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres, ce qui est profondément injuste et requiert une intervention des pouvoirs publics pour faire rendre gorge aux exploiteurs.

Cette idée était présentée dans la première page du livre mentionné plus haut, ce qui me permit d’arrêter de le lire immédiatement tant tout dans cette thèse est faux.

Explications.

Prenons un exemple concret.

Une partie de ma famille détenait une boulangerie industrielle dans la valle d’Arreau dans les Pyrénées et ils y disposaient d’une sorte de monopole, étant les plus gros boulangers de la vallée.

Leur rentabilité sur capital investi était donc d’environ 8 %, ce qui était largement supérieur au taux de croissance de l’économie française et donc, petit à petit, ils auraient dû prendre le contrôle de toute l’économie française, en tout cas d’après monsieur Piketty.

L’embêtant est que s’ils achetaient une machine de plus, ils ne vendaient pas un pain de plus et donc le fait que r soit supérieur à g ne veut strictement rien dire. C’est uniquement si la variation de r est constamment supérieure à g que la thèse de monsieur Piketty serait vraie.

Ce cher homme confond vitesse (rentabilité du capital investi) et accélération (taux de croissance des profits), ce qui est inouï. Eut-il été mon étudiant, je luis aurais mis un zéro pointé.

Car, la réalité est que depuis des lustres, le taux de croissance des profits en France ne cesse de baisser par rapport au taux de croissance de l’économie (g) et c’est ce que montre le graphique suivant.

 

 

La réalité est exactement L’INVERSE de ce qu’affirme monsieur Piketty.

Quand la ligne bleue baisse, cela veut dire que les profits des sociétés produisant en France baissent par rapport au PIB, ce qui est structurellement le cas depuis au moins 1978.

Ce qui est exactement le contraire de ce que monsieur Piketty soutient.

D’où je conclus que monsieur Piketty est un jean- foutre malhonnête intellectuellement..

Mais ce qui me surprend le plus est que PAS UN JOURNALISTE ECONOMIQUE n’ait fait cette remarque, ce qui me permet d’affirmer que ce sont soit des jean-foutre eux aussi, soit des lâches, soit les deux à la fois. Et le plus rigolo dans toute cette escroquerie intellectuelle est que monsieur Piketty a ensuite bidouillé des statistiques officielles pour essayer de prouver que sa thèse était conforme à la réalité et que ces pratiques ont été dénoncées par des économistes anglais ou américains qui ont montré qu’il avait commis des faux.

Dans un pays normal, il aurait été viré de l’université. En France, il fût promu. On est content pour lui, mais moins pour ses étudiants.

Venons-en à l’autre « économiste » de gauche, à la mode en ce moment, monsieur Zucman.

Ce cher homme pense que la solution à l’endettement de l’Etat est de transférer plus d’argent à cet Etat en taxant les « riches «, c’est-à-dire les entrepreneurs et les épargnants disposant de plus de 100 millions de capital, en leur collant une taxe de 2 % par an sur les actifs financiers qu’ils détiendraient.

Hélas, j’ai une petite nouvelle pour lui.

Des que cette taxe sera mise en place, la valeur des actifs boursiers auxquels elle s’appliquerai baissera de la valeur actualisée de cette taxe.

C’est-à-dire que le marché français des actions deviendra beaucoup moins cher que les autres, et que les fonds de pension et les grandes multinationales américaines ou chinoises, qui eux, ne paieront pas cette taxe, pourront acheter nos meilleures entreprises pour une bouchée de pain.

Je conclus donc que monsieur Zucman est aussi un jean -foutre.

Et ma conclusion sera celle de Raymond Boudon : Les intellectuels français n’aiment pas le libéralisme car dans un régime libéral, ils seraient payés à leur vraie valeur. Ou encore celle d’un anonyme : les économistes ont été inventés pour que les astrologues aient l’air sérieux.

Et je plains de tout mon cœur les étudiants à qui ce genre de « bons à rien et mauvais en tout » (cf. Marcel Pagnol) donnent des cours. Même s’ils donnaient des cours gratuitement, ce serait encore trop cher, beaucoup trop cher. Qui a envie de prendre des cours de biologie agricole avec Lyssenko ?
Messieurs Piketty et Zucman sont les Lyssenko de l’analyse économique.

A éviter pour ne pas mourir de faim.

 

 

 

 

 

[1] Péron, en Argentine, fut l’inventeur de ce régime mixte ou une mafia criminelle prend le pouvoir et s’appuie sur des syndicats tout aussi corrompus pour rester au pouvoir.

Ce genre de régime finit toujours dans la faillite et c’est celui dans lequel nous sommes rentrés depuis le passage de l’ombre à la lumière en 1981.

Palestine : le mythe des deux États

La reconnaissance de l’État de Palestine par la France, le Royaume-Uni et d’autres nations ne parviendra pas à infléchir la guerre ni à trouver une solution au conflit. Notamment parce que les principaux protagonistes ne veulent pas d’une solution à deux États.

 

Historique, le moment l’était sûrement quand Emmanuel Macron a officiellement reconnu l’État de Palestine. Désormais, avec le Royaume-Uni, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada et quelques autres, presque tous les États du monde reconnaissent la légitimité de l’État de Palestine. Seuls les États-Unis et ses satellites, dont le Panama, le Japon et la Corée du Sud, ne reconnaissent pas la légitimité de cet État. Ce qui pose un premier problème. Si le Conseil de l’ONU est démocratique, dans la mesure où près de 160 pays reconnaissent la Palestine, celle-ci devrait être reconnue. Ce refus isole les États-Unis, qui ont les clefs en main. Mais tant que Washington ne bougera pas, rien ne pourra se faire.

 

Inflexible Proche-Orient

 

En Palestine, la solution à deux États est également refusée par les deux principaux acteurs. Pour le Hamas, il ne peut y avoir qu’un seul État, le sien, et l’éradication d’Israël demeure son objectif. Pour le gouvernement de Benjamin Netanyahou, il est hors de question de faire émerger un État de Palestine. L’objectif est alors clair : aboutir à une situation de non-retour qui rende la création d’un État de Palestine matériellement impossible. C’est notamment le cas en Cisjordanie, où la colonisation se poursuit, notamment autour de Jérusalem. Le but ? Occuper le terrain avec près de 500 000 colons pour rendre irréversible l’occupation. À Gaza, l’objectif reste l’évacuation de la population, vers le sud d’abord, vers l’Égypte ensuite, afin de se débarrasser du problème. Pour les deux protagonistes, deux États doit non seulement être inenvisageable, mais surtout rendu impossible. Par l’occupation et la déstructuration de la Cisjordanie pour l’un ; par l’éradication de l’ennemi pour l’autre. Cela rend les discours de l’ONU limités et sans réels effets.

 

Problème de génération

 

Nous ne sommes plus au temps d’Yitzhak Rabin et de Yasser Arafat, où un accord avait pu être trouvé, contredit par les extrémistes de chaque bord, jusqu’à l’assassinat de Rabin. En 2008, Ehud Olmert avait proposé un plan de partage, refusé par la partie palestinienne. Aujourd’hui, le train semble passé. Mahmoud Abbas a 90 ans, son entourage est corrompu, l’autorité palestinienne est éparpillée. Surtout, il manque une élite capable de prendre la direction des affaires et de gérer un État. Longtemps, les Arabes de Palestine ont été parmi les plus éduqués et les mieux formés du Proche-Orient. La guerre, l’occupation, l’exil ont changé la donne. Il manque une élite, des personnes capables de tenir la structure matérielle et stratégique de l’État, des personnes qui puissent gérer les ministères, les villes, les infrastructures. Tout ce qu’il faut d’humain pour passer de la notion d’État à la réalité d’un État qui fonctionne. De tout cela, l’OLP est très loin et ce ne seront pas des discours à l’ONU qui permettront de régler le problème.

 

Une fois que les choses impossibles ont été définies, il faut voir ce qu’il est possible de faire. La guerre qui sévit à Gaza et ses près de 65 000 morts, les murs de haine qui se sont dressés de chaque côté rendent toute conciliation impossible. Ce n’est pas seulement le présent qui est abîmé, mais l’avenir qui est détruit. Les bombes créent des générations d’enfants désireux de vengeance. L’attaque du 7 octobre 2023, il y a déjà deux ans, a dressé un mur anthropologique entre Israël et les Palestiniens. Tout semble bloqué et sans issue. Pourtant, dans les mois qui viennent, des pistes de sortie peuvent s’ouvrir.

En Israël, les prochaines élections législatives sont prévues pour octobre 2026. Une victoire de Netanyahou n’est pas certaine tant l’opposition est vive à son égard. Un nouveau gouvernement pourrait changer la donne.

À Gaza, après deux ans de guerre, le Hamas est décapité, sans structure et sans réseau. Ses réseaux internationaux ont eux aussi été abîmés : Iran, Syrie, Hezbollah et Liban n’ont plus le même visage depuis octobre 2023.

Pour l’OLP, la question de la succession d’Abbas, en poste depuis 2005, va se poser de façon de plus en plus vive dans les mois qui viennent, à mesure de l’avancée de son âge. Là aussi, une nouvelle tête pourrait peut-être conduire à des changements.

 

Si la paix est un horizon lointain, la guerre n’est pas le seul univers possible. Les discussions à l’ONU peuvent paraître iréniques, elles ont au moins le mérite de maintenir vive la flamme de l’espérance de la paix.

Faut-il appliquer le portefeuille Turc à la France ?

Curieuse question doit se dire le lecteur.

Pour y répondre, je vais commencer par rappeler ce qu’est, pour moi, un portefeuille « Turc ».

Revenons à la base de tous mes raisonnements.

Dans chaque pays, si je ne veux utiliser que des actifs domestiques, je peux investir dans quatre actifs et seulement quatre : les actions, l’or les obligations et le cash en monnaie nationale.

Comme je l’ai souvent expliqué, les deux premiers actifs, les actions et l’or ont une valeur intrinsèque indépendante de la monnaie dans laquelle je mesure cette valeur.

En revanche, le cash et les obligations de l’Etat ne sont que des contrats et ne valent pas tripette si la monnaie ne vaut plus grand-chose. Et donc, si le gouvernement suit une politique qui vise à faire baisser structurellement la valeur de la monnaie du pays, alors je ne dois avoir dans mon portefeuille que de l’or et des actions (50/50) et rien d’autre.

C’est ce que j’appelle un portefeuille Turc, car c’est ce qui a marché en Turquie quand Erdogan s’attacha à détruire la monnaie locale, avec beaucoup de succès.

Que le lecteur veuille bien considérer le graphique suivant.

 

En pouvoir d’achat, celui qui a acheté des bons du trésor turcs à 3 mois a perdu 75 %, celui qui détenait des obligations longues émises par le trésor turc a perdu 96 % (!)… et celui qui a acheté des actions a vu son portefeuille monter de 19 % en termes réels.

C’est là où l’on voit la différence entre détenir un contrat et avoir la pleine propriété …

Voici maintenant la performance du portefeuille Turc pour la Turquie.

Je rappelle que le portefeuille turc de base est constitué de 50 % en actions turques et 50 % en or.

 

 

 

La monnaie est passée de 5 lires turques par dollar à 41 lires turques par dollar, l’indice des prix a été multiplié par 11, mais le portefeuille Turc a lui été multiplié par 19, l’or montant de 100 à 2200 tandis que l’indice des actions grimpait de près de 13 fois.

Et donc le portefeuille turc a parfaitement protégé l’épargne des Turcs qui se sont investis dans ce portefeuille.

Mais il faut bien comprendre une chose : ce portefeuille n’a qu’un but : sortir l’épargnant local de la machine à spolier qu’est devenue la monnaie de son pays.

Et, bien entendu, pour arriver à ce résultat, il ne faut avoir dans son portefeuille aucune obligation, aucun placement à terme, aucun dépôt, mais juste de l’or et des actions…

Ce qui m’amène à la raison pour laquelle j’écris le papier de cette semaine.

Les politiques budgétaires et monétaires suivies par notre pays amèneront un jour ou l’autre à un « accident » sur notre dette.

Je n’ai pas la moindre idée de la façon dont notre surendettement sera traité. Les solutions sont nombreuses :

  • Hyper inflation comme en Turquie.
  • Prélèvement sur les comptes bancaires des Français comme à Chypre
  • Abandon partiel ou total des créances comme en Grèce.
  • Prolongation autoritaire de la duration des obligations, autorisée par la Loi Sapin.
  • Emprunt forcé comme avec Monsieur Barre.
  • Une combinaison des solutions mentionnées ci-dessus—

Tout ce que je sais est que les obligations et le cash vont en prendre plein la gueule. Déjà, les obligations ont perdu 31 % de leur pouvoir d’achat (ligne grise à 69) mais dans le désastre à venir il me semble qu’un portefeuille « Turc » Français devrait pouvoir passer au travers. Le voici, et depuis le 1/1/2016, il rapporte du 8. 5 % en termes réels, ce qui est tout à fait anormal car les taux d’intérêts sont plus hauts aujourd’hui qu’en 2013. Une fuite devant la monnaie a sans doute commencé.

 

 

 

Et comme la situation budgétaire américaine n’est guère meilleure que la nôtre, je présente   à tout hasard le portefeuille « Turc » Américain, pour ceux qui auraient la plus grande partie de leurs actifs aux USA.

 

 

Conclusion

Ce que j’essaye de dire est très simple.

  • De 1980 à 2013, tout gérant compétent devait protéger la partie actions de son portefeuille par une position en obligations d’Etat qui étaient antifragiles.
  • Depuis 2013, les obligations de certains états sont devenues fragiles et se sont donc transformées en certificats de confiscation.
  • Depuis 2013, il faut donc vendre les obligations et protéger la partie actions par de l’or (antifragile) puisque les états ont émis trop d’obligations qu’ils ne pourront pas rembourser.
  • Dans la plupart de nos pays, il ne faut donc plus avoir de contrats émis dans les monnaies douteuses de certains pays de l’OCDE (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis…), mais des actifs réels tels que l’or et les actions.
  • Il faut avoir ses obligations ou son cash en Asie et peut être en Amérique Latine.

Et la question n’est PAS de savoir quand cela va arriver, mais d’être bien sûr que votre portefeuille tiendra le coup QUAND cela arrivera.

 

 

Écosse : singularité et tentation du grand large

L’Écosse joue sa singularité au sein du Royaume-Uni. Mais face aux tentations indépendantistes et à la fin de la manne du gaz, son avenir est incertain.

 

Lors du référendum sur le Brexit, l’Écosse a majoritairement voté pour le maintien dans l’UE (62%), ce qui n’a fait que raviver la crise avec l’Angleterre et les tentations du grand large. Terre votant massivement pour le Labour, l’électorat écossais s’est ensuite détourné vers le parti nationaliste (SNP) qui a pris le pouvoir dans la région. Un parti nationaliste ancré à gauche, socialiste sur le plan économique, et dont l’un des anciens chefs, et Premier ministre d’Écosse, Humza Yousaf, était un Pakistanais musulman né à Glasgow. De 1999 à 2007, les Premiers ministres sont travaillistes. La bascule a lieu cette année-là, avec l’élection d’Alex Salmond, du SNP. Un SNP certes minoritaire, mais qui gouverne dans une coalition.

 

Contrairement à un présupposé, en Europe, les partis nationalistes ne sont pas de droite, mais de gauche. C’est le cas en Écosse, en Corse, en Catalogne, en Bretagne. Il n’y a que le parti nationaliste flamand qui fait exception à cette règle. Ces nationalistes sont foncièrement socialistes et opèrent une identification entre le peuple et l’État, ce dernier devant contrôler le peuple. C’est notamment ce qui se passe en Écosse, une terre de gauche qui a échappé aux travaillistes pour se donner au SNP.

 

Économie de rente

 

Avec 5,5 millions d’habitants, la population de l’Écosse représente 8% de celle du Royaume-Uni (74 Mds £). Par comparaison, l’Île-de-France a une population de 12,5 millions d’habitants et le premier PIB en Europe pour une région (765 milliards €).

 

Au XIXᵉ siècle, l’Écosse était un géant industriel. Glasgow régnait sur la construction navale, la Clyde Valley battait au rythme de la sidérurgie et du textile. Cet âge d’or a progressivement décliné à partir des années 1970, marquant le début d’une désindustrialisation douloureuse. Des bassins entiers se sont effondrés, entraînant chômage et pauvreté.

L’exploitation des hydrocarbures de la mer du Nord, amorcée dans les années 1970, a alors joué un rôle d’amortisseur. Aberdeen est devenue la capitale européenne du pétrole et du gaz, redonnant un souffle économique à l’Écosse. Mais cela a aussi créé une économie de rente, exploitée par les socialistes. Malgré tout, Édimbourg demeure une place financière et l’Écosse peut compter sur de solides entreprises, comme Weir Group (industrie), des majors énergétiques telles que Harbour Energy. Le tourisme est un autre pilier économique de l’Écosse, qui génère plus de 10 milliards de livres annuelles.

 

L’autre pilier économique est celui du whisky, où les grandes distilleries sont contrôlées par les grands noms des spiritueux, notamment Diageo (1er mondial) et Pernod-Ricard (2e mondial), qui possède entre autres Aberlour. La France est le premier marché mondial de consommation du whisky, ce qui n’empêche pas ces entreprises d’être pénalisées par les droits de douane américains. Cette industrie qui semble être la quintessence du local et du terroir est en réalité complètement mondialisée. Les consommateurs sont hors d’Écosse, les fûts qui servent à faire vieillir le whisky, et donc à lui donner ses spécificités, viennent des États-Unis, du Portugal et de France, les capitaux sont eux aussi étrangers et le whisky-tourisme contribue à attirer des visiteurs étrangers qui viennent découvrir le sol écossais.

 

Le besoin d’exporter

 

L’Écosse ne peut pas vivre seule et coupée du monde : elle a besoin d’exporter. Ses hydrocarbures, son whisky, sa pêche. C’est là l’un des paradoxes de cette région : socialiste et nationaliste, parfois refermée sur elle-même dans ses idées alors qu’elle a une nécessité vitale d’être connectée au reste du monde. L’Écosse ne vit que par ses exportations et par les flux commerciaux. D’où le problème du Brexit qui a rendu plus compliqué l’accès au marché européen et a donc accentué un sentiment de décalage politique avec le reste du Royaume-Uni. Symbole de ce décalage, l’ETA désormais nécessaire pour venir au Royaume-Uni. Un visa simple à obtenir et assez peu onéreux, mais qui ajoute une contrainte administrative là où auparavant un passeport suffisait pour les citoyens des pays de l’UE.

 

Problème budgétaire

 

En Écosse aussi, le budget est un souci.

En 2024, le déficit dépassait 10 % du PIB, bien plus que la moyenne britannique. Les dépenses publiques en Écosse excèdent largement les recettes fiscales générées localement, la différence étant comblée par des transferts depuis Londres.

Pour les partisans de l’union, cette situation illustre la dépendance économique de l’Écosse au Royaume-Uni et les risques d’une indépendance, qui obligerait soit à réduire drastiquement les dépenses, soit à augmenter les impôts. Pour les indépendantistes, au contraire, les hydrocarbures de la mer du Nord – bien qu’en déclin – et surtout le potentiel des énergies renouvelables offrent les bases d’une prospérité durable. Ils estiment aussi que le retour dans l’Union européenne, souhaité par une majorité d’Écossais, ouvrirait des débouchés commerciaux vitaux. Mais pour l’instant, l’Écosse vit sur les finances de l’Angleterre, ce qui crée une sujétion de la région avec son voisin du sud.

 

L’indépendance, régulièrement au centre du débat politique, est donc autant une question économique que nationale. Pour ses partisans, elle permettrait à l’Écosse de bâtir une stratégie économique plus cohérente avec ses choix énergétiques et son ancrage européen. Pour ses opposants, elle mettrait en péril la stabilité financière et priverait le pays du filet budgétaire fourni par le Royaume-Uni. Les hydrocarbures étant en déclin, beaucoup se demande ce qui pourra les remplacer. Le gouvernement actuel mise sur les éoliennes off-shore comme une promesse d’économie magique, sans que l’on puisse voir comment cela pourrait remplacer le gaz et le pétrole. Le débat sur l’indépendance permet de masquer l’essentiel : les fragilités économiques de la région et le vieillissement de son appareil productif.

 

Tableau de bord pour la France

La dette de l’Etat Français est donc passée de AA à A+.

Comme je l’ai souvent expliqué, bien des institutions (banques centrales, compagnies d’assurance etc..) ont l’obligation de vendre toute dette dont la notation tombe sous le AA. Il est fort probable que beaucoup de ces institutions ont déjà vendues leurs obligations françaises et que le marché va ouvrir le 15 septembre sans que rien de notable ne se passe. Mais il n’en reste pas moins que nous nous approchons de plus en plus visiblement du fameux mur vers lequel nous nous dirigeons depuis des lustres, avec sur le siège arrière klaxonnant comme un fou sans aucun effet sur le conducteur qui est sourd comme un pot.

J’ai donc décidé de vous présenter une espèce de petit tableau de bord des variables que JE vais surveiller à partir de maintenant et qui pourront peut-être nous aider dans la descente en radeau des torrents que nous avons devant nous. La vie financière n’est pas un long fleuve tranquille…

Et je vais en profiter pour définir à nouveau un certain nombre des termes que j’utilise depuis longtemps pour effectuer ce genre d’analyse

Premier Outil : La trappe à dettes.

 

 

 

  • La ligne grise c’est le taux de croissance du PIB Nominal : 3.07 aujourd’hui.
  • La ligne rouge représente le rendement sur les obligations françaises a 10 ans, 3.43%
  • Les hachurages gris signalent que la France est en récession à ces moments là
  • La ligne noire en bas est le ratio entre la dette de notre pays et son PIB.

Explications

Les taux longs sont passés au-dessus de la croissance structurelle, ce qui veut dire que la ligne noire (dette sur PIB) risque de continuer à monter très fortement, surtout si nous avons une récession, ce qui me parait inévitable.

La dette va exploser à la hausse.

Deuxième outil : le multiplicateur Keynésien

 

 

  • La ligne bleue c’est la croissance nominale du PIB Français sur les 7 années précédentes.
  • La ligne rouge représente la croissance de la dette en chiffres absolus sur les mêmes années.
  • Les hachurages gris les périodes de récession en France
  • Les histogrammes noirs la différence entre croissance du PIB et croissance de la dette.

Explications : L’idée de Keynes était qu’en cas de récession, l’Etat devait dépenser plus, ce qui empêcherait la récession de se transformer en dépression. Et il avait calculé qu’une augmentation de la dette se transformait toujours en une augmentation du PIB plus forte que la croissance de la dette sur les années qui suivaient. Cela a été vrai de 1950 à 2020, ce n’est plus vrai aujourd’hui. La croissance va continuer à s’effondrer. Le multiplicateur Keynésien est devenu un diviseur Keynésien m et cela depuis 15 ans. Plus l’Etat s’endette, et plus le pays s’appauvrit. La seule façon de faire monter le PIB est de faire baisser les dépenses de l’Etat.

Troisième outil, le service de la dette.

 

 

 

La ligne rouge c’est la dette en euros

La ligne bleue c’est le service de la dette en milliards d’euro

La ligne noire c’est le service de la dette en pourcentage du PIB.

Explications

La duration moyenne de la dette en France est d’environ 8 ans, c’est-à-dire que la dette tourne en 8 ans. Sur les 5 premières années des 8 dernières années, le taux était proche de zéro %.

Ces cinq ans vont être graduellement remplacés par des taux à 4 %, ce qui fait une dérive d’environ 12 milliards par an, à payer en plus chaque année et de façon cumulative.

Le service de la dette n’est pas près de baisser.

 

 

 

Ligne rouge : Taux sur le 10 ans Français

Ligne bleue : Taux sur le 10 ans Allemand

Ligne noire : Ratio des rentabilités des deux marchés.

Explications.

Les investisseurs achètent des obligations françaises plutôt que des obligations allemandes parce qu’elles rapportent plus.

Si regarde mon graphique, je me rends compte que la hausse de la prime de risque sur une obligation française à 10 ans m’a coûté plus cher que la différence de rendement depuis au moins 2018.

Tous ceux qui auraient acheté de la dette française depuis 2019 font moins bien que s’ils avaient acheté de la dette allemande.

Pour la dette Italienne, c’est le contraire.Je vends et j’acheté de la dette Italienne ?  Je me remets en obligations allemandes ?

Si je ne vends pas et que la France dérape vraiment, je vais perdre mon boulot ?

Conclusion

Je vais surveiller ces quatre graphiques et je vous tiendrai au courant. Mais le mur se rapproche à  toute allure

 

 

Frappes au Qatar : extension de la guerre

Israël frappe tous azimuts, mais avec précision. Ce mardi 9 septembre, ce sont des responsables du Hamas vivant au Qatar qui ont été visés. Ce qui met dans l’embarras les États-Unis et fait craindre une extension de la guerre.

 

Au moment où nous écrivons ces lignes, le flou demeure sur les objectifs atteints par les frappes. Si les autorités s’accordent pour dire qu’il y a eu cinq morts, l’identité des victimes n’est pour l’instant pas claire. Ce sont des responsables du Hamas qui étaient visés, mais nul ne sait pour l’instant s’ils ont bien été atteints. Est ainsi annoncée la mort de Khalil al-Hayya, fils du chef du Hamas, mais sans que cela puisse être vérifié. On parle également d’un très proche collaborateur du dirigeant ainsi que de gardes du corps. Les principaux chefs du Hamas, qui étaient apparemment visés, ne semblent donc pas atteints par les frappes, ce qui est le signe d’un certain échec de l’armée israélienne.

 

Ambiguïté qatarie

 

Cette attaque n’est pas sans soulever des problèmes moraux. Le Qatar est un pays neutre, qui ne prend pas part à la guerre de Gaza, et qui subit une frappe dans sa capitale.

Mais le scandale est aussi sur la présence de ces chefs du Hamas à Doha. Le Qatar est un lieu de refuge pour bon nombre de dirigeants du Hamas, qui vivent dans ce pays à l’abri et éloignés des souffrances des Palestiniens. Une présence du Hamas à Doha qui a été un temps soutenue par Israël, puis tolérée. Et c’est là l’autre ambiguïté. Plusieurs années durant, Israël a favorisé le Hamas comme concurrent de l’OLP, alors son principal adversaire, en lui apportant aides et financements via le Qatar. Mais les temps ont changé et l’attaque du 7 octobre 2023 a bouleversé la perspective. D’adversaire utile, le Hamas est devenu un ennemi irréductible. D’où les frappes à Doha, comme auparavant à Téhéran et à Beyrouth.

Ce que veut montrer Israël c’est qu’il n’y a aucun lieu au Proche-Orient où les dirigeants du Hamas peuvent être à l’abri. Israël dispose d’un très bon système de renseignement, de capacités militaires de longue portée et d’une grande tolérance des autres pays à l’égard de ses opérations. Beaucoup condamnent, mais laisse faire ; le fait accompli ignore le droit.

Les États-Unis étaient bien évidemment informés de l’opération : disposant d’une base militaire au Qatar, ils surveillent chaque mouvement dans la zone. Mais le communiqué officiel de la Maison-Blanche se montre très réservé sur cette opération. L’attaque israélienne contre des responsables du Hamas à Doha « ne promeut pas les objectifs d’Israël ni de l’Amérique », a ainsi déclaré la porte-parole de la Maison-Blanche, ajoutant que le fait de frapper au Qatar rendait Donald Trump « très mal à l’aise ». Une façon de dire qu’on laisse faire Israël, mais que l’on ne soutient pas son initiative. On peut le comprendre : le Qatar étant un allié des États-Unis, ils n’ont pas envie de se mettre à mal avec eux.

 

Cette opération a été totalement assumée par Israël, dont le gouvernement se montre inflexible depuis les ripostes menées contre les attaques du 7 octobre : « Hier, à la suite des attaques meurtrières à Jérusalem et à Gaza, le Premier ministre Netanyahu a donné instruction à toutes les agences de sécurité de se préparer à la possibilité de cibler les dirigeants du Hamas », a ainsi indiqué un communiqué conjoint de Benjamin Netanyahu et du ministre de la Défense, Israël Katz. Et c’est bien ce qui s’est passé mardi, dans une configuration tout à fait inédite.

 

Quelles suites ?

 

Il est probable que rien ne se passera, mais une confiance est rompue entre Israël et ses voisins. L’attaque à Doha ne fait pas porter la crainte que sur le Hamas, mais aussi sur tous les pays de la région : elle démontre qu’Israël est prêt à frapper partout, y compris dans les pays qui ne sont pas ses adversaires. Elle risque de conduire à une certaine arrogance, voire hubris, portée par les sentiments d’impunité et d’invulnérabilité. Frapper les chefs est une chose, mais si Israël veut vraiment arrêter le Hamas, ce sont aussi les flux financiers qu’il faut frapper, ce qui est beaucoup plus contraignant pour un certain nombre de pays.

 

Pendant ce temps, la guerre et les drames humanitaires se poursuivent à Gaza, avec cette question lancinante : que vont devenir les Palestiniens ? Une déportation vers l’Égypte n’est pas à exclure, même si tous les acteurs récusent cette opération. En échange d’une très grosse compensation financière, Le Caire pourrait accueillir des Palestiniens sur son sol, et les loger dans une ville nouvelle créée dans le désert. Un scénario régulièrement évoqué depuis 2023, qui semblait farfelu alors, mais qui devient de moins en moins improbable. Ce qui ne serait pas sans causer de nombreux problèmes, notamment une extension du Hamas en Égypte et donc une déstabilisation potentielle. Le Proche-Orient n’a vraiment pas besoin d’un pays de plus qui soit aussi déstabilisé que l’a été le Liban.

 

 

Le marché des actions américains commence à m’inquiéter.

J’aime bien les perspectives longues.

Dans cet esprit, je montre ci-dessous le ratio entre l’indice S&P 500 dividendes non inclus et le cours de l’or depuis un peu plus d’un siècle, le graphique commençant en1920.

 

Bien des choses à dire sur ce graphique

  • Le ratio sp500/0r est passé de 100 en 1920 à 566 aujourd’hui, ce qui correspond à une surperformance des actions par rapport à l’or de 1. 5% par an, à laquelle il faut ajouter les dividendes payés par les actions.

Le premier constat à faire est donc que sur le long terme, les actions font beaucoup mieux que l’or.

  • La deuxième chose à constater est que parfois, et pendant de longues périodes, l’or fait beaucoup mieux que les actions, et, comme à mon habitude, j’ai utilisé la moyenne mobile à  7 ans (ligne rouge) pour les délimiter.
  • Si la ligne noire est au-dessus de la ligne rouge, tout va bien. Dans le cas contraire, il vaut mieux se mettre près d’une sortie de secours.
  • Le lecteur peut voir que de 1920 à 2020, nous avons eu trois de ces périodes durant lesquelles l’or surperformait, septembre 1931 à juin 1944, soit treize an, janvier 1971 à mars 1983, soit 12 ans, et enfin avril 2002 à octobre 2012, soit 11 ans.
  • Bien entendu, c’est pendant ces périodes que nous avons eu les trois Ursus Magnus que la bourse américaine a connu en un siècle, les Ursus Magnus étant les vrais marchés baissiers, ceux qui vous ruinent.

J’ai toujours soutenu que, dans le fond, il y avait deux sortes de marchés baissiers, le gentil, pendant lesquels les marchés baissent de 20 % et un an après, vous ne vous souvenez plus de rien, et les gros grizzlys ou vous pouvez perdre facilement 80 % de votre capital.

J’en ai traversé quelques-uns et je peux assurer le lecteur que personne ne sort intact d’un grand grizzly.

Et voilà ce qui m’ennuie : depuis février 2025, le ratio marché des actions / or est passé sous sa moyenne mobile à 7 ans. Le ratio est à 566 (base 100 en 1920) et la moyenne mobile est à 677.

Et donc, nous sommes peut-être déjà rentrés dans un grand marché baissier aux USA et personne ne vous l’a dit.

Et c’est à ce point du raisonnement que je dois faire mes remarques d’ancien combattant.

  • En 1930, personne ne savait qu’une dépression mondiale suivie d’une guerre tout aussi mondiale étaient devant nous.
  • En 1971, personne ne savait que les prix du pétrole allaient exploser et que le lien dollar/or allait sauter.
  • En 2002, personne ne savait que Bernanke était un âne et que l’euro était un désastre.

Mais les moyennes mobiles ont été cassées …

Je ne savais pas ce qui allait se passer, mais si je fais l’hypothèse que la rentabilité du rentier est ce qu’il gagne en étant investi en or et que les entrepreneurs gagnent plus parce qu’ils prennent plus de risques que les rentiers, alors je peux dire quand la moyenne mobile est franchie à la baisse, cela veut dire que prendre des risques ne paye plus.

Et donc que la machine du capitalisme est cassée.

Une fois de plus, je ne cherche pas à prévoir quoi que ce soit mais à constater.

Les marchés sont en train de me dire que prendre des risques ne paye plus, voila ce qui est important.

Savoir pourquoi est tout à fait subsidiaire.

Je peux même dire en me basant sur mon expérience, que quand je comprendrai enfin pourquoi prendre des risques ne paye plus, alors, ce sera le moment d’acheter.

Les grandes baisses se passent toujours dans une incompréhension générale, à tout le moins au début.

En revanche, je peux essayer de me fixer des niveaux de valorisation à partir desquels je vendrai mon or pour acheter des actions, ou l’inverse.

Par exemple il est facile de voir à partir du graphique suivant à quel niveau il faut acheter les actions et vendre l’or, ou le contraire.

 

 

 

Aussi curieux que cela paraisse, depuis 1900 les dividendes payés par les sociétés qui constituent l’indice S&P 500 retournent toujours vers la moyenne d’un gramme d’or.

Quand les gens me disent que les dividendes du S&P 500 sont passés de $ 1en 1938 à plus de 116 dollars aujourd’hui, je fais remarquer qu’en pouvoir d’achat or, les dividendes sont restés autour de 1 gramme d’or.

Et donc, toute la hausse des dividendes depuis 1938 n’est en fait qu’une illusion monétaire

Dans le fond, il faut acheter les actions quand elles sont très peu chères par rapport à l’or    (mettons quand le ratio est en dessous de 0.56), et les vendre quand elles sont chères par rapport à l’or, (c’est-à-dire quand le ratio est au-dessus de 1.6)

Résumons-nous.

  1. La moyenne mobile a 7 ans du ratio a été cassée fin février 2025 et n’est pas remonté depuis, ce qui historiquement a coïncidé avec le début des grands marchés baissiers pour les actions.
  2. Est-ce que je sais pourquoi les actions sous performent le métal jaune ?

Pas vraiment.

  1. Est-ce que je sais combien de temps ça va durer ?

Aucune idée.

  1. En revanche, je sais que si le ratio tombe en dessous 0.569, alors il me faudra vendre l’or et acheter les actions puisque cela a marché les fois précédentes.
  2. Donc, si l’or monte de 20 % (ce qui amène l’or a $ 4400 par once) avec un marché des actions qui ne bouge pas, je commence à acheter des actions, sans me presser.
  3. Si les actions baissent de 20 % (l’indice baissant de 6500 à 5800 avec un or qui ne bouge pas, même motif, même punition).

Les bornes de vos prises d’attention sont donc $ 4400 /oz pour l’or et 5800 pour le marché des actions.

Pour l’instant, il est urgent de ne rien faire, mais il faut garder sa poudre sèche.

Ce genre de mouvements quand il commence peut être extrêmement brutal et il faudra agir VITE alors même que tous les autres investisseurs seront en train de paniquer.

Depuis 1971, date du début de ma carrière dans la finance, ça s’est toujours passé de la même façon : je n’ai gagne de l’argent qu’en achetant ou en vendant en étant mort de peur

J’attends avec impatience d’avoir peur à nouveau,

 

 

 

 

Iran : aux sources de la révolution

Deux très bons livres viennent de paraître sur l’Iran, qui permettent de comprendre de l’intérieur le fonctionnement du pays et l’idéologie qui le porte. L’auteur, Camille Alexandre, est arabophone et persanophone et habite depuis plusieurs années dans la région. Le premier, Le régime iranien à livre ouvert analyse les causes et les fondements intellectuels de la révolution de 1979. Le second, Le Proche-Orient iranien. 1er février 1979 – 7 octobre 2023, étudie la façon dont l’Iran se projette dans la région. Les deux livres sont parus chez Odile Jacob et ils sont du même auteur.

 

C’est sur le premier que je vais m’arrêter. L’Iran des mollahs est énigmatique. En dépit des manifestations à l’intérieur du pays, de la réprobation internationale et de ses luttes contre Israël, le pays est toujours en place et semble solide. Connaître et comprendre la pensée du régime est donc essentiel.

 

Une révolution, plusieurs courants

 

L’auteur fait remarquer que l’opposition au Shah débute dans les années 1970, s’intensifie en 1978 et aboutit à son renversement en 1979. C’est une révolte contre l’occidentalisation et la modernisation portée par le Shah. Plusieurs mouvements se retrouvent dans cette opposition, dont des mouvements marxistes, laïcs et de gauche. L’ayatollah Khomeini représente l’un des mouvements d’opposition. Mais il est parvenu à noyauter la révolte, à éliminer ses alliés et à rester seul maître à bord. Lorsque la révolution débute en 1979, un autre aurait donc pu prendre le pouvoir.

 

Trois personnes ont influencé la construction intellectuelle de la révolution.

 

La première est le philosophe et sociologue Ali Shariati. Marxiste, laïc, il veut concilier islam et marxisme. Pour lui, le musulman chiite est l’opprimé. Il s’identifie donc au prolétaire de Marx. Proche de la gauche internationaliste, et notamment de Sartre qu’il a rencontré lors d’un séjour en France, Shariati réalise une synthèse théorique entre islam chiite et marxisme. S’il décède en 1977, il fut invité tout au long des années 1970 pour donner des conférences dans les écoles et les centres tenus par les mollahs, ce qui a permis à ses idées de se diffuser.

 

Le second penseur est l’écrivain Jalâl Al-e Ahmad. Il fustige les élites du régime monarchique qui, selon lui, corrompent l’âme de l’Iran en suivant aveuglément la modernité occidentale, qu’il estime contraire aux valeurs islamiques, et donc au génie iranien, qui est pour lui avant tout caractérisé par son aspect musulman. Il est selon lui urgent de faire acte de revivification et pour cela, la société iranienne doit résolument tourner le dos à la forme de modernité qu’incarne l’Occident pour épouser à nouveau son génie propre, un génie proprement islamique. Il théorise ainsi la « maladie de l’Occident », gharbzâdegi, mal qui, d’après lui, ronge la société iranienne. Cette haine de l’Occident se retrouve aujourd’hui encore dans le discours des mollahs.

 

Troisième penseur, égyptien cette fois, Sayyid Qurb, membre des Frères musulmans, confrérie fondée en Égypte en 1928. Pour lui, il faut prendre le pouvoir par la force et rétablir une société musulmane revivifiée.

 

Ces trois penseurs ont nourri la pensée des ayatollahs, mais aussi d’une partie de l’élite iranienne. Elles sont entrées en action avec la prise du pouvoir de 1979.

 

1979, une contestation plurielle accaparée par le clergé

 

L’année 1978 voit converger les colères : autoritarisme pahlavi, modernisation imposée, dépendance à l’Occident. Le retour triomphal de Khomeiny à Téhéran, le 1ᵉʳ février 1979, scelle l’entrée des clercs au premier plan et la marginalisation rapide des alliés laïcs et nationalistes. Mehdi Bazargan, premier chef de gouvernement post-révolutionnaire, est vite écarté ; Abolhassan Bani-Sadr, premier président élu, doit s’exiler ; l’entourage révolutionnaire se fracture, jusqu’à l’exécution de Sadegh Qotbzadeh. Parallèlement, la répression décapite des oppositions structurées, y compris kurde, tandis que la guerre Iran-Irak, bientôt qualifiée de « défense sacrée », consolide l’appareil coercitif. La « République islamique » s’enracine ainsi moins comme compromis pluraliste que comme institutionnalisation de l’islam politique.

 

Du « gouvernement islamique » à la velâyat-e-fagih

 

Au cœur du projet de Khomeiny se trouve l’ouvrage Le Gouvernement islamique, qui affirme la souveraineté exclusive de Dieu : nulle légitimité politique ne saurait émaner du peuple si elle ne dérive pas de la Loi divine. Dans la tradition chiite, la velâyat, l’autorité du vali, appartient aux imams infaillibles, jusqu’au Douzième Imam, entré en occultation. D’où, historiquement, une posture plutôt quiétiste du clergé. L’innovation khomeyniste est radicale : en l’absence de l’Imam caché, le fagih (docteur de la loi) doit gouverner et non plus conseiller. Érigée constitutionnellement après 1979, la velâyat-e-fagih fait du Guide suprême le centre d’un régime qui se présente comme l’étape d’une histoire eschatologique : la revanche des opprimés et l’extension de la justice islamique. Même si les Safavides (XVIᵉ siècle) avaient déjà fait du chiisme une religion d’État, ils n’avaient pas pour autant transféré directement le pouvoir de gouvernement aux clercs : le saut khomeyniste est d’ordre théologico-politique.

 

Islamiser l’État… et la société

 

Dès l’exil puis le retour, Khomeiny combat la « révolution blanche » du Shah (réforme agraire, alphabétisation étatique, droits des femmes), perçue comme un projet d’affaiblissement du pouvoir clérical. Le Shah voulait redistribuer les terres, ouvrir des écoles d’État dans les campagnes pour étoffer l’alphabétisation, donner l’égalité juridique aux femmes. Ce projet de « révolution blanche » est inacceptable pour le clergé chiite. Il vit principalement des ressources de la terre, donc la réforme agraire nuit à ses intérêts. Il contrôle les écoles, donc le projet d’écoles d’État brise son monopole, il contrôle les femmes, donc le projet d’émancipation contrevient à sa mainmise sur la population.

La révolte contre le Shah peut se lire comme une révolte du clergé chiite pour maintenir ses privilèges. Le Shah n’avait pas compris à quel point ce clergé contrôlait le pays.

L’obligation du port du voile s’impose progressivement, réduisant les espaces de liberté des femmes. En quelques années, les mollahs parviennent à prendre le contrôle de tous les leviers de pouvoir du pays.

 

Une « République islamique » plus qu’une théocratie

 

Mais l’Iran n’est pas véritablement une théocratie. Le régime né de 1979 conjugue référents électifs, appareil révolutionnaire et primauté d’un clerc-juriste. Un montage qui relève moins d’une théocratie classique que d’un État idéologique où l’autorité religieuse absorbe la souveraineté. Cette architecture explique sa longévité : elle convertit la légitimité charismatique de 1979 en institutions, tout en gardant un horizon de projection qui lui permet de se maintenir. C’est ce double moteur, eschatologique et politique, qui continue de structurer la République islamique.