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Charles Gave

Point sur l’Economie Américaine et conséquences pour les élections à venir

Article soumis à droit d’auteur.

Comme beaucoup d’entre vous, je lis avec beaucoup d’intérêt les commentaires faits par d’éminents  spécialistes des Etats- Unis sur la situation économique outre- Atlantique. Et curieusement, je ne reconnais pas dans leurs diagnostiques la réalité que je constate de mon coté.

Pour résumer, l’on me dit que la croissance quoique inférieure  à la normale y est satisfaisante, que le taux de chômage est au plus bas, que les affaires vont bien et que Wall-Street est proche de ses plus hauts historiques et que sais-je encore…

Curieusement, ce n’est pas du tout la vision que j’en ai et pour m’expliquer, je vais me servir de quelques graphiques, en partant du principe Napoléonien qu’un croquis vaut mieux que cent discours.

Commençons par la croissance économique  et bâtissons un petit indice qui réunit la production industrielle et le PIB du secteur privé, puisque je cherche à comprendre si le secteur privé a créé ou non de la valeur depuis quelques temps. La production industrielle représente la moitie de cet indice et la partie de l’économie qui produit des biens (du type voitures, ordinateurs ou frigidaires), tandis que dans le PIB du secteur privé (qui comprend la production industrielle) on retrouve surtout les services, depuis le restaurant de quartier jusqu’à Microsoft.

Regardons l’évolution historique de mon indice.

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Jamais cet indice n’est tombé en dessous de zero sans que nous ayons une récession. Mon indice est à zéro, ce qui revient a dire que les Etats- Unis sont au bord de la récession et que l’activité économique à sèchement baissé depuis la fin de l’année dernière.

Voila qui ne semble pas être conforme au discours officiel.

Analysons une deuxième variable dont tous mes lecteurs savent qu’elle est très importante et je veux parler des profits des sociétés, cotées ou non cotées, telles qu’ils apparaissent dans les statistiques de la comptabilité nationale américaine.

Voici le graphique.

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Comme le lecteur peut le voir, chaque fois que les profits ont été en baisse sur  les deux années précédentes, (graphique hachuré en rose), nous avons eu une récession, à une exception près, en1986, où nous avions eu à la place  un effondrement des prix du pétrole, des taux d’intérêts et du dollar. Quand on voit que Wall-Street est au plus haut alors que les profits baissent depuis deux ans, on se tapote le menton…

Venons en à l’emploi et regardons non pas les statistiques du chômage, dont tout le monde sait qu’elles peuvent être facilement manipulées en changeant une définition ici ou là (sauf en France, bien entendu où règne une République vertueuse) et regardons plutôt quelle part de la population travaille en pourcentage de ceux qui pourraient travailler.

Voici le graphique.

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Et donc on se rend compte que le chômage a « soi disant baissé », mais que le  pourcentage d’Américains en âge de travailler- et travaillant -est à un plus bas depuis…1978.

Merveilleuse illusion !

Et la conséquence inéluctable de ce non travail est visible dans le graphique suivant : Plus de la moitié de la population a vu son niveau de vie BAISSER année après année  et ce depuis prés de 15 ans. Inutile à ce point de souligner qu’une nouvelle récession ferait baisser à nouveau ce revenu médian.

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Le revenu médian ajusté pour l’inflation est donc 53657 dollars par ménage, en baisse de plus de 7.5 % depuis 2000, ce qui veut dire que LA MOITIE de la population a un revenu inferieur à ce chiffre  et que tous ces gens ont également vu baisser leurs niveaux de vie depuis bientôt 15 ans.

Car ce revenu médian baisse depuis 2002 (date ou les banques centrales ont commencé leur folies),  pour se retrouver à un niveau légèrement supérieur à  ce qu’il était en …1990.

Un quart de siècle de baisse du revenu médian, cela ne s’était JAMAIS produit dans l’histoire des USA, même pendant la grande dépression.

On ne peut que féliciter les hommes politiques et les banquiers centraux aux USA…

Conclusion : Etonnez vous que monsieur Trump soit populaire !

La classe dirigeante depuis des lustres suit une politique qui favorise la ploutocratie aux USA, comme je n’ai cessé de le dire.

Monsieur Trump a parfaitement vu, non pas ou était le problème, cela seul l’avenir le dira, mais beaucoup plus simplement que l’Américain de base était fou furieux parce qu’il travaillait de plus en plus et gagnait de moins en moins, ce qui est bien normal.

Et monsieur Trump capitalise sur ce mécontentement, d’où son énorme succès.

Il a eu le courage de dire le Roi est nu, et il a été le seul.

Madame Clinton, dont il n’est pas certain qu’elle sera candidate, quant à elle représente la ploutocratie triomphante qui trait les USA à son profit  depuis vingt and au moins aux USA et n’en fait aucun mystère.

Elle n’a bien entendu rien compris à cette vague de fond, qui risquerait de se transformer en Tsunami si une récession se manifestait de façon évidente avant les élections de Novembre.

Elle essaie encore et toujours de faire ce qu’il est convenu d’appeler de la « triangulation » électorale, concept inventé par son mari : On s’appuie sur les minorités, les femmes et les « intellectuels » pour obtenir une majorité.  L’ennui est que les noirs aux USA ont vu leur niveau de vie baisser comme jamais pendant la Présidence Obama, que les femmes ne lui font pas confiance puisqu’elle a toujours soutenu un mari à la réputation douteuse, et enfin les intellectuels préfèrent l’autre candidat démocrate.

La parole reviendra au peuple Américain, in fine, mais pour une fois ils auront le choix entre un candidat libre et un candidat aux ordres. .

Car pour la première fois depuis Reagan, chez les Républicains, ce ne sont pas les élites qui auront sélectionné les candidats grâce à l’argent qu’elles mettaient en jeu, mais un candidat autonome a qui sa campagne a couté très peu d’argent, ce qui est une grande nouveauté.

Peut être sera-t-il un désastre s’il est élu, mais pour une fois un ploutocrate ne devra pas son élection  à la ploutocratie, ce qui n’est pas le cas de madame Clinton.

 

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