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Charles Gave

Les ODS Bruxellois (Oints du Seigneur) ne changeront jamais.

Je dois confesser quelque chose : analyser les processus de décision des ODS Bruxellois me remplit de bonheur tant on peut -être certain qu’il sera à la fois prévisible et non-démocratique mené qu’il sera toujours par des gens qui ont toujours fait preuve de la mauvaise foi la plus totale.

Nous en avons encore un exemple parfait avec les négociations qui s’engagent entre la Grande-Bretagne et la Commission Européenne sur les aspects « techniques » qui doivent être acceptées par les deux parties pour éviter une sortie sans accord du Royaume Uni.

Rappelons que, ou cette négociation échoue, et la Grande-Bretagne sort de l’Europe, les accords du GATT s’appliquant dans ce cas, ou la négociation réussit et une sorte de libre échange s’installe entre la Grande-Bretagne et la zone européenne.

Dans le second cas, nombre de pays se diraient sans doute qu’avoir le libre échange sans avoir Bruxelles serait une situation gagnant- gagnant.

Il me faut donc répéter ce que j’ai écrit juste après le référendum britannique : le but des ODS n’est pas de trouver un accord satisfaisant pour les deux parties, mais de punir le peuple anglais de son outrecuidance et si cela requiert une crise massive dans les économies du vieux continent, eh bien on ne fait pas des omelettes sans casser des œufs.  Je vois les œufs cassés, j’attends toujours l’omelette.

C’est ce que vient de dire notre Président quand il a dit, avec un fier mouvement de menton, qu’il voulait que le Royaume-Uni « paye » alors même que rien dans les traités ne prévoit qu’en cas de sortie de l’Union de l’un de ses membres, ce membre ait à payer quoi que ce soit.

Les Anglais paieront, sils le veulent bien, ce qui parait peu probable en l’absence d’accord.

Il n’en reste pas moins qu’immédiatement les ODS se mirent au travail en vue d’un résultat, qui n’a JAMAIS changé et n’est pas près de changer : préserver leur pouvoir.

La première chose que firent nos ODS fût bien sûr ce que fait tout bon bureaucrate quand on le met face à une échéance : assurer avec autorité que, compte tenu de la complexité des problèmes totalement sous-estimée par des élus incompétents, il allait falloir beaucoup, beaucoup plus de temps.

Un délai raisonnable aurait dû être quatre ou encore mieux cinq ans tant ces négociations s’annonçaient difficiles.

Et à dire vrai, cinq ans apparaissent comme un minimum puisque d’ici cinq ans les Britanniques iront aux urnes à nouveau et que si BOJO et le Parti Conservateur se présentent aux électeurs sans avoir réglé le problème, il est sûr qu’ils seront battus, ce qui bien entendu est le seul et unique but des ODS Bruxellois.

Première manœuvre totalement prévisible des ODS donc …

Et ce bon BOJO, en riant sans-doute sous cape, de leur annoncer qu’accord ou pas, les négociations se termineraient fin Décembre 2020 et que faute d’accord, les procédures standards du Gatt s’appliqueraient entre la Communauté et la Grande-Bretagne, ce qui voudrait dire au passage que le Royaume-Uni ne verserait pas les dizaines de milliards d’Euros promis au cas où un accord ne serait pas signé en temps utile…ce qui mettrait le budget européen dans une situation impossible.

Première défaite donc pour ODS, et alors même que les hostilités n’ont pas vraiment commencées.

Voilà qui donne confiance pour la suite.

Et la suite on la connait déjà puisque le négociateur en chef pour Bruxelles n’est autre que monsieur Barnier.

  • Eh oui, le même monsieur Barnier qui avait négocié des accords auxquels avec madame May auxquels rien ne pouvait être changé (c’est du moins ce qui fût dit à Boris Johnson quand il devint premier ministre) et qui furent néanmoins transformés de fond en comble dès que Boris agita la menace de la sortie sans accord (voir mon article à l’époque).
  • Le même monsieur Barnier qui avait comploté avec toutes les forces anglaises globalisantes s’opposant à la sortie de la Grande-Bretagne pour bloquer le fonctionnement du parlement Britannique en intervenant de façon éhontée dans les affaires intérieures d’un pays. Il faut noter à ce point du raisonnement que pas un seul des députés qui ont soutenu monsieur Barnier quand ils étaient au parlement britannique n’a été réélu, les britanniques ne plaisantant pas avec ceux prêts à vendre pour un plat de lentilles la souveraineté du pays.
  • Le même monsieur Barnier qui est connu pour une absence absolument totale de charisme et qui fut, avec Juncker, la tête de turc de Farage au parlement europeen et qui, pas une seule fois ne trouva quoique que ce soit d’amusant à retorquer au tribun britannique…

Et c’est là où l’on voit tout le machiavélisme de nos ODS dont il serait stupide de penser qu’ils le sont.

Quoi de plus malin que de nommer à nouveau comme négociateur en chef un homme qui insupporte les britanniques au plus haut point et qui a déjà lamentablement échoué ?

« On » est à peu près sur du résultat.

Mais qui est ce « on » ?

Bonne question et voici la réponse : l’Etat profond européen, ce qui est un paradoxe car il n’y a pas d’Etat européen.

Mais il y a à l’évidence un Etat Profond Européen composé de l’Otan, de la Commission, des Cours de Justice, des grands lobbystes, de la plupart des media, d’un bon nombre de membres du Parlement Europeen ainsi que de moults sous-marins chargés de noyauter les vrais Etats en Europe.

Et leur méthode a toujours été la même, celle dite du « cliquet » inventée par Jean Monnet.

Je dois rappeler ici en quoi elle consiste.

Imaginons que cette classe (caste ?) ait décidé qu’il était inconcevable que les pays liés par les traités européens conservent leur souveraineté juridique.

En aucun cas, un tel projet ne serait accepté par les populations locales. Et donc, on va procéder par étapes, petit à petit. Un exemple : La France est signataire du traité de Marrakech. Mais en aucun cas, nous disent les eurocrates, ce traité ne devrait s’appliquer à elle (pourquoi avoir signé dans ce cas ?).

Un jour cependant, l’une des deux cours de justice européennes devra traiter d’un conflit opposant un immigré à notre pays. Un arrêt sera rendu nous donnant tort et du coup le traité s’appliquera sans que quiconque puisse protester.

Le principe est toujours le même :

  1. L’abandon de souveraineté est « minime » mais nécessaire pour que la construction européenne continue.
  2. Une fois l’abandon voté par les eurocrates nationaux, on se rend compte qu’il n’était pas si petit que ça puisqu’il est interdit de revenir en arrière, comme on l’a vu. Une souveraineté abandonnée l’est pour toujours et à jamais (effet de cliquet).
  3. Si par hasard, l’erreur a été commise de demander son avis au peuple par un referendum et que la première réponse ait été « non », on fera revoter le peuple autant qu’il le faudra, jusqu’à ce qu’il apporte la bonne réponse (cf la Constitution européenne, refusée par le peuple et imposé par les parlementaires sous monsieur Sarkozy.)  A ce moment-là, le vote devient irréversible et engage les générations futures à jamais.
  4. Ceux qui dénoncent ces manœuvres sont assimilés aux personnes qui ont causé les « heures les plus sombres de notre histoire » par la fameuse « réductio ad Hitlerium », couplée à l’accusation qu’ils veulent la guerre entre nations européennes.

Et voila qui avait très bien marché jusqu’à ce que monsieur Cameron fasse l’erreur fatale de demander aux britanniques s’ils voulaient rester dans la construction du Léviathan.

Et bien sûr, ces braves gens répondirent non, à la stupéfaction générale tant les ODS pensent que le peuple est idiot.

Mais cette décision d’un peuple retrouvant sa souveraineté fait sauter de façon irrémédiable le principe même du cliquet ayant permis tous les abandons de souveraineté consentis jusqu’à ce point.

Ce qui risque de foutre en l’air l’Etat profond européen dont le personnel va peut-être devoir travailler pour vivre.

En fait, c’est la survie même de cet état profond que le départ de la Grande-Bretagne met en danger.

Et pour l’instant, ce sont les membres de cet Etat profond qui se sont auto-sélectionnés pour mener les discussions et ils ont un but et un seul, préserver le pouvoir qu’ils se sont attribué sans avoir à passer par la case « élections ».

Ce qui veut dire qu’un combat à mort est engagé entre la souveraineté du peuple britannique et l’Etat profond européen et que donc tout sera fait pour qu’une crise profonde frappe la Grande-Bretagne quand bien même le prix à payer pour le reste de l’Europe serait très, très élevé.

Mais c’est là que les gouvernements des autres pays en Europe risquent d’intervenir pour remettre au pas les Barnier de ce monde et là, je pense surtout à l’Allemagne qui a un considérable excèdent de son commerce extérieur avec la Grande-Bretagne et qui est dans une situation tant politique (montée de l’AFD) qu’économique désastreuse (effondrement mondial de l’industrie automobile) …

Voici donc ce qui va se passer à mon avis dans les 12 mois qui viennent.

  1. Monsieur Barnier continue son travail de sape, avec l’aide du gouvernement français qui par exemple propose aux allemands de partager avec eux l’arme atomique, ce qui reviendrait à abandonner l’Otan. On imagine l’enthousiasme à Berlin.
  2. Au bout de trois mois de blocage, BOJO décroche son téléphone pour appeler madame Merkel et lui signifie qu’il songe à interdire la vente au Royaume- Uni d’une grande partie des produits allemands faits avec du charbon, car cela met très en colère la jeune Greta et les écologistes britanniques.
  3. Madame Merkel appelle monsieur Barnier pour lui dire que les bêtises ont assez duré et qu’à partir de maintenant, il est mis sous tutelle.
  4. Fureur de monsieur Macron.  La réalité est pourtant très simple. Soit monsieur Macron se couche, soit-il ne se couche pas, mais dans les deux cas, l’Etat profond européen est cuit puisqu’il est apparu pour ce qu’il est, c’est-à-dire une tentative par les hauts fonctionnaires français de contrôler les autres pays européens.
  5. Monsieur Salvini, revenu au pouvoir en Italie annonce qu’il demande une grande convention pour réintroduire un semblant de démocratie en Europe. La Pologne, la Hongrie, la Tchéquie approuvent cette initiative. Monsieur Macron refait une colère, à laquelle personne ne prête la moindre attention…
  6. L’Euro tombe en dessous d’un dollar. Monsieur Trump impose des droits de douane sur les produits de la zone Euro.
  7. La Grande-Bretagne obtient son accord de libre-échange et les conservateurs Suédois demandent qu’un referendum soit organisée sur le maintien de la Suède dans l’Union Européenne

Malheureusement, c’est à ce moment-là que ma boule de cristal se brouille… `