https://institutdeslibertes.org/lannee-du-dollar/
Charles Gave

L’année du Dollar

Les anglo-saxons, toujours pragmatiques expliquent à qui veut les entendre qu’íl n’existe qu’une seule méthode d’investissement qui vaille, la méthode « KISS » pour « keep it simple, stupid ». C’est ce que je vais m’employer à démontrer dans cette courte chronique.

Le but du nouveau Président Américain, adepte bien connu lui aussi de la méthode KISS, est en fait tout simple: faire monter la rentabilité du capital investi aux USA (ou RCI) en utilisant tout une série de moyens, certains recommandables (déréglementation, baisse des impôts) d’autres beaucoup moins (protectionnisme, subventions directes et variées).

Et donc si les bonnes méthodes sont employées et que la RCI américaine monte de ce fait, l’emploi aux USA montera, les importations suivront, la RCI en dehors des USA montera aussi et nous aurons un scenario à la Reagan où le monde entier sera le bénéficiaire de la nouvelle politique économique aux USA.

Dans ce cas de figure, il faut vendre toutes affaires cessantes ses actifs aux USA (actions, obligations, cash) qui ont déjà bien anticipé ce scénario pour acheter massivement des actions partout dans le monde, y compris en Europe en sélectionnant bien sur les valeurs du secteur capitaliste tout en continuant à éviter celles du secteur communiste.

Il faut aussi se bourrer des obligations en monnaie locale en Asie (Inde, Philippines, Indonésie, Chine) qui offrent des rendements fort intéressants (entre 3 % et 7 %) tant elles seront les grandes gagnantes dans ce scenario.

Par contre, si les mauvaises méthodes sont employées, toute hausse de la RCI aux USA se fera au détriment d’une baisse de cette même RCI en dehors des USA et là nous nous trouverons assez rapidement dans un scenario assez semblable à celui des années trente.

Dans ce  second cas, le dollar, pourtant déjà surévalué verra sa hausse accélérer, les gens endettés en dollar essayant désespérément de couvrir leurs positions à découvert, résultat des emprunts  qu’ils ont émis  dans la monnaie US par le passé (environ 10000 milliards depuis 10 ans d’après la BRI, ce qui n’est pas rien).

Dans ce  second cas de figure, les actions un peu partout dans le monde connaitront des jours difficiles.

Comment se positionner dans ces jours incertains tant les deux branches de l’arbre de décision semblent incompatibles?

A mon avis pour un Européen du Sud, le choix est plus facile que pour un Américain ou un Asiatique.

Notre Européen devrait transférer toutes ses positions en obligations US ou européennes en obligations asiatiques qui sont un peu (compte tenu des valorisations tant de la monnaie que des taux longs) dans une situation « pile je gagne, face je ne perds pas ».

Si mon Européen a des positions cash en dollar,  il devrait les garder en attendant de savoir  si un « corner » sur le dollar se développe…  ou pas.

S’il n’en a pas,  il pourrait s’en bâtir en vendant des actions US par exemple.

En ce qui concerne les actions, je maintiens l’analyse que je fais depuis des années.

Dans les marchés il existe deux sortes de valeurs, les actions du secteur capitaliste qui vendent des produits ou des services dans le secteur concurrentiel sans « l’aide » du gouvernement et les autres qui dépendent des gouvernements et/ou sont réglementées par eux.

Un peu partout, nous rentrons dans la crise finale du capitalisme étatique qui est un peu au capitalisme ce que la musique militaire est à la musique et détenir des actions  du secteur communiste ne me semble pas être une bonne idée quand le deuxième mur de Berlin est en train de s’écrouler. Voila qui me semble la voie la plus rapide vers un appauvrissement durable et déjà bien entamé.

Et donc un portefeuille diversifié entre actions capitalistes un peu partout dans le monde, obligations  en monnaies locales en Asie et cash en dollar devrait résister sans trop de problèmes.

Dans le monde que je décrits, la part cash en dollar devrait être la moins pérenne et la plus susceptible d’être utilisée quelque part pendant les six premiers mois de 2017 pour renforcer les deux autres.

Car soyons objectifs : dans l’hypothèse (pessimiste) où la mauvaise politique serait suivie par monsieur Trump, il y aura une consolation pour les Européens non allemands : l’euro disparaitrait-enfin- et les Français qui auraient acheté des obligations asiatiques et/ou qui auraient de fortes positions en cash en dollar verraient leurs portefeuilles monter très, très fortement dans le nouveau franc ou la nouvelle Lire (qui s’appellerait sans doute le florin), ce qui atténuera, j’en suis sur, la peine considérable qu’’íls ressentiront à l’idée du chagrin qu’’ils auront causé à la nomenclature Bruxelloise.

Pour conclure : Je ne peux m’empêcher de souhaiter une bonne année à tous les lecteurs, et pour une fois je pense qu’elle va être bonne .

Nous arrivons en effet à la fin d’une période imbécile où nos politiques et banquiers centraux se sont pris pour des génies, alors que tout montre qu’’ils n’étaient pas très malins.

La démocratie fonctionne parce qu’elle permet au peuple de se débarrasser de ceux qui échouent en expliquant qu’ils ont eu raison.

Nous y arrivons enfin.

Alléluia