24 janvier, 2019

La tour de Gourze, pivot stratégique du Léman

 

Heureux êtes-vous si vous connaissez la tour de Gourze ; c’est que vous êtes familier du canton de Vaud, qui s’étire des rives du Léman aux sommets alpestres. Cette tour carrée de grosses pierres de neuf mètres de haut fut bâtie au IXe siècle. Son sommet offre une vue panoramique sur le lac Léman, la rive et les sommets français ainsi que les vignes du Valais et de Lavaux qui s’accrochent aux coteaux. Intéressante tour de Gourze, qui fut édifiée par la reine Berthe pour assurer la protection de la région contre les invasions de Sarrasins. Ceux-ci ont certes attaqué les côtes de la Méditerranée, y faisant de nombreux raids et razzias, mais ils ont aussi remonté la vallée du Rhône et ont attaqué les points centraux des cols alpestres.

 

Les Sarrasins et les bénédictins

 

En 906, les Sarrasins ravagent les abbayes bénédictines de Novalaise et de Borgo San Dalmazzo, situées dans le Piémont. C’est un schéma classique en géopolitique : l’affrontement entre le sédentaire et le nomade. La sédentarisation aide à produire de la richesse, qui excite la convoitise et l’envie du nomade, plus mobile et doté d’un esprit guerrier. La razzia, c’est-à-dire le vol armé, est son mode opératoire pour vivre et se développer. Le sédentaire, lui, se développe grâce à la production et à l’inventivité. Les abbayes ont toujours été à la fois des lieux de prière et de recueillement, mais aussi des foyers intellectuels et des centres de hautes technologies. De quoi donc exciter l’âme guerrière des Sarrasins et leur volonté de rapt, comme le firent aussi les Normands et les Hongrois.

 

Poursuivant leurs attaques lémaniques, les Sarrasins lancèrent un raid contre l’abbaye de Saint-Maurice en 940. En 972, ils capturèrent l’abbé de Cluny, Mayeul, lors d’une embuscade au Grand-Saint-Bernard. À la suite de quoi, les moines bénédictins mobilisèrent les armées de la région qui, regroupées sous l’autorité du comte Guillaume de Provence, vainquirent les Sarrasins en 973 lors de la bataille de Tourtour. Ceux-ci furent chassés des Alpes puis de la vallée du Rhône et de la Provence. S’ils ont laissé des souvenirs en Méditerranée, notamment dans les drapeaux corses et sardes, leur passage sur les bords du Léman et dans les cols des Alpes est quelque peu oubliée, hormis la présence de la tour de Gourze.

 

La stratégie des cols

 

Cela témoigne de l’importance de ces lieux de passage et du rôle crucial des cols et des sommets pour tenir une région. L’abbaye Saint-Maurice, située dans le Valais, dans la ville éponyme, est l’une des plus anciennes d’Europe, ayant été fondée en 515 par le roi burgonde saint Sigismond. Une communauté monastique y est encore présente, qui suit la règle de saint Augustin depuis 1128. Avec Lérins (fondée en 400), en Méditerranée, c’est l’une des plus anciennes abbayes d’Europe occidentale encore en activité. L’abbaye semble certes perdue au milieu des montagnes, mais elle est surtout située sur l’une des routes qui conduisent vers Rome et les plaines piémontaises. Elle est donc au centre des lieux de communication, en faisant un pivot stratégique majeur pour la région du Léman, dont elle constitue un verrou. Léman qui est tout autant un lac qu’une mer intérieure débouchant sur le Rhône, d’où ses nombreuses villes côtières : Lausanne, Genève, Évian, Thonon, etc. De cette situation de pivot et de centre spirituel, l’abbaye a tiré une grande richesse dont témoigne son trésor, qu’il faut absolument voir si vous passez dans la région. Il illustre le raffinement et l’état de perfection d’une époque, le Ve-VIIIe siècle, que l’on juge souvent barbare. Le vase de saint Martin, en émaux et pierres précieuses, l’aiguière de Charlemagne ou encore le reliquaire de saint Candide. Autant d’objets témoins d’une grande maîtrise artistique et qui démontrent que l’Europe n’a pas attendu le XVIesiècle et la Renaissance pour développer un art fécond.

 

Quant à Mayeul de Cluny, qui fut enlevé par les Sarrasins, c’est l’une des grandes figures de l’Europe médiévale. Né à Forcalquier, en Provence, il est le quatrième abbé de Cluny. Ami et conseiller des princes du Saint-Empire romain germanique tout autant qu’Hugues Capet, il a contribué à l’expansion des monastères clunisiens en Europe ; ces monastères ayant œuvré à l’une des premières unifications culturelles et intellectuelles du continent. Bien que Bourguignon du fait de sa charge d’abbé, il conserva de nombreux liens familiaux en Provence. Raison pour laquelle les Sarrasins l’enlevèrent en 972 : ils espéraient en tirer une lourde rançon. Ils l’obtinrent en effet, les clunisiens payant pour sa libération. Mais une fois celui-ci sorti de captivité, il rassembla les armées autour de Guillaume de Provence afin d’en chasser les Sarrasins. Ce fut une victoire à la Pyrrhus pour ces derniers qui, appâtés par l’or, ne virent pas le danger politique et militaire qu’il y avait à s’attaquer à Mayeul.

 

Les secrets du développement

 

De nombreuses universités proposent à leurs étudiants des masters en économie du développement où ceux-ci cherchent à comprendre quelles sont les meilleures politiques publiques à mettre en place pour assurer le développement matériel d’un pays. Généralement ces formations se limitent à expliquer qu’il faut davantage de dépenses publiques et de subventions internationales. On ne peut que conseiller à ces étudiants, et à tous les autres, de venir sur les bords du Léman pour comprendre quels sont les secrets du développement et la différence fondamentale entre les pays développés et ceux qui ne le sont pas : du travail et de l’inventivité. Les paysages de vignes en sont l’archétype, que ce soit en Bourgogne, terres froides et incultes qui donnent de très grands vins, en Porto, terres arides et pierreuses, ou dans le Médoc, terres de marécages drainés qui produisent des vins d’excellence.

 

Les vignes de Lavaux

 

On trouve le même secret et le même résultat sur les bords du Léman, dans les vignobles du Lavaux et du Velay. Ici, tout est fait pour que la région soit pauvre : le sol est très pentu et très pierreux, les conditions climatiques sont rudes (froid l’hiver et chaud l’été) et l’enclavement est grand. Et c’est pourtant l’une des régions les plus riches du monde. Dès le XIIesiècle, les moines cisterciens, toujours eux, ont épierré le sol pour y bâtir des murets. Ils ont planté des plants de vigne, qui bénéficient de la chaleur réfléchie par le lac et de la déclivité du sol pour capter au maximum les rayons du soleil. Ils ont sélectionné les cépages les plus adaptés et ils ont travaillé la vigne et le jus. Cette tradition est reprise aujourd’hui par de nombreuses familles qui perpétuent le savoir-faire des vignes du Lavaux, justement classées au patrimoine mondial de l’humanité. Les paysages de vignes m’ont toujours paru les plus beaux paysages agricoles, fruits d’un travail de Romain intense, changeant au fil des saisons, du soleil et de la neige, des feuilles vertes et des feuilles d’or. Dans le Lavaux le chasselas y est roi, mais on y trouve aussi de la syrah et du gamay, bien différents en goût de la vallée du Rhône et du Beaujolais.

 

La géopolitique du vin est la géopolitique du capitalisme, du travail, des défis relevés et de l’imagination. Il faut oser faire des vignes ici, se persuader que le vin pourra être bon, et il faut avoir le courage de travailler dur, sur des sols si pentus que la machine ne passe pas, si bien qu’il faut tout faire à la main.

 

Les bisses et les tubes

 

Même travail de titans dans les alpages avec les bisses. Ce sont des canaux d’irrigation, une tranchée ouverte, qui acheminent l’eau des torrents jusque dans les prairies sèches. Certains serpentent, d’autres sont consolidés pour ne pas s’effondrer. Cela a permis de développer la culture des vergers, des légumes et aussi d’irriguer les alpages pour y élever les bovins et en tirer le lait et la viande. Là encore, le développement est dû au travail et à l’inventivité, bref au capitalisme. Si leur intérêt stratégique est aujourd’hui moindre, car on peut apporter l’eau autrement, ils offrent de beaux trajets de balades et de randonnées.

 

Les bisses inaugurent la géopolitique des tubes et des tuyaux, qui est à l’ordre du monde ce que le fil est à la tapisserie : un envers certes invisible à l’œil, mais essentiel au fonctionnement de celui-ci. Et nous retrouvons donc la tour de Gourze. Non loin de celle-ci, à une vingtaine de kilomètres, est située la raffinerie de Colombey, aujourd’hui fermée. Elle était alimentée par pipe-line depuis Gènes, les pipes circulant dans les antiques voies de communication alpestres. Gênes est raccordé, là aussi par tube, au pétrole de Libye, qui passe sous la Méditerranée. La raffinerie de Colombey appartient à Tamoil, une entreprise libyenne qui raffinait son pétrole en Suisse. Depuis Gourze nous retrouvons nos Sarrasins et nos rives de la Méditerranée puisque l’essence qui nous a permis d’y venir provenait d’un puits de pétrole libyen, situé quelque part en Cyrénaïque et transitant par Benghazi. Là encore, le travail, l’inventivité, la capacité d’innover pour assurer le développement d’une région et de ses hommes.

 

Auteur: Jean-Baptiste Noé

Jean-Baptiste Noé est docteur en histoire économique. Il est directeur d'Orbis. Ecole de géopolitique. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages : Géopolitique du Vatican. La puissance de l'influence (Puf, 2015), Le défi migratoire. L'Europe ébranlée (2016) et, récemment, un ouvrage consacré à la Monarchie de Juillet : La parenthèse libérale. Dix-huit années qui ont changé la France (2018).

12 Commentaires

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  • Francis

    29 janvier 2019

    Merci pour ce bel article qui fait oublier les Gilets Jaunes pendant cinq minutes

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    • Andenmatten pius

      1 février 2019

      Merci pour cet article très intéressant qui donne une information bien cadrée et très concise sur la Tout de Gourze pivot stratégique du Leman.

  • Steve

    28 janvier 2019

    Bonjour M. Noé
    “Les sites extraordinaires ont, selon la tradition chinoise, le pouvoir d’élever ‘homme au niveau supérieur du royaume de l’esprit.” ( François Cheng – Assise- Revue franciscaine)
    La tradition chinoise a créé une grammaire des paysages qui aide à la maîtrise des flux: cols, jonctions lacs-fleuves, station de pompage, raffinerie, stations émettrices de rasio ou télévision sont des lieux de transformation et de maîtrise des flux.
    Cette grammaire chinoise permet, dans osn référentiel de comprendre la richesse de Genève dan son rapport topologique au Léman, de comprendre pourquoi Paris l’emporta sur Lyon comme capitale, ou l’ascension de Kuala Lumpur, au départ petit comptoir fondé par des commerçants chinois à l’écart de l’ancienne capitale de Malaisie Penang.
    Le souci de la gestion des flux s’exprime en chinois par la métaphore Vent/Eau qui image les flux matériels et immatériels.
    Et bien qu’il fût un criminel, Heidegger a dit des choses intéressantes dans ses conférences Bauen Wohnen Denken 1951- Notamment sur le versement de l’eau, celle du Léman donc si l’on considère la question du haut de la tour de Gourze, et que l’on peut étendre agréablement au versement du vin.
    Merci pour ce bel article.
    Cordialement

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  • Jean-David

    28 janvier 2019

    Je voudrais apporter quelques précisions au commentaire d’Alexandre, qui m’a intéressé et surpris. A propos de la contamination due à Tchernobyl, la plus grande partie de la Suisse en particulier les cantons de Vaud et Fribourg qu’il mentionne, n’ont reçu que 2 à 10 Kilobecquerels par m2, autant qu’une bonne partie de la France. Voir le lien de la carte https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/europetcherno2000#&gid=1&pid=1.
    Si ce que dit Alexandre est vrai, il faut donc se méfier non seulement des vins suisses, mais aussi des Côtes-du Rhône, du Beaujolais, des vins du sud de la Bourgogne, des vins de Provence…
    Quant aux usines nucléaires, les Romands, et concrètement le gouvernement genevois a déposé une plainte pénale contre la centrale du Bugey proche de Lyon. L’autre centrale proche de la Romandie est celle de Mühleberg, dans le canton de Bern, l’une de plus ancienne du monde et qui sera enfin fermée en 2019. D’après la carte ci-dessus, Davos, qui n’est pas une région où l’on parle le romanche, n’est pas plus touché que la Suisse romande ou le Lyonnais par les retombées radioactive de Tchernobyl.

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    • Alexandre

      29 janvier 2019

      @Jean-David :

      Il faut dissocier les accidents industriels advenus sur les centrales atomiques suisses qui sont la cause d’une contamination de terres agricoles et de lacs, notamment dans le Canton de Fribourg et le Canton de Vaud.. des contaminations additionnelles causées par Chernobyl.

      La situation politique de la Suisse à l’égard du nucléaire est hétéroclite et complexe.

      Le Canton de Genève est résolument anti-nucléaire, comme la plupart des cantons romands (francophones), mais les cantons alémaniques (germanophones) sont divisés sur cette question et le Fédéral est composé de pro-nucléaires contrariés par les votations ou les cantons anti-nuclaires.

      Ainsi, le Canton de Genève dépose plainte contre la France, alors que le Fédéral Suisse déni son implication dans le largage des futs de déchets atomiques au large de Bayonne par exemple.. alors mêmes que le Canton de Genève pourrait lui-même déposer plainte contre le Fédéral Suisse et contre le Canton de Fribourg qui héberge une centrale atomique..

      Disons que la Suisse est au moins aussi performante que la France, la Russie, la Biélorussie ou la Bulgarie pour occulter les conséquences sanitaires de ses centrales atomiques sur son territoire, mais que du fait de son régime fédéral autant que du principe de subsidiarité territoriale, toutes les composantes du pays ne sont pas alignées pour cautionner ce mensonge.

      Déposer plainte contre la France est aussi pour le Canton de Genève un moyen de mettre en lumière les conséquences sanitaires des centrales atomiques suisses.

      Concernant Chernobyl c’est un problème en certains lieux, notamment en France dans l’Est de la Corse et en Suisse très particulièrement dans tous les cantons des secteurs de langue romanche, c’est à dire autour de Davos pour schématiser.

      Et concernant les accidents industriels atomiques en France, faut-il citer l’eau courante qui est radioactive à Limoge, dans un rayon de 30km autour de La Hague ou même les morts dans la banlieue Sud-Est de Nantes à Clisson à cause des contaminations d’une mine d’uranium qu’il est techniquement impossible de décontaminer et qui commence tout juste à rayonner dans les territoires qui l’environnent..

      Faut-il citer les déchets atomiques qui furent coulés dans le goudron des routes partout en France.. mais surtout dans l’Ouest..

      Faut-il citer les cancers à Guernesey et Jersey alors qu’on ne retrouve plus les futs de déchets atomiques qui étaient jetés dans la manche, puisque du fait de la corrosion ils n’existent aujourd’hui tout simplement plus !

      Faut-il même citer le site d’enfouissement de déchet de CIGEO dont ses concepteurs nous expliquent benoitement que in fine la radioactivité des colis finira par remonter à la surface et qu’elle contaminera toute la région Champagne et même l’Ile-de-France ? Alors même que ce qu’ils ne nous disent pas, c’est que comme au Nouveau-Mexique une telle installation exploserait du fait des gaz (les déchets atomiques contiennent des plastiques qui se transforment en gaz explosifs avec la radiation de la chaleur des colis..)..

      Des livres entiers sont rédigés sur l’ensemble de ces exemples, qui ne sont que le début de problèmes si on ne fait rien.. pour arrêter le nucléaire et prendre nos responsabilités.

      Je suis pour ma part toujours stupéfait de constater que les libéraux français sont probablement les derniers libéraux au monde à cautionner cette industrie étatique et communiste qu’est l’industrie atomique.. dont le bilan militaire provisoire, car il ne s’agit certainement pas d’une technologie civile, se compte en millions de mort de par le monde.

  • Alexandre

    25 janvier 2019

    Mais pourquoi dieu n’a-t-il pas mis les nappes de pétrole en Suisse ?

    Personnellement, j’éviterais de consommer du vin suisse, notamment dans le canton de Vaud et le canton de Fribourg, car de nombreuses vignes et lacs y sont radioactifs.. du fait que les ODS locaux planifient d’exploiter comme en France les centrales atomiques jusqu’à ce qu’elles explosent toutes, se moquant bien mal que des accidents de fonctionnement furent déjà assez significatifs pour que des vignes soient contaminées..

    Par ailleurs la Suisse est encore relativement gravement impactée par Chernobyl. La radioactivité s’accumule beaucoup plus dans les vallées de montagnes que dans les plaines. Toutes les régions montagneuses qui furent touchées par des pluies ou de la neige de Chernobyl sont encore fortement atteintes et elles le seront encore pour quasiment l’éternité à l’échelle de l’Homme.

    Cueillir des champignons dans les forêts lyonnaises ou consommer du vin des vignes de Fribourg, me semble donc très aventureux.

    Les vers de terre en remuant la terre on tendance chaque année à transporter la radioactivité de la surface des sols, plus en profondeur, entre 40cm et 1 mètres sous la surface (pour mémoire).. mais cette radioactivité est toujours là, pompée par les racines des végétaux, retournée par les terriers.. les chantiers ou les travaux humains..

    Même les sangliers qu’on chasse en France pour le consommer devrait faire l’objet de tests de radioactivité..

    La seule agriculture qui soit fiable est celle qui est hors sol, dont toute la chaîne de production est contrôlée.

    Il y a ainsi en Suisse de nombreux territoires, tels que les territoires romanches où même Davos, sur lesquels on retrouve des doses de contamination par Chernobyl au moins égales si ce n’est plus, aux territoires de l’Est de la Corse (qui sont les plus touchés en France par Chernobyl)..

    Le vin suisse est donc certainement très bon.. mais sa qualité radiologique mériterait d’être connue.. au même titre que les produits agricoles de l’Est de la Corse..

    Et les référendums d’initiative populaire n’y changent rien, puisque malgré la décision référendaire des citoyens suisses d’abandonner le nucléaire, les ODS locaux n’entendent pas y donner suite.. alors même que le délais d’exploitation des centrales atomiques suisses avant fermeture est tel qu’elles exploseraient par vétusté avant qu’elles ne soient arrêtées.

    Lorsque les premières centrales atomiques étaient construites, au doigt mouillé on pensait qu’elles pourraient être exploitées pendant 15 ans.. puis, pour des raisons exclusivement économiques on porta leur durée de vie à 20 ans, puis 25 ans, puis 30 ans et maintenant jusqu’à 60 ans, elles sont devenues éternelles.

    Sauf que presque toutes les centrales atomiques en Europe présentent maintenant des failles de leurs réacteurs (micro-fissures, micro-percements..) et qu’il n’existe aucun modèle mathématique pour prédire l’usure de ces réacteurs. Ils nous disent que ce n’est pas grave, que ces fissures sont infimes.. alors même qu’ils n’ont aucun modèle mathématique pour soutenir cette thèse.. et c’est sans compter sur le reste des éléments d’une centrale atomique, alors qu’il y a 3500 accidents chaque année sur les centrales atomiques françaises..

    Sur la centrale atomique proche d’Orléans il y a même un ouvrier qui a commis une erreur de sens d’insertion des combustibles dans le réacteur et de toutes les mesures de contrôle pour éviter cela, aucune n’a fonctionné, sauf le hasard pour nous faire réaliser cette erreur à temps.. sans quoi nous aurions eu Chernobyl sur Loire et Prypiat sur Seine.

    Ce ne sont que quelques exemples parmi des milliers.

    Pire, ils sont en train de construire un EPR à Flamanville, pour lequel la justice tout en reconnaissant des malfaçons incompatibles avec la poursuite du chantier (notamment la cuve du réacteur qui est défaillante), a dans le même temps donc implicitement reconnu que par “corruption” ou “féodalité” à l’égard des donneurs d’ordres, elle autorisait la poursuite du chantier !

    Cet EPR de Flamanville est un tombeau que l’on construit pour la France, il faut un mettre un terme maintenant.

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  • VIARD

    25 janvier 2019

    très interéssant;parfait avec une petite carte.Merci

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  • Rwono

    24 janvier 2019

    Merci pour cet excellent article qui m’en apprend plus sur cette région que j’adore. J’ai l’occasion de prendre le train entre Lausanne et Montreux une à deux fois par an. Les paysages autour de Lavaux sont superbes. Je m’y arrêterai une prochaine fois !

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  • MarM

    24 janvier 2019

    Excellent article !

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  • Theotimedesavoie

    24 janvier 2019

    Merci infiniment pour cette leçon de géographie historique sur mon cher pays.

    Je suis en effet un Savoisien habitant en Suisse originaire d’un village dont le saint patron est Maurice! Il ne se passe pas une semaine sans que je ne traverse par l’autoroute les vignes de Lavaux qui sont la plus belle chose que je connaisse, sans chauvinisme! Ce qui peut s’en approcher éventuellement, dans un autre registre du sublime, est le Mont Saint Michel…et encore!

    Je me suis rendu cet été dans la noble et antique abbaye de Saint Maurice pour visiter le trésor que je n’avais plus vu depuis des années et me recueillir en mémoire de Maurice et de ses compagnons martyrs.
    J’ai prié pour ma chère Savoie et ma chère Confédération, si proches par la mentalité de leurs peuples, rudes au travail, innovants et entreprenants.

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  • Jacques Peter

    24 janvier 2019

    A propos de Sarrazins dans les Alpes, il y a un sommet de 4000m dans le Valais qui s’appelle Alalinhorn.

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  • Ockham

    24 janvier 2019

    Les mêmes sandales sur presque les mèmes pierres à cinq cents ans d’intervalle apportaient la merveilleuse lettre latine jusqu’au fond de la Germanie au lieu de traîner des esclaves vers Rome. Très beau texte qui donne envie de marcher vers Gourze pour seulement entendre le temps et tous les temps.

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