Et voila! L’Allemagne va mal.

L’Allemagne est dans une situation épouvantable.

Commençons par la démographie.

Le taux de fécondité des femmes qui devrait être à 2.1 enfants par femme pour assurer le remplacement des générations stagne à 1.4 depuis des décennies, et du coup la population allemande baisse-déjà- de 200000 personnes par an et les choses vont s’aggraver.

En effet, et compte tenu du vieillissement inéluctable de la population, dans les années qui viennent, le nombre de retraités chez nos voisins va littéralement exploser et il n’y aura pas assez de jeunes pour payer les retraites de tous ces gens qui n’ont pas fait d’enfants. Tous les jeunes Italiens, Grecs ou Espagnols, chassés de chez eux par l’imbécile Euro et qui ont trouvé du travail outre-rhin vont quitter l’Allemagne à ce moment-là, tant ils n’auront pas envie de payer des impôts monstrueux pour soutenir tous ces vieillards stériles, dont le revenu va donc s’effondrer, ce qui n’annonce rien de bon pour la croissance.

Continuons par l’économie ; L’Allemagne qui a bénéficié d’une monnaie sous-évaluée a du coup investi massivement dans tous les secteurs ou elle était anormalement compétitive (à cause de l’euro, encore une fois), c’est-à-dire dans les voitures et les machines-outils qui servent à construire des voitures. Or, d’ici dix, quinze ans, plus personne n’aura besoin de voitures puisque des automobiles sans chauffeur se baladeront dans les rues et que chacun pourra en appeler une avec son téléphone. Voilà qui devrait faire baisser la production d’automobiles dans des proportions inouïes puisque la voiture d’aujourd’hui reste immobile environ 90 % de sa durée de vie.

Qui plus est, ces voitures seront électriques et toutes les batteries sont fabriquées en Asie. Et ces véhicules seront beaucoup moins compliqués et donc moins rentables que ceux fabriqués de nos jours. En conséquence, la rentabilité et le chiffre d’affaires de l’industrie automobile allemande vont s’effondrer.

Quelque part, l’Allemagne est devenue le producteur de diligences le plus efficace au moment où elles allaient être remplacées par les chemins de fer.  Voila qui mérite des applaudissements.

Mais ce n’est pas tout, loin s’en faut.

L’Allemagne a toujours été un pays mercantiliste, le but de la politique économique étant de dégager des excédents extérieurs.

Les autorités allemandes pensent qu’une balance commerciale est comme un compte d’exploitation pour une entreprise, ce qui est ânerie théorique considérable.  Si je vends des voitures et que je touche des bouts de papier en échange, émis par des gens qui ne me rembourseront pas, je suis gagnant ! Ah bon, que voilà une conception curieuse…

Dans le fond, le mercantiliste est un suceur de roue comme on dit dans le cyclisme. L’idée est de laisser les autres faire des efforts sans en faire aucun soi-même et de tirer les marrons du feu au dernier moment, non sans donner des leçons de vertu à tout le monde une fois la ligne franchie

Et donc tout est fait pour favoriser les exportations et freiner les importations. Du coup, le seul moment où l’économie allemande est en croissance se produit quand le commerce mondial se développe, comme le montre mon premier graphique.

 

 

 

 

 

Et  bien sûr, quand le commerce mondial ralentit, l’économie allemande entre en récession à chaque fois puisque les exportations allemandes baissent et que les exportations sont LA seule chose qui tire l’économie allemande, ce qui est bien normal puisqu’ils sont mercantilistes.

Et ce n’est pas une population dont le nombre diminue de 200000 personnes par an, déjà logée, et partant a la retraite qui va augmenter sa consommation…

Et comme nous sommes en train de passer dans le monde entier de la globalisation a la de-globalisation, il est clair que le commerce mondial va cesser de croitre.

Et donc les investissements vont s’écrouler puisque nous entrons dans une période de surcapacité.

Chacun sait que le PIB est égal aux dépenses de l’état (G) auquel il faut ajouter l’investissement (I), le solde du commerce extérieur (Exportations – Importations ou (X-M)) et la consommation (C), selon la formule Pib= G+I +(X-M) +C

Il est évident que la consommation, les exportations et les investissements vont baisser structurellement. Voilà qui n’augure rien de bon pour l’activité économique outre-Rhin. La seule chose qui va certainement augmenter ce sont les dépenses étatiques (G), à cause de la hausse du nombre des retraités, et donc les impôts ou la dette….

Mais il y a pire.

Depuis vingt ans, c’est-à-dire depuis les débuts de l’Euro, l’Allemagne a prêté des sommes absolument immenses à tous ses voisins de la zone euro, pour qu’ils achètent des produits allemands. La totalité de ces prêts se montent à près de 900 milliards d’euro, les principaux récipiendaires ayant été les Espagnols et les Italiens.

Le contrat était en quelque sorte : « je vous donne une voiture toute neuve et en échange, vous me donnez une reconnaissance de dettes ».  A chacun de se rendre compte s’il vaut mieux être le Grec propriétaire d’une Mercedes ou le fond de retraite allemand qui a dans ses actifs la reconnaissance de dette du Grec.

La comptabilité de tous ces bouts de papiers reçus ou donnés par un pays europeen à un autre se fait dans un système appelé Target 2, un monstre technocratique de plus, auquel peu de gens comprennent quoi que ce soit.

Le deuxième graphique montre l’évolution de ce système « Target 2 entre l’Allemagne et le reste de la zone Euro, ou l’on voit que l’Allemagne a accumule 900 milliards d’euros de créances sur ses voisins.


 

Puisque les pays du Sud ne sont plus compétitifs, ils règlent ces déficits non plus en envoyant des produits venant de chez eux (du style vin, parfums ou avions), ni en vendant leurs actifs aux allemands (Majorque devenant un nouvel länder allemand), ni en liquidant leurs réserves de change (or ou dollar), ce qui était le cas avant l’euro, mais avec des bouts de papier qui ne sont rien d’autre que des reconnaissances de dettes qui ne seront jamais honorées.

Regardons les chiffres : depuis l’origine du monstre, l’excédent allemand cumulatif vis-à-vis du reste de la zone euro se monte à 864 milliards d’euros ce qui correspond a peu de choses près à la balance Target excédentaire de l’Allemagne telles que calculée par la BCE (900 milliards), et je ne vois pas comment il pourrait en être autrement.

Et miraculeusement, cette somme est à nouveau à peu près équivalente aux déficits « Target » cumulés de l’Italie et de l’Espagne …

Explications pour ceux qui n’auraient pas compris :  l’Allemagne a pratiqué à une échelle inconnue jusque-là ce que l’on peut appeler le crédit fournisseur, prêtant à ses clients pour que ceux puissent acheter ses produits.

Les entreprises allemandes ont ainsi prêté 900 milliards d’euros aux italiens et aux espagnols pour que ces derniers achètent leurs voitures. Bien entendu, cet argent ne sera jamais remboursé et donc les soi-disant profits faits par les entreprises allemandes sont purement illusoires. Et quand cela deviendra évident, ces entreprises verront leurs cours de bourse s’écrouler, ce qui a déjà bien commencé.

BMW, VW ou Mercedes auraient pu coller leurs voitures sur un bateau et aller le couler au large de Hambourg, le résultat aurait été le même. Et bien sûr, quand ces créances ne seront pas remboursées, le système financier allemand sautera, ce qu’annonce déjà les cours de bourse des banques allemandes.

L’Allemagne dispose donc aujourd’hui d’un appareil de production pour fabriquer des automobiles hyperconcurrentiel, flambant neuf et en parfait état, après avoir foutu en l’air les appareils de production Italien ou Français grâce à la sous-évaluation de leur monnaie à l’intérieur de l’euro, ce dont tout le monde les félicite. Le seul inconvénient est bien sûr que plus personne ne va avoir besoin de voitures dans le futur, et que cet appareil ne vaut donc plus rien.

Et bravo !

A l’origine de tous ces désastres, l’Euro…

Avoir réussi à ruiner l’Allemagne après avoir détruit les industries Italiennes et françaises, voilà qui n’était pas à la portée du premier venu. C’est pourtant ce que messieurs Delors Trichet et Draghi et tous leurs alliés à Bruxelles ont réussi à faire en moins de vingt ans, ce qui donne une idée de leur immense talent.

Mais après tout, peut-être voyaient ils très loin devant eux et avaient-ils compris que l’Euro allait détruire l’Allemagne « in fine », ce qui était leur but ultime ? Certes, cela impliquait de ruiner d’abord la France et l’Italie, mais on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs disait Lénine. Si tel était leur but, ils ont parfaitement réussi et il me faut m’incliner, à contre cœur bien sûr, devant une telle prescience et une aussi remarquable capacite à organiser l’avenir. A côté d’eux Tocqueville apparait comme un enfant.

 

 

 


Energie et économie

Le moins que l’on puisse dire est que je ne suis pas un perdreau de l’année.

J’ai commencé dans ce métier en Février 1971, c’est dire si j’ai vu, entendu (et proféré moi-même) des imbécilités innombrables sur ce qu’était l’économie.

Finalement, au bout de tout ce temps-là, je suis arrivé à la conclusion qu’après tout l’économie n’était que de l’énergie transformée.

Je m’explique. Rien ne se fait, rien ne se vend qui ne consomme de l’énergie.

Puisque tout part de l’énergie, la grande question est donc : l’énergie est elle suffisamment abondante et bon marché pour que les différents produits qui en sortent le fassent de façon rentable, ou pas ?

Si la rentabilité de la transformation de l’énergie en produits est satisfaisante, alors tout va bien et nous nous trouvons dans une période de croissance sans inflation où les marchés financiers vont monter de façon régulière.

Si cela n’est pas le cas, il faudra que le prix de la plupart des produits grimpe pour qu’ils couvrent leurs couts énergétiques. Certaines entreprises ne pourront pas le faire et devront disparaitre et dans ce cas, nous aurons à la fois une hausse de l’inflation et une croissance de l’économie faible voir négative.

Et c’est là ou il me faut expliquer une réalité que peu de gens prennent en compte.

La production d’énergie requiert des investissements immenses, fort couteux et qui prennent un temps fou à se mettre en place. Le cycle énergétique est donc profondément différent du cycle économique.

Que le lecteur me permette à ce point du raisonnement de décrire le cycle énergétique.

Partons d’une période pendant laquelle l’énergie est « bon marché ».

Si l’énergie n’est pas chère, cela veut dire que la rentabilité du capital investi dans ce domaine est inférieure à ce qu’elle est dans la production des biens qui s’en servent. Dans ce cas-là, il vaut mieux être consommateur d’énergie que producteur d’énergie et donc les nouveaux investissements pour trouver du pétrole, du gaz ou bâtir une centrale nucléaire s’arrêtent, tandis que les cours des valeurs énergétiques stagnent ou baissent en bourse.

L’OFFRE d’énergie donc cesse d’augmenter puisque faire des investissements dans ce secteur n’est pas rentable.

Mais par conte la DEMANDE ne cesse de croitre, puisque transformer de l’énergie en produits est rentable.

Et cet état de fait peut durer de dix à vingt ans…

Arrive cependant TOUJOURS un moment où la demande d’énergie passe AU DESSUS de l’offre. Et là, quelque chose de très curieux se passe : les prix de l’énergie ne se mettent pas à monter doucement, mais littéralement explosent à la hausse, triplant ou quadruplant en quelques années, car la demande de cette matière première est « inélastique » par rapport aux prix, comme le disent les économistes. Que veulent dire ces esprits sérieux ?

Tout simplement que nul ne peut se passer d’énergie pour produire quoi que ce soit, puisqu’il n’y a pas d’alternative. Le choix est soit de payer quel que soit le prix, soit de fermer boutique.

S’engage donc une lutte darwinienne entre tous les consommateurs de pétrole ou d’électricité pour ne pas faire faillite, ce qui veut implique de faire payer plus au consommateur final, d’où la vague inflationniste qui suit souvent les hausses du prix de l’énergie.  Certains n’y arrivent pas et ferment leurs usines, ce qui met des tas de gens au chômage et voila qui ne favorise guère la hausse du pouvoir d’achat moyen et qui crée des recessions…

Et c’est bien entendu à ce moment-là que les sociétés productrices d’énergie se mettent à gagner de l’argent gros comme elles et voient leurs cours exploser en bourse (D’où leur remarquable popularité). Et du coup, elles se mettent à investir massivement puisque produire de l’énergie est à nouveau extrêmement rentable.

Au bout de quatre ou cinq ans, les nouvelles capacités apparaissent dans le marché tandis que la demande a bien baissé, et nous nous retrouvons ramenés au problème précèdent, comme disent les matheux : l’offre passe au-dessus de la demande et nous sommes repartis pour dix à quinze ans de stabilité.

Le résultat final est que la rentabilité boursière du secteur énergétique sur chaque période de vingt ans est très supérieure à la rentabilité du reste de la bourse, mais que la distribution de cette rentabilité est très différente : les valeurs énergétiques quadruplent en très peu de temps, pour ne plus rien faire pendant les quinze années qui suivent, tandis que les autres valeurs connaissent des parcours beaucoup plus lissés. Pour faire simple, les valeurs énergétiques montent de façon discontinue, et les autres de façon continue et régulière.

Et donc, si l’on est gérant, il ne faut pas avoir de valeurs énergétiques les trois quarts du temps pour n’avoir que ça le quart du temps, ce qui n’est guère facile dans la pratique et amène à se poser deux questions :

  1. D’où va venir l’augmentation de le demande, préalable nécessaire à la hausse des prix.
  2. Comment puis-je suivre la situation et savoir à quel moment je dois passer des secteurs qui consomment de l’énergie à ceux qui en produisent ?

Commençons par la première question : d’où va venir l’augmentation de la demande dans les prochaines années ?

Réponse : des nouvelles technologies : l’émergence d’internet et de tout ce qui s’y rattache (stockage de données, ventes en ligne, objets connectés etc…) amène à une formidable croissance de la demande d’électricité dans le monde entier et cette hausse de la demande ne fait que commencer.

  • Si l’internet était un pays, ce pays serait aujourd’hui le troisième consommateur d’électricité après les Etats-Unis et la Chine.
  • Cette demande double tous les quatre ans
  • En 2030, la demande d’électricité pour ce secteur sera égale à la demande mondiale d’électricité en …2008
  • Et je ne parle pas de la conversion à l’électricité des voitures…

Voila qui nous annonce une remarquable pénurie d’électricité à un horizon pas trop lointain.

Et cette pénurie devrait être aggravée par le fait que dans toutes nos démocraties, nous élisons des écologistes, qui n‘ont qu’une idée, freiner et empêcher la production d’énergie, et nous faire marcher pieds nus dans la neige couverts de robe de bure marron qui seront tissées à la main par nos femmes qui retrouveront enfin un emploi. (Achetez la Russie et la Chine)

Première conclusion donc : la prochaine crise de sous capacité énergétique ne saurait trop tarder.

Ce qui m’amène à la deuxième question : comment suivre l’évolution de la situation au jour le jour, pour être prêt au moment du basculement ?

Très simple. Il suffit de faire le rapport entre le cours du baril de pétrole et le S& P 500, l’indice des valeurs américaines, Voici ce ratio, base 100 en 1988.

 

 

Ce ratio revient toujours à la moyenne, aux alentours de 100.  Nous sommes à 33….

Nous sommes donc 67 % EN DESSOUS  du niveau d’équilibre à long-terme. Le pétrole est beaucoup trop bon marché pour que des recherches aient lieu. Du coup, les valeurs énergétiques sont au plus bas.

On peut donc commencer à acheter des valeurs d’énergie qui ont d’importantes réserves de gaz et de pétrole, doucement, doucement, rien ne presse.  Mais comme elles rapportent de 5 %   à 9 %  et que les dividendes sont bien couverts, voila qui me semble plus intelligent que de détenir des obligations françaises ou allemandes.

Le jour ou la ligne rouge passera au-dessus de la ligne noire (moyenne à 5 ans du même ratio), il sera très probable que le rattrapage qui va amener la ligne rouge à 200 ou au-dessus a commencé.

Dans ce cas-là, il faudra vendre les actions consommatrices d’énergie et se précipiter sur les valeurs énergétiques, et faire ds moyennes en hausse.

Nous n’y sommes pas encore, mais surveiller ce ratio me semble être une bonne idée.

En conclusion, j’aimerais rappeler que les banques centrales peuvent faire beaucoup de choses pour fausser les prix et qu’elles ne s’en privent pas.

Mais elles ne peuvent pas produire du pétrole…

Et donc les périodes de hausse du prix de l’énergie sont toujours inflationnistes, sans que les banques centrales puissent y changer quoi que ce soit. Nous nous en rapprochons rapidement.

Ce sera bien entendu aussi celui ou les populations voudront pendre les banquiers centraux car c’est là que les dettes de passé deviendront difficiles, voire impossibles àpayer puisque les taux d’intérêts monteront sans que les banques centrales y puissent quoi que ce soit.

Les entreprises devront payer plus pour leur énergie et en même temps payer plus pour servir la dette accumulée dans le passé. Voila qui n’augure rien de bon pour leurs profits.

Nous n’y sommes pas encore, mais, comme cela se produit à chaque fois, je ne pense pas que nous allons être “déçus en bien”, comme le disent nos amis Suisses…

 

 

 

 

 


Jamais deux sans trois, retour sur les élections européennes

 

J’ai lu avec un manque d’intérêt considérable, (comme Jules Renard, j’ai presque envie de dire « d’un derrière distrait »), nombre d’articles sur le résultat des élections européennes. La quasi-totalité de ces papiers semblaient se donner un mal de chien pour ne pas voir l’éléphant dans le corridor. Et cet éléphant, c’était bien sur la complète disparition de ce qu’il était convenu d’appeler autrefois les partis de gouvernement c’est à dire les socialistes et les gaullistes.

Revenons en arrière de quelques décennies…

Ces deux formations et leurs satellites (communistes pour les socialistes, centristes pour les autres), tout additionné, faisaient 80 % des voix. Les premiers étaient censés défendre le prolétariat, les seconds la France éternelle…Aujourd’hui en additionnant les voix de tous ces partis, on arrive péniblement à 20 % et encore…

Ce qui est bien normal : depuis trente ans, la gauche a trahi le Peuple tandis que la droite a trahi la Nation et donc leurs électorats les ont logiquement abandonnés. Et pourquoi toutes deux ont-elles trahi leur électorat ? Pour servir une idée de l’Europe censée être supérieure et aux peuples et aux nations, idée qui est en train de s’écrouler. Ils n’ont que ce qu’ils méritent et c’est une des beautés de la Démocratie que de pouvoir se débarrasser des incapables, ce qui s’est confirmé lors de ces dernières élections.

Le lecteur va se dire à ce moment du raisonnement : ‘’ et donc tout va bien, des forces nouvelles sont en train de naitre et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes »

Je n’en suis pas si sûr, en fait, je suis certain du contraire : rien de nouveau n’a émergé lors de ces élections.

Revenons à une analyse que j’ai souvent présenté par le passé et qui n’est guère originale : la France est un pays où la Démocratie a été capturée par une élite administrative autoproclamée.   Ce groupe, n’a qu’un but, maintenir son contrôle sur le pays sans que des élections puissent remettre en cause leur pouvoir de « classe », pour parler comme un marxiste.

Notre démocratie est en fait un théâtre d’ombres où les électeurs avaient le choix entre Fabius et Rocard d’un côté et Giscard ou Chirac de l’autre, ce qui ne présentait guère de différences. En fait, il n’y avait aucune différence à l’intérieur de chaque parti et aucune différence non plus d’un parti à l’autre.  Quoi que l’on ait commandé, on avait toujours un big Mac. Car, si l’un des lecteurs voit la moindre différence entre Juppé et Fabius ou entre Giscard et Macron, ou entre Chirac et Rocard qu’il veuille bien m’écrire pour me libérer de mes erreurs. Et donc, la moitié de cette élite se disait de gauche, l’autre de droite et les élections ne changeaient jamais rien. Comme le disait Coluche, si les élections changeaient quelque chose, elles auraient été interdites depuis longtemps. 

Car cette classe sait mieux que quiconque que la Démocratie est chose difficile à contrôler tant les citoyens peuvent se montrer incompétents. Pour pouvoir rester au pouvoir, elle a donc suivi depuis des décennies le « projet » de Jean Monnet : Affaiblir la Nation et court-circuiter la Démocratie en transférant toutes les souverainetés à des technocrates non élus (c’est-à-dire à leur classe), pas au niveau national, ce qui aurait été trop visible, mais au niveau européen.  (Voir le dernier livre de Philippe de Villiers qui porte sur ce sujet).

Mais nos chères élites ont eu la peur de leur vie quand nous avons eu tour à tour les peuples en Grande-Bretagne votant pour le Brexit, et aux USA pour Trump. Panique à bord ! A donc été prise d’abord la décision de fusionner tous leurs partisans en un seul parti, détruisant de ce fait le mythe de l’opposition entre les deux partis des gouvernements, ce qui n’était guère difficile tant plus personne n’y croyait, à l’exception bien sur des journalistes payés pour maintenir cette croyance.  Pour donner quelque crédibilité à ce tour de bonneteau, il leur fallait faire surgir un homme neuf, issu de leur caste, ce qui fût fait, Et c’est là où nous en sommes….

Mais dans la presse aux ordres, nul ne répond jamais à la question : pourquoi les anciens partis de gouvernement ont-ils échoué ? La réponse est bien sûre : parce qu’ils ont suivi une politique idiote.  Mais, si cette classe est restée au pouvoir (ce qui est le cas) et continue à suivre la même politique (ce qui est aussi le cas), il est à peu près certain que l’échec va être au rendez-vous à nouveau. Comme le disait Einstein, « la définition de la folie est de faire toujours la meme chose en espérant à chaque fois un résultat diffèrent. »

Et donc, il faut se poser la question : En quoi leur politique était idiote ? La réponse est simple : parce qu’ils méprisent les choix individuels qui n’existent que s’il y a des prix libres.

Dans un premier temps, ces grands esprits ont décidé de supprimer l’un des prix les plus importants, le taux de change, en créant l’Euro, pour que nous devenions tous des allemands. Ce qui a détruit les industrie française et Italiennes au bénéfice de l’Allemagne.

De 1975 à 2000, France et Allemagne ont le même taux de croissance de leurs productions industrielles. Comme la France est moins efficace que l’Allemagne, le DM double par rapport au Franc pendant cette période, ce qui permet de protéger les entreprises françaises contre les imbécillités des politiques, en laissant le taux de change s’ajuster.

Arrive l’Euro.  L’Allemagne, qui ne souffre plus de la concurrence française voit sa production augmenter de 30 % tandis que la nôtre baisse de 5. 1% …Les entrepreneurs n’étant plus protégés par le taux de change, leur rentabilité s’écroule et avec elle, la production industrielle. Mais comme la production industrielle s’est écroulée, il faut la remplacer par quelque chose qui ne souffrira pas de la concurrence allemande, c’est-à-dire les dépenses étatiques. Ce qui est fait.

De 1989 à 2000, production industrielle et dépenses étatiques montent de pair.

Depuis 2000, c’est à dire le début de l’Euro, la production industrielle française s’est écroulée tandis que les dépenses gouvernementales s’envolaient.

Et comment ces dépenses ont-elles été financées ? Par une émission de dettes sans précédent en France pendant une période de paix, la dette brute passant de 70 % du PIB à 110 % aujourd’hui.

Mais si la France payait des taux de marché sur cette dette (environ3 %) et comme cette dette est détenue à 70 % à l’étranger, cela voudrait dire qu’il nous faudrait payer une « rançon » d’environ 2 % du PIB chaque année. Et comme le PIB ne croit que de 1.5 %, cela impliquerait une baisse constante du pouvoir d’achat de chaque français d’environ 0.5 % à 1 % par an.

Qu’à cela ne tienne, la BCE arrive au secours et décide d’acheter des obligations des états membres, (dont la France) et de coller les taux d’intérêts à zéro. Du coup, servir les nouvelles dettes ne coute plus rien.

Ce qui veut dire que la charge de financer le déficit retombe sur les épargnants et retraités français. D’où les gilets jaunes.

Mais cela veut dire surtout qu’il n’y a plus de prix de marché ni pour le taux de change ni pour les taux d’intérêts et que donc notre système de prix est complétement et irrémédiablement faussé.

Nous sommes de retour en Union Soviétique. La création destructrice ne peut plus avoir lieu.

Et donc l’économie de la zone Euro va se casser la figure, ce que semble confirmer les indicateurs économiques avancés de l’OCDE. Et la situation apparait bien pire en Italie.

Monsieur Macron va se retrouver devant une récession européenne accompagnée sans aucun doute par une nouvelle crise de l’Euro (CF l’étude récente du FMI à ce sujet).Cette nouvelle crise va amener à une totale perte de légitimité de ceux qui ont soutenu ce projet débile depuis le début.

Et NUL n’a plus soutenu ce projet contre nature en le qualifiant de « progressiste » que monsieur Macron.Dans les faits, le projet que porte monsieur Macron est à l’évidence de gouverner et contre le Peuple et contre la Nation, ce qui n’a jamais gêné les bourgeois. Mais, dès que ces bourgeois vont se rendre compte qu’ils perdent de l’argent avec monsieur Macron, ils vont tous quitter le navire, en même temps.

Et donc le prochain écroulement de la fusion des anciens partis de gouvernement qui porte le nom de LREM, et qui reste le seul porteur du désastreux projet européen en France, c’est à dire le parti du Président, est inévitable, et à mon avis, cela se passera avant les élections de 2022, surtout si les Italiens décident que la plaisanterie a assez duré.

Se maintenir au pouvoir quand on sert les intérêts de l’étranger et que l’on on est à la fois incompétent et illégitime a toujours été difficile dans notre pays.

 

 


Et pendant ce temps-là, en Europe, les banques se cassent la figure à qui mieux mieux.

Comme le monde entier a les yeux fixés sur le conflit entre la Chine et les Etats-Unis, je suis presque tenté de dire : « Ce n’est pas de là que viendra le danger pour les marchés financiers ». Il est rare en effet que les marchés baissent sur des nouvelles qui font font la première page des journaux depuis des mois…

En réalité, pour ne pas trop se faire massacrer dans ses placements, il faut essayer de comprendre ce qui va faire la première page de ces dits journaux dans quelques mois tant ce qui est en premiere page aujourd’hui est probablement déjà dans les cours.

Heureusement, la réalité est que, très souvent, les marchés eux-mêmes annoncent plusieurs trimestres à l’avance les raisons pour lesquelles ils vont se crasher dans les mois qui suivent, alors même que les explications données au fur et à mesure sont stupides. Je ne compte plus en effet les cas où, au début d’une baisse, tout le monde m’explique que le marché se crashe parce que la Fed a monté les taux, ou que le gouvernement a augmenté les impôts, ou que l’inflation est en hausse, ou en baisse, pour comprendre à la fin, comme en 2008-2009 que le système bancaire local va sauter ou que la plus grande société d’assurances du monde est en quasi-faillite, ayant vendu a découvert des options d’achats…

Pour faire simple, les explications que l’on vous donne au début du mouvement baissier sont produites pour vous rassurer sur le caractère temporaire des gadins que vous prenez en bourse, et donc pour vous inciter à rester investis. Mais elles n’ont qu’un lointain rapport avec la réalité finale.

Quand cette réalité émergera, il sera temps de racheter les positions que vous aviez vendu quand personne ne comprenait pourquoi les marchés baissaient. Comme je le dis sans arrêt, les marchés baissiers sont des gros sournois…Il parait que dans la forêt Canadienne, le Grizzly est le seul animal que l’on n’entende jamais arriver.

Et, à mon avis, c’est ce qui est en train de se passer.

Mais pour une fois, je crois déjà savoir d’où viendra mon prochain Ursus Magnus (il est très probable que je me trompe, mais il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer.)

La vraie raison derrière les pertes à venir pourrait être que l’Euro système, nom sous lequel est connu le système bancaire en Europe est peut-être en train de sauter, ce qui serait un désastre inimaginable pour nos élites mais parfaitement prévisible pour quiconque réfléchit un peu.

Essayons d’expliquer d’abord pourquoi ce désastre est non seulement prévisible, mais certain, la seule chose incertaine étant le moment ou les autorités n’ont plus les moyens de masquer la réalité et donc où l’avalanche se déclenchera.

Pour comprendre cela, il faut revenir à ce qu’est une banque.

Le modèle est assez simple : une banque va recevoir des dépôts, qui vont à son passif et prêtera de l’argent a ceux qui en ont besoin, et ces prêts vont aller à son actif.

Pour garantir le remboursement des dépôts, elle aura un capital qui, d’après les expériences historiques, devra être d’environ 12 % de ses prêts, soit environ 8 % de réserves obligatoires pour une banque normale, et ce capital sera investi dans des placements sans risques, de nos jours des obligations de l’Etat du pays.

Et bien sûr, cette banque va avoir des frais de fonctionnement, du style frais de personnel, loyers à payer, assurances, publicité, impôts divers et variés, bonus à payer aux traders, amortissements des prêts faits à de mauvais payeurs et que sais-je encore.

Imaginons pour cette explication que ces frais, par nature incompressibles, se montent à environ 2 % des prêts consentis.

Il ne faut pas avoir fait de longues études pour se rendre compte que si la banque prête a 1 %, elle va perdre de l’argent…

Et quand une banque perd de l’argent, les pertes viennent en réduction de son capital.

Et, comme elle prête en général huit fois son capital, si le capital baisse de 100, elle va devoir réduire ses prêts de 800, ce qui déclenche des faillites chez ses créanciers et garantit que le système va aller en se contractant, et ainsi de suite jusqu’à ce que tout implose.

Et donc, en aucun cas, dans notre exemple, les taux d’intérêts ne devraient être inférieurs à 2 % puisque ce niveau correspond aux couts de fonctionnement du système bancaire.

Mettre les taux en dessous de 2 % garantit que les banques vont sauter, en commençant par les plus mal gérées (UniCredit, Deutsch Bank…).

Et pourtant aujourd’hui, les taux sont à zéro, voir négatifs. Et pourquoi donc ? Sommes-nous gouvernés par des imbéciles ?

Par des imbéciles, sans doute non. Mais par des fanatiques de la construction d’un état europeen, certainement.  Et comme la pièce maitresse de leur construction d’un Etat Européen est l’Euro, Il faut donc sauver l’Euro, quel qu’en soit le coût.

Et donc, pour maintenir un projet monétaire démentiel puisqu’il prétend instituer un taux de change fixe entre pays qui ont des productivités différentes (ce qui n’a jamais fonctionné dans l’histoire), on va faire sauter tous nos systèmes bancaires pour assurer la survie du Frankenstein financier.

Mais les taux a zéro ont un autre léger désavantage :  ils détruisent l’épargne longue qui n’est plus rémunérée puisque le 10 ans allemand offre des rendements négatifs, ce qui va foutre en l’air tous nos systèmes de retraites ou d’assurances.  Car ce sont les coupons sur ces obligations qui permettent de payer les retraites ou d’assurer nos maisons.

Et donc il nous faut d’un côté diminuer les retraites puisque les obligations ne rapportent plus rien, et de l’autre augmenter les primes d’assurance puisque la rentabilité de leur portefeuille s’est effondrée alors que les risques restaient les mêmes.

Les retraités fort logiquement verront leurs niveaux de vie baisser alors même que ce sont eux qui défendent l’euro comme des fous et cette baisse sera amplifiée par la hausse du prix des assurances que ces pauvres gens vont devoir subir.

Mais quelque part, c’est de leur faute ; L’Euro les ruine et ils en sont les plus ardents défenseurs et veulent son maintien…On songe à des dindons qui réclameraient le maintien des fêtes de Noel.

Et comme je l’ai dit au début de cet article, nous en sommes arrivés aujourd’hui à un point ou les marchés financiers semblent annoncer un désastre imminent, ce que montre le graphique suivant.

 

De 2000 à 2009, beaucoup croient que l’Euro est un succès. Arrive la grande crise financière… De 2009 à 2012, les marchés se rendent compte que l’Euro est un désastre pour les banques et l’indice des banques commencent à diverger massivement de l’indice général. Or l’indice des valeurs bancaires m’a toujours servi de canari dans la mine pour signaler quand l’oxygène venait à manquer. Et donc, quand les banques se cassent la figure, il est urgent en général de filer aux abris. Par exemple, à chaque fois que l’indice des banques se rapproche de 80 (ligne horizontale rouge pointillée), nous avons eu droit à une fort belle crise. Et comme les banques centrales se sont mises dans le tète qu’elles peuvent contrôler les prix des actifs, ce qui est une imbécillité incroyable, nous avons eu une intervention massive d’une banque centrale ou d’une autre, A CHAQUE FOIS que nous nous approchions de 80, ce qui bien entendu empêche le système de se purger et rend la crise suivante plus grave que la crise précédente. (Ma recommandation de ne posséder aucune banque en Europe qui date du début de l’Euro n’a pas été mauvaise. Même si j’ai raté plein de hausses, j’ai évité de perdre beaucoup d’argent à ceux qui auraient suivi mes conseils)

Voici la liste des interventions officielles.

  • En 2009, la Fed annonce son QE
  • En 2012, la BCE se singularise avec monsieur Draghi et son « Whatever it takes »
  • En 2016, la banque de Chine et les accords dits de Shanghai empêchent le désastre.
  • En 2019, en Janvier, le retournement de politique monétaire aux USA se produit pour arrêter la débandade.

Cependant, à chaque fois, le rebond des valeurs bancaires est plus faible que le rebond précédant, ce qui est toujours très mauvais signe. Cette fois ci, le rebond a été particulièrement faible et nous sommes déjà de retour à 83 sur l’indice des banques, ce qui est fort inquiétant.

Et ici, je veux être très clair. Ou bien les banques centrales interviennent massivement, à nouveau et nous verrons si cela marche encore…Ou bien nous avons un problème, un vrai.

ET DONC, SI, DANS LES JOURS QUI VIENNENT, L’INDICE BANCAIRE DE LA ZONE EURO « CASSE » FRANCHEMENT LE COURS DE 80 EN DESSOUS DUQUEL IL N’A JAMAIS ETE DEPUIS 1988, ALORS JE CROIS QUE VRAIMENT NOUS RENTRONS DANS UNE PERIODE TRES DIFFICILE PUISQUE CELA VOUDRA DIRE QUE LES BANQUES CENTRALES SONT EN TRAIN DE PERDRE LE CONTROLE DES MARCHES FINANCIERS.

Or, il y a des milliards investis sur l’impression que les banques centrales contrôlent le prix des actifs et les empêcheront TOUJOURS de baisser. Si cette idée n’est pas juste, les ventes de ceux qui pensaient que les banques centrales les sortiraient toujours du trou risquent d’être extraordinairement violentes. Et comme nous l’avons vu en Novembre et Décembre 2018, les baisses peuvent être vertigineuses et très rapides.

Ce tsunami financier emportera sans aucun doute l’Euro, chaque Etat étant obligé de nationaliser ses banques dans le désordre le plus total, ce qui sera intéressant juste après les élections au parlement europeen.

Je maintiens donc mes conseils : les évènements ont l’air de s’accélérer. Comme le disait Lénine : « parfois il se passe plus de choses en une semaine que pendant les dix ans qui ont précédés ».

Nous y sommes peut-être. Un vieux proverbe boursier dit qu’il ne faut pas essayer d’attraper des couteaux qui tombent. Il faut faire le dos rond et attendre que la poussière retombe. Les lecteurs doivent déjà avoir des portefeuilles parfaitement défensifs, du moins je l’espère.

Juste se souvenir d’une chose : Rien en revenu fixe en Euro, telle était la consigne, qui ne change pas.


Affrontement US – Chine : Premier Round aux USA.

 

La guerre de trente ans entre les USA et la Chine a commencé officiellement Nous venons de terminer le premier round et, à mon avis (qui est tout sauf humble), les USA mènent aux points.

Revenons en arrière. En mars, les négociations allaient bon train et nous semblions tout près d ‘un accord. Le Président Trump était satisfait.

Et soudain, très curieusement, les autorités Chinoises reviennent sur un certain nombre de points sur lesquels un accord paraissait acquis. Apparemment, et d‘après les sources chinoises, ce qu’avait accepté les négociateurs aurait été « trop » favorable aux USA et s’apparentait à des « traités inégaux ».

Parler de traités inégaux, c’était faire allusion au « traité inégal » signé entre la Grande-Bretagne et la Chine après la guerre de l’opium, qui était en fait un diktat imposé par l’Occident à la Chine.

C’était donc remuer de fort déplaisants souvenirs et signifier que ce traité était inacceptable pour Pékin.

Je ne sais pas pourquoi les Chinois ont pris cette décision, mais le résultat ne s‘est pas fait attendre.

La contre-attaque américaine a été foudroyante.

En s’appuyant sur des textes de lois votés pendant l’été 2018, les décisions suivantes furent annoncées :

  1. Les droits de douane allaient être soit augmentés quand ils existaient déjà, soit imposés sur une grande partie des exportations chinoises vers les Etats-Unis quand ils n’existaient pas.
  2. Comme les USA ont un quasi-monopole mondial sur les semiconducteurs de grande-qualité (ce que je ne savais pas…), interdiction fut faite à TOUS les fabricants de semi-conducteurs américains d‘exporter quoi que ce soit vers[CG1] des entreprises chinoises. Cela revient à condamner à mort Huawei et toute une partie de l’industrie Chinoise, en particulier dans la haute technologie et l’armement.
  3. Qui plus est, les autorités américaines faisaient savoir qu’elles interdisaient à TOUTE société NON-AMERICAINE d‘exporter vers la Chine si plus de 25 % de la valeur ajoutée trouvait sa source soit dans une production aux USA soit dans des brevets américains. Il s’agit là d’une nouvelle et fort grave extra-territorialisation du Droit US à des entités dont certaines jusque-là ne se savaient pas soumises au droit américain. Elles ont appris très vite : en Europe, Infineon, ARM, ST Micro etc… ont déjà annoncé leurs arrêts de toute livraison vers la Chine et l’annulation de tous leurs contrats avec Huawei…
  4. Dans la foulée, les autorités US publièrent une liste fort vague de dix-huit « secteurs d‘avenir », allant de l’intelligence artificielle, à la biologie ou l’informatique et spécifiant que toutes exportations allant vers la Chine dans ces secteurs devait être soumise à autorisation préalable.
  5. Le nombre d’étudiants étrangers (Chinois, Indiens…) autorisés à faire des études scientifiques au niveau du doctorat aux USA sera dorénavant extrêmement limité.
  6. Un certain nombre de sociétés chinoises ayant acheté des sociétés de technologie aux USA vont être forcées de vendre ces actifs, faute de quoi ces activités seront fermées.

Bref, il s’agit d’un véritable « blitzkrieg » qui, à l’évidence, avait été soigneusement préparé à l’avance.

Que peuvent faire les Chinois ?

Il faut ici distinguer réponses à court, moyen et long-terme.

  • A court terme, les sociétés chinoises du type Huawei, voyant le coup arriver, avaient fait d‘immenses stocks de semiconducteurs, assez sans doute pour tenir un an ou un an et demi, mais en tout état de cause Huawei ne peut plus espérer bâtir les réseaux 5 G en Europe ou en Grande-Bretagne, le contrat revenant du coup à Nokia ou à Ericsson, ce qui en augmentera sans aucun doute le prix.
  • A moyen-terme, il est à peu près certain que les Chinois vont devoir lâcher du lest et que la position de Xi est affaiblie, sauf si Trump veut le ménager.
  • A long-terme, la Chine va se lancer dans une campagne frénétique pour casser cette dépendance vis-à-vis des USA, mais cela prendra au moins 10 ans, et rien ne prouve qu’ils y arriveront. Intel par exemple a échoué à concurrencer les puces de Qualcomm, non sans avoir dépensé des milliards de dollars dans cette tentative.

Dans un ordre plus pratique.

On peut calculer que chaque augmentation des droits de douane de 25 % peut être compensée par une dévaluation d’environ 10 %. Pour atténuer le choc des droits de douane sur la rentabilité des sociétés Chinoises, le Yuan a donc baissé déjà vis-à-vis du dollar de 6.2 y/$ a 6.9y/$, retrouvant ainsi les niveaux de 2017.  Voilà qui devrait atténuer passablement le choc pour les entreprises chinoises.

Mais les autorités chinoises si elles peuvent dévaluer contre le dollar, ne veulent en aucun cas dévaluer contre les autres monnaies asiatiques tant elles sont soucieuses de préserver la construction d‘une « zone monétaire yuan », pour arriver à leur but ultime :la de-dollarisation de l’Asie. Il faut donc que les autres monnaies asiatiques « suivent » la Chine dans cette dévaluation, ce qui semble bien être le cas, toutes les monnaies asiatiques ayant suivi la monnaie Chinoise, à la baisse.

Ce qui veut dire en passant que les pays européens, à l’exception de la Suède et de la Grande-Bretagne dont les cours de change ont beaucoup baisse depuis quelques mois, ont réévalué contre l’Asie depuis 18 mois, ce qui ne saurait être une bonne nouvelle pour le vieux continent, qui apparait un peu comme une victime collatérale d’un affrontement qui le dépasse.

Les Chinois ne sont pas sans armes cependant.

  • Ils peuvent décider de durcir le jeu, en faisant savoir par exemple qu’ils ne paieront plus leur pétrole en dollars mais en yuan et que ceux qui ne seraient pas d’accord, eh bien la Chine ne leur achèterait pas de pétrole… et comme ce sont les principaux acheteurs dans le monde…
  • Parallèlement, ils pourraient décider de vendre leurs obligations US et de redéployer les sommes correspondantes en achetant de l’or, ce qui déclencherait une superbe panique financière.
  • Ils pourraient aussi décider de nationaliser les usines de Qualcomm ou de Broadcom en Chine, ce qui n’arrangerait rien…

Mais honnêtement, je crois plutôt qu’ils vont essayer de calmer le jeu, en sacrifiant par exemple ceux qui ont négocié, pour offrir une victoire au Président Trump, en mal de réélection…

Mais tout cela va laisser des traces immenses.

Il est évident aujourd’hui que la lutte pour la « suprématie » mondiale est engagée entre les USA et la Chine et que TOUTE l’administration aux Etats-Unis est derrière Trump. Les USA entendent rester numéro un.

Du coup, la « mondialisation heureuse » de monsieur Minc est morte, et bien morte. L’évolution vers trois zones monétaires distinctes dont je parle depuis des mois est confirmée.

La gentille puissance hégémonique que semblait être les USA se transforme en un hégémon impérialiste qui utilise encore et toujours son DROIT pour forcer ses sujets à l’obéissance. Et comme l’Europe n’a aucune armée, on voit mal ces pays désobéir. On songe à la formule du premier ministre anglais au XIX -ème : « Les nations n’ont pas d’amis. Elles ont des intérêts que le gouvernement doit défendre »

Nous y sommes et c’est une dure réalité pour l’Europe, qui ne voulait utiliser que le « Droit » pour se défendre et qui du coup se retrouve le dindon de la farce, obligée qu’elle est d‘obéir au droit américain, sur lequel elle n’a rien à dire.

Nous sommes donc passés en deux ans d’un monde allant vers l’unité et se globalisant de plus en plus à un monde qui va se fragmenter à toute allure et dans lequel chacun va devoir s’armer ou se réarmer, où des chaines de production superfétatoires vont devoir être installées pour répondre  à des impératifs de souveraineté, et où produire dans un pays pour vendre ailleurs deviendra irresponsable…

Voilà un monde bien difficile pour Apple et pour ce que j’avais appelé il y a bien longtemps les sociétés « plateformes »… Il va falloir produire la ou l’on vend, et non plus là où c’était le moins cher.

Tout cela annonce à la fois une inflation plus forte, une rentabilité du capital plus faible et un environnement géopolitique beaucoup plus dangereux ce qui GARANTIT une baisse des multiples cours/bénéfices, qui sont loin d’être bas en ce moment.

Je maintiens donc ce que je dis depuis Novembre 2017 : la plus grande prudence s’impose.

A noter que les marchés n’ont rien fait depuis cette date…

Quelques précisions, un peu au hasard.

Géographiquement, l’Europe est la zone de tous les dangers, les USA un peu la forteresse et l’Asie l’endroit qu’il faudra racheter en premier.

En Europe, il ne faut avoir que peu d‘actions, toujours du type Air Liquide, qui produit partout et vend partout et aucune obligation tant l’Euro sera sous-pression si l’activité venait à y plonger. Il faut vendre l’Allemagne encore et toujours, qui va se trouver dans une situation impossible.

Il faut avoir son cash en dollar, ses obligations en Yuan ou en roupie indienne et pour ceux qui le peuvent en rouble Russe.

On peut garder des actions dans la périphérie de la Chine, tant je suis convaincu que la zone monétaire asiatique centrée autour du yuan va être LA réalité de demain, à condition de garder des réserves de cash importantes pour en racheter quand il le faudra.

Je n’aurais pas plus de 50 % en actions, au grand maximum.

Le secteur de la technologie industrielle aux USA risque d’en prendre un coup puisque Qualcomm réalise en Chine 55 % de son chiffre d‘affaires, Broadcom 50 %, tandis qu’Intel avoisine les 20 %. Voila des sociétés dont les bénéfices risquent de décevoir, mais je n’y connais rien dans ce domaine. Mieux vaut avoir les grandes sociétés de software ou des sociétés à fort rendement et couvrant bien leurs dividendes que de garder des sociétés industrielles opérant dans le secteur de la techno…

Il faut certainement renforcer les positions en or et peut-être établir une première position en crypto monnaies, qui devraient bénéficier des troubles à venir.

Vendre encore et toujours les financières surtout européennes.

Bref, tous aux tranchées, mettez vos casques lourds et surtout, surtout, restez bien à l’abri. Des occasions d’achat tout à fait intéressantes ne devraient pas tarder à apparaitre, mais pour l’instant, gardez votre poudre sèche, bien sèche.

 

 


Tout va mal en Grande-Bretagne…Vraiment ?

 

Mon expérience des diners en ville est fort instructive. Comme la plupart de ceux qui m’invitent connaissent et mon métier et mes opinions, presque à chaque fois la conversation se porte sur la Grande-Bretagne et c’est toujours pour m’affirmer que tout va très mal en Grande-Bretagne et que de toutes façons, c’est bien fait pour eux et que les choses seront bien pires dès qu’ils sortiront de l’Europe.

Commençons par le premier point qui, étant constitué de FAITS, ne devrait pas prêter à la discussion et pourtant mes interlocuteurs, qui doivent tirer leur information de la lecture des journaux français semblent disposer d’une information que je n’ai pas et que j’ai du mal à trouver.

Pour moi, la Grande-Bretagne va plutôt bien, en tout cas, elle va beaucoup mieux que la France.

La presse française serait -elle biaisée ? Je n’ose le croire…

En tout cas, voici mes chiffres, en commençant par le plus important de tous, l’emploi.

 

Depuis 2012 (le moment où monsieur Draghi a « sauvé » l’Euro et détruit l’Europe), l’emploi en GB est monté de 9 % tandis qu’en France la hausse n’a été que de 4 %.

Fort logiquement et depuis la même date, le taux de chômage est passé de 9 % dans les deux pays à 3. 6 % en GB et à …8.4 % en France.

Certes, et toujours d’après mes dineurs en ville, il est évident que tous ces emplois sont des « petits boulots » et que les nôtres, moins nombreux certes, sont d’une qualité très supérieure. Ce n’est pourtant pas ce qu’ont l’air de penser les gilets jaunes…

En tout état de cause les chiffres semblent cependant dire que trouver un premier emploi en GB est plus facile que d‘en trouver un en France.

Passons à la production industrielle et ici craignons le pire, car tous mes amis français sont persuadés que la Grande-Bretagne ne fabrique plus rien, si ce n’est des battes de cricket ou des pots de confiture d’orange. Et pourtant, les productions industrielles sont à peu près de la même taille tandis que la production industrielle anglaise croit depuis 2012 beaucoup plus vite que la production industrielle en France, comme en fait foi le deuxième graphique.

 

 

Tiens donc ! la France s’est fait mettre 6 points de production industrielle dans les dents par la GB depuis 2102 et se retrouve à un niveau inférieur à celui de 2011 alors que la production industrielle anglaise GB est, elle au-dessus de son niveau de 2011. Voila qui ne confirme pas vraiment la thèse que tout va mal outre-Manche…

Tous ces petits boulots doivent cependant avoir amené à une baisse du PIB par habitant en Grande-Bretagne, qui n’a pas eu la chance, elle, de bénéficier de l’Euro. Vérifions en calculant le PIB par habitant qui nous donnera une idée de l’évolution du niveau de vie dans chacun des deux pays. Curieux, mais c’est le pays qui n’a pas été « protégé » par l’Euro qui a vu une hausse du niveau de vie par habitant supérieure à celui qui était protégé…L’euro serait -il une protection illusoire comme la ligne Maginot en son temps ? Surement une erreur de plus, mais cela devient de plus en plus difficile de soutenir que la France va mieux que la Grande-Bretagne.

 

 

Si l’on réfléchit bien, la seule explication à cet écart de croissance entre les deux pays est sans aucun doute que les déficits budgétaires britanniques ont dû exploser tandis que les nôtres se contractaient.

Voyons ce qu’il en est.

Salopards d’Anglais ! ils sont en train de retourner à l’équilibre budgétaire…

Il est très probable en effet qu’en 2019 et au plus tard en 2020, la Grande-Bretagne se retrouvera en excédents budgétaires, alors que nous nous trainons avec des déficits supérieurs à 3 % du PIB depuis des lustres que toutes nos augmentations d’impôts n’ont jamais réussi à réduire. Mais ces fourbes d’anglais ont fait baisser les dépenses de l’Etat à la place d’augmenter les impôts, ce qui est vraiment odieux.

Ce qui est le plus insupportable dans la réalité est bien sûr que, quand les Conservateurs sont aux affaires, le poids de l’Etat recule alors qu’en France les dépenses étatiques augmentent que la Gauche ou la Droite soit au pouvoir, et je défie quiconque de repérer qui est au pouvoir en regardant les dépenses de l’Etat. Giscard ou Mitterrand, Sarkozy ou Hollande, même combat, mêmes résultats.

Il est vrai qu’en France, nous n’avons jamais eu que des partis de gauche au pouvoir, dont l’un, curieusement, se dit de Droite.

Et ici, je voudrais ajouter un petit graphique de nature « politique » pour expliquer que ceux qui investissent en fonction de la perception qu’ils ont de la politique vont toujours perdre leur chemise.

Depuis 1975, la rentabilité totale des deux marches a été a peu près la même, ce qui veut dire que la tendance du ratio est plate (moyenne a 1). De temps en temps il faut acheter la Grande-Bretagne et vendre la France, comme en 2000 et de temps en temps, il faut faire contraire, comme en 1983.

Je n’ai pas le moindre doute que la bourgeoisie française a vendu quand la gauche arrivait au pouvoir en 1981 et acheté quand la soi-disant droite revenait en 1985, et bien entendu, c’était le contraire qu’il fallait faire.

Ne jamais acheter quand des gens sans convictions qui se disent « pragmatiques » sont élus, telle est la règle qui ne connait pas d’exception. Et y a-t-il de plus grands pragmatiques que Chirac, Juppé, Sarkozy, Raffarin etc… qui ont toujours pensé non seulement que leurs électeurs étaient des imbéciles mais surtout que la gauche détenait le monopole de la vertu et de la vérité ? Ils s’excusaient presque d’être au pouvoir…

Et comme tous mes bourgeois dineurs en ville ont voté des deux mains pour Macron et que le marché français est très haut par rapport au marché britannique, si je ne l’avais déjà fait, je vendrais la France aussi vite que je le peux pour me précipiter sur la Grande-Bretagne.

Voilà un coup qui ne devrait pas rater et ce d’autant plus que la Livre est sous -évaluée par rapport a l’Euro.

Pour ceux qui le peuvent, c’est aussi le moment ou jamais d’acheter de l’immobilier à Londres en vendant Paris, ce qui devrait marcher tant je ne crois pas une seconde l’arrivée de monsieur Corbyn au pouvoir…

Venons-en à l’imbécilité européenne du moment, le BREXIT.

Vouloir garder un peuple comme le peuple anglais dans un système dont ils ne veulent plus est totalement idiot, et c’est pourtant ce que les élites de Bruxelles ont essayé de faire.

Voila un pétard qui va leur exploser à la figure.

Il s’agit en effet d’un cas parfait d’une volonté populaire qui affirme haut et fort que la GB doit sortir de l’Euro pour retrouver sa souveraineté, et à cette volonté fort claire se sont opposés les hommes de Davos tant à Bruxelles qu’à Londres, au prétexte qu’ils savent mieux que le Peuple ce qui est bon pour lui.

Ces « globalistes » constituent 75 % de la Chambre des Députés et 90 % de la Chambre des Lords. Ces braves gens essaient d’avoir le Peuple anglais à la fatigue. Mais comme le disait mon cher père, les anglais sont assommants. Ils perdent toutes les batailles et gagnent toutes les guerres, et quand ils ont refermé leurs mâchoires, comme le bulldog, ils ne lâchent plus jamais.

Il va donc y avoir un raz de marée gigantesque en Grande-Bretagne en faveur du nouveau parti, le Brexit Party et il est très probable que du coup, le bipartisme vit ses derniers jours en Grande-Bretagne.

Resteront trois partis.

  • Celui des hommes de Davos, qui feront 25 % des voix, à tout casser.
  • L’extrême gauche, qui fera 20 % des voix et encore.
  • Le parti des anglais de souche qui fera 35 % des voix ou plus, le reste allant à des petits partis locaux.

Dans ce cas de figure, et compte tenu du système électoral (un seul tour, celui qui a le plus de voix l’emporte), le prochain premier ministre de sa gracieuse Majesté pourrait bien être Nigel Farage et je ne voudrais pas avoir à négocier avec lui si j’étais monsieur Barnier, dont j’espère qu’il va prendre une retraite bien méritée, avant.

A moins que monsieur Macron ne le nomme premier ministre pour le récompenser de ses efforts et de ses succès…

 

 

 

 

 


Typologie des “Fake News”

La liberté de la presse est au cœur de nos systèmes démocratiques. Sans cette liberté, le citoyen ne peut-être informé, ce qui rend caduque l’expression de sa volonté au moment du vote. Et comme ce vote sous-tend la légitimité de ceux qui nous gouvernent, il est facile de comprendre que sans cette liberté, il ne peut y avoir de légitimité pour ceux à qui nous avons délégué, par notre vote, le monopole de la violence légitime.

Venons-en donc à l’essentiel. Comment s’assurer que l’information que je vais utiliser est de bonne qualité avant de me précipiter pour faire mon devoir de citoyen ? Telle est la question…

Dans la catégorie « informations » qui vont influencer, ou pas, les électeurs, nous pouvons établir une classification toute simple des différentes possibilités car il n’y a en fait que quatre catégories de nouvelles, et les voici : la nouvelle peut être vraie ou fausse, et elle peut être favorable ou défavorable aux structures de pouvoir qui dominent nos sociétés.

Ce qui veut dire qu’avant d’aller voter, il me faut trier entre quatre types de nouvelles.

  1. Celles qui sont vraies et utiles au pouvoir.
  2. Celles qui sont vraies et dangereuses pour le pouvoir.
  3. Celles qui sont fausses et utiles au pouvoir.
  4. Celles qui sont fausses et dangereuses pour le pouvoir

Et c’est là que les choses commencent à se compliquer, car je viens d’introduire une nouvelle idée, celle de « structure de pouvoir ». Bien entendu, ces structures de pouvoir vont essayer de contrôler le flux d’informations qui leur seraient défavorables, ce qui est compréhensible si elles étaient fausses et encore plus compréhensible si elles étaient vraies.

Ces mystérieuses « structures « de pouvoir sont bien entendu au confluent des pouvoirs économiques, culturels et politiques ce qui nous amène fort normalement à une nouvelle distinction. Ces pouvoirs contrôlent ‘ils -ou non-l ’information pour ne laisser passer que les catégories une et trois ?

La réponse a cette question est simple : autrefois l’information dans nos sociétés était assez libre, hier elle ne l’était plus, aujourd’hui, elle l’est à nouveau, ce qui est un bien triste nouvelle pour les gens qui nous gouvernent.

Par exemple, dans ma jeunesse, aux USA, quelques centaines de familles possédaient la quasi-totalité des journaux et des radios. Certaines étaient républicaines, certaines étaient démocrates et d’autres étaient tout simplement apolitiques. La liberté de l’information était donc « garantie » en premier par la concurrence entre ces centaines de source. Et de fait, tout le monde voulait d’abord publier les nouvelles vraies ou détruire les nouvelles fausses. Mais une autre sécurité existait : l’extraordinaire diversité qui existait chez les journalistes eux-mêmes qui venaient de tous les horizons et cette diversité a duré tant que les écoles de journalistes n’existaient pas.

La qualité de l’information était donc garantie par le plus vieux mécanisme économique du monde, celui de la concurrence, qui prédominait aussi bien dans la distribution des nouvelles que dans leur traitement par les journalistes.

Ou en sommes-nous aujourd’hui ?

Aux USA, depuis les années 90, les media sont tous détenus par neuf grands groupes financiers (Walt-Disney, General Electric, Murdoch etc.). En France, cinq ou six groupes suffisent à tout contrôler, et c’est d’autant moins difficile que la totalité des journaux perdent de l’argent puisque leur lecture est sans aucun intérêt. Si le propriétaire cesse de boucher les trous à la fin de l’année, tout le monde sera au chômage, ce qui réduit les velléités d’indépendance.

Heureusement, l’Etat vient en aide aux propriétaires dans le besoin. Pour s’assurer de la docilité du petit personnel, les services du Premier Ministre subventionnent directement les journaux, les titres que personne ne lit étant les plus subventionnés, cela va sans dire.  Ce qui me remet en mémoire la fameuse formule de Mark Twain : si vous ne lisez pas les journaux, vous n’êtes pas informés. Et si vous les lisez, vous êtes manipulés

Et manipulés nous l’avons été comme jamais, par exemple au moment de la dernière élection présidentielle, où en bons toutous qu’ils sont, les français ont massivement voté pour celui que l’Etat Profond avait sélectionné pour eux.  Et plus le niveau d’éducation de l’électeur était élevé et plus il a voté pour le candidat que la nomenklatura avait choisi pour lui. Ce qui m’amène à une proposition dont j’espère qu’elle sera retenue par notre intelligentsia : Devraient être interdits de vote tous les gens qui ont des diplômes.

En fait, un peu partout, sauf peut-être en Grande-Bretagne,  à la fin des années 90, les structures de pouvoir qui contrôlent ce que j’appelle le capitalisme de connivence ont capturé les media, tout simplement en en rachetant la propriété (Voir pour le cas français « Ils ont acheté la presse : Pour comprendre enfin pourquoi elle se tait, étouffe ou encense de Benjamin Dormann ») et ont remplacé les journalistes formés sur le tas par des  esprits médiocres et dociles formatés pour  séparer le « Bien » du « Mal » et non pas le vrai du faux, par des écoles de  conformisme qui sont devenus les séminaires ou est formée la petite cléricature toute dévouée à la Cause. Ce ne sont plus des journalistes mais des militants. Les journalistes sont devenus des « indics » en charge de dénoncer auprès des puissants ceux qui ne pensent pas comme il le faut. Et du coup, nous nous trouvons dans une situation que le public a parfaitement perçue et qui est décrite par une plaisanterie qui courre les salles re rédaction : « Il y a aujourd’hui deux sortes de journalistes. Ceux qui sont honnêtes et qui sont au chômage, et les autres ». Du coup, jamais l’information n’avait été aussi peu libre qu’à la fin du siècle dernier et l’on en voit les ravages aujourd’hui.

Heureusement, l’Internet est arrivé et cette tentative de monopolisation de l’information organisée par les hommes de Davos a échoué lamentablement. Dans le fond, jamais dans l’histoire de l’humanité, l’information n’a été à la fois aussi libre et aussi concurrentielle qu’aujourd’hui. Du coup, tous les capitalistes de connivence qui avaient acheté les media pour rendre service a leurs amis politiques qui, en retour, leur distribuaient de juteuses commandes étatiques, perdent tout ce qu’ils veulent sur leurs journaux, ce qui ne les touche guère, les sommes étant ridicules. Mais voir leurs copains au pouvoir se faire virer par l’électorat pour se faire remplacer par des populistes est beaucoup plus ennuyeux car les nouveaux élus pourraient donner ces contrats sans risques à des gens compétents plutôt qu’à eux.

On imagine le drame.

Et du coup, la seule solution est de faire hurler par les médias aux ordres que toutes les nouvelles qui viennent de l’internet sont des « fake news », tout en faisant fabriquer par leurs media à eux de vraies « fake news » (si j’ose dire), pour essayer de dégommer les « populistes » qui voudraient prendre la place de leurs copains.

Et nous nous retrouvons devant une situation assez amusante : les media officiels ont aujourd’hui une double caractéristique.  Quand ils dénoncent quelque chose pour accabler un élu que le peuple n’aurait pas dû élire, c’est en général faux, mais par contre, ils ne parlent pour ainsi dire jamais de ce dont tout le monde parle sur le net, qui est en général vrai mais qui serait à charge contre ceux qui les paye, c’est-à-dire les puissances d’argent.

Nous en avons eu un exemple quasiment parfait avec les ennuis judiciaires de monsieur Trump, dont j’ai longuement parlé dans le passé.

Rappelons les faits, en oubliant les détails et en allant à l’essentiel.

Monsieur Trump est élu au grand désespoir de ceux qui contrôlent ce que l’on appelle l’Etat Profond américain. Immédiatement, c’est-à-dire dès le lendemain de l’élections, la contre-attaque s’organise et des accusations sont lancées selon lesquelles monsieur Trump serait un agent Russe, aux ordres de Poutine.  Un enquêteur « spécial », monsieur Mueller, est désigné et cet homme va mener pendant plus de deux ans une enquête extraordinairement diligente puisque tous ses adjoints étaient des démocrates, supports actifs de madame Clinton.

Depuis plus d’un an, tout le monde savait qu’il n’y avait rien dans le dossier, mais l’enquête continuait puisque le ministère de la Justice était resté sous le contrôle des démocrates à cause de l’imbécillité ou de la trahison de celui qu’avait nommé comme ministre de la Justice monsieur Trump.

Après les élections de Novembre, ayant conservé sa majorité au Senat, le Président a pu enfin remplacer l’inénarrable monsieur Sessions par monsieur Barr, ancien ministre de la justice lui-même.

Ce dernier, qui est le supérieur hiérarchique du procureur spécial Mueller indique sans doute à celui-ci que la plaisanterie a assez duré et qu’il faut clôturer son enquête et en publier les résultats.

Les résultats de ces deux ans d’enquêtes sont donc rendus publiques tout récemment et monsieur Trump est totalement absous de collusion avec une puissance étrangère. En fait il n’y avait RIEN dans le dossier à ce sujet.

Rien de grave donc va me dire le lecteur, la Justice triomphe en fin de parcours…

Oui et non, parce que, pendant plus de huit trimestres toutes les grandes chaines de télévision, tous les grands journaux n’ont cessé de dire qu’ils avaient des informations « confidentielles » qui prouvaient que le Président était coupable. Des chaines comme CNN ou CNBC, des journaux comme le Washington Post ou le New-York Times auraient consacré plus de 90 % de leur temps d’antenne ou de leurs articles à répeter sans cesse ce qu’ils présentaient comme des informations sûres n’étaient  que des calomnies que rien n’étayait.  Le NY Times a même eu un prix Pulitzer pour récompenser la qualité de ces enquêtes qui n’étaient fondées sur RIEN.

Du coup, plus de 40 % de la population était persuadée que monsieur Trump était coupable, en partant du principe « qu’Il n’y a pas de fumée sans feu ». Et le résultat ne s’est pas fait attendre : les Républicains ont perdu le contrôle de la chambre des Représentants lors des dernières élections ce qui rend la vie du Président beaucoup plus difficile.

Et voilà qui nous amène à une question politique par excellence.

Les journalistes ont le droit d’avoir des opinions politiques et de penser que monsieur Trump est une crapule. Ils ont le droit, et je dirai même le devoir, de dénoncer en place publique les hommes ou les femmes politiques qui auraient commis des crimes ou des impropriétés. Mais ils n’ont en aucun cas le droit de monter une campagne de dénigrement systématique, fondée sur des mensonges et visant à déstabiliser un pouvoir légitimement élu. La Liberté de la Presse est un principe essentiel mais en aucun cas elle ne devrait autoriser les tentatives d’assassinats médiatiques auxquelles se livrent avec abandon tant de journalistes. Ce que je veux dire est ceci :

  • Accuser avec preuves à l’appui est normal.
  • Accuser sans preuves n’est pas admissible et est passible des lois sur la diffamation.
  • Mais accuser, comme une grande partie de la presse américaine l’a fait le Président des Etats-Unis EN SACHANT TOUT DU LONG QUE L’ACCUSATION ETAIT FAUSSE, ne relève pas de la Liberté de la Presse et ne saurait être puni par les lois qui régissent la diffamation. Car, il s’agit tout simplement en ce cas-là d’une tentative pure et simple de coup d’Etat.

Et c’est bien ce que nous avons eu aux USA : une tentative de coup d’Etat, organisée par les équipes de l’ancien Président Obama pour se débarrasser d’un homme qui contrecarrait leurs projets et cet effort s’appuyait sur des réseaux secrets (mais que monsieur Barr est en train de révéler au grand jour), reliant des politiques, des hommes aux postes de commande dans des ministères régaliens et de nombreux journalistes. Et dans cette tentative sont impliqués les anciens numéros un, deux trois et quatre du FBI, les ex- patrons de la CIA et de la NSA, l’ancienne ministre de la Justice de monsieur Obama, peut-être Obama lui-même, et un grand nombre de journalistes et de patrons de presse.

Mais que viennent faire les journalistes dans cette galère ? La réponse est simple : au milieu des années 70, des journalistes aux USA ont fait tomber Nixon, homme de droite et républicain et comme l’on dit vulgairement, cela leur a donné « la grosse tête ». Le rêve de tout journaliste est donc devenu de connaitre la gloire en dégommant les hommes de droite et voilà tout. Car, dans la vulgate marxo-globaliste qui sert de prêt à penser dans ce milieu, tout homme de droite est à la fois un idiot et un salaud. Il est donc du devoir de chaque journaliste de tout faire pour qu’un homme de droite au pouvoir soit détruit, au besoin par la calomnie, ou ne puisse s’y installer s’il s’en approche.

Et comme ils sont animés par une morale qui soutient que la fin justifie les moyens, ils pensent tous fondamentalement qu’agir ainsi c’est faire le BIEN.

Or, être certain que l’autre est un salaud a toujours justifiée l’ouverture de camps de concentration pour ceux qui ne pensent pas comme il faut.

Et donc, aujourd’hui et fort logiquement, les chemises noires sont à gauche et bien entendu l’intelligence a fait le voyage inverse en passant de la gauche à la droite.

La bonne nouvelle est que la gauche est devenue bête et fasciste.

La mauvaise nouvelle est qu’ils sont encore au pouvoir chez nous.

Mais plus pour très longtemps, car le peuple est en train de s’en rendre compte.

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Quand un Empire montant s’oppose à un Empire déclinant…

 

Louis (mon fils) et moi avons écrit récemment un livre disponible sur Amazon (A lire pour ceux qui parlent l’Anglais), et qui s’intitule : « Clash of Empires : Currencies and Power in a Multipolar World ». Le but de ce savant ouvrage est d’expliquer que l’opposition frontale entre la Chine et les Etats-Unis que l’on constate aujourd’hui n’est pas une guerre commerciale comme semble le penser la presse, mais une guerre monétaire.

Explications.

Depuis 1945, chaque fois qu’un pays ou une zone a eu des excédents d’épargne, ces excédents ont toujours été recyclés aux USA par Wall-Street, les pays excédentaires achetant des obligations de l’Etat américain. Et donc le déficit extérieur des Etats-Unis finançait et finance encore le déficit budgétaire… C’est ce que Rueff appelait le « privilège impérial »

Or, toute la politique de la Chine depuis deux décennies au moins est de mettre au point les outils qui permettront à la Chine de gérer et leurs excédents d’épargne et ceux du continent asiatique, ce qui forcerait les USA à cesser de cesser de vivre au-dessus de leurs moyens et les amènerait sans doute à couper massivement leurs dépenses militaires.

Que le lecteur me comprenne bien : en aucun cas je ne dis que les Chinois veulent que le yuan devienne monnaie de réserve. Ce n’est pas leur but. Ce qu’ils veulent c’est pouvoir payer leurs importations dans leur monnaie, sans passer par le dollar, en particulier pour le pétrole. Passer par le dollar, c’est accepter la suzeraineté monétaire et juridique des USA, ce qui devient de plus en plus insupportable compte tenu du fait que les Etats-Unis ont décidé que quiconque utilisant le dollar DEVAIT RESPECTER les lois US et être jugé devant des tribunaux US en cas de désaccords (cf. l’affaire BNP ou l’interdiction à l’Europe de faire du commerce avec l’Iran en dollars etc…) …Voilà qui est une atteinte intolérable à la souveraineté de tous les autres pays et comme la Chine n’a pas vraiment peur des armées ou des flottes américaines, elle est la seule à pouvoir monter un système concurrent au dollar, ce qu’elle fait. Et ce système de paiements sera utilisé par la Russie, l’Iran, une partie de l‘Afrique, de l’Europe et de l’Asie pour commercer entre eux, au grand détriment du système Swift et du dollar.

La Chine veut donc que le dollar cesse d’être LA monnaie de réserve mais pas que le Yuan le devienne, ce qui n’est pas la même chose.

J’ai déjà écrit de nombreux articles sur le sujet, l’un des derniers en Octobre 2018, s’intitulant « guerre commerciale Chine Etats-Unis » et les lecteurs peuvent s’y reporter s’ils veulent se rafraichir la mémoire.

Dans le papier de cette semaine, je voudrais être beaucoup plus pragmatique et regarder de que disent les marchés qui peuvent, ou non, confirmer mes analyses qui, par construction, sont théoriques.

Revenons à l’une de mes plus vieilles obsessions.

Parmi les facteurs de production classiques, capital, travail, terre (=ressources naturelles), dans le fond, le SEUL qui soit vraiment rare est le capital, ce que la plupart des gens ne comprennent pas, confondant capital et monnaie.

Je vais essayer d’être simple, au risque d’être simpliste.

Comment me procurer du capital si j’en ai besoin, telle est la question. Comme le disait Bastiat, Il n’y a que trois moyens d’accéder à ce bien rare entre tous :

  1. L’épargner ou le gagner
  2. L’emprunter
  3. Le voler

Les SEULS « créateurs » de capital sont donc l’épargnant qui consomme moins qu’il ne gagne et l’entrepreneur qui réussit à dégager des profits.

Pour qu’il y ait création de capital, il faut aider l’épargnant et le plus efficace est encore de payer convenablement celui qui se donnera la peine d’épargner.  Il faut donc lui assurer une « rente » c’est-à-dire un taux d’intérêts suffisamment élevé pour que notre homme se retienne de consommer. Qui plus est, dans un monde où les mouvements de capitaux sont libres, si un pays veut empêcher son épargne de filer à l’étranger et/ou si ce pays veut attirer l’épargne des autres pays, il lui va falloir « surpayer » l’épargnant.

Admettons qu’il n’y ait que trois monnaies au monde, le dollar, l’euro, et le Yuan, et qu’un rentier ait $ 100 dollars à placer fin 2013.

Où le rentier aurait-il dû mettre son argent, ce qui veut dire, qui surpaye l’épargne ? La Chine, en bons du trésor Chinois, telle est la réponse. Un capital de 100 dollars serait passé (en dollar) à 112.4 s’il avait été investi en yuan, en bons du trésor US, il serait monté de 100 à 106 et s’il avait confié ses 100 dollars à la Bundesbank il en aurait perdu 21. 5 % et n’aurait plus que $78.6.

Venons-en à la deuxième façon de créer du capital, le profit que génère les entrepreneurs. Et la question devient : « Qui surpaye l’entrepreneur ». Dans toute bonne économie, il y a ce qu’il est convenu d’appeler un marché des actions qui s’essaye à mesurer la rentabilité du capital investi, c’est-à-dire la croissance autonome du capital générée par un marché libre.

Revenons à notre épargnant qui, au 31 Décembre 2013, aurait 100 dollars à investir et qui se sentirait prêt à prendre des risques « entrepreneuriaux » et donc à acheter des actions, ce qui lui permettrait de participer à une croissance éventuelle des profits. Imaginons encore que notre spéculateur ait le choix entre les marchés des actions Chinois, Américains ou de la zone Euro. La question devient, qui a le mieux traité mon actionnaire/épargnant ? Voici la réponse.

 

Les Etats-Unis sortent en tête du classement, notre homme ayant 175 dollars à la place de 100, en deuxième position nous avons la Chine (+55 %) et fermant le peloton nous trouvons la zone Euro où notre homme a gagné à peu près la même chose que s’il était resté en bons du trésor Chinois, ce qui n’est guère excitant.

Donc, la première conclusion à laquelle j’arrive est que la politique monétaire chinoise est favorable au Rentier, tandis que la politique monétaire américaine est favorable à l’Entrepreneur, ce qui ne surprendra personne.

Ce constat fait, il nous faut essayer de comprendre à qui la politique monétaire de la zone Euro est elle favorable, puisqu’elle est désastreuse pour le rentier et médiocre pour l’entrepreneur ?

Et la réponse est toute simple : elle est favorable au VOLEUR, c’est-à-dire aux ETATS en déficits budgétaires et qui ne pouvant plus taxer ont décidé de spolier (synonyme de voler) et les épargnants et les entrepreneurs, en maintenant des taux d’intérêts
négatifs sur l’épargne et de procéder ainsi à l’euthanasie du rentier que préconisait monsieur Keynes.

Voici les résultats pour les Etats qui empruntent à 10 ans, en partant du principe que le gagnant est celui qui a emprunté le moins cher. Et le gagnant est : l’Etat allemand.  Ses emprunts ne lui ont rien couté, ce qui est un résultat stupéfiant.  Filer du capital aux Etats sans que cela ne leur coute rien, c’est un peu comme de filer les clés de sa cave a un sommelier alcoolique.

 

 

Ce qui se passe est en fait très simple : l’Europe de l’Euro est en train de bouffer son stock de capital pour maintenir en place des systèmes sociaux aberrants couplés à une construction monétaire débile.

Le choix pour un épargnant en Europe est donc tout simple :

  • La politique la plus intelligente mais la plus dangereuse est, s’il le peut, d’emprunter des Euro pour acheter des actifs en Asie et aux USA. Moi, je ne fais pas.
  • Il a aussi le choix de se constituer une rente de bonne qualité en mettant son épargne en obligations chinoises.  J’ai.
  • Il peut devenir propriétaire d’actions aux USA et s’il veut diversifier son risque, il peut acheter des actions en Chine et en Asie du Sud-Est. J’ai.
  • Il peut décider librement de continuer à être idiot et laisser son épargne être volée par des crapules technocratiques et malhonnêtes. Je ne fais pas. Je n’ai rien en France sauf l’immobilier dans lequel je vis.

Heureusement, nous vivons dans une époque où je peux vivre en France, qui reste fort agréable bien que tout le monde y soit de mauvaise humeur, tout en investissant mon épargne en Chine ou aux USA. Si, pris d’un coup de folie patriotique, j’investissais l’épargne de toute ma vie dans notre beau pays, je suis à peu près certain que dans quelques temps, je serai obligé d’enfiler un gilet jaune et d’aller me balader tous les samedis pour réclamer le remboursement des sommes qui m’auraient été volées, ce qui ne marchera pas de toutes façons puisque l’Etat sera insolvable.

Pour en revenir à l’introduction de cet article, les marchés confirment donc l’analyse que je fais depuis un certain temps : la guerre monétaire entre la Chine et les USA est réelle, et va faire une victime collatérale, la zone de l’Euro puisque la politique monétaire favorise la croissance étatique en Europe au détriment et des rentiers et des entrepreneurs locaux.

Un système qui finance la dépense publique en appauvrissant le rentier et l’entrepreneur est un système foutu. Nous y sommes.