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La loi de Pareto ou l’essentiel outil rappelé à nos lecteurs avisés

 

« Nous sommes des nains juchés sur les épaules de géants », disait Bernard de Chartres au XII ème siècle. Par-là, ce philosophe voulait dire que chacun de nous ne fait des progrès qu’en s’appuyant sur des connaissances qui ont été développées souvent bien avant notre naissance. Si l’on abandonnait des enfants sur une ile déserte, d’abord très probablement ils ne survivraient pas, et survivraient-ils, ils marcheraient sans doute à quatre pattes. Le mythe du bon sauvage, cher à Jean-Jacques Rousseau, est l’une des plus grandes crétineries qui ait été dite par cet homme, qui pourtant en a dites beaucoup.

Dans cet esprit à l’IDL nous nous sentons obligés de temps en temps de sortir de l’actualité pour rappeler un concept ou un autre, absolument essentiel à la compréhension du monde dans lequel nous vivons et dont on ne parle pas assez.

Cette semaine, je vais vous parler de la Loi de Pareto, loi qui régit à peu près tous les mécanismes vivants. Pareto était un économiste Italien de la fin du XIX -ème né à Paris, mort en Suisse où il enseigna à l’université de Lausanne. L’un de ses titres de gloire fut de repérer que la quasi-totalité des phénomènes sociaux étaient distribuées selon la loi dite des « 80-20 » décrite souvent aussi comme le « Principe de Pareto »

Je vous donne quelques exemples.

  • Dans un pays à un moment donné, quatre-vingt pour cent de l’alcool ingurgité l’est par 20 % des gens.
  • Dans le même pays, ou dans tout autre d’’ailleurs, 80 % des accidents de la route sont commis par 20 % des conducteurs (dont certains feront d’ailleurs partie aussi des alcooliques, mais ceci est une autre histoire).
  • Quatre-vingt pour cent de la valeur ajoutée créée chaque année dans un pays l’est par 20 % des gens —
  • Vingt pour cent des livres publiés font 80 % des tirages totaux et si l’on prend les vingt pour cent ayant eu les meilleurs tirages, on retrouve à nouveau la loi des 80—20. Et même chose pour les chansons ou pour les jeux vidéo.
  • Dans votre portefeuille, 20 % des positions seront responsables de 80 % de la performance.
  • Dans la nature 20 % des mâles bénéficient des faveurs de 80 % des femelles.
  • Etc.

Mais c’est surtout une loi qui s’applique à vous dans votre travail.

De la considérable valeur ajoutée que chaque lecteur de l’IDL produit dans son travail, 80 % est produit en 20 % du temps et les quatre- vingt pour cent du temps restant serviront à compléter les maigres 20 % qui n’ont pas été faits dans l’enthousiasme du début.

Ce qui m’amène à ma première remarque VOUS concernant. Je ne peux pas le prouver, mais je suis sûr que chacun d’entre vous produit plus de valeur ajoutée quand ce qu’il fait l’intéresse que quand ce qu’il fait l’ennuie profondément. Mais ce qui vous intéresse n’intéresse pas automatiquement le gars du bureau d’à côté et vice versa. Et donc, chaque fois que cela est possible, essayez d’échanger ce qui vous rase et l’intéresse contre ce qui vous intéresse et le rase lui.

Vous resterez à 80/20 et lui aussi, mais à deux vous produirez plus de valeur ajoutée et vous serez tous les deux plus heureux.

Et dans le fond, c’est là le boulot d’un entrepreneur : il doit mettre chaque personne employée dans une situation où elle travaillera le mieux possible, c’est-à-dire où elle fera ce qu’elle aime faire.

Ce qui veut dire que rester dans un travail qui vous ennuie à mourir est un péché contre votre liberté individuelle, c’est-à-dire contre votre bonheur. Et en plus, il est très probable que vous le ferez mal, ce qui est très mauvais pour l’idée que vous avez de vous-même. Prenez des risques, barrez-vous si vous vous ennuyez. Si vous n’avez jamais échoué, c’est que vous n’avez pas pris assez de risques dans votre vie.

Venons-en maintenant à la gestion d’une collectivité ou pire encore d’un Etat et acceptons le principe immuable que 80 % de la richesse créée dans le pays le sera par 20 % de la population.

Voila une vraie atteinte à l’égalité nous diront monsieur Piketty et le marxiste de base. Il faut que les pouvoirs publics corrigent cette abomination, ce qui sera fait bien sûr en augmentant les impôts sur les 20 %.

Mais, dans ma chère parabole des talents où le Christ décrit parfaitement la Loi de Pareto, cela revient à prendre du fric à celui qui sait quoi en faire pour le donner à celui qui va l’enterrer, et du coup tout le monde s’appauvrit.

Tout le monde…, sauf celui qui a le pouvoir de piquer l’argent des autres car il s’est approprié le monopole de la violence légitime et donc cet argent il peut le « voler légalement » Et bien entendu, 80 % de cet argent volé ira aux apparatchiks et autres ODS, le reste de la population se partageant les miettes de que les hommes de Davos veulent bien leur laisser.

Comme le disait Frederic Bastiat, si vous avez vraiment envie de quelque chose, il n’y a que deux façons de procéder pour l’acquérir :

  • Ou vous travaillez
  • Ou vous le volez, et la seule façon de le voler sans risquer d’être condamné, est de capturer le système législatif et de voter des lois qui vous permettront de voler légalement, et c’est ce que l’on appelle en langage courant le socialisme.

Et comme le rappelle le Christ, encore lui, toujours lui, dans la parabole du Maitre et de la Vigne, même si un vol est voté à la majorité de ceux qui travaillent dans la vigne, il n’en reste pas moins un vol et à la fin tous ceux qui se sont rendus coupables de ce crime sont envoyés en enfer.

Eh oui, l’enfer est certainement peuplé en majorité de socialistes et c’est ce que nous dit la sagesse populaire quand elle énonce cette vérité éternelle « l’enfer est pavé de bonnes intentions ».

On songe à Soljenitsyne qui disait « Une société où tout le monde est égal est une société où personne n’est libre, et une société où tout le monde est libre n’est pas égale »

Dans le fond, la liberté et l’inégalité sont l’envers et l’endroit d’une même pièce de monnaie

Faut-il donc accepter une société inégale ? Faut-il penser que les pauvres n’ont que ce qu’ils méritent ? Absolument pas, et voici pourquoi.

Et ici, je vais m’appuyer sur un film, Amadeus, que j’ai beaucoup aimé qui raconte t la vie de Mozart, génie musical mais crétin par ailleurs. Par un concours de circonstances extraordinaires, Mozart avait trouvé le domaine où il était certain qu’il serait parmi les 20 % de gagnants, celui de la création musicale, au grand désespoir de Salieri qui lui était très intelligent mais n’avait que du talent.

Et donc pour moi, une société « juste » n’est PAS une société où tout le monde est égal car cette société s’appelle l’enfer, mais une société où chacun est libre de chercher et éventuellement de trouver les domaines ou il sera parmi les 20 % qui raflent la mise et donc où il sera parfaitement heureux et sans doute prospère.

Une société juste n’est donc pas une société ou tout le monde est égal, mais une société où tout le monde est supérieur à 80 % des autres, dans l’activité que chacun aura choisi librement, et cela peut-être d’élever ses enfants.

Il ne faut donc en aucun cas lutter contre l’inégalité, il faut au contraire promouvoir la liberté pour que chacun puisse découvrir et exploiter le ou les domaines où il sera supérieur aux autres, ce qui veut dire que chacun de nous doit accepter qu’il soit inférieur aux autres dans 80 % des activités pendant toute sa vie.

Cette acceptation mutuelle d’une supériorité partielle et d’une infériorité générale est ce qui constitue l’essence même d’une société libre et donc harmonieuse.

Je peux parler ici de mon exemple personnel.

A 76 ans, je sais que j’ai beaucoup reçu dans le domaine intellectuel et je n’en tire aucune espèce de vanité, mais par contre, je sais encore plus que je suis un imbécile manuel et j’admire beaucoup ceux qui utilisent à bon escient ce merveilleux outil qu’est la main.  Ainsi, il y a bien longtemps, j’ai vu des compagnons du Tour de France bâtir un escalier monumental et c’était prodigieux. Du coup, j’allais me promener au BHV à Paris, un peu comme d’aucuns vont au musée, dans des rayons où il y avait des milliers d’outils dont je n’avais pas la moindre idée à quoi ils pouvaient bien servir. Mais j’étais émerveillé, un peu comme Salieri face à Mozart.

Encore une fois c’est ce que nous dit le Christ à la fin de la parabole des talents « Car il sera beaucoup donné à celui qui a beaucoup reçu et il sera peu donné à celui qui a peu reçu », ce qui parait inhumain et incompréhensible, voir « injuste »

Mais cela ne l’est absolument pas.

Ce que nous dit Jésus est simple : Chacun de nous a reçu beaucoup au moins dans un domaine(la musique pour Mozart) et probablement dans plusieurs.

Une société juste est donc une société qui permet à chacun de découvrir le ou les domaines où il a beaucoup reçu, pour qu’il s’y investisse à fond et du coup reçoive beaucoup puisqu’il sera dans les 20 % qui recevront les 80 %.

Et donc, une société libre favorisera naturellement les inégalités individuelles pour arriver in fine à une égalité de liberté, alors qu’une société technocratique ou marxiste (ce qui est la même chose) arrivera inéluctablement au résultat inverse.

A ce point de l’analyse, le lecteur va me demander à haute et intelligible voix, que faire pour arriver a cette société idéale ? La réponse est simple ;tout passe par l’éducation.

En voici un exemple, qui une fois n’est pas coutume, va m’amener à dire du bien de notre cher Président. Comme chacun le sait, le bulletin de salaire que reçoit un employé à la fin du mois est complètement incompréhensible. En cherchant bien cependant on trouve une ligne qui précise qu’une somme équivalente à 1 % du salaire (?) est versée tous les mois au titre de la formation professionnelle à une organisation qui sera chargée de gérer ces sommes. Et bien entendu, la France étant ce qu’elle est, le salarié ne pouvait disposer de ces sommes qu’en les dépensant auprès d’organismes « agrées », dépendant des syndicats… Ce qui voulait dire que l’on avait créé toute une nouvelle série de rentes au profit d’une sous bourgeoisie étatique et que la possibilité de s’éduquer librement n’existait pas.

Et c’est récemment que s’est produit un miracle sans doute dû a un moment d’inattention de ceux qui nous gouvernent : le nouveau Président a pris la décision que puisque ces sommes appartiennent au salarié, il pourra les dépenser au profit du formateur de son choix

Quelques exemples au hasard.

  • Vous êtes employé de banque, vous avez toujours rêvé d’élever des chèvres dans le Larzac ?  A vous de trouver le gars qui vous expliquera comment faire et vous pourrez devenir le meilleur éleveur de chèvres au monde.
  • Vous êtes homme politique, ce qui ne vous amuse plus, et vous voulez vous reconvertir dans la photographie pour laquelle vous avez un talent certain. Là encore, aucun problème, des formations à la photographie existent partout, y compris sur le Net.

Il s’agit la d’une VRAIE révolution puisque pour une fois, c’est VOUS qui allez décider comment VOUS allez dépenser l’argent de VOS impôts.

Mais à la place de monsieur Macron, je me méfierais. Imaginez que cela marche et que l’on soit obligé d’étendre cette idée à la totalité de l’enseignement, chaque famille recevant un ticket par enfant à présenter à l’école de son choix, ce qui amènerait les mauvaises écoles à fermer et les bonnes écoles à se développer, les mauvais professeurs à chercher autre chose à faire et les bons professeurs à être augmentés.  Voila qui réintroduirait la concurrence dans l’enseignement sans y rétablir la primauté de l’argent, puisque l’argent viendrait des impôts et serait redirigé par les consommateurs vers ceux qui leur donnent satisfaction. Vous imaginez le désastre si on faisait la même chose pour les retraites, pour la santé, pour les transports en commun, pour la gestion de votre commune…Tout le monde faisant ce qu’il aime et donc étant heureux, plus personne ne voterait à gauche ou ne demanderait de faveur à l’Etat et les politiciens ne serviraient plus à rien. Voilà qui serait un drame dont la classe politique aurait du mal à se remettre.  La classe politique peut-être mais la France s’en porterait certainement mieux.

Car, après tout ce pays existe et chacun voit à quel point tout le monde y est malheureux et ce pays c’est bien sur la Suisse. Il n’y a pas de déficit budgétaire, pas de chômage, pas d’inflation, il a la monnaie la plus forte du monde, n’a pas eu de guerre depuis deux siècles au moins, a eu le plus grand nombre de prix Nobel par habitants dans le monde (ceci pour les ignoramus qui disent que la seule chose que les Suisses aient inventé c’est le coucou) … Ce constat amène à une question et à une seule. Qui parmi les lecteurs de l’IDL connait le nom d’un politicien Suisse ? Cette ignorance explique peut-être ces succès ?  Et les Suisses le savent fort bien. A un homme politique français qui demandait finement à un Suisse réputé sot comme tous les Suisses pourquoi ils avaient un ministère de la marine, le Suisse avait répondu « Et pourquoi pas ? Vous avez bien un ministère des finances ! »

 

 

 

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Les ODS Bruxellois (Oints du Seigneur) ne changeront jamais.

Je dois confesser quelque chose : analyser les processus de décision des ODS Bruxellois me remplit de bonheur tant on peut -être certain qu’il sera à la fois prévisible et non-démocratique mené qu’il sera toujours par des gens qui ont toujours fait preuve de la mauvaise foi la plus totale.

Nous en avons encore un exemple parfait avec les négociations qui s’engagent entre la Grande-Bretagne et la Commission Européenne sur les aspects « techniques » qui doivent être acceptées par les deux parties pour éviter une sortie sans accord du Royaume Uni.

Rappelons que, ou cette négociation échoue, et la Grande-Bretagne sort de l’Europe, les accords du GATT s’appliquant dans ce cas, ou la négociation réussit et une sorte de libre échange s’installe entre la Grande-Bretagne et la zone européenne.

Dans le second cas, nombre de pays se diraient sans doute qu’avoir le libre échange sans avoir Bruxelles serait une situation gagnant- gagnant.

Il me faut donc répéter ce que j’ai écrit juste après le référendum britannique : le but des ODS n’est pas de trouver un accord satisfaisant pour les deux parties, mais de punir le peuple anglais de son outrecuidance et si cela requiert une crise massive dans les économies du vieux continent, eh bien on ne fait pas des omelettes sans casser des œufs.  Je vois les œufs cassés, j’attends toujours l’omelette.

C’est ce que vient de dire notre Président quand il a dit, avec un fier mouvement de menton, qu’il voulait que le Royaume-Uni « paye » alors même que rien dans les traités ne prévoit qu’en cas de sortie de l’Union de l’un de ses membres, ce membre ait à payer quoi que ce soit.

Les Anglais paieront, sils le veulent bien, ce qui parait peu probable en l’absence d’accord.

Il n’en reste pas moins qu’immédiatement les ODS se mirent au travail en vue d’un résultat, qui n’a JAMAIS changé et n’est pas près de changer : préserver leur pouvoir.

La première chose que firent nos ODS fût bien sûr ce que fait tout bon bureaucrate quand on le met face à une échéance : assurer avec autorité que, compte tenu de la complexité des problèmes totalement sous-estimée par des élus incompétents, il allait falloir beaucoup, beaucoup plus de temps.

Un délai raisonnable aurait dû être quatre ou encore mieux cinq ans tant ces négociations s’annonçaient difficiles.

Et à dire vrai, cinq ans apparaissent comme un minimum puisque d’ici cinq ans les Britanniques iront aux urnes à nouveau et que si BOJO et le Parti Conservateur se présentent aux électeurs sans avoir réglé le problème, il est sûr qu’ils seront battus, ce qui bien entendu est le seul et unique but des ODS Bruxellois.

Première manœuvre totalement prévisible des ODS donc …

Et ce bon BOJO, en riant sans-doute sous cape, de leur annoncer qu’accord ou pas, les négociations se termineraient fin Décembre 2020 et que faute d’accord, les procédures standards du Gatt s’appliqueraient entre la Communauté et la Grande-Bretagne, ce qui voudrait dire au passage que le Royaume-Uni ne verserait pas les dizaines de milliards d’Euros promis au cas où un accord ne serait pas signé en temps utile…ce qui mettrait le budget européen dans une situation impossible.

Première défaite donc pour ODS, et alors même que les hostilités n’ont pas vraiment commencées.

Voilà qui donne confiance pour la suite.

Et la suite on la connait déjà puisque le négociateur en chef pour Bruxelles n’est autre que monsieur Barnier.

  • Eh oui, le même monsieur Barnier qui avait négocié des accords auxquels avec madame May auxquels rien ne pouvait être changé (c’est du moins ce qui fût dit à Boris Johnson quand il devint premier ministre) et qui furent néanmoins transformés de fond en comble dès que Boris agita la menace de la sortie sans accord (voir mon article à l’époque).
  • Le même monsieur Barnier qui avait comploté avec toutes les forces anglaises globalisantes s’opposant à la sortie de la Grande-Bretagne pour bloquer le fonctionnement du parlement Britannique en intervenant de façon éhontée dans les affaires intérieures d’un pays. Il faut noter à ce point du raisonnement que pas un seul des députés qui ont soutenu monsieur Barnier quand ils étaient au parlement britannique n’a été réélu, les britanniques ne plaisantant pas avec ceux prêts à vendre pour un plat de lentilles la souveraineté du pays.
  • Le même monsieur Barnier qui est connu pour une absence absolument totale de charisme et qui fut, avec Juncker, la tête de turc de Farage au parlement europeen et qui, pas une seule fois ne trouva quoique que ce soit d’amusant à retorquer au tribun britannique…

Et c’est là où l’on voit tout le machiavélisme de nos ODS dont il serait stupide de penser qu’ils le sont.

Quoi de plus malin que de nommer à nouveau comme négociateur en chef un homme qui insupporte les britanniques au plus haut point et qui a déjà lamentablement échoué ?

“On” est à peu près sur du résultat.

Mais qui est ce « on » ?

Bonne question et voici la réponse : l’Etat profond européen, ce qui est un paradoxe car il n’y a pas d’Etat européen.

Mais il y a à l’évidence un Etat Profond Européen composé de l’Otan, de la Commission, des Cours de Justice, des grands lobbystes, de la plupart des media, d’un bon nombre de membres du Parlement Europeen ainsi que de moults sous-marins chargés de noyauter les vrais Etats en Europe.

Et leur méthode a toujours été la même, celle dite du « cliquet » inventée par Jean Monnet.

Je dois rappeler ici en quoi elle consiste.

Imaginons que cette classe (caste ?) ait décidé qu’il était inconcevable que les pays liés par les traités européens conservent leur souveraineté juridique.

En aucun cas, un tel projet ne serait accepté par les populations locales. Et donc, on va procéder par étapes, petit à petit. Un exemple : La France est signataire du traité de Marrakech. Mais en aucun cas, nous disent les eurocrates, ce traité ne devrait s’appliquer à elle (pourquoi avoir signé dans ce cas ?).

Un jour cependant, l’une des deux cours de justice européennes devra traiter d’un conflit opposant un immigré à notre pays. Un arrêt sera rendu nous donnant tort et du coup le traité s’appliquera sans que quiconque puisse protester.

Le principe est toujours le même :

  1. L’abandon de souveraineté est « minime » mais nécessaire pour que la construction européenne continue.
  2. Une fois l’abandon voté par les eurocrates nationaux, on se rend compte qu’il n’était pas si petit que ça puisqu’il est interdit de revenir en arrière, comme on l’a vu. Une souveraineté abandonnée l’est pour toujours et à jamais (effet de cliquet).
  3. Si par hasard, l’erreur a été commise de demander son avis au peuple par un referendum et que la première réponse ait été « non », on fera revoter le peuple autant qu’il le faudra, jusqu’à ce qu’il apporte la bonne réponse (cf la Constitution européenne, refusée par le peuple et imposé par les parlementaires sous monsieur Sarkozy.)  A ce moment-là, le vote devient irréversible et engage les générations futures à jamais.
  4. Ceux qui dénoncent ces manœuvres sont assimilés aux personnes qui ont causé les « heures les plus sombres de notre histoire » par la fameuse « réductio ad Hitlerium », couplée à l’accusation qu’ils veulent la guerre entre nations européennes.

Et voila qui avait très bien marché jusqu’à ce que monsieur Cameron fasse l’erreur fatale de demander aux britanniques s’ils voulaient rester dans la construction du Léviathan.

Et bien sûr, ces braves gens répondirent non, à la stupéfaction générale tant les ODS pensent que le peuple est idiot.

Mais cette décision d’un peuple retrouvant sa souveraineté fait sauter de façon irrémédiable le principe même du cliquet ayant permis tous les abandons de souveraineté consentis jusqu’à ce point.

Ce qui risque de foutre en l’air l’Etat profond européen dont le personnel va peut-être devoir travailler pour vivre.

En fait, c’est la survie même de cet état profond que le départ de la Grande-Bretagne met en danger.

Et pour l’instant, ce sont les membres de cet Etat profond qui se sont auto-sélectionnés pour mener les discussions et ils ont un but et un seul, préserver le pouvoir qu’ils se sont attribué sans avoir à passer par la case « élections ».

Ce qui veut dire qu’un combat à mort est engagé entre la souveraineté du peuple britannique et l’Etat profond européen et que donc tout sera fait pour qu’une crise profonde frappe la Grande-Bretagne quand bien même le prix à payer pour le reste de l’Europe serait très, très élevé.

Mais c’est là que les gouvernements des autres pays en Europe risquent d’intervenir pour remettre au pas les Barnier de ce monde et là, je pense surtout à l’Allemagne qui a un considérable excèdent de son commerce extérieur avec la Grande-Bretagne et qui est dans une situation tant politique (montée de l’AFD) qu’économique désastreuse (effondrement mondial de l’industrie automobile) …

Voici donc ce qui va se passer à mon avis dans les 12 mois qui viennent.

  1. Monsieur Barnier continue son travail de sape, avec l’aide du gouvernement français qui par exemple propose aux allemands de partager avec eux l’arme atomique, ce qui reviendrait à abandonner l’Otan. On imagine l’enthousiasme à Berlin.
  2. Au bout de trois mois de blocage, BOJO décroche son téléphone pour appeler madame Merkel et lui signifie qu’il songe à interdire la vente au Royaume- Uni d’une grande partie des produits allemands faits avec du charbon, car cela met très en colère la jeune Greta et les écologistes britanniques.
  3. Madame Merkel appelle monsieur Barnier pour lui dire que les bêtises ont assez duré et qu’à partir de maintenant, il est mis sous tutelle.
  4. Fureur de monsieur Macron.  La réalité est pourtant très simple. Soit monsieur Macron se couche, soit-il ne se couche pas, mais dans les deux cas, l’Etat profond européen est cuit puisqu’il est apparu pour ce qu’il est, c’est-à-dire une tentative par les hauts fonctionnaires français de contrôler les autres pays européens.
  5. Monsieur Salvini, revenu au pouvoir en Italie annonce qu’il demande une grande convention pour réintroduire un semblant de démocratie en Europe. La Pologne, la Hongrie, la Tchéquie approuvent cette initiative. Monsieur Macron refait une colère, à laquelle personne ne prête la moindre attention…
  6. L’Euro tombe en dessous d’un dollar. Monsieur Trump impose des droits de douane sur les produits de la zone Euro.
  7. La Grande-Bretagne obtient son accord de libre-échange et les conservateurs Suédois demandent qu’un referendum soit organisée sur le maintien de la Suède dans l’Union Européenne

Malheureusement, c’est à ce moment-là que ma boule de cristal se brouille… `

 


Semer à son âge, passe encore, mais planter …. (Suite)

 

A la fin du printemps 2019, peu avant de me retirer pendant deux mois sous mes platanes Avignonnais, j’avais écrit un papier pour l’IDL où j’expliquais que nous allions nous lancer dans de nouvelles aventures, ce qui était quelque peu surprenant puisque le président de cette institution (moi) avait 75 ans … Gentiment, bien des lecteurs m’avaient encouragé à continuer à prendre des risques, ce qui m’avait beaucoup touché.

Nous y sommes et je vais commencer par l’état actuel de l’IDL qui s’est défini dès sa création comme un « lieu » ou des gens désireux de mieux comprendre ce qui se passait autour d’eux pouvaient se parler et échanger des idées sans se sentir appauvris à la fin du processus.

Petit à petit, depuis sa création il y a déjà longtemps, l’IDL a crû et a trouvé son lectorat qui, année après année, continue à croitre lentement mais surement. Certes les lecteurs ne se comptent pas en centaines de milliers, mais plutôt en dizaine de milliers et d’après les statistiques dont nous disposons le lecteur « témoin » reste en moyenne sept minutes chez nous (et donc il lit l’article) et revient fréquemment.

Il semble donc que nous ayons une « clientèle » fidèle et qui s’intéresse aux idées et pour enrichir notre offre « écrite » nous avons demandé à deux nouvelles personnes de nous rejoindre dans un passé plus récent, Jean Baptiste Noé d’abord, géo-politologue et rédacteur en chef de la revue « Conflits « puis Bruno de la Robiere, journaliste d’investigation bien connu.

Mais nous restions dans la catégorie « media-écrit ».

Or, depuis deux ou trois ans nous constatons un phénomène nouveau.

Quand j’étais interviewé sur le net, ou quand, plus rarement, Emmanuelle l’était, les compteurs de vues sautaient…Apparemment, ce que nous disions suscitait un intérêt considérable et le nombre de spectateurs dépassait souvent les cent-mille pour atteindre un record de près d’un million alors même que ces interviews pouvaient dépasser une heure.

Comme notre but est de toucher le maximum de gens, voilà qui nous a donné à réfléchir.

Je crois que je peux affirmer sans crainte d’être contredit que, de nos jours, l’information et la formation passent de plus en plus par les media visuels et beaucoup moins par l’écrit comme cela avait été le cas depuis Gutenberg.

Qui plus est, je passe mon temps à écrire que nous sommes en train d’entrer à toute vitesse dans la troisième révolution de l’histoire de l’humanité, celle de l’accès à la connaissance, et je me trouvais en train d’essayer de décrire cette troisième révolution en utilisant les outils de la deuxième.

Voilà qui ne me paraissait pas très cohérent.

Il fallait donc songer à de nouvelles formes de diffusions que nous contrôlerions et qui trouveraient leur origine chez nous et non plus au hasard de bonnes volontés extérieures à notre IDL.

En réfléchissant, nous avons fait la constatation suivante.

La partie la plus importante de ces interviews dont j’ai parlé plus haut a été enregistrée par deux jeunes entrepreneurs, le premier s’appelant Mikael Lelievre qui a créé une chaine YouTube s’appelant « Planètes 360 » et le second Richard Détente qui lui dirige une autre chaine portant le nom de « Grand-Angle ».

Or il se trouve que Mikael s’intéresse à tout ce qui touche la politique, la géopolitique, les mouvements sociaux alors que Richard, lui, porte son attention plutôt aux marchés financiers.

Et il se trouve aussi que l’IDL s’intéresse aux deux …

Il y plusieurs années, et à peu près en même temps, tous les deux sont venus me voir séparément pour me proposer de diffuser nos idées par leur intermédiaire sur les nouveaux media et au départ, je ne les connaissais ni l’un ni l’autre.

Depuis, nous avons fait connaissance, j’ai appris à leur faire confiance et « ensemble mais séparément » à nouveau, nous allons essayer de développer un nouvel outil que l’on pourrait appeler « IDL-MEDIA », l’idée de base étant de se servir des talents de chacun sans rien inventer de nouveau.

Voici ce que nous allons faire.

Avec Mikael.

Au départ, nous allons organiser au moins deux émissions par mois avec Planète 360, sous le sigle Planète 360-IDL, et plus si l’actualité le demande.

  • Dans la première et dans les émissions occasionnelles, je serai interrogé par Mikael sur ce qui se passe en France ou dans le monde et la plupart des questions viendront de ceux qui suivent déjà Mikael. Il s’agira donc en fait d’une espèce de dialogue entre les lecteurs-auditeurs et moi ou j’essaierai de répondre aux questions posées.
  • Dans la seconde, qui devrait être mensuelle je serai la puissance invitante et demanderai à des personnalités éminentes qui voudront bien accepter de venir dans notre studio (car nous avons un studio au 27 bis rue du Copernic, nos nouveaux bureaux) de nous expliquer ce qui se passe dans les domaines où ils sont compétents et quelles solutions préconisent-ils pour que les choses s’améliorent, au cas, fort probable ou elles n’iraient pas bien. La première de ces émissions portera sur l’ordre public et ses déficiences, en France aujourd’hui.
  • D’autres idées d’émissions sont dans les tuyaux mais ne verront le jour bien entendu que si les auditeurs nous suivent. Nous songeons par exemple à une revue littéraire des livres et essais de bonne qualité qui sont sortis et dont personne ne parle sur les media officiels.

Avec Richard, les choses seront différentes.

Comme je l’ai souvent dit et écrit par le passé, le but de chaque homme et de chaque femme doit être de devenir responsable de son destin et donc libre. Or, comme le disait Dostoïevski, l’argent, c’est de la Liberté frappée. Et pour garder cette Liberté et la faire croitre avec le temps il faut EPARGNER.

Mais si cette épargne est confiée à un tiers, ou pire encore à l’État, vous pouvez la perdre en même temps que votre Liberté. Et donc, il faut que chacun d’entre vous gère son épargne lui-même car vous êtes le seul à connaitre vos besoins et vos ressources.

Richard s’est donc lancé dans un projet qui touche à la fois à l’information et à la formation et il propose de vous aider à vous former à la gestion de votre épargne. Inutile de dire que ni l’IDL ni Charles Gave ne sont en rien intéressés à l’affaire commerciale que développe Richard. Ma seule contribution sera de répondre à ses questions ou à celles que ses élèves se posent. Par exemple, j’ai déjà enregistré un certain nombre d’interviews sur la monnaie, le libre-échange, une société « ouverte », a quoi sert l’or etc… qui apparaitront en temps voulu sur notre site mais qui feront aussi partie de la formation qu’il propose déjà.

Et avec lui, je commenterai l’activité financière du moment, de temps en temps sur le site de l’IDL, si le sujet en vaut la peine (Je ne doute pas que cela va être le cas très fréquemment dans les années qui viennent, mais bien sûr, je peux me tromper.)

Pour résumer, l’IDL MEDIA aura donc deux cordes à son arc

  • Des discussions sur l’actualité au sens large avec Planète 360, avec qui nous aurons des relations très étroites.
  • Un suivi audio-visuel plus régulier de l’actualité financière et pour ceux qui le souhaitent un accès à une formation à la gestion de leur épargne s’appuyant sur les principes que je développe devant les lecteurs depuis des années et cela par l’intermédiaire de Grand-Angle.

Un point très important : Autant l’IDL serai responsable de ce qui sera dit et fait dans les commentaires sur l’actualité, autant par contre NOUS NE LE SERONS PAS pour tout ce qui touche à l’activité formation qui restera sous la responsabilité exclusive de Richard.

Et comment allons-nous financer tout ça ? devrait être la question de ceux qui s’intéressent à ce projet …

La première réponse est qu’aucun cas nous ne nous tournerons vers des systèmes de télévision payante et donc fermée à ceux qui ne seraient pas membres.

Tout restera gratuit aussi bien à l’IDL qu’à L’IDL -MEDIA.

Je tiens passionnément à cette notion de gratuité qui me semble essentielle.

Chacun doit pouvoir venir sur le site, lire et regarder ce qui l’intéresse sans que cela lui coute un sou.

Ensuite, s’il pense qu’aider à la survie et au développement de ce site est important, alors chacun peut choisir librement d’aider ou pas, en se souvenant qu’un repas gratuit cela n’existe pas et que toute peine mérite salaire.

Certes en utilisant les complémentarités entre trois activités qui existent déjà, on peut espérer que les frais supplémentaires seront faibles, ce qui est vrai. Il n’en reste pas moins que nous aurons besoin (d’un peu) d’argent.

Et voici comment nous comptons le lever.

  • D’abord, tous ceux qui nous suivent depuis longtemps sont « autorisées » s’ils le souhaitent à envoyer dès qu’ils le pourront une donation pure et simple à l’IDL qui, étant organisé en fonds de dotation est habilité à délivrer des certificats autorisant une déduction fiscale à hauteur de 66 % du don, ce qui est bien.
  • Ensuite, nous mettrons (sans doute) un très joli petit bouton rouge en bas de l’écran et si une émission a plu à celui ou celle qui a bien voulu l’écouter, alors cette personne pourra appuyer sur le bouton et se retrouver sur notre site ou un espace donation en ligne aura été créé pour nous virer, soyons fous, le prix d’une place de cinéma dans sa région ou tout autre montant de son choix.
  • Pour toutes les émissions qui dépassent sensiblement 100000 vues, la publicité peut devenir une part substantielle des revenus et donc nous y aurons recours chaque fois que nous le pourrons, c’est-à-dire a chaque fois que l’émission vousaura plu.

Donations à l’IDL, donations « de temps à autre » quand une émission aura particulièrement plu, publicité, voilà qui revient à dire que cette nouvelle activité sera principalement financée par vous et voilà qui est parfaitement normal puisqu’après tout, si vous ne nous soutenez pas, nous n’avons guère de légitimité à défendre les thèses que nous soutenons.

Mais que chacun soit rassuré : je n’ai pas l’intention de vous importuner par de nombreux courriers vous demandant tous les trois mois ou tous les six mois de boucher un trou financier s’apparentant au tonneau des Danaïdes. Si le public vient à nous, je pense que nous ne devrions avoir aucun problème de cash-flow. S’il ne vient pas à nous…eh bien, je prendrai ma retraite.

Et tout ceci devrait prendre forme dans les deux mois qui viennent, petit à petit comme d’habitude. Rien d’important ne se fait dans la précipitation.

Souhaitez nous bonne chance, nous allons changer de vitesse.

 

 

 

 

 


Eh oui, je suis un financier…

Depuis deux ans environ, il m’arrive d’être interviewé par des gens de bonne volonté (Planetes 360, Grand -Angle, Sud Radio et quelques autres) et à ma grande surprise, ces interviews sont ensuite regardées par des dizaines, voire des centaines de milliers de gens dont j’ignore tout. Et du coup, pour mieux les connaitre, je lis les commentaires que certains d’entre eux mettent après l’émission sur le site du diffuseur et parfois j’y réponds, en particulier sur le site de l’IDL.

Certains, et j’ose même dire, la plupart sont plutôt aimables, divers, et apportent une pierre au débat. Mais il y a un commentaire qui revient à chaque interview ou presque, toujours le même, et qui s’adresse plutôt aux autres lecteurs qu’à moi et le voici : « Comment pouvez-vous vous intéresser à ce qu’écrit cet homme, c’est un financier ».Et cette remarque me laisse toujours perplexe. Pourquoi un financier n’aurait ‘il pas droit à la parole ? Et qu’est ce qui permet à ces gens, qui écrivent pour la plupart sous pseudonyme, de décider qui a droit à la parole et qui n’y a pas droit ? Après tout, personne n’est obligé par quiconque d’aller sur le site de l’IDL ou de regarder mes interviews…

Et donc, comme d’habitude, quand je perçois qu’une idée dangereuse se glisse dans le débat, je vais essayer d’expliquer pourquoi elle est fausse et pour cela je vais revenir à une notion essentielle en économie et qui est la suivante : comment le système économique fondé sur la liberté individuelle crée-t-il de la VALEUR.

Cette création de valeur suppose que soient réunis au même endroit et en même temps trois choses.

  1. Du capital, résultat d’une épargne qui a eu lieu
  2. Du travail, fourni par la population capable de travailler.
  3. Un individu, généralement appelé « entrepreneur », qui réussit à combiner capital et travail pour en tirer un produit ou un service qui se vendra, espère-t ’il, à un prix supérieur aux coûts du capital et du travail qu’il a utilisé, et cette différence s’appelle le PROFIT, mot et concepts abominables, mais sans lesquels nous serions encore en train de mourir à trente ans, faute de nourriture et de vêtement.

Résumons-nous : Pour que la prospérité existe il faut trois choses, du capital, du travail et un chef d’orchestre.

Et ici, il me faut dire quelque chose qui ne va pas me faire beaucoup d’amis : du travail, il y en a toujours eu et il y en aura toujours, jusqu’à ce que l’homme disparaisse de la Terre.

En revanche, à tout-moment, la quantité de capital est toujours insuffisante puisque la somme des désirs et des besoins de la population est par nature infinie.  Il faut donc rationner le capital pour qu’il aille le plus possible à ceux qui en feront le meilleur usage et qui donc seront capables de faire croitre la quantité de capital dans le système, ce qui est la condition sine qua non pour qu’il y ait une hausse générale du niveau de vie. Et comme me le disait l’un de mes professeurs d’économie à Toulouse il y a cinquante ans, quand il s’agit de rationner il n’y a que deux techniques :

  1. La main invisible d’Adam Smith
  2. Le grand coup de pied dans le derrière de Joseph Staline

En termes simples, cela veut dire que soit l’on rationne par le PRIX soit l’on rationne par L’INTERVENTION ETATIQUE

Voyons à quoi sert un financier dans les deux cas.

Rationnement par le prix.

Le prix pour le capital s’appelle le taux d’intérêt et ce taux d’intérêt sert à me compenser contre l’incertitude du futur.

Le prix, quand il se forme sans intervention étatique, est par définition celui où la demande d’épargne égale l’offre d’épargne.

En tant que financier, je prends ce prix comme une donnée (je ne fais aucun jugement de valeur sur son niveau, trop haut trop bas…) et je vais regarder la rentabilité marginale du capital pour chaque entrepreneur, une notion hélas trop méconnue et que je vais essayer d’expliquer maintenant.

Prenons un petit entrepreneur qui embauche un salarié à 100. Ce salarié lui rapporte 130. Du coup, il en embauche un deuxième qui lui rapporte 110 et tout content il en embauche un troisième qui lui rapporte 80. La rentabilité moyenne de mon entrepreneur sera 30 +10 -20=20 /300 =6.66% ce qui apparait comme satisfaisant et cependant il est complètement idiot s’il garde le troisième puisqu’il perd de l’argent avec lui.

C’est pourquoi, chaque fois que je lis dans un journal que telle ou telle entreprise débauche alors qu’elle fait des profits, j’ai un grand moment de lassitude. Les entreprises pour ne pas gaspiller le capital, doivent gérer à la MARGE et non pas à la moyenne et seules les entreprises qui pratiquent cette discipline méritent mon épargne. La concurrence est un système Darwinien et il est certes nécessaire de protéger autant que faire se peut les individus contre la dureté de ce système, mais cela ne doit JAMAIS se faire au prix de la destruction de capital qui amène partout et toujours à un appauvrissement généralisé.

Dans le fond, je fais exactement ce que le Christ me dit de faire dans la parabole des talents dans les Évangiles. Le maitre s’en va pour un long voyage et confie son capital à trois serviteurs. Au premier il en confie quatre, au deuxième deux et au dernier un.

Première remarque, il ne confie pas la même somme à tout le monde…

Quand le Maitre revient, le premier lui en rend huit, le deuxième quatre (ils ont travaillé, ont pris des risques et ont donc eu une rentabilité marginale du capital satisfaisante). Quant au troisième qui a enterré son talent et donc n’a pris aucun risque, il dit au Maitre « Je sais que tu es dur, j’ai donc enterré mon talent. Le voici, je ne te dois rien «

Et le Maitre l’envoie aussitôt en enfer tout en donnant son talent au premier en accompagnant cet acte d’une phrase mystérieuse pour beaucoup « Car à ceux qui ont reçu beaucoup, il sera donné encore plus », qui n’est cependant qu’une définition parfaitement claire de la rentabilité marginale du capital. Ceux qui investissent en fonction de la rentabilité marginale auront automatiquement accès à de plus en plus de capital et donc contribueront massivement au bien commun. Ceux qui enterrent leur talent ou pire encore le gaspille sont les seuls et vrais salauds. ….

Le financier est donc celui qui essaye sans cesse de comparer la rentabilité marginale du capital avec le cout de l’emprunt, ce qui est épouvantablement difficile. C’est un métier à haut risque et je dis souvent que cela revient à travailler dans le « cœur nucléaire » du capitalisme où chacun met sa peau en danger sans cesse tant les possibilités d’irradiation y sont fréquentes. Une vie de travail peut être détruite en très peu de temps par une erreur intellectuelle ou une faute d’attention. Je le sais d’autant plus que j’ai été moi-même irradié et qu’il m’a fallu beaucoup, beaucoup de temps pour récupérer.

Et donc mon métier de financier consiste à repérer les endroits où la rentabilité du capital monte, pour y investir l’argent que je retire à ceux qui commencent à le gaspiller. Et ce faisant, je rends un service éminent à la communauté. Dans le monde géré par des marchés libres et où travaillent des individus libres également, seuls peuvent emprunter ceux qui ont une rentabilité marginale du capital supérieure aux taux d’intérêts, ce qui revient à dire que l’endettement ne peut pas monter structurellement. Dans ce monde, la dette reste une source de financement accessoire.

Ce qui n’est pas le cas lorsque le capital est attribué à grands coups de pieds dans le derrière.

Rationnement par l’État.

De façon générale, l’état est le pire investisseur qui soit puisqu’il n’a jamais entendu parler ni de rentabilité marginale du capital ni de rentabilité moyenne. En termes clairs, le capitalisme fonctionne grâce à ce que Schumpeter appelait la « création destructrice » et dans l’état, il n’y aucune destruction et encore moins de création. Et donc, comme des activités perpétuellement en pertes sont maintenues en vie, cela veut dire trois choses.

  • Un état en déficit détruit structurellement du capital, et donc dans ce pays, le niveau de vie ne peut que baisser.
  • La deuxième est que cela ne peut se faire que par l’émission de dettes dont la somme ne peut que monter au travers du temps, ce qui fragilise le système au travers du temps.
  • Et la troisième, que cette dette doit être émise à un faux prix, faute de quoi les taux d’intérêts devraient monter à toute allure pour freiner cette boulimie de capital, ce qui foutrait en l’air la partie toujours plus restreinte de l’économie qui reste dans des mains privées puisque le cout marginal du capital ne cesserait de monter.

Ce que je dis ici est très simple : L’état est par nature destructeur net de capital et donc, plus son poids dans l’économie augmente, plus les déficits budgétaires sont élevés et moins il y a de capital disponible pour le secteur privé et du coup la croissance économique ne peut que baisser et le chômage monter.

Mais les taux d’intérêts anormalement bas ont un effet secondaire bien pire encore, car ces taux bas donnent naissance à une catégorie de gens que le peuple assimile aux financiers et qui ne le sont en rien, puisque ce sont des pilleurs d’épaves.

Je m’explique.

Imaginons que les taux d’intérêts soient à 0 %, ce qui permet à l’État de spolier les épargnants comme je l’ai montré la semaine dernière. Mais ces taux bas permettent aussi à de grands brigands qui ont accès à des capacités d’emprunts illimitées de spolier les entrepreneurs existants, et voici comment.

Imaginons qu’une entreprise « pépère », telle un petit hôtel familial dans une station de ski rapporte 4 % par an et ne cherche pas vraiment à se développer. Si les taux courts sont au niveau de la rentabilité marginale du capital (voir plus haut) ils seront aux alentours de 5 % par an et personne n’aura l’idée d’emprunter à 5 % pour racheter quelque chose qui rapporte du 4 %.

Mais tout change si les taux sont à 0 % ou à 1 %, car cela devient rentable d’emprunter pour acheter l’hôtel. Et des sociétés se constituent très rapidement, toutes soutenues par les grandes banques pour acheter l’hôtel en question à deux ou trois fois sa valeur. Les propriétaires vendent et partent s’installer au Portugal ou en Belgique tandis que les nouveaux propriétaires qui doivent servir et rembourser la dette commencent à mettre à la porte la moitié des employés et/ou à baisser leurs salaires.

La dette augmente dans l’économie sans que les capacités de production augmentent en contrepartie, la fragilité de l’économie s’accroit, le niveau de vie des employés baisse et il n’y a pas un hôtel de plus ou une machine-outil de plus. Il y a eu juste un transfert de propriété de la classe entrepreneuriale à la classe des pilleurs d’épaves, et c’est tout. Du coup, les riches, c’est-à-dire ceux qui ont déjà des actifs à donner en garantie aux banques deviennent plus riches et les pauvres deviennent plus pauvres puisque le stock de capital diminue, ce qui veut dire qu’à terme la productivité du capital et du travail s’effondrent et donc le niveau de vie de ceux qui n’ont que leur travail à offrir.

Ces pilleurs d’épaves ne sont en rien des financiers, puisque leur enrichissement n’est pas la contrepartie d’un risque qu’ils auraient pris mais le résultat du fait que les autorités suivent une politique qui leur permet de s’enrichir sans prendre de risque tant ils bâtissent des structures qui leur permettent de tout garder si ça marche et de faire porter les pertes aux banques si ça ne marche pas. Cela n’a RIEN à voir avec le capitalisme et tout à voir avec le grand banditisme.

C’est ce que j’ai appelé dans des papiers précédents « le capitalisme de connivence », qui n’est qu’une forme moderne du vol à la tire. Cela me rappelle une histoire qui est arrivée à une personne de ma connaissance, héritier d’une grande fortune française, grand chasseur devant l’éternel et qui voulait mettre un lion à son tableau de chasse. Il partit en Afrique du Sud ou existe un trafic florissant d’élevages de lions en captivité, que l’on fait sortir de leurs cages quand un grand chasseur blanc se présente et que l’on dispose devant le chasseur dans la savane. La pauvre bête, voyant un homme devant elle se dit que l’heure de son déjeuner est arrivée et se précipite toute contente vers la créature qui le nourrit habituellement… et prend une balle entre les deux yeux, ce qui permet une fort belle photo. Inutile de dire que j’ai en horreur ce genre de personnes qui sont au vrai chasseur ce qu’est un voleur par rapport à un financier.

Financier je suis, financier je resterai. Et j’attends avec impatience le moment ou ces pilleurs d’épaves ne pourront plus nuire. Et je conclurai en disant une chose : quiconque milite pour des taux d’intérêts déterminés par le gouvernement et non par le marché est soit un salaud, soit un idiot, et peut-être les deux à la fois. Et le pire est que ces malfaisants ne seront jamais jugés puisque qu’ils n’ont rien fait d’illégal. Et c’est pour cela que je vous dis d’investir votre capital en Asie, voir aux USA où les conseils d’un financier peuvent encore servir à quelque chose mais certainement pas en Europe, tant il est vrai que mes pilleurs d’épaves y sont au pouvoir.

J’en arrive à me demander si l’Euro n’a pas été créée pour aider cette bande de brigands dans leurs malversations. Mais cela serait penser qu’ils comprennent quelque chose à l’économie, ce qui est leur faire beaucoup trop d’honneur.

 

 


Marre d’être pessimiste.

Il y a bien longtemps, quelque temps après la chute du mur de Berlin, j’avais lu un article écrit par un sociologue américain expliquant que, dans le fond le boulot de la presse, était de nous fournir chaque jour notre ration de mauvaises nouvelles pour que nous restions bien obéissants, ce dont j’étais déjà intimement persuadé. Mais la nouveauté était que ce cher homme expliquait que maintenant que le danger de guerre nucléaire entre l’Union-Soviétique et les Etats-Unis avait disparu, il allait falloir trouver autre chose pour éviter que la classe « soumise » (vous et moi) n’ait la mauvaise idée de demander des comptes à la classe dirigeante (eux…). Et notre sociologue avançait l’idée qu’« ils » allaient sans aucun doute se trouver de nouveaux ennemis (ce qui fut fait avec l’émergence de la Russie, de la Chine, de l’Irak, de l’Iran etc..), mais que surtout, « ils » allaient essayer de recréer des vieilles peurs millénaristes du style (et c’est moi qui parle ici) « on va tous mourir dans des souffrances atroces, le réchauffement atmosphérique va détruire la déesse mère, Gaia, il est à peu près certain que le futur de nos enfants va être bien pire que ce que nous avons connu et d’ailleurs faire des enfants est criminel ».

Et bien entendu, tout s’est passé comme prévu par le sociologue et si par hasard j’écoute France Inter(minable) le matin, j’hésite en sortant de chez moi entre aller au bureau pour travailler et aller me jeter dans la Seine pour m’éviter des souffrances futures qui s’annoncent abominables.

J’hésite, mais pas trop longtemps.

J’ai donc décidé dans le papier de cette semaine d’évoquer un certain nombre de choses qui vont plutôt en s’améliorant, pour essayer de remonter le moral aux lecteurs de l’IDL, une tache qui ne devrait pas être trop difficile faute de quoi ils ne me liraient pas.

Commençons par une petite nouvelle qui a fait ma joie et dont je pense qu’elle a dû échapper à tous les lecteurs de l’IDL.

Al Gore, quand il était Vice-Président aux USA il y a vingt ans, avait fait disposer dans les parcs nationaux des Rocheuses de grandes pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Quand vous viendrez ici en 2020, les glaciers que vous voyez devant vous auront disparu ». Pour ce courage et cette prescience extraordinaires, Al Gore a reçu le prix Nobel de la Paix. L’ennui est que les glaciers sont toujours là, et bien là. Et du coup, l’administration des parcs aux USA a décidé de retirer toutes les pancartes, ce qui est hilarant. Ils auraient pu faire des économies et juste remplacer 2020 par 2040 et le tour aurait été joué, mais Gore n’est plus au pouvoir…

Voilà qui me rappelle les prédictions du Club de Rome dans les années 70. Le monde consommait à l’époque 50 millions de barils de pétrole par jour et les prédictions de cette auguste institution annonçaient qu’il n’y en avait plus que pour dix ans. Cinquante ans plus tard, nous consommons 100 millions de barils par jour et les réserves sont équivalentes à vingt ans de consommation.

Et je passe sur l’inévitable famine en Inde qui devait entrainer plus de 400 millions de morts puisque l’Inde est devenue depuis exportatrice nette de produits alimentaires alors même que sa population a plus que doublé …

Il en est de même pour le réchauffement atmosphérique. La certitude que nous allons griller à cause d’un réchauffement de la planète que nous aurions causé semble devoir se produire toujours dans vingt ans, ce qui me permet de dire que la petite Greta a de beaux jours devant elle et qu’elle sera encore en vedette à Davos (là où les hommes du passé rencontrent les Oints du Seigneur qui ont envie d’être achetés) … en 2080 puisque le monde sera à la veille de s’écrouler en 2100.

Continuons par la vieille complainte Malthusienne, « il n’y en aura pas assez pour tout le monde » et il faut donc organiser la décroissance économique de toute urgence.

Je vais reprendre ici les conclusions de Matt Ridley, chroniqueur au Spectator, l’hebdomadaire conservateur britannique, et auteur du « best-seller » mondial, « l’optimiste rationnel (à lire absolument) » dans l’une de ces dernières chroniques pour ce journal.

Dans cet article, Ridley reprend une étude faite par un autre anglais, Chris Goodall, investisseur dans les nouvelles technologies dont le but était de calculer le POIDS du PIB. Les conclusions en sont très surprenantes.

Les voici.

Si l’on sépare le PIB britannique en deux masses, ce qui pèse lourd (acier, charbon, pétrole, biens industriels, avions, automobiles etc..), et ce qui ne pèse rien du tout, (du style de cet article que vous lisez sur votre ordinateur), de 2000 à 2017, la consommation de produits pondéreux par personne et par an a diminué passant de 12. 5 tonnes à 8. 5 tonnes, soit une baisse d’environ un tiers.  Pendant ce temps-là le PIB en volume progressait de 22 % par habitant, alors même que nous avons eu deux grandes crises financières, de 2000 à 2003 et de 2007 à 2009…

D’autres travaux similaires ont montré que le poids en tonnes du PIB britannique a diminué de 90 % depuis 1945. Nos PIB deviennent de plus en plus légers…

On ne va pas manquer de cuivre d’aluminium, d’acier, de ciment, bien au contraire. Et on ne va pas mourir de faim non plus., car la productivité agricole fait partout des bonds gigantesques.  Le professeur Jesse Ausubel, de l’Université de Rochester aux USA, fait remarquer qu’alors que la production agricole dans le monde a triplé depuis 1950, la consommation d’eau est restée stagnante depuis cette date tant la technologie de l’irrigation a évolué.

Parallèlement, l’utilisation des engrais a atteint son plus haut il y a 10 ans et depuis ne cesse de baisser. Et du coup, on met d’immenses territoires en friche. Et fort normalement, la forêt se développe à toute allure partout dans le monde et il y a plus de bois et de forêts dans le monde aujourd’hui qu’il y a trois siècles. Et cela est vrai du monde entier.

Si les progrès de productivité agricole continuent à leur rythme historique, dans les cinquante ans qui viennent, le monde va libérer un espace agricole égal à la surface de l’Inde. C’est donc dire une fois encore que nous ne sommes pas près de mourir de faim et de froid, ou de manquer d’espace pour bâtir des villes ou des villages et qu’être Malthusien, depuis 1830 a toujours été une erreur et le restera.  Le seul homme qui ait été en trrop sur la terre depuis deux siècles a en fait été Malthus.

Des problèmes importants de pollution existent cependant et ils touchent principalement des zones qui n’appartiennent à personne, telles les mers, les rivières ou les océans. Voilà un chantier auquel chaque Etat pourrait s’attaquer, en recherchant le pollueur initial et en le faisant payer.

Il n’en reste pas moins que dans mon enfance à Amiens, où tout fonctionnait au charbon, la pollution était gigantesque, comme elle l’était à Londres ou à Cleveland où les rivières dans lesquelles on pêche aujourd’hui, prenaient feu. Depuis que le charbon a été interdit pour le chauffage individuel dans les années cinquante en Grande-Bretagne, le fameux brouillard Londonien qui tuait des milliers de personnes chaque année a complètement disparu et n’existe plus que dans les bandes dessinées de Blake et Mortimer.

Dans le domaine médical, le mélanome qui tuait il y a 10 ans quasiment 95 % de ceux qui en étaient affecté est maintenant traité dans plus de 60 % des cas, le cancer du poumon est en chute libre aux USA, des maladies comme la sclérose en plaques commencent à bénéficier de traitements efficaces…

Le déchiffrage du génome humain va permettre de fabriquer des médicaments littéralement à la carte et nous allons donc passer au traitement au niveau de la cellule malade directement.

On commence aussi à comprendre comment le cerveau fonctionne, ce qui devrait amener  à de prodigieuses avancées dans le domaine des maladies mentales, de la dépression a la maladie d’Alzheimer en passant par le Parkinson.

Dans le domaine de l’information, tout le monde a accès à la même information en même temps, ce qui va permettre une explosion de la connaissance qui ne restera plus sous le contrôle jaloux des sachants, ce qui veut dire à terme la mort des Universités et la réintroduction de la concurrence dans nos systèmes éducatifs, ce qui sera une bonne, une très bonne chose.

Dans l’ensemble, il n’y a donc pas de raison d’aller se foutre à l’eau.

Si l’on regarde une photo instantanée du monde actuel, on est autorisée à dire que tout va mal. Mais si l’on regarde le film des cinquante dernières années, le scenario est complétement différent. Certes bien des choses vont encore mal, mais bien d’autres s’améliorent à toute vitesse, telle l’espérance de vie ou la vieillesse en bonne santé…

Et bien sûr, les journalistes et les marxistes culturels ne vous parlent que la photo instantanée et jamais du film.

Ce qui m’amène en conclusion à ce qui s’est détérioré depuis ma jeunesse et ici la réponse est simple.

Le lien de confiance qui unissait les gouvernants et les gouvernés s’est complétement effondré et nos sociétés souffrent d’un grave dysfonctionnement politique.

Et donc, si nous devons avoir une crise grave, cette crise sera de nature politique et non pas économique.

Comme je l’ai souvent écrit, la démocratie représentative est apparue avec la révolution industrielle avec laquelle elle était comme l’envers et l’endroit d’une même pièce de monnaie. Hélas, cette forme de démocratie semble être incompatible avec une société de la connaissance. Il nous faut donc passer à la démocratie directe avec le referendum d’initiative populaire ou RIP. C’est, je crois, la seule façon de se débarrasser des politiciens professionnels qui gouvernent en s’appuyant sur la dictature des minorités soutenues par les media officiels.

La révolution du Brexit est arrivée en Grande-Bretagne grâce à un referendum « octroyé, à contre cœur » au peuple par le Parti Conservateur qui était en train d’être détruit par Nigel Farage et Il a fallu quand même trois ans pour que la voix du Souverain soit enfin entendue.

Inutile de souligner en conclusion que l’Europe que l’on nous propose comme projet n’a qu’un objectif : éloigner le pouvoir du Peuple pour le confier à des gens non-élus. C’eut été une bonne idée (peut-être) en 1920 et encore…

En 2020 c’est tout simplement une billevesée anachronique.

Ce qui m’amène à mon habituelle conclusion financière.

Les solutions à nos problèmes viendront comme toujours de la liberté laissée à chaque individu et donc de l’ingéniosité humaine, jamais des gouvernements et des états.

Vos investissements doivent donc être effectués dans le système capitaliste et non pas dans le système marxiste et bien sur dans les pays qui favorisent le premier et essaient de démanteler le deuxième.

Rien de nouveau donc depuis la fin du XVII -ème siècle. Si vous vous sentez une âme de révolutionnaire, devenez chef d’entreprise.

 


Si vous avez aimé la crise des retraites, vous allez adorer celle des assurances vie.

Les Français, n’ayant guère confiance dans la capacite du personnel politique à réfléchir à long terme se doute depuis bien longtemps que l’Etat sera tout à fait incapable de leur servir les retraites promises, et donc, en bonnes petites fourmis qu’ils sont, ont pris la décision depuis bien longtemps de se mettre à épargner autant qu’ils le pouvaient pour s’assurer de vieux jours pas trop calamiteux.

Le problème est que l’Etat, bien conscient de cette demande sous-jacente créée par sa propre incompétence, leur a offert un produit accompagné d’avantages fiscaux considérables pour que ces mêmes français lui confient leur épargne qui a été de ce fait investie en obligations de l’Etat Français, communément appelées OAT, au travers d’un système très avantageux fiscalement appelé « l’assurance-vie ».

Comme je l’ai souvent écrit dans le passé, épargner parce que l’Etat Français ne sera pas en capacité de payer les retraites qu’il a promises me semble être une bonne, une très bonne idée.

Mais par contre, confier cette épargne à celui dont on veut se protéger d’une inéluctable faillite me parait être complètement stupide.

Aussi, depuis des années, je dis aux lecteurs de sortir de ce piège à rats aussi vite qu’ils le peuvent, mais il n’en a rien été jusqu’à maintenant (ce qui montre que je suis lu par trop peu de personnes), puisque les encours de ce produit à ce jour se montent à environ 1700 milliards d’euros, ce qui est gigantesque.

Comme je l’ai déjà indiqué, cet argent est investi dans les obligations de l’Etat Français et pour être honnête intellectuellement, depuis sa création, il a plutôt bien fonctionné rapportant entre 4 % et 6 % par an, libres d’impôts.

Mais hélas, tout à une fin.

Depuis cinq ans (je fais le calcul en me basant sur le rentabilité totale (coupon + gain en capital dû à la baisse des taux), cette rentabilité est tombée à 1. 6 % par an en moyenne, ce qui couvre à peine l’inflation.

Voila qui n’est guère satisfaisant, mais les choses vont devenir pires, bien pires.

J’essaie de ne jamais faire de prévisions, mais là je vais être obligé de me lancer. Aujourd’hui l’OAT à dix ans a un rendement de…0 % et depuis cinq ans, pour « sauver » l’euro, la BCE en achetant à tour de bras des obligations a fait passer les rendements de l’OAT de 2 % a 3 %, où ils étaient, à 0 % voire à -0.4 % pendant l’été 2019.

Comment voulez vous que votre contrat d’assurance vie investi en obligations de l’état vous rapporte quoique ce soit si les taux sont à zéro ?

Et donc voici ma prévision : quand le stock d’obligations achetées il y a six ou sept ans à l’époque où les taux étaient encore normaux sera épuisé, je suis absolument CERTAIN que la VALEUR de vos actifs dans votre assurance-vie va baisser chaque année au moins du montant des frais de gestion et d’administration supportés par votre contrat…

Explication

Comme je l’ai souvent écrit des taux d’intérêts à zéro ou encore pire, négatifs sont une incongruité économique sans précèdent historique, puisque, comme je l’ai expliqué aussi dans le passé, les taux d’intérêts servent à compenser l’épargnant contre l’incertitude du futur. Et donc, logiquement, des taux négatifs ou nuls signifient que le futur est plus certain que le présent, ce qui ne peut pas être.

Et comme je ne cessé de faire remarquer, ces taux ont été imposés par la BCE pour « sauver » le soldat euro d’une implosion économique de l’Italie, voire de la France ou de l’Espagne et le coût de cette manœuvre imbécile devait être porté par …l’épargnant europeen en général et français en particulier.

Nous y sommes.

Mais il y a pire, bien pire…

Un système capitaliste ne peut fonctionner QUE si le CAPITAL a un prix de marché, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui en Europe et donc rien ne marche puisque nous nous retrouvons en Union- Soviétique

Il va donc falloir qu’un jour, inévitablement, les taux d’intérêts remontent.

Et donc, je me suis posé une question qui devrait intéresser les lecteurs : quelle sera la BAISSE de la valeur de leur assurance vie si les taux d’intérêts dans les dix ans qui viennent remontent de 0 % à 1 %, ou de 0 % à 2 %, ou à 3 % ou à 4 % ou à 5 %…

Pour arriver à un résultat significatif, je commence le calcul de la valeur d’un portefeuille théorique investi dans une OAT à duration constante à 10 ans (terme barbare qui veut dire que l’investisseur est investi tout le temps dans une obligation à 10 ans), en janvier 2010, il y a 10 ans et je le termine le calcul en janvier 2020, dans 10 ans.

Celui qui aurait mis 63 euros dans une assurance vie en Janvier 2010 aurait aujourd’hui 100 euros si son contrat avait suivi le parcours d’une OAT à 10 ans à duration constante. Comme les taux sont passés dans les dix dernières années de 3. 5 % à 0 %, voilà qui a permis des gains en capital importants compensant la baisse des rendements (de 3.5 % à 0 %). La valeur des actifs dans une telle assurance-vie aura donc monté de 59 %, ce qui est très bien.  Remarquons que dans ces calculs, je ne prends pas en compte les frais de gestion ou d’administration.

Venons-en aux dix ans qui viennent et faisons l’hypothèse que les taux d’intérêts ne PEUVENT plus baisser puisqu’ils sont déjà à zéro et posons-nous la question : que va-t-il se passer ?

Voici la réponse.

Dans les cas le PLUS FAVORABLE, notre investisseur est CERTAIN de voir son portefeuille[CG1] rester   à 100 si les taux restent à zéro, dont il faudra déduire chaque année les frais de gestion, ce qui l’amènera à 95 et, dans le cas le plus défavorable où les taux se retrouveraient à 5 %, le portefeuille baisserait de 15 % en valeur et si je rajoute les frais il se retrouvera à 20 % de baisse en dix ans.

Et donc, dans le meilleur des cas, il perd 5 % sur les 10 ans qui viennent, et dans le pire, il perd 20 %.

EN CINQUANTE ANS DE CARRIERE, C’EST LA PREMIERE FOIS QUE JE ME TROUVE DEVANT UN INVESTISSEMENT OU JE SUIS CERTAIN DE PERDRE.

Voilà qui est étrange…

Et cette réalité va avoir des conséquences importantes sur l’économie.

Je m’explique.

Comme je l’ai mentionné déjà, les encours de l’assurance vie en France se montent à 1700 milliards d’euros.

Sur les 10 dernières années, admettons que la moyenne des encours ait été de 1500 milliards sur lesquels les épargnants « touchaient » mettons 4 %.

Ces 4 %, c’est-à-dire (1500* 4) /100 soit 60 milliards d’euros se retrouvaient d’une façon ou d’une autre dans le pouvoir d’achat des français et donc dans la consommation.

C’est fini. Cette rente va disparaitre et elle n’est pas près de revenir.

Dans les dix ans qui viennent, le pouvoir d’achat des détenteurs d’assurance vie va donc inéluctablement baisser d’un chiffre compris entre 60 milliards et 85 milliards, car il faut ajouter à cette disparition de la rente la perte en capital qui ne va pas manquer de se produire et que l’on peut chiffrer entre cinq et 25 milliards d’euros.

En pratique, les taux à zéro ou négatifs ne sont donc rien d’autre qu’une immense augmentation des impôts sur le secteur privé et l’épargne de la classe moyenne, rendue inévitable à cause de l’euro. Et quand je pense que les retraités français sont les plus opposés à une sortie de l’euro, je ne peux m’empêcher d’être atterré par tant d’inculture économique.

Et comme toute augmentation des impôts sur l’épargne a toujours et partout été suivie d’une récession, je suis à peu près certain que le déficit budgétaire français va exploser dans les années qui viennent dès que la récession, créée par les taux zéro arrivera et que donc l’offre d’obligations françaises va beaucoup, beaucoup augmenter.

Continuons à dérouler le raisonnement.

Devant un tel état de fait, il me parait tout à fait évident que les détenteurs d’assurance vie vont vouloir changer de placements pour sortir de cette nasse où ils ne peuvent que perdre. Ils vont donc vouloir VENDRE leurs obligations.

Voila une très bonne idée, qui appelle une question cependant.

A QUI vont-ils les vendre ? Une partie sera sans doute achetée par la BCE, mais le reste ?

Que le lecteur ne se fasse aucun souci : le gouvernement a déjà tout prévu tant il est vrai que gouverner c’est prévoir !

Dans le cas où il n’y aurait plus d’acheteur pour les obligations françaises, une loi déjà passée depuis un grand moment dispose que les conditions qui permettent le remboursement de l’assurance-vie à tout moment ne s’appliqueront plus.

En termes simples, les détenteurs d’assurance-vie n’auront plus accès à leur capital jusqu’à ce que les marchés reviennent à l’équilibre (Inutile de préciser : à  un cours beaucoup plus bas), ce qui revient à dire que leur capital sera purement et simplement nationalisé sans qu’aucune compensation ait lieu.

Voila qui me parait à peu près certain aujourd’hui.

Conclusion

Je connais bien l’un des meilleurs gérants de fonds britanniques, dont je tairai le nom ici, qui dit toujours que quand une panique se profile à l’horizon, il vaut mieux être le premier à paniquer que le deuxième.

  • Mon premier conseil est donc, si vous avez une assurance vie, c’est maintenant qu’il faut paniquer. Demain il sera peut-être trop tard.
  • Mon deuxième conseil est : si vous avez des amis ou de la famille qui ont des assurances vie, faites-leur suivre ce papier. Ils vous en seront peut-être reconnaissants, quoique Sacha Guitry ait eu l’habitude de dire « je ne sais pas pourquoi ce jeune homme m’en veut, je ne lui ai jamais rendu service ».
  • Mon troisième conseil : si vous avez des actions, n’oubliez pas ce que je ne cesse d’écrire depuis longtemps : n’ayez RIEN qui touche de près ou de loin au système financier ou qui dépende de l’état et de ses commandes.
  • N’oubliez pas aussi qu’un dépôt dans une banque est un PRET que vous avez consenti à cette banque et que prêter de l’argent aux banques en ce moment n’est pas une très bonne idée puisqu’elles aussi sont bourrées d’obligations d’état.
  • Et pour ceux qui sont à un âge ou ils doivent rester rentiers, à mon avis, il vaut mieux avoir des obligations britanniques, suédoises, américaines et chinoises que des obligations de la zone euro.

Nous sommes gouvernés depuis trente ans par des fous qui ont « un projet politique » de construire un état européen, Les désastres s’accumulent et leur but est d’empêcher tout mouvement a la surface des choses.

Ils seront donc emportés par un tsunami

 

 

 


Nous vivons une époque révolutionnaire

« Puissiez-vous vivre dans une époque intéressante », telle est la malédiction chinoise. Le moins que l’on puisse dire est que notre époque est en effet « intéressante ». Mais est-elle vraiment révolutionnaire ? En bon marxiste, je le crois.

Que nous dit en effet Marx ?

Que l’infrastructure économique détermine à terme la superstructure politique.

Par exemple, la première révolution économique eut lieu quand l’humanité passa de la chasse et la cueillette à l’ agriculture et du nomadisme à la sédentarisation. Et de ce passage naquirent la ville, le droit de propriété, la diplomatie, l’écriture (pour les contrats), la comptabilité, les impôts etc… Et Caïn, le citadin assassina Abel, le nomade, ce qui constitue bien une révolution.

Rien ne change pendant des millénaires. Survient la révolution industrielle en Grande-Bretagne avec l’invention de la machine à vapeur.

Le pouvoir politique passe des mains des propriétaires terriens aux nouveaux créateurs de richesse et à leurs employés avec l’émergence du suffrage universel, des syndicats et des partis et toute l’histoire du XIX -ème et du XX -ème siècles se résume à la façon dont ce transfert s’est passé, en bon ordre en Grande-Bretagne, dans le désordre le plus affreux en Russie où Caïn, naturellement assassin, s’en est donné à cœur joie.

Depuis des années, j’explique que nous sommes en plein dans la troisième révolution dans l’histoire de l’humanité puisque nous entrons dans une nouvelle économie, celle de la connaissance (voir mon livre : “C’est une révolte, non Sire c’est une révolution”). Et pour continuer dans mon marxisme primaire, cela ne peut pas ne pas amener à une révolution politique.

Et donc nous sommes en train d’assister aux désordres qui accompagnent partout et toujours l’émergence d’un nouvel ordre politique quand il y a contradiction entre l’ancien ordre politique et le nouvel ordre économique, les anciens, contrôlant l’état s’accrochant à leurs privilèges alors même qu’ils n’ont plus lieu d’être puisqu’ils ne créent plus de valeur.

Je vais d’abord essayer de résumer du mieux que je le peux le nouveau conflit, conséquence de l’émergence de la nouvelle économie avant que d’en venir aux solutions pour empêcher Caïn de trop sévir.

Comme toujours, on trouve au centre du conflit la répartition de la valeur ajoutée créée par le système économique.

  • Dans le système industriel, cette valeur ajoutée était créée de façon géographique et donc tombait ipso facto sous le contrôle d’une imposition organisée sous le contrôle d’autorités politiques géographiques elles aussi, c’est-à-dire des états locaux qui se chargeait de la répartition, dans le meilleur des cas en suivant les votes du corps électoral.
  • Ce n’est plus du tout le cas dans une économie de la connaissance où la valeur ajoutée est constituée en fin de parcours par des zéros et des uns dans un ordinateur qui apparaitront là où le créateur de cette valeur le voudra bien, c’est-à-dire souvent là, et tout à fait par hasard, où la pression fiscale sera la plus basse.
  • Hélas, nous restons « encombrés » avec l’outil qui historiquement répartissait « politiquement » l’ancienne valeur ajoutée et qui se retrouve ayant fait de nombreuses promesses et chargé de multiples obligations mais n’ayant plus accès à la valeur ajoutée créée par le nouveau système de production.

Et donc, nous avons une contradiction essentielle entre le système politique actuel, fruit du passé, et le système économique d’aujourd’hui et nous sommes donc devant un très beau cas de création destructrice pour parler comme Schumpeter, la destruction affligeant cette fois non pas des sociétés industrielles ou commerciales mais les états eux-mêmes qui ne peuvent plus assumer les obligations nouvelles qu’ils s’étaient créées petit à petit depuis la première guerre mondiale environ.

Je n’aime guère ce que je viens d’écrire, mais je ne suis pas là pour signifier mes préférences mais pour tenter d’expliquer ce qui se passe et je crois que sur le diagnostic, il n’y a pas grand-chose à dire. Il est hélas de plus en plus évident. Enormément de coûts historiques et de moins en moins de recettes, telle est la réalité pour les états sociaux-démocrates.

Quelles peuvent bien être les solutions va me demander le lecteur à ce point du raisonnement ?

La première question à laquelle il nous faut répondre est non pas ce qu’il faut faire, mais QUI va le faire. A cette question il y a deux réponses possibles.

  1. Puisque nous sommes dans une société de la connaissance, autant laisser faire les sachants et laisser le champ libre aux technocrates, ce qui suppose la fin de la démocratie. Je pense à la Chine.
  2. Puisque tout le monde a accès à l’information, autant laisser faire tout le monde et passer à la démocratie directe et rendre le Pouvoir au Souverain, le Peuple. Et je pense à la Suisse

Bien entendu, ma préférence va à la démocratie directe.

Ce qui semble certain, c’est que la démocratie représentative organisée en deux blocs, l’un représentant la Nation éternelle (la droite), et l’autre, le Peuple (la gauche), est condamnée tant la ligne de fracture entre ceux qui bénéficient de rentes indues passe en plein milieu de chacun des deux groupes, et c’est ce que l’on a vu en Grande-Bretagne récemment. De fait, la droite a trahi la Nation et le gauche le Peuple, ni l’une ni l’autre ne pouvant faire autrement, ce qui laisse des choix bien peu excitants aux électeurs.

La deuxième question, une fois que l’on a répondu à la première est : Une fois que l’on a transféré le pouvoir soit vers la technocratie soit vers le referendum, que faire ?

Il est certain que si l’on laisse le pouvoir à la démocratie représentative qui ne peut qu’arbitrer à la marge, rien ne sera fait et la seule solution sera de continuer à emprunter pour compenser les recettes fiscales disparues. Voilà qui nous amènera inéluctablement à une révolution politique violente à l’issue très incertaine comme nous en avons eu de très nombreux exemples dans l’histoire. Nous commençons à en voir les prémisses dans notre pays où la solution technocratique est visiblement en train d’échouer (en train me parait être la bonne expression), tout simplement parce qu’elle n’est pas légitime. Tous les contrats passés avec ce débiteur insolvable qu’est l’état seront donc sans valeur et la crise économique à venir ne sera donc pas la crise finale du capitalisme, et la j’abandonne Marx, mais bien celle de la faillite des états sociaux-démocrates qui n’auront pas su se reformer.

La seule solution « libérale » est en fait de rendre le pouvoir au Peuple en lui demandant d’arbitrer, par des référendums, les inévitables conflits qui ne vont pas manquer d’avoir lieu.

Heureusement nous avons des exemples historiques sur la façon de procéder.

Prenons la Suède qui fit littéralement faillite en 1992 (j’aurais pu prendre aussi le Canada à partir de 1994, ou la Grande-Bretagne en 1979, qui avait fait faillite en 1977).

Les Suédois sont particulièrement attachés à un mode de décision collectif et consensuel. De grandes discussions eurent lieu après 1992 pour savoir comment sortir du trou dans lequel ils s’étaient collés, et bien sur ils ne demandèrent rien ni au FMI ni à l’Europe, mais constatèrent qu’un certain nombre de secteurs étatisés étaient gérés au profit de ceux qui y travaillaient et pas du tout au profit des usagers et l’un de ceux-ci était l’éducation, au moins aussi centralisée qu’en France aujourd’hui,

Et les trois questions suivantes furent posées à la population

  • Etes- vous d’accord pour que TOUS les petits suédois aient une éducation de qualité ? Réponse, oui bien sûr.
  • Etes-vous d’accord pour que cette éducation soit payée par les impôts ? Réponse, oui bien sûr
  • Etes-vous d’accord pour que cette éducation soit dispensée par des fonctionnaires étatiques ? Réponse… Euh, pas vraiment.

Et donc, si sept familles veulent créer une école indépendante, elles le peuvent et chaque enfant dispose d’un coupon éducation à présenter à l’école de son choix, le rôle de l’éducation nationale étant confiné à trois missions : définir les programmes, vérifier que chaque école les applique et maintenir des écoles là ou personne ne veut aller.

Nous sommes passés d’un Etat producteur (souvent un désastre) à un état prescripteur en permettant aux familles de disposer à leur guise d’une partie des impôts qu’elles ont payés. La pression fiscale ne baisse pas, mais chaque suédois retrouve une certaine liberté sur la façon de dépenser ses contributions, et l’argent public ne finance plus de rentes ce qui est une forme de démocratie directe.

Les Suédois ont rétabli la concurrence dans l’éducation sans y réintroduire l’argent, ce qui est brillant.

Les mauvais professeurs ne trouvent pas de boulot et doivent trouver autre chose à faire, les bons professeurs sont augmentés, ce qui attire les esprits les plus brillants et les plus motivés, les enfants sont les grands gagnants, l’immobilier et donc les impôts locaux montent là où il y a de bonnes écoles et toutes les rentes indues sont supprimées sans que quiconque puisse crier à l’injustice.

Et les mêmes idées ont été appliquées aux retraites, aux transports publiques, à la fonction hôtelière des hôpitaux et que sais-je encore et bien sûr le peuple suédois a refusé par referendum de rentrer dans l’euro (malgré l’opposition de tous les sachants), ce qui fait qu’aujourd’hui il n’y a plus ni déficit budgétaire ou extérieur, les entreprises suédoises sont en pointe dans tout ce qui est l’économie de la connaissance, il n’y a pas de chômage, personne ne se fait du souci pour sa retraite et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes nordiques.

Signalons en passant que les soi-disant réformes de monsieur Macron, loin de favoriser la concurrence la fait disparaitre, loin de pousser à la décentralisation la renforce, et l’on comprend que les gens soient dans la rue puisqu’on leur offre une fois de plus le même brouet infâme : de plus en plus de pouvoir pour les technocrates avec moins de retraite ou de remboursements pour les cotisants tandis que les déficits publics explosent.

La solution est donc toute simple pour le futur

  • Le gouvernement doit identifier tous les domaines où l’économie de la connaissance ne peut se développer que localement, ce qui n’est guère difficile (Pas la peine de s’intéresser à des gars qui vont faire apparaitre leurs profits en Irlande ou au Panama, ils se débrouillent très bien de toutes façons). Je songe à l’éducation, à la santé, au tourisme (qui pourrait exploser en France si le cout du travail baissait), aux transports, à la gestion de l’épargne, aux métiers d’art, au patrimoine historique (cf. Le Puy du Fou) …
  • Dans tous ces domaines, l’état doit cesser d’être producteur pour devenir prescripteur et il faut abolir de toute urgence le ministère de la Culture.
  • Voilà qui règlerait le problème du chômage et donc des retraites en cinq ans au maximum.
  • Les recettes ainsi dégagées iraient au renforcement du domaine étatique régalien, c’est-à-dire, l’armée, la police, la diplomatie (on pourrait fermer en plus toutes les ambassades européennes qui ne servent à rien pour les remplacer par des lycées français partout) et surtout, surtout la justice en introduisant un amendement constitutionnel interdisant aux juges (comme c’est le cas pour les militaires) de se syndiquer.
  • Et enfin, introduire un autre amendement, constitutionnel lui aussi, autorisant le référendum d’initiative populaire et exigeant que tout budget voté en déficit par le parlement, la région, le département ou la commune soit automatiquement l’objet d’un tel référendum.

Si les Suédois, les Canadiens, les Britanniques l’ont fait, pourquoi pas nous ?

Le temps commence à presser. Mais je crains que ce ne soit pas avec ce Président et que nous aurons perdu cinq ans, une fois de plus.

 


Trump contre l’État profond. Le rapport Horowitz et ses suites.

Avant-propos

Cet article est mon dernier article de 2019. Je profite de cette occasion pour souhaiter à tous nos lecteurs de ma part, de celle d’Emmanuelle et de tout le monde à l’IDL, un joyeux Noel et une bonne et heureuse année 2020.

Charles Gave 

Trump contre l’État profond. Le rapport Horowitz et ses suites.

Depuis bien avant son élection, le Président Américain est en guerre contre ce qu’il est convenu d’appeler « l’État profond US» c’est-à-dire le FBI (la police fédérale), la CIA (les renseignements extérieurs), la NSA (tout ce qui tient à l’espionnage électronique), une bonne partie de l’appareil diplomatique (les diplomates de carrière), le parti Démocrate, les media, les Rinos (Republican In Name Only, supporters de Bush père et fils)… ce qui, chacun en conviendra, fait beaucoup de monde.

Et tous ces gens étaient au fond tout à fait d’accord pour que des hommes du FBI espionnent et la campagne présidentielle de Trump et surtout le Président des USA une fois élu, en flagrante contradiction avec les lois et règlements qui régissent leurs activités dans l’espoir que ces Dupond et Dupont trouveraient bien quelque chose qui les débarrasserait de cet importun.

Hélas (pour eux), au début 2018, après les élections au Congrès, un nouveau ministre de la Justice, monsieur Barr, remplaça le très incompétent monsieur Session, et cet  homme éminemment honorable, après le rapport Mueller qui innocentait le Président,  prit la décision de demander que monsieur Horowitz, l’inspecteur général du FBI, mène une enquête interne au FBI pour savoir QUI avait ordonné que le candidat, puis le Président Trump et son entourage soient mis sur écoutes mais aussi COMMENT ces écoutes avaient été menées et si les procédures avaient été respectées.

L’inspecteur général du FBI est celui dont le rôle est de vérifier que le FBI respecte la loi. Il a un grand pouvoir d’enquêtes à l’intérieur du FBI mais ne peut poursuivre ses recherches vers d’autres services (la CIA par exemple). Qui plus est, il ne peut pas faire témoigner les gens sous-serment et ne peut inculper quiconque. Tout au plus peut-il « recommander » qu’un juge, nommé à cet effet inculpe, ou encore que ce juge fasse témoigner les suspects sous-serment, ce qui n’est pas rien. Chacun sait en effet que mentir sous serment devant un juge aux USA, peut amener le prévenu à passer le reste de sa vie en tôle, ce qui tend à limiter les mensonges.

Monsieur Horowitz, le 5 Décembre, a rendu son rapport et il est stupéfiant.  Je vais essayer de résumer les quelques points forts de ce rapport de près de 500 pages.

Le motif de ceux qui ont mis Trump sous écoute était que Trump aurait été un agent Russe et que Poutine, ayant des informations compromettantes sur Trump, celui-ci aurait été dans le fond un traitre. Comme “preuve de cette affirmation”  un dossier, fourni par un ancien agent des services secrets britanniques en poste à Moscou pendant longtemps.  Les frais pour constituer ce « dossier », préparée par une société qui s’appelait Fusion GPS avait été payés par nulle autre que la candidate Démocrate à la présidentielle, madame Clinton. Et à l’intérieur de cette société, la personne parlant le Russe et qui avait été la cheville ouvrière de la préparation du dossier n’était autre que …l’épouse du numéro trois du FBI, chauds supporters de madame Clinton tous les deux.

Et c’est ce dossier qui fut utilisé par le FBI pour solliciter auprès de l’administration compétente la mise sur écoutes d’un certain nombre de supporters de Trump qui participaient volontairement à sa campagne et qui tous avaient des liens avec la Russie. Et l’un d’entre eux, qui avait des liens avec la Russie mais travaillait en fait pour la CIA et rendait compte de tous ses entretiens avec des Russes à ses chefs.

Il faut savoir que pour obtenir une mise sous-écoutes d’un citoyen américain, il faut que les présomptions soient très sérieuses et que toute mise sur écoute doit être autorisée par un juge dont personne ne connait le nom, celui qui demande le contrôle jurant que toutes les informations remises au juge sont authentiques et vérifiées.

Or tous les chefs du FBI se doutaient que le fameux dossier était un tissu de mensonges monté par un ancien du MI6 complètement mythomane et corrompu, le fameux monsieur Steele. Ce qui n’a pas empêchés les patrons du FBI de jurer sur l’honneur que ce dossier était valable et crédible. Qui plus est, pour l’agent de la CIA volontaire dans la campagne de Trump et mis sur écoute par le Juge, le FBI avait reçu l’information que cet homme, ancien officier de marine, appartenait bien à la « MAISON », ce qui n’avait pas empêché l’un de ces dirigeants du FBI de changer le texte de l’email de la CIA pour indiquer que notre ancien marin ne faisait PAS partie de la CIA.  Ce qui est un crime aux USA puisque si un policier ne fournit pas les informations à décharge qu’il aurait collecté au juge lors d’une enquête, alors il s’agit d’une forfaiture passible de la prison à vie.

Et le plus étonnant est ce qui va suivre.

D’après monsieur Barr, à partir de Janvier 2017 au plus tard, TOUS les dirigeants sans exception aussi bien du FBI que de la CIA SAVAIENT que le dossier était un faux grossier et savaient aussi que monsieur Trump n’était en rien un agent Russe. Et portant ils ont continué à se servir de ce dossier pendant encore un an pour continuer à demander des écoutes qui bien sûr ne trouvaient rien.

Et quand monsieur Comey, le grand patron du FBI fut enfin viré par le Président Trump, il fit immédiatement « fuiter » au New-York Times les notes sur toutes les conversations qu’il avait eu avec le Président pour donner l’impression qu’il avait été viré parce qu’il était sur le point de prouver que Trump était un espion Russe.

Ce qui était triplement criminel, puisqu’il savait qu’il n’en était rien, que ces notes ne lui appartenaient pas mais appartenaient au gouvernement, et que faire passer des informations soumises au secret défense est un crime.

Et c’est cette présomption qui déclencha une vraie tempête à Washington et c’est sur cette présomption qu’un procureur indépendant, monsieur Mueller, fut nommé par le Congrès.

Et donc monsieur Comey a manœuvré pour que le Président élu soit l’objet d’une enquête qui dura plus de deux ans alors même qu’il était le premier à savoir qu’il était innocent.

Et pendant ces deux ans, nos maitres espions continuèrent donc à espionner dans l’espoir qu’enfin ils trouveraient quelque chose contre monsieur Trump, ce qui leur aurait permis de le faire tomber. Mais hélas pour eux, rien ne sortit, ni du dossier, ni des écoutes.

Mais par contre, monsieur Horowitz lui a levé quelques gros lièvres.

D’abord il a trouvé beaucoup de choses tout à fait irrégulières comme dix-sept cas de manœuvres inexplicables de la part des agents du FBI, TOUTES à charge contre le Président et aucune à sa décharge, ce qui est statistiquement troublant.

Monsieur Comey dit depuis deux choses pour s’en expliquer (jusque-là, il avait toujours refusé de reconnaitre la moindre erreur).

  • D’abord il insinue que ces erreurs étaient des peccadilles involontaires, ce qui n’est guère crédible puisqu’elles vont toutes dans le même sens et que c’était tout sauf des peccadilles.
  • Ensuite, qu’en tant que grand chef, il n’avait pas le temps de s’occuper de détails dans une affaire secondaire, ce qui est encore plus ridicule tant espionner le Président élu dans l’espoir de le faire tomber est loin d’être une affaire courante, du moins je le souhaite.

Dans son rapport, monsieur Horowitz ne « s’explique » donc pas pourquoi les écoutes ont continué après Janvier 2017, alors que tout le monde savait que le dossier était un faux et a beaucoup de mal à comprendre que les chefs du FBI aient continué à demander des écoutes sur des citoyens américains alors que tous savaient que le dossier était un faux, la seule pièce à charge étant le fameux dossier.

Ce qui est certain, c’est que le rapport Horowitz est sorti et qu’il embarrasse beaucoup de monde dans les coulisses de l’état profond US.

Mais nous disent les journalistes des media officiels, monsieur Horowitz, qui aurait pu demander que tel ou tel haut gradé du FBI soit mis en examen ne l’a fait que pour un homme, celui qui avait falsifié le document indiquant que l’une des personnes mises sous écoutes faisait partie de la CIA. Pour les autres, les preuves ne seraient pas suffisantes. Et la presse s’est bien entendu jetée sur cette affirmation, en disant que « puisqu’il n’y avait pas de recommandation d’inculpation il n’y avait pas de crime. »

Mais dans les dix minutes qui suivirent la publication de ce rapport, deux vrais poids lourds, messieurs Barr et Dirham mirent les choses au point.

D’abord, monsieur Barr, le ministre de la Justice fit savoir que la seule chose sur laquelle Horowitz pouvait enquêter était le FBI, qu’il n’avait pas le pouvoir de requérir des documents privés et qu’il ne pouvait suivre des pistes qui le mèneraient vers d’autres organisations gouvernementales comme la CIA par exemple et que donc son rapport n’était que très partiel et que les vraies pistes étaient suivies par le procureur Durham chargée de traiter le dossier sur le plan criminel et non pas administratif. Et monsieur Durham, dans la minute qui suivait, fit savoir à son tour que ce dossier ne valait en aucun cas acquittement, et qu’il aurait plus, beaucoup plus à dire, en temps voulu. Ce que confirma monsieur Barr dans une interview la semaine dernière où il annonça que l’enquête de Durham serait terminée et rendue publique quelque part à la fin du printemps ou au début de l’été.

Bref, il semble tout à fait évident que pour la première fois (?) dans l’histoire des USA, il y ait bien eu complot et que ce complot avait été mené par le Parti Démocrate avec l’aide d’une bonne partie de l’appareil d’Etat alors sous le contrôle de l’administration Obama, le but étant de se débarrasser du Président nouvellement élu puisqu’il ne faisait pas partie de l’état profond et avait annoncé qu’il voulait le faire sauter.

Voilà qui risque de faire des vagues au début de l’été 2020, juste à temps pour l’élection présidentielle… à suivre donc.

Et le maigre contre feu qu’ont trouvé les démocrates pour se dédouaner a été d’organiser un ‘’impeachment »  hâtif et rocambolesque sous deux motifs, le deuxième étant inconstitutionnel, puisqu’il ne peut y avoir d’obstruction du Congrès par le Président d’après la Cour Suprême, tout litige entre les deux pouvoirs devant être réglé devant les tribunaux, en vertu de la séparation des pouvoirs et le premier, l’accusation d’abus de pouvoir, non-prouvé, le Président Ukrainien ayant dit à plusieurs reprises qu’il n’y avait eu aucun « qui pro quo » reliant des ventes d’armes avec une enquête sur Jo Biden, candidat démocrate à la magistrature suprême, les armes ayant été livrées en temps en en heure sans qu’aucune enquête ne soit diligentée en Ukraine sur l’ancien Vice-Président Américain.

Il s’agit donc de la première fois où un Président est « impeached » sur de simples soupçons…et sans que rien n’ait été prouvé tout simplement parce que les Démocrates ont la majorité à la chambre des représentants, et ont voté pour déposer le Président, ce qui est complétement contre l’esprit même de la Constitution qui précise que le Président n’est PAS responsable devant le Congrès sauf en cas de trahison ou de conduite criminelle, ce qui n’a pas été prouvé.  Et le plus curieux est que ceux qui l’accusent sont sans doute ceux qui ont commis de vrais crimes et que ces gens-là sont soutenus par toute la presse. Nous vivons décidément dans un monde bien étrange.