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En juin 2012, pour la première fois,11 députés ont été élus dans de larges circonscriptions territoriales, hors de France, avec un faible taux de participation électorale, de 10 à 20%, en dépit de la possibilité  de vote par internet.

Ce scrutin, suite à une révision constitutionnelle adoptée en 2008, devait améliorer la représentativité politique des citoyens français présents dans le monde et souvent contribuant de manière significative au rayonnement économique et culturel de notre pays.

Auparavant ils n’étaient représentés qu’au niveau d’une assemblée consultative qui elle-même élisait un certain nombre de sénateurs dédiés aux intérêts des Français établis hors de France.

Accessoirement le gouvernement de l’époque pouvait espérer, sur la base des résultats historiques des consultations électorales, recueillir la quasi-totalité des sièges nouvellement créés.

Pourtant au second tour de juin 2012, la gauche et singulièrement le parti socialiste raflait 8 sièges sur 11, dont la première circonscription – Etats Unis Canada – ou le candidat investi par l’UMP contre le souhait de la base, Frederic Lefebvre, était nettement battu après une campagne inepte de quasi candidat officiel.

Pourquoi de manière plus générale cet échec de la majorité UMP sortante ?
En sus d’un vote de cohérence – donner au Président élu les moyens de mettre en œuvre sa politique -, les résultats traduisaient un échec d’une politique systématique de parachutage de candidats déchus de circonscription en France métropolitaine.

Alors que le parti socialiste avait su lui investir des personnes souvent résidents de longue date dans le pays d’accueil, parfois binationaux, et jouissant d’une image d’enracinement et de proximité, les parachutes UMP n’avaient ni réseau ni connaissance des problèmes de leurs compatriotes dont ils sollicitaient les suffrages.

A la suite de l’annulation par le Conseil Constitutionnel des élections dans deux circonscriptions, dont l’Amérique du Nord, nous devrons revoter sans doute en Mai.

Et pourtant la leçon du scrutin de 2012 ne semble toujours pas comprise et intégrée dans certains états majors parisiens, qui investiraient de nouveau en dépit de sa contre-performance constatée quasi unanimement,  le candidat de 2012..

Peut être du seul fait du soutien dont il se prévaut par le Président Sarkozy ?

En tout cas contre l’avis exprime clairement auprès de la direction de l’UMP par les responsables locaux et militants du mouvement et d’autres courants d’opposition, qui prônaient une candidature unique, suggérée localement..

Conséquence prévisible de ce déni d’écoute, sans doute un éclatement des voix au premier tour – en 2012 plus de 20 candidats s’étaient présentés au premier tour -  avec au second tour de mauvais reports, qui combines à la forte abstention, avaient produit un résultat clair et sans contestation possible pour la candidate du parti socialiste.

Au moment où j’écris ce billet, la décision finale des instances nationales de l’UMP n’a pas encore été publiée,  mais si d’aventure elle se confirmait  des militants , quelques dirigeants locaux du mouvement et nombre de non engages se préparent à soutenir Louis Giscard d’Estaing, ancien député du Puy de Dôme, qui fut Président du groupe parlementaire France Etats Unis, connait bien l’Amérique du Nord, et pourrait recevoir le soutien de l’UDI, du Parti Liberal Démocrate, et à titre individuel, d’un certain nombre d’adhérents UMP frustres par l’autisme de leurs dirigeants parisiens.

Une remarque finale, avec une telle opposition si peu à l’écoute de sa base, en dépit de sa perte de soutien dans l’opinion le gouvernement Hollande a encore de beaux jours devant lui..

Jean-Claude Gruffat

 

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2 Comments

  1. Alexandre M. dit :

    Pourquoi commenter des élections possiblement truquées ?

    Machines de vote électronique, vote par internet…

  2. pHILIPPE DE bEAUMONT dit :

    En tant qu’ancien résident à New York dans les années 80, et actif au sein du RPR local de l’époque, je peux témoigner que les Français de l’Etranger étaient effectivement mal représentés à Paris. La réforme de 2008 qui a créé 11 sièges de députés pour des régions du monde est donc une amélioration. Mais ce sont les Français résidant à l’étranger, structurés comme le le sont, et le plus souvent mal structurés, qui doivent rechercher leurs meilleurs candidats, pour approbation par le comité des candidatures à Paris.
    Jean-Claude Gruffat, réside à New York, et a testé la candidature de Louis Giscard d’Estaing, et ça semble convaincant. Ce qu’il reste à faire, c’est que ce candidat « vende » sa crédibilité au comité ad hoc de l’UMP à Paris. Puisque la campagne de Frédéric Lefebvre a été inopérante en Juin dernier, un changement de candidature semble nécessaire. Puis-je seulement ajouter que si Louis Giscard pouvait inclure dans son emploi du temps quelques mois de résidence en Amérique du Nord, il crédibiliserait sa représentativité des Français de cette partie du monde.

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