FavoriteLoadingAjouter aux favoris

image_pdf

Jeudi dernier la Réserve Fédérale américaine a publié les résultats des tests « d’effort » auxquels sont soumis désormais chaque année les grands établissements bancaires, y compris ceux définis comme « systémiques », à savoir susceptibles par leur faillite de mettre en cause la stabilité des mécanismes de financement de l’économie mondiale.

Selon les paramètres publiés, le superviseur teste les niveaux de perte que subiraient sur un horizon de temps de 9 trimestres un certain nombre d’institutions bancaires ou financières..

Trois types d’institutions sont concernés, avec recoupements :

– 6 banques globales, Goldman, JP Morgan, Morgan Stanley, Bank of America, Wells Fargo et Citi.

– 18 institutions soumises à l’exercice  par la loi Dodd Frank, dont les 6 mentionnées ci – dessus.

– de manière plus générale sont testées les institutions essentielles au financement de l’économie.

Dans tous les cas de figure, l’objectif est de s’assurer que les banques pourront continuer à remplir leur mission avec le minimum de capital requis de 5%, dans 3 cas d’écoles, un scénario de base, un  cas aggravé et une hypothese dite “severely adverse”.

Le test d’effort ici evalue l’impact d’ une chute des marches boursiers de 50%, d’un  chomage eleve à 12%, de l’immobilier commercial, de bureaux et residentiel baissant de 20%, et d’un taux annuel de croissance reduit de 5%.

Non seulement aux Etats Unis mais egalement en Europe, au Royaume Uni, en Asie continentale et au Japon.

Le resultat de ces tests fait certes apparaitre des pertes cumulees sur la periode concernee superieure de $460 milliards – dans l’hypothese extreme – , mais aucune institution sauf Ally Financial ne tomberait en dessous du seuil requis de 5% minimum..

C’est la troisieme fois que les banques americaines sont ainsi confrontees a un exercice transparent et largement commente ici dans les medias.

Lors du premier essai, à un moment critique debut 2009, on s’était gaussé en Europe notamment d’une operation de relations publiques…

Puis les tests ont été conduits deux fois en Europe et ont parfois, dans l’opacite, conforte l’opinion sur l’etat de bonne sante d’institutions qu’il a fallu ensuite renflouer avec le soutien des Etats, donc du contribuable.

Consequence immediate, une frilosite face a des engagements nouveaux et une reduction significative relevee par la Banque des Reglements Internationaux de l’engagement international des banques europeennes notamment francaises.La realite est tout autre ici et conforte bien le sentiment que les banques americaines ont largement nettoye les sequelles de leurs erreurs et peuvent grace a de massives recapitalisations augmenter leurs encours.

D’autres contraintes subsistent ou apparaissent, notamment de la part des regulateurs nationaux qui demandent maintenant que les banques etrangeres soient filialisees et capitalisees au niveau de leurs concurrents nationaux.

Ce qui bien evidemment augmente le cout de financement et est repercute sur l’emprunteur.

Cette balkanisation contribue à perenniser les problemes de financement de l’economie surtout en Europe ou les marches ne representent qu’ à peine un tiers des besoins en capitaux, les banques etant supposées faire le reste.

Notre crise financiere est bien bancaire plus que monetaire et et l’embryon d’Union bancaire adoptee fin 2012 ne contribuera pas la regler..

Seules des recapitalisations massives y contribueront, mais qui souscrira ?

Alors on joue la montre et on lisse..

En comptant que d’ici a 2019 – calendrier previsionnel de Bale III – les banques auront reconstitué leurs fonds propres par mise en reserve de leurs profits nets des prochains exercices.

Auteur: Jean-Claude Gruffat

Jean-Claude Gruffat est, depuis avril 2011, en charge des relations globales avec les filiales de grands groupes européens chez CITIGROUP à New-York. Citigroup où il fût pendant 10 ans au préalable en charge de la gestion corporate and investment banking des équipes en France, en Belgique et au Luxembourg. De 2008 à 2011, il fut président de la chambre de Commerce Américaine. Il est Gouverneur de l'American Hospital à Paris Jean-Claude Gruffat est titulaire d'un doctorat d'Etat en Droit Public ainsi que d' une Maitrise de Science Politique de l’Université de Lyon. Il a également suivi en 1987 le Stanford Executive Program, GSB, Stanford University, Californie.

Partager sur