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Les nouvelles du monde ont été médiocres sur le plan économique cette semaine avec un  indice PMI chinois en dessous des attentes, un très mauvais chiffre d’exportations en Corée, un niveau de production industrielle australien au plus bas depuis le début de la récession et enfin de mauvais chiffres en Grande Bretagne et en Irlande. Seuls les Etats Unis, avec un emploi meilleur que prévu, sauvent cette mauvaise série de statistiques. D’ailleurs, parmi les sociétés de l’indice S&P 500 qui ont annoncé leurs résultats à ce jour, 70% ont fait mieux que ce que les analystes escomptaient. Dans ce sillage le marché américain est au plus haut.

 

La croissance mondiale ne sera pas au rendez vous a écrit Chen Zhao le « managing editor » de BCA. Il est très inquiet. Ce qui l’a conduit à recommander à ses clients de réduire un peu leur exposition sur les Etats Unis et le Japon.

 

Les détenteurs d’obligations seront volés par les états endettés

 

Les gouvernements trop endettés dans le monde , seront incapables de rembourser la totalité des sommes qu’ils ont empruntés. Pour Bill Gross,  le patron de Pimco , premier gérant mondial d’obligations,  ils n’auront pas d’autres solutions que de voler les porteurs d’obligations, ce qui signifie que tous ceux à qui on a prélevé, sur leur bulletin de salaire, des cotisations pour leur retraite n’auront pas la pension qu’ils escomptent. Cette prévision repose sur le fait, très bien documenté sur le plan monétaire, que quand la Federal Reserve Américaine cessera sa politique monétaire ultra accommodante, les taux d’intérêts vont exploser à la hausse et provoquer un krach obligataire.

 

Il n’est donc pas étonnant que de nombreuses institutions détenant de gros portefeuilles obligataires, essayent de trouver des alternatives pour éviter de prendre de plein fouet un krach obligataire. D’ailleurs, la Banque Centrale d’Israël qui avait décidé il y a presque deux ans d’investir jusqu’à 4% de ses réserves de change  en action américaines a décidé de porter le pourcentage à 6%, en achetant surtout des actions de sociétés européennes.

 

En Europe, essayer de faire croire, comme le fait Paul Krugman dans Le New York Times En tant que représentant en chef des keynésiens aux Etats Unis , il estime que  les politiques d’austérité menées en Europe seraient le résultat d’une erreur de calcul dans un tableau Excel de Kenneth Rogoff et Carmen Reinhart,  économistes à  Harvard. Un professeur d’économie, détenteur du prix Nobel d’économie ne devrait pas se laisser aller à des simplifications aussi caricaturales dans un article destiné au grand public…  

 

En Espagne et en Italie le rendement des obligations d’état à 10 ans sont respectivement à 3,8% et 2,9%. Cette situation bizarre ne peut s’expliquer pour Chris Wood, stratégiste chez CLSA à Hong Kong que par le fait que Mario Draghi va se lancer dans une  véritable politique de « quantitative easing » après les élections allemandes de septembre.

 

La France devrait connaître un véritable désastre économique

 

En France, François Hollande n’a pas la partie facile, entre les chefs d’entreprise qui attendent de l’état une diminution des dépenses publiques, les dirigeants européens qui ont pour objectif un déficit budgétaire pas supérieur à 3%, un Parti Socialiste qui se déchire sur l’attitude à adopter vis à vis de l’Allemagne, une opposition qui souhaite une politique économique plus libérale et enfin une gauche de la gauche qui souhaite tout le contraire.

Pour les experts du Hollandisme comme Elie Cohen directeur de recherche au CNRS, cette politique s’appelle « la ligne de crête », une sorte de juste milieu à équidistance entre l’austérité et la relance. Pour le moment, ce à quoi nous assistons ce n’est pas une ligne de crête mais une ligne de descente ou probablement une ligne de fuite, qui débouche dans une impasse, car en période de croissance zéro c’est tout le financement de l’Etat Providence qui est remis en cause.

 

Pour changer les anticipations des agents économiques, il aurait été nécessaire de procéder à une thérapie de choc, pas à des mesures partielles qui manquent totalement de cohérence…Cela a eu pour résultat d’ajouter une grave crise d’autorité à une crise de confiance…

 

La France est devenue le pays qui a  le taux d’impôt sur les sociétés le plus élevé d’Europe. La charge fiscale est désormais  40% plus élevée qu’aux Etats Unis et au Japon. Cette situation ne peut qu’aboutir, au cours des prochains mois, à la destruction massive d’emplois dans l’économie française.

 

Un Président de la République ne peut pas tenir en permanence un double langage comme cela s’est encore produit cette semaine. Annoncer des mesures en faveur des entrepreneurs et laisser dans le même temps le PS déposer un projet de loi baptisé Florange sur la cession de sites non rentables, puis faire relancer par un ministre la « class action » à la française.

 

Nous allons vers un véritable désastre français estime Charles Gave de GaveKal. La France va entrer dans une véritable récession avec un niveau de dette très élevé. Les mesures annoncées par François Hollande pour les entrepreneurs sont bien insuffisantes et arrivent beaucoup trop tard.

 

L’assurance européenne plus attractive que les banques

 

L’assurance européenne est le secteur préféré  de Andy Garthwaite du Crédit Suisse. Le secteur se paye selon lui 0,8x l’actif net comptable alors que les résultats sont inscrits dans une véritable dynamique de hausse. Le rendement du secteur est à la cinquième place avec des dividendes qui sont plutôt bien couverts. L’assurance vie permet de également de participer à la hausse des marchés actions. De plus par rapport au secteur des banques, celui des assurances est confronté à moins de risques de régulation et de risques de litiges fiscaux. L’univers d’investissement du secteur comporte notamment les sociétés suivantes : en Allemagne Allianz, Munich Re, Talanx ; en Grande Bretagne  Prudential,  Aviva ;  en France   Axa, CNP ; en Suisse Zurich,  Swiss Re ; en Italie  Generali

 

Le thème des valeurs de rendement est encore attractif considère Christian Mueller-Glissman stratégiste chez Goldman Sachs. Parmi les valeurs françaises qu’il recommande figurent pour le France : pour le bâtiment Bouygues, Saint Gobain, Vinci ; pour les biens d’équipelent Rexel ; pour l’assurance Axa ; pour les media Vivendi ; et pour la distribution Casino.

 

Ne vendez pas tout votre or recommande John LaForge stratégiste sur les matières premières chez Ned Davis. Sans prédire un redémarrage de l’inflation, il estime que les taux d’intérêt réels ne peuvent rester longtemps à leur niveau actuel. Pour ses clients courageux il recommande l’achat de SPDR Gold Trust et de Market Vectors Gold Miners.

 

 

Auteur: Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est diplômé de l’École Supérieure de Commerce de Bordeaux, titulaire d’une licence en droit de l’Université de Paris X. Il a été successivement fondé de pouvoir à la charge Sellier, puis associé chez Nivard Flornoy, Agent de Change. En 1987, il est nommé Executive Director chez Shearson Lehman Brothers à Londres en charge des marchés européens et membre du directoire de Banque Shearson Lehman Brothers à Paris. Après avoir été directeur général associé du Groupe Revenu Français, et membre du directoire de Aerospace Media Publishing à Genève, il a créé en 1996 Concerto et Associés, société de conseil dans les domaines de le bourse et d’internet, puis SelectBourse, broker en ligne, dont il a assuré la présidence jusqu’à l’ absorption du CCF par le Groupe HSBC. Il a été ensuite Head of Strategy de la société de gestion Montpensier Finance.

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10 Commentaires

  1. Great post, I think blog owners should acquire a lot from this weblog its rattling user genial. So much great information on here .

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  2. Merci beaucoup à JJ Netter

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  3. Allons du calme sur PIMCO rappelez vous de la prédiction de Bill Gross- DOW a 5000….
    http://4.bp.blogspot.com/-ABHXKev5KG4/UWgBalkYs3I/AAAAAAAAZz0/x76B3N9yQJI/s1600/RetailMarch2013.jpg
    d’autre part je souligne ce graphe qui me semble plutôt encourageant en terme de consommation malgré tout les articles qui parlent de la fin du monde.
    Vous êtes en train de parler continuellement (de la même façon que pendant la récession de 1990) d’un monde sans création destructrice. Le socialisme européen touche a sa fin comme nous dit Charles Gaves (des millions de morts -les chômeurs sont a leur crédit), c’est une bonne nouvelle et non pas une mauvaise nouvelle , ne serait il pas plus créatif d’ajouter une colonne sur la croissance Schumpeter? Regardez le Model S de Telsa par exemple…. Pas finance par la caisse des dépôts !
    Cordialement

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  4. Question : A qui profite le crime ? Ou sont partis toutes ces richesses ?
    Comme rien ne se perd, ou sont nos richesses ? Si les états et les particuliers sont endettés et que les banques vont faire faillite, ou est cet argent ?
    Merci.

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    • …où est le surplus de tréso des régimes de répartition, de la période faste ? dans des châteaux qui n’appartiennent pas aux investisseurs forcés !

    • Salaires de 7 millions de fonctionnaires et assimilés, 30% de la population en France immigrés, 25% de HLM partout minimum, désastre du Credit Lyonais, pillage à EDF, Paris Plage, subventions aux gays… Bon, la liste est interminable…

      Tout indique que pour les gens de gauche, l’heure de vérité approche.

  5. A propos de l’Italie :

    Toujours selon la banque centrale, les banques du pays ont renforcé leurs avoirs en obligations souveraines italiennes, à 363 milliards d’euros au total, contre 351,6 milliards en février. Ce montant est le plus élevé depuis 15 ans que la Banque d’Italie en compile la statistique et il représente une augmentation de près de 25% depuis mars 2012.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/reuters-00520264-italie-banques-les-creances-douteuses-en-forte-hausse-en-mars-565185.php

    Les banques italiennes préparent l’avenir : les banques italiennes se chargent en obligations de l’Etat italien.

    Quand la prochaine crise bancaire arrivera, les banques italiennes diront à l’Etat italien :

    « Maintenant, tu vas lever des impôts supplémentaires pour nous renflouer. Si tu le fais, tout ira bien. Si tu ne le fais pas, nous faisons faillite, mais nous t’entraînons dans notre chute. Il n’y aura plus personne au monde pour te prêter de l’argent. Quant aux milliers de milliards d’euros que vont perdre les épargnants italiens, tu t’expliqueras avec eux. »

    En clair : les banques italiennes tiennent l’Etat italien par les c… , et elles le tiennent très fort.

    Pronostic :

    – Les banques italiennes vont faire faillite ET AUSSI l’Etat italien va se déclarer en défaut de paiement.

    – Les banques grecques vont faire faillite ET AUSSI l’Etat grec va se déclarer en défaut de paiement.

    – Les banques irlandaises vont faire faillite ET AUSSI l’Etat irlandais va se déclarer en défaut de paiement.

    – Les banques portugaises vont faire faillite ET AUSSI l’Etat portugais va se déclarer en défaut de paiement.

    – Les banques espagnoles vont faire faillite ET AUSSI l’Etat espagnol va se déclarer en défaut de paiement.

    – Les banques chypriotes vont faire faillite ET AUSSI l’Etat chypriote va se déclarer en défaut de paiement.

    – Les banques slovènes vont faire faillite ET AUSSI l’Etat slovène va se déclarer en défaut de paiement.

    – Les banques belges vont faire faillite ET AUSSI l’Etat belge va se déclarer en défaut de paiement.

    (Liste non exhaustive)

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  6. Les banques de l’Union Européenne ont dans leurs livres 1500 milliards d’euros d’actifs pourris.

    Par exemple, en Italie, les banques ont 131 milliards d’euros d’actifs pourris.

    Lisez cet article :

    Italie / Banques : les créances douteuses en forte hausse en mars.

    Les créances douteuses détenues par les banques italiennes ont connu en mars leur plus forte hausse sur un an depuis décembre 2011, selon des données publiées jeudi par la Banque d’Italie.

    Leur montant a atteint 131 milliards d’euros, une hausse de 21,7% par rapport au même mois de 2012, qui se compare à une augmentation de 18,6% en février.

    Cette accélération, reflet des difficultés des banques alors que le pays connaît sa pire récession depuis 20 ans, fait craindre que la situation n’atteigne pas un pic au premier semestre comme ce qui était prévu jusqu’ici.

    L’Istat, l’office italien de la statistique, a réduit cette semaine ses prévisions de croissance et anticipe désormais une contraction de 1,4% de l’économie cette année, soit trois fois plus que sa prévision précédente (-0,5%).

    Selon les données de la Banque d’Italie, les prêts aux entreprises non financières ont baissé de 2,8% en mars après déjà un recul de 2,7% en février.

    Toujours selon la banque centrale, les banques du pays ont renforcé leurs avoirs en obligations souveraines italiennes, à 363 milliards d’euros au total, contre 351,6 milliards en février. Ce montant est le plus élevé depuis 15 ans que la Banque d’Italie en compile la statistique et il représente une augmentation de près de 25% depuis mars 2012.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/reuters-00520264-italie-banques-les-creances-douteuses-en-forte-hausse-en-mars-565185.php

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  7. Jeudi 9 mai 2013 :

    L’enquête de la BCE prévoit une contraction en zone euro en 2013.

    L’économie de la zone euro devrait se contracter cette année, montre l’enquête trimestrielle de la Banque centrale européenne (BCE) auprès des prévisionnistes professionnels, qui traduit une révision à la baisse des estimations et donne à la BCE de nouveaux arguments pour justifier un assouplissement de sa politique monétaire.

    L’enquête, réalisée entre le 16 et le 19 avril auprès de 53 économistes, universitaires et autres prévisionnistes, conclut à une contraction de 0,4% du produit intérieur brut (PIB) des 17 sur l’ensemble de cette année.

    L’enquête précédente, publiée il y a trois mois, prévoyait une stagnation du PIB.

    http://bourse.lesechos.fr/forex/infos-et-analyses/l-enquete-de-la-bce-prevoit-une-contraction-en-zone-euro-en-2013-878692.php

    Pour l’année 2013, la Commission Européenne, elle aussi, prévoit une baisse du PIB de la zone euro : – 0,4 %.

    Pour l’année 2013, les pays d’Europe du sud vont voir leur PIB baisser davantage que prévu.

    Pour l’année 2013, le PIB de la France va baisser de 0,1%.
    Le PIB de l’Italie va baisser de 1,4%.
    Le PIB de l’Espagne va baisser de 1,5%.
    Le PIB de la Slovénie va baisser de 2%.
    Le PIB du Portugal va baisser de 2,3%.
    Le PIB de la Grèce va baisser de 4,2%.
    Le PIB de Chypre va baisser de 8,7%.

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  8. Merci pour toutes ces infos.
    Cordialement

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