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Régulièrement, Jean Jacques Netter, Vice Président de l’Institut des Libertés, publie les notes de son cahier concernant les ruptures économiques, les frictions géopolitiques, les fractures idéologiques et les évolutions technologiques de notre société. Cela peut permettre, essentiellement à partir de livres qui ne s’inscrivent pas forcément dans le court terme ou le politiquement correct, de regarder la réalité telle qu’elle est aujourd’hui ou de faire apparaître de nouveaux angles d’évolution…

 

Le meilleur livre de l’année en économie est celui de Philippe Nemo

 

Impôt : Philippe Nemo  philosophe catholique défendant l’économie libérale n’a évidemment aucune des qualités pour faire carrière dans l’université française. Dans son dernier livre « Philosophe de l’impôt », le meilleur de l’année dans son domaine,   s’élève contre les principes de la « taxolâtrie » de l’Etat depuis cinquante ans. Il n’y a plus de consentement à l’impôt parce qu’il n’y a plus de justice. L’impôt selon lui est légitime seulement s’il sert à payer les services que l’Etat rend effectivement aux citoyens (sécurité, infrastructures…). Pour le socialisme au contraire, toutes les richesses existantes sont réputées être un bien commun. Les individus n’en sont que les détenteurs précaires plus ou moins illégitimes. L’impôt n’est plus alors le paiement d’un service mais un moyen révolutionnaire de transformer la société.  Dans la vision socialiste,  seul l’Etat est bon et le seul rôle des politiques est d’en prendre le contrôle…

 

Le développement de l’économie symbiotique est une bonne nouvelle

 

Economie symbiotique : Isabelle Delannoy  ingénieur agronome est optimiste. Dans  « L’économie symbiotique » elle montre que l’économie symbiotique est capable d’organiser en harmonie la vie entre humains et ecosystèmes. Il est possible, aux antipodes du système actuel, de produire non pas en épuisant les ressources, mais en les régénérant. Cette nouvelle logique est déjà en marche partout avec l’agroécologie, l’économie collaborative, les monnaies complémentaires, le biomimétisme…Toutes ces pratiques se nourrissent selon elle d’une façon symbiotique…

 

La fin du rêve américain serait enclenchée…

 

Croissance Américaine : Robert Gordon défend une opinion opposée de celle d’Isabelle Delannoy.  Dans « Ascension et chute de la croissance américaine », il estime que  l’âge d’or de la croissance est derrière nous. La productivité globale s’érode malgré les innovations technologiques. Le rêve américain a du plomb dans l’aile depuis trente ans avec la hausse des inégalités et l’érosion des revenus réels. C’est un livre très important. Il repose sur la prévision selon laquelle les progrès des technologies futurs n’auront pas un effet très positif sur la prospérité générale du monde…

 

Economie comportementale : Richard Thaler professeur à l’Université de Chicago est le dernier Prix Nobel d’économie. Dans son livre  « The making of behavioral economics » expliquant ses travaux sur  l’économie comportementale, il a introduit la psychologie dans l’étude du fonctionnement des marchés financiers. Le choix des individus selon lui n’est pas toujours rationnel. En récompensant Richard Thaler l’Académie suédoise a récompensé « la méthode du coup de pouce » et  a distingué la capacité d’adaptation de l’intelligence humaine…

 

Capital : Nicolas Bouzou  dans « Le Travail est l’avenir de l’homme »  estime que pour réussir, un pays doit attirer du capital et des compétences. Comme les chaines de valeur des entreprises sont devenues mondiales,  la France d’après lui a un magnifique coup à jouer pour attirer chez elle les « classes créatives »…

 

Emmanuel Macron devra lutter contre « la poutouïsation des esprits 

 

Libéralisme : Pierre Antoine Delhommais  dans son dernier livre « La poutouïsation des esprits » commente les  multiples erreurs économiques de François Hollande. Elles  ont eu pour conséquence une « poutouisation des esprits » sorte d’infantilisation d’une population sensible aux diatribes contre le marché. Cela aurait selon l’auteur achevé de convaincre les français d’essayer le libéralisme. D’où l’élection d’Emmanuel Macron qui est selon lui un président Schumpeterien…

 

Nombre : Olivier Rey  dans son dernier livre « Quand le monde s’est fait nombre » montre que  le peuple souffre de l’absence d’une véritable élite. Ce sont des gens qui occupent des places ou qui ont plus d’argent et qui en profitent sans contrepartie. La qualité d’une civilisation ne se mesure pas elle s’apprécie. Les hommes ont beau ne pas être comme les plantes assignés à un lieu, ils ont néanmoins des racines. Les livres montrant à grand renfort de courbes et de tableaux que nous vivons dans le meilleur des mondes possibles se succèdent en librairie. Les nombres ne pourront jamais nous éclairer sur une époque…

 

 

L’Europe va mal…

 

Europe et immigration : Ivan Krastev politologue bulgare qui vit entre Sofia et Vienne estime dans son dernier livre « Le destin de l’Europe », que l’Europe est en route vers l’abîme. L’arrivée massive de réfugiés est pour l’Europe la principale menace. Les réfugiés seront les révolutionnaires du XXIème siècle. L’Union Européenne pourrait connaître le même destin funeste que l’empire des Habsbourg. Un tel processus pourrait provoquer l’effondrement des démocraties libérales de la périphérie de l’Europe…

 

Europe et nationalisme : Robert Frank historien est spécialiste des nationalismes qui sous tendent les éruptions autonomistes. Dans « La guerre Monde » il revient sur  l’Ecosse, le Brexit, la Catalogne aujourd’hui. Il anticipe  la Lombardie pour bientôt.. L’Etat Nation selon lui est en crise, mais sans qu’il y ait en compensation un renforcement de l’Europe,; elle même en crise …

 

 

 

 

Auteur: Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est diplômé de l’École Supérieure de Commerce de Bordeaux, titulaire d’une licence en droit de l’Université de Paris X. Il a été successivement fondé de pouvoir à la charge Sellier, puis associé chez Nivard Flornoy, Agent de Change. En 1987, il est nommé Executive Director chez Shearson Lehman Brothers à Londres en charge des marchés européens et membre du directoire de Banque Shearson Lehman Brothers à Paris. Après avoir été directeur général associé du Groupe Revenu Français, et membre du directoire de Aerospace Media Publishing à Genève, il a créé en 1996 Concerto et Associés, société de conseil dans les domaines de le bourse et d’internet, puis SelectBourse, broker en ligne, dont il a assuré la présidence jusqu’à l’ absorption du CCF par le Groupe HSBC. Il a été ensuite Head of Strategy de la société de gestion Montpensier Finance.

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7 Commentaires

  1. Bouzou plane complètement, c’est un gourou de l’économie magique, du potentiel permanent de la France sur tout et n’importe quoi.
    Il ne comprend pas que la France est de moins un avenir rêvé pour les français et pour le reste du monde.
    Car enfin, les tendances sont très très mauvaises :éducation, santé, sécurité, dette, …
    Aujourd’hui la France est plus proche du tiers monde quand on regarde les résultats des PISA et PERL que des pays attractifs.

    BOUZOU vit hors du monde réel.

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  2. Ayant lu le livre de Philippe Nemo, je partage l’enthousiasme de M. Netter. C’est un livre majeur, à mettre entre toutes les mains.
    En revanche, je ne partage pas le pessimisme de Gordon &co (cf. par exemple le livre de Patrick Artus sur le sujet). Si la révolution numérique ne créé pas autant de croissance que le moteur électrique, il y aura d’autres évolutions qui le feront. Ayons foi dans le génie humain, du moins tant que des imbéciles à la Hollande ne le bride pas trop.

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    • Bonjour,
      Je crois que le problème auquel nous sommes confrontés maintenant est différent de celui de l’époque de la première révolution industrielle (et même de la deuxième). Nous assistons à un rééquilibrage au niveau mondial. La productivité globale, mondiale, n’a jamais augmenté aussi vite que de nos jours. Mais, si on restreint l’analyse aux pays développés, ce n’est plus la même histoire. Je ne vais pas m’étaler sur les causes, mais je crois que nous sommes d’accord sur les faits.
      Le risque que nous observons est celui d’avoir un équilibrage (vers le haut) de la productivité de par le monde, mais sans aucun équilibrage des libertés et des niveaux d’éducation. Et ça, ça serait nouveau, car jusqu’à présent les pays qui participaient au progrès avaient une base, un référentiel, plutôt communes. En tout cas, compatibles.
      Maintenant, on assiste à un décalage de plus en plus important à la fois entre pays (très autocratiques, pour certains, comme la majeure partie des pays musulmans ou la Chine) et entre populations et leurs dirigeants (dans des pays réputés démocratiques, notamment à l’intérieur de l’UE). Je ne sais pas où tout cela peut mener, mais ce décalage implique une compréhension très différente aussi bien des buts que des bénéfices des progrès technologiques. Et, quand tout le monde ne rame pas dans le même rythme…
      Les sociétés occidentales (dont il est question dans le livre cité) sont confrontés à un vrai danger, celui de voir disparaître leur mode de vie, leur philosophie, leur civilisation. Je suis, contrairement à d’autres, plutôt optimiste, mais pas trop…

  3. « Hillibilly Elégie » ou les « petits blancs »
    Steven Pinker – « The alt-right right are highly intelligent, internet savvy activists »
    harvard :
    https://www.youtube.com/watch?v=6xJ5bvw6Ckw

    Combien de gens « smart » soutien de Clinton? à mon humble avis absolument 0.
    Et si avoir voté TRUMP n’est pas forcément un acte corrélé à l’intelligence,
    on peut affirmer qu’un actuel soutien d’hillary (ou de Biden ou autre), est corrélé à la connerie ou à la malhonnêteté.

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    • je pencherais plutôt pour la connerie même si la malhonnêteté n’est pas exclue!
      beaucoup de ceux (et celles!) qui ont voté Fillon connaissaient, disons son peu de scrupules, et on quand même voté pour lui;

      effectivement cette mise en page est très déroutante et ne met nullement en relief des titres très intéressants;
      je n’ai pas lu le premier livre cité, « le destin de l’Europe » mais certaines des conclusions que tire cet écrivain sont pour le moins paradoxales voire fausses ou peu plausibles; l’arrivée des « migrants » est bien une révolution (invasion) mais pourrait bien cimenter l’Europe autour de ses valeurs ancestrales … ou de celles de ses envahisseurs! Mais il pense comme Michel Onfray que notre civilisation est en train de s’écrouler exactement comme celle de la Grèce ou de l’Egypte antiques et je pense qu’ils ont tous deux raison!

  4. Ce n’est pas très lisible avec la mise en page actuelle … Mais toujours très intéressant.

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    • Pardon, oui, nous y travaillons.

Commentaire

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