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A la manière de Jonathan Swift, Thierry Guinhut nous livre ses modestes propositions de changement.

 

De la Règle d’Or Budgétaire

L’état et les collectivités locales  doivent ne plus voter aucun budget en déficit et ne plus recourir à l’emprunt, donc à la dette.Aucun prélèvement obligatoire ne devra nuire à la propriété et à la liberté d’entreprendre au point de dépasser vingt pour cent des biens personnels et professionnels, des revenus et des bénéfices privés et entrepreneuriaux.Pour délivrer la France de la dette, de la récession et du chômage, le Persée du libéralisme doit vaincre le monstre dévorant de l’état français, à qui 56% du PIB (un record !) sont dévolus, et l’assainir; ce au moyen de ces modestes propositions

I  Economies

  • Diminuer le poids de l’état, en particulier les fonctionnaires (il y a plus de fonctionnaires au ministère de l’agriculture que d’agriculteurs par exemple).
  • Supprimer l’impôt sur la fortune qui ne rapporte guère plus que ce qu’il coûte à percevoir, et par conséquent ses fonctionnaires.
  • Remplacer l’impôt sur le revenu par une flat tax unique.
  • Supprimer la CSG, la taxe carbone et autres prélèvements.
  • Ramener tous les impôts et taxes sur les entreprises à un taux unique, sans niches fiscales. La TVA sera de 20%, hors les livres, la presse et les produits alimentaires de première nécessité qui en seront exemptés.
  • Fermer des ambassades dans des petits pays et diminuer les dépenses somptuaires.
  • Cesser les subventions aux entreprises, aux associations, aux syndicats…
  • Cesser de rembourser les frais des partis politiques suite aux élections, qui doivent, comme les syndicats, vivre des cotisations, des dons (non limités, mais dont le montant sera publié) de leurs adhérents et sympathisants.
  • Cesser les allocations aux étrangers sans papiers, supprimer le statut de la Couverture Maladie Universelle et de l’Aide Médicale aux Etrangers.
  • Diminuer le personnel administratif dans l’Education nationale (3 fois supérieur en France par rapport à l’Allemagne) permettre aux profs d’enseigner plusieurs matières, d’augmenter leurs horaires.
  • Ramener la retraite à 67 ans pour tous, sans aucuns régimes spéciaux.
  • Supprimer les départements, regrouper les communes.
  • Cesser les gaspillages.
  • Diminuer de moitié le nombre de parlementaires, voire supprimer le Sénat, interdire le cumul des mandats.
  • Ne pas laisser les rapports de la Cours des comptes sans suite exécutive.

II Croissance

  • La baisse des impôts et taxes contribuera à inverser la fuite des capitaux et du travail, et doper l’initiative et l’investissement, donc l’emploi, la croissance et la richesse productive ; il faudra de plus :
  • Simplifier drastiquement le code du travail et le maquis de ses 3300 pages.
  • Adopter la flexisécurité à la Danoise.
  • Baisser le coût du travail.
  • Abolir les 35 heures.
  • Autoriser tous les commerces à choisir leurs jours et heures d’ouverture.
  • Libérer le numérus clausus professionnel, pour les taxis par exemple.
  • Simplifier et fluidifier les permis de construire, réduire la tyrannie des normes.
  • Lever les barrières à la concurrence, y compris pour la sécurité sociale, EDF GDF, etc.
  • Modifier le code minier pour que les produits du sous-sol rapportent des revenus aux propriétaires.
  • Exploiter judicieusement le gaz de schiste et le pétrole.

L’état devant se concentrer sur ses missions régaliennes, police, justice et défense, de façon à protéger les personnes et les biens, leur liberté et leur prospérité, et cesser son interventionnisme économique…

Ces modestes propositions n’ont pas l’ironie de celles de Swift[1]. Sinon l’indifférence générale, hors l’adhésion de quelques happy fews libéraux, elles ne rencontreront que l’effroi digne de la swiftienne proposition de manger les bébés pour contrer la famine irlandaise au XVIII° siècle. Ne leurs sera opposée qu’une fin de non-recevoir, condamnant tout espoir de moralisation et de prospérité. C’est pourtant ce qu’en partie fit Margaret Thatcher, redressant au bord du gouffre de l’Etat-providence le Royaume-Uni, ce que fit en partie la Suède, avec la même heureuse conséquence. Et que pour notre malheur, nous ne ferons pas.

Thierry Guinhut

 

Plus de billets de l’auteur:

 http://www.thierry-guinhut-litteratures.com/ 

[1] Jonathan Swift : « Modestes propositions », Instructions aux domestiques, suivies des Opuscules humoristiques, Le Club français du livre, 1966.
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14 Comments

  1. japdards dit :

    Ne serait-il pas utile de prévoir une impossibilité de créer des lois rétroactives sauf en matière de sécurité individuelle et collective. A tout le moins impossibilité d’effet rétroactif en matière sociale, fiscale, réglementaire.

    • idlibertes dit :

      Cher japdards,

      C’était l’idée du Code civil (Article 2) « La loi ne dispose que pour l’avenir ; elle n’a point d’effet rétroactif ».
      et du code pénal (Principe de non-rétroactivité des lois pénales plus sévères). Toutefois, effectivement, certains agents de l’ETAT, estiment parfois qu’il est visiblement nécessaire de déroger à ces principes qui ont été établis depuis Portalis, afin de nous garantir des « lois fiscales » plus..abouties…. Bref

  2. Viviane Paqué dit :

    Bravo pour vos propositions;
    si vous pouviez mettre en avant la suppression du racket organisé envers les conducteurs qui ne peuvent plus se déplacer sans avoir peur de prendre une amande. C »est une atteinte grave à la liberté du citoyen et une négation de son bon sens envers son droit à l’autonomie et à sa responsabilité . Cette soi-disant « loi de sécurité » est un mensonge éhonté et inadmissible envers le droit inaliénable de tout être de circuler librement.
    Au nom de la déclaration des droits de l’homme, article VIIII :
    – La Loi doit protéger la liberté publique et individuelle contre l’oppression de ceux qui gouvernent.
    C’est le moment de reprendre notre pouvoir souverain et divin que l’on nous a enlevé.
    Très cordialement
    Viviane Paqué

  3. spoliévoliécocufié dit :

    Que faites vous de la politique agricole commune qui coûte 40 milliards d’Euros aux contribuables européens et qui sert surtout à engraisser les céréaliers qui ne se gênent pas pour spéculer sur la hausse de leurs produits pendant que les éleveurs ( qui touchent aussi la P.A.C ) et autres laitiers * pleurnichent sur leur sort en s’en prenant aux hypermarchés ( pas vraiment innocents ) s’en que jamais soit citée cette spéculation financée par les impôts européens ?

    Pour une grande partie de vos propositions, je suis d’accord.

    * Supprimons aussi la sécurité sociale animale : celle qui consiste à faire casquer le contribuable pour chaque épizootie en Europe.

  4. les oies sauvages dit :

    Cette politique n’est possible qu’hors des murs de Bruxelles.

  5. Jean de Bon-Sens dit :

    J’ajouterai à ces mesures :
    1. la suppression de tous les remboursements de ce qui n’est pas médicament : pilule, avortement, frais de naissances.
    2. Établissement d’un chèque scolaire et privatisation du corps des enseignants,
    3. Sortie de l’espace Shengen. Arrêt de l’immigration et reconduite à la frontière de tous les immigrés coupable d’un délit ou d’un crime.
    4. Acquisition de la nationalité française uniquement si les 4 grand parents sont Français. Droit du sang remplace le droit du sol.
    5. Suppression de toutes les aides financières aux immigrés de moins de 40 ans sauf ceux dont les ancêtres ont versé leur sang pour la France.

  6. jepirad dit :

    Sujet fort intéressant. Toutefois il ne faut pas exagérer sur certains chiffres. En gros il y aurait 30 000 fonctionnaires au ministère en charge de l’agriculture et environ 500 000 agriculteurs. Ce qui est très différent de ce que vous affirmez.

  7. chr.schmitz dit :

    c’est bien dans ce sens qu’il faut aller!

    il faut poursuivre pour développer jusqu’au « chiffrage » qualitatif et quantitatif, et
    peut être utilement se rapprocher à cette fin d’autres organismes de réflexion
    pour donner de l’ampleur à la diffusion et circulation de ces propositions

    les dernières foucades autour de la nationalisation, le piétinement des principes démocratiques dans les débats sociétaux et le refus des réformes structurelles pour diminuer la Dépense ouvrent un boulevard

  8. Alex dit :

    >>L’état et les collectivités locales doivent ne plus voter aucun budget en déficit et ne plus recourir à l’emprunt, donc à la dette.

    Le hic c est que dans ce cas je ne vois pas trop comment on fait pour avoir une « flexisecurite » a la danoise. Car en cas de crise les recettes diminuent, donc on doit diminuer les depenses et donc faire degager la « flexisecurite ». C est trop procyclique comme proposition. Le cas de la Grece montre tout de meme que diminuer les depenses publiques a un impacte negatif sur le PIB a court terme.

    Je ne pense pas que la solution soit dans un budget a l equilibre « systematique ». Si on parviens a faire degager le « social clientelisme » on aura deja beaucoup moins de probleme. Sinon comme la fait remarque quelqu un un peu plus haut il faut egalement engager de VRAIS journalistes.

  9. Croc-Blanc dit :

    Bonjour,

    Agriculteur d’origine, je peux vous affirmer qu’il y a plus de fonctionnaires au ministère de l’agriculture que de paysans.
    L’ironie, c’est que les paysans qui ont fait faillite ou n’étaient pas bon à grand chose, sont devenus eux-même les conseillés techniques de ceux qui travaillent la terre.

    Bien sur, comme partout , nous trouvons aussi de très bons conseillés et techniciens

    Sans parler de chiffres, je peux vous affirmer que le nombre de paysans a diminué de plus d’un quart (peut-être plus) en 20 ans.

    Je peux vous demander également ce que nous avons gagné à spéculer sur les cours et a industrialiser nos élevages. Visitez une porcherie, un poulailler, ils n’en portent que le nom !!

    A l’heure actuelle, je suis maintenant militaire dans une unité dite d' »élite » (Messieurs , si vous saviez !) .

    Je quitte ce qui reste de notre armée, je quitte ce qui reste de mon pays avec une fois de plus le cœur lourd , mais voilà , je n’y crois définitivement plus.

    Mon Père est parti de rien avec une bicyclette et un mètre,il faisait des dizaines de kilomètres sur les chantiers en Alsace, il a réussi à force de travail et y a laissé sa santé pour ses enfants…pour quel résultat aujourd’hui ?

  10. Brutus Inanitas Crastinus dit :

    @Thierry Guinhut : vos propositions sont simplement remarquables ! Vous avez toutefois oublié 2 ou 3 dispositions sociétales importantes : mettre en place une sélection de qualité pour faire école dans le journalisme et mettre tous les mecs intelligents de France (économistes, politiques, sociologues, syndicalistes, gourous, proxénètes ) au boulot.

  11. Binitials dit :

    Bonjour super billet !!! C’est vrai qu’il y a plus de fonctionnaires au ministère de l’agriculture qu’il n’y a d’agriculteurs ? Ou est-ce une boutade ?

    Je suis d’accord avec 100% des propositions. En matière constitutionnelle en France, on peut souligner les déséquilibre en faveur de l’exécutif et donc des fonctionnaires qui le font vivre.

    Rééquilibrer les pouvoirs en faveur du parlement et revoir le système de procureurs répondant aux garde des sceaux permettra d’avoir de véritables contre pouvoirs qui permettent de rééquilibrer le débat public. On peut imaginer que le parlement indépendant du pouvoir puisse réellement se saisir de la question des comptes et dispose d’un pouvoir de contrainte et sur l’executif et sur les administrations.

    recentrer l’état sur ses fonctions régaliennes et créer un véritable pouvoir local qui ne soit pas une simple déconcentration de l’exécutif. Permettre aux régions de disposer d’assemblées législatives et d’adapter et leur fiscalité et leurs législations aux spécificités de leurs territoires permettrait enfin aux territoires d’avoir les moyens de développer leurs fonds de commerce sans être tributaires des imbaciles qui siègent dans les bureaux parisiens et qui ne connaissent rie aux terrains et aux problématiques locales. Bref reconcevoir un système un fédéral Français.

    Christian Blanc avait beaucoup travaillé sur ce sujet. Ce pourrait être bien de lui faire rédiger un papier là dessus, non ? En plus il a travaillé à la Datar où il a fait des travaux intéressants sur la notion de « pays ». Son idée était de revoir le mille feuille administratif. C’est une personne très intéressante.

  12. BA dit :

    Vendredi 30 novembre 2012 :

    Zone euro : le chômage grimpe à 11,7% en octobre, un niveau record.

    Le taux de chômage de la zone euro s’est établi à 11,7% de la population active en octobre, contre 11,6% le mois précédent, a indiqué vendredi l’office européen de statistiques Eurostat.

    Il s’agit d’un niveau record, qui se traduit par 18,70 millions de personnes au chômage en octobre, dans les 17 pays de l’Union monétaire.

    http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___Zone_euro_le_chomage_grimpe_a_117_en_octobre_un_niveau_record15301120121105.asp

    Vous vous rappelez toutes les belles promesses au moment du référendum sur le traité de Maastricht ?

    Vous vous rappelez toutes les belles promesses pour nous convaincre de voter « oui » à la création de l’euro ?

    – « Si le traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, 30 juillet 1992, RTL)

    – « L’Europe est la réponse d’avenir à la question du chômage. En s’appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde ; sur une monnaie unique, la plus forte du monde ; sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois. » (Michel Sapin, 2 août 1992, Le Journal du Dimanche)

    – « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)

    – « Les droits sociaux resteront les mêmes – on conservera la Sécurité sociale –, l’Europe va tirer le progrès vers le haut. » (Pierre Bérégovoy, 30 août 1992, Antenne 2)

    – « Pour la France, l’Union Economique et Monétaire, c’est la voie royale pour lutter contre le chômage. » (Michel Sapin, 11 septembre 1992, France Inter)

    – « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry, 12 septembre 1992, discours à Béthune)

    – « Si aujourd’hui la banque centrale européenne existait, il est clair que les taux d’intérêt seraient moins élevés en Europe et donc que le chômage y serait moins grave. » (Jean Boissonnat, 15 septembre 1992, La Croix)

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