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Alors que nous sommes en train d’assister à un véritable effondrement de l’économie française, on continue à entendre des commentaires sur le rendement de l’OAT 10 ans tombé en dessous de 2%, qui serait le signe que les marchés apprécieraient beaucoup la politique économique menée par la France !

Malheureusement, pour créer des emplois, il faut un entrepreneur qui ait envie d’investir, un banquier qui ait envie et la possibilité de prêter de l’argent et un investisseur qui ait envie de prendre du risque, car il sait que si l’entreprise réussit,  il pourra en percevoir un retour sur investissement convenable.

La politique fiscale menée par le gouvernement va pourtant à l’encontre de ces idées simples. La tranche marginale de l’impôt sur le revenu atteint maintenant 64% (= tranche marginale à 45% + surtaxe de 3% pour revenu > 250 000€+ Prélèvements sociaux de 15,5%). En Allemagne on est à 27% !

Les plus values sur titres réalisées en 2012 seront taxées globalement à 39,5% soit le taux de 24% auquel s’ajoute 15,5% de prélèvements sociaux.

La taxation du capital est alignée alignée sur  celle du travail, on va arriver à 43% dans le meilleur des cas, ce qui est une zone confiscatoire. L’UMP en a rêvé, les socialistes l’on fait, dit Alain Madelin ancien Ministre de l’Economie.

Nous avons désormais le record du monde de la taxation de la matière grise !

Quant à l’ISF il prendra désormais en compte des revenus virtuels non distribués, notamment dans le domaine de l’assurance vie.  L’ISF devrait selon Alain Mathieu Président de Contribuables Associés être rebaptisé « Incitation à Sortir de France » car pour payer l’ISF il faudrait que les « riches » dont la France a tant besoin pour investir, soient assurés sur longue période d’un retour sur investissement de 9%, ce qui est quasiment impossible à réaliser dans l’environnement actuel !

 

Le retour du clown est peu probable en Italie

 

En Italie la démission de Mario Monti change la donne européenne. Les sources de risque systémique qui s’étaient éloignées au cours des derniers mois, grâce à l’effet Draghi peuvent revenir sur les marchés à la vitesse de la lumière.  Le fait que les élections italiennes soient avancées de pratiquement deux mois n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. Mario Monti pourrait continuer à diriger l’Italie avec le support du Parti Démocrate de Pierluigi Bersani leader du Centre Gauche qui a battu Matteo Renzi le maire de Florence. Le retour du clown Berlusconi est toutefois, selon Anatole Kaletsky de GaveKal Londres et François Chauchat de GaveKal Paris, très peu probable.

En Espagne on attend que le pays fasse appel à l’OMT en janvier…

La Grèce est en train de procéder au rachat de sa propre dette dans les marchés. Les conditions proposées feraient que 60 à 70% des Hedge Fund qui sont des porteurs  de la dette accepteraient la proposition du gouvernement grec.

En France,  le Colloque Génération Entreprise Entrepreneurs Associés (GEEA) a eu lieu, la semaine dernière à l’Assemblée Nationale. Organisé par Olivier Dassault, député de l’Oise, il avait pour thème « Fuite des entreprises, des cerveaux, des capitaux : quel avenir pour la France ? ». En écoutant les intervenants on se disait qu’au train où vont les choses, il ne devrait plus rester beaucoup d’entrepreneurs en France d’ici cinq ans….

Le Crédit Impôt Compétitivité Emploi (Cice), mesure phare adoptée à la suite du Rapport Gallois fait l’objet de nombreuses critiques dont celle de Michel Rousseau Président de la Fondation Concorde. Il fait remarquer que comme le dispositif concernera la masse salariale comprise entre 1 et 2,5 fois le Smic, il bénéficiera pour l’essentiel aux secteurs de la distribution, de l’hôtellerie, de la restauration et du bâtiment qui sont déjà les principaux bénéficiaires des allègements de charges. Le Cice aura donc pour effet paradoxal d’ancrer notre appareil productif dans le bas de gamme qui ne s’exporte pas, puisqu’il ne s’adresse qu’aux salaires inférieurs à deux fois le Smic !

En Suisse, la crise de la zone Euro obère la croissance suisse. Le PIB ne pourrait croitre que de 0,6% en 2013. Comme le montre bien l’article de Roland Rossier dans le Temps, les medias helvétiques sont pour le moment surtout concentrés sur « Rubik » qui est un système imaginé par les banques suisses pour proposer à leurs clients une stratégie de « conformité fiscale ».   Cela permet à leurs clients de « solder le passé » en cas de fraude ou d’évasion fiscale et de préserver l’avenir avec un impôt libératoire de 35%. Il a été signé avec le Royaume et l’Autriche, mais vient d’être rejeté par l’Allemagne. François Hollande a confirmé cette semaine à Evelyne Widmer-Schlumpf Présidente de la Confédération Suisse que la France restait fermement opposée à ces arrangements fiscaux qui prévoient un prélèvement forfaitaire à la source mais préservent l’anonymat des détenteurs de compte.

En Grande Bretagne, le ministre de l’industrie anglais  a expliqué à Arnaud Montebourg que l’industrie sidérurgique  était en grande difficulté en Europe et obligeait les sociétés du secteur s’adapter. De façon très pragmatique le gouvernement britannique a l’intention de faire en sorte que les grandes sociétés américaines (Starbucks, Amazon, Google) payent des impôts sur leur activité en Grande Bretagne.

En Europe, la production industrielle a baissé pour le neuvième mois consécutif. Cela n’empêche pas le bilan boursier d’être très positif avec + 22,9% pour l’Allemagne, 14,1% pour la France, +12,9% pour la Grande Bretagne, +4,6% pour l’Italie et -7,7% pour l’Espagne.

 

Le moment de la renaissance américaine

 

Aux Etats Unis l’indice ISM manufacturier est passé en dessous de 50 pour la première fois depuis le mois de juillet. L’indice de confiance calculé par l’Université du Michigan  est au plus bas depuis quatre mois. Cela s’explique en grande partie par les incertitudes sur le « Fiscal Cliff », le fameux mur de la dette.

En revanche les chiffres de l’emploi ont surpris dans le bon sens avec un taux de chômage à 7,7% au plus bas depuis quatre ans. Il faut toutefois prendre en compte le fait que de nombreux demandeurs d’emploi ont cessé toute recherche car ils sont quasiment sûrs de ne rien trouver.

La croissance pourrait être forte en 2013 selon Will Denyer de GaveKal.

Oubliez le « fiscl cliff » c’est le moment d’acheter a écrit Philip Stephens du Financial Times. Quant à Christopher Potts le stratégiste de Cheuvreux, il a expliqué aux clients institutionnels de la société de courtage du Crédit Agricole en voie de rapprochement avec Kepler qu’il était convaincu que le marché américain  serait la destination privilégiée des investisseurs en 2013.

En Chine, l’indice PMI s’est inscrit à 50,6 soit un plus haut depuis sept mois. Cela s’explique en grande partie par le fait que la transition politique en Chine semble s’être déroulée de façon satisfaisante.

Xi Jinping sera le futur numéro un chinois. Il a été Président  de l’Ecole Centrale  du Parti Communiste. Il va remplacer Hu Jintao non seulement à la tête du PCC, mais aussi au poste de Président de la République. Il est considéré comme le chef de file du « Parti des Princes héritiers » qui rassemble l’aristocratie rouge. Il est marié à Peng Liyuan une chanteuse de l’armée très connue. Il représenterait l’élite modernisatrice de Shangai.

Li Keqiang, le Premier Ministre aurait été choisi pour représenter les provinces de l’intérieur beaucoup moins ouvertes au monde moderne.

En revanche, les investisseurs sont plus hésitants comme le montre le comportement de l’indice Shangaï Composite qui était au plus bas depuis quatre ans. Il a toutefois rebondi cette semaine de plus de 4%.

 

Auteur: Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est diplômé de l’École Supérieure de Commerce de Bordeaux, titulaire d’une licence en droit de l’Université de Paris X. Il a été successivement fondé de pouvoir à la charge Sellier, puis associé chez Nivard Flornoy, Agent de Change. En 1987, il est nommé Executive Director chez Shearson Lehman Brothers à Londres en charge des marchés européens et membre du directoire de Banque Shearson Lehman Brothers à Paris. Après avoir été directeur général associé du Groupe Revenu Français, et membre du directoire de Aerospace Media Publishing à Genève, il a créé en 1996 Concerto et Associés, société de conseil dans les domaines de le bourse et d’internet, puis SelectBourse, broker en ligne, dont il a assuré la présidence jusqu’à l’ absorption du CCF par le Groupe HSBC. Il a été ensuite Head of Strategy de la société de gestion Montpensier Finance.

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