FavoriteLoadingAjouter aux favoris

image_pdf

 

Si j’en crois la presse française, l’économie en Grande-Bretagne va mal, très mal et cela serait dû à la décision de quitter ce havre de paix et de croissance que serait l’Europe, admirablement gérée par nos chères élites technocratiques comme chacun le sait. Nos médias expliquent ainsi que la croissance du PIB en Grande-Bretagne serait en train de s’effondrer. Il est vrai que les chiffres du dernier trimestre n’ont pas été bons. Ce que l’on ne vous dit pas, c’est que cet « effondrement » vient de la quasi-stagnation des dépenses de l’état depuis que les conservateurs sont revenus au pouvoir.

Admettons que 50 % du PIB dans un pays soit d’origine étatique et 50 % viennent du secteur privé. Si le secteur étatique cesse de croitre, la moyenne des deux va baisser. Celui qui pense que cette baisse est une mauvaise nouvelle croit sans doute que l’Union Soviétique a été un immense succès…  De fait, depuis le retour des Conservateurs, le poids de l’état dans l’économie britannique a déjà baissé de 4 points de PIB, ce qui ne s’est jamais produit en France, mais est habituel quand la droite est au pouvoir en Grande-Bretagne.

Comment les conservateurs arrivent-ils à ce résultat miraculeux ? En faisant baisser les effectifs de la fonction publique à chaque fois quand ils sont élus, ce qui est socialement insupportable et ne peut amener qu’à une dépression comme chacun devrait le savoir.

 

Les conservateurs (ces monstres), à partir de 2009, ont viré 1 million de fonctionnaires ou assimilés (les effectifs de la fonction publique passent de 6.4 millions à 5.4 millions en quelques années, échelle de droite) et la loi dite de Charles Gave se vérifie une fois de plus : pour chaque fonctionnaire qui disparaît, trois emplois au moins sont créés par le secteur privé, les emplois du secteur privé passant de 21.5 millions à 24.5 millions pendant la même période.

Notons de plus qu’il n’y a jamais eu autant de Britanniques au travail, 71% de la population contre 61 % en France et que le nombre d’emplois créés au Royaume-Uni a été plus de deux fois supérieur au nombre d’emplois créés en France depuis 2010…

 

Et comme la croissance du secteur privé est bonne, voilà qui favorise les rentrées fiscales… Et comme le maintien sous contrôle des dépenses de l’état reste très fort, à terme, le pays revient à l’équilibre budgétaire. En fait, d’après des chiffres préliminaires, il n’est pas impossible que le budget britannique repasse en excèdent dès 2018. Personne n’en parle en France…

 

Et qu’en est-il du commerce extérieur ?

 

Hors zone Euro, rien à signaler. En fait, la plus grosse partie du déficit extérieur vient de la zone euro, frappée de stagnation depuis au moins 10 ans et donc incapables d’importer des produits anglais… alors que les britanniques importaient joyeusement des produits européens.

Conclusion

La Grande- Bretagne va bien et continuera à aller de mieux en mieux puisque les emplois sont de vrais emplois créés par le secteur marchand…

Et donc certainement, la bourse de Londres doit être au plus haut par rapport à la bourse de Paris ….

Pas du tout ! Rarement la Grande-Bretagne a-t-elle été aussi bon marché par rapport à la France…

 

Le graphique montre que sur le long-terme la rentabilité des deux marchés des actions représentant des pays similaires est la même. Il ne peut pas en être différemment puisque la rentabilité du capital investi entre deux pays converge automatiquement vers le même niveau, à condition bien sûr que le taux de change entre les deux ne soit pas bloqué.

Et donc, de temps en temps, il faut acheter le marché qui est trop bon marché et vendre celui qui est trop cher pour bénéficier d’un inévitable retour à la moyenne.

Aujourd’hui, il faut à l’évidence vendre la France et acheter la Grande-Bretagne …tout simplement parce que l’incertitude politique perçue est très grande au Royaume-Uni.

Ce qui m’amène à dire un petit mot sur la relation entre évènements politiques et résultats boursiers.

Quand le FMI était à Londres en 1977, il fallait bien sûr acheter la Grande-Bretagne et vendre la France de Giscard, pour la racheter dès que Mitterrand fût élu. Quand Nixon est déposé fin 1974, il faut acheter et non pas vendre et vendre quand Carter est élu.

Il faut savoir acheter au son du canon et vendre au son des violons.

Dans le fond, la politique donne aux esprits paresseux une raison pour acheter au plus haut et vendre au plus bas.

La conclusion est simple : se laisser influencer par la Presse, c’est être certain de voir son capital fondre comme neige au soleil.

Et comme toute la presse me dit que la situation politique en France est très stable (?) alors qu’elle serait très instable (?) en Grande-Bretagne, je me dis qu’il faut vendre la France et acheter la Grande-Bretagne toutes affaires cessantes puisque ces perceptions, qui ont de bonnes chances d’être fausses, sont certainement déjà prises en compte par les marchés.

Si les journalistes du Monde le savent, je ne vois pas qui pourrait l’ignorer.

Dans le fond, lire la presse est dangereux pour sa propre santé financière.

 

Auteur: Charles Gave

Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faites rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l'IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research (www.gavekal.com).

Partager sur

31 Commentaires

  1. bonjour

    « 1 fonctionnaire en moins permettent la création de 3 nouveaux emplois »… Je trouve ce constat un peu trop catégorique, un peu trop binaire, secteur public VS secteur privé encore et toujours… Amener une Nation à l’équilibre nécessite un peu des 2 non?? surtout en France car il me semble qu’en terme d’attachement au service public, la société française est bien différente de la société anglaise.

    Etes-vous persuadé à ce point que tous les services publics doivent disparaître? Ne voyez-vous vraiment aucun bénéfice dans le service rendu aux citoyens?

    Bien entendu que le service public pourrait faire l’objet d’une restructuration pour s’adapter aux besoins, à nos finances, etc… je ne dis pas qu’il ne doit pas être repensé.

    Mais en quoi serait-un crime que de vouloir renationaliser les autoroutes et le secteur de l’énergie par exemple? deux secteurs dont l’Etat pourrait tirer des profits permettant de compenser des secteurs structurellement déficitaires tels que celui de la santé (et sur lesquels l’éthique voudrait qu’on ne cherche pas à faire de profit!).

    Le secteur de la santé, et notamment celui de la recherche publique, devrait être soutenu bien davantage! C’est le seul a ne pas souffrir de conflits d’intérêt et cela n’a pas de prix! Confier sa santé à Big Pharma ou à un comptable me semble juste insensé.

    Renationaliser certains secteurs ne devrait pas être présenter comme étant incompatible avec le fait de vouloir favoriser l’entrepreneuriat sans lequel de toute façon, aucun financement de service public ne serait possible.

    La politique du « tout privatiser » n’est sûrement pas la solution au plein emploi. Des leviers existent, à commencer par reprendre la maîtrise de notre politique monétaire, mais ça… cela nécessite de quitter sans tarder l’Union européenne et force est de constater que les Français ont un sérieux blocage psychologique à ce niveau.

    Peut-être que ce blocage sautera le jour où on leur demandera de payer la dette des Italiens? (cf. le nouveau gouvernement italien constitué du M5S+Ligue du Nord)

    Répondre
    • Cher monsieur,

      Le malheur des chiffres, c’est qu’ils disent ce qui est. Donc, personne ne dit qu’il faudrait ceci ou cela. C’est juste un constat.
      Sur d’autres articles sur cette question, charles Gave vous dirait que la France a trois fois plus de fonctionnaires que l’Allemagne. il vous dirait aussi que dans l’absolu, pourquoi pas, c’est un choix qui peut se faire à hauteur d’une Nation. EN revanche et là, la question demeure, le problème se fait sentir quand vous partagez la même monnaie que l’ALllemagne et que donc votre pays doit globalement etre aussi compétitif que cette dernière (sans possibilité de dévaluation). Comment faites vous?

    • L’éthique voudrait qu’on ne fasse pas de profit sur la santé, soit. Toutefois, il faut bien avoir des employés performants dans ce domaine, il faut donc les rémunérer correctement, sinon soit ils vont aller voir ailleurs (dans d’autres pays), soit ils vont choisir d’autres métiers, plus rémunératrices. Comment faire pour assurer un bon niveau de performance, en l’absence de la concurrence ? Je vous rappelle que, pour l’instant, un semblant de concurrence dans ce domaine (oh, le gros mot) est assuré par la présence des cliniques privées, des médecins, infirmiers et autres professionnels médicaux libéraux. Et tout ce petit monde n’existe que parce qu’il y a possibilité de profit.
      Je ne sais pas comment vous voulez faire pour avoir à la fois un système de santé de qualité et bannir tout profit qui pourrait être obtenu de cette activité. Il y a comme une contradiction, à mon avis.
      Quant à la « recherche publique », notamment dans le domaine de la santé, si vous le dites… Moi je n’en ai jamais entendu parler, juste de laboratoires de recherche privés, qui font des partenariats avec des hôpitaux publics, certes, mais qui restent des structures privées, elles aussi soumises à la recherche de ce méchant profit.
      Vous savez, la gestion des activités économiques par l’Etat (kézako? par les fonctionnaires publics, pour être plus exact) ne marche que le temps qu’ils peuvent se servir de l’argent gratuit des autres. Une fois que la source se tarit, le système s’effondre. Il y a des exemples à foison de par le monde et à travers les âges, et aucun contre-exemple jusqu’à présent, en tout cas pas à ma connaissance.

    • Je ne sais pas si l’angle est le profit… Pour les médecins, j’ai tendance à me dire que allez j’ose, comme un sportif professionnel que l’on paie cher pour sa qualité exceptionnelle (il y en aurait 15 dans le monde à un instant T) n’est il pas normal que le caractère exceptionnel d’un chirurgien cardiaque soit aussi consacré ? Alors certes notre société passe par l’argent pour cela. On n’a pas trouvé mieux.

  2. Bonjour M. Gave, chers experts du site,

    Comment acheter des obligations Chinoise ? Vos articles sont souvent très convaincant mais c’est la vitrine d’une boutique de bonbons qui n’aurait pas de porte d’entrée…

    A vous lire.

    Répondre
    • C’est vraiment surprenant de la part d’un établissement furieusement ANTI BREXIT :))

  3. C’est très clair et bien argumenté! Dans aucune presse française je ne vois de telles analyses gratuites… donc merci

    Le lien entre liberté et performance économique est evident et vous le démontrez une fois de plus

    En terme d’opportunité financière que voulez vous dire par acheter anglais ? Juste actions ou aussi obligation?

    Je me demande s’il me faut pas rajouter en plus la yield curve England VS France?

    Bien a vous

    Répondre
  4. Bonjour

    Quand les actifs de valeur deviennent rares et que l’on adosse les emprunts sur des actifs à risque, il devient logique d’inciter tous les possesseurs d’actifs sérieux à s’en défaire et donc de leur faire miroiter des lendemains qui chantent ailleurs le grand air des bijoux de la Castafiore – Variation sur le thème du Corbeau et du Renard. Ces actifs sérieux cédés sur le marché, ceux en quête de solidité peuvent s’en emparer à bon prix.
    En France, la principale presse est au mains de milliardaires et ce qui est imprimé dans leurs feuilles par leurs employés doit les servir d’une manière ou d’une autre, eux et non pas leurs lecteurs,sinon à la marge pour entretenir le feu….
    Cordialement

    Répondre
  5. La démonstration de vos graphiques est indéniable mais qu’elle est le lien de cause à effet ?
    Est que le mécanisme est dû à une baisse de charge sur l’appareil de production ? Et donc à une meilleur compétitivité des entreprise.
    Ou de la destruction créatrice, puisque les personnes qui n’ont pas trouver d’emplois dans la fonctions publique vont se tourner vers les nouveaux secteurs dynamiques.

    Répondre
  6. Bonjour Monsieur GAVE,

    Je suis en partie d’accord avec vous sur les résultats entre la gestion Travaillistes et celle des Conservateurs.
    Je l’ai constaté en étant présent sur place avant l’arrivee de Mme Thatcher et son long règne où j’ai vu revivre lAngleterre( rénovation des maisons, retour sur les terrains de tennis, renouveau du park automobile, modernisation du métro, etc.).
    Par contre cela s’est fait au détriment d’une partie de la population qui est devenue une sorte de quart monde notamment dans le Nord du pays et qui continue à persister aujourd’hui.
    Ma femme étant Anglaise j’ai malheureusement vu également avec mes beaux parents la faiblesse et les lacunes du système de santeNHS qui n’a fait qu’empirer au fil des ans.
    Mon fils travaille à Londres et bien sûr ayant fait des études il est bien payé et prefere le système Anglais dans sa façon d’aborder les problèmes et de les résoudre. Beaucoup de ces coreligionnaires son la bas aussi car la France let les entreprises Françaises leurs apparaissent d’un vieux monde.
    Étant vieux maintenant et voyant les choses avec plus de recul je ne regrette qu’une chose: que l’on trouve un système intermédiaire équilibré qui semblait existait en France jusqu’a l’avenement de M. Mitterrand que je rends responsable de notre déclin.
    Il nous reste le système de Santé qui reste un des meilleurs au monde (par expérience personnelle) mais je suis pessimiste sur son avenir.
    Pour revenir à l’economie Anglaise, Brexit ou pas ils s’en sortiront: ce sont des anglais!!

    Répondre
  7. Je ne peux que valider votre appreciation de l’incurie des divers medias a donner une vision objective de la realite.
    Cela est vrai dans tous les pays et pour tous les bords politiques. Le Monde interroge l’ultra-conservateur musulman Marwan Muhammed mais pas une page pour MM Le Pen qui a pourtant des position moins proche de l’extreme droite.
    Challenges a fait campagne pour Macron et se demande maintenant pourquoi ses reformettes ne font pas reculer le risque souverain, et pourquoi le perimetre de l’Etat n’a toujours pas bouge.
    Zerohedge, apres avoir soutenu Trump, pleurniche maintenant apres son retrait de l’accord iranien et le traite de noms d’oiseaux. Le SCMP glisse de plus en plus vers la ligne editoriale de Xinhua.
    Concernant la presse australienne, ou americaine pas mieux.
    Du cote des americains, le maintien de la guerre civile ideologique republicain-democrate semble garder la priorite editoriale sur toute autre consideration, y compris pensee long terme et liberte d’expression. Meme Pologne et Hongrie sont “allies” aujourd’hui. Je m’interroge serieusement sur la perenite de cette alliance lorsque Poutine recommencera a gazouiller aux oreilles d’Orban.
    Oui, dans ce bazar sans nom, l’Angleterre ressemble encore a un havre de paix, meme si du cote politique May se ridiculise a derouler le tapis rouge pour Erdogan. Ou en est le probleme de la lire turque d’ailleurs?

    Note: Charles, votre intervention recente sur Macrovoices etait pleine de sagesse et de clarte. Merci.

    Répondre
  8. Le Financial Times prévoit une récession endéans les 12 mois au Royaume-Uni avec une probabilité de seulement 20 à 30 %

    https://www.ft.com/content/5bfa7f0c-5507-11e8-b3ee-41e0209208ec

    RDV dans 12 mois pour voir si la presse est aussi nulle.

    Les Britanniques ont continué à consommer malgré la dévaluation, maintenant que leur épargne s’approche de 0, les ventes au détail s’effondrent à un record historique depuis 1995 !!!

    My Taylor is not rich !!!

    Répondre
    • le FT continue à neg(ocier) le brexit

      /je prévois une dépression mondiale avec une proba de 90% dans les 12mois
      (via SP, fed arrete de remonter les tx quand le sp fait -25%)-

      /si c’est un achat uk alors c’est après avoir vendu X-

  9. Plus dangereux que lire la presse financière, nier le réel pour se complaire dans des conforts idéologiques.

    – Si effectivement il y a une « stagnation » quand on baisse brutalement les dépenses publiques et que le secteur privé n’a pas encore eu le temps de croître pour compenser cette baisse mais les Tories sont au pouvoir depuis 2010, soit 8 ans … ça n’est donc plus possible comme « excuse ».
    – La baisse des dépenses publiques ? Bien sauf que le NHS, système de soin de santé public est complètement saturé et donc c’est comme se couper une jambe et dire qu’on a perdu 5 kilos … Ajoutons à cela une armée réduite à un niveau RIDICULE pour un pays qui se prétend une « puissance » … D’ailleurs Trump a très vite compris avec le pragmatisme qui est le sien que la puissance militaire britannique est une vieille histoire, l’Armée va chercher des Musulmans, des Homosexuels, des Migrants … pour combler ses effectifs. En charcutant les dépenses publiques, l’Etat britannique s’empêche d’avoir les moyens d’assurer ses missions régaliennes. Mais après tout, si c’est un choix politique …
    – « Les conservateurs (ces monstres), à partir de 2004, ont viré 1 million de fonctionnaires ou assimilés » En 2004, c’était Tony Blair qui était au pouvoir.
    – Pour votre graphe, les emplois publics montent en même temps que les emplois privés entre 2000 et 2005, ensuite les emplois publics baissent et les emplois privés continuent de monter, puis la baisse archi-brutale est du à la récession de 2008.
    – Il y a ce qu’on appelle le cycle qui joue autant si pas plus.
    – La Grande-Bretagne a une particularité, celle d’être une destination pour les travailleurs européens de l’Est et donc une grande part de l’emploi est aussi due à l’immigration polonaise, roumaine … Un Polonais qui ne trouve pas de taf rentre chez lui, ce qui fait que les statistiques britanniques sont tirées vers le haut.
    – Le déficit britannique est à 2,1 % alors qu’on semble être tout en haut du cycle ce qui n’est pas folichon, voici le graphe :
    https://www.elperiodico.com/es/ext_resources/infographics/2017/abril/deficit.jpg
    Les Britanniques en 2016 étaient anti-pénultième, juste devant l’Espagne et la France … Pour 2017, c’est un peu mieux :
    http://www.lequotidien.lu/wp-content/uploads/2018/04/DbdOcNiXcAA_IpU.jpg-large.jpg
    Espagne, France, Roumanie, Portugal, Italie et Hongrie, en gros les pays latins plus le pays populiste de Monsieur Orban, pas de quoi sauter au plafond, le tout en ayant rogné comme un porc sur les hôpitaux et l’Armée, avec un système d’enseignement hyper coûteux.
    – Concernant le commerce extérieur, c’est l’inverse, le Royaume-Uni ne produit pas grand-chose de compétitif. Ce que vous omettez, c’est que l’industrie britannique a pris aussi cher que ses consoeurs françaises ou italiennes depuis 2000, celle des USA aussi d’ailleurs :
    https://www.researchgate.net/profile/Antonio_Forte2/publication/46445672/figure/fig2/AS:341388299390981@1458404721507/Euro-area-trade-partners-Imports-in-1000-million-of-Euro.png

    Les importations en zone € ont bien augmenté :
    https://d3fy651gv2fhd3.cloudfront.net/charts/euro-area-imports.png?s=xttiez&v=201804130918v&d1=19180101&d2=20181231

    Ce qui se passe c’est que les industries anglo-saxonnes sont peu compétitives hors aéronautique ou électroniques mais beaucoup d’entre elles étaient sur du moyenne gamme et elles ont été « bouffées » par la Chine (Merci Ricardo) tandis que les pays d’Europe de l’Est continuent le reste.

    Donc vous nous démontrez que les Britanniques vivent au-dessus de leurs moyens, ce qui finit par se corriger et donc une croissance qui vient à 0.

    Les marchés financiers « anticipent », dans notre cas, si le Royaume-Uni sort de l’UE et qu’il fait face à des restrictions, il risque encore plus de problèmes et donc il est normal que sa valorisation soit en-deça, notons par ailleurs que les économies britanniques sont déphasées par rapport à celle de la zone € et plongent prématurément en récession.

    On pourrait rajouter d’autres défaillances du modèle britannique :

    – Deficit des comptes courants supérieur à 3 %
    – Position nette extérieure négative malgré les bidouillages
    https://www.thesun.co.uk/news/4691797/uk-are-half-a-trillion-poorer-due-to-no-reserve-of-net-foreign-assets-to-protect-against-the-damage-that-brexit-may-cause/

    Le bidouillage porte sur la bagatelle de 500 milliards de £ …

    – Les ventes au détail britanniques ont plongé d’un plus haut historique à un plus bas historique, un record en depuis 23 ans selon cet article :

    http://elitebusinessmagazine.co.uk/sales-marketing/item/uk-retail-sales-plummet-from-record-high-to-record-low

    Selon cet article, c’est la pire performance depuis 2009, -6 % en mars et – 3 % en avril …

    https://www.retailgazette.co.uk/blog/2018/05/april-footfall-dampened-bad-weather/

    Le Royaume-Uni est en récession, faut-il acheter des actions uniquement par haine de l’Union Européenne de l’€ et par amour du libéralisme anglo-saxon, de la common law … ?

    Au passage, le Royaume-Uni a souvent profité des problèmes européens pour se renforcer, l’Italie pourrait se doter d’un gouvernement « populiste » pas favorable à Bruxelles, peut-être cette récession qui guette ici et là pourrait enfin faire sauter l’€ et redonner un peu d’espoir aux Anglais qui se sentent bien seuls en ce moment.

    Répondre
    • Il semble effectivement que certains passages dans l’article soient écrits un peu à la va-vite. Néanmoins, un lecteur attentif devrait pouvoir faire la part des choses.
      Il s’agit effectivement de 2010 (et pas de 2004) pour l’action des Conservateurs (« ces monstres »). Sur le graphique, on peut voir la baisse (sur cette période) de 6,45 M à 5,35 M des emplois publics et la hausse (« en même temps ») de 22,7 M à 26,9 M des emplois privés. Dire qu’ils n’ont rien prouvé depuis 8 ans c’est un peu fort.
      Et ce n’est qu’un exemple…
      « Par amour du libéralisme anglo-saxon » peut-être pas, mais comme dit Badtimes plus haut, parce que « ce sont des anglais » 🙂

    • Merci Durru. Source: les grosses mains pleines de doigts

      Rectifié ce fût.

    • Cher Albion-Yapabon,

      Quand j’étais enfant, j’étais particulièrement mauvais en orthographe. Les professeurs de mon temps qui n’étaient pas encore passés par le tami bienveillant de l’éducation Nationale avaient coutume de noter les zéros de dictées en négatif. J’avais donc régulièrement des -27 ou -24. Un jour, j’eu -3. Le professeur écrivît alors sur ma copie: « En progrès ».

      Ce que je vous explique sur la GB: je ne suis pas en train de vous dire que nous serions dans une panacée absolue. Simplement le pays est passé de va « très mal » à « va mal ».
      En tant que financier, je ne suis pas là pour remettre des médailles mais tenter des solutions intelligentes à la marge.
      Si vous voulez jouer en tentant les moyennes, vous pouvez. Chacun son mauvais goût..

      Mon analyse est donc que la GB est caricaturée par pratiquement toutes les sources d’informations. Qu’en conséquence, le marché est sous évalué. Qu’acheter un marché sous évalué dans ce qui me semble un climat politique prévisible me parait une bonne position. Mais c’est juste mon avis.

      Amicalement,

      CG

    • Vous dites depuis des années que la Grande-Bretagne « surnage » ou du moins vous le laissez sous-entendre.

      Je prétends pour ma part qu’elle a effectivement surnagé … grâce à de la dette.

      Le modèle britannique entre 2010 et maintenant est le même que celui de l’Irlande, de l’Espagne, des USA … entre 2002 et 2010, bulle immobilière permettant des crédits à la consommation, ce qui entraîne une belle croissance … avec un déficit courant gigantesque.

      Oui le Grande-Bretagne va moins mal de ce côté tant au niveau du déficit public que courant … mais elle est à la ramasse par rapport à ses concurrents continentaux hors pays latins bien sûr.

      Les marchés sont en train de « pricer » un Brexit dur qui mettrait des entraves au commerce entre la GB et le Continent, pas étonnant de voir leur marché action sous-valorisé.

      Si nous n’achetons rien à la Grande-Bretagne, c’est qu’elle n’a rien d’intéressant à nous vendre.

    • @Donatello/Albion-Yapabon

      Je crois visiblement, que vous n’avez pas du voir le Avant dernier graphique. La dette de la GB en % du PIB est en diminution constante depuis 2010.

      Autre point important: MAIS N’ACHETEZ PAS LA GB, mon garçon. Très honnêtement, je pense que tout le monde dormira tranquille ce soir pour autant.

      CG donne un avis qui est le sien, encore une fois.

  10. Bonjour Charles,
    Comment obtenez-vous ces courbes de croissances privé/public ? J’ailerais beaucoup les connaître pour d’autres pays de l’UE, dont la France bien sûr.

    Répondre
    • Pour la France, la courbe du secteur public (modulo l’immigration enrichissante culturellement)= +-la courbe du PIB

      = mississipi bubble (à l’époque comme aujourd’hui appuyée sur ce qu’on appelait la « Nouvelle France », cela ne s’invente pas!)

  11. Surtout depuis par exemple l’évocation italienne d’un recours possible à une monnaie alternative…

    J’espère que les français regarderont d’un nouveau jour le débat présidentiel du second tour, qui fut selon moi un excellent débat mais pour plus tard et pas dans le même sens que celui du figaro ou de bfm.

    (A l’instar de Trump qui clamait pendant la campagne à Washington et au big biz qu’il ne participait que pour construire en notoriété un media concurrent de Fox, et comme l’a relevé l’idl: la coalition de la libération de l’Italie a soigneusement pris soin de ne surtout pas évoquer l’euro avant l’élection… la presse est donc tombé la tête première dans le panneau et en Italie et aux US)

    Répondre
  12. Anecdote :

    Une petite mamie bourgeoise du 16ème avait il y a plusieurs décennies un PEA très bien géré. Quand sa famille et ses amis lui ont demandé comment elle faisait pour avoir d’aussi bonnes performances, elle avait répondu qu’elle lisait les journaux, prenait note elle et qu’elle faisait exactement l’inverse de ce qu’ils préconisaient…!

    Répondre
    • Cela ne doit pourtant faire que « quelques » (3?) petites décennies car la création des PEA est à ma connaissance assez récente!
      Mais cela doit être largement suffisant si j’en croit ce que promettent certains sites de conseils financiers (AGORA notamment pour ne pas la nommer) dont des suiveurs disent avoir doublé leur mise en 3 ans.

    • Fiche WIKIPEDIA :

      Le PEA a été créé en 1992 afin d’encourager l’investissement en bourse des particuliers, notoirement bas en France.

    • Et qui étaient aux manettes en 1992 en France…

      Les Tartufe professionnels quoique l’IDL prête un certain bon sens au PM de l’époque.

  13. Quid du niveau d’endettement privé ? 170 % du PIB d’après les données de la FED de Saint-Louis.
    Si cette privée devient publique comme après 2008, la BoE va encore faire tourner la planche à billets à plein régime, mais ne pourra pas baisser les taux vu qu’ils sont déjà au plancher ou alors ils vont devenir très négatifs…

    Répondre
    • Bonjour et merci à M. Gave pour cet article éclairant et enrichissant.

      Quant à la dette, il serait intéressant de savoir :
      – si elle est majoritairement détenue par les habitants ou les étrangers
      – en quelles monnaies elle est libellée
      – si la productivité du secteur privé continue de progresser convenablement

      Si elle est majoritairement détenue par les britanniques, libellée en monnaie locale et que les vrais travailleurs continuent de bien travailler, ça ne devrait pas poser de problèmes sérieux…

      Je dis sans doute des bêtises, mais c’est ce que j’ai crû comprendre en lisant le processus de « soft deleveraging » de l’économie US que MM. Trump et Powell essaient de faire. C’est parce que ces 3 points sont réalisés qu’ils peuvent augmenter les taux d’intérêts sans trop de douleur.

Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *