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Quittons un instant la politique, les problèmes économiques et les tensions mondiales pour aller vers des sujets non moins essentiels : les librairies. Quand je me rends dans un pays étranger, il y a deux magasins que je visite en priorité : les centres commerciaux et les librairies. Dans les centres commerciaux, on comprend comment les gens vivent, ce qu’ils achètent et donc ce qu’ils consomment, on entre dans le cœur de leurs habitudes et de leurs pratiques quotidiennes. Dans les librairies, on comprend comment ils pensent, on découvre les débats intellectuels qui les agitent.

 

La France est gâtée certes, par le nombre et par la qualité de ses librairies. Pour autant, on peut regretter que celles-ci ne soient pas ce qu’elles devraient être, à savoir des espaces de vie. Trop souvent ce ne sont que des magasins de livres où des libraires surchargés ouvrent des cartons pour en remplir les rayonnages. Ces librairies-là n’ont pas d’avenir. Autant acheter ses livres sur Amazon puisque c’est le même prix et que c’est plus rapide. Les librairies qui survivront à la vente par correspondance sont celles qui ont une véritable valeur ajoutée, qui ne sont pas seulement des lieux où l’on vient pour acheter des livres, mais des lieux où l’on se rend pour partager une partie de vie. Ce modèle ne se voit pas trop en France ; dans les grandes villes européennes si. Petit florilège non exhaustif de quelques belles librairies.

 

Londres, Waterstones, Jermyn Street

 

Située non loin de Piccadilly, Jermyn Street est la rue des boutiques de vêtements pour hommes et des barbiers. La librairie Waterstones a six étages. Dans chacun d’entre eux on trouve des tables et de larges fauteuils pour lire ou pour donner rendez-vous. Il est également possible d’y déjeuner. Un restaurant rapide est situé au deuxième étage et un autre, plus cossu, au dernier. On déjeune au milieu des livres. La qualité et les prix sont tout à fait corrects. Le livre est ici un élément de vie qui accompagne toute la journée des professionnels comme des promeneurs qui passent à proximité de cette librairie. Quelle joie d’y lire dans les Chesterfields confortables au milieu d’un silence feutré.

 

Rome, Feltrinelli, gare Termini

 

Feltrinelli est une chaîne de librairies que l’on retrouve en plusieurs lieux de Rome. La boutique de la gare Termini est située au centre de celle-ci. Le bâtiment est tout en verre et de forme circulaire, si bien que l’on aperçoit les livres sans entrer à l’intérieur. Le rayon histoire est très fourni en auteurs français, notamment Jacques Le Goff ou Georges Duby, preuve de l’influence de ces derniers. En littérature, on trouve là aussi de nombreux auteurs français. Les rayonnages des librairies étrangères permettent de se rendre compte de l’influence de notre culture dans les autres pays.

En France, nous avons le livre de poche et nous sommes pratiquement les seuls à avoir ce type d’ouvrage. Dans les pays d’Europe, notamment en Italie, Espagne et Angleterre, on trouve en revanche des livres cartonnés avec rabat. Ce modèle-là n’est pas passé chez nous. Il est vrai qu’il est plus cher à produire.

 

Ceux qui ont le mal du pays peuvent se rendre à la librairie française, située non loin de la place Navone, à côté de l’église saint Louis des Français. C’est une librairie privée, qui n’a rien à voir avec le centre culturel Saint Louis situé à côté de celle-ci. Ses rayonnages sont très bien fournis. Après y avoir acheté un livre faites quelques pas pour vous rendre place Sant’Eustachio prendre un café au San’Eustachio. C’est l’un des cafés les plus célèbres de Rome, et l’un des meilleurs. À Rome, il n’y a pas de terrasses mais il y a les places ; c’est une autre façon de vivre la ville.

 

Cracovie, Mercenich, place centrale

 

Cette librairie se targue d’être la première à avoir été fondée en Europe, en 1610. C’est possible, dans la mesure où Cracovie est une des grandes villes universitaires de l’Europe. Tout en enfilade, ressemblant à un long couloir parsemé de livres, elle est ponctuée de fauteuils où il est possible de s’asseoir pour lire les livres achetés. Un bar est installé au fond de celle-ci. On peut y prendre des boissons ainsi que des salades et des tartes. Plusieurs personnes viennent y déjeuner le midi, d’autres viennent y prendre un verre et lire le journal. Là aussi, la librairie est un lieu de vie où il est possible de venir pour une rencontre ou un rendez-vous. Le tout au milieu de livres nombreux et de bonne qualité.

 

Harvard, librairie d’Harvard

 

Elle est située juste en face de l’entrée de la célèbre université. Les cars de touristes s’y arrêtent pour que ceux-ci puissent y faire des achats. Ramener un livre de la librairie d’Harvard, c’est quand même autre chose qu’une tour Eiffel dans une boîte à neige. C’est là que, jeune étudiant, j’ai découvert Alexis de Tocqueville, dans le rayonnage de sciences politiques où sa Démocratie en Amérique figurait en bonne place. J’avais pu faire tout un lycée et des études d’histoire sans qu’aucun professeur ne le citât. Un auteur français traduit en anglais, voilà de quoi attirer l’attention. Je ne l’ai jamais regretté. À côté de Tocqueville, les philosophes français dit de la déconstruction : Derrida et Lacan. On y trouve aussi Régis Debray et, plus loin, René Girard. C’était avant que celui-ci ne soit élu à l’Académie française. Un auteur essentiel, comme Tocqueville, pour comprendre l’essence de nos civilisations. Il faut parfois aller loin pour découvrir les auteurs de son pays.

 

Dublin, librairie du Trinity College

 

Bien que cette université soit aujourd’hui la fierté des Dublinois, elle a longtemps été le symbole de la présence anglaise dans l’île et de leur domination sur les Irlandais. Mais de si grands auteurs y sont passés, comme Oscar Wilde ou Samuel Beckett, qu’il est impossible de s’y rendre sans penser à eux. L’Irlande est un pays de lettres et de mots. Par rapport à sa population totale, c’est probablement le pays qui compte le plus de prix Nobel de littérature et les pubs sont à la fois des lieux où l’on boit, où l’on écrit, où l’on parle et où l’on chante. La librairie du Trinity College condense toute cette littérature, ancienne et contemporaine. Elle rappelle que la résistance d’un peuple à l’occupation passe par le maintien de sa langue et de son histoire et donc par l’importance de posséder des écoles et des universités. Ce qui fut autrefois le lieu de la domination anglaise est aujourd’hui celui de la fierté irlandaise d’être un pays libre et indépendant. Et cela depuis moins d’un siècle.

 

Varsovie, librairie Karl Marx, quelque part dans une rue

 

Impossible de retrouver le lieu exact de cette librairie, si ce n’est qu’elle est située près du centre historique de Varsovie, dont il ne reste plus rien des bâtiments d’origine, tout ayant été détruit par les Soviétiques et les nazis. La librairie a aujourd’hui un autre nom, oublié, car le polonais reste difficile à mémoriser. Mais sous le nom actuel apparaît l’ancien nom de cette librairie, qui ressurgit comme un palimpseste : Karl Marx. Ce n’est pas vieux : à peine vingt-cinq ans, mais déjà une génération. Cette surimposition rappelle que le livre n’est pas seulement un outil d’émancipation, mais qu’il peut aussi être un objet d’asservissement. Il y a des livres qui peuvent tuer de par les idées qu’ils contiennent. D’autres livres qui enferment dans l’ignorance à cause des erreurs qu’ils véhiculent. L’ignorance est l’asservissement des peuples démocratiques et le chemin ouvert des populismes. Les communistes avaient très bien compris qu’il fallait absolument tenir la culture et la vie intellectuelle pour asservir leurs peuples. Karl Marx, Berthold Brecht, Louis Aragon, Jean-Paul Sartre ont peut-être plus fait pour maintenir le totalitarisme communiste que les gardiens des goulags. Les mots et les idées peuvent libérer comme ils peuvent être, également, des armes dangereuses pour les intelligences. C’est toute l’ambiguïté du livre, qui peut faire grandir ou faire mal.

La librairie Karl Marx de Varsovie a été un de ces goulags anonymes qui ont contribué à maintenir prisonnier un peuple pendant près de soixante ans.

 

Riga, magasin Phillips

 

Pourquoi un magasin de téléviseurs dans une liste des librairies remarquables ? Parce que tous ces écrans exposés dans la boutique me rappellent invariablement le livre de George Orwell, 1984. Celui-ci décrit une société communiste et la façon dont le régime asservit sa population. Orwell précise bien que dans cette nouvelle société les murs sont tapissés d’écrans et qu’il est interdit de les éteindre. Ce sont des murs écrans, qui captent perpétuellement l’attention des populations et qui permettent à Big Brother de les surveiller. Ce que le régime communiste impose par la force nous l’avons aujourd’hui volontairement. Les murs des métros ont leurs écrans publicitaires, les Transiliens aussi, où des écrans nous regardent perpétuellement pour nous parler des charmes de l’Ile-de-France. À Rome comme à Londres, les écrans sont présents à l’intérieur des rames de métro pour déverser leur publicité. L’écran capte l’attention beaucoup plus que l’affiche ; il devient difficile de s’en détourner. Et pourtant, il ne facilite ni l’apprentissage ni la concentration. Le rapport Pisa 2015 démonte l’usage du numérique à l’école en démontrant que plus les pays développent le numérique dans les classes plus les résultats baissent. Répondant à un journaliste du New York Times, Steve Jobs lui expliquait qu’il avait interdit l’usage des tablettes à ses enfants car cela nuisait à leur créativité et à leur imagination.

Or, pour beaucoup de parents et d’enfants, la tablette et la télévision sont en train de remplacer le livre. Quel dommage ! Le livre est un objet de voyage et d’ailleurs, il ouvre sur la liberté de l’imagination et de la créativité, alors que les écrans enferment et restreignent les horizons.

 

Riga, été 2016. Je viens dans ce magasin Phillips pour acheter une carte mémoire pour appareil photo. Avant moi une famille de Lettonie, les grands-parents, les parents et les enfants. En voyant les grands-parents s’acheter un téléviseur comment ne pas penser qu’il y a vingt-cinq ans ceux-ci vivaient sous le joug communiste ? Les magasins d’alimentation étaient alors vides, la liberté intellectuelle inexistante et la répression politique toujours présente. Aujourd’hui, ces personnes mangent à leur faim et peuvent même s’offrir un téléviseur. La liberté est décidément toujours préférable à la dictature.

Quant aux enfants, ils repartent chacun avec une tablette. Illustration dangereuse du célèbre discours de Harvard prononcé en 1978 par Alexandre Soljenitsyne. Face aux Américains, celui-ci pourfendait le matérialisme soviétique, destructeur des peuples et des cultures. Mais il s’attaquait aussi au matérialisme de l’Occident qui, s’il ne pense qu’à sa bouche et à ses loisirs, oubliant la vie de l’esprit et de l’intelligence, risque de tomber dans une autre forme de dictature, non moins enviable que celle de l’Est. La librairie doit être ce lieu des libertés.

 

Paris, librairie des Puf, rue Monsieur le Prince

 

Achevons ce voyage par Paris. Si nos libraires veulent survivre, ce ne sera pas en mettant des bâtons dans les roues d’Amazon ni en quémandant des subsides et des aides auprès des gouvernements. La librairie doit être autre chose qu’un magasin de livres. À Cracovie, Rome ou Londres, ce sont des lieux de vie, où l’on peut venir prendre un verre, convier à un rendez-vous, déjeuner sur le pouce. Pourquoi ce beau modèle du livre et de la vie ne se diffuse-t-il pas en France. Quel libraire aura l’idée de passer un accord avec le café qui le jouxte pour associer les deux ?

Étudiant en Sorbonne, j’ai vu mourir en 2005 la librairie des Puf, située place de la Sorbonne. Imagine-t-on pourtant un meilleur emplacement ? Le bâtiment est aujourd’hui occupé par un Nike store, ce qui en dit long sur les activités principales des étudiants. Une nouvelle librairie des Puf a rouvert en mars 2016, rue Monsieur le Prince. Elle s’inspire des librairies précédemment citées. Les livres exposés ne servent que pour la décoration puisqu’on ne peut pas les acheter. Les livres en vente sont produits sur place, par une grosse machine qui imprime les pages et les colle. On choisit son livre sur ordinateur et celui-ci est imprimé en quelques minutes. Idéal notamment pour les livres qui ne peuvent plus être édités. Cette méthode signe aussi la fin des diffuseurs. En attendant l’impression du livre, il est possible de prendre un verre au café aménagé dans la boutique. Avis aux étudiants désargentés : on y trouve le café le moins cher du Quartier latin. Et s’il fait beau, on peut aller lire son livre dans les jardins du Luxembourg. Un autre lieu de vie, pour associer le voyage de la lecture et l’intemporalité des lieux.

 

 

Auteur: Jean-Baptiste Noé

Jean-Baptiste Noé est historien et géopolitologue. Il est professeur d'histoire et d'économie dans un lycée parisien. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages : Géopolitique du Vatican. La puissance de l'influence (Puf, 2015), Le défi migratoire. L'Europe ébranlée (Bernard Giovanangeli, 2016) et, récemment, un ouvrage consacré à la liberté scolaire : Rebâtir l'école. Plaidoyer pour la liberté scolaire (Bernard Giovanangeli, 2017).

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24 Commentaires

  1. Monsieur Noé,
    Encore un bel article. Je dois dire que votre idée de concept me plaît.

    «J’avais pu faire tout un lycée et des études d’histoire sans qu’aucun professeur ne le citât»

    Je suis moi aussi allé à l’éducation nationale. J’ai également découvert Tocqueville bien plus tard, et la lecture du premier tome de la démocratie en amérique fut un choc et une immense bouffée s’air frais. Le second auteur qui procura également cet effet fut Hayek quand j’ouvris par hasard «Droit, legislation et liberte».
    Parce que on fait toute sa scolarité avec des profs médiocres, avec des réf médiocres. On ne se rend même pas compte qu’il y a eu des gens intelligents autrefois, qu’ils ont écrit des choses formidables, et qu’il n’est pas nécessaire de réinventer la roue.
    Bref.

    Quand ouvrez-vous votre propre café-biblio-librairie? J’y viendrais abuser de votre hospitalité.

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    • Hélas, pas d’ouverture prévue pour l’instant mais peut être dans quelques années…

  2. A la librairie d’Harvard, n’avez vous pas trouvé Frédéric Bastiat beaucoup plus connu las bas que dans son pays natal, ou même JB Say ?

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    • Ils y sont peut être, mais je ne me souviens pas les avoir vus.

    • Mon cher Jean Baptiste
      Vous venez de me faire un plaisir immense et je vous en remercie
      Charles Gave

  3. Monsieur votre nom serait il prédestiné? Je suis un lecteur assidu de votre site et en particulier de votre éminent confrère charles GAVE . Je vous rejoint totalement sur votre vibrant appel concernant les libraires et librairies . Oui nous avons encore de belles librairies en France. Pour combien de temps encore ? Nous subissons comme beaucoup d’entreprises et de commerces une montée inexorable des charges et sommes aux prises aux dictats parfois ubuesques de l’administration. Petit fils et fils de libraire je peux témoigner du chemin de croix parcouru.
    Entre les débuts de mon grand père et la lente agonie que nous subissons actuellement il y a un monde !
    En tout cas merci pour votre article qui rejoint totalement mes conceptions et je vous invite vous et monsieur GAVE à venir signer vos ouvrages dans ma belle librairie de Nice . Puissions nous surnager ….

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    • Merci pour votre message.
      J’y viendrai avec grand plaisir, d’autant que je passe régulièrement dans la région.

  4. Syrie , Lybie, Guilly décidément vous faites toujours bien les choses…

    Est-ce que juridiquement on peut retweetez des mails bruts d’Emmannuel Macron provenant de sa bibliothèque à 12h01 ce soir ?

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  5. Cher Monsieur, Votre rêve de voir à Paris la réunion d’un café et d’une librairie, je l’ai réalisé. J’ai tenu de 1978 à 1981 une librairie restaurant, nommée « Patatengros » dans le 14ème. j’avais été précédé quelques années avant par le « Millefeuille », rue des Archives, proche de l’ancienne Bibliothèque Nationale.
    En ce qui me concerne ça a été une période très prenante. Le concept marchait. Le restaurant amenait de la vie et des marges, la librairie du standing.
    Mais pour que la librairie survive il faudrait améliorer l’amont et l’aval. L’amont parce que les livres de bonne tenue sortent à l’étranger et ne sont pas traduits, notamment en économie. Et à l’aval je suis triste de constater parmi les gens que je fréquente, d’un bon niveau intellectuel, trop d’entre eux se cultivent en regardant la télé.

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    • J’aurais bien aimé connaîtrez votre restaurant.

      Il y a en effet deux problèmes : celui de la baisse de la lecture d’une part et celui de la distribution du livre d’autre part.

      Il y a beaucoup d’acteurs sur le livre, de l’auteur au libraire, si bien que personne ne gagne beaucoup d’argent.

  6. Au Canada, la plupart des librairies sont associées à un petit café, de type Starbuck ou Second cup. Endroits très agréables où on peut aussi se brancher sur internet.

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    • Sauf votre respect, la notion de « petit café » que vous évoquez m’apparaît falsifiée et aux antipodes de la réalité d’une librairie décrite par Monsieur Noé. Les libraires indépendants se meurent au Québec parce que les prédateurs les asphyxient lentement pour ensuite assécher la vivacité littéraire en ne présentant que des « succès » de librairie, des « best-sellers » médiocres et pré-formatés. Pensons à une « librairie » comme Renaud-Bray qui ressemble beaucoup plus à un « magasin » de bricoles inutiles et fabriquées en Chine. Les quelques libraires indépendants qui survivent sont des irréductibles amoureux de la littérature.

      Starbuck? Second Cup? Des petits cafés agréables? On peut toujours rigoler quand on ose comparer ces endroits dénaturés au Café San Eustachio de la Piazza Navona!

      Starbuck (l’argent célèbre) représente la « peopolisation » de l’argent et non l’épanouissement de la culture. Quant à Second Cup, cette chaîne est l’apanage de la médiocrité franchisée. Le concept de « deuxième café » (concept importé des États-Unis), qui est un affreux calque de l’anglais, montre bien le biais idéologique de la fausse abondance. Ces entreprises prédatrices – qui éliminent les petits cafés ayant une âme, ce qui est insupportable pour le prédateur – ne respectent rien, surtout pas la langue de Molière.

      En Amérique, et surtout au Québec où le « suivisme » devient endémique, on troque la qualité pour la quantité et l’argent, le deuxième café étant tout aussi médiocre que le premier tandis que les stars en mettent plein la vue aux manants avec leur endroit branché sous respirateur culturel. Ce n’est surtout pas dans ces lieux vides que l’on rencontrera Thomas Mann ou Albert Camus!

  7. @JB Noé
    Pour la fin de Full Metal Jacket, vous pouvez aussi lire « Dans le château de BarbeBleue de G Steiner. Pour Eyes Wide Shut, métaphore de l’incarnation, vous pourriez en discuter avec Michel Cazenave; c’est un passionné de cinéma qui a bien saisi cet aspect de Kubrick.
    Cordialement.

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    • Merci pour ces références. Les films de Kubrick méritent effectivement d’être revus.

  8. Merci pour ce nouvel article passionnant. Evidemment moins prestigieux, la librairie Dialogues de Brest pour ceux et celles qui iraient à l’extrémité Ouest du pays. Beaucoup de livres passionnants, notamment au rayon histoire. J’y ai déniché, entre autres, le livre sur la bataille de Bir Hakeim d’Erwan Bergot qui est très orienté sur les hommes qui ont fait cette bataille (aussi bien des officiers que des hommes de rang). Des héros trop méconnus… J’ai particulièrement été marqué par le lieutenant Jean Devé et le colonel Dimitri Amilakvari pour ne citer qu’eux. Les conférences régulières au café de la librairie animent ce bel endroit.

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  9. Cher Monsieur Noé, c’est un bonheur que vous ayez rejoint l’IDL, espérons que vous poursuiviez l’aventure le plus longtemps possible, amicalement.

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    • C’est très gentil, merci.

    • Merci !

  10. Merci beaucoup pour cette bouffée d’air!
    J’ai aussi connu de tels lieux, plus petits, moins prestigieux en Cornouailes, petites librairies communiquant avec un salon de thé.
    Les mots sont de petits oiseaux aux ailes repliées qui attendent le souffle du lecteur pour prendre leur envol. (Donc éviter les petits gâteaux qui font des miettes en soufflant, et ceux à la crème qui gâtent un peu les pages! Les cartes marines anciennes du SHOM tolèrent par contre très bien les ronds rouges que laissent les verres de vin!) C’est ainsi que nos livres deviennent vraiment nôtres et que nous pouvons, petit à petit, y nicher pour grandir.

    Ceux que la lecture de Girard rebute un peu, trouveront avantage à regarder les derniers films de Stanley Kubrick: il y montre ce que Girard explique. Notamment Full Metal Jacket qui illustre pas à pas le bouc émissaire et la formation de la société dans la Violence et le sacré. Le prélude de Full Métal Jacket est aussi à mettre en parallèle avec le début des Temps Modernes de Chaplin. Car notre manière de manger comme notre manière de nous coiffer sont éminemment reliées à notre culture et à notre identité.
    Cordialement

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    • Associer Girard aux films de Kubrick est une très bonne idée, je n’y avais pas pensé. On y retrouve bien effectivement ce principe de violence mimétique.

      Je retiens cela pour un cours sur ce sujet.

  11. Merci pour ce superbe article

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  12. J’ajouterais également
    BRUXELLES LIBRAIRIE FILIGRANES AVENUE DES ARTS 39 , 1040 BRUXELLES
    Ouverte tous les jours y compris le dimanche , l’espace est immense , c’est aussi un lieu de vie où les gens peuvent manger et échanger autour d’un café .

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  13. J’étais entré dans (la ?) une librairie de la Havane, il y a une dizaine d’années. L’un des rares endroits climatisés de la ville.
    J’y ai ramené un traité passionnant sur la musique cubaine, ses origines, ses rythmes, ses instruments, avec le challenge de le lire dans la langue de Bolivar.
    Dans ces pays chauds et humides, où le papier ne se conserve pas bien, je me disais que ce devait être compliqué de garder quelques livres chez soi, se faire une bibliothèque.
    Indépendemment de l’accès aux oeuvres.

    Asta la victoria sempre !
    Heuuu … cordialement,

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    • Merci, auriez vous une recommandation pour AUSTIN (Texas, US)

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