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L’Europe est en complète stagnation. La courbe du chômage tarde à s’inverser. Malgré les tombereaux de liquidités déversés par les autorités monétaires, l’inflation ne dépasse guère 1,5% dans la zone Euro et aux Etats Unis. La prochaine échéance  est très probablement une séquence de déflation, car la BCE est de plus en plus handicapée par les disparités franco allemandes…

Malgré ce tableau peu encourageant, les valeurs européennes ont retrouvé leur niveau de 2008 d’avant la crise. Rappelons que l’indice MSCI Europe avait déjà progressé de 26% en 2013 contre 32% pour le marché américain et -2,4% de baisse pour les marchés émergents. La plupart des gérants et des stratégistes répètent en boucle qu’ils croient à une poursuite de la hausse des actions puisqu’il n’y a pas d’alternative …..

Toutefois, il existe en cherchant bien quelques gérants qui sont plus prudents comme Paras Anand gérant Europe chez  Fidelity  qui anticipe une consolidation des marchés européens, ce qui signifie une baisse,  au cours du premier semestre.

 

Depuis le début de la crise en 2008, un pays qui n’était plus compétitif par rapport à ses partenaires pouvait effectuer un ajustement soit sur l’emploi,  soit sur les salaires soit sur la durée du travail. S’il le faisait, comme cela a été le cas en Irlande, Espagne, Portugal et un peu moins en Italie, il pouvait obtenir ses premiers résultats environ cinq ans après.  S’il ne le faisait pas, ce qui a été le choix de la France,  il sacrifiait les marges de ses  entreprises qui n’ont plus généré assez de cash flow pour investir, innover et créer les emplois de demain.

 

La France est donc à la traine. Depuis le début de l’année, on assiste à une tension sur les taux d’intérêts de la dette française, alors qu’ils sont en baisse pour l’Italie, l’Espagne et le Portugal. Nous avons toujours pensé que la France ne pourrait pas continuer à profiter de couts de refinancement aussi bas et qu’elle serait subitement confrontée à une hausse de 100 à 200 points de base dans un laps de temps très court. Ce moment est peut être en train d’arriver.

 

La France de 2014 est l’homme malade de l’Europe. Elle croule toujours sous les déficits et la dette. Le déficit commercial s’est encore creusé en novembre. La croissance est anémique et le chômage bat des records ce qui est normal avec un investissement qui décroit depuis huit trimestres. Le CICE (Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi) ne fera que compenser une petite partie de ce qui a été demandé aux entreprises en impôts supplémentaires. Le petit surcroit de compétitivité qu’il recréait pour les entreprises est déjà perdu par la déflation espagnole. Il aurait été tellement plus facile de procéder à une baisse des charges des entreprises pour leur permettre de reconstituer leurs marges bénéficiaires.

Karine Berger économiste et députés socialiste, qui nous expliquait encore en septembre dernier dans Le Nouvel Observateur que « Il n’y a pas de pression excessive sur les entreprises en France » devra donc revoir sa copie….

 

Les effets pervers des changements de seuil sont dévastateurs pour le développement des  entreprises au delà de 50 salariés. Nous sommes malheureusement en train de décrocher par rapport à l’Allemagne, la Grande Bretagne l’Irlande et même l’Espagne.

 

On est maintenant dans un choix de société. Soit on a envie de vivre dans une économie socialisée où l’état prend de plus en plus la main sur l’économie pour aller vers une nouvelle forme de collectivisme, soit on a envie de vivre dans une économie de libertés.

 

Le moment de choisir c’est maintenant. Comme le recommande très respectueusement Didier Migaud le Président de la Cour des comptes « Il faut en finir avec les non choix ».  Cela signifie clairement que la France a besoin d’une thérapie de choc. Mais pour y parvenir il faut une majorité politique et sociologique qui sont des éléments absolument indispensables dont le Président de la République ne dispose pas aujourd’hui. Le secteur privé qui est évidemment essentiel pour remettre l’économie française sur les rails de la croissance est encore aujourd’hui numériquement et politiquement minoritaire.

 

Comme l’Allemagne ne cautionnera  jamais une politique favorisant l’inflation, Hans- Werner Sinn professeur d’économie  à l’Université de Munich considère même qu’ il faudra que des pays quittent temporairement la zone Euro pour procéder aux ajustements nécessaires.

 

L’Allemagne dépend beaucoup moins pour sa croissance de la zone euro qui ne représente plus que 36% de ses exportations. La crise a révélé la puissance économique allemande ce qui a fait ressurgir chez certains hommes politiques français quelques idées violentes contre une Allemagne accusée de « vouloir imposer son modèle aux autres ».

 

En Grande Bretagne, malgré les succès déjà enregistrés, il n’y aura pas de pause dans l’austérité. Le gouvernement prévoit 72Md€ d’économies sur quatre ans et une baisse des aides sociales.

 

Aux Etats Unis l’optimisme sur la poursuite de la hausse du marché est toujours là.

La hausse du dollar qui devait se produire au début de l’année n’a pas eu lieu.

L’optimisme a été tempéré  par les mauvais chiffres de décembre où les créations d’emplois ont été au plus bas depuis trois ans.

 

En Asie du Sud Est on assiste à une baisse des marchés. Après avoir baissé d’environ 20% par rapport à leur plus haut de 2013, l’Indonésie, les Philippines, la Thailande, et la Malaisie ont encore  un Price/Earnings Ratio autour de  15X contre 6,3x pour les valeurs chinoises côtées à Hong Kong. Dans les grands fonds internationaux les ventes de marchés émergents en faveur des marchés développés ont donc l’air de se poursuivre.

 

 

 

Les cours des matières premières de plus en plus difficiles à décrypter

 

Le cuivre envoie des signaux difficiles à interpréter. La tonne pour livraison à 3 mois à 7460$ est au plus haut depuis 7 mois. Ce qui en temps normal serait interprété comme un signal positif. Dans une période de taux d’intérêts très bas et de « quantitative easing » il faut être plus prudent car les achats importants de la Chine sont plus la conséquence d’une stratégie financière que d’une demande industrielle….

 

L’or est à son plus haut depuis trois semaines en raison d’une forte demande asiatique. cette remontée se produit au moment où de nombreux papiers expliquant qu’après 25% de baisse en 2013, la chute allait se poursuivre….

 

Le Pétrole  devrait baisser un peu. La production des Etats Unis devrait satisfaire l’essentiel du surcroit de la demande mondiale….

Auteur: Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est diplômé de l’École Supérieure de Commerce de Bordeaux, titulaire d’une licence en droit de l’Université de Paris X. Il a été successivement fondé de pouvoir à la charge Sellier, puis associé chez Nivard Flornoy, Agent de Change. En 1987, il est nommé Executive Director chez Shearson Lehman Brothers à Londres en charge des marchés européens et membre du directoire de Banque Shearson Lehman Brothers à Paris. Après avoir été directeur général associé du Groupe Revenu Français, et membre du directoire de Aerospace Media Publishing à Genève, il a créé en 1996 Concerto et Associés, société de conseil dans les domaines de le bourse et d’internet, puis SelectBourse, broker en ligne, dont il a assuré la présidence jusqu’à l’ absorption du CCF par le Groupe HSBC. Il a été ensuite Head of Strategy de la société de gestion Montpensier Finance.

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