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Le vendredi est souvent consacré à des sujets plus légers, plus théologiques ou goûtus.

Trouverez-vous l’angle de cette semaine signé de Charles Gave?

Quiconque lit les évangiles ne peut pas ne pas être frappé par l’immense appel à la Liberté individuelle qui s’en dégage.  En rupture totale avec le Judaïsme, jamais le Christ ne fait un appel à la communauté, au groupe , à la responsabilité « collective »,à la Tribu, à je ne sais quelle « raison d’état », prétextes toujours invoqués pour justifier des crimes.

Le Christianisme est le premier système intellectuel qui rompt totalement avec le Tribalisme et ses dérives inhumaines. Il rompt ainsi avec toute notion collective.  Il n’y a pas de morale collective, il n’y a qu’une morale individuelle. Il n’y a pas de Bien collectif, il n’y a que des destinées individuelles qui s’additionnent.

Le monde deviendra meilleur non pas parce que nous aurons trouvé le système politique parfait, qui ne peut exister puisque l’Homme est imparfait (notion du péché originel) mais parce que chacun d’entre nous  aura travaillé à s’améliorer tranquillement et aura cherché à faire le bien autour de lui, dans la mesure de ses moyens.

Jamais le Christ ne dit à l’un de ses Apôtres : « Va dire à un tel ou un tel de faire ceci ou cela », jamais.

IL dit  » Si tu penses que quelque chose doit être fait, fais le toi même ».

Et le seul but de Jésus est bien sur que nous le rencontrions personnellement.

Pour Lui, il est évident que Dieu ne sait compter que jusqu’à UN et que pour arriver jusqu’à Dieu if faut passer par Jésus et par Lui seul.De cette amélioration de chacun d’entre nous dépend en dernier ressort l’amélioration collective et nul n’est autorisé à juger le comportement de son voisin.  » Ne jugez pas, si vous ne voulez pas être jugé« 

De cet appel  à la Responsabilité personnelle et à la Liberté individuelle est né toute notre Civilisation comme chacun peut s’en rendre compte tous les jours.

Nous sommes la SEULE Civilisation qui place l’Individu au cœur du système, la seule et c’est ce qui fait sa grandeur.

Le message du Christ est de fait essentiellement révolutionnaire, mais c’est à l’intérieur de chacun de nous que doit se passer la révolution, et non pas à l’extérieur comme certains semblent le croire.

Arrivons à l’époque moderne qui commence au XVIII siècle.

Le  message du Christ, porté par l’Église pendant des siècles atteint enfin ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui le Société Civile et c’est l’émergence de ce que nous appelons les Lumières.

Le but des Lumières est de codifier dans le Droit et la Loi le message des évangiles (beaucoup des Philosophes de l’époque des Lumières étaient profondément Chrétiens): Nous sommes tous égaux  dès la naissance dans le regard de Dieu.Et le travail fait par les Philosophes des Lumières permet que se mettent en place assez rapidement (en moins d’un siècle) des règles juridiques qui visent à trois choses:

1.       Empêcher les riches et les puissants de remettre en place sous une forme ou sous une autre l’esclavage et donc de rétablir l’inégalité.

2.       Empêcher les « petits » de massacrer les gros et les puissants lors de Jacqueries rendues inévitables par le manque d’espoir dans les classes dominées, ce qui conduirait les petits au crime ultime, l’assassinat d’un autre être humain.

3.       Pour arriver à ces deux buts, il faut un état fort, mais il faut aussi empêcher cet état fort de devenir tyrannique. l’état doit donc être à la fois puissant mais limité et contrôlé.

Les règles juridiques mises au point à l’époque pour atteindre ces buts constituent l’essentiel de ce qu’il est convenu d’appeler le Libéralisme. Il faut bien se rendre compte que le Libéralisme n’a en fait rien à  voir avec l’économie mais tout à  voir avec le Droit car seul un Droit égal pour tous permet l’exercice de la Liberté individuelle.

Une fois que ces règles furent mises en place, en écosse, aux USA, en Grande Bretagne, puis ailleurs, « miraculeusement » la croissance économique fit son apparition  et changea la face du monde, à jamais. Mais la croissance économique fut le résultat de l’établissement de ces règles juridiques et non pas la cause comme semble le croire beaucoup de gens mal informés .

Très curieusement, l’Église Catholique fut longtemps opposée à ces nouvelles règles qui battaient en brèche son magistère moral et ces reformes furent plus portées par les confessions Protestantes que par l’Église. Heureusement, cela n’est plus le cas,  mais il reste encore un travail énorme à faire à  l’intérieur de la vieille église Catholique, en particulier en France qui ,hélas, a remplacé une erreur par une autre…

Car c’est la que les choses se gâtèrent.

Une nouvelle Foi religieuse, violemment opposée aux principes même du Libéralisme vit le jour, le Socialisme, cette nouvelle Foi engendra une nouvelle église et cette église réussit le plus formidable détournement d’héritage de l’Histoire, en prétendant qu’elle seule avait compris les évangiles et qu’il lui fallait conquérir l’état pour mettre en œuvre par la force s’il le fallait le message d’égalité implicite qui s’y trouvait.

Cette nouvelle église revendique le monopole du cœur et de la générosité, jamais à partir d’un appel à une amélioration individuelle mais toujours en s’appuyant sur la contrainte et la violence.

Il s’agit d’une escroquerie intellectuelle sans précédent dans l’Histoire et nous sommes en face d’une résurgence du tribalisme le plus bas, le but étant l’établissement d’une sorte de Théocratie laïque fondée sur la jalousie et la haine du voisin et qui gouverne  soit disant au nom du Bien, mais en réalité  au profit d’une nouvelle cléricature.

Le socialisme n’est pas l’héritier direct du Christianisme, mais son antithèse, son opposé hideux et qui d’ailleurs partout et toujours persécute les Chrétiens.

Il nous faut donc dénoncer, dénoncer toujours , dénoncer encore cette escroquerie et rappeler d’où nous venons, sans relâche.Nous venons des évangiles et cela ne doit jamais être oublié. Nous nous appuyons sur le Droit qui n’a rien à voir avec des lois transitoires votées par des majorités de circonstance.

 

 

 

 

Charles Gave

 

Catégories: Arts, Lettres Arts

Auteur: Charles Gave

Economiste et financier, Charles Gave s'est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 " Des Lions menés par des ânes "(Editions Robert Laffont) où il dénonçait l'Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage "L'Etat est mort, vive l'état" Editions François Bourin 2009 prévoyait la chute de la Gréce et de l'Espagne. Il est le fondateur et président de Gavekal research (www.gavekal.com) et Gavekal securities.

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