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Un état désastreux et accablant du marché du travail

Une gouvernance inexistante, couteuse, inefficace, avec une gestion périmée et complexe. Le constat est connu depuis plus de 30 ans est s’organise autour de l’idée que nos gouvernants sont incapables de faire simplement ». Stratégie, structuration, organisation, réformes, procédures, gestion et suivis sont-ils des mots à bannir de notre vocabulaire politique de peur de blesser certains cénacles politiques qui mettent tout leur énergie à critiquer l’autre.

Une vraie bombe à retardement, Sous le poids de la crise structurelle et financière, de la croissance nulle, des déficits et sans réforme immédiate, le système va simplement tout droit dans le mur.Et pourtant, 50 milliards d’euros sont consacrés chaque année à l’indemnisation des chômeurs à l’incitation au travail, à la création d’emplois et à la fameuse formation professionnelle, mais en vain.

Alors que la France connait une baisse de l’activité beaucoup moins forte que ses voisins, elle a pourtant observé son taux de chômage progresser beaucoup plus vite. Cela met en évidence que tous  les politiques du marché du travail aux multiples dispositifs ne sont plus adaptées aux évolutions et aux mutations du marché du travail.

Le régime d’indemnisation des chômeurs français est l’un des plus protecteurs d’Europe :

–       La durée de la cotisation la plus faible pour bénéficier de l’assurance chômage

–       L’indemnisation maximale la plus élevée

 

 

France

Allemagne

Italie

Taux de cotisation

6,4 %

3 %

1,61 %

Durée d’activité minimale requise

4 mois dans les 28 derniers mois

1 an dans les 6 dernières années

2 ans dans les 2 dernières années

Durée d’indemnisation

Entre 4 mois et 3 ans

Entre 6 mois et 2 ans

Entre 8 mois et 13 mois

Plafond mois d’indem.

6.165 €

2.215 €

1.119 €

Taux de chômage

10,7 %

6,1 %

8 %

 

Des solutions adaptées et urgentes doivent être mises en place immédiatement.

 

La Cour des comptes a fait des recommandations aux partenaires sociaux et au gouvernement dans le cadre de leur renégociation de la convention d’assurance chômage pour ce qui concerne le fonctionnement du marché du travail.

Les aides à l’emploi :

–       Constat: La concurrence pour accéder aux dispositifs de retour vers l’emploi devient s’est exacerbée devant le nombre de plus en plus important des demandeurs d’emploi. En effet, les chômeurs diplômés ont écartés des priorités des dispositifs d’aides les non-diplômés et ceux en plus grande difficulté.

–       Recommandation: Conditionner l’accès aux dispositifs aux difficultés réelles du chômeur, et non à sa situation juridique.

La gouvernance :

–       Constat: L’Etat, les régions, les partenaires sociaux, les organismes paritaires collecteurs agréés, etc. se superposent et s’entremêlent dans des stratégies différentes ou il n’existe aucune coordination qui empêche la mise en œuvre de politiques concertées et cohérentes.

–       Recommandation: Coordonner et simplifier les actions menées. Faute d’une gouvernance efficace aux objectifs communs aurait pour conséquence de rendre le fonctionnement des dispositifs beaucoup plus inefficaces.

Les emplois aidés :

–       Constat: Une exception bien française. Les personnes bénéficiant d’un emploi aidé dans le public ont deux fois moins de chance de trouver un travail que celles qui ont profité du même dispositif dans le privé.

–       Recommandation: Plus de contrats aidés dans les entreprises qui sont quasi intégralement exclues du dispositif. Se polariser sur les personnes en difficulté avec des contrats d’un an au moins et incluant une formation adaptée.

La formation professionnelle :

–       Constat : En France, les régions gèrent l’apprentissage et la formation des demandeurs d’emploi et les partenaires sociaux ont main mise sur l’essentiel des financements d’un montant de 31 milliards d’euros, soit 1,6 % du PIB. La formation professionnelle continue bénéficie plus aux salariés les mieux formés, alors que les moins qualifiés font face au risque de chômage le plus élevé. Quant aux chômeurs, ils continuent d’être les laissés-pour-compte du système.

–       Recommandation : Retirer la gestion de l’apprentissage et la formation des demandeurs d’emploi du mille-feuille régional, et surtout retirer aux entités dogmatiques partenaires sociaux pour regrouper l’ ensemble de la gestion apprentissage, formation et finances dans une entité efficace.

Les intermittents :

–       Constat : Dans le collimateur de la Cour des comptes, le régime des intermittents concerne 3 % des chômeurs, soit environ 100.000 personnes. Une minorité ruineuse et une inégalité insultante pour les autres chômeurs, son déficit avoisine le milliard d’euros par an qui représente 33 % du déficit de l’assurance chômage à elle seule. En cumulé depuis 10 ans, le déficit cumulé des intermittents équivaut à la dette totale de l’assurance chômage.

–       Recommandation : Sabrer les indemnisations des techniciens du spectacle en priorité.

Le chômage partiel :

–       Constat : un dispositif très peu utilisé par les entreprises parce que trop lourd administrativement et trop complexe

–       Recommandation : dispositif a fusionné avec les dispositifs existants pour plus d’efficacité.

 

Depuis 6  mois, François Hollande promet d’inverser la courbe du chômage d’ici fin 2013, alors que pour inverser la courbe du chômage, il faudrait une croissance d’environ 1,5 % du PIB.

 

 

Par André Moguérou

avec tous nos remerciements

 

 

Auteur: André Moguérou

André Moguérou, âgé de 69 ans, est diplômé de l'école navale (spécialisation SUP AERO), démissionnaire de l'aéronautique navale, il démarre sa carrière en 1967 dans les laboratoires de recherche d'IBM aux Etats Unis, principalement dans les systèmes d'entrée/sortie de la gamme ordinateurs MainFrame.Depuis 2005, il intervient avec un groupe d’experts en stratégie marché, organisation, marketing, commercial et financier auprès de sociétés, notamment dans les nouvelles technologies, pour leur permettre de développer leur croissance interne, de négocier des associations opportunes par fusion ou par acquisition. André Moguérou a une vision très précise du marché qui lui permet de bâtir des structures toujours en parfaite adéquation avec les évolutions du marché. Sa très grande expérience technique, commerciale et financière en fait un négociateur de haut niveau. Ancien rugbyman au niveau national, ses principales passions sont le sport, l’opéra, les voyages, la lecture et la poésie provençale.

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