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C’est avec raison que l’on parle beaucoup des thèses de Christophe Guilluy, car c’est un auteur stimulant, qui a l’intérêt de susciter la réflexion et de ne pas s’enfermer dans des cadres intellectuels préétablis. Croisant la géographie, l’économie, la sociologie et la géographie électorale, sa démarche est éminemment géopolitique. Christophe Guilluy est un auteur qui m’aide à penser et je lis toujours ses interventions avec grand intérêt, même si je n’approuve pas toutes ses analyses.

Son ouvrage La France périphérique (Flammarion, 2014) apporte beaucoup à la réflexion en renouvelant le débat sur l’organisation du territoire et les motivations électorales. Toutefois, dans ce concept de France périphérique abondamment utilisé depuis, plusieurs points nous semblent contestables, ce que nous allons essayer d’approfondir ici.

 

Les métropoles contre les périphéries

 

L’idée maîtresse de l’auteur est qu’il ne faut plus raisonner en termes de centres-villes et de banlieues, mais en termes de métropoles et de périphéries. C’est là une approche innovante et stimulante. Pendant longtemps, on a opposé les centres-villes, riches et attractifs, aux banlieues, déshéritées et oubliées. Or ce schéma ne tient pas la route. Les banlieues, au sens de territoires à forte composante de populations immigrées ou d’origines immigrées, sont très bien insérées dans l’espace mondial, que ce soit par l’envoi des remises (l’argent gagné et envoyé à la famille restée au pays), par la criminalité (la face sombre de la mondialisation) ou par les échanges. De plus, ces territoires ont reçu et continu de recevoir des sommes importantes de l’État, dans le cadre des multiples plans banlieues et d’aménagement du territoire. Ce sont des espaces souvent très bien reliés (grâce à de nombreux transports en commun, train, RER, tram, métro), bien pourvus en bâtiments collectifs (gymnases, bibliothèques, écoles, centres associatifs…) et situés à proximité des centres urbains.

Nous sommes là très loin des zones périphériques, éloignées des centres-villes, peu pourvues en transports collectifs, recevant peu d’aides de la collectivité, touchées par le chômage et qui semblent comme oubliées. Ces zones périphériques concentrent plus de la moitié de la population française. Elles ont donc le pouvoir démographique, mais elles n’ont ni le pouvoir culturel ni le pouvoir économique. Ce sont en effet les métropoles qui produisent les 2/3 du PIB national et qui concentrent les cadres supérieurs : 7.6% de la population active des métropoles en 1982 ; 15,8% en 2010.

 

Pour l’auteur, ces territoires vivent en marge de la mondialisation et en sont les perdants. Il oppose donc les métropoles, les gagnantes de la mondialisation, aux périphéries, les perdantes de la mondialisation. C’est sur ce point que nous ne sommes pas d’accord avec l’auteur, ce que nous expliquerons par la suite.

 

 

La France fragile

 

L’auteur rappelle que les banlieues sont complètement intégrées dans l’économie mondialisée. Elles subissent certes des tensions sociales dues aux difficultés de l’intégration multiculturelle, mais elles ne subissent pas les problèmes économiques de la France périphérique. Pour lui également, le concept de classe moyenne n’a plus de réalité sociale et politique et il est nécessaire de s’en affranchir pour pouvoir comprendre le monde dans lequel on vit.

Il y a en effet un effacement des catégories traditionnelles entre l’ouvrier et l’employé, les secteurs secondaires et tertiaires. Aujourd’hui, il y a plutôt les catégories populaires et les classes aisées, mais le concept de classe moyenne n’est plus pertinent. Les ouvriers étaient au cœur du système productif et des villes, les classes populaires sont rejetées à la périphérie des métropoles : « La véritable fracture n’oppose pas les urbains aux ruraux, mais les territoires les plus dynamiques à la France des fragilités sociales. » (p. 24) En cela, nous sommes tout à fait d’accord avec lui.

 

Ces territoires des fragilités sociales sont ceux qui ont souvent une économie axée sur un seul produit ou reposant sur une seule grande entreprise. Quand celle-ci ferme ou se délocalise, c’est un grand drame pour les populations qui se retrouvent sans emploi et surtout sans espoir de pouvoir retrouver un emploi. C’est ce manque d’espoir et de perspective face à l’emploi qui est le plus dramatique pour ces territoires. C’est le cas de Revin, dans les Ardennes, ville de 7 000 habitants, bastion de la gauche. Electrolux y a supprimé 400 emplois, un drame social pour une région déjà sinistrée, qui provoque des fermetures en cascade. Résultat, en plus du chômage, la gauche perd la ville aux municipales de 2014, au profit de la droite, et le FN y fait 31% aux Européennes.

Comme le fait remarquer l’auteur, la géographie des plans sociaux ne passe pas par les métropoles, mais par les espaces ruraux, industriels, et les villes moyennes. Les plans sociaux importants concernent essentiellement des villes qui ont entre 5 000 et 15 000 habitants, et c’est là qu’il est difficile de retrouver un emploi.

 

La France des métropoles

 

À rebours de cette France fragile des périphéries se trouve la France des métropoles, qui ne connaît pas la crise et qui maintient ses dynamismes. Ainsi, entre 2006 et 2011, les métropoles ont été préservées de la crise économique grâce à leur spécialisation dans le secteur tertiaire. Le nombre d’emplois a progressé de 2.6% dans la métropole parisienne, de 4.7% en moyenne à Lyon, Marseille, Toulouse, Lille, Bordeaux, Nantes, Nice, Strasbourg, Rennes. (Source : Insee). L’Ile-de-France est la première région universitaire du monde et avec 18% de la population nationale elle contribue à hauteur de 30% du PIB de la France.

 

Les villes voient augmenter les emplois de cadres. Le prix du logement augmente, ce qui oblige les catégories populaires à se rendre de plus en plus loin pour trouver des logements à moindre coût. La population intermédiaire est évincée, au profit des cadres supérieurs et des populations immigrées qui sont aidées, pour le logement, par un accès facilité aux logements sociaux.

 

Les métropoles se partagent ainsi entre des emplois très qualifiés et des emplois qui le sont beaucoup moins. Les catégories populaires ouvrières et d’employés sont remplacées par des catégories populaires qui sont issues de l’immigration, et dont le statut est souvent précaire.

 

« À terme, l’ensemble du parc privé de logements des métropoles sera touché par une gentrification plus ou moins intense, tandis que le parc social est voué à se spécialiser dans l’accueil de populations précaires et/ou immigrées. » (p. 41) « Partout, le clivage social tend à recouvrir un clivage ethnique. » (p. 42)

 

« Les territoires les plus inégalitaires de France, les métropoles, sont ceux qui réussissent le mieux économiquement, mais aussi socialement grâce à une forte mobilité d’en haut (les couches supérieures) et d’en bas (les couches populaires immigrées). Économiquement performant, le modèle de développement métropolitain porte les germes d’une société inégalitaire puisqu’il n’intègre plus que les extrêmes de l’éventail social. Sans profiter autant que les couches supérieures de cette intégration aux territoires les plus dynamiques, les immigrés bénéficient aussi de ce précieux capital spatial. » (p. 45-46)

 

La France périphérique qui gronde

 

Les nouvelles radicalités viennent de la France périphérique, car c’est elle qui est touchée par la paupérisation et la précarisation des classes populaires. C’est la France périphérique qui concentre l’enjeu de la cohésion nationale, et non pas la France des banlieues. Cette France périphérique est très différente selon les lieux et les territoires. C’est elle qui vote massivement Front national, aussi bien au nord de la France que dans le sud-est. Le FN a capté l’ancien électorat communiste et socialiste, il prospère sur les terres de la gauche (Brignoles, ex-ville communiste, Hénin-Beaumont, bastion socialiste…), où des populations en désarroi ne savent plus à quel parti se vouer pour trouver une solution à leurs problèmes.

 

« La classe ouvrière a choisi le Front national à la fin des années 1980, à un moment où le parti frontiste portait pourtant un discours libéral reaganien et ultralibéral et où son électorat était classiquement un électorat de droite extrême. Là encore, ce n’est pas le Front national qui est allé chercher les ouvriers, ce sont ces derniers qui ont utilisé le parti frontiste pour contester la mondialisation et s’inquiéter de l’intensification des flux migratoires. Ce choix des électeurs explique, quinze ans plus tard, l’évolution de Marine Le Pen qui adapte désormais son discours à la nouvelle sociologie de ses électeurs. Une sociologie électorale où les classes populaires, les actifs et les jeunes sont surreprésentés ; une sociologie de gauche, qui contraint les dirigeants frontistes à abandonner un discours libéral pour défendre l’État-providence. » (p. 79-80)

 

Pour aller plus loin que l’auteur, nous pouvons dire que le FN est aujourd’hui le parti de la quatrième gauche. Après la gauche communiste, la gauche socialiste et la gauche libertaire, il y a désormais une gauche identitaire, qui reprend les thématiques classiques de la nation pour offrir un discours de lutte contre la mondialisation et l’ouverture des frontières. Une gauche du repli et des fausses solutions.

 

Face à la thèse de l’auteur, qui est une bonne analyse des disparités géographiques et géopolitiques de la France d’aujourd’hui, nous émettons deux réserves. La première concerne la présupposée protection des métropoles et la seconde la supposée défaite dans la mondialisation des territoires périphériques.

 

Des métropoles protégées ?

 

Les métropoles sont toujours présentées comme les protégées et les bénéficiaires de la mondialisation. Dans une logique marxiste qui ne dit pas son nom, on sous-entend que les métropoles exploitent les zones périphériques, vivent sur leur dos et s’enrichissant à leurs dépens. Les métropoles seraient les privilégiées, les aristocrates, et les zones périphériques le tiers état de la France d’en bas. Cette vision ne nous semble pas juste.

 

Si le prix de l’immobilier des métropoles est élevé, ce n’est pas parce que les cadres captent les immeubles et repoussent les employés et les ouvriers, c’est parce qu’une politique du logement absurde, coercitive et socialiste a planifié la pénurie et organisé la hausse des prix. La politique dite de logement social, qui n’a de social que le nom, empêche la construction de logements, raréfiant l’offre et déstabilisant la demande. L’imposition de 25% de logements sociaux aux communes est une absurdité, qui a pour effet de geler les nouvelles constructions et d’accroître le prix de l’existant. Là réside les causes de la hausse du prix de l’immobilier, non dans une prétendue ouverture à la mondialisation.

 

C’est là aussi où les métropoles sont défavorisées. Le prix d’un appartement de 100 m² en centre-ville n’est pas du tout le même à Paris, à Boulogne-Billancourt ou à Soissons et à Revin. Or les salaires sont à peu près identiques. Certes, Paris concentre plus de cadres, mais les employés et les fonctionnaires ont les mêmes revenus, quel que soit le lieu où ils habitent. Un vendeur de téléphones dans une boutique SFR a plus de facilité à se loger à Brignoles que dans le 7ème arrondissement de Paris. Il en va du logement comme pour les autres produits. Le prix d’un repas au restaurant est beaucoup moins cher en province qu’à Paris et de même pour les produits courants.

Les habitants des métropoles subissent aussi les longs voyages en transports collectifs, métro, train, RER, bus, fatigants et souvent inefficients. S’ils prennent la voiture, ils doivent affronter de longs bouchons. La qualité de vie est meilleure dans les zones périphériques que dans les métropoles. À cela s’ajoutent les menaces d’attentats et les problèmes de criminalité. C’est aussi dans les métropoles que se posent les problèmes de la vie multiculturelle et de l’intégration des populations immigrées, beaucoup plus que dans la France périphérique.

 

Il n’y a donc pas d’un côté les métropoles nanties et de l’autre les périphéries oubliées. La réalité est peut-être même l’inverse, comme en témoigne la volonté de quitter l’Ile-de-France qui est de plus en plus grande chez ses habitants. En cinq ans, Paris a perdu 15 000 habitants. Il est vrai que la politique idéologique du maire de la capitale y contribue surement.

 

Où sont les perdants de la mondialisation ?

 

La France périphérique est présentée comme concentrant les perdants de la mondialisation. Mais où sont-ils ces perdants ? Sont-ce ceux qui regardent la télévision sur un écran Samsung, qui font leur course dans une voiture Dacia, qui téléphone avec un Apple, qui porte un jeans et vont manger chez Mc Donald’s ? On a vite fait d’incriminer la mondialisation de tous les maux sans se rendre compte que l’on en vit et que l’on en bénéficie pleinement.

Comme preuve de la France périphérique, on donne souvent comme argument la désertification des centres-villes au profit des zones commerciales. Mais si les centres commerciaux se développent, c’est à cause des clients, non de la mondialisation. Ce sont les clients qui préfèrent aller faire leurs courses dans les centres commerciaux plutôt que dans les petits commerces du centre-ville. Personne ne les oblige à y aller. Mais les centres commerciaux sont plus faciles d’accès et les produits vendus sont souvent moins chers.

 

Dans les zones périphériques, l’immobilier est moins cher, la vie courante également, on perd moins de temps dans les transports, la nature est à la sortie de la ville, le risque djihadiste est très faible et la qualité de vie meilleure que dans les métropoles. Sont-ce alors vraiment les zones défavorisées que l’on nous présente ?

 

Il y a certes le problème du travail et du chômage. Mais, là aussi, la mondialisation est-elle vraiment responsable du chômage français ? Ce n’est pas la mondialisation qui crée du chômage, c’est l’État-providence. C’est lui qui impose des normes absurdes aux entrepreneurs, qui prélève plus de la moitié du salaire aux travailleurs, qui contrôle les politiques de logements sociaux, de la sécurité sociale et du monopole scolaire qui engendrent pauvreté et illettrisme. Comme le reste de la France, ces zones périphériques sont victimes de l’État-providence, plus que de la mondialisation. Mais il est vrai que les métropoles arrivent malgré tout à s’en sortir, grâce à une meilleure connectivité à l’espace mondial. Les métropoles s’en sortent en dépit de ce boulet. La France périphérique n’a que le boulet et ne dispose pas d’un moteur qui lui permettrait de se développer malgré tout. Ce n’est pas le discours et le programme de la quatrième gauche qui va limer la chaîne qui la retient à sa prison.

 

Des évolutions territoriales à venir

 

Les révolutions technologiques vont contribuer à redessiner le paysage urbain de la France. Aujourd’hui, beaucoup habitent dans les métropoles par nécessité professionnelle, pour pouvoir être physiquement présent sur leur lieu de travail. Le numérique et la connectivité sont en train de changer cela. Tous les métiers ne sont pas concernés, mais une grande partie de l’économie se fera à distance. C’est déjà vrai de beaucoup d’entreprises qui ont développé des bureaux virtuels : leurs collaborateurs travaillent entre eux grâce à internet tout en étant physiquement séparés. Il est possible d’organiser des réunions physiques hebdomadaires ou mensuelles, mais si chaque membre de l’équipe habite dans une région différente, il n’est plus forcément nécessaire de se retrouver à Paris. On peut ainsi très bien résider à la campagne, dans la France périphérique, et travailler pour un grand groupe international. Le développement d’Amazon permet à chacun d’avoir accès à une librairie universitaire, sans avoir besoin de se rendre dans le Quartier Latin. Et que vont donner les Mooc en matière éducative ? Sont-ce des gadgets où vont-ils permettre de développer des enseignements à distance qui rendront obsolètes les campus ? Il y a là de nombreuses inconnues, mais le champ des possibles est grand ouvert. Ce que l’on appelle la France périphérique n’est pas condamnée au déclin et à la relégation. Ce sont le développement technique et l’inclusion dans la mondialisation qui lui permettront de bénéficier d’un dynamisme certain et de se développer.

 

 

 

 

 

 

 

Auteur: Jean-Baptiste Noé

Jean-Baptiste Noé est historien et géopolitologue. Il est professeur d'histoire et d'économie dans un lycée parisien. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages : Géopolitique du Vatican. La puissance de l'influence (Puf, 2015), Le défi migratoire. L'Europe ébranlée (Bernard Giovanangeli, 2016) et, récemment, un ouvrage consacré à la liberté scolaire : Rebâtir l'école. Plaidoyer pour la liberté scolaire (Bernard Giovanangeli, 2017).

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22 Commentaires

  1. Charles Beigbeder: «La France périphérique a besoin d’un plan Marshall»

    Slurp

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  2. Je découvre avec une certaine perplexité le propos de M. Noé, qui me semble faire une lecture plutôt « orientée » des derniers ouvrages de Christophe Guilly ! Pour faire Court, Le trait principal de ce travail n’est pas selon moi un « comparatif » entre métropoles et périphéries en termes de transports, de prix locatifs ou de qualité de vie ! ? … Il pose la question des conséquences du processus de « mondialisation économique » et de la relégation (voire l’exclusion) d’une partie majoritaire de la population française par les nouvelles normes de rentabilité ! C’est d’ailleurs le fil de son essai : « Le crépuscule de la France d’en haut ».

    Dans une économie mondialisée, l’ensemble des couches populaires françaises (employés, ouvriers), n’ont plus leurs places. Trop payés et trop protégés, ils ne peuvent plus être « compétitifs » dans une économie ouverte ! Il serait difficilement envisageable d’aligner le niveau du salarié français au niveau d’un chinois ou d’un coréen et ce également, en considérant que la rémunération salariale, c’est aussi la consommation ! Le problème révélé par ce phénomène de « métropolisation » est là tout entier !

    S’il est un constat que nous devrions faire, c’est l’impasse économique dans laquelle nous sommes en occident, et en France particulièrement. La « mondialisation heureuse » de M. Minc est un échec patent, et encore doit-on détailler la réalité de cette « mondialisation ». Si l’Europe constitue une zone économique ouverte à 80 % sur les autres économies, Les USA ne le sont pas à plus de 20% et ne parlons pas de la Chine ! La réaction de nos dirigeants aura été simple : l’abandon progressif d’une France considérée comme « inutile », la « France périphérique » ! Avec un arrosage d’allocations de toutes natures pour calmer les troubles sociaux … Solution irresponsable, inefficace, destructrice pour les individus et financièrement insoutenable ! Le paroxysme de cette imbécillité étant le « revenu universel » de M. Hamon.

    Le petit souci des classes supérieures intégrées à l’économie mondialisée, c’est que leur propre modèle n’est pas viable non plus. L’oligarchie française n’est pas très compétitive en économie ouverte et une partie de la masse de ses revenus est liée aux dépenses de l’état ; Soit par tous les emplois dérivés de la fonction publique et administrative, soit par la manne d’argent public captée par certaines entreprises françaises qui, ayant renoncé à conquérir de nouveaux marchés à l’export, assurent leur chiffre d’affaires par la captation des marchés publics.

    Avec le problème ainsi posé, les banlieues « guettoïsées », avec un taux record de chômage et une population sous perfusion d’allocations et d’argent public, font bien partie de cette France périphérique ! N’en déplaise à M. Noé, le fait de porter des jeans, d’utiliser un téléphone Apple et de manger « Mc do » ne peut constituer un critère d’intégration des individus dans l’économie mondialisée !

    J’aurais nombre de critiques à faire sur l’article de M. Noé … J’ai bien compris que son développement n’était là que pour justifier une inclinaison politique, et qu’à cette fin, il contorsionne quelque peu la réalité et l’analyse de Christophe Guilly !

    Enfin, pour faire court et conclure, M. Noé se trompe sur le phénomène du FN ! Non, Le Front national ne défend aucunement l’arrosage pratiqué par l’état socialiste comme moyen de stabilisation sociale ; mais un protectionnisme réfléchi dans une souveraineté rétablie, conditions sine qua non d’une possible réindustrialisation, sous une forme nouvelle … C’est assez différent ! Enfin, réduire le mouvement nationaliste à la seule considération « identitaire » relève d’une profonde ignorance du sujet !

    Mon point de vue ne fera probablement pas consensus … Mais comme disait nos amis italiens : Me ne frego !

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    • Excellent, tout a fait d’accord l’article est oriente, l’immigration c’est bien, la mondialisation c’est bien.

    • @ Christophe

      « Le Front national ne défend aucunement l’arrosage pratiqué par l’état socialiste comme moyen de stabilisation sociale ; mais un protectionnisme réfléchi dans une souveraineté rétablie. »

      Un protectionnisme réfléchi dans une souveraineté rétablie : très joli. C’est balancé, ca rime et ça a l’air profond. L’ennui, c’est que cela ne veut rien dire.

      En revanche, ce qu’ont dit différents responsables du Front national, le jour du grand discours de Marine Le Pen à Lyon, pour justifier le fait que le programme du Front national ne prévoyait aucun financement, cela veut dire des choses, des choses très claires, et ça en dit long : « Nous sommes au-dessus de ces histoires de virgule », « On élit un président de la République, pas un comptable », « Nous ne sommes pas des épiciers », et bien sûr il faut ajouter à cela l’éternelle réfutation de la prétendue « logique comptable », comme s’il en existait une autre en matière de dépenses, comme s’il existait une logique non logique et une arithmétique alternative, où 2 plus 2 ne feraient pas 4, ou plutôt où 2 moins 2 ne feraient pas zéro.

      Comme si on pouvait remplacer l’honnêteté des comptes et de ceux qui les tiennent par la grandeur de la Frônce, la sainteté de Jeanne d’Arc, la complaisance coupable envers Vladimir Poutine ou mon cul sur la commode.

      Donc non seulement « le Front national défend l’arrosage pratiqué par l’état socialiste comme moyen de stabilisation sociale », mais il défend aussi le pillage de l’Etat par ceux qui devraient être ses serviteurs, à savoir les fonctionnaires et les hommes politiques.

      Autrement dit, il défend le non-modèle social français, celui que défend la totalité du « système » qu’il prétend combattre.

      Et il est véritablement criminel en ce qu’il fait croire aux Français qu’ils peuvent marcher sur l’eau, ce qui est évidemment plus facile que de leur enseigner la responsabilité.

    • J’ajoute que le « protectionnisme réfléchi », c’est la même arnaque que la lutte contre la « mauvaise dépense publique » (autre dada de Marine Le Pen).

      Le jour où vous verrez quelqu’un revendiquer un « protectionnisme stupide », ou se dire opposé à la « bonne dépense publique », faites-moi signe.

      Tous ces gens prodigieusements sages et intelligents qui nous promettent un protectionnisme « réfléchi » et une ouverture sélective des robinets marqués « bonne dépense publique » ne nous disent jamais comment distinguer un intelligent d’un imbécile, le protectionnisme réfléchi de l’irréfléchi et la bonne dépense de la mauvaise.

      Or c’est là qu’on les attend. C’est ça qu’ils sont censés mettre dans leur programme. C’est là-dessus qu’on est censé les juger avant de décider s’il faut les élire ou non.

      A défaut, cela équivaut à dire : élisez-moi, faites-moi confiance, je suis le meilleur car moi, contrairement à tous ces abrutis qui se succèdent au gouvernement depuis quarante ans, je sais où se trouve le robinet de la bonne dépense publique que personne n’a été fichu de trouver jusque ici.

      Et bien sûr, cela masque le fait que toute dépense publique est mauvaise, par définition. Moins il y en a et mieux ça vaut. Certainement, il vaut mieux consacrer l’impôt à construire des hôpitaux qu’à subventionner des groupes de rap, mais au-delà de cette distinction entre « bonne » et « mauvaise » dépense, insister sur la qualité de la dépense publique revient à nier le fait que toute dépense publique a tendance à devenir mauvaise, parce sa « bonté » n’est pas contrôlée par les incitations du marché.

  3. La prise d’indépendance du pays de Versailles (Yvelines sans le Mantois jusqu’à intégration des arrondissements de l’Ouest de Paris) permettrait (ou permettra) d’initier le principe de subsidiarité et une France de copropriétés territoriales.

    La fusion des départements des Yvelines avec les Hauts-de-Seine récemment évoquée ne peut ainsi n’être que très positive dans cette perspective.

    Le pays de Versailles deviendrait le premier paradis fiscal du monde, le centre financier de l’Europe et le premier pôle scientifique d’Europe, tout en étant le foyer d’une nouvelle légitimité et d’un nouveau pouvoir en France et en Europe, le multiculturalisme quand à lui ne pourrait plus y pénétrer et serait repoussé au nord-est et sud-est de l’Ile-de-France.

    L’avenir est ce que nous en ferons.

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  4. sur la question de l’opposition metropole/peripherie,que penser de la volonte de reunir toute la peripherie dans une communaute de commune avec la « metropole » locale?

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    • Etant élu dans une commune des Yvelines que l’on a tentée de rattacher à la métropole parisienne, j’ai vécu cela de l’intérieur.

      Cela se fait toujours de façon coercitive : l’Etat oblige les communes à se regrouper, même si elles ne le souhaitent pas et s’il n’y a pas de logique culturelle ou géographique à cela.

      C’est souvent une affaire de gros sous : l’Etat oblige le regroupement pour que les communes bien gérées épongent le déficit des communes mal gérées.

      Cela ne produit pas d’économie : pour faire des économies, il faut supprimer des compétences, non pas supprimer des échelons territorial. Souvent, on constate même que cela crée des coûts supplémentaires.

  5. Encore un texte intéressant. Merci Monsieur Noé.

    > «beaucoup habitent dans les métropoles par nécessité professionnelle»

    Tout à fait vrai.
    Je vous confirme que c’est par malheur et par plaisir.

    > «la volonté de quitter l’île-de-France»

    Oui oui!!

    > «le FN est aujourd’hui le parti de la quatrième gauche»

    Entièrement d’accord avec vous.

    > «Une gauche du repli et des fausses solutions.»

    «Gauche» et «fausses solutions» sont des synonymes.

    > «Ce choix des électeurs explique, quinze ans plus tard, l’évolution de Marine Le Pen qui adapte désormais son discours à la nouvelle sociologie de ses électeurs.»

    Mille fois exact et pertinent. Entièrement d’accord avec vous.

    > «il [le modèle métropolitain] n’intègre plus que les extrêmes de l’éventail social»
    > «La population intermédiaire est évincée, au profit des cadres supérieurs et des populations immigrées qui sont aidées, pour le logement, par un accès facilité aux logements sociaux.»

    Tout à fait vrai.

    On pourrait aussi ajouter une population de type Qatari ou Zlatan qui renchérissent le coût de l’immobilier.

    > «gentrification»

    Oh!
    Un anglicisme! Et moche qui plus est.

    > «la France des métropoles, qui ne connaît pas la crise et qui maintient ses dynamismes. Ainsi, entre 2006 et 2011, les métropoles ont été préservées de la crise économique grâce à leur spécialisation dans le secteur tertiaire. Le nombre d’emplois a progressé de 2.6% dans la métropole parisienne»

    Fichtre! Mes proches et moi-même ne vivons pas dans le même Paris.
    Mais cela doit être dû, comme vous le dites, à l’absence de classes sociales intermédiaires au sein de Paris…

     

     

    Remarquons aussi que la population des métropoles (bobos et non-autochtones) sont la cible de Terra Nova…

     

    Paris devrait prendre son indépendance, comme ça le reste de la France (tous des fachos, bien entendu) pourrait vivre en paix, à la manière polonaise ou à la manière Viktor Orban.

     

    Merci pour votre intéressant (encore!) article.

    Répondre
    • Correctif:

      «Je vous confirme que c’est par malheur et non par plaisir.»

    • J’ajoute à «fausses solutions», l’Église de la Gauche est aussi synonyme de faux problèmes.

  6. J’ai oublié une preuve supplémentaire du caractère pipologique de l’ouvrage de Monsieur le géographe Guilluy : tout au long de son livre, court la « constatation » que la mondialisation fait monter le Front national, étant bien entendu qu’il s’agit d’une mauvaise chose.

    On voit assez mal le rapport entre la géographie et le Front national. Et si ce livre est le fruit de recherches en sociologie, ce qu’il prétend être une fois qu’on lui a ôté son étiquette géographique abusive, on voit mal ce que vient y faire un axiome idéologique et militant qui ne se donne même pas la peine d’être assorti d’une justification : quand le Front national « monte », c’est épouvantable, tout le monde sait ça.

    Comment mieux faire comprendre que nous n’avons pas affaire là à un écrit scientifique, mais à un tract de gauche un peu étiré en longueur ? A côté de cela, il y a certes des affirmations qui relèvent de l’évidence observable à l’oeil nu. De là à porter Guilluy au pinacle…

    La vérité est que ce livre a connu le succès que l’on sait parce qu’il légitime l’opinion de droiche : Guilluy permet de penser du mal de l’immigration tout en se disant de gauche. Je dis la même chose que le Front national, mais dans le même souffle je vomis sur le Front national ; la morale de gauche est donc sauve.

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  7. Que faire quand on habite à la camapgne, qu’on a 50 ans et que l’usine a fermé ?

    Répondre
    • + de 80% des emplois sont dans le tertiaire en France. Les usines qui ferment, c’est dramatique, mais c’est une mutation de l’économie. La transition économique dont parle Jean Fourastié.

  8. Agacé par le nouvel arbitre des élégances qu’est M. Christophe Guilluy, j’ai fini par acheter son best-seller sur La France périphérique. Je n’ai pas été déçu.

    Parenthèse, pour commencer : vous avez raison de le qualifier d’auteur, car, en effet, il n’est nullement le chercheur, l’universitaire ou le scientifique qu’il suggère. Il n’a strictement aucun travail de recherche à son actif, aucun titre universitaire éminent, aucune activité dans l’enseignement supérieur. En somme, c’est un auteur à la mode, et rien de plus.

    Deuxièmement, il n’est pas géographe, contrairement à ce qu’il prétend. Un géographe, c’est quelqu’un qui explique où sont les montagnes, les plaines et les fleuves. Christophe Guilluy est un sociologue gauchiste qui explique que les oppresseurs vivent dans le 7e arrondissement de Paris, et les opprimés à la Motte-Beuvron. En conséquence de quoi, il ferait de la géographie.

    Selon la même logique, je me propose de vous convaincre que faisant ma cuisine à l’électricité, je suis un physicien nucléaire.

    Bien entendu, et j’en viens au coeur du sujet, Christophe Guilluy n’est pas non plus un sociologue gauchiste. Il est simplement un gauchiste. Un sociologue, c’est tout de même quelqu’un qui a une démarche scientifique, qui fait l’effort d’un travail de recherche, qui découvre des faits nouveaux et s’en sert pour étayer ses assertions.

    Rien de tel dans La France périphérique, qui est une blague, un canular, un petit scandale. J’ai longtemps hésité à acheter ce livre, voyant qu’il est ridiculement court. Je me disais : il n’est pas possible de livrer un travail scientifique sérieux, sur un sujet aussi large, en aussi peu de pages.

    Je ne m’étais pas trompé. Il n’y a aucune recherche dans ce livre. Zéro. D’accord : pratiquement zéro. Il s’appuie sur un obscur rapport d’un obscur organisme administrativo-universitaire, sur des données obtenues d’ailleurs par une autre personne, qu’il cite à l’intérieur du livre mais qui n’est nullement crédité sur la couverture comme co-auteur, alors qu’il mériterait probablement de l’être.

    Ce qu’il fait dire à ce rapport est manifestement tiré par les cheveux, sans compter que cela se réfère sans cesse à un jargon de fonctionnaires parfaitement obscur, et dont par conséquent il est bien difficile de discerner la signification réelle comme la véracité. On n’y comprend pas grand’chose, et le peu qu’on comprend suggère que la rigueur dans la manipulation des données n’est pas vraiment le fort de l’auteur.

    La plus grande partie de son ouvrage se compose d’assertions péremptoires fondées sur absolument rien. Ainsi, la nouvelle division géographique de la France qu’il dénonce serait due à la mondialisation. C’est possible, à ceci près que Monsieur Guilluy ne se sent pas obligé le moins de monde ne serait-ce que de faire semblant de prouver cette affirmation à l’aide de faits. « Tout le monde sait bien que » la mondialisation est à l’origine de tous nos maux actuels, par conséquent si les appartements sont hors de prix à Paris, et inaccessibles aux ouvriers blancs, c’est la faute à la mondialisation.

    C’est bien possible, l’ennui c’est que si on achète un livre d’un ponte (ou supposé tel) chez Flammarion, c’est qu’on s’attend à y voir expliqué pourquoi et comment.

    En réalité, La France périphérique n’est guère plus qu’un recueil de propos de bistrot qui se poussent du col. Je n’ai rien contre les propos de bistrot : ils sont souvent vrais. Mais d’un « auteur », on attend un peu plus.

    L’invraisemblable succès de cet ouvrage, et la ridicule renommée de son auteur, permet de prendre la mesure de la décadence intellectuelle française. Jamais un tel « livre » n’aurait pu voir le jour aux Etats-Unis — et pourtant la classe intellectuelle de ce pays en connaît un rayon dans le pipotage idéologique à tendance gauchisante.

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  9. Très intéressante cette prise de position Monsieur Noé. Elle préfigure l’affrontement politique à venir entre les mondialistes heureux et ces populistes infréquentables « qui nous mènent à la catastrophe ». Peut-être cet affrontement, qui par nature sera politique, n’est-il plutôt que la nouvelle forme de la guerre des classes, entre la France d’en haut mondialiste et celle d’en bas populiste?

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    • Je ne crois pas à la lutte des classes. Dans une société chaque membre a besoin des autres et rien ne peut se faire sans le reste de la société. L’existence d’individu n’efface pas la présence de corps organiques.

  10. Bonjour Sassy2,

    > «La concentration des buildings permettant la circulation de l’information à moindre frais (le cuivre coûtait cher)»

    Ça je comprends.
    Et je partage votre analyse.

    > «Aujourd’hui cela n’a pas de sens sauf à vouloir organiser un “casino goulag”.»

    Ça, je ne comprends pas.
    D’une part, je ne vois pas ce que vous voulez entendre. D’autre part, je pense que je suis en désaccord car même la vidéo conférence ne remplace pas le face-à-face; dans la rencontre physique, il y a quelque chose en plus qui passe; la rencontre physique restera irremplaçable. En revanche, là où je vous rejoins, c’est que la nécessité de sa fréquence baissera.
    Il y a aussi un autre facteur à prendre en compte: ces gens aiment le prestige, les ors. Être basé dans le CT ou à NYC, ce n’est pas la même chose à leurs yeux.

    > «Enfin, on comprend que l’immigration économique n’a plus aucun sens depuis internet sauf pour faire de la cavalerie financière.»

    Là, je suis en désaccord.
    Premièrement, tout le monde ne peut pas forcément travailler depuis internet.
    Deuxièmement, l’environnement économique impacte le moral et l’humeur de la population. Un seul exemple: tout le monde ressent la morosité et de la dépression ambiante à Paris. Et le fait que tous vos amis soient au chômage. Et quand ils ne sont pas au chômage, ils se font exploiter par leur patron du fait du rapport de force sur le marché du travail, provoquant des ambiances totalement délétères. Et forcément, cette atmosphère nous impacte. Au contraire, quand vous êtes à Shanghaï, Shenzhen, Hong Kong, Singapour, Londres, Houston, et que vous voyez tout le monde actif et positiver, cela a aussi un impact positif.
    Troisièmement, travailler sur internet ne veut pas dire ne pas payer d’impôts. Il faut bien déclarer ses revenus dans un pays.
    Quatrièmement, il suffit de voir en France à quel point les business internets sont réprimés: interdit de vendre plus de 5.0000 euros sur le-bon-coin. Et toutes les entreprises doivent faire de la délation. Idem pour l’URSSAF (le truc de vérification des sous-traitants).
    Cinquièmement, le système social peut tomber en faillite, ne pas protéger, ne rien couvrir, être toujours en dehors des cases, et avoir l’obligation de cotiser.
    Sixièmement, les obligations administratives d’une entreprise française et d’une entreprise de Hong Kong ne sont pas exactement les mêmes (la fameuse simplification).
    Septièmement, il y a aussi les autres impôts; au hasard, la taxe foncière et la taxe d’habitation.
    Huitièmement, il y a aussi la propriété privée, le droit. Le respect de la propriété privée à HK/Londres/Canada n’est pas exactement le même qu’en France. En France, on est propriétaire de la nue-propriété, l’usufruit appartient à l’État. Dernier exemple en date: l’État veut faire payer les propriétaires d’un loyer…… Et rappelons-nous l’État qui voulait appliquer un impôt de façon rétro-active sur quinze ans………!!!! (La CSG sur les plus-values.)
    Neuvièmement, il y a aussi la vie privée. En France, l’État sait tout de vous. Tous les organismes et les entreprises (en particulier les banques) ont l’obligation légale de faire de la délation. À nouveau, en France, la nue-propriété de votre vie et de votre corps vous appartient, mais pas son usufruit.
    Dixièmement, il y a aussi l’école.
    Onzièmement, il y a aussi la guerre contre le cash (du fait que l’État veut tout contrôler et tout savoir de vous – absence de vie privée).
    Douzièmement, être homme blanc catho en France est source de frustrations et de remarques déplaisantes à notre encontre. Il y a une intolérance ambiante.
    Treizièmement, dans la continuité de la vie simple, par exemple, au Québec, un contrat oral a la même valeur qu’un contrat écrit. Cela vaut pour les contrats de travail et les baux.
    Quatorzièmement, le passeport a aussi un impact. Car, à cause de FACTA et ses équivalents, le passeport indique que vous appartenez à un État. Et donc que votre interlocuteur doit faire une délation de vos activités à l’État dont vous êtes un de ses biens.
    Quinzièmement, du fait des régulations bancaires, le passeport a aussi un impact. Essayez d’ouvrir un compte en banque à HK ou SG. Vous n’y arriverez pas. À nouveau, les régulations impactent toujours et encore les petites gens, et non les Caseneuve, Mauboutu, Wade, les ploutocrates et toute cette connivence répugnante. Une petite gens ne peut ouvrir un compte en banque que dans les banques qui feront de la délation. Et donc vous ne pourrez pas protéger les fruits de votre travail. Et, bien entendu, toute la régulation oblige à utiliser les banques (car sinon vous êtes un terroriste). Au sujet de la loi et des régulations, rappelons que le IIIe Reich a été entièrement légal, y compris les déportations; en revanche, les révolutions hongroises et polonaises étaient hors-la-loi.

    In fine, même pour une personne qui n’aurait besoin que d’internet pour travailler, elle est quand même impactée par le lieu où cette personne réside, aussi bien économiquement que tous les autres domaines.

    À nouveau, je suis globalement d’accord avec votre analyse, je suis juste moins jusqu’au-boutiste.

    Et mettre Bercy à Limoges me ferait bien rigoler. ☺

    Merci.

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    • En complément de ce que j’ai dit concernant l’environnement économique:

      «Heetch devra verser plus de 400.000 euros aux taxis, l’application suspendue»
      http://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/la-plateforme-heetch-condamnee-a-verser-plus-de-400-000-euros-aux-taxis-651317.html

      «Heetch : la jeune pousse condamnée à verser 441 000 euros aux taxis»
      http://www.lepoint.fr/economie/heetch-la-jeune-pousse-condamnee-a-verser-441-000-euros-aux-taxis-02-03-2017-2108797_28.php

      Lamentable.

      Quelles envies cela me donne?
      1. Ne pas entreprendre.
      2. Me barrer de France.

    • Bonjour ne fais que passer.

      rien ne remplace le contact physique:
      oui est c’est précisément l’avantage de nyc et de shanghai: l’offre et la demande sexuelle
      nyc particpe plus aujourd’hui de disneyland que du nyc des 20’s
      (le nyc des 20’s est en chine, avec le pb que cela comporte puisqu’aprés les 20’s il y a eu 1929… et ses opportunités)

      sinon pour faire simple, il faut aller là ou les banques centrales ont eu le moins d’influence ou une influence tres néfaste.
      80% de la france a été démolie(vous avez expliqué pourquoi): on gagne de l’argent en construisant -ou en inventant plus rare-, inutile d’aller dans un pays emergent: nous sommes dans un pays emergent

      notesHK:
      quel % de HK appartient à Li Ka-shing?
      qui fait la loi?

      « casino goulag  » inventé par max keiser, longue histoire…

    • Bonjour Sassy2,

      En ce qui concerne la rencontre en face-à-face, il y a aussi simplement la rencontre d’affaires, qui n’est pas nécessairement sexuelle. Enfin… Dans mon environnement, nous ne recourrons pas à la prostitution. Ma croyance est que serrer la main à une personne et la regarder droit dans les yeux restera irremplaçable.

      Quant à la France, je n’utiliserais pas le qualificatif «émergent» puisque elle est sur la pente descendante et non ascendante. Le qualificatif «immergeant» me paraît plus approprié.

      > « quel % de HK appartient à Li Ka-shing?»

      Excellente question. Je n’en ai aucune idée.

      Cela dit, c’est la loi de Pareto: 20% des gens détiennent 80% des biens.

      Et cela n’a aucune importante tant que la propriété privée de tous et en particulier des petites gens est respectée. (Ce genre de questions est souvent là afin de susciter l’envie, qualité s’il en fut…).

      > «qui fait la loi?»

      Aujourd’hui, c’est 北京.
      Mais l’étude de la constitution de 香港 avant la rétrocession serait fort intéressante. Rappelons que son visionnaire gouverneur indiqua qu’il consacrait tout son temps à empêcher Londres d’intervenir dans les affaires locales et d’empêcher la mise-en-place d’un institut de statistique (mère de toutes les analyses fausses et des solutions fausses, qui sont systématiquement plus de régulations et plus de taxes).

      Merci à vous.

  11. Attali a dit, et pour une fois…: +- « le jeu va consister a faire en sorte que 20 millions de personnes entassées dans une ville donnée restent sages »

    Il y a eu trop de monde dans les campagnes, cela devenait dangereux, aujourd’hui le glut est dans les villes. C’est toujours du bonneteau avec le glut/mistigri

    Voyons les villes chinoises, ou même dubai, elles sont pensées puérilement selon le nyc des années 20.
    La concentration des buildings permettant la circulation de l’information à moindre frais (le cuivre coûtait cher)
    Aujourd’hui cela n’a pas de sens sauf à vouloir organiser un « casino goulag ». Certes cela permet des économies de transport
    Pour s’en convaincre rien de tel qu’un voyage en Chine.

    greenwich CT n’est-il pas un plus grand centre financier que wall street encore récemment?
    idem pour la tech
    l’un des plus grands financiers K Bass de son ranch au TX, met 1mn pour shorter en importance une ville chinoise.

    Je me demande souvent ce qu’aurait fait le GLE De Gaulle avec une DATAR en 1995/2000 grâce à l’avènement d’internet. Il y aurait eu nécessairement une décentralisation prodigieuse (Bercy à Limoges?)
    Enfin, on comprend que l’immigration économique n’a plus aucun sens depuis internet sauf pour faire de la cavalerie financière.

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