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Emmanuel Macron pourrait avoir encore de la chance. Il n’en a pas manqué depuis le début du lancement de son mouvement il y a un peu plus d’un an. Economiquement à droite mais intégrant des valeurs de gauche, il s’affirme comme un centriste « et de gauche et de droite ».

Politiquement, il a réussi à faire payer les responsables de la gauche et de la droite dite de gouvernement, des années de manque de courage. Il a maintenant tous les pouvoirs, ce qui est toujours un danger si on les utilise mal. Pour le moment, il est en bien meilleure position que ses prédécesseurs pour réaliser les réformes dont la France a besoin. Sa grande difficulté sera de ne pas céder devant les syndicats car il n’est pas  facile d’être « en même temps » Jeanne d’Arc et Steve Jobs.

Economiquement, l’embellie conjoncturelle en Europe  se confirme et sur le plan international, Emmanuel Macron peut aider à restaurer l’image très affaiblie de la France. Donald Trump est affaibli, Theresa May a perdu sa majorité absolue au parlement onze jours avant le début des négociations pour le Brexit, Vladimir Poutine doit essayer de trouver des alliés pour lever les sanctions qui pèsent sur la Russie.  Angela Merkel apprécie d’avoir un président français avec qui il serait possible de relancer l’axe franco-allemand.

 

L’écart entre les performances de l’économie allemande et de l’économie française ne cesse de grandir.

 

Il y a un risque extrêmement fort de dérapage du déficit de la France en 2017.

Le déficit du commerce extérieur ne cesse de se creuser. Il faut vraiment agir vite.

Le déficit budgétaire reste sous surveillance étroite de Bruxelles. Il faudra négocier avec Bruxelles pour passer le cap de 2018. Heureusement, les créations d’emploi sont au plus haut depuis dix ans en France.

 

Les détenteurs de revenus financiers et immobiliers ainsi que les retraités, présentés comme « aisés » sont les triples perdant du début de quinquennat Macron avec la hausse de la CSG, leur exclusion de l’exonération de la taxe d’habitation et le report d’un an du prélèvement à la source. Ceux qui devraient investir pour créer  des emplois vont une fois de plus financer une redistribution de pouvoir d’achat, puisque le gouvernement va supprimer les cotisations d’assurance chômage acquittées par les seuls salariés. La redistribution de pouvoir d’achat avant d’avoir créé la richesse qui devrait être sa contrepartie est comme l’histoire nous l’a montré un très mauvais système.

 

La pression fiscale qui pèse sur les entreprises va être réduite avec un impôt sur les sociétés passant de 33% à 28%. Cette mesure devrait d’abord profiter aux entreprises qui réalisent moins de 75 000€ de bénéfices. Elle sera ensuite étendue en 2018 aux sociétés de plus de 500 000€ de bénéfices, puis en 2019 à toutes les entreprises. Le taux d’imposition étant ramené alors à 2019.

 

 

L’impôt sur les sociétés est en France un des plus élevés d’Europe. Il faudrait le ramener dans la moyenne. Et surtout l’alléger pour les PME qui souffrent d’un développement insuffisant. Il manque 100 000 entreprises de 300 salariés en France.

 

De nombreuses taxes s’ajoutent à l’impôt sur les sociétés, le Medef en a recensé plus de 120 : il existe une taxe sur les remontées mécaniques, une sur les pylônes électriques ou une autre sur les enseignes des commerçants (taxe locale sur la publicité extérieure). Sans parler de la taxe de balayage qui dépend de la surface à balayer par les agents municipaux. Beaucoup de ces impôts sont élevés. La CVAE et la CFE qui remplacent la taxe professionnelle pèsent pour une quinzaine de milliards d’euros. La taxe sur les salaires qui concerne notamment les banques frôle les 12 milliards d’euros. Le seul versement transport qui finance les transports en commun rapporte 6 Md€. La Cour des comptes a plusieurs fois tiré la sonnette d’alarme en soulignant que plusieurs de ces taxes sont assises sur les rémunérations, ce qui renchérit le coût du travail. Dans le rapport sur la fiscalité française et allemande, les magistrats de la rue Cambon ont chiffré à 24 Md€ le surcoût et rappelé que de telles taxes sur les salaires n’existent pas en Allemagne  .

Ce qui est encore plus grave c’est que le taux implicite de l’impôt sur les sociétés (IS rapporté au résultat d’exploitation) est de 39% pour les entreprises de 10 à 249 salariés et de 19% pour les firmes de plus de 5000 salariés.

 

En matière d’impôt sur le revenu, la tranche Hollande à 75% a appauvri la France et les Français. Conformément à la « courbe de Laffer », au delà d’un certain seuil d’imposition, le produit de l’impôt sur le revenu a tendance à baisser, parce que les plus riches et les plus talentueux sont découragés, ils s’organisent, ils retardent ou modifient les conditions de perception de leurs revenus, ils partent à l’étranger, ils s’arrêtent de travailler. C’est vrai en tout temps et en tous lieux. Lorsque les présidents Hoover et Roosevelt portèrent les taux supérieurs d’imposition sur les revenus à 63% en 1932 puis 79% en 1936, la contribution des 1% des foyers les plus aisés furent quasiment stables, passant de 1,1% du PIB en 1928 à 1% en 1940. Durant les hausses d’impôt des années Nixon, Ford et Carter, la contribution fiscale des 1% les plus riches fut réduite de 1,9% à 1,5% du PIB.

 

Aujourd’hui on a le sentiment qu’Emmanuel Macron est parfaitement conscient de cette réalité fiscale. Les mesures qui ont été annoncées vont dans la bonne direction. On a revanche pas encore bien compris d’où allait provenir la diminution des dépenses publiques. Pour le moment nous en sommes encore à la situation décrite par Sacha Guitry “Nous payons des impôts pour rétribuer des fonctionnaires chargés de veiller à ce que nous payions bien nos impôts afin de rétribuer d’autres fonctionnaires “….

 

 

Auteur: Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est diplômé de l’École Supérieure de Commerce de Bordeaux, titulaire d’une licence en droit de l’Université de Paris X. Il a été successivement fondé de pouvoir à la charge Sellier, puis associé chez Nivard Flornoy, Agent de Change. En 1987, il est nommé Executive Director chez Shearson Lehman Brothers à Londres en charge des marchés européens et membre du directoire de Banque Shearson Lehman Brothers à Paris. Après avoir été directeur général associé du Groupe Revenu Français, et membre du directoire de Aerospace Media Publishing à Genève, il a créé en 1996 Concerto et Associés, société de conseil dans les domaines de le bourse et d’internet, puis SelectBourse, broker en ligne, dont il a assuré la présidence jusqu’à l’ absorption du CCF par le Groupe HSBC. Il a été ensuite Head of Strategy de la société de gestion Montpensier Finance.

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16 Commentaires

  1. Bonjour,

    Macron n’a aucune légitimité politique mais il en a une juridique : avec autant d’abstention, il ne représente que sa propre classe, les bobos mondialistes vaguement Parisien, exclusivement urbain.

    Il n’a rien compris au jeu que joue Merkel.

    Les Allemands demanderont du sang et des larmes mais cela ne s’arrêtera jamais, ils trouveront toujours un petit quelque chose comme pour les Grecs.

    Pourquoi ? parce que rééquilibrer la zone Euro c’est cibler l’Allemagne et l’obliger à partager ses excédents.

    Or vu le vieillissement de sa population et la montée en puissance de la chine qui n’aura plus autant besoin des Allemands, ils auront cruellement besoin de ces excédents.

    Macron va se faire ballader et les français vont découvrir qu’il a dissimulé une dévaluation interne (baisse des salaires, des retraites, …) par de jolies formules bien ficelées par des communicants sans scrupules = l’inversion des normes, le progrès, en marche, ….

    Ce quinquennat va être long très long… D’ailleurs, regardez le nombre d’affaires, de démissions … vous avez déjà vu cela ? Moi non.

    Cdlt.

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    • C’est exactement la situation de la France!
      Qu’à ramené Macron de sa visite avec embrassade sur la bouche avec Frau Merkel?
      rien, ou pus exactement ce que vous ne devez pas savoir, c-à-d. une dévaluation interne notamment et dans un premier temps, pour les retraités, ceux qui ont voté Fillon, et si cela ne suffit pas, et cela ne suffira pas, une réforme du code du travail permettant d’ajuster les salaires à la baisse comme en Grèce ou en Espagne; allez un peu voir les « experts » sur BFMTV, il (Nicolas Doze) vous explique cela tous les jours avec la formule suivante: « va-t-on continuer en France à favoriser le chômage de masse et continuer la hausse des salaires? »; un alibi sans faille pour déréguler, il le faut certes en partie, le code du travail;
      Comme s’il n’y avait aucune autre solution pour donner du travail à plus de gens et réformer l’Etat en diminuant les dépenses.

    • Mal typiquement français que de croire que le travail se donne.
      C’est ce que l’on a fait avec les 35 heures on a pensé donner le travail de ceux qui en avait à ceux qui n’en avaient pas.
      Le travail ça se crée et pour créer du travail il faut un environnement favorable, et la France ne cesse depuis 40 ans de combattre le travail.

      La baisse des salaires ce n’est pas un problème vu que l’état prélève la moitié de votre revenu en charges patronales, salariales et IRPP avant qu’il arrive dans votre poche.
      Il y a largement moyen en menant une politique drastique de baisse de la dépense publique de voir les salaires NET augmenter, le cout du travail baisser et le montant des prestations sociales versées augmenter.

      Mais entamer une politique à 180° de ce qui s’st fait au cours des 40 dernières années ne peut se faire qu’avec l’accord du peuple.
      Cet accord ne peut être donner que par trois biais l’élection présidentielle et le rendez-vous de cette année a été manqué, les élections législatives avec une majorité présidentielle ayant fait 15% des inscrits les députés et le gouvernement n’ont reçu aucun mandat du peuple.
      Conclusion le seul moyen qu’il reste c’est le référendum.

  2. Bonjour,
    Coquille ?
    « Il manque 100 000 entreprises de 300 salariés en France. »
    Cela ferait 100 000 x 300 = 30 000 000 (trente millions) de salariés. Peut-être y-a-t’il un zéro de trop quelques part ?
    Cordialement.

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  3. Oups j’oubliais ! Soyons précis en effet, le président n’est pas micron, ni macron, ambitieux mais probablement sympathique …. Non notre président se nomme : jacques de son prénom et Attali de son nom 🙂 je sais beaucoup moins drôle 🙁 Quel futé se Jacquot ! Il nous fait le coup depuis longtemps et ça fonction ! Petit malin …. Lui ne risque jamais de perdre les élections ….

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  4. Monsieur Netter bonsoir,
    Pouvez vous me préciser de quel pays parlez vous lorsque vous parlez d’embellie ? Lâ France que je connais n’a qu’une embellie au journal de 20 h pour qui veut bien le croire 🙂 le climat aussi, il fait beau …. Pour la partie économique ne le dites pas trop fort car beaucoup d’entrepreneurs pourraient, où se fâcher ! Ou tomber en grave dépression au mieux, pensant qu’ils n’ont rien compris ! Hors je reçois régulièrement demandes de conseil d’entrepreneur souhaitant migrer vers d’autres cieux ! Désespères, abattus, découragés … Souhaitant tenter le tout pour le tout avant leurs 150 euros de retraite à venir, bref un autre sujet …
    Merci pour votre article !

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  5. Le problème des français et de leur hystrion est à mon avis incarné par un défaut principal qui figure dans le raisonnement de Jean louis Bourlanges.

    Je mets quelques min pour aller au bureau, l’ai donc écouté sur BFMWCfranceculture. 5minutes seulement /25mn?, mais je suis certain, qu’il a oublié de parler de ce qui suit.

     »
    Vladimir Poutine doit essayer de trouver des alliés pour lever les sanctions qui pèsent sur la Russie. Angela Merkel apprécie d’avoir un président français avec qui il serait possible de relancer l’axe franco-allemand.
     »

    Ne voyez-vous pas dans vos trois lignes le ridicule de la situation:

    1/ il en est ainsi depuis au minimum 14/18, pour que par construction, la zone europe soit phagocytée.
    2/ il est plus que ridicule de prétendre que Merkel ou Macron
    donc Macrel soit plus européen que Poutine.
    Lui a vaincu staline intellectuellement, Merkel toujours pas.
    3/ c’est surtout l’axe paris moscou qu’il fallait/faut/va falloir rentabiliser avec sûrement l’allemagne mais sans évidemment merkel.
    Merkel n’a rien à faire en europe (sa place est chez les démocrates aux US ou chez mc cain).

    Tant qu’il en est ainsi, toute politique pourra être phagocytée par des étrangers.(euro, basel, islam …)

    =>Jean Louis Bourlanges est dans les faits puérilement à la solde d’intérêts étrangers & occultes.
    =>le pire pour nous, la fonction de Putin envers Clinton est maintenant assignée à la Macrel du Président Trump (arf)

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  6. Bonjour,

    Ce qui est annoncé de façon simple est au final d’une extrême complexité.

    Prenons cette image d’un coureur lors d’une compétition dans une côte.
    La France, ce coureur, a absolument tous les paramètres de son effondrement avant l’arrivée.
    -Manque de cohésion sociale , plus de 70 % des français pensent que leurs identités est menacé.
    -Effondrement de la part industrielle dans le pib en trente ans.
    -Créations de centaines de milliers d’emplois non productifs par l’état et les collectivités au nom d’un « confort politique « , les mandarins de leurs fin de mois.
    – Mondialisation imbécile, et transfert gratuit ou presque des technologies.
    – Environnement industriel explosif pour les entreprises, voir le cas de Peugeot Chine et Malaisie.
    -Valeur du temps sur le rapport amortissement/temps qui s’est rétréci à une peau de chagrin, d’où l’accélaration du départ des entreprises vers les états de l’U.E.
    – Valorisation avec renoncement des élites politiques à une oligarchie de Bruxelles qui n’est à l’égal des politiques soumis à aucune obligation de résultat, ce qui est la négation de la démocratie.
    On comprendra que je m’arrête ici, et ce n’est pas à défaut de  » combustible « .
    Quarante années où il n’ y a pas eu de vision industrielle par une bande d’incapable.
    Reste à vendre, les plages, les aéroports, Versailles etc……
    Scénario à la grecque.

    Amitiés à tous et toutes.

    Jean SEGUR

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    • Je crains que vous n’ayez raison

  7. Macron ne pourra malheureusement baisser aucune dépense publique….. si le curseur avait été facile à bouger, cela aurait déjà été fait. Les réformes a prendre sont tellement drastiques que personne n’est prêt à les accepter. Le temps perdu avec le système actuel ne laisse plus de place à la demi-mesure.Son Etat de grace va bientôt arrivé à sa fin. Il aura eu le mérite de sortir les Français de la morosité pendant quelques mois.

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  8. Cher Jean-Jacques Netter, il s’est logé une légère boulette dans votre texte ….
    « Il manque 100 000 entreprises de 300 salariés en France. » …. Faites le compte …
    Même à moins, on s’en contenterait !
    Ceci dit, votre article se résume bien avec la dernière phrase humoristique … Autrement dit, il ne faut pas compter sur le micron pour améliorer la situation … il n’est que la continuité de son prédécesseur.

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    • Si vous pouviez arrêter de nommer le Président de la République « micron » vous seriez un autre citoyen. C’est vraiment pas drôle ce manque de respect. C’est insupportable.

    • Jepirad, il semble que vous êtes très délicat !…
      Des choses vous sont insupportables ? … C’est navrant …
      Il faut respecter les gens bien sûr …. Quand ils sont respectables …. Et uniquement dans ce cas là !…

    • @Jepirad, il me semble que le contenu du commentaire de Citoyen ne se limite pas à un manque de respect pour le télévangéliste qui fait office de chef d’état, élu par 13% des français en âge de voter (si, si, vous pouvez vérifier!)

    • Macron a été mis Président par plus de 44% des inscrits.

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