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Il y a un consensus curieux sur l’optimisme manifesté par les stratégistes des grandes maisons de courtage et des banques privées sur les perspectives boursières de l’année 2014. Ils attendent une économie américaine plus forte (croissance du PIB de 2,7% à 3%) et une progression des profits des entreprises (122$ en 2014 pour les sociétés faisant partie de l’indice S&P 500, contre 108 en 2013). On entrerait dans la phase II du « bull market » (marché haussier). Ils voient encore les actions progresser l’année prochaine au nom, pour simplifier, de ce que les obligations n’offrent aucun intérêt dans une période où les taux d’intérêts vont remonter. Même le « tapering » (retrait par la Federal Reserve américaine de ses achats sur les marchés au rythme de 85Md$ par mois) qui était considéré comme un gros risque pour les marchés ne semble plus poser de problème. Il pourrait être mis en place rapidement et ne devrait pas influencer les taux courts, pense Anatole Kaletsky de GaveKal à Londres.

En Europe, l’examen de la réalité peut donner une impression différente, en particulier les taux d’intérêt à long terme qui sont nettement au dessus du taux de croissance de l’économie. Jusqu’à 600 points de base en Italie. Bien évidemment, la masse monétaire mesurée par M3 s’effondre partout particulièrement dans les pays du sud de l’Europe. Les prix industriels sont en baisse partout, y compris en Allemagne où la production industrielle ne progresse plus. Les rentrées fiscales baissent dans les pays du sud et en France, le nombre de faillites explose et l’emploi ne montre aucun signe d’amélioration dans le secteur privé. Au moment où l’Europe repart, la France décroche.

En France, Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre, a été désavoué par le président de la République sur son chantier de « remise à plat de la fiscalité ». Dans le cafouillage fiscal permanent auquel l’économie française est soumise depuis de nombreux mois, un sommet a été atteint cette semaine. Sylvie Goulard, députée européenne Alliance des Libéraux et Démocrates en Europe, proche de Mario Monti, constate que le pays a désormais une peur bleue de l’avenir et du risque. La classe politique est larguée, nous dit-elle.

Pierre Moscovici, ministre des Finances, reproche à tous ceux qui ne pensent pas comme lui de faire du « French Bashing » (dénigrer la France). C’est lui qui vient de porter l’impôt sur les sociétés à 38% en France, ce qui rend notre pays beaucoup moins attractif pour les investisseurs français et étrangers, mais cela ne le gêne pas du tout de recommander maintenant la baisse de ce taux !

Christian Eckert, rapporteur général PS de la commission des Finances, explique que le nouveau régime des plus values pour les entrepreneurs est le plus favorable depuis dix ans alors que la plus value sur les PEA/PME sera limitée. Rappelons qu’elle ne l’est pas pour le Loto ou le PMU !

Il n’arrête pas de lancer ou d’inspirer des amendements totalement stupides. Comme le rendement de l’ « exit tax » (taxe payée par les contribuables qui souhaitent établir leur résidence fiscale dans un autre pays) est très faible – 53M€ en 2013 et 115M€ prévus pour 2013 et 2014 – cela a incité Christian Eckert à baisser fortement le seuil de déclenchement. Le résultat est clair. Il aboutit à sanctionner des départs qui ne sont pas de l’exil fiscal. Au lieu de toujours adopter une logique punitive, il aurait mieux valu réfléchir sur une vraie réforme de la taxation des plus values de cession de manière à adopter des taux proches de la moyenne européenne.

Même Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits de la Femme, y est allé de sa proposition. Elle a lancé le débat sur la « conjugalisation de l’impôt ». Même si on est encore loin d’une décision, cette idée lancée à l’Assemblée nationale le 3 décembre dernier donne l’impression que la gauche veut encore relancer son obsession anti-familles…

Stéphane Treppoz, patron de Savenza.com, estime que les députés devraient revoir leur relation avec l’entreprise. En ne consacrant pas plus de 4% de leur temps aux entreprises, ils montrent un déficit de compétence, qui entraîne d’abord un déficit de confiance puis un déficit d’action. D’ailleurs, Ludovic Subran, d’Euler Hermes, estime que seulement 20% des ETI et PME ont l’intention d’accroître leurs investissements l’an prochain !

En se donnant du mal, on peut toutefois percevoir quelques signes qui, pour une fois, reviennent sur des positions idéologiques qui ont fait énormément de mal à l’économie.

Michel Sapin, ministre de l’Emploi, est arrivé à déboucher sur un accord dans le domaine de la formation professionnelle. La grande innovation consistera à caler les formations proposées sur les besoins des entreprises. Il pourrait en être de même pour les auto-entrepreneurs. Dans le domaine des auto-entrepreneurs, un accord serait également en bonne voie.

Cécile Duflot, ministre de l’Égalité des territoires et du Logement, qui a un bilan calamiteux pour le secteur dont elle a la charge, pourrait infléchir sa position. A force de parler en permanence de réquisitions, taxations, régulations, encadrement, on mettra en chantier 300 000 logements cette année en France alors qu’on aurait besoin d’en lancer 500 000.

Quant au président de la République, il semble avoir sifflé la fin de la créativité fiscale. Tout cela fait fuir les investisseurs et se terminera malheureusement un jour par un incident de crédit.

Pendant ce temps, comme nous avons eu l’occasion de le dire, « les hommes d’honneur sont en train de se lever ». Ils se préparent pour l’étape suivante.

Denis Payre, « serial entrepreneur » qui a créé 7000 emplois dans ses entreprises (Business Objects, Kiala), vient de fonder Nous citoyens, une nouvelle start-up politique. Il souhaite redonner la parole à la société civile pour mener rapidement les nombreuses réformes structurelles dont le pays a besoin.

l fait partie du petit nombre d’hommes et de femmes qui viennent d’horizons nouveaux. N’appartenant pas à la politique, ils savent bien que les idées nouvelles ont peu de chance de provenir d’une élite dont l’essentiel de la préoccupation n’est pas ce qu’il faudrait faire dans l’intérêt de la France, mais de ce qu’il convient de mettre en place pour assurer leur propre réélection. Pour les élections municipales, il propose la publication de la liste des relations existant entre élus et employés municipaux, publication des notes de frai s des élus, usage des voitures de fonction uniquement dans le cadre professionnel, publication des dépenses par habitant, de l’endettement par habitant et enfin limitation à deux mandats pour le maire.

Olivier Dassault et Jean Michel Fourgous ont créé le mouvement Génération Entreprise-Entrepreneurs. Il regroupe 120 députés de l’opposition. Le résultat est un Livre Blanc intitulé « Pour un big bang économique fiscal et culturel, le plan d’urgence des entrepreneurs pour sortir de la crise ». Il a été remis à Jean François Copé et constitue la contribution des libéraux de l’UMP.

Voilà les deux premiers points du programme :

I ) Mettre fin à l’asphyxie fiscale en baissant les charges sur les entreprises de 100Md€ sur 5 ans :

1/ Remplacer le CICE par un allègement de charges patronales à l’application immédiate et pérenne ;

2/ Mettre en place une « TVA compétitivité ».

II ) Réaliser 5% d’économies par an sur les dépenses publiques :

1/ Embaucher tous les nouveaux entrants dans le secteur public sous contrat privé, le statut de fonctionnaire n’étant conservé que pour les fonctions régaliennes ;

2/ Non remplacement de deux fonctionnaires sur trois ;

3/ Fusionner les départements et les régions, regrouper les communes ;

4/ Alignement des 3 fonctions publiques sur le droit du travail appliqué au secteur privé qui prévoit trois jours de délai de carence …

5/ Créer un National Audit Office rattaché au parlement pour faire un audit des services de l’Etat ;

6/ Rationalisation des organismes publics…

En Inde, le sulfureux Narendra Modji du BJP, gouverneur de l’Etat du Gujarat, dope les marchés. Cela a permis à l’indice Sensex de monter de18% en deux mois et à la roupie de se retrouver au plus haut contre dollar depuis le mois d’août dernier. Cependant l’inflation reste élevée et le déficit courant est encore supérieur à 5% du PIB.

Ce sont les valeurs de consommation qui sont le secteur préféré des gérants. Elles offrent une forte visibilité des bénéfices, notamment : Hindustan Unilever Limited, Maruti Suzuki, ITC.

Au Japon, l’objectif d’inflation risque de ne pas être atteint. Cela n’empêche pas les brokers et les sociétés de gestion de favoriser le Japon dans leurs allocations. Pour ceux qui investissent directement CLSA, broker à Hong Kong vient de mettre à jour sa liste de valeurs préférées : Toyota, SMFG, Daiwa Sec, Kyocera , Bridgestone, Japan Tobacco, MHI, Fujifilm, Dentsu, Honda Motor, SBI, Sumitomo Trust, Shinsei Bank, Konami and Shizuoka Bank. Parmi les fonds, on peut s’intéresser à Comgest Monde et pour les investisseurs qui préfèrent les trackers, Lyxor ETF Japon Topix Daily Hedged EUR.

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4 Comments

  1. Nicolas dit :

    Il faudrait aussi constitutionnaliser le bouclier fiscal.
    Même pour son bien, celui des autres, ou pour des raison délirantes, personne ne devrait payer en taxe, cotisation, tva, blabla, plus de 50% de ses revenus. Bien entendu, on interdit purement et simplement la moindre taxe sur le capital (sur la propriété), qui est LE droit de l’Homme.

  2. Homo-Orcus dit :

    Très URGENT pour envisager une réussite – libéraliser la santé et, dans un premier temps, supprimer les régimes spéciaux de retraite

  3. FaLLaWa dit :

    En fait on peut resumer la position liberale par rapport aux taxes de la maniere suivante:
    Au lieu de prendre d’une main et de redonner de l’autre, arretons de prendre et arretons de donner.

    Cessons la spoliation / redistribution.

    Si l’on arrete de prendre autant, on aura plus et alors plus besoin de redonner (exemple des salaires).

  4. Poutine7 dit :

    Il devait sacrément sécher les cours à HEC le François, ils comprend z. à l’économie et parle l’anglais comme une vache espagnole.

    J’ai un programme encore plus simple :

    – réduire de 100 milliards les subventions aux entreprises,
    – réduire de 300 milliards les allocs inutiles (RSA, ALS, aide de rentrée scolaire, prime de Noël etc) et subventions aux assoces bidon (sans pour autant supprimer le crédit d’impots qui permet de donner un peu d’air)
    – repousser l’age de la retraite à 67 ans

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