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L’Europe ne peut pas continuer à financer le déficit public de la Grèce (8% du PIB) et payer le service de sa dette, qui est toujours à 180% du PIB. Le FMI pour pouvoir continuer à prêter a besoin que la solvabilité du pays s’améliore, ce qui est loin d’être le cas. C’est pourquoi il a demandé à la BCE d’effacer une partie de la dette grecque dont elle possède 50 milliards d’euros sur un total de créances de 2.500 milliards d’euros. La négociation a eu lieu et une fois de plus, la Grèce devrait recevoir les fonds dont elle a besoin pour assurer ses fins de mois, mais cela ne résoudra en aucun cas de façon durable les problèmes de fonds du pays. Pour Patrick Artus directeur de la recherche de Natixis, il faut effacer 200 milliards d’euros de dette grecque et faire de la Grèce une zone franche. Il n’ y a pas selon lui d’autre solution.

Les modèles pour sortir un pays de l’endettement sont passés cette semaine en revue par Charles Gave de GaveKal. Il y a trois grandes stratégies : celle de la Suède qui a été un grand succès, celle du Japon qui est englué dans la déflation depuis plus de dix ans, celle de l’Argentine qui est un échec complet. Les fonds d’investissement viennent d’ailleurs de gagner cette semaine une longue procédure contre l’Etat argentin pour qu’il respecte ses engagements.

Deux pays s’en sortent plutôt bien : l’Irlande car les fonds américains, notammentFranklin Templeton,  se sont remis à acheter de la dette irlandaise et surtout l’Islande qui est un exemple de redressement en voie de réussir grâce à du courage de la classe politique et au fait que le pays ne faisait pas partie de la zone euro.

Erreur de Bercy : les entreprises industrielles laissés pour compte du pacte de compétitivité

La France a été sous pression cette semaine, après la  dégradation par l’agence de notation Moody’s, ce que Bercy a mis immédiatement sur le compte de Nicolas Sarkozy… Le pacte de compétitivité récemment adopté par le gouvernement,  a été examiné à la loupe par Michel Didier, président de Rexecode. Il a calculé que sur les 20 milliards d’euros de « crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi », à peine plus de 4 milliards d’euros reviendront aux entreprises industrielles. Bercy est donc en train de se rendre compte que la mesure sera loin de bénéficier majoritairement à l’industrie. Ce qui devrait amener les fonctionnaires à revoir certains détails du dispositif pourtant déjà très compliqué.

Initiative intéressante : 80 députés et anciens parlementaires emmenés par Olivier Dassault entendent réconcilier la politique et le monde de l’entreprise. Ils viennent de créerGénération Entreprise-Entrepreneurs Associés (GEEA). Pour eux, défendre les entreprises ne relève pas de l’idéologie mais de l’intérêt général. L’économie n’est ni de droite ni de gauche.  Il faut aller vite, car les politiques, selon eux,  au sens large sont de plus en plus discrédités aux yeux de la société civile. 

L’Espagne va mieux mais maintenant elle risque l’implosion car elle n’a plus les moyens de s’offrir dix sept provinces disposant de l’autonomie régionale tout en faisant appel à l’Etat Central quand cela va mal…

Aux Etats Unis Ben Bernanke, président de la Federal Reserve, est peut-être en train de changer de cap. Il semble qu’il voudrait faire passer le message aux hommes politiques de Washington que la Fed ne peut pas résoudre tous les problèmes. La surperformance du marché américain éclatante ces derniers mois, est probablement en train de prendre fin.

En Chine, le dernier indice PMI calculé par HSBC est sorti au dessus de 50, ce qui est le premier bon indice depuis octobre 2011. L’indice Hanseng se traite à 11 fois les bénéfices anticipés pour les douze prochains mois, soit la moitié de la valorisation de la fin 2009. Cette situation s’explique en grande partie par le fait que les banques constituent les 2/5 ème de l’indice. Toutefois de grandes valeurs du secteur de la consommation commeTingyi le fabriquant de nouilles se paye 33 fois…

On ne sait pas si le nouvel empereur de Pékin sera un réformateur.

Le marché chinois va devenir de plus en plus un marché de gérant  où la  sélection de titres jouera un rôle de plus en plus important. Il faut selon Warwick Simons de GaveKal à Hong Kong se concentrer sur les affaires de consommation et de pharmacie. Parallèlement le Yuan s’internationalise de plus en plus puisqu’il assure désormais entre 10 et 15% du commerce chinois.

Le Japon est prêt à rebondir nous explique Yuchan Li de GaveKal. Il est convaincu que le marché remonte car le nouveau gouvernement devrait laisser baisser le Yen et adopter des mesures de relance pour stimuler l’économie. Le mouvement de reprise ne devrait toutefois pas durer très longtemps car les paramètres d’évaluation des actions japonaises ne sont pas particulièrement attractifs.

Les marchés ont connu une bonne semaine grâce à deux sentiments de marché : 1/ un compromis sur le « Fiscal Cliff » (= mur de la dette) américain est encore possible. 2/ la Grèce va bientôt recevoir 44 milliards d’euros§… Tout ce la ne résout rien mais entretient la volatilité.

Secteurs : les banques européennes doivent renégocier la régulation

L’Europe doit reprendre sa souveraineté comptable, car elle est le seul grand pays à l’avoir abandonnée. Pour Michel Pébereau président d’honneur de BNP Paribas  il faut que le Comité de Bâle reprenne à zéro ses études sur la régulation de la liquidité imposé par Bâle III (= normes imposant aux banques le renforcement de leurs fonds propres), car ce n’est vraiment pas le moment de freiner le crédit bancaire. C’est d’autant plus important qu’en Europe Continentale, les entreprises sont financées à 75% par les banques alors qu’aux Etats Unis, elles sont financées à 75% par les marchés. Les compagnies d’assurance devrait pouvoir de nouveau investir en actions. Cela suppose aussi que Solvency II (=normes prudentielles imposées aux compagnies d’assurance) soit modifié pour que l’investissement en actions ne soit pas considéré  comme une opération de « trading » mais d’investissement dans la durée. Il faudrait en fin que pour les investisseurs privés les revenus et les plus values ne subissent pas une fiscalité confiscatoire. D’ailleurs au bout de cinq années de crise financière les français continuent de fuir la bourse.

Dans le secteur de la technologie , Yahoo continue de progresser. Le cours est au plus haut depuis Dix huit mois. En revanche, HP a perdu 10% dans la séance où la société annonçait  une provision de 8,8 milliards de dollars sur l’acquisition de la société anglaiseAutonomy, qui avait été payée 11 milliards de dollars par Leo Apotheker le prédécesseur de Meg Whitman à la présidence de HP. Il avait accepté de payer la société 11X son chiffre d’affaires et 31x l’EBIT ! Les deux banquiers conseil de la société américaine, Barclays etPerella Weinberg ont perçu respectivement 18 millions de dollars et 12 millions de commissions en rémunération de leurs prestations de conseil !

Groupon a perdu 29,6% après un troisième trimestre décevant. Le modèle économique du leader de l’achat groupé sur internet est désormais mis en doute par les investisseurs.

Le reclassement d’un bloc d’actions Amadeus a été un échec. HSBC, responsable du placement, terminant la semaine avec un bloc de 410 millions d’euros non placé auprès de clients.

L’or est plébiscité par les banques centrales

L’or est plus que jamais une valeur refuge. C’est l’annonce par la Banque Centrale du Brésil d’achat de métal jaune qui a fait passer le cours de l’once d’or à 1750 dollars. Elle a été accompagnée ces derniers mois par les banques centrales de la Russie, du Mexique, de la Corée du Sud, de la Thaïlande, de l’Inde et très probablement de la Chine.

Le Franc Suisse fait l’objet de commentaires passionnés d’économistes helvétiques notamment de Liliane Held-Khawam de Pro Mind Consulting. Depuis que la Banque Nationale Suisse (BNS) a annoncé qu’elle maintiendrait un taux plancher euro/franc Suisse de 1,20, elle pratiquement doublé la taille de son bilan et ses réserves sont composées à hauteur de 60% d’euro. Les risques du bilan de la BNS sont encore amplifiés par l’achat de dette souveraine notamment française. Il n’est pas bon, dit elle de lier de manière aussi forte le sort de 8 M de citoyens suisses, les générations futures et l’économie réelle à « l’enfer de la zone euro ».

Auteur: Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est diplômé de l’École Supérieure de Commerce de Bordeaux, titulaire d’une licence en droit de l’Université de Paris X. Il a été successivement fondé de pouvoir à la charge Sellier, puis associé chez Nivard Flornoy, Agent de Change. En 1987, il est nommé Executive Director chez Shearson Lehman Brothers à Londres en charge des marchés européens et membre du directoire de Banque Shearson Lehman Brothers à Paris. Après avoir été directeur général associé du Groupe Revenu Français, et membre du directoire de Aerospace Media Publishing à Genève, il a créé en 1996 Concerto et Associés, société de conseil dans les domaines de le bourse et d’internet, puis SelectBourse, broker en ligne, dont il a assuré la présidence jusqu’à l’ absorption du CCF par le Groupe HSBC. Il a été ensuite Head of Strategy de la société de gestion Montpensier Finance.

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