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Lorsqu’on écrit et publie un texte il n’existe au fond que trois types d’erreurs susceptibles d’être commises : a) l’erreur involontaire et factuelle, parfois énorme ; b) l’erreur plus ou moins volontaire relevant de toute une gamme de motifs allant de la stupidité, la mauvaise foi, le  mensonge, la mauvaise foi, la malveillance jusqu’à la volonté de nuire : c) l’erreur relevant de l’aveuglement idéologique : c’est la plus dangereuse d’autant que, souvent, elle peut provenir d’une combinaison des deux précédentes.

Mon premier texte destiné à « L’institut des Libertés » et qui, pour comble, portait justement sur la « liberté d’expression »…., comporte une funeste erreur de premier type dont – je m’empresse de le préciser -  je suis le seul responsable. Peu importe que ma bévue puisse s’expliquer par un manque d’attention au cours de la relecture et qu’elle ne change pas fondamentalement le sens du propos. Cette erreur existe et je dois à la réaction d’un lecteur ( merci Bruno B ), intrigué par une obscurité  de l’un de mes phrases ,la possibilité de vite la corriger. C’est ce qu’il convient de faire dans ces cas là, sans faux semblant ni chichis.

Je racontais qu’au Mexique la Cour Suprême venait de donner raison à la revue Letras Libres, animée par l’ intellectuel Enrique Krauze réputé proche des idées libérales de son ami Vargas Llosa,dans un violent conflit juridique l’ayant opposé à l’un des principaux journaux du pays, La Jornada.

L’affaire, ayant duré pas moins de sept ans, avait pour origine un article dans lequel Letras Libras accusait La Jornada d’évoquer l’ETA en la qualifiant toujours d’ « organisation séparatiste »  basque sans jamais employer le seul qualificatif adéquat en l’occurrence : bande ou organisation « terroriste ». Par conséquent, Letras Libres accusait La Jornada de « manipulation » de l’information en rappelant les centaines d’assassinats et d’actions effroyables perpétrées par ces criminels sous prétexte de revendications indépendantistes ( bilan encore alourdi depuis la publication de l’article, en 2004 ). Se sentant offensé, le journalLa Jornada se tourna vers la justice mais, après de nombreux recours, avait été débouté au motif, selon la Cour Suprême, que dans un débat « la liberté d’expression non seulement protège la substance de l’information et les idées mais aussi la forme ou le ton dans lesquelles celles-ci s’expriment. » En conséquence de quoi l’accusation formulée par Letras Libres ne constituait pas un délit.

Si l’on veut bien se reporter à l’article que j’avais ici publié, on verra qu’en étant beaucoup trop écliptique j’avais commis une absurde inversion entre « séparatiste » et « terroriste ». Bref, une bêtise ! Histoire de m’excuser, j’en profite pour saluer le regretté Jean-François Revel qui, précisément, se moquait de la manière dont, en général, la presse française – à la différence criante de la presse anglo-saxonne – ne parvient pas à admettre en toute simplicité une erreur, toujours possible quel que soit le soin apporté à sa copie. Chez nous, disait-il, si d’aventure on avoue une erreur, on se débrouille pour apporter une mise au point tournée de telle sorte qu’en réalité on dit avoir eu raison… ! Il est vrai, ajoutait Revel, que la presse française souffre d’une maladie congénitale : la confusion permanente et allègrement entretenue entre les faits et les opinions. Et, puisque nous étions en Amérique Latine, restons y car il citait souvent à cet égard l’exemple des sinistres FARC colombiennes. Revel notait à juste titre qu’en Europe, par une coupable faiblesse conduisant à se prosterner devant la pieuse imagerie de sympathiques guérilleros, on continuait à traiter les FARC de « révolutionnaires » en lutte pour la libération de leur peuple en se gardant bien d’énoncer la seule vérité qui compte : il s’agit, d’abord et avant tout, d’un groupe de narco-trafiquants capables de tout ( meurtres, y compris d’enfants, et enlèvements pour rançons, y compris de gens assez pauvres ) dans le seul but de perpétuer leur sinistre commerce. Pour mieux embobiner les gogos les FARC se réclament d’une fumeuse dialectique marxisante, variable au gré des circonstances et de leurs intérêts comme plusieurs études détaillées d’historiens et de spécialistes l’ont montré… Mais nous ne voulons pas les savoir ; exactement comme un journal mexicain de grande diffusion continue à ne pas vouloir faire savoir à ses lecteurs ce que l’acronyme ETA signifie en réalité : le crime organisé.

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