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11:51:32 2015.12.19
Populisme de fermeture
5:02:28 2015.10.28
Et si on parlait de libertés pour changer? Competitive Enterprise Institute, « think tank » dédiée à l’économie de marche, aux libertés civiles et à un gouvernement réduit.Enfin et surtout j’ai assisté pendant 2 jours au Forum Transatlantique  de Droit – TLC- , huitième édition annuelle, organisée par George Mason University, School of Law, qui se réunit alternativement en Europe ou a Alexandria dans la proche banlieue de Washington , DC. Cette initiative pilotée par Michael Greve, professeur de droit constitutionnel, parfaitement bi culturel, aussi  bien chez lui à Hambourg qu’à DC, reunit un groupe à taille humaine de professeurs et praticiens du droit, de représentants de  think tanks  libertariennes ou conservatrices,  et de magistrats. Ayant participé aux trois derniers colloques annuels, intervenant  vendredi sur un panel dédié  à la résolution administrative de la crise financière, j’ai pu faire inviter Herve Mariton, qui anima samedi après midi une discussion passionnante entre un  juriste de Wharton auteur d’un ouvrage à paraitre sur la Fed,  un représentant d’American Enterprise Institute, un  économiste de Open Europe Berlin, et un professeur italien de l’Université de Glasgow..Sur le thème du contrôle législatif ou judiciaire des banques centrales. Bel exemple de diversité et riche débat. Tous les thèmes du colloque de cette année tournaient autour d’une réflexion et d’une recherche de solutions pour mettre un terme ou à tout le moins enrayer, ralentir, les dérives d’un évolution profonde et non partisane vers un état de fait ayant abandonné de nombreuses prérogatives réglementaires à des agences autonomes, disposant de larges pouvoirs sans aucun contrôle effectif de l’exécutif dont elles dépendent constitutionnellement, du législatif ou du judiciaire.Les divergences culturelles de part et d’autres furent discutées et analysées, la construction européenne ayant facilité l’émergence et la pérennité d’un système administratif complexe sans contrôle effectif parlementaire ou judiciaire. En revanche aux Etats Unis, les périodes de résignation face à cette évolution contraire aux principes du système constitutionnel, alternent avec des poussées fébriles de contestation vigoureuse. Ce que l’on qualifie parfois de « Tea Party movement »  procède de cette résistance à une dérive constitutionnelle largement tolérée en Europe de part et d’autre de l’échiquier politique. A titre d’exemples et pour illustrer mon propos, fut étudié et contesté le contrôle  judiciaire en Allemagne de l’action administrative, y compris dans le domaine de l’imposition, calcul et modalités de recouvrement. Aussi dans une optique non exclusivement juridique, des analyses d’impact sur des législations et réglementations récentes, Dodd Frank Act de 2010 dans la sphère bancaire et financière,   Affordable Care Act – Obamacare – pour les systèmes de santé, et de manière plus générale les réglementations multiples édictées par des agences telles EPA dans le domaine de la protection de l’environnement et de l’énergie. Absence de contrôle législatif ou judiciaire, parfois volonté avérée et affirmée par le pouvoir présidentiel de contourner un Congrès juge insuffisamment progressiste dans ses choix, et orientations. L’opinion dominante des participants à notre colloque étant que la conjonction de ces initiatives a contribué de manière significative aux performances médiocres de l’économie américaine en terme de taux de croissance depuis la sortie de crise. Le panel auquel j’ai participé a analysé et déploré l’absence de transparence et la rigidité souverainiste qui a conduit à une balkanisation de la réglementation et de la supervision bancaire, mouvement engagé par la Fed de Washington, dans la foulée de la faillite de Lehmann en Septembre 2008. Le cantonnement du capital étant censé prévenir le recours au contribuable dans le cas de défaillance d’une institution bancaire majeure dans un ressort autre que celui de son pays d’origine. J’ai pour ma part fait observé que les initiatives prises dans le cadre du G20, qui devaient corriger les dérives telles qu’un leverage excessif,  sont demeurées limitées, et surtout décidées au niveau national, avec trop de divergences. Laissant largement intactes les opportunités d’arbitrage réglementaire et le « too big to fail ». J’ai aussi relevé que la qualification d’ « institution systémique », imposée à des compagnies d’assurance par un collège d’agences gouvernementales américaines, avec des conséquences en termes de supervision et de couts de toute nature, n’a été contestée en justice qu’une seule fois, par Met Life, affaire en cours non jugée. Sur les sujets énergétiques et de protection de l’environnement, les systèmes divergent largement, l’Europe a priori a des instruments qui assurent une plus grande cohérence et efficacité dans la prise de décision et dans la mise en œuvre, avec un contrôle a posteriori législatif ou juridictionnel limité. La Commission peut édicter et imposer aux Etats membres, l’EPA au grand dam des progressistes verts n’a pas cette latitude et Obama tente de passer en force dans les deux dernières de son mandat, notamment dans ce que l’on appelle ici la guerre « anti –charbon »pour réduire considérablement la place de ce combustible dans la production d’énergie. Au bénéfice d’un « renouvelable » largement subventionné par le contribuable. En revanche l’effectivité du contrôle judiciaire et la jurisprudence des « actions de groupe », augmentent les capacités de nuisance des activistes pour bloquer des initiatives qu’ils contestent, avec la menace de lourdes sanctions pécuniaires pour les contrevenants. Une tribune dirigée par Michael Greve, organisateur du TLF , discuta les pratiques de lourdes amendes imposées principalement mais non exclusivement dans le secteur bancaire et financier, voir l’affaire BNP Paribas, et plus récemment l’amende infligée au Crédit agricole. Un montant collecté de plus de $120 milliards en cumule à ce jour, des sanctions qui parfois sont imposées sans reconnaissance ni admission de culpabilité, des modalités de calcul totalement opaques, un partage des butins entre agences fédérales et locales, une affectation arbitraire entre pénalités et restitution, un contrôle exécutif, législatif ou même judiciaire ineffectif ou inexistant, en bref ce que l’on peut légitimement qualifier de « taxation sans représentation », une des justifications profondes de l’insurrection des colonies américaines contre le Royaume Uni en 1776.D’un autre point de vue, un tel système transactionnel souligne l’inexistence et à tout le moins l’impuissance des autorités dont ce serait la responsabilité à superviser et sanctionner les dérives d’un système bancaire. Ou bien une nouvelle manifestation de ce capitalisme de connivence qui nuit à l’efficacité et à l’éthique de la libre entreprise et de l’économie de marché ? La dernière discussion tenta une analyse comparée des contrôles existant ou à mettre en place sur les banques centrales. Le judiciaire et le Parlement Européen n’ont quasiment aucun contrôle sur la Banque Centrale Européenne. Il en est de même aux Etats Unis. Un paneliste fit observer que la Fed détermine sans aucun contrôle ses propres règles comptables, y compris les méthodes de valorisation des papiers achetés dans le cadre du « quantitative easing » avec les montants colossaux. Ceci explique la demande formulée dans le cadre de son programme présidentiel par le Sénateur Rand Paul, « audit the Fed ». Mais de même sous la présidence de JC Trichet la BCE acheta dans le marché de la dette souveraine grecque à des « Hedge Funds » avec  un fort escompte pour les comptabiliser à leur quasi valeur nominale. Ces dérives qui  toutes aboutissent a une concentration de pouvoir réglementaire et/ou de taxation à des agences gouvernementales largement irresponsables, ou qui s’abritent telles les banques centrales derrière un principe noble d’indépendance politique, aboutissent à un affaiblissement des libertés que peu de politiques ou de media contestent ou combattent. Et la sanction judiciaire lorsqu’elle existe  est souvent trop tardive pour être réelle et dissuasive comme le fit observer un juge fédéral de la Cour fiscale Américaine. C’est bien de nos libertés dont il s’agit. Codicille sur un sujet connexe, depuis plusieurs mois , le Congres avait refuse de renouveler  la capacité financière de l’Exim Bank , équivalent de notre COFACE, qui finance à des taux bonifiés, des crédits acheteurs sur des importateurs de biens d’équipement largement vendus par 3 fournisseurs , GE, Boeing, et Caterpillar à des acquéreurs internationaux tels des compagnies aériennes asiatiques et du Golf. Protestation notamment des 3 compagnies américaines qui s’insurgent contre des avantages procurés par les contribuables à leurs concurrents à leur détriment. Une coalition contre nature de US Chamber of Commerce, de AFL /CIO – syndicats américains, de GE et autres est en mesure de faire de rouvrir le débat après un lobbying intensif,  par une alliance bipartisane de parlementaires progressistes et centristes. Crony Capitalism, quand tu nous tiens…    
1:11:33 2015.10.05
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Les délices de Capoue et la morale moderne pour reprendre l'exercice de la maison) devait se réveiller  aujourd'hui, elle serait sans nul doute abasourdie par la brutalité non réfléchie de notre morale contemporaine. Un véritable jugement moral réfléchi, pesé,façonné, établit un rapport entre une situation et des références. Il compare, pèse, doute.Le jugement moral réactif quant à lui, est tout ce qui reste  en défaillance des échelles et des modèles. Il récuse le mal instinctivement, comme par éblouissement. Pourquoi est-ce important de définir ces deux approches d'une même morale, pourrait- on se demander, si après tout, les deux veulent le "bien"? Tout simplement parce que nous ne pouvons prétendre transmettre de valeurs humaine dans une société ou seul le jugement réactif tient lieu de norme. Le jugement réactif engendre en conséquence une morale au coup par coup, une morale par saccade, dépourvue de structures, lacunaire et contradictoire. Or un jugement fondé uniquement sur la complaisance ou l’indignation ne saurait apporter à une société une morale repérable ou même transmissible. Dominée par l’émotion, cette époque déborde de mièvrerie et cette mièvrerie déborde elle même de tous nos réseaux sociaux. Pas un facebook sans photos atroces, pas un twitter sans phrases de politiques à l'aulne d'un "plus jamais ça"; et la classe jacassière de jacasser mièvrement de concert. Or,refuser cette mièvrerie est votre seul salut si vous tenez à votre âme car l’homme de la stricte émotion demeure incapable de ferveur : il ne saurait s’engager tout entier dans l’acte moral, après que le bien et le mal lui ait été révélé. Ne comptez pas sur l’homme d’émotion pour prendre les armes et partir défendre un pays en guerre. Son émotion ne  peut lui apporter la structure qui, elle, permet l’action. L'indignation est une posture qui gèle l'action. Si vous choisissez le "prêt à penser", alors ,vous qui êtes entré en émotion, avez abandonné tout espoir.   L’attitude des occidentaux devant la guerre en Syrie est à cet égard assez révélatrice. Les média décrivent à longueur de papiers ce que nous considérons comme le mal absolu ; les migrations forcées de cohortes de populations. Pourtant les moyens d’interventions que nous avons déployés en solution demeurent ridicules comparés au ton des discours accusateurs et à l’ampleur des dénonciations.On dirait bien que nous sommes exclusivement capables de sermonner les autres, tous les autres, et très peu d’agir par nous-mêmes.   Dans cette hiérarchie des normes au sein de cette société d’émotion, il existe aussi un certain nombre d’opinions politiques, morales ou autres dont nul ne doit s’écarter à moins d’être marginalisé. Il est par exemple convenable de réclamer l’égale représentation des deux sexes dans tous les espaces du pouvoir ou d’affirmer que la délinquance provient de la pauvreté issue de l’injustice sociale. L’homme contemporain doit aussi haïr tout ordre moral ; il doit identifier l’Eglise à son inquisition mais ne jamais identifier le communisme à ses goulags. Il doit suspecter le profit et les puissances de l’argent. Il doit se méfier des vertueux qui cachent toujours quelques vices hypocrites et surtout il doit aussi légitimer tous les comportements et toutes les manières de vivre car plus que tout, il est interdit de juger. Il existe une forte tendance actuelle à l’idéologie du relativisme. La pensée convenable tend donc à niveler les jugements sur les comportements à faire disparaître la notion de déviance et l’idée de vertu. On se souvient qu’Hannibal vit sa bonne étoile l’abandonner le jour où, après une série de victoires, ses soldats s’endormirent dans les délices de Capoue. Nous  sommes ces soldats. Nous avons oublié que toute conquête demeure précaire et incertaine. La victoire contre le mal n’est jamais définitive. La barbarie demeure toujours là, tapie et nous ne pouvons l’extirper, seulement la réduire. Il nous faut réapprendre que tout est toujours à recommencer. Ainsi le bonheur d’une société, comme d’ailleurs d’un individu demeure t’il une grâce méritée et précaire et non pas le résultat assuré d’une réorganisation sociale comme le voudrait les idéologues du progrès. Et surtout rappelons-nous que si nous sommes encore victimes du syndrome de Capoue, c’est que nous pensons faussement que nos organisations porteraient, en elle, le bien.
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