Europe

2:26:04 2018.07.12
Migrations en Europe, quelles solutions ?

La question de l’État providence

  En distribuant les aides sociales sans tenir compte des personnes qui cotisent, l’État providence joue le rôle de pompe aspirante. Ce faisant, il crée une méfiance et un ressentiment chez les personnes qui accueillent, qui ont l’impression de payer pour les autres. Rappelons que la solidarité, qui est une vertu, ne peut exister que si elle est libre. La solidarité contrainte n’est plus de la solidarité, mais une contrainte, et ce n’est donc plus une vertu (la vertu suppose la liberté). Raison pour laquelle un système mutualiste, où les gens sont libres ou non de cotiser, est un système vertueux et solidaire, alors qu’un système contraignant, comme l’est la Sécurité sociale, n’est ni vertueux ni solidaire. Il est donc faux de dire que la sécurité sociale participe de la solidarité nationale. Elle participe de la contrainte, et crée donc du ressentiment et de l’envie, ce qui n’est bon pour personne. Privatiser la sécurité sociale permettrait d’établir un authentique système de solidarité et de justice (en plus de tous les avantages qu’apporte un système libre d’assurances sociales). Les migrants, qui travaillent ou non, pourraient ainsi librement cotiser aux mutuelles et donc recevoir les aides en retour. Dans un système de ce type, personne n’aurait l’impression d’être volé ou d’être un profiteur. Les relations humaines seraient saines parce que libres. Chose que rappelle Hayek dans Droit, législation, liberté :   « Réserver aux citoyens d'un certain pays les dispositions leur assurant un niveau plus élevé qu'au reste du monde, c'est en faire un privilège et implique certaines limitations au libre mouvement des hommes à travers les frontières. [....] Nous devons constater le fait : nous rencontrons ici une limite à l'application universelle des principes politiques libéraux, que les réalités du monde rendent inévitable. [....] Les principes libéraux ne peuvent être constamment observés qu'à l'égard de gens qui eux-mêmes obéissent à ces principes, mais ne peuvent pas toujours être appliqués à ceux qui ne les observent pas. »   L’État providence distord les relations entre les personnes en faussant l’honnêteté des rapports humains. Il introduit des sentiments de jalousie et de frustration qui pervertissent le bon fonctionnement des relations sociales. Un des problèmes des flux migratoires, et une des raisons pour lesquelles ils sont mal acceptés par les populations européennes, c’est que celles-ci considèrent, à tort ou à raison, que les migrants profitent d’un système de protection sociale auxquels ils ne contribuent pas. Les populations autochtones ont donc l’impression de se faire avoir et d’être les victimes des flux migratoires. Tant que demeure un système d’État providence, il n’est donc pas possible d’établir des migrations libres. À l’inverse, si le système politique était non pas un État providence, mais un État subsidiaire, les privilèges redistributifs n’existeraient pas. Les migrants ne pourraient donc pas être perçus comme les profiteurs d’un système, qu’ils n’ont par ailleurs pas contribué à édifier.  

La liberté intangible de la libre circulation des hommes

  La théorie libérale sur les migrations est souvent mal connue. En voulant fonder le système migratoire sur la liberté des personnes à se rendre dans le pays de leur choix, et sur la liberté des personnes d’un pays à accueillir ou refuser d’accueillir les populations migrantes, elle semble pourtant offrir une alternative crédible à l’étatisation des flux migratoires qui, jusqu’à présent, a montré son échec. Non seulement cette étatisation n’a pas permis d’arrêter les flux migratoires, comme l’État s’y était engagé (puisqu’en France les frontières sont officiellement fermées depuis 1974), mais elle n’a pas non plus réussi à permettre l’intégration des migrants et l’acceptation, par les populations européennes, de ces flux migratoires. Cette politique étatique se révèle donc être un échec, puisqu’elle est génératrice de tensions et d’incompréhensions.  

La liberté d’émigreret la préservation de la propriété privée

C’est ce que rappelle Pascal Salin dans son livre Libéralisme paru en 2000 :   « Mais, dira-t-on, si l’on renonçait à toute politique d’immigration, si l’on supprimait tout contrôle aux frontières, notre pays ne risquerait-il pas d’être submergé par des hordes d’immigrants ? Certainement pas, à condition que les droits de propriété légitimes des uns et des autres soient respectés. »   Libérer les migrations ne signifie donc pas qu’un migrant puisse se rendre là où bon lui semble, mais là où l’on est prêt à le recevoir. Le marché des migrations se régule ainsi de lui-même, comme n’importe quel marché. Des personnes d’un pays peuvent ainsi accueillir des migrants, jusqu’au moment où elles arrêteront cet accueil parce qu’elles estiment qu’elles ont atteint le seuil de saturation : soit qu’il n’y ait plus de travail disponible, soit qu’elles pensent ne plus pouvoir intégrer les nouveaux arrivants.   C’est exactement l’inverse que nous avons en France. Nous voyons Mme Hidalgo ouvrir les portes de Paris aux migrants, qui s’entassent Porte de la Chapelle faute de maisons d’accueil puis, quand la situation devient ingérable, demander aux services de l’État de les dispatcher ailleurs. C’est ainsi que son réquisitionné des hôtels et des gymnases pour les loger. Des personnes qui n’ont pas été consultées se retrouvent ainsi avec des bâtiments publics inutilisables, parce que réquisitionnés pour les migrants. Ici, le libre choix des personnes n’est absolument pas respecté. Ce qui ne peut que générer des tensions. Toujours selon Pascal Salin :   « Ainsi, l’émigration et l’immigration devraient être totalement libres, car on ne peut pas parler de liberté individuelle si la liberté de se déplacer n’existe pas. Mais la liberté de se déplacer n’implique pas que n’importe qui a le droit d’aller où bon lui semble. Les droits de chacun trouvent en effet pour limites les droits légitimes des autres. […] Si par exemple, un natif d’une région du monde appelée Mali, souhaite vivre et travailler dans une ville qui s’appelle Paris et s’il trouve un propriétaire qui veut bien lui louer un logement, un entrepreneur qui souhaite signer un contrat de travail avec lui, des propriétaires de routes qui lui accordent le droit de circulation (gratuitement ou contre paiement), des épiciers qui lui vendent leurs produits, rien ne pourrait justifier qu’une quelconque autorité vienne interdire ces échanges mutuellement profitables. »   On constate bien qu’il n’en ait pas du tout ainsi aujourd'hui, quand les mafias viennent faire leur marché dans les villages africains pour forcer les populations à venir en Europe, quand on entasse des malheureux qui n’ont ni logement ni travail dans la jungle de Calais ou les bidonvilles de Paris. Sans compter les politiciens sans scrupule très heureux d’accueillir ces populations dans les barres HLM des quartiers lointains afin de disposer d’une réserve d’électeurs. Les migrations auxquelles nous assistons aujourd'hui ne sont pas du tout des migrations libres.

La manipulation politique des migrants

  Outre le dévoiement de l’État providence, l’autre danger de l’étatisation des migrations c’est la manipulation politique qui peut en être faite. Ceux qui subventionnent l’immigration des moins productifs le font souvent à des fins électoralistes. Ils espèrent ainsi créer des réseaux clientélistes qui leur apportent des voix fidèles. Mais tout en subventionnant ces migrations, ils se gardent d’en subir les conséquences en échappant au lieu de concentration des populations immigrées. Ce qui ne les empêche pas de tancer les populations qui connaissent un déclassement ou une dégradation de leurs conditions de vie. Il est ainsi très rare que les bonnes âmes qui défendent la carte scolaire inscrivent leurs enfants dans leur école d’affectation.   Ainsi, les partis politiques qui plaident en faveur du droit de vote des étrangers le font parce qu’ils estiment que ceux-ci voteront pour eux. D’où l’intérêt de leur redistribuer les aides sociales et les largesses de la solidarité nationale. De même, en imposant 25% de logements sociaux dans toutes les communes, les socialistes espéraient prendre leur contrôle. Puisque les logements sociaux sont souvent attribués à des populations qui bénéficient des transferts sociaux, ces électeurs ont tout intérêt à voter pour les partis qui défendent la redistribution sociale. On perçoit ainsi que les migrants sont manipulés par cynisme et intérêt électoral à courte vue, au mépris des conséquences à long terme et des souffrances des populations. De même qu’il existe un capitalisme de connivence, il existe un humanitarisme de connivence où l’argent public est détourné à des fins soi-disant humanitaires pour en réalité se constituer une clientèle électorale.   Pour ma part, je suis favorable à ce que l’on interdise aux collectivités locales la possibilité d’accorder des subventions à quelque association que ce soit. C’est faire un usage privé de l’argent public, et l’on sait bien que le choix de l’association subventionnée, que ce soit le club de football ou l’association des couturières du dimanche, répond à des logiques de clientélisme électoral. Le problème de l’immigration renvoie donc au problème de l’État providence.

Les migrants vont vers les zones attractives

  Nous constatons à travers de nombreux exemples que les murs ne sont pas toujours adéquats pour empêcher la venue des migrants, quand les portes ouvertes ne l’encouragent pas toujours. Un exemple est donné par un article du Wall Street Journal de 1993. Le journaliste s’interrogeait sur le fait que l’immigration en provenance du Mexique était trois fois plus importante en Californie qu’au Texas en dépit d’une frontière commune avec le Mexique beaucoup moins longue et plus difficile à franchir illégalement. La raison de cette différence tient en partie au fait que le système de protection sociale est beaucoup plus développé en Californie qu’au Texas. Comme l’a déclaré un fonctionnaire du bureau de l’immigration et des affaires des réfugiés du Texas :   « Il n’est pas possible ici de vivre de l’assistance. Les gens viennent ici pour travailler et non pour bénéficier de la protection sociale. Et ceci affecte l’attitude de nos résidents à l’égard des immigrants. Ils sont généralement considérés comme des travailleurs et non comme des bénéficiaires d’assistance. »   En Europe, on constate que peu de migrants africains se rendent en Suisse, au Luxembourg et au Liechtenstein, pays pourtant beaucoup plus riches que l’Italie, l’Espagne ou la France.   Le démographe Gérard-François Dumont a analysé ce paradoxe apparent dans ce qu’il nomme le sophisme mécaniste. Celui-ci consiste à penser que lever les obstacles aux frontières favorise l’immigration, alors qu’ériger de nombreux obstacles la limite. Le raisonnement aboutit alors à la conclusion que l’installation d’immigrés dans un pays dépend de façon mécanique de la nature de la politique migratoire. Or, accroître les obstacles ne limite pas forcément l’immigration. Dans les années 1960, en France, les frontières sont assez ouvertes et pourtant le pays ne connaît pas les problèmes migratoires d’aujourd'hui. Les populations des anciennes colonies ne se déplacent pas dans l’ancienne métropole, alors que les écarts de vie entre l’ex AOF et la France sont plus importants qu’aujourd'hui. Les migrations étaient d’un autre type. Bien souvent, les immigrés venaient en France pour y travailler quelques années afin de faire parvenir un revenu plus élevé dans leurs familles.   Si fermer les frontières n’arrête pas nécessairement l’immigration, les ouvrir ne provoque pas non plus nécessairement un grand appel d’air. Dans l’espace Schengen, les frontières des pays d’Europe sont ouvertes, n’importe quel Européen peut se rendre dans un autre pays pour y vivre et y travailler, ce qui ne conduit pas à des invasions massives d’Espagnols en Angleterre ou d’Italiens en Allemagne. Les flux intracommunautaires restent modestes. Les migrations ne sont pas liées à la présence de murs érigés ou de portes ouvertes, mais aux facteurs de répulsion et d’attirance. On quitte un pays parce qu’on ne peut plus y vivre, et on se rend dans un autre parce qu’on estime que la vie y est meilleure. Une politique migratoire cohérente doit donc manier la barre de l’attractivité. Un pays non attractif ne reçoit pas de migrants. Le problème émane donc bien de l’État providence et du système d’oisiveté et d’assistanat qui s’est créé.   Revoir les conditions de l’État providence et fonder les rapports humains sur la libre volonté et non sur la contrainte sont donc quelques solutions qui peuvent contribuer à résoudre cet important dossier migratoire. Permettre aux migrants de s’installer dans un lieu parce que les locaux l’ont voulu et non pas parce que le préfet leur impose est la meilleure façon d’éviter les prévenances, les peurs et la coercition. Les rapports humains seront beaucoup plus sains s’ils sont fondés sur la libre volonté de chacune des partis plutôt que sur la violence de la décision administrative.
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La fac démasquée la courte vidéo réalisée par les occupants de la faculté de Tolbiac. Sous le nom de Commune libre de Tolbiac, ils ont créé un « auto-média » pour diffuser une « auto-conférence » avec de « vraies images » et de « vrais occupants ». Assises à des tables, trois jeunes filles masquées lisent un discours, sous-titré en langage inclusif dans la vidéo. Avec elle, un chien, assis à leurs côtés. Cette vidéo démasque le piteux état des facs sur bien des points.   Un masque pour effacer la personne   Le hasard à fait qu’au moment de la publication de cette vidéo je faisais un cours sur les masques à mes élèves. Le fait que les trois protagonistes soient masquées est fort éloquent. Ce n’est pas une cagoule du FLNC, pour se cacher des représailles, ni un passe-montagne pour se protéger du froid. La réponse au masque est donnée par l’une des intervenantes : « Pourquoi sommes-nous masquées ? Tout simplement parce que nous avons décidé de ne pas avoir de porte-parole, de ne pas avoir d’individualité qui pourrait se dégager de Tolbiac, mais pour pouvoir porter une parole commune. »   Le masque efface l’individualité et la personne pour fondre l’être dans le groupe. Le masque efface également l’humanité. Ce sont des masques d’animaux qu’elles portent : oiseau, renard, chat. Le chien à leurs côtés est à comprendre dans cette perspective : l’animal est mis sur le même pied d’égalité que l’homme : il peut monter à la tribune, il peut intervenir. Les hommes portant des masques d’animaux, seul l’animal montre son vrai visage. La première fois que j’ai visionné cette vidéo, mais j’ai même cru que le chien était une personne déguisée. La confusion est donc totale.   Le masque n’est pas autre chose que l’effacement de la personne derrière le groupe, la disparition de l’humanité au profit de l’animal. L’anthropologue Georges Buraud ne dit pas autre chose dans son ouvrage Les masques, paru pour la première fois en 1948 et réédité aux Belles Lettres en 2014. Il vaut le coup de lire cet ouvrage, en outre très bien illustré, où l’auteur nous emmène dans l’histoire et dans le monde pour nous faire toucher l’essence du masque. Le masque, nous dit Buraud, est associé à la mort : c’est le masque mortuaire des Égyptiens et des Grecs, c’est le masque des tragédies quand on va sacrifier l’être humain puis le bouc. Le masque est lié aux esprits et aux divinités, aux chamans et aux démons. Il fond l’être dans le grand tout de la nature. Le masque est également lié à la danse. Non pas la valse ou le quadrille, danses désacralisées et sans superstition que l’on pratique en Europe, mais la danse transe où le corps est capté par l’esprit, où l’être humain est emporté par les démons. « Le masque, nous n’avons pas besoin des Noirs pour l’apprendre, a toujours été un instrument de danse. » (p. 10) Et plus loin, sur ces rapports entre la danse et le masque : « Cette dualité mystérieuse est une autre raison d’être du masque. Elle le fait naître. Et il la crée, à son tour. Par ce mélange de vérité et de mensonge, de sincérité et d’illusion diabolique qui est son âme, le masque polarise l’énergie et, entre ces deux pôles contraires, celle-ci se tend, s’élève à une hauteur exaltante et parvient à une plénitude inconnue. » (p. 11)   Tous les peuples, toutes les cultures ont des masques : masques d’animaux, de têtes de morts, d’esprits obscurs d’où ne dominent que les yeux, la bouche, le nez. Et avec ces masques, la danse-transe qui est une possession du corps par les démons. Le masque et la danse vont de pair avec les sacrifices humains. « On danse avec le masque, on mime la vie supérieure de la bête ou du dieu. Mais le masque lui-même est déjà une danse -une danse, fixée et stylisée, des éléments de la nature. (…) La danse en effet est l’âme du masque. C’est par elle (danse du corps ou danse intérieure de l’esprit délivré) que l’homme se métamorphose et participe aux énergies immortelles du monde. » (p. 113) Quand on voit ces trois étudiantes dans leurs accoutrements ridicules, comment ne pas s’empêcher de penser qu’elles se sacrifient elles-mêmes sur ces tables dressées comme des autels ?   L’exception chrétienne   Tous les peuples ont le masque, sauf les peuples chrétiens : « Autant les cultures primitives, antiques, orientales, américaines, ont exalté le masque sous la plupart de ses formes et essayé d’en tirer tout le parti possible, autant la civilisation chrétienne l’a ignoré ou méconnu. » (p. 49) Ce fait est fondamental. Cela a commencé avec les Hébreux et les Grecs, qui n’ont pas le masque primitif et traditionnel. Chez les Grecs, les masques de théâtre sont déjà des êtres humains, des personnes au sens propre : des mégères, des matelots, l’ensemble des types de la cité. La danse commence déjà à être désacralisée et la personne à émerger, via le droit. Les Romains poursuivent cette conquête de la civilisation qui se parachève avec le christianisme. Il n’y a qu’à l’époque du carnaval que le masque est autorisé. Ce sont les géants du Nord, les masques de Venise -superbes, mais au halo mortuaire-, les visages déformés ou hirsutes des masques en papier mâché. On ne touche pas en vain au visage qui est l’âme même de la personne. Dans l’art, la fin du masque signifie le début du portrait personnel et individuel. Le masque tombé et abandonné marque l’apparition de la personne et sa victoire sur le groupe et la foule. C’est le début de l’individualisme. Ce qu’a compris Georges Buraud avec le masque, c’est ce qu’a démontré ensuite René Girard avec le sacrifice ; les deux étant liés.   En portant des masques d’animaux, en mettant l’animal sur le même plan qu’elles, en disant que le masque a pour objectif d’effacer les individualités, ces étudiantes donnent l’illustration d’un retour au paganisme et aux temps archaïques. Cela va de pair avec le décor où elles interviennent. La liberté s’accompagne toujours de la beauté et la servitude de la laideur. Cette dialectique a été bien démontrée par Philippe Nemo dans son Esthétique de la liberté (2014). Quiconque s’est rendu à Tolbiac ne peut que témoigner de la laideur des lieux. En eux-mêmes, les bâtiments pourraient être beaux, même si l’architecture épurée des années 1970 ne plait pas à tout le monde. Mais ces bâtiments ont été volontairement et sciemment dégradés au cours du temps par les gauchistes qui en occupent les lieux. La première chose qu’ils font en bloquant un amphithéâtre est de l’enlaidir, donc de s’avouer esclave et de se reconnaître servile. Tags, déjections, destructions : cette laideur est la conséquence de leur servitude. Si ces étudiants étaient dans les beaux amphithéâtres de la Sorbonne, ils se livreraient aux mêmes destructions pour enlaidir les lieux. En 2006, lors des émeutes du CPE, un groupuscule avait pris d’assaut la bibliothèque des Chartes pour en brûler les livres rares. Pas de savoir là où il y a le masque ; le savoir est réservé aux personnes.   Là aussi, ces étudiantes le disent bien : elles veulent bloquer la fac « pour bloquer la production de savoir institutionnel pour créer nos propres savoirs. » Du charabia pédagogiste qui ne débouche que sur le néant.   Liberté pour les universités   On ne peut que regretter que la seule réforme à faire en matière d’enseignement supérieur ne soit pas prise : mettre un terme au monopole de la collation des grades, institué par Jules Ferry en 1880, décidément le grand fossoyeur des libertés scolaires. Les universités privées sont bien évidemment plus à même de former des étudiants correctement, et pour moins cher, que ces pauvres facultés gangrenées par des militants politiques depuis trop de décennies. La compétition pour le savoir et la formation est mondiale. Bien former sa jeunesse est essentiel pour l’avenir de la France, ce qui suppose de donner la pleine liberté aux établissements d’enseignement supérieur. Les masques de Tolbiac pourraient au moins démasquer l’imposture de l’université d’État.    
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L’aéroport : entre ouverture au monde et barrières