Eco – livres

6:16:26 2017.11.20
Hollywood prépare un nouveau film catastrophe : La Turquie va sauter !     Quand la quantité de monnaie augmente (ligne bleue qui monte), le prix de la monnaie baisse (ligne rouge qui monte=Euro qui monte contre la Livre Turque et donc Livre Turque qui baisse). Variations sur 12 mois dans les deux cas. Voila qui est fort logique. Si la quantité de quelque chose augmente, son prix baisse… Ce qui est plus embêtant est que la Turquie depuis des années a emprunté des sommes considérables en monnaies étrangères. On parle de plus de 450 milliards de dollars, ce qui n’est pas rien… Et comme le taux de change se casse la figure, financer cette dette devient de plus en plus difficile. Par exemple comme la Livre Turque a baissé de prés de 30 % depuis un an, le service de la dette coûte aujourd’hui  30 % de plus qu’il y a un an et demain peut être 60 % si la Livre continue de baisser. Sous l’effet de ces sorties de capitaux, le déficit du commerce extérieur se creuse de plus en plus. Or et il est déjà à près de 5 % du PIB Turc…et la question se pose : qui va  investir de l’argent frais dans un pays dont la monnaie s’effondre ? Et bien sûr une hausse des taux d’intérêts phénoménale suit, sous l’effet de deux facteurs :
  • Tous ceux qui ont des dettes et un cash flow négatif cherchent à emprunter pour servir des frais financiers qui explosent de façon «inattendue».
  • Par contre, les résidents qui ont une épargné ou sont en cash flow positif n’ont qu’une idée et c’est de sortir leur argent aussi vite que possible du pays pour protéger leur capital.
Et  surprise, surprise !  Si la demande de prêts augmente considérablement et si l’offre d’épargne diminue, et bien le prix auquel l’offre d’épargne = la demande d’épargne, c’est à dire les taux d’intérêts montent au travers du toit. Et c’est ce que montre le graphique suivant.   Et  comme l’inflation monte et que l’activité économique s’écroule puisque plus personne n’investit, ne pouvant trouver l’argent pour le faire, nous rentrons dans une dépression inflationniste tandis que les banques se mettent à sauter comme des bouchons puisque plus personne ne les rembourse. C’est en général le moment ou les gens du FMI à Washington  devraient se mettre à réserver leurs billets d’avion pour Istanbul ou Ankara… L’embêtant est que dans la catégorie « idéologue fou », monsieur Erdogan est parmi les tous meilleurs au monde en ce moment (malgré une sévère concurrence) et que l’idée qu’il a eu tort ne l’effleurera même pas. Les responsables sont bien entendu (je laisse le lecteur choisir) : les Juifs, les Arméniens les Américains, les trois ensemble, les Chrétiens, l’Intelligence Service, les Grecs (peu crédibles cette fois ci), le « mur de l’argent », les gnomes de Zurich ou de Wall-Street, et j’en oublie surement. Il va donc continuer d’accumuler les erreurs que bien d’autres ont fait avant lui du style contrôle des prix, contrôle des changes, contrôle du crédit, mises en prison de commerçants ou de banquiers, trafiquants fusillés sévèrement, diplomates étrangers expulsés, journalistes disparaissant mystérieusement… avant que d’être chassé du pouvoir par la rue ou par l’armée. Mais avant de réfléchir aux nouvelles âneries que le Président Turc nous réserve, il me faut d’abord expliquer pourquoi et comment il a tenu aussi longtemps. La Turquie a depuis  un grand moment un important déficit de son commerce extérieur, (aux alentours de 5 % du PIB), ce qui veut dire qu’elle achète pour 5 %  de plus à l’étranger qu’elle ne lui vend. Cela n’est possible sur le long terme que si « quelqu’un » lui prête la différence, c'est-à-dire environ bon an mal an 5 % du PIB. Ce quelqu’un, d’après ce que je crois savoir aurait été l’Arabie Saoudite. Et donc, depuis années, la Turquie vivait au dessus de ses moyens parce que l’Arabie Saoudite la subventionnait dans le cadre de la  lutte millénaire entre Sunnites et Chiites au Moyen-Orient (voir mes papiers sur le sujet). L’embêtant est que le royaume Saoudien a un nouveau maitre qui s’est rendu compte qu’il n’y avait plus un rond dans les caisses et qui du coup cesse de subventionner les autres pays Sunnites…Plus de subventions à attendre donc et du coup la monnaie se casse la figure. Et que le lecteur ne croit pas que cela va affecter uniquement la Turquie. Les monnaies Libanaises, Bahreïni, Qatari  Egyptienne, voir Algérienne ne sont tenues que grâce aux Saoudiens. Et donc, partout dans le monde sunnite et arabe les monnaies locales vont s’effondrer, ce qui est rarement favorable à la stabilité politique. Depuis 1973, les économies de ces pays vivent dans une fausse économie basée sur ce que les économistes appellent la rente minière. La rente minière disparaissant, il est à craindre que les populations locales payées à ne rien faire depuis des lustres ne se mettent à crever de faim et que du coup elles partent – à  pied- pour rejoindre de nouveaux pays d’accueil où elles seront nourries. Les crises financières et politiques au Moyen-Orient risquent bien de relancer l’immigration vers chez nous, ce qui ne va pas arranger les affaires dans notre vieux continent. Pour conclure. (Sur des considérations bassement boursières (Pouah !)) La première étape de la crise du Moyen-Orient impliquait d’un coté la Russie et l’Iran et de l’autre l’Arabie Saoudite et la Turquie. La Russie et l’Iran ont gagné cette première manche, ce qui était parfaitement prévisible. Du coup, l’Arabie Saoudite se retire dans son bunker et laisse tomber les autres Sunnites, dont les régimes vont s’écrouler, ce qui va déclencher de nouveaux mouvements d’immigrés et quelques perturbations financières, je le crains.
  • Je me suis laissé dire par exemple que les banques françaises et allemandes étaient parmi les plus grands créditeurs de la Turquie. Voila des dettes qui ne seront jamais remboursées…et pour ça, je fais tout à fait confiance à monsieur Erdogan.
  • Il apparait aussi que les plus gros clients de nos vendeurs d’armes en Europe seraient les monarchies sunnites dont tout laisse à penser qu’elles vont droit à la faillite. Détenir ces valeurs en bourse me parait peu souhaitable.
  • De gros contrats viennent d’être passés par Airbus avec la compagnie aérienne Emirats. J’attendrais un peu avant d’acheter Airbus, à tout hasard.
  • J’achèterai bien des obligations Russes (à 8 %), pour me prémunir contre une hausse des prix du pétrole et des obligations chinoises (à 4%), pour me protéger contre des ennuis avec mes euros.
  • Je maintiens ce que je dis depuis des années, n’ayez aucune valeur financière ni aucune obligation de la zone euro en portefeuille, sauf si vous aimez perdre de l’argent.
  • Je vendrai volontiers les fonds investis en obligations des pays émergents, si j’en avais, ce qui n’est pas le cas.
  • Et pour finir, je lèverai bien un peu de cash dans mon portefeuille actions, que je mettrai en dollar US, à tout hasard.
3:14:06 2016.03.20
La colère des peuples charles 6 - Taux de chomage et marge brute des societes

(Toute reproduction soumise à demande préalable)

La ligne rouge représente ce que l’INSEE appelle la marge brute d’autofinancement des entreprises installées en France, en pourcentage du PIB. Il ne s’agit donc pas des bénéfices du CAC 40 mais de la mesure la plus simple de la rentabilité du capital investi EN FRANCE. Ce ratio entre deux flux, les profits et le PIB a été avancé d’un an et demi, c'est-à-dire poussé sur la droite d’un an et demi. (ie: projection) La ligne bleue quant à elle représente le taux de chômage en pourcentage de la population active.   Quelques remarques sur ce graphique s’imposent à ce point de l’analyse.  
  1. La rentabilité du capital en France a baissé prodigieusement de 1974 /1985 qui furent les années d’abord du « Libéralisme avancé », grande idée du désastre Giscardien, suivies par les années ou le programme commun fut appliqué.  De 1985 à 2008, nous avons eu une stabilisation aux alentours de 23 % du PIB. Depuis 2009, nous avons perdu encore quatre points de rentabilité.
  2.  Le taux de chômage SUIT la rentabilité des entreprises avec un délai moyen d’environ 18 mois. La relation est de la baisse de la rentabilité au chômage et non pas comme le croient les Keynésiens du chômage à la rentabilité. (et que personne ne vienne me parler de la poule et de l’œuf…)
  1. Ce que les statisticiens appellent le taux de corrélation entre les deux variables est aux alentours de 90 %. Le carré du taux de corrélation s’intitule le coefficient de détermination et il est donc de 81 %. Cela veut dire que 81 % du taux de chômage est déterminé par la rentabilité du capital investi dix huit mois plus tôt.En termes clairs, cela signifie que si la rentabilité du capital baisse de deux points, le taux de chômage monte de deux points 18 mois plus tard…
  1. Comme la rentabilité du capital investi vient de remonter d’un point en raison de la dévaluation de l’Euro, il est probable que le chômage va baisser dans les 18 mois qui viennent, ce qui permettra à monsieur Hollande de nous expliquer qu’il a réussi son pari de « renverser » la courbe du chômage.
  Ces points étant acquis et vérifiables dans TOUS les pays du monde, que se passerait- il dans un pays normal si le but réel était de faire baisser le chômage ?   Les hommes politiques devraient s’interroger sur la baisse structurelle de la rentabilité du capital en France et une fois le diagnostic fait, prendre des mesures pour y remédier. D’après nombre d’études internationales faites par l’OECD ou le FMI, l’une des causes principales de cette baisse structurelle serait que le code du travail est d’une complexité inouïe ce qui empêcherait les embauches par les entrepreneurs. Et à ce sujet, nous venons d’assister à un psychodrame totalement Français. Une réforme du code du travail vient d’être proposée et je dois confesser que je n’ai pas beaucoup étudié son contenu tant j’étais sûr qu’en fin de parcours, toutes les « forces de progrès » se ligueraient pour empêcher tout changement. Et bien sur, je me suis trompé, et je n’ai pas été déçu en bien, comme disent les Suisses. Rien n’a changé, si ce n’est que le Président a d’abord rajouté quelques complications visant à renforcer le pouvoir des syndicats dans les PME et TPE mais qu’en plus le point d’indice des fonctionnaires a été augmenté, ce qui coutera au budget de l’Etat environ 7 milliards d’Euro. Voila qui risque d’empêcher le chômage de baisser comme il aurait dû le faire si monsieur Hollande ne s’en était pas mêlé. Devant un tel désastre l’observateur non partisan doit se poser la question : pourquoi cette préférence pour le chômage de la part de notre classe dirigeante ?   A cette question, il existe deux réponses non mutuellement exclusives.  
  1. Une incompétence inimaginable. Les hommes qui nous dirigent seraient Marxistes et penseraient que l’économie est un gâteau de taille fixe qu’il convient de partager. Et, en bonne théorie Marxiste, la plus value, c'est-à-dire le profit n’a aucune justification ni économique ni morale. Il s’agit d’un vol et leur rôle est donc de punir les voleurs.Ils ne comprennent pas que le profit est la rémunération du risque comme l’ont montré Schumpeter et Solow et donc leur but est de capturer ce qui pour eux est une rente injustifiée, pour l’accaparer au profit de leurs troupes. Tant qu’a faire de voler, autant que ce soit à leur profit.
  1. Un enfantin machiavélisme politique. Pour eux, hommes de l’appareil étatique et socialistes (ce qui revient au même), maintenir une majorité de Français dans une situation de dépendance et de précarité c’est assurer leurs réélections. A la masse des fonctionnaires qui votera toujours pour eux, on peut rajouter l’ensemble de ceux qui sont sans emplois et que l’on entretient à grands coups de prébendes. Si en plus, on réussit à créer une espèce d’apartheid grâce auquel un tiers des Français n’a pas son mot à dire lors des élections, alors les deux partis de gouvernement (socialistes de gauche et socialistes de droite tels Giscard, Chirac ou Sarkozy) qui suivent tous la même politique  peuvent alterner au Pouvoir en ne recueillant qu’un peu plus du tiers des votes. Le bonheur total.
Voila ou nous en sommes. Toynbee, le grand historien Anglais avançait que le rôle des élites dans un pays était de répondre aux défis qui se posaient à la société. S’ils n’y arrivaient pas et apportaient de fausses solutions, alors les mêmes défis se représentaient… jusqu’à ce que les élites soient changées, au besoin de façon révolutionnaire, ce qui entrainait un changement de régime. En cas de nouvel échec, le pays, la société ou la civilisation pouvaient disparaitre… On songe à l’Amérique Indienne dont la Civilisation a disparu lorsque les Conquistadores sont arrivés. On peut citer l’Allemagne en 1934 après le Traité de Versailles de 1918 qui consacrait le suicide de l’Europe. On songe à l’URSS qui a crevé du Marxisme. De nos jours, on peut mentionner le Moyen et le Proche Orient. On ne peut s’empêcher de citer aussi les institutions Bruxelloises qui toujours apportent les mauvaises réponses (Euro, politiques migratoires etc.…) aux questions qui tracassent les peuples. Nous en sommes là et le salut ne viendra pas d’un homme providentiel mais ne peut venir que du Peuple Français qui devra se lever et faire entendre sa voix. Déjà, les voix des Peuples Polonais, Hongrois, Américains, Anglais se font entendre.   Les élites devraient se méfier de la colère des Peuples.      
8:00:03 2014.02.13
« Des Lions menés par des Ânes » suite Introduction
5:11:00 2010.10.17
Notre héros inconnu: l’entrepreneur Les profits des sociétés et le PNB américain ont connu une évolution parallèle depuis 1950, ce qui est confirmé par le graphique du bas présentant le ratio profits/PNB. Ces profits oscillent entre 4% et 9% du PNB, avec une moyenne autour de 6%. Il ne se dégage pas de tendance nette sur le long terme... mais on peut cependant se demander si la part des profits dans le PNB aux États-Unis ne connaît pas une tendance haussière depuis 1988 environ, ce qui semblerait confirmer la thèse d’une accélération de la création destructrice. Vérifions ce phénomène avec les chiffres français (malheureusement je ne dispose des chiffres concernant les profits que depuis 1978). Voici le même graphique pour la France : France : profits des sociétés et PNB Nous pouvons faire la même constatation que pour le graphique précédent: profits et PNB connaissent une croissance équivalente; mais curieusement, alors que la part des profits dans le PNB américain croît depuis 1988, en France, l’inverse semble en train de se produire. Voilà une différence qu’il nous faudra explorer... mais qui peut sans doute s’expliquer par le fait que toute une partie de la sphère économique française, organisée selon des principes communistes, résiste de toutes ses forces à cette nouvelle donne et que donc, chez nous, la destruction l’emporte sur la création. Cette identité entre taux de croissance du PNB et profits sur le long terme est assez logique: si les profits progressaient plus vite que le PNB, au bout d’un certain temps, tout le PNB serait constitué de profits, ce qui serait idiot. S’ils croissaient moins vite, l’économie stagnerait puisque ce sont les profits qui sont à l’origine de la croissance. Pour résumer: • l’entrepreneur est un joueur porté par une « vision ». Il est sans arrêt prêt à tout perdre et c’est ce qui arrive la plupart du temps. La «classe» des entrepreneurs est donc celle qui souffre le plus de la destruction inhérente au capitalisme: en moyenne, trois nouvelles entreprises sur quatre échouent dans les trois premières années de leur existence ; • la contrepartie est que la réussite, si elle est au rendez-vous, peut dépasser les espoirs les plus fous, et ce sont ces réussites qui sont à l’origine de la croissance du PNB, de l’emploi et du niveau de vie général. Les croissances des nouveaux secteurs se font souvent au détriment d’anciens qui sont condamnés de ce fait à disparaître ; • l’entrepreneur est donc à l’origine tant des processus de création que de destruction, ce qui lui vaut sans doute sa grande impopularité. C’est lui et lui seul qui crée l’étincelle originale qui permet à la croissance de démarrer, ce qui ne veut pas dire qu’il peut créer tout seul. Il a besoin des autres. Pour simplifier, on peut dire que la présence des entrepreneurs est nécessaire, mais pas suffisante; d’autres intervenants sont nécessaires. Le premier sera le Sancho Pança de notre Don Quichotte- Entrepreneur: appelons-le le «rentier». On ne peut le présenter cependant sans introduire un autre personnage, essentiel dans le roman de Cervantès, les moulins à vent, contre lesquels se bat ce pauvre Don Quichotte, c’est-à-dire les banques, car banques et rentiers d’un côté et entrepreneurs de l’autre sont l’avers et le revers d’une même réalité. C.G
7:15:55 2010.10.14
Les secteurs à libérer
12:00:52 2010.09.21
Extrait de « L’Etat est mort, Vive l’état! » à paraitre le 30 Septembre 2010 chez François Bourin Editeur