Romain Metivet

7:00:20 2016.12.06
Ils sont là! Réédition des livres de Charles Gave http://institutdeslibertes.org/livres/
Pour des raisons de logistique et de moyens humains, nous avons utilisé une plateforme d'impression à la demande. Par conséquent, en fonction de la formule de frais de port choisie, la livraison peut prendre d'une à six semaines (le délai annoncé est cependant souvent surestimé). La plateforme est malheureusement en anglais donc si certains d'entre vous rencontrent des difficultés n'hésitez pas à nous contacter.

Nous proposerons d'ici peu les ouvrages sur Amazon et en format ePUB pour les détenteurs de Kindle et autres liseuses.

Pour conclure, veuillez noter que Charles Gave a cédé tous ses droits d'auteur à l'Institut des Libertés. Chaque vente est donc un petit coup de pouce grandement apprécié.  Un parfait présent pour cette fin d’année !
Note: Les membres donateurs peuvent bénéficier d'une réduction de 25%. Pour recevoir votre code de réduction veuillez nous contacter.
livres
5:00:48 2016.09.06
Nouvel Outil Graphique de l’IDL outil graphique, qui permet à tous d'explorer de nombreuses données (démographiques, économiques, financières, etc.), de les transformer et de sauvegarder des graphique avec facilité. Tous les mois, nous recueillons les données publiques publiées par divers organismes (EUROSTAT, OCDE, Banque Mondiale, FMI, sites d'information etc.) et les aggrégeons afin d'obtenir une base de données facilement exploitable. Nous ajouterons davantage de données au fil du temps. Voici un bref tutoriel pour l'utiliser:
  1. Rendez-vous ici: http://institutdeslibertes.org/outil_graphique/
  2. Après quelques secondes de chargement l'outil apparaîtra: tutoriel.001
  3. Pour afficher une variable vous pouvez soit explorer les catégories sur la gauche ou utiliser la barre de recherche. Disons que je souhaite comparer les indices boursiers allemands et français. Je vais soit taper "Indice" ou "Bourse" dans la barre de recherche soit utiliser les catégories suivantes: Marchés/Actions: tutoriel.002
  4. Je sélectionne maintenant la France et l'Allemagne en cliquant sur les boîtes correspondantes.tutoriel.003
  5. Pour comparer une évolution, il est toujours préférable d'avoir un même point de départ. Pour cela il est possible de mettre les deux séries en base 100 en cliquant sur l'option correspondante. Pour modifier la date à laquelle je veux mettre les deux séries en base 100, je vais tout simplement glisser la petite boîte noire qui contient la date sur l'axe. tutoriel.004
  6. Maintenant modifions un peu l'échelle du temps. Je souhaite observer l'évolution depuis la création de l'euro. Je vais donc étendre et/ou translater la barre sous le graphique pour que la période sélectionnée s'affiche. En mettant en base 100 en 2000, on observe très bien la divergence depuis quelques années entre la France et l'Allemagne.tutoriel.005
  7. En plus de mettre en base 100, on peut également afficher le taux annuel de variation d'une série. Voici un exemple avec la population française. tutoriel.006
  8. Essayons désormais de comparer la relation qui lie deux variables différentes: par exemple le taux directeur de la banque centrale et le taux souverain à 10 ans. Je cherche puis sélectionne le taux directeur de la France (qui est aujourd'hui celui de la BCE). En cliquant sur la petite pastille de couleur à côté de chaque pays je peux changer la couleur de la courbe. Ceci permet une meilleur visibilité lorsqu'il y a plusieurs variables. tutoriel.007
  9. En haut du sélecteur de variable on peut observer "Variable 1" ou "Variable 2". Par défaut l'outil est sur "Variable 1". Étant donné que le taux souverain est une variable différente, il faut cliquer sur "Variable 2" puis chercher et sélectionner la variable souhaitée. La relation parait évidente. tutoriel.009
  10. Vous pouvez désormais donner un titre et enregistrer votre graphique en tant qu'image en cliquant sur le bouton en haut à droite. Voici par exemple le fichier sauvegardé suite à ce tutoriel. tutoriel.010Si vous avez des questions ou des recommandations n'hésitez pas à me contacter.
7:38:26 2016.07.01
Malheureusement je ne crois plus au Brexit on ne peut plus clair à l'attention de la tour de Babel qui se dresse à l'est de Bruxelles. Mais j'ai comme un doute. Si je partage l'enthousiasme manifesté sur ce site et savoure l'écume politique à laquelle nous assistons, j'ai toujours été sceptique quant à la concrétisation du Brexit en cas de victoire du "Leave". Je le suis d'autant plus depuis une semaine, et ce pour trois raisons. La première est que l'expérience récente concernant ce genre de consultation n'est guère encourageante, particulièrement lorsque l'on commence à s'intéresser sérieusement à la politique lors du referendum sur la Constitution Européenne de 2005 (j'avais à l'époque 15 ans). Alors que mon imaginaire de collégien se souvenait du cours d'Histoire sur le départ de De Gaulle en 1969, l'Union Européenne et ses partisans m'ont appris que le sens de l'honneur n'était plus d'époque et que l'avis du "peuple" n'avait de valeur que lorsqu'il était sans conséquences.  Leçon qui fut d'ailleurs confirmée par la suite avec les deux referendums irlandais (qui auraient pu être trois ou quatre si cela avait été nécessaire), le cas de la Grèce ou encore le "non" de la Hollande il y a quelques semaines concernant l'accord d'association avec l'Ukraine dont la commission a déclaré "prendre note". Bien que méprisés, aucun des peuples précédemment cités ne s'est soulevé ou n'a manifesté afin que sa voix soit respectée et que l'Union Européenne arrête sa dérive vers une Union Soviétique en déficit de testostérone. Pourquoi cela serait-il différent cette fois-ci ? La question posée était certes plus claire, mais la réponse demeure non-contraignante juridiquement. Après avoir sans vergogne fait avancer leur "projet" par le mensonge ou le déni démocratique, je vois mal tous les partisans de l'Union Européenne (pas forcément européens d'ailleurs, les oints du seigneurs outre-atlantique se sont également invités dans la bataille) abandonner si facilement leur plan de carrière parce que quelques "bouseux" des Midlands ou du Yorkshire le leur demandent. La deuxième raison est l'attitude du premier ministre David Cameron. Durant la campagne, il n'a cessé de répéter que l'article 50 permettant le retrait du Royaume-Uni serait invoqué juste après le vote "car le peuple britannique attendrait avec raison que cela se fasse immédiatement". Or il a annoncé en parallèle de sa démission que ça ne se passerait pas tel qu'il l'avait promis. Pour le moment, la situation politique britannique et les déclarations des principaux concernés semblent suggérer un délai de plusieurs mois. Ce retournement de veste de la part de David Cameron met une pression immense sur le futur premier ministre britannique dont le passage au 10 Downing Street sera sans aucun doute de très courte durée. Si ce dernier décide d'invoquer l'article 50, il y a de fortes chances pour que le divorce soit houleux car l'humeur atrabilaire des dirigeants européens démontre (pour ceux qui en doutaient encore) qu'ils ne souhaitent ni coopérer ou négocier avec le Royaume-Uni, mais le punir et le soumettre. S'il s'y refuse, il perdra tout soutien et crédibilité de la part des conservateurs. Cette décision est également vicieuse sur un autre point: elle donne un délai aux "Remainers" pour organiser la contre-offensive. La dernière raison est qu'en effet nous assistons à une véritable campagne de la part des opposants aux Brexit pour instiller le doute dans l'esprit des britanniques et de leurs dirigeants. Le but avoué étant que ce référendum demeure sans répercussions, tout au plus un épisode cocasse que l'on racontera la mine joyeusement effrayée autour d'un bon Earl Grey. Notez qu'en moins d'une semaine, nous avons vu émerger:

1) Une pétition hautement médiatisée pour l'organisation d'un deuxième référendum comptabilisant près de 3 millions de signatures (pas toutes authentiques il faut l'avouer).

2) Des centaines d'articles et reportages tentant de déligitimer le résultat car principalement le fait de gens modestes, non éduqués, âgés ou racistes (et pourquoi pas le tout à la fois). Si les idiots sont partout, ils ne sont certainement pas sous-représentés chez les lapins de coursives scandant à tue-tête "il faut plus d'Europe". Tout est fait pour diviser le pays avec des arguments fallacieux (par exemple, le clivage jeune/vieux alors que 64% des 18-24 ne sont pas allés voter).

3) Des experts s'efforçant de trouver un moyen "démocratique" de bloquer le Brexit. Notamment en passant par le parlement.

4) Des menaces de sécession de la part de l'Écosse ou de l'Irlande du Nord. Divide ut regnes.

5) Et pour clouer le tout, des promesses d'hausses d'impôts et de baisse de dépenses sans véritable justification macroéconomique à l'heure actuelle.

Les responsables politiques britanniques font donc aujourd'hui face à une société plus que jamais fracturée, que les médias angoissent d'une main et rassure de l'autre avec la perspective d'un "contre-vote". J'imagine que d'ici quelques jours nous aurons un sondage déclarant que si le vote était à refaire le Brexit échouerait. Dans de telles conditions, tout élu marche sur des oeufs et pourrait bien hésiter avant d'engager son pays dans la voie d'un divorce conflictuel et préférer une renégociation ou l'avis du parlement pour se couvrir. À l'heure où j'écris ces lignes, Boris Johnson vient d'annoncer qu'il ne sera pas candidat pour le poste ingrat de premier ministre post-Brexit. Mauvais signe s'il en est. Depuis avant-hier les marchés ont récupéré les pertes engendrées par le vote. Mais quelque chose me dit que c'est en partie parce qu'ils anticipent que la séparation n'aura pas lieu. J'espère me tromper. Mais si ce n'est pas le cas, le seul arbitre légitime qui pourrait imposer le Brexit serait Sa Majesté la Reine. D'après les rumeurs, elle est plutôt d'accord avec la majorité du peuple. La démocratie enterrée par les partisans de l'UE et sauvée par la Couronne, avouez que ce serait croustillant.
7:30:03 2014.12.09
Nostradamus à Bercy : comment en finir avec les prévisions irréalistes ? Cet article est disponible sous forme de Note d'Analyse : TÉLÉCHARGER Lorsque ma fiancée me demande ma taille, j'ai toujours tendance à appliquer la méthode du Ministère de l'Économie et des Finances : je me grandis. S'il est un cocktail que Bercy sait préparer dans des proportions stœchiométriques, c'est bien celui qui allie fierté, méthode Coué et bluff. Le ministère ne manque d'ailleurs jamais une occasion de nous éblouir de son talent lors de l'élaboration du budget et de la prévision de la croissance. Le budget 2014 a été construit sur une croissance de 0,8%, alors qu'elle sera vraisemblablement deux fois moins importante. Le budget 2015 a lui été élaboré avec une croissance de 1%. À l'heure où l'Europe s'enfonce dans une nouvelle crise, il y a de quoi avoir des doutes. Voilà plusieurs années que l'optimisme des différents gouvernements abreuve les projets de loi de finance (PLF). Depuis 2002, 8 budgets sur 13 ont dérapé par rapport aux prévisions (et de beaucoup). Depuis la crise de 2008, le déficit budgétaire a toujours dépassé les prévisions du PLF sauf pour 2011. 1 L'erreur concernant le taux croissance n'est pas la seule variable explicative (il y également les taux d'intérêts, l'inflation etc.). Elle est toutefois déterminante dans la prévision des recettes et il reste possible de l'estimer avec plus de justesse. La conjoncture économique est certes un travail difficile qui relève plus de l'Art que de la science, mais certains pays, comme le Royaume-Uni, semblent avoir un meilleur coup de pinceau. Pourquoi ? L'émergence d'organismes indépendants chargés d'évaluer les politiques et les finances publiques est aujourd'hui monnaie courante dans le monde. Au niveau de la zone euro, le Pacte Budgétaire, signé le 2 mars 2012 et ratifié par la France le 22 octobre 2012 , prévoit que des institutions indépendantes, "chargées de vérifier le respect des règles d’équilibre relatives au solde structurel des administrations publiques", doivent être mises en place dans les États membres. C'est dans cet esprit que fut créé en 2010 le Office for Budget Responsibility (OBR) au Royaume-Uni. Son homologue français, le Haut Conseil des Finances Publiques (HCFP), fut fondé en 2012. Il demeure cependant une différence de taille entre les deux organismes : l'un a des moyens et de l'autorité, l'autre pas. Le Haut Conseil des Finances Publiques ne produit aucun chiffre car il n'a tout simplement pas le service pour. Il rend seulement un avis sur la politique budgétaire et les finances publiques en fonction des informations partagées par le gouvernement et des prévisions établies par d'autres institutions comme l'INSEE ou la commission européenne. George Osborne, le chancelier de l'Échiquier (le Ministre des Finances britannique), avait annoncé lors de la création de l'OBR que ce dernier publierait des prévisions économiques et fiscales à la place du gouvernement car le système précédent ne permettait pas d'élaborer des budgets justes et que les erreurs étaient je cite : "toujours orientées dans le même sens". C'est pourquoi l'OBR produit ses propres prévisions macroéconomiques et budgétaires en toute indépendance grâce à une équipe de comptables, d'économistes et de statisticiens. En plus de ses prévisions, il publie chaque année une évaluation de ses performances passées ainsi que ses modèles. L'institution britannique a véritablement été dotée des moyens nécessaires à sa mission, alors que la française s'apparente à un alibi vis-à-vis de Bruxelles. Dans la loi de 2011 qui institutionnalise l'OBR, rien ne force à proprement parler le Ministre britannique à utiliser les prévisions de l'organisme pour son budget. Cependant, les travaux sont présentés comme faisant "autorité" et constituent "un socle" (background) sur lequel le ministère doit se baser. Les prévisions de l'OBR accompagnent d'ailleurs obligatoirement le chancelier lors de sa présentation du budget. Depuis 2011, les prévisions du ministère sont calquées sur celles de l'OBR à quelques minimes différences près, et les résultats en matière de précision sont positifs. Concernant la différence entre le déficit prévu (par les budgets initiaux) et le solde budgétaire final, la prévision est un peu plus juste et surtout laisse des bonnes surprises outre-Manche : dsa La prévision du taux de croissance semble quant à elle beaucoup moins biaisée par l'optimisme, tout en étant plus précise. nio Le Haut Conseil des Finances Publiques n'a aucun pouvoir (et utilité ?), comme en témoigne son ton on ne peut plus diplomatique : "Le Haut Conseil prend acte du choix fait par la France de ne pas appuyer, comme le font certains pays européens de la zone euro, sa programmation des finances publiques à moyen terme sur une projection macroéconomique délibérément « plus prudente » au sens du règlement européen." (Avis du 15 avril 2013) "Le scénario du Gouvernement présente, selon le Haut Conseil, plusieurs fragilités touchant au dynamisme de l’environnement international et de la demande intérieure." (Avis du 26 septembre 2014 sur le Budget 2015) Le Royaume-Uni a fait des choix qui ne sont pas ceux de la France comme une forte diminution du nombre de fonctionnaires ou la baisse importante de la dépense publique (de près de 51% du PIB en 2010 à environ 45% cette année). Bien que des difficultés budgétaires subsistent, les résultats économiques sont positifs en terme de croissance, de déficit public et de chômage. Mais quelque soit la politique engagée par un gouvernement, il doit être capable de prévoir le plus objectivement possible ses conséquences sur l'économie et le budget. La France a sur ce point des progrès à faire, et l'expérience nous enseigne a être plutôt pessimiste. Accroître la précision et la visibilité budgétaire est cruciale dans notre pays.  Dans un soucis d'intérêt public et de transparence, revoir les statuts du Haut Conseil des Finances Publiques pour le rendre autonome en matière de chiffrage ainsi que pour lui accorder l'autorité en matière de prévisions serait un grand pas vers la responsabilité budgétaire que tous les français appellent de leurs voeux. Sources : OBR PLF Insee Ministère des Finances HM Treasury HCFP
7:00:51 2014.11.11
France : la fin de la dette pas chère ? Cet article est disponible sous forme de note d'analyse. Voilà un titre légèrement provocateur lorsqu'on sait que le service de la dette publique est aujourd'hui le premier poste de dépense de l'État. Mais en dépit de ce fardeau gargantuesque qu'est notre dette publique (qui vient de dépasser les 2000 milliards d'euros) , nous sommes pour le moment relativement chanceux : le taux auquel nous empruntons est à un niveau historiquement bas. Cela a permis à notre gouvernement d'économiser des sommes non négligeables sur les deux dernières années. Si la charge des intérêts représentait 46,3 milliards d'euros en 2012, elle ne sera "que" de 44,9 milliards en 2014, malgré des déficits continus. Le projet de loi de finance de 2015 prévoit d'ailleurs que cette charge va continuer de baisser pour atteindre 44,3 milliards d'euros. D'un point de vue symbolique, cette estimation permet de faire reculer la charge de la dette au  deuxième rang des postes de dépense les plus importants, juste après l'éducation nationale. Rien ne garantit un tel scénario. Au contraire, il est fort probable que nous connaissions une correction des taux d'intérêts à la hausse, et ce pour deux raisons principales : i) la conjoncture et la déconnexion entre le marché obligataire et la réalité économique française qui atteint son paroxysme ii) le jeu de l'offre et de la demande deviendra défavorable, surtout en 2015. La dégradation continue des fondamentaux La conjoncture française n'encourage guère l'optimisme. Avec une croissance anémique, un chômage galopant et un déficit qui peine à diminuer, la situation du pays n'inspire pas confiance. Des taux si bas (aux alentours de 1,2%) constituent une rare opportunité pour un pays. Ils permettent d'entreprendre des réformes et de racheter les rentes à des coûts limités. Malheureusement, la politique économique française n'a pas été à la hauteur des enjeux que ce soit en terme de dépense publique, de modernisation des systèmes sociaux ou de réforme du marché du travail. Par conséquence, la santé du secteur privé continue de se détériorer. Forcé de supporter le poids de l'État et faisant face à une dure concurrence avec une monnaie trop forte, ses marges se rétrécissent dangereusement. Et contrairement aux idées reçues, c'est de là que vient le problème de l'emploi : nos entreprises ont de plus en plus de mal à investir et leur réserves se tarissent. Qui voudrait embaucher dans un tel contexte ? Le graphique suivant met en évidence cette relation. 1 Dans une telle situation, les déficits sont difficiles à contenir. Comment pourrait-il en être autrement lorsque la perte de compétitivité des entreprises érode la base fiscale et le chômage fait exploser les coûts sociaux ? Les efforts actuels, principalement orientés vers une hausse des prélèvements plutôt qu'une réelle baisse des dépenses, n'améliorent guère la situation et  pourraient être réduits à néant si la clémence des marchés à notre égard prenait fin. Un simple glissement des taux d'intérêts réels vers la moyenne de 2010-2011  (soit une augmentation des taux nominaux actuels d'environ 0,9%) mènerait à de conséquentes difficultés budgétaires : rien que pour 2015 le surcoût immédiat serait de plus de 2 milliards d'euros, soit 9,5% des économies avancées par le gouvernement. Si cette hausse devait se pérenniser, la charge de la dette pourrait augmenter de l'équivalent de 1% du PIB, soit plus de 21 milliards d'euros par an. À titre de comparaison, le budget du ministère de l'intérieur pour 2015 atteint 18,24 milliards d'euros. 2015 sera également la dernière année avant que la dette publique ne dépasse le seuil psychologique des 100% du PIB. Au delà des considérations macroéconomiques, c'est bien l'attitude des investisseurs qui détermine le taux d'intérêt. Le mois dernier, le dirigeant d'un grand fonds d'investissement, David Einhorn, a recommandé publiquement, présentation à l'appui, de parier à la baisse sur la dette française (donc une hausse des taux). Réputé et médiatique, son analyse pourrait bien être l'impulsion qui amènera de plus en plus d'investisseurs à douter de la dette française, réputé "sans risque". Car un des drames de l'euro a bien été de faire croire que toutes les obligations de la zone se valaient. Sur le graphique suivant, on peut observer l'écart des taux avec l'Allemagne. 2 Entre 1999 et 2008, l'écart était littéralement de 0 entre une obligation italienne, espagnole ou grecque, et une obligation allemande. Ce très faible spread demeure entre la France et l'Allemagne, pays qui a je le rappelle connu un surplus budgétaire en 2013. Malgré cette "anomalie", nos difficultés ne peuvent que s'aggraver. Comme l'a souvent répété Charles Gave, nous sommes actuellement dans une trappe à dette : le taux d'intérêt à long terme est plus élevé que notre croissance nominale. Le lecteur observera facilement sur le graphique suivant que c'est dans ce genre de situation (zone grisée) que la dette augmente (hausse puis maintien du taux d'accroissement au dessus de 0) 3 La situation relative de la France vis-à-vis des autres pays européens importe beaucoup dans la détermination du taux d'intérêt. Si l'on regarde le taux de croissance, la France est loin d'être bien lotie, et la prévision de 2015 (+0,7%), s'avère on ne peut plus optimiste. 4   La dette publique par rapport au PIB n'est pas l'indicateur idéal (car il est le ratio d'un stock sur un flux) mais il est cependant souvent utilisé et représentatif. La France est au même niveau que l'Espagne et l'Allemagne s'en tire mieux, une fois de plus. Avec 132,5% du PIB, la dette italienne domine ce panel. 5 Concernant la maîtrise des dépenses publiques, le balance primaire est un indicateur très intéressant : elle correspond au déficit publique avant les dépenses liées à la dette, soit l'équilibre structurel du l'État. En mesurant les coûts de fonctionnement du secteur public, on s'aperçoit que des efforts conséquents ont été faits par l'Espagne. Elle a su faire passer son déficit primaire de près de 7,8% en 2012 à 2,3% cette année. L'Italie a un surplus primaire, ce depuis longtemps, ce qui lui avait d'ailleurs permis de réduire sa dette/PIB depuis les années 90. L'Allemagne a également un surplus. En France, le déficit primaire est stable  et ne connait aucune amélioration, il est aussi prévu par la commission que le déficit publique sera le plus important de toute l'Union Européenne en 2016. 6 Si l'Italie et l'Espagne ont des dettes plus importantes, la première présente une meilleure situation budgétaire et la deuxième une meilleure perspective de croissance. Si l'on regarde le taux réel français des obligations à 10 ans (taux nominal moins l'inflation, ce qui représente le véritable coût de la dette), nous sommes en dessous de la moyenne de la période 1960-1970 durant laquelle la croissance et les surplus budgétaires étaient au rendez-vous. Les réformes récentes prises par Matteo Renzi sont bien plus courageuses que celles entreprises par son homologue français : véritable réforme du code du travail, baisse d'impôts, suppression du Sénat… D'un point de vue macro-économique et politique, peu de choses justifient un tel écart entre les taux italiens et français. Et rien ne justifie des taux aussi proches de l'Allemagne. 7 L'offre et la demande Cependant la conjoncture ne permet pas toujours de bien anticiper et comprendre les évolutions du marché. En fin de compte, ce qui détermine un prix, c'est avant tout l'offre et la demande. Pour les obligations, le prix et le taux d'intérêt ont une relation inversée : si le prix monte, le taux d'intérêt diminue, et réciproquement. Si pour une raison X ou Y, rationnelle ou pas, tous les japonais veulent leur petite part du trésor public français, la demande fera monter les prix et donc baisser le taux d'intérêt. C'est d'ailleurs ce mécanisme qui a été à l'oeuvre ces dernières années aux États-Unis : la Réserve Fédérale a racheté massivement des obligations et par conséquent fait baisser le taux d'intérêt. Notons que ce genre d'intervention directe n'est pas envisageable en Europe à cause des statuts de la Banque Centrale Européenne (et l'Allemagne ne souhaite pas les modifier). Du côté de l'"offre", l'année 2015 connaîtra un "pic" d'émission de dette, égalant le précédent record de 2010 avec plus de 188 milliards d'euros. Il est également à prévoir que le déficit sera plus important que ce qui est avancé par la loi de finances, de l'aveu même de la Cour des Comptes ou de la commission européenne. 8 Concernant la "demande", la fin du dernier quantitative easing aura certainement comme effet une hausse des taux ainsi qu'une appréciation du dollar. Cela devrait réorienter les flux vers les obligations américaines au détriment des européennes. Notons qu'en termes réels, une obligation apple rapporte 1,3% contre 0,9% pour une Obligation Adossée au Trésor (OAT) française… Le rendement réel d'un obligation américaine est elle de 0,6%, avec une tendance à la hausse. En s'attendant à une appréciation du dollar, l'épargnant, japonais par exemple, a tout intérêt à placer son argent aux États-Unis plutôt qu'en France. Ces dernières années, la dette publique a été particulièrement prisée par les institutions françaises comme en témoigne le déclin de la détention de la dette par les non-résidents : À titre indicatif, l'écart entre 2010 et aujourd'hui représente près de 112 milliards d'euros passés des mains des non-résidents vers les résidents. Les français sont de grands épargnants mais la tendance est toutefois à la baisse depuis 2009 (16,2% contre 15,1% en 2013). Avec une croissance faible et un pouvoir d'achat qui se détériore (il est aujourd'hui équivalent à celui de 2004), les français vont devoir de plus en plus ponctionner dans leur épargne. Cela va mécaniquement diminué l'offre, et le rebond du premier trimestre 2014 ne risque pas d'inverser la tendance. Dans un scénario déflationniste, les investisseurs se tournent en général vers les obligations d'état à maturité très longue. Mais dans le cas de la zone euro cela augmenterait le risque de défaut et de dissolution de la monnaie commune. La réaction des marchés est donc difficile à anticiper. Un indicateur technique pertinent pour évaluer la relative sur-demande ou sous-demande est d'étudier la variation historique des taux et d'observer son comportement lorsqu'elle dépasse certains niveaux plafond ou plancher. Il apparait clair que les obligations français ont, depuis la fin 2013, été très populaires auprès des investisseurs internationaux. Cependant, nous avons dépassé de loin le niveau plancher qui nous indique le plus souvent une remontée imminente des taux. 9 La demande pour la dette française devrait donc se tarir et s'orienter vers des obligations à rendement similaire mais moins risqués. En parallèle, l'offre devrait certainement augmenter. Si la demande baisse et l'offre augmente, les prix baissent, et le taux augmente. CQFD. Le gouvernement serait bien avisé de se préparer à une hausse des taux, d'arrêter les beaux discours et de prendre des mesures "choc" (en dehors de hausses d'hausses d'impôts...). À des niveaux de popularité aussi bas, il n'a plus rien à perdre…
7:27:40 2014.10.28
Tests de solvabilité : la grande tartuferie scenario_ref_cons scenario_ref_cons Par exemple, le scénario prévoit une croissance de 1% pour la France (alors qu'elle sera certainement de 0% si ce n'est moins…) et de 0,6% pour l'Italie quand les prévisions visent plutôt -0,2%. Le Vice-Président de la BCE s'est défendu de cet optimisme en disant que le scénario avait été établi à une date où les prévisions étaient plus proches de leurs hypothèses. Cela n'explique pas pourquoi depuis avril personne n'a pris la décision de le rendre plus réaliste. Concernant le scénario dit "de crise", nous sommes, il faut bien le dire, au pays des bisounours. Personnellement je ne vois que deux alternatives pour la régulation du système financier :
  • soit on démantèle toutes les institutions "too big to fail" en banques plus petites et non systémiques. À ce moment là, on peut laisser les établissements irresponsables faire faillite sans risque pour les déposants et le contribuable n'a plus à éponger les turpitudes de certains banquiers. Il y a donc un fort incitatif à l'auto-régulation et les règles peuvent être moins strictes.
  • soit le législateur impose aux banques des normes dignes de celles de la sûreté nucléaire, en se rapprochant le plus possible du risque 0.
Nous ne sommes évidemment pas dans le premier cas. Le deuxième cas nécessiterait que l'on établisse la régulation et les tests en fonction des scénarios historiques les plus catastrophiques. Or, les hypothèses utilisées par la BCE en sont bien loin si on les compare à la dernière crise de 2009 ou celle de 2010-2011 pour la zone euro. Concernant l'inflation et la croissance : crise_2009 Dans le scénario de crise imaginé par l'ESRB (l'European Systemic Risk Board), aucune place n'est laissée au risque de déflation et le PIB ne serait que très légèrement ralentit comparé à ce que l'on a pu connaître en 2009. Par exemple, le scénario prévoit pour la France une récession de l'ordre de -1,1%, alors qu'en 2009 elle a été de -3,1%. Les hypothèses sous-jacentes ne permettent donc pas de dire que le système financier européen a été testé pour résister à une crise comparable à celle de 2008-2009. Si un choc similaire devait arriver, l'État (c'est à dire les contribuables) devrait mettre la main à la poche, une fois de plus. Après les données macroéconomiques, regardons plus en détails les chocs appliqués à différents actifs :
  • Pour les obligations, le scénario prévoit une augmentation des taux à long terme, ce qui bien entendu mettrait en difficulté les états.
taux taux

On observe que les chocs simulés sont bien inférieurs à ceux que nous avons connus lors de la dernière tension sur le marché obligataire européen pour les pays "à risque".

Le scénario prévoit toutefois une augmentation des taux pour tout le monde, y compris pour l'Allemagne (+1,09%). Pour la France une crise se traduirait selon l'ESRB et la BCE par une augmentation des taux d'intérêt de seulement 1,4% soit au final un taux de 2,8%, encore inférieur à la moyenne des taux français depuis 2008 (3%).

Le choc imaginé pour le "stress-test" prévoit au final une augmentation moyenne des taux de 1,52% pour la zone euro sur un an. Étant donné l'état de la zone euro, on est encore une fois dans un scénario de crise optimiste, surtout qu'avec les traités et les statuts actuels, la BCE n'est pas autorisée à limiter une hausse en achetant directement des obligations.

  • Sur le marché des actions, le scénario prévoit une baisse du marché des actions sur 3 ans. Après un choc et une légère reprise, le marché serait stabilisé fin 2016 à un niveau en dessous du niveau initial.

La baisse du marché des actions serait d'environ -18,3% pour la zone euro et -24% pour les États-Unis.

Encore une fois c'est bien inférieur à ce que nous avons pu connaître : lors de la crise de 2008 le S&P 500, l'indice américain de référence, a perdu près de 48%. Dans la même période le CAC 40 a perdu environ 55%, tout comme l'indice affilié à la zone euro, l'Euro Stoxx 50. Ces baisses ont même été plus importantes lors de l'explosion de la bulle internet en 2001.

choc action

Les différents scénarios, en particulier celui de "crise", sont excessivement optimistes. Si une crise financière similaire à celle de 2008 ou une crise de l'euro semblable à celle que nous avons connue il y a 3 ans advenait, la stabilité du système bancaire européen serait loin d'être acquise. Une étude du très sérieux institut allemand ZEW a effectué une simulation avec des scénarios plus  exigeants (chocs plus importants, restructuration de dettes européennes etc.). Les besoins en capital des banques européennes, et en particulier les allemandes et les françaises, face aux pertes simulées dépassent 200 milliards d'euros. Soit plus de 20 fois ce qu'avance la BCE. Une méthodologie douteuse Une des première surprise se trouve à la page 23 du rapport final. Un test de solvabilité digne de ce nom devrait être entièrement supervisé et exécuté par le régulateur. Mais ce ne fut pas le cas : "Le test de solvabilité a été exécuté par les banques elles-mêmes, en suivant une méthode publiée par l'Autorité Bancaire Européenne et un scénario de référence […] Par conséquent, bien que la BCE possède les résultats finaux, ces derniers ont dans tous les cas été fournis par les banques." Bien que la BCE nous assure un peu plus loin soumettre ces résultats à une évaluation interne, elle peut difficilement être plus rigoureuse qu'une exécution du test dans son intégralité. Est-il vraiment raisonnable, dans le contexte politique et économique qui est le nôtre de laisser une banque participer à ce point à sa propre évaluation ? Une autre point hautement critiquable dans ce genre d'exercice est l'utilisation de ratio core tier 1 comme indicateur de solvabilité. En 2012, Haldane et Madouros, deux économistes de la Banque d'Angleterre, ont étudié les différences entre les banques aillant fait faillite depuis 2006 et celles qui ont survécu. Ils ont observé que seul l'effet de levier était pertinent pour identifier les banques solvables des insolvables. Sur le graphique de gauche, on observe que la différence du ratio Core Tier 1 (Risk-based capital ratio) entre les banques ayant fait faillite ou pas est très faible alors qu'elle est 3 fois plus importantes et statistiquement significative pour l'effet de levier. On observe également sur le graphique de droite que plus l'effet de levier est important (le ratio est faible), plus elles sont susceptibles de faire faillite. 1 Il n'y a rien de bien surprenant à cela. Le ratio Core Tier 1 utilise les actifs pondérés par leurs risques. Or, on sait à quel point les évaluations de ces risques reposent sur des hypothèses qui peuvent s'avérer fausses. Je pense en particulier à des hypothèses comme "les états ne font pas faillite" ou l' "immobilier ne peut pas beaucoup baisser". La crise des subprimes et la restructuration de la dette grecque ont démontré le contraire en moins de 5 ans. Face à la difficulté de mesurer le risque spécifique de chaque actif, il convient d'utiliser leur montant global, et par conséquent préférer l'effet de levier au ratio core tier 1. Historiquement l'effet de levier a toujours évolué. Il était par exemple de 2 en Angleterre dans la première moitié du XIXème et a pu dépassé 100 dans certaines périodes. Au regard des différentes crises passées, on peut estimer qu'un niveau "sûr" serait d'environ 12 pour le système bancaire actuel. Malheureusement nous en sommes loin : levier Ce test de résistance ou de solvabilité n'est donc pas sérieux si on regarde en détails ses hypothèses et sa méthodologie. Cela ressemble davantage à une opération de communication qu'à une véritable supervision du secteur. Face à l'échec des politiques non-conventionnelles, la BCE veut employer la méthode Coué et s'imagine encore qu'elle peut soudainement "doper" a confiance, Graal freudien des économistes qui ont épuisé tout leur éventail de politiques de croissance. La santé des banques est loin d'être idéale et les marchés l'ont d'ailleurs bien compris : le cours des sociétés financières européennes est toujours de 75% inférieur à ce qu'il était en 2008. L'attitude défensive du Vice-Président face aux questions des journalistes semble confirmer cela. On sent que la tension monte à la BCE… Cet article est aussi disponible sous forme de note d'analyse.
11:12:14 2014.10.13
Réponse à Monsieur Sapir sur l’austérité http://russeurope.hypotheses.org/2871), publié le 4 octobre 2014, appelle de ma part un certain nombre de remarques. Loin de caresser l'espoir de nous mettre complétement d'accord sur les politiques économiques à implémenter dans notre pays pour le sortir du marasme (mis à part la sortie de l'euro), je souhaitais néanmoins vous interpeler sur ce qui m'apparaît être une erreur méthodologique ayant entraîné ipso facto quelques erreurs de constat. Dans la première partie de votre article intitulée "Un contexte austéritaire de longue période", vous soutenez, graphique à l'appui, que la croissance du PIB a été plus rapide que celle de la consommation sur les 30 dernières années, ce qui serait la marque d'une France ayant vécu "plutôt sobrement".

Graphique issu de l'article "Austérité"

Je me dois d'être en désaccord avec vous car le graphique qui soutient votre argumentation est en quelque sorte "biaisé" par la date choisie comme "base 100". En effet, la période de référence influe grandement sur les positions des courbes les unes par rapport aux autres et de fait ne permet pas de tirer des conclusions aussi certaines sur l'évolution des variables. Pour preuve voici le même graphique avec pour date de référence 2002 au lieu de 2010 qui amènerait à une conclusion opposée à la votre : 1 J'ai également noté sur votre graphique l'absence de la consommation finale des administrations publiques, que j'ai ajoutée et qui est loin d'être celle d'une "fourmi". Néanmoins, comme je l'ai souligné quelques lignes auparavant il n'est pas opportun d'user un graphique en base 100 pour tirer ces conclusions. C'est pourquoi j'ai créé sur le tableau suivant un récapitulatif de l'évolution de ces variables en termes réels. Les chiffres sont en vert lorsqu'ils dépassent la croissance du PIB en rouge lorsqu'ils lui sont inférieurs. 2 Sur toutes les périodes présentées, la consommation des administrations publiques a cru plus rapidement que le PIB. La consommation des ménages connaît la même évolution sauf pour la période 2010-2013 et d'autres courtes sous-périodes. Il me parait donc erroné de parler de "contexte austéritaire de longue période". 
Notons l'état de l'investissement, qui semble bien être la variable d'ajustement des excès de consommation. En ce qui concerne ce dernier, je ferais la même critique méthodologique. Comme la comparaison entre nos deux graphiques le suggère, le choix de la date peut considérablement influer sur la conclusion qu'on en tire. Il importe donc de regarder l'évolution du volume sur différentes périodes.

Graphique issu de l'article "Austérité"

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Autre graphique avec base 100=2011 T1

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4 L'investissement des ménages est bien la lanterne rouge mais ce depuis bien longtemps quelque soit la période. Étant donné que cela concerne quasi-exclusivement l'immobilier, il est plus logique de lier ça à la politique du logement qui ne fait que décourager l'accès à la propriété. Avec un taux d'emploi et des prix de l'immobilier stables depuis 2008, ainsi que des taux d'intérêts très faibles, peu de choses semblent entraver l'investissement immobilier mis à part l'administration, le climat fiscal ambiant et la confiance. Encore un fois, lorsque l'on cumule les données sur la consommation et l'investissement il me parait prématuré de parler de "cadre général d'austérité". Cela est flagrant sur la question de la consommation, qui en terme de poids dans le PIB (80%) marginalise quelque peu l'investissement. Sachez que je vous rejoins tout à fait sur la question de l'euro et le parallèle avec la politique de Laval. Dieu seul sait où cela nous mènera… Mais il faut également reconnaître que nos problèmes actuels viennent d'un État qui n'a pas su se raisonner et revenir à l'équilibre lorsque la conjoncture était favorable, et qui est incapable de réformer quand bien même cela serait avec des mesures qui ne coûtent rien. Ce sont à mon avis ces deux constats complémentaires sur la monnaie et la puissance publique qui permettent de vraiment comprendre les difficultés que nous connaissons et qui nous attendent. La fin de l'euro est une condition nécessaire mais non suffisante à notre redressement, à moins de nous condamner à la dévaluation permanente dont on connait les effets destructeurs. Soyez assuré Monsieur Sapir que l'esprit de ces lignes est tout à fait socratique et que je suis entièrement ouvert à la continuation du débat. C'est d'ailleurs seulement au travers ce dernier qu'il est possible d'avancer vers la vérité. Bien cordialement, Romain Metivet